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  • il y a 2 jours
Tous les samedis, deux économistes débattent des sujets qui marquent l’actualité économique et sociale.

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Transcription
00:03Générique
00:06...
00:06Ravie comme chaque samedi matin de vous retrouver pour les informés de l'éco.
00:11On va évidemment parler de l'actualité économique sociale de cette semaine.
00:15Actualité dominée par la canicule, par le changement climatique.
00:19On va y consacrer cette émission.
00:21Votre compagnie Emmanuel Cuny, bonjour.
00:22Bonjour à tous.
00:23Et en compagnie de nos deux informés.
00:25Bonjour Anne-Sophie Alsif.
00:26Vous êtes enseignante en économie à la Sorbonne, chef économiste de la société d'études BDO France.
00:32Et bonjour Patrice Joffron.
00:33Bonjour.
00:33Membre du cercle des économistes et directeur du centre de géopolitique de l'énergie rattachée à l'université Paris-Dauphine.
00:40En ces périodes de canicule, Emmanuel Cuny, on va donc s'interroger ce matin autour à la fois des moyens
00:46d'investir dans la lutte contre le changement climatique et aussi de s'adapter à ce changement climatique.
00:51D'évidence, la canicule s'étend et la vigilance rouge n'est plus seulement météorologique.
00:57Visiblement, l'alerte concerne clairement le réchauffement climatique dans son ensemble.
01:03Ajoutez à cela la crise énergétique mondiale engendrée évidemment par la guerre au Moyen-Orient.
01:08Le combo qui rend plus nécessaire que jamais l'accélération de la transaction, la transition vers les énergies propres.
01:16Dans un environnement géopolitique évidemment engendré par la guerre au Moyen-Orient, dans cet environnement de plus en plus hostile,
01:24les crises pétrolières à répétition se multiplient.
01:28L'envolée des cours du pétrole et du gaz, on l'a vu, pose vraiment problème.
01:31Il y a leur impact sur l'économie, ça pose des questions sur la durabilité de nos usages en matière
01:36d'électrification, d'usage de l'électricité, du charbon, etc.
01:42Donc en Occident et puis il y a les moyens industriels également.
01:46Les moyens industriels, comment y parvenir ?
01:48Les moyens financiers sans forcément d'ailleurs parler de la fiscalité.
01:52Le ministre de l'économie, des finances et de la transition énergétique ayait revenu sur France Inter, c'était le
02:0030 mai.
02:01On écoute Roland Escure.
02:02L'assiette des prélèvements, c'est une vraie question qui se pose et notamment celle sur les enjeux climatiques.
02:08Moi je fais partie des écologistes convaincus.
02:11Quand j'étais ministre de l'industrie, j'ai mis en place la décarbonation des 50 sites industriels les plus
02:16pollants.
02:16Je suis convaincu qu'on peut à la fois faire de l'industrie et de l'écologie,
02:20qu'on peut faire à la fois de l'écologie et créer de l'emploi.
02:22Donc là-dessus, on est capable de le faire et je pense qu'on l'a déjà fait et il
02:27faut accélérer.
02:28Le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique,
02:34c'est très important dans le contexte dans lequel nous sommes aujourd'hui.
02:37Donc Roland Escure.
02:38Alors décarboner notre industrie, accélérer nos politiques de transition énergétique, oui, mais à quel prix et à quel coût ?
02:44Et déjà, première question Anne-Sophie Alsif pour commencer.
02:47On sort alors peut-être de ce conflit au Moyen-Orient.
02:51Est-ce que si on combine ça avec les canicules que l'on vit,
02:55on n'est pas aussi potentiellement dans un moment où on peut se dire que le conflit a été peut
03:00-être un mal pour un bien,
03:02notamment vis-à-vis de notre dépendance au pétrole ?
03:04Oui, enfin complètement, si un conflit n'est jamais positif.
03:07Mais en tout cas, c'est vrai que surtout ce qui est assez intéressant,
03:10c'est que la France est bien positionnée sur ce secteur.
03:12Il faut le rappeler, on parle souvent de la désindustrialisation sur les secteurs de l'énergie décarbonée.
03:17La France est très bien placée grâce au solaire, grâce à l'éolienne et bien sûr grâce au nucléaire.
03:21Donc là, on a un véritable avantage comparatif par rapport à nos concurrents européens, mais pas seulement.
03:26Donc ça, c'est vrai qu'avec, on l'a vu, les crises géopolitiques qui vont continuer.
03:30Et donc il y aura de plus en plus de crises aussi pour les questions d'accès à l'énergie
03:34et à l'eau.
03:34On l'a vu avec le réchauffement et on aura de plus en plus de crises.
03:38On le voit de canicules, de tempêtes, de catastrophes.
03:42Donc il faut vraiment anticiper maintenant pour mettre en place ce plan.
03:45Alors le gouvernement a parlé du plan d'électrification, c'est très bien.
03:49Mais il faut vraiment que ce plan dure sur le long terme.
03:51Il ne faut pas l'arrêter, le continuer.
03:53On a toujours peur, là on a eu peut-être l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran,
03:57de se dire ça y est, dès que le prix du baril baisse, on arrête ce type d'effort.
04:00Là, on voit que pour des raisons climatiques et d'agression, d'inflation et de dépendance,
04:05c'est absolument fondamental d'avoir un plan sur 10-15 ans,
04:08où on essaie en effet d'être totalement souverain sur l'énergie et d'utiliser cette énergie décarbonée.
04:12Comme d'ailleurs l'ont fait la Chine et les Etats-Unis, il faut le rappeler.
04:15On est bien positionnés, nous dit Anne-Sophie Alsif, Patrice Joffron.
04:19Est-ce que vous partagez ça ?
04:20Est-ce que la France n'est pas à la traîne par rapport à d'autres pays comparables ?
04:25À la traîne, non, à la condition d'avoir un peu de mémoire.
04:28Ce qu'on vient de traverser, c'est quatre chocs.
04:29Chez Wagner, ça fait une tétralogie, quatre chocs.
04:332018, le prix du baril est multiplié par deux, ça donne la crise des gilets jaunes.
04:362022, la guerre en Ukraine, ça nous coûte 70-80 milliards.
04:42Le prix du gaz est multiplié par 10.
04:442025, Donald Trump, qui est devenu notre premier fournisseur de gaz,
04:48nous, Européens, nous tord le bras sur les droits de douane,
04:52en prenant notamment argument de cette dépendance.
04:55Et enfin, le détroit d'Hormuz, qui est en train de se calmer, mais sans certitude.
04:59Donc, nos dépendances nous ont coûté un argent fou en disant
05:03la situation, notamment de finances publiques dans laquelle nous sommes aujourd'hui,
05:07dépend assez largement de ce qu'on a eu à traverser.
05:09Et donc, il faut se demander avant toute chose, et ce que disait Anne-Sophie,
05:13ce que peut être le coup de ne rien faire.
05:15Est-ce que le statu quo est une solution qui est soutenable ?
05:18À l'évidence, ça n'est pas le cas.
05:20Est-ce que nous avons des atouts ?
05:21À l'évidence, c'est le cas, notamment dès lors qu'un des leviers essentiels à activer,
05:25ce sera l'électrification.
05:26On a des marges de manœuvre très conséquentes dans ce domaine.
05:28La réalité, c'est qu'on produit aujourd'hui trop d'électricité
05:31par rapport à ce qu'on peut consommer.
05:33Mais dans un contexte dans lequel il va s'agir d'électrifier,
05:36dans beaucoup de domaines pour la mobilité...
05:37On sera bien content d'en produire un peu plus, peut-être.
05:39Voilà.
05:39De fait, on aura besoin assez rapidement d'en produire un peu plus.
05:42Mais la priorité, les priorités à court terme et dans les années à venir,
05:46c'est de parvenir à en consommer plus,
05:48et de cette manière à gagner en sécurité collective.
05:52Et donc, les termes du débat, je termine, sont en train de basculer.
05:55Et la question n'est plus seulement environnementale
05:57et notamment liée au changement climatique.
05:59Pour nous, Européens, qui importons à plus de 90% le pétrole, le gaz,
06:03dans un monde qui est un monde d'hostilité de ce point de vue,
06:05eh bien, c'est une question de sécurité collective.
06:08Il y a le coût, effectivement, de nos approvisionnements,
06:11le coût de nos dépendances, dites-vous, Patrice Joffron.
06:14Il y a aussi le coût des événements climatiques.
06:16On est en pleine canicule.
06:17Elle va s'aggraver ces prochains jours.
06:20Emmanuel Cuny, faisons une petite parenthèse, justement,
06:22sur ce que coûtent ces vagues de chaleur.
06:24Alors, on peut se poser la question,
06:26est-ce que la météo va devenir, finalement, à terme,
06:28un des calculs du fameux indicateur du produit intérieur brut,
06:33c'est-à-dire la richesse nationale produite par la France sur l'année ?
06:38Est-ce que la chaleur, est-ce que la météo va être incluse
06:41dans ce calcul du PIB ?
06:43Et la vraie question, en fait, est de savoir
06:44jusqu'où les variations de température vont impacter notre économie.
06:49Et le MIT, l'Institut de technologie du Massachusetts,
06:53qui est basé à Boston, aux Etats-Unis,
06:54a regardé tout cela de très près.
06:55Il est remonté jusqu'à 40 ans en arrière.
06:58Et la conclusion, c'est que la productivité d'un pays
07:01peut baisser concrètement d'environ 1,5 à 2% par degré supplémentaire
07:06quand le thermomètre dépasse de 5 à 10 degrés les normales de saison.
07:10Et ça, c'est valable, évidemment, quand il fait très chaud,
07:12mais aussi quand il fait très froid.
07:15Il faut savoir qu'environ 70% de nos entreprises françaises,
07:17aujourd'hui, sont, comme on dit, météo-sensibles.
07:20Leur organisation, leur production, tout ça dépend du climat.
07:25Je rappelle que dans le BTP, il y a une mesure très concrète
07:28qui s'appelle le chômage climatique.
07:30On n'en parle pas souvent.
07:30Mais quand il fait trop chaud,
07:32les patrons du BTP peuvent mettre leurs salariés au chômage climatique.
07:36Est-ce qu'Anne-Sophie Alsif, une vague de chaleur
07:39comme celle qu'on s'apprête à vivre
07:41et qu'on a même déjà commencé à vivre dans certains endroits de France ?
07:43Ça peut avoir des conséquences, carrément, sur notre croissance ?
07:47Alors, oui, il n'y a pas des vagues, là, conctuelles,
07:50qui vont durer quelques jours.
07:51Mais c'est vrai que dans les projections,
07:52on voit que ça va se multiplier.
07:54Donc, en termes de durée, ça va être de plus en plus important.
07:57Et donc, là, en effet, à moyen long terme,
07:59il y aura un impact sur la productivité et sur la croissance.
08:02Donc, c'est pour ça que l'anticipation de ces chocs
08:05et aussi la manière de pouvoir s'adapter en amont,
08:07bien sûr pour les ménages, mais aussi pour les entreprises,
08:09c'est absolument fondamental,
08:10parce que ce sont des coûts qu'il faudra payer plus tard.
08:13Et on le voit, il y a beaucoup d'études,
08:15on va peut-être en parler sur cette modélisation,
08:18ça peut être des dizaines et des dizaines de milliards de PIB en moins
08:22à cause de ces catastrophes dans les prochaines années.
08:25C'est ça, les chiffres, Patrice ?
08:26Oui, c'est vraiment les ordres de grandeur.
08:28Emmanuel évoquait une étude du MIT,
08:29il y en a une toute récente du mois dernier d'Allianz,
08:32donc Grand Assurement,
08:33et donc qui a fait la projection suivante.
08:35Imaginons que dans les cinq années à venir,
08:36de 2026 à 2030,
08:38on traverse l'équivalent des cinq années les plus chaudes
08:42au cours des dix dernières années,
08:45ce qui est assez plausible,
08:45compte tenu de la manière dont 2026 a commencé.
08:49La conclusion, c'est la suivante,
08:50ça pourrait coûter jusqu'à 200 milliards de PIB perdus
08:53en cumul sur ces cinq années pour la France,
08:56c'est-à-dire à peu près 40 milliards par an,
08:57c'est-à-dire à peu près 1,5% du PIB.
09:00La plupart, l'intégralité des pays européens
09:03et jusqu'au Japon...
09:04On ne mesure pas forcément,
09:04mais c'est considérable comme chiffre.
09:07C'est très considérable,
09:08et ça l'est d'autant plus évidemment
09:10pour un pays qui a un potentiel de croissance
09:13usuellement de l'ordre de 1%,
09:14qui par ailleurs a des capacités assez limitées
09:17en termes de finances publiques.
09:18Et ce que nous dit Allianz d'ailleurs,
09:19et c'est un message qui est absolument essentiel,
09:21c'est qu'il n'est pas possible d'assurer
09:23ce type de risque.
09:24C'est trop massif.
09:25Ça, c'est effectivement un point très important.
09:27Ça veut dire, Anne-Sophie Alsif,
09:28que là, l'un des premiers chantiers,
09:30c'est l'adaptation des entreprises,
09:33du système productif aussi.
09:35Alors, ça a déjà commencé,
09:36on l'a dit avec tous les chocs
09:37qu'on a eus précédemment.
09:38On s'est déjà diversifié,
09:39on a en effet multiplié une ressource d'énergie.
09:41Beaucoup d'entreprises
09:42sont vraiment dans la décarbonation.
09:43On a de plus en plus d'outils
09:45pour justement calculer l'empreinte carbone.
09:47Donc, il y a beaucoup d'avancées.
09:48Et d'ailleurs, l'Europe est un des continents
09:49qui fait le plus dans cela.
09:50Donc, c'est quelque chose de positif.
09:52Par contre, là, il faut faire attention.
09:53C'est vraiment le signal prix.
09:55On le voit, dès qu'on a des baisses
09:56du prix du baril de pétrole,
09:58on peut avoir tendance
09:59à arrêter ces efforts.
10:00Là, ce qui est vraiment très important,
10:01c'est qu'il faut continuer
10:02sur l'aspect énergétique,
10:03sur le long terme,
10:05garder un plan vraiment sur 10-15 ans,
10:07comme le font la Chine et les États-Unis.
10:09On parle souvent de la Chine
10:10et des communications anti-climat, etc.
10:14Les États-Unis continuent massivement
10:15d'investir dans les énergies renouvelables
10:17et des États comme la Californie,
10:18mais également le Texas.
10:19Quoi qu'on dise de l'Alifam.
10:20Exactement.
10:20Donc, il y a la communication,
10:21il y a les chiffres.
10:22Pareil, la Chine est un des pays
10:23qui investit le plus dans la transition.
10:25Donc, il faut vraiment continuer cette course,
10:27surtout, encore une fois,
10:28parce qu'on a un avantage comparatif important.
10:30La Chine qui investit beaucoup
10:30et qui nous vend beaucoup aussi
10:32d'outils pour faire cette transition.
10:34Un mot encore sur les solutions.
10:36Patrice Geoffron, qu'est-ce qu'il faut faire ?
10:38Quelle est l'urgence à vos yeux ?
10:40Les solutions, elles sont toutes structurelles.
10:42Il faut reconfigurer, adapter les villes,
10:44en particulier à l'évolution du climat.
10:49Évidemment, regardez tout particulièrement
10:50les secteurs qui sont les secteurs
10:51les plus sensibles.
10:52Donc, c'est l'agriculture, c'est le BTP.
10:55On a un enjeu également,
10:56mais les opérateurs s'y préparent,
10:58d'adapter nos infrastructures.
11:00Donc, les infrastructures, c'est le rail.
11:02On l'a vu ces derniers jours.
11:03Ce week-end, il y a un certain nombre de trains
11:04qui, un peu vétustes,
11:06qui sont supprimés pour ces raisons.
11:08Il y a un grand plan d'investissement
11:10et d'adaptation également dans les réseaux
11:13électriques.
11:13C'est absolument essentiel.
11:14Parce que si, dans le même temps,
11:15évidemment, on veut consommer
11:16plus d'électricité pour se décarboner,
11:18à l'évidence, il faut qu'on ait
11:20un réseau qui soit résilient dans ce contexte.
11:21Bon, voilà.
11:22Plein de bonnes solutions,
11:23plein de bonnes intentions.
11:24Maintenant, la question,
11:25c'est comment on finance ça ?
11:26On va y répondre.
11:27On l'espère, en tout cas.
11:28Juste après l'info, en une minute.
11:2910h10, voici Antoine Jeffin.
11:32Réunion de crise autour de la canicule.
11:34D'ici un peu plus d'une heure,
11:36le Premier ministre rassemble 14 membres
11:38de son gouvernement,
11:3960 départements en alerte orange.
11:41Aujourd'hui, jusqu'à 38 degrés attendus
11:44cet après-midi à Strasbourg.
11:45et le pic de chaleur est attendu
11:46entre demain et mardi.
11:48Météo France prévient que cet épisode
11:50pourrait être comparable
11:52à la canicule de 2003.
11:54La chaleur sèche qui peut favoriser
11:56les feux de forêt.
11:57Trois départements sont aujourd'hui
11:59en risque élevé.
12:00Le Var, le Vaucluse et l'Allier.
12:03Deux personnes légèrement blessées hier soir
12:05près d'Arras, touchées par la foudre.
12:07Le département du Pas-de-Calais
12:09était en vigilance orange aux orages.
12:10Le vent a soufflé jusqu'à 120 km heure
12:13des grélons de la taille
12:14d'une balle de ping-pong.
12:16Cessez-le-feu déjà fragilisé
12:18au Proche-Orient.
12:19Cinq morts ce matin
12:20dans des frappes israéliennes
12:21sur le sud du Liban
12:22d'après un média d'État libanais.
12:24Le Hezbollah et Israël
12:25se sont pourtant mis d'accord hier
12:27pour une trêve.
12:28Et puis l'Australie enregistre
12:29le premier cas de grippe avire
12:31de son histoire
12:31chez un oiseau migrateur,
12:33indique le gouvernement
12:34qui affirme qu'il n'y a pas
12:36de risque de mortalité massive
12:37chez les animaux du pays.
12:42France Info
12:45Les informés de l'écho
12:46Emmanuel Cuny
12:49Adrien Beck
12:49Et toujours avec Anne-Sophie Alsif
12:52chef économiste de BDO France
12:53Patrice Joffron
12:54centre de géopolitique
12:55de l'énergie
12:57et donc notre sujet
12:58Emmanuel Cuny
12:58comment s'adapter
12:59comment lutter
13:00face aux changements climatiques.
13:03Oui parce que
13:03entre les canicules
13:05qui se multiplient
13:06leur impact
13:07on l'a vu sur l'économie
13:08sur la santé
13:09bien sûr
13:09c'est l'aspect
13:11à privilégier dans ce dossier.
13:12les crises énergétiques
13:13à répétition
13:14que l'on voit
13:15avec notamment
13:16les conflits géopolitiques
13:17on prend réellement
13:18conscience aujourd'hui
13:19de la nécessité
13:20d'accélérer
13:21tout ce que l'on fait
13:22pour la transition énergétique.
13:24Alors heureusement
13:25le progrès est là
13:26il nous permet
13:27de réfléchir
13:28et d'agir
13:29le progrès c'est très important
13:30ça coûte de l'argent
13:32quand on regarde
13:33par exemple
13:33il y a eu deux événements
13:34majeurs à Paris
13:35cette semaine
13:35il y a eu
13:36VivaTech
13:36pour le salon
13:38des hautes technologies
13:40de l'intelligence artificielle
13:41etc.
13:41Il y a Eurosatory
13:42le salon international
13:44de la défense
13:44quand vous allez sur place
13:46vous vous apercevez
13:47des milliards
13:47en fait
13:48qui sont investis
13:49dans ces secteurs
13:50on se dit que finalement
13:51s'il y avait autant
13:52d'argent
13:53qui était investi
13:53par les entreprises
13:54à condition d'avoir
13:55un retour sur investissement
13:56évidemment
13:57les entreprises
13:57ce ne sont pas
13:58des philanthropes
13:58mais quand on voit
14:00cette masse
14:00de moyens
14:02à la fois financiers
14:03et d'énergie
14:05déployés
14:05dans la défense
14:07Eurosatory
14:07dans le numérique
14:08à VivaTech
14:09on se dit que
14:10il doit en rester
14:11quand même
14:11une petite partie
14:12pour la transition énergétique
14:14Anne-Sophie Alsif
14:15il n'y a pas assez
14:16d'investissement
14:16aujourd'hui
14:17dans la transition
14:18écologique
14:19dans la transition énergétique
14:20il y en a
14:20et la France
14:21c'est un des pays européens
14:22où il y en a le plus
14:23donc là encore
14:23il faut faire attention
14:24quand on se dit
14:24qu'il n'y en a pas
14:25par contre en effet
14:25vu ce qui va nous attendre
14:27il en faudrait
14:28beaucoup plus
14:28la grande difficulté
14:29c'est quoi les ordres de grandeur
14:30à peu près
14:31j'ai pas les chiffres là
14:33désolé pour la question
14:33non non pas de problème
14:34ne pas vous dire une bêtise
14:36justement
14:37mais ce qui est assez intéressant
14:38c'est plutôt la projection
14:39qu'est-ce que l'on peut voir
14:40et là par exemple
14:41dans les prévisions de croissance
14:42on voit une prévision de croissance
14:42qui a été revue à la baisse
14:43c'est 0,7% cette année
14:45et dans cette contribution
14:46à la croissance
14:47un des éléments
14:48qui baissent le plus
14:49c'est l'investissement
14:50des entreprises
14:51et en fait
14:51c'est ça la difficulté
14:52c'est qu'on a
14:53des conditions macroéconomiques
14:55qui ne sont pas forcément favorables
14:56on l'a vu les crises internationales
14:57on l'a vu la crise du budget
14:58etc
14:58et donc forcément
14:59quand vous n'avez pas de visibilité
15:00pour les entreprises
15:01la conséquence c'est quoi ?
15:03c'est un impact sur l'investissement
15:04et c'est ça le problème
15:06notamment en mon sens en France
15:07c'est que dès que vous avez
15:08un choc exogène
15:08ou même on l'a vu
15:09la crise du budget
15:10et bien tout de suite
15:11c'est l'investissement
15:12qui en pâtit
15:13beaucoup plus
15:13que la consommation des ménages
15:14et de fait
15:15on reste en sous-investissement
15:17on le voit
15:17il y a un retour
15:18de l'investissement en Europe
15:19l'Allemagne
15:19plan de 500 milliards
15:20les pays du Sud
15:21avec les plans de résilience européens
15:23donc on a un retour
15:23de l'investissement productif
15:25beaucoup moins en France
15:26parce qu'on a parfois
15:27des conditions macroéconomiques
15:28qui ne sont pas réunies
15:29et puis de l'instabilité
15:30qui fait que c'est compliqué
15:31pour les entreprises
15:32de se projeter à moyen long terme
15:33donc ça c'est vraiment
15:34le problème à mon sens
15:35plus en France
15:36que les conditions d'investissement
15:37puisque les entreprises
15:38souhaitent investir
15:38et en même temps
15:39Patrice Geoffron
15:40quand on parle d'investissement
15:41public en l'espèce
15:42dès qu'il y a
15:43un peu des difficultés budgétaires
15:45et on en a pas mal
15:46en ce moment
15:47on va plutôt couper
15:48dans les investissements
15:50aussi pour la transition
15:52semble-t-il
15:53alors en tout cas
15:54ça fait évidemment partie
15:55des contraintes
15:55mais il faut se convaincre
15:57que c'est un très mauvais calcul
15:58c'est un très mauvais calcul
16:00parce qu'une année moyenne
16:02on importe entre 50 et 60 milliards
16:04de pétrole et de gaz
16:05pour un pays comme la France
16:06une année de crise
16:07comme en 2022
16:08ça double
16:08au niveau européen
16:09on importe pour 300 milliards
16:11une année de crise
16:11comme en 2022
16:12ça double 600 milliards
16:13et donc en fait
16:14tous ces investissements
16:16qu'on met dans le grand panier
16:17de la transition
16:18en fait
16:19sont des instruments
16:21d'assurance collective
16:22ça permet d'éviter ces chocs
16:24et ces chocs à chaque fois
16:25ils sont d'une grande violence
16:25et ils sont particulièrement
16:27d'une grande violence
16:27évidemment sur les ménages
16:28les plus fragiles
16:29les secteurs les plus exposés
16:31je me souviens
16:32d'avoir rencontré
16:34l'équipe de direction
16:35de Duralex
16:36au mois de novembre
16:37ou d'octobre 2022
16:38ils arrêtaient leur four
16:39ils ne savaient pas
16:40s'ils allaient pouvoir
16:41le rouvrir
16:41et malheureusement
16:42c'est encore un épisode
16:44auquel ils sont en train
16:45de se confronter
16:45à l'heure actuelle
16:46donc c'est la réalité
16:46de la violence
16:47de ces chocs
16:48et la seule manière
16:49évidemment
16:50c'est de réduire
16:51nos importations
16:52et pour ça
16:52on a beaucoup de ressources
16:53la bonne nouvelle
16:54on a un taux d'épargne
16:55qui est extrêmement élevé
16:56en Europe
16:56vous revenez sur ce sujet
16:58on a beaucoup de PME
17:00on a des compétences
17:00et on a des savoir-faire
17:01on a les techniques
17:02il y a l'emploi aussi
17:04les perspectives
17:04qui ont été dressées
17:06à horizon 2030
17:06je crois qu'on va avoir besoin
17:07de plus de 300 000 emplois
17:09350 000 emplois
17:10dans les différentes filières
17:11l'éolien
17:12etc
17:13le problème
17:14c'est qu'on n'a pas forcément
17:15les formations adéquates
17:17on peut recruter
17:1760% de techniciens
17:2040% de cadres
17:21et d'ingénieurs
17:21mais il y a un problème
17:22de formation à la base
17:23et d'un tout petit mot
17:24sur l'épargne
17:25mobiliser l'épargne
17:26Anne-Sophie Alsif
17:26pour financer
17:27je crois qu'elle est déjà
17:28mobilisée pour plein de choses
17:29c'est ça le problème
17:30sur la défense
17:31sur le logement
17:32c'est ça un peu le problème
17:33c'est qu'on a beaucoup d'épargne
17:34on l'a dit déjà
17:35bon déjà il faut rappeler
17:36quand même que l'épargne
17:37finance déjà beaucoup
17:38les entreprises
17:39elle est investie
17:39sur les assurances
17:40elle ne reste pas là
17:41à rien faire
17:41donc ça c'est déjà utilisé
17:46il faut financer
17:47la numérisation
17:49la transition écologique
17:50l'industrie
17:50donc ça fait beaucoup de choses
17:52à financer
17:53même si on a des montants
17:54qui sont assez importants
17:55la question c'est plutôt
17:56au niveau européen
17:57d'essayer d'acheter
17:57le fameux marché des capitaux
17:59là en effet
18:00ça me paraît être
18:00beaucoup plus la solution
18:01Merci beaucoup
18:02Anne-Sophie Alsif
18:04vous êtes enseignante
18:04en économie
18:05à la Sorbonne
18:06chef économiste
18:07de la société d'études
18:08BDO France
18:08Patrice Joffron
18:09membre du Cercle des économistes
18:11et vous avez un rendez-vous
18:12à nous donner
18:12oui
18:13les rencontres économiques
18:15d'Aix
18:15le premier oui
18:16week-end de juillet
18:17sur un thème
18:17qui est bienvenu
18:19me semble-t-il
18:19naviguer dans un monde
18:20sans repère
18:21Merci à vous Patrice
18:22et merci bien sûr
18:23Emmanuel Cuny
18:24restez sur France Info
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