00:04La CPMA Guadeloupe est un des organismes patronaux reconnus par l'État et donc la CPMA Guadeloupe intervient dans les
00:11conseils d'administration des grandes administrations, la Sécurité sociale, la CAF, la CGRR, etc. pour faire entendre la voix des
00:19chefs des petites entreprises.
00:21Le sujet démarre au fait qu'on apprend complètement par hasard et pas par les personnes directement qu'il y
00:28a un projet pour une évolution statutaire pour passer de l'article 73 à l'article 74.
00:35On peut développer pour savoir ce qu'est l'article 73, ce qu'est l'article 74 sans qu'il
00:40n'y ait une concertation du monde économique.
00:43Et quand je dis le monde économique, c'est tout le monde économique.
00:47J'affirme ici et je mets au défi quiconque de me prouver le contraire que la CPMA ait été jamais
00:55une seule fois consultée sur ce thème.
00:58Il n'y a jamais eu de convocation de la CPMA à aucune discussion sur ce thème. Jamais.
01:03Je l'affirme. On apprend complètement par hasard que des discussions ont été menées entre soi, je suis obligé de
01:10dire entre soi,
01:11qu'un rapport épais comme ça est rendu et que la conclusion de ce rapport, on doit aller à l
01:20'article 74.
01:21Et on apprend par des indiscrétions qu'il n'y a pas de projet économique dans ce rapport.
01:27Donc, toutes les conditions sont remplies pour qu'on dise non à ce rapport.
01:32D'abord parce qu'on n'a pas été consulté.
01:34Deuxièmement parce qu'il n'y a pas de projet économique chiffré dans ce rapport.
01:39Et troisièmement parce que surtout, surtout, surtout, il semblerait que les auteurs, enfin les commanditaires de ce rapport
01:51aient envie d'un changement statutaire mais sans passer par le peuple.
01:55Le sujet n'est pas sur la table.
01:57Le sujet est dans les chaumières.
01:59Ce n'est pas exactement la même chose.
02:00On a le droit dans la rue de discuter de ce qu'on veut.
02:02À un moment donné, il faut acter.
02:04Il faut prendre la décision qui impulse le projet, quelles sont les personnes qui sont consultées,
02:10quels sont les avis de ces personnes et quelle est la conclusion.
02:14On n'a jamais participé à ça.
02:15J'insiste, la CPME n'a jamais participé à ce projet.
02:19Là, il ne s'agit pas de statut.
02:20Là, la fusion de départements et régions, on peut rester dans l'article 73 et fusionner les deux assemblées.
02:32Le principe serait de dire qu'il y a trop de strates administratives, qu'il y a trop de fonctionnaires
02:40et qu'on ferait des économies et on saurait qui fait quoi en fusionnant les deux assemblées.
02:46Pour être clair, mettons ça à l'échelle nationale.
02:49Estimons qu'il y a trop de députés et de sénateurs.
02:52Et pourquoi on ne fusionnerait pas l'Assemblée nationale et le Sénat ?
02:56C'est bizarre, personne n'en parle de ça.
02:58Qu'on ne supprimerait pas une des deux assemblées et puis on se dit mais ça ne sert à rien.
03:02Ça ne sert à rien quand le pays va dans un seul sens et que l'Assemblée nationale, qui vote
03:09les lois par exemple, va dans le sens du pays.
03:12Ça ne sert à rien le Sénat.
03:14En longtemps on a dit mais à quoi sert cet établissement ?
03:18Et puis un jour, l'Assemblée nationale et le gouvernement ne sont pas en phase.
03:23Il n'y a pas de majorité claire et on voit bien l'importance du Sénat qui, de par son
03:30positionnement, joue le rôle d'arbitre.
03:32Or, aujourd'hui, très clairement, regardons l'état des lieux, ce n'est un mystère pour personne que la tête
03:38des exécutifs, bon, ne vont pas dans la même direction.
03:42Peu importe qui pense quoi de cela, mais ils ne vont pas dans la même direction.
03:47Et heureusement qu'il y a un contre-pouvoir à ce pouvoir.
03:51Ça, c'est sur l'aspect pouvoir.
03:53Donc nous, nous sommes plutôt favorables à ce qu'il y ait toujours pouvoir et contre-pouvoir.
03:59Après, ces personnes nous disent mais ça permettrait que le citoyen lambda sache clairement qui fait quoi.
04:06Quel est l'intérêt pour le citoyen lambda de savoir que le conseil régional arrange les routes nationales, que le
04:14conseil départemental arrange les routes départementales ?
04:19Mais on s'en manque.
04:19Moi, en tant qu'automobiliste, je veux que la route soit arrangée.
04:23Chacun sait qu'ils sont les prérogatives des uns et des autres.
04:25C'est très simple quand on dit, et on peut très bien rester sur deux assemblées, et dire écoutez, les
04:30routes, c'est exclusivement le conseil régional,
04:34la santé, c'est exclusivement le conseil départemental, point très.
04:37On dit la solidarité, la santé, l'enfance, l'éducation, etc. c'est le conseil départemental, l'économie, les routes,
04:46etc. c'est le conseil régional, et c'est très clair.
04:50Un des arguments qui est également donné, c'est de dire, mais il y aura moins de fonctionnaires.
04:55C'est très populaire, par les temps qui courent, de dire, il y a trop de fonctionnaires, ils sont payés
04:59trop cher, ils ne foutent rien, pardon, ils ne travaillent pas, etc.
05:05Peut-être, mais c'est un peu comme si on disait, tous les patrons sont des voleurs.
05:08Je n'ai pas de regard, comment on dit, abaissant du fonctionnaire.
05:13Le problème, c'est, est-ce que les gens qui sont à cette place-là font leur travail ?
05:18Moi, j'ai du mal à croire que, quand on va faire la fusion des deux assemblées, que ça va
05:24se traduire par une hausse de productivité.
05:27J'ai du mal à y croire, parce que ça voudrait dire, comment ça voudrait dire que les fonctionnaires, aujourd
05:31'hui, à leur poste, ne font rien ?
05:33Ils ne font strictement rien.
05:34Comment peut-on imaginer qu'en 35 heures, on fera deux fois plus de travail qu'on en faisait aujourd
05:38'hui ?
05:38Le 73, c'est quoi ?
05:40Le 73, c'est que nous sommes dans le droit commun, c'est-à-dire que toutes les lois qui
05:45sont votées à l'Assemblée nationale sont appliquées automatiquement chez nous.
05:50La solidarité nationale s'applique immédiatement, c'est-à-dire que, pour être très clair, donnons un exemple simple.
05:57Aujourd'hui, les transferts sociaux de la sécurité sociale, c'est un déficit pour la Guadeloupe de 1 milliard entre
06:05les recettes et les dépenses.
06:07C'est-à-dire que la sécurité sociale de Guadeloupe engrange 1 milliard de recettes de moins que ce qu
06:14'elle dépense.
06:15Eh bien, si vous n'êtes plus dans le 73, vous vous débrouillez avec vos prestations.
06:20Vous n'êtes plus sous la solidarité nationale.
06:22Alors, quand je dis ça, souvent on me dit, mais donc ça veut dire quoi ?
06:25Ça veut dire qu'on va rester des assistés.
06:27D'abord, je ne pense pas qu'on soit des assistés.
06:29Mais il y a une vraie réalité, il y a une pauvreté et il y a un certain nombre de
06:34personnes qui ont besoin de ces prestations sociales et donc ces prestations, qui va les verser ?
06:40Ou alors, la future Assemblée au 74 dira, eh bien, on va augmenter très sensiblement les impôts parce qu'il
06:50faut couvrir ce milliard, mais uniquement pour ça, il y a autre chose.
06:53Ou alors, on va baisser très sensiblement les prestations.
06:57Il faut être clair.
06:58En tant que chef d'entreprise, j'aurais souhaité qu'il y ait 100% d'emploi, mais ça ne
07:01se détruite pas à 100% d'emploi.
07:03J'aurais souhaité qu'il n'y ait pas des gens qui passent leur temps à France Travail, à chercher
07:08du travail et que malgré qu'il y a autant de recherches d'emploi, il y a autant de postes
07:13qui ne sont pas pourvus.
07:14Si on applique le principe de dire, il y a un poste et il y a un demandeur d'emploi,
07:19on n'a qu'à le mettre là, point trait, il n'y a plus de prestations sociales.
07:22Donc, ce n'est pas ça que je dis. C'est pour ça que je dis, attention, il y a
07:26un vrai besoin en prestations sociales.
07:28Ce n'est pas de faire peur aux gens. C'est juste de dire aux gens, demain, ce n'est
07:31plus ça.
07:32Mais il n'y a pas que ça. Un cyclone passe, on fait quoi ? Regardez ce qui s'est
07:35passé à Mayotte.
07:37Ils ont voté une aide, mais c'est un emprunt à l'État.
07:41Ce n'est pas du tout la solidarité nationale.
07:43Quand Hugo passe en Guadeloupe, on ne demande pas à l'État de nous prêter de l'argent.
07:47L'État fait le job parce qu'on est département comme ceux qui sont actuellement sous l'eau en France.
07:54Donc, voilà ce que le 73 fait. Voilà ce que le 74 fait.
07:58Sauf que la proposition de changement pour passer au 74 ne s'accompagne pas, à ce jour, d'un projet
08:06économique qui dirait clairement,
08:08voici les dépenses, voici les recettes et voici comment nous allons combler les dépenses.
08:14Nous allons augmenter les impôts, nous allons faire baisser les taxes.
08:17S'il n'y a pas de confiance, il n'y a pas d'économie. S'il n'y a
08:19pas de confiance, il n'y a pas d'investissement.
08:21C'est aussi simple que ça. Regarde aujourd'hui, le consommateur a réduit sa consommation, pas seulement à cause de
08:28l'inflation.
08:29Il a réduit sa consommation parce qu'il a peur de demain. Donc, il épargne, il n'achète pas, etc.
08:34C'est valable pour tous les secteurs de l'économie.
08:36Si demain matin, nous sommes plus régi par le droit commun, nous savons qu'il y aura moins d'argent
08:41en circulation.
08:42Donc, un chef d'entreprise va-t-il investir pour rénover son entreprise, pour créer une entreprise, pour créer de
08:49l'emploi,
08:49quand il ne sait absolument pas à quel souci va être mangé ?
08:53On est au fait de la réalité. On sait exactement ce qu'on dépense, ce qu'on achète, là où
08:58on a des manques, etc.
08:59Je vous donne un exemple simple. Il me semble que c'est une compétence extrêmement locale, la gestion de l
09:06'eau.
09:06C'est les maires, les communautés d'agglo, etc. Est-ce qu'on peut reprendre juste le déficit, durant les
09:1320 dernières années, de la compétence locale ?
09:16Vous voyez à quel point on en est aujourd'hui. On ne sait même pas où se trouvent les tuyaux
09:20qu'on doit arranger.
09:21Avec le 73, la possibilité d'aller négocier norme par norme ce qu'on ne veut pas.
09:27Aucun politique ne l'a fait à ce jour.
09:28Pourquoi changer de 74 ?
09:31Aujourd'hui, avec le 73, en restant dans le droit commun, on a la possibilité d'aller tout négocier avec
09:38l'État.
09:39Tout, sans exception.
09:40Je ne dis pas qu'on aura tout accepté.
09:43On peut tout négocier. Jamais une seule fois ça a été fait.
09:46Pourquoi veut-on sortir du droit commun et d'une certaine sécurité pour cela ?
09:52En définition, un chef d'entreprise, c'est un aventurier, il se lance dans une aventure.
09:56Mais au moins, il sait ce que ça va lui coûter potentiellement et ce qu'il pense que ça va
10:01lui rapporter.
10:01Dans ce projet, aujourd'hui, dont on ne sait même pas qui est le commanditaire,
10:06parce que ça vaut quand même le coup de se poser cette question,
10:09il semblerait que le commanditaire ait été un individu guadeloupéen.
10:14Mais depuis quand les individus guadeloupéens lancent des projets à plusieurs dizaines de milliers d'euros
10:20qui sont en fin de compte payés par la collectivité ?
10:23Enfin, tout ça est très bizarre.
10:25On nous dit, on va d'abord passer au 74, et puis après, on verra ce qu'on met dedans.
10:30Soyons sérieux.
10:31Le mot de la fin, j'espère que ce n'est pas la fin,
10:34mais j'espère vraiment que les guadeloupéens prendront conscience du fait qu'ils doivent être acteurs de leur vie.
10:40Acteurs de leur vie, ça ne veut pas dire que rien ne change, ça ne veut pas dire que tout
10:43change.
10:44Ça veut dire que je dois m'informer sur ce qui va changer.
10:46Si je reste dans cette situation, qu'est-ce qui ne me va pas ?
10:50Qu'est-ce que je peux faire évoluer ?
10:51Si je vais vers un autre statut, qu'est-ce qui change ?
10:56Qu'est-ce que je perds ? Qu'est-ce que je gagne ?
10:57Il faut s'intéresser à la chose publique parce qu'il en va de l'avenir des guadeloupéens.
11:01Et nous, à la CPMA, on dit...
11:03J'ai eu ce fameux slogan le 25 juillet au congrès à la région,
11:09j'ai dit « jamais sans le peuple ».
11:10J'insiste, jamais sans le peuple.
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