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Du lundi au vendredi à 22h, Mickael Dorian revient sur la journée d'infos et de débats traités sur l'antenne de CNEWS dans #LeMeilleurdelInfo

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00:01Allez, on est de retour sur CNews. C'est vrai qu'on s'est dit au revoir il y a
00:04quelques minutes,
00:05mais on va garder l'antenne évidemment avec cette information extrêmement importante
00:09qui a été annoncée il y a quelques minutes et confirmée sur le fait que l'accord entre les Etats
00:16-Unis
00:16et le régime iranien a été donc signé ce soir au château de Versailles.
00:20Vous savez qu'un grand dîner est organisé par le président français Emmanuel Macron
00:25en l'honneur de Donald Trump et des Etats-Unis. Dîner organisé, c'était le prétexte mis en avant par
00:32l'Elysée
00:33à l'occasion des 250 ans de l'indépendance des Etats-Unis.
00:37Un dîner qui arrive évidemment aussi au terme de ce sommet du G7 qui était organisé du côté d'Evian
00:46avec en sujet, en trame de fond bien sûr cet accord qui a longuement été évoqué,
00:53cet accord dont on a beaucoup parlé ces dernières heures entre les Etats-Unis et le régime iranien.
00:59Un accord qui devait être signé vendredi du côté de Genève.
01:04Là évidemment c'est une surprise d'apprendre que cette signature a eu lieu.
01:09Et on en parlait juste avant la pause, Amine Elbaï.
01:11Ce qui est sûr c'est que cette signature, la signature de cet accord qui intervient au château de Versailles
01:19sous l'impulsion, sous l'invitation d'Emmanuel Macron, finalement elle envoie un signal très fort pour la France
01:27qui s'est longtemps sentie exclue de tout ce qui se jouait à l'échelle internationale autour de ce conflit
01:34au Moyen-Orient.
01:36Là aujourd'hui Emmanuel Macron se retrouve avec un rôle quasiment central finalement dans cet accord.
01:43Alors c'est vrai que le rôle de la France et du président de la République Emmanuel Macron est quand
01:48même central
01:49dans le cadre de la conclusion de cet accord.
01:52Et tout le monde pouvait effectivement s'imaginer que quelque chose allait se préparer en coulisses
01:59avec 2h30 d'attente quand même devant le château de Versailles.
02:03Cela laisse penser quand même que le président de la République Emmanuel Macron tenait tant à soigner cette image
02:10avec cette belle sortie qui a été le G7.
02:12Je crois que le G7 a quand même profité au président de la République Emmanuel Macron
02:15mais a fortiori à cette issue avec un accord signé formellement après l'avoir été signé par voie dématérialisée.
02:24Cela montre effectivement le rôle que la France a pu jouer à travers ce G7
02:29dans la sécurité collective, dans l'administration d'une paix mondiale
02:35tout en rappelant quand même que cet accord n'est pas un accord scellé définitivement.
02:42Aujourd'hui s'agissant par exemple de la situation dans le détroit d'Hormuz
02:47évidemment qu'il y a un déblocage maritime immédiat
02:49mais il y a aussi le fait qu'au-delà de 60 jours, c'est l'accord qui le prévoit
02:55et bien l'Iran pourra par exemple appliquer des frais, des frais de service
03:02ce qui laisse quand même penser qu'il y a quand même une perspective d'enrichissement pour le régime iranien
03:07au-delà même d'une perspective d'enrichissement, une perspective de réarmement pour le régime iranien
03:12oui Donald Trump et le régime iranien en ressortent grandis
03:15et je crois que cela risque d'interroger a fortiori la position française
03:21puisqu'Emmanuel Macron jusque-là a toujours été opposé à l'application de ce qu'on pourrait appeler
03:28un péage maritime dans le détroit d'Hormuz.
03:31Donc pour le moment la situation elle est figée à 60 jours
03:33mais elle n'est pas figée définitivement.
03:36On est avec Claude Moniquet qui est toujours avec nous spécialiste terrorisme et renseignement.
03:41Rebonsoir Claude, est-ce qu'on peut revenir sur les détails de cet accord justement
03:46dont on a pu évoquer aujourd'hui, on en sait un petit peu plus sur cet accord qui vient d
03:51'être signé
03:52notamment concernant la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts
03:58y compris le Liban.
04:00Ça c'est un point important évidemment parce que ça va un peu à l'encontre des intérêts d'Israël
04:07qui était pourtant l'allié des États-Unis dans cette guerre.
04:11Oui tout à fait, Israël était l'allié des États-Unis dans cette guerre
04:14mais Israël est totalement marginalisé dans les négociations depuis maintenant des semaines
04:19et les relations entre Donald Trump et Benjamin Netanyahou sont très tendues pour utiliser un euphémisme.
04:26Effectivement, ça n'est pas une bonne nouvelle pour Israël
04:29qui veut pouvoir continuer à frapper le Hezbollah si le Hezbollah attaque les forces israéliennes
04:37ou tire des roquettes ou des missiles vers Israël.
04:42Les Iraniens pourraient considérer cela comme un casus belli.
04:46Ça pourrait d'ailleurs leur donner la possibilité de se retirer de l'accord
04:49parce que jusqu'à présent les Iraniens quand même, ils disent qu'ils ont signé l'accord,
04:53qu'ils le signeront, qu'ils sont d'accord, que tout va très bien
04:55mais on voit bien qu'il reste des divergences très importantes entre les Américains et les Iraniens
05:01et que donc ces derniers peuvent se garder une porte, en fait jouer la montre
05:05pendant les 60 jours des négociations qui vont s'ouvrir maintenant
05:08et se ménager une porte de sortie pour en définitive ne pas signer un accord définitif et final
05:15qui les priverait entre autres du nucléaire puisque pour le moment tout reste très flou.
05:19Cet accord en fait, c'est un texte général en 14 points
05:22dans lequel il y a beaucoup de concessions qui sont faites à l'Iran
05:25entre autres les 300 milliards de dollars qui seront progressivement rendus à Téhéran
05:32ou plutôt donnés à Téhéran
05:35mais les Iraniens de leur côté font très très peu de concessions
05:39à part une promesse assez vague de ne jamais chercher à se doter de l'armes nucléaires
05:43mais les promesses, on le sait bien, n'engagent que ceux qui les entendent.
05:47Quel regard porter sur cet accord, sur l'avenir de cet accord ?
05:52Est-ce qu'il a une chance finalement de durer ?
05:57Tout dépend en fait de l'intérêt des Iraniens
06:00puisqu'il est manifeste aujourd'hui que Donald Trump voulait et veut
06:04et continuera à vouloir très certainement sortir de cette guerre
06:08qui lui a coûté cher pour un résultat qui n'est pas à la hauteur de ses ambitions
06:14qui est en tout cas très loin du point de départ
06:16où on parlait d'un changement de régime.
06:19Tout ça a été balayé.
06:19Donald Trump a beau dire que ce ne sont plus les mêmes qui sont au pouvoir
06:22et que le guide suprême a été éliminé,
06:25la réalité c'est qu'aujourd'hui les gens qui sont au pouvoir
06:28sont peut-être encore plus durs que le guide suprême
06:30puisque ce sont les gardiens de la révolution, l'armée idéologique du régime.
06:35Donc de ce point de vue-là, on peut avoir des doutes
06:39sur la possibilité réelle d'arriver à une finalisation de l'accord.
06:43D'ailleurs, John Ratcliffe, le patron de la CIA,
06:46mais aussi Marco Rubio, le secrétaire d'État,
06:48et Pete Echette, le secrétaire à la Défense,
06:52ont attiré l'attention de Donald Trump ces derniers jours
06:55sur le fait qu'à leur avis, et surtout d'après les renseignements dont ils disposaient,
07:00l'Iran ne signera pas un accord final
07:03qui le priverait de sa capacité à enrichir le nucléaire.
07:06Caroline Tominé, cette signature qui intervient à ce moment-là,
07:11c'est vrai que c'est assez surprenant, on ne s'y attendait pas.
07:15Il y a évidemment cette victoire qui est affichée par le président américain
07:18qui vante les mérites de cet accord,
07:21et puis toutes les inquiétudes qu'il y a autour des conditions de cet accord aujourd'hui.
07:27Alors pour les marchés mondiaux, on a intérêt à la réouverture du Détroit,
07:31et la France capitalise visuellement sur cette signature,
07:37avec la visite au château de Versailles.
07:40Donc ça, dans notre intérêt, on marque des points.
07:44Et ce qu'on disait, c'est que l'important...
07:47On marque des points, c'est-à-dire c'est Emmanuel Macron qui marque des points.
07:50Oui, en termes d'images.
07:51Vis-à-vis des Français qui...
07:52Vis-à-vis de l'international.
07:53Et aussi peut-être vis-à-vis des Français qui se retrouvent à la pompe
07:58à ne plus savoir aujourd'hui comment remplir leur réservoir d'essence.
08:03Oui, le prix du Paris, alors il a baissé, il a réaugmenté un petit peu,
08:07mais le prix du Paris allait exploser.
08:10Là, c'était plus tenable.
08:11Les réserves, il reste des réserves qui sont compliquées pour l'été.
08:17Et donc, effectivement, ça avait des conséquences,
08:19même au niveau humanitaire, pour l'Afrique.
08:23Donc, des conséquences graves sur des populations qui auraient été en famine.
08:32Qu'est-ce que ça veut dire, finalement, Amine Albaï ?
08:33Ça veut dire que l'économie mondiale a eu raison, d'une certaine façon,
08:38de la sécurité, j'allais dire de la sécurité d'Israël, mais pas que,
08:43de la sécurité mondiale et la sécurité de l'Occident ?
08:47Oui, vous savez que les marchés financiers ont tellement souffert
08:51de cette guerre en Iran.
08:52Je crois que la seule entreprise française, si je n'ose, abusée,
08:59qui a pu profiter de cette crise, était l'entreprise totale.
09:04On a vu, effectivement, une montée sur les marchés de la valeur de l'action.
09:09Mais très concrètement, aujourd'hui, c'était effectivement une demande.
09:12Une demande des entreprises, une demande aussi des pays.
09:17Et puis, ajoutons à cela l'impact qu'a pu avoir aussi ce blocage maritime
09:24sur le quotidien des Français, avec cette hausse, notamment, des prix du carburant.
09:32Il y a une question qui va se poser, parce que, pendant toute cette guerre en Iran,
09:38c'était posé la question, effectivement, du barrage et donc d'une sorte de tarif douanier maritime.
09:46Aujourd'hui, pendant 60 jours, le détroit d'Ormuz sera, effectivement, libre et accessible.
09:52Au-delà de 60 jours, le régime iranien va s'enrichir, puisque désormais,
09:58qu'il est question de contributions, contributions qui n'existaient pas dans la situation d'avant-guerre.
10:03Donc, a fortiori, l'Iran sort quand même gagnant de cet accord.
10:10Et ajoutons à cela la prédominance que pourrait avoir le régime iranien
10:16face, effectivement, à son ennemi historique, Israël, qui se retrouve isolé aujourd'hui,
10:24je dirais même abandonné sur la scène internationale, a fortiori,
10:27par son allié américain.
10:31La question que je pose, et je prends quand même des pincettes, c'est,
10:34peut-on encore aujourd'hui faire confiance, ou alors, jusqu'à où,
10:38nous pouvons aujourd'hui faire confiance à Donald Trump,
10:41puisque aujourd'hui, ce sont uniquement les intérêts américains
10:45qui ont pu primer dans la conclusion de cet accord ?
10:47Et tant pis pour Israël, et tant pis pour M. Netanyahou.
10:50Voilà, c'est comme ça que résonne M. Trump aujourd'hui.
10:52Rappelons que Benyamin Netanyahou va se retrouver évidemment dans une situation complexe,
10:57avec des élections qui arrivent en octobre en Israël,
11:01et que cet épisode, cet accord qui dessert énormément Israël,
11:07aujourd'hui risque de lui être très défavorable.
11:10Écoutez notre correspondant aux Etats-Unis, Ramzi Malouki,
11:13qui nous résume les détails de cet accord.
11:17Au cœur de ce document, l'arrêt total des combats sur tous les fronts,
11:21notamment au Liban, et la levée du blocus naval américain sous 30 jours.
11:25Pour Téhéran, le gain est immense à une reprise des exportations de pétrole,
11:28et la promesse d'un plan de restructuration, de reconstruction,
11:31plus exactement, de 300 milliards de dollars.
11:34En échange, l'Iran s'engage à geler son programme nucléaire en attendant un accord définitif sous 60 jours.
11:39Alors que Donald Trump revendique une victoire historique,
11:42au sein même de son administration,
11:44on tente déjà de calmer le jeu en qualifiant ce texte de, je cite,
11:47« simple document politique sans engagement définitif ».
11:50Prudence donc, mais aussi colère avec à Washington les experts,
11:54mais aussi les cercles de réflexion qui sont vent debout.
11:57Beaucoup dénoncent une capitulation face à l'Iran.
11:59Ils reprochent à la Maison Blanche d'avoir cédé sur les sanctions
12:02et le blocus naval sans obtenir l'arrêt définitif du nucléaire.
12:06L'opinion publique américaine, elle, reste profondément divisée
12:09entre, d'un côté, le soulagement d'éviter la guerre,
12:11et de l'autre, la peur d'avoir été dupée par le régime de Téhéran.
12:16Voilà pour les précisions de notre correspondant aux Etats-Unis, Ramzi Malouki.
12:21Et moi, j'aimerais qu'on s'arrête sur cette information également,
12:25et ces mots du négociateur en chef iranien.
12:29« L'accord acte l'échec des Etats-Unis ».
12:32Ce sont les propos du chef de l'équipe de négociation iranienne,
12:36Mohamed Bagher-Ghalibaf, qui estime que l'accord censé,
12:39qui vient d'être signé, puisque ça, ce sont une déclaration
12:43qui est intervenue quelques minutes avant la signature.
12:46Il estimait que l'accord qui devait être signé,
12:51sonnait comme une défaite pour Washington.
12:54Ce sont des déclarations plutôt étranges et effrayantes
12:59de la part d'un interlocuteur avec lequel on s'apprête
13:03à signer un accord, Caroline Tominé.
13:06Alors, on dit qu'on ne négocie jamais avec des terroristes.
13:10La population civile iranienne le sait bien.
13:15Ce sont des terroristes.
13:16Rappelez-vous que dans les 30 000 à 40 000 morts,
13:19on n'a pas le nombre exact, il y avait des gens qui étaient vivants,
13:26enfermés dans les sacs mortuaires, et des bébés et des enfants
13:29qui ont été tués à mains nues.
13:31Donc, l'horreur absolue.
13:34Aujourd'hui, c'est vrai que, sachant le contexte,
13:38les femmes se sont un petit peu libérées aujourd'hui,
13:41mais la répression risque de rester.
13:45Trump disait que l'Iran n'a jamais perdu une négociation.
13:51Ce sont effectivement de fins négociateurs.
13:57Ils ont su créer des leviers de négociation
14:02depuis le début de cette guerre contre les Américains.
14:08Et ils ont l'avantage sur l'existence des réseaux sociaux pour communiquer.
14:13Ils maîtrisent les règles de communication américaines,
14:19puisque beaucoup ont été aussi dans les universités américaines, rappelons-le.
14:24Mais aussi les méthodes du KGB russe,
14:27puisque une partie des acteurs politiques ont été formés par le KGB.
14:32Et cette information qui vient de nous arriver, Caroline,
14:36le régime iranien qui confirme à l'instant avoir signé cet accord avec les États-Unis.
14:41C'est donc définitif ?
14:43Oui, il faut qu'il y ait l'accord du Congrès, en fait.
14:47Et effectivement, c'est dématérialisé.
14:50Donc c'est à distance, c'est une signature électronique.
14:54Et puis on verra ce qui se passe dans 60 jours.
14:57Claude Moniquet, j'aimerais vous entendre là-dessus.
14:58Effectivement, il y a d'un côté la confirmation du régime iranien qui intervient là.
15:02Et puis il y a encore quelques minutes, je le disais,
15:05puisque cette information est tombée aux alentours de 23h17.
15:09C'est le mot de Mohamed Galibaf qui dit
15:11« Cet accord acte l'échec des États-Unis.
15:13Les gens en prendront connaissance et tireront leurs propres conclusions. »
15:19C'est ce qu'il a déclaré à la télévision d'État ce soir,
15:23à la télévision d'État iranienne.
15:25Il est aussi, je rappelle, le président du Parlement iranien.
15:29Il y a un moment donné, Donald Trump va devoir aussi s'exprimer
15:32sur les propos de cette personne.
15:38Oui, Mickaël, en effet.
15:41Revenons à la base des choses.
15:43Les États-Unis, au début des négociations,
15:45disaient avoir des lignes rouges,
15:47qui étaient tout au début le champ de l'entrée de régime,
15:50mais ça, on l'a oublié depuis longtemps.
15:53L'arrêt du nucléaire, 60 jours de négociation,
15:57puis on verra ce que ça donne.
15:58Mais même si les Iraniens acceptent l'arrêt du nucléaire,
16:02l'arrêt de l'enrichissement,
16:03rien ne dit qu'ils tiendront leur parole,
16:05parce que c'était déjà ce qu'ils avaient promis avec le JCPOA.
16:08Et on sait très bien qu'ils se sont moqués de nous,
16:10qu'ils ont continué à enrichir au nez et à la barbe de l'AIEA.
16:13Deuxièmement, l'arrêt du soutien au proxy,
16:16le Hezbollah, le Hamas, les outils du Yémen,
16:20les Qatar et l'Hezbollah,
16:21ça a disparu de l'accord.
16:22On n'en parle même plus.
16:26Troisièmement, l'arrêt du programme de missiles balistiques,
16:29on n'en parle plus.
16:30Donc, qu'est-ce qui se passe en réalité ?
16:32Les Iraniens vont pouvoir imposer une taxe au bateau
16:35qui passe par le détroit d'Hormuz,
16:37comme le disait Amin,
16:38ce qui ne se faisait pas avant la guerre.
16:40Deuxièmement, les Américains vont leur offrir 300 milliards de dollars
16:45pour s'en reconstruire.
16:47Et on devine bien que cet argent n'ira pas dans la poche
16:49des pauvres Iraniens qui sont dans une situation économique terrifiante,
16:54mais dans celle, entre autres, des organes de répression du régime.
16:59Et puis après, ils pourront continuer à faire ce qu'ils voudront.
17:03Donc, effectivement, quand les Iraniens disent qu'ils ont humilié les États-Unis,
17:07ils ont raison.
17:09Fondamentalement, les Iraniens peuvent dire
17:11« Nous avons été attaqués par la première puissance mondiale du monde,
17:14les États-Unis, et par leur allié, le petit Satan israélien.
17:18Nous avons résisté, nous sommes toujours là,
17:20donc nous avons gagné. »
17:22Qu'en est-il du peuple iranien, Claude Moniquet ?
17:24Caroline Tominé nous disait qu'aujourd'hui,
17:26on avait pu voir des femmes iraniennes sortir dans la rue
17:28et retirer leur voile,
17:30qu'elles n'avaient pas été interpellées des femmes en masse,
17:35nous disait Caroline Tominé,
17:36qu'elles n'ont pas été interpellées
17:38et qu'elles n'ont pas été arrêtées.
17:40On entendait Donald Trump, il y a quelques jours,
17:42nous dire que finalement,
17:44les personnes avec qui il négociait n'étaient pas les mêmes
17:49que ce régime avait d'une certaine façon changé.
17:53Est-ce qu'il faut y voir finalement
17:54une amélioration des conditions de ce peuple iranien
17:59dans les mois, et on l'espère, dans les années à venir ?
18:03Je vais prendre une image que tout le monde comprendra.
18:06Donald Trump dit « nous avons éliminé la direction politique iranienne,
18:11le dit suprême et les autres ».
18:12C'est-à-dire qu'ils ont éliminé,
18:15essentiellement, d'ailleurs,
18:15ce sont les Israéliens qui ont fait ces frappes,
18:17ils ont éliminé ceux qui donnaient au gardien de la révolution
18:21l'ordre de tirer sur la foule.
18:23Et aujourd'hui, qui est au pouvoir ?
18:24Ceux qui, hier, tiraient sur la foule.
18:27Bon, et c'est eux qui décident.
18:29Donc, je pense qu'il faut être extrêmement prudent
18:31par rapport à tout ce qui se passe pour le peuple iranien aujourd'hui.
18:33Ce qu'on sait, c'est que les exécutions publiques ou secrètes
18:37n'ont pas arrêté exécutions de manifestants
18:40ou de gens qui ont été condamnés, sous-disant,
18:41pour espionnage pour Israël et autres,
18:43depuis des mois, et continuent tous les jours.
18:46Les femmes iraniennes se sont dévoilées hier,
18:48je m'en félicite et c'est très bien.
18:51Attendons de voir si ça se confirme dans la durée.
18:54Il aurait été assez malvenu pour les Iraniens
18:57de faire tirer dans la foule à deux jours
18:59de la signature de cet accord.
19:01Donc, ils sont capables de raisonner intelligemment
19:04et de se restreindre.
19:06C'est sur le long terme, le moyen terme et le long terme
19:08qu'il faudra juger de leur bonne foi.
19:10Et malheureusement, le peuple iranien, effectivement,
19:12je pense, est le grand perdant.
19:14Rappelez-vous de ce que disait Trump le 12 ou le 15 janvier.
19:17Nous arrivons, nous voulons votre secours.
19:21Personne à l'arrivée n'est venu au secours des Iraniens
19:23qui sont, une fois de plus, seuls et qui s'estiment trahis.
19:27Ça rappelle ce que disait Henry Kissinger.
19:30Être l'ennemi des États-Unis, c'est extrêmement dangereux.
19:34Être l'allié des États-Unis, c'est mortel.
19:38On comprend en tous les cas qu'il y a deux grands perdants, Claude.
19:41Effectivement, le régime iranien et on le disait Israël.
19:44Hier encore, Donald Trump a indiqué que la Syrie
19:49devait s'occuper du Hezbollah et non plus Israël.
19:53C'est une certaine forme de trahison, finalement, de Donald Trump
19:57à l'égard aujourd'hui de Benyamin Netanyahou
19:59et de sa politique sécuritaire dans le nord d'Israël.
20:04Oui, et puis c'est quand même très, très étonnant
20:07et ça prouve quand même une très grande méconnaissance du Moyen-Orient.
20:12Effectivement, le régime syrien est l'ennemi juré du Hezbollah
20:16puisque le Hezbollah était le soutien de Bachar Al-Assad
20:19et a combattu Al-Joulani et ses compagnons djihadistes sunnites
20:24proches d'Al-Qaïda.
20:26Maintenant, leur donner les clés du Liban,
20:28c'est-à-dire faire revenir la Syrie dans le jeu libanais
20:32alors qu'on a mis des dizaines d'années en l'en exclure.
20:34Je ne suis pas sûr que ce soit le calcul le plus génial du siècle.
20:38Deuxièmement, est-ce que la Syrie a les moyens
20:40d'aller combattre le Hezbollah au Liban ?
20:43Franchement, j'en doute.
20:45Et troisièmement, que pensera la société libanaise ?
20:49Et par ailleurs, effectivement, pour les Israéliens
20:52qui occupent une partie de la Syrie
20:54et qui ne sont pas hostiles au gouvernement Joulani,
20:58mais ils sont extrêmement prudents face à ce gouvernement.
21:02Ça peut effectivement apparaître comme un nouveau coup de poignard dans le dos.
21:06En tout cas, ça n'est certainement pas du côté de Damas
21:09qu'on trouvera la solution du problème du Hezbollah au Liban aujourd'hui.
21:13Caroline Tominet, un mot concernant effectivement
21:17ces deux grands perdants, nous dit Claude Moniquet.
21:19D'abord, le peuple iranien.
21:21Alors là-dessus, vous n'étiez pas tout à fait d'accord, je crois.
21:24Parce que selon vous, pour le moment,
21:26le peuple iranien peut peut-être y voir une forme d'espoir.
21:29C'est ce que vous nous disiez tout à l'heure.
21:31Non, je pense que le peuple iranien joue sur le timing, en fait.
21:36Ils savent que les gardiens de la révolution, pour le moment,
21:40ne peuvent pas créer le trouble en Iran.
21:42Ils ont peur, en fait, de nouvelles émeutes.
21:47Et ils souhaitent la stabilité.
21:49Donc le peuple iranien l'a bien compris.
21:51Et il profite de ces quelques moments de liberté.
21:54Après, il y aura un changement en Iran par le peuple où il n'y aura pas.
22:02Et pour ça, il faut des leaders.
22:03Et évidemment, les leaders sont systématiquement identifiés et éliminés.
22:08Donc c'est très compliqué, effectivement.
22:11Effectivement, les massacres de février étaient terribles.
22:15Les pendaisons continuent.
22:18Ce que je disais, c'est qu'on doit être autour, depuis janvier, peut-être de 700 pendaisons, si ce
22:23n'est plus.
22:24Et donc, effectivement, c'est une répression terrible.
22:28Et est-ce qu'on doit négocier avec des terroristes ou les mettre à genoux ?
22:34Et là, aujourd'hui, ils n'ont pas reconnu une défaite, serait-ce que militaire.
22:42Et en plus, ils vont être alimentés financièrement avec le retrait des sanctions, la fin des avoirs où, on pourrait
22:55dire, les oligarques iraniens
22:57ou encore plus les dictateurs iraniens troisième couche au pouvoir ont évidemment des intérêts économiques
23:05avec des placements au Moyen-Orient, avec des avoirs qui sont gelés.
23:09Et donc, c'était un des rares leviers qu'avaient les États-Unis en levant ces sanctions et les avoirs.
23:16Plus le passage du détroit d'Hormuz qui devient payant, ça va être une manne pour eux.
23:24Et on parle du 300 milliards de fonds d'investissement qui ne seraient pas financés par les États-Unis
23:32comme une promesse qui peut aussi leur permettre, permettre aux États-Unis de les tenir et d'avoir une main
23:40sur l'Iran.
23:41Et c'est, à mon avis, le calcul de Trump, c'est-à-dire les tenir économiquement.
23:45On va regarder à nouveau ce tweet d'Emmanuel Macron un petit peu plus tôt dans la soirée,
23:52lorsque les deux présidents se sont retrouvés dans cette galerie des glaces.
23:59Et cette photo qui deviendra peut-être historique, en tous les cas, c'est ce que semblait évoquer le président
24:05français,
24:05là où tout a commencé, l'histoire, celle, les amitiés des peuples.
24:09Cette photo qui marquait justement le début d'une histoire, celle de cet accord,
24:15puisque quand elle a été publiée, on ne savait pas encore que cet accord allait être signé.
24:19Pour revenir sur les détails de cette soirée dans le château du Roi Soleil,
24:25la déambulation a donc commencé dans cette galerie des glaces
24:30et cette visite privée accordée à Donald Trump dans cette galerie des glaces.
24:34Donald Trump reçu par Emmanuel et Brigitte Macron.
24:38Il se dit qu'une conversation téléphonique a eu lieu entre les deux présidents
24:44et leur homologue ukrainien Volodymyr Zelensky pendant qu'il se promenait dans cette galerie des glaces.
24:49Et puis a eu lieu ensuite la signature de l'accord avec le régime iranien,
24:54accord dont on a évidemment beaucoup parlé ce soir,
24:57dont on a beaucoup parlé tout au long de ce sommet du G7 à Evian.
25:03Et il s'en est suivi le fameux dîner dont on a parlé tout à l'heure,
25:06dîner qui a bien eu lieu dans la somptueuse galerie BASSE,
25:09avec au menu un apéritif à base de porc noir de bigor,
25:13un plat d'asperges blanches et de volailles,
25:15un plat de fromage et puis une tarte au chocolat en dessert.
25:18Voilà le programme de cette soirée très riche pour le président américain,
25:23qui d'une certaine façon aujourd'hui a fait un joli cadeau à Emmanuel Macron, Amine Albaï.
25:30Mais je crois que ce dîner est le dîner pour rendre chaleureux la fin de ce G7,
25:36mais sans oublier un certain nombre de questions qui ont pu à un moment
25:41montrer une tension dans la relation franco-américaine.
25:44Je rappelle simplement que Donald Trump est arrivé au G7
25:48en expliquant qu'il allait taxer à hauteur de 100% les exportations françaises de vin.
25:54si l'Europe ne retirait pas ses taxes sur les géants de la tech.
26:00Et on se retrouve d'ailleurs dans un monde aujourd'hui
26:03qui est totalement bloqué au niveau de la justice commerciale,
26:06puisque c'est les États-Unis d'Amérique qui bloquent
26:08notamment le processus de nomination.
26:10Et Emmanuel Macron a fait preuve de diplomatie,
26:13puisqu'il a déclaré quelques heures après,
26:14si j'étais rancunier,
26:18eh bien ce serait beaucoup plus compliqué.
26:19Et ce n'est pas le cas.
26:20On va terminer là-dessus.
26:21Merci beaucoup à Claude Moniquet,
26:23merci à Amine Elbailly et Caroline Tominet,
26:25merci à vous,
26:26parce qu'on a prolongé un petit peu plus
26:28pour revenir sur cette information on ne peut plus importante.
26:31L'actualité continue,
26:32l'édition de la nuit,
26:34Margot Siffer dans un instant.
26:35Je vous souhaite de passer une très belle fin de soirée sur CNews
26:38et à demain.
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