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La Guadeloupe à la croisée des chemins institutionnels : faut-il réinventer son statut ?

Georges Calixte décrypte la complexité de l'évolution statutaire de la Guadeloupe, explorant les articles 73 et 74 du droit français. Il met en lumière les blocages politiques et juridiques qui freinent l'autonomie, tout en soulignant l'urgence d'une réforme face aux défis budgétaires et émancipateurs.

Alors que le modèle de département-région d'outre-mer montre ses limites, une fusion département-région ou un statut de collectivité d'outre-mer sous l'article 74 est envisagée. Le Congrès a formulé des propositions ambitieuses, incluant un pouvoir législatif plus large, mais l'article 73 actuel s'avère insuffisant pour répondre à ces demandes.

Ce transfert de compétences nécessite une adaptation du cadre législatif. L'opportunité de faire sa propre loi, sans l'imposition d'un cadre national restrictif, se présente comme une voie vers plus d'autonomie économique et de prise de décision.

La nécessité de mutualiser et rationaliser les ressources est soulignée, notamment face aux coupes budgétaires annoncées dès 2028. L'enjeu est double : s'assurer une meilleure gestion des finances publiques tout en ouvrant la voie à une véritable émancipation. Georges Calixte appelle à une vision audacieuse pour l'avenir institutionnel de la Guadeloupe.

#GuadeloupeStatut #OutreMer #PolitiqueFrançaise

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Transcription
00:00Il faut au point d'ouvrir. Avant de voir moi, on peut coller les politiques, alors je serais peut-être
00:03brutal, mais je serais exclu du débat.
00:05Il faut être l'esclave de sa conscience, mais toujours rester le maître de sa destinée.
00:14Le statut de la Guadoupe est le statut de département région d'outre-mer.
00:19Parce qu'il y a deux institutions différentes, qui sont le département et la région, et un régime législatif, qui
00:26est l'article 73.
00:27La loi s'applique directement à l'identique, quel que soit ensuite le statut, bien sûr, au regard des institutions,
00:36dans les différentes institutions.
00:38Alors, qu'est-ce qui s'est passé au niveau du Congrès?
00:40D'abord, ils ont souhaité, alors il n'y a pas eu de consensus, la majorité en tout cas s
00:47'est accordée pour dire, nous voulons la fusion du département et de la région.
00:53Nous souhaitons qu'il y ait un statut entre collectivités d'outre-mer, ou tout simplement un statut collectivité qu
01:02'on appelle un statut particulier.
01:05Mais compte tenu du fait que le Congrès a demandé un nombre de compétences importantes,
01:11qui plus est un pouvoir de pouvoir faire la loi,
01:15Il n'était pas possible d'obtenir, en tout cas, ces éléments dans le cadre de l'article 73, département
01:23et région qui fusionne.
01:25Deuxième élément, on devient, comme Saint-Martin, Saint-Barthélemy, collectivité d'outre-mer.
01:31Et si on est collectivité d'outre-mer, troisième élément,
01:34on a le statut, en tout cas l'origine législatif de l'article 74.
01:40À partir du moment où il y a plus de compétences demandées,
01:44où il y a plus de pouvoir de faire du droit demandé,
01:47ce n'est pas possible dans le cadre de l'article 73.
01:50Donc, il était tout à fait logique, sous le plan juridico-politique,
01:54qu'on aille, en tout cas on a les propositions du Congrès, vers l'article 74.
01:59Ce que prévoit le Code général des collectivités territoriales,
02:02c'est qu'à partir du moment où les résolutions,
02:06parce que le Congrès prend des résolutions, ce ne sont pas des délibérations
02:10qui, de manière systématique, engageraient ou lieraient la compétence des deux collectivités.
02:15Dans le cas de ces résolutions, il fallait qu'elles soient adoptées
02:19à des termes identiques par le département et la région,
02:22avec effectivement les nuances que vous savez.
02:25Ça s'est joué à deux fois près au niveau du conseil régional.
02:28À partir de ce moment, vous voyez bien que l'un de ceux qui est le plus,
02:32en tout cas, dans la logique de cette évolution statutaire,
02:37en particulier le président du GESR,
02:40fort de ces deux résolutions votées par les deux collectivités,
02:44a commencé un travail de lobbying,
02:46puisque la suite normale de ces résolutions,
02:49c'est qu'elles sont transmises au Premier ministre,
02:51et c'est le gouvernement qui juge si, oui ou non,
02:57il y a consultation de la population.
02:58Et donc, ça veut dire qu'au regard de la situation,
03:02le président de la République, qui convoque les électeurs,
03:05peut estimer que c'est trop tôt,
03:07que c'est, en tout cas, qu'il faut peut-être attendre davantage,
03:11ou alors que ça peut rentrer dans le cadre de la partie politique actuelle de la Guadeloupe.
03:16Toutes les formations politiques sont d'accord pour dire
03:20que la départementalisation est à bout de souffle,
03:22qu'il fallait à un moment donné l'identité législative
03:25pour avoir les mêmes avantages sociaux.
03:26Vraiment, les avantages sociaux ont été acquis,
03:30avec la seule différence que le droit national s'applique en matière d'éducation.
03:36Donc, il n'y a pas très longtemps, on savait que nos ancêtres étaient des Gaulois,
03:39s'applique en matière d'urbanisme, s'applique en matière de législation du travail.
03:43Et c'est vrai que ces éléments juridiques ne correspondent pas à la réalité.
03:49Sur l'article 73, il est effectivement possible de bénéficier de ce qu'on appelle des habilitations
03:55à faire le droit, ou alors tout simplement des expérimentations.
03:59Quel est l'intérêt de l'article 73 ?
04:01Force est de constater que, de toute façon, les élus,
04:04alors que ces dispositions existent depuis mars 2007,
04:08n'ont pas pris l'initiative, n'ont pas eu le courage politique en tout cas,
04:12de pouvoir exploiter au maximum cette possibilité.
04:16Deuxièmement, n'oublions pas que, quand vous demandez une habilitation,
04:20vous demandez au Parlement de la France de vous habiliter à légiférer en ces lieux et places.
04:25Ça veut donc dire que c'est une procédure qui, d'une part, est très encadrée, lourde,
04:30et qui, si vous voulez, nécessite qu'il y ait un accord préalable.
04:34Nos élus, de toute façon, ont laissé la situation traîner,
04:39ont préféré rester sous le paradigme de l'État-providence, et c'est faisable.
04:43Mais maintenant, la situation et la problématique et l'enjeu sont différents,
04:47puisque la France fonctionne sur deux nouveaux paradigmes.
04:50Le premier, c'est que l'autonomie permet d'avoir davantage d'économie.
04:55Si elle ne nous a pas donné plus d'autonomie,
04:58c'est tout simplement parce qu'elle n'a pas les moyens législatifs,
05:01dans le cadre actuel, de le faire.
05:03Deuxièmement, la France est sur un deuxième paradigme,
05:05c'est que l'éloignement ou l'insularité des territoires ultramarins
05:10ne sont pas des raisons d'exemption de participer
05:14à l'effort national de redressement des finances publiques.
05:16Ça veut dire que, de toute façon, il faut, comme on dit en créole,
05:19il faut reprendre d'ouvrir avant d'ouvrir.
05:21La situation actuelle ne peut plus durer.
05:23D'abord, il faut mutualiser et rationaliser avec une seule collectivité.
05:30Au-delà du principe budgétaire qui est réel,
05:32puisqu'à partir de 2028, la France devra de toute façon faire des coupes sombres.
05:37Mais cet aspect budgétaire n'est pas négligeable,
05:40dans la mesure où, de toute façon,
05:42ça aura des incidences directes sur notre quotidien.
05:45Donc, d'une manière ou d'une autre, il y a à la fois l'aspect budgétaire,
05:49mais il y a également l'aspect plus émancipateur.
05:52À savoir, actuellement, quand l'État vous donne une compétence,
05:57la loi nationale vous dit comment gérer cette compétence,
06:00sauf si vous demandez une habilitation.
06:02Ce qui est demandé actuellement, c'est que de nouvelles compétences soient transférées
06:07et qu'on soit en mesure de pouvoir nous-mêmes faire la loi
06:11sans que la loi nous impose un cadre particulier.
06:15Ça ne justifie pas le fait que certains continuent à avoir une lecture
06:20très crépusculaire de la situation de l'évolution statutaire.
06:23C'est Emmanuel Canton qui disait qu'il faut être l'esclave de sa conscience,
06:28mais toujours rester le maître de sa destinée.
06:30À partir du moment où on préfère, pour des raisons de conscience,
06:35rester dans ce qui sécurise,
06:38mais ça veut tout simplement dire qu'on met entre les mains des autres
06:41la destinée qui est la nôtre.
06:43L'État, dans le cadre d'une loi organique,
06:46donc il y a une proposition de loi organique qui a été faite,
06:48dans le cadre de cette proposition de loi organique,
06:51il sera négocié avec l'État de nouvelles compétences.
06:54Dans le cadre de l'Antique 74,
06:57dans les nouvelles compétences,
06:59le Parlement qui a été transféré,
07:01Saint-Martin, Sébastien, Limea, Faustier,
07:03et la Polynésie, et la Nouvelle-Calédonie,
07:05le Parlement n'a plus la main.
07:07Il n'a fait plus la loi.
07:08Alors que la même compétence, dans le cadre de l'Antique 73,
07:11je vous l'ai dit,
07:12les collectivités devront l'exercer,
07:14mais conformément à ce que dit la loi.
07:17Autrement dit, si je prends l'exemple des collègues,
07:20je sais bien, écoutez,
07:21les collègues devront être gérés par les départements,
07:23comme tous les collègues de l'Hexagone.
07:25Posez la question aux politiques saint-martinois
07:28ou aux politiques martiniquais.
07:29Voulez-vous retourner dans la situation intérieure?
07:31Aucun.
07:32Aucun ne dit, on veut retourner dans la situation intérieure.
07:35Tout dépend de la manière dont les hommes gèrent.
07:38La seule chose que l'on peut dire,
07:40c'est qu'ils ne veulent pas revenir à la situation intérieure.
07:43Après, les institutions sont échevées par des hommes
07:45avec des choix stratégiques plus ou moins pertinents,
07:49plus ou moins opportuns.
07:51Les collègues politiques, alors je serais peut-être brutal,
07:53mais ce n'est pas exclu du débat.
07:54Nous ne sommes plus dans un processus décisionnel du quotidien.
08:00Nous sommes dans un processus
08:02où il s'agit d'éclairer.
08:04Donc, l'élu crée les conditions de réduire l'incertitude.
08:08Mais l'éclairage sous les modalités de réduction de l'incertitude
08:11doit être le fait des causes intermédiaires.
08:14Le rôle des experts, effectivement, c'est pourquoi je suis devant vous actuellement.
08:18Je reste persuadé que si on laisse cette affaire-là entre les mains des élus,
08:22c'est l'échec.
08:22Il ne peut y avoir d'évolution institutionnelle ou statutaire
08:26que s'il y a une consultation de la population.
08:30Mais de ne surtout pas perdre de vue,
08:32et chacun se fera à sa propre idée,
08:35les deux nouveaux paradigmes de l'État français,
08:37parce que nous sommes dirigés par des technocrates.
08:39Plus d'autonomie, de toute façon, on l'aura.
08:42Et d'autre part, nos spécificités ne légitiment plus
08:46que nous puissions avoir des moyens particuliers.
08:49Combien même l'État voudrait,
08:50de toute façon, il n'en a pas les possibilités financières.
08:53Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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