00:07Bonjour à tous et à tous, bienvenue sur Bismarck au salon Eurosatory,
00:12le salon qui rassemble de nombreux industriels de la défense du monde entier.
00:16Et pour parler de ce sujet, nous sommes avec Sylvain Maillard, bonjour.
00:20Bonjour.
00:20Député de Paris et membre de la Commission Défense Nationale et des Forces Armées.
00:24Forcément, c'est un passage obligé pour vous qui êtes dans cette commission à l'Assemblée Nationale.
00:30D'abord, c'est une incroyable réussite française.
00:32Eurosatory est devenue vraiment une référence mondiale.
00:35On y voit des délégations incroyables, un succès fou.
00:39Et ça veut dire aussi beaucoup de choses sur notre industrie de défense.
00:42Évidemment, l'appétence au développement de l'industrie de la défense dans le contexte que nous connaissons tous.
00:49Mais ça veut dire aussi que nous avons notre carte à jouer sur les territoires
00:52pour faire en sorte que l'ensemble des acteurs, des PME de la défense, mais aussi des grands groupes,
00:59puissent canaliser et faire de l'économie, nous sécuriser, mais aussi faire de l'économie.
01:04Je crois que c'est important.
01:05Alors, réussite française sur l'événement, mais réussite aussi des industriels français.
01:10Qu'est-ce qui vous a le plus marqué dans vos passages, dans les allées du salon par rapport aux
01:14industriels français ?
01:15Le monde et la diversité des personnes, des spectateurs ou des personnes qui viennent visiter le salon.
01:24Une diversité, on a l'impression que c'est un monde en petites réduites.
01:30Et c'est assez impressionnant avec des exposants qui viennent du monde entier.
01:33On voit que Eurosatory est devenue la référence, en tout cas une des références dans le monde.
01:38Et je pense qu'au moment où, dans l'époque que nous vivons, je crois que c'est un moment
01:43important.
01:43La concrétisation aussi de plusieurs programmes.
01:45On pense notamment au programme Scorpion, qui a débuté en 2014, 2024.
01:50On a fait les 12 ans de ce programme.
01:52Mais il n'est pas terminé parce qu'on peut encore ajouter de nouvelles technologies dans ce programme.
01:56On apportera évidemment des nouvelles technologies.
01:59Et puis on voit bien à travers le front ukrainien à quel point tout change.
02:05Et donc pour que tout change, il faut que l'économie autour de notre défense puisse changer, évoluer, s'adapter.
02:12Le programme Scorpion, il a été conçu, comme vous l'avez dit, dans les débuts des années 2000.
02:18Maintenant, il faut qu'on passe aussi à autre chose.
02:21Beaucoup de dronisation, rendre plus autonome et aussi dans une bataille plus collective.
02:27Enfin, il y a vraiment du travail à faire.
02:29Je crois que les entreprises françaises sont bien placées sur ce secteur-là.
02:31Et vous êtes essentiel, vous, en tant que parlementaire, dans le développement industriel.
02:35Parce que vous votez les lois et notamment la loi de programmation militaire 2024-2030.
02:41Plus de 400 milliards d'euros par rapport à ce projet de loi de programmation.
02:46Quel est votre regard sur ce projet de loi ?
02:47Est-ce qu'on va suffisamment loin par rapport à ce texte-là ?
02:51C'est un effort considérable.
02:53On a une loi de programmation militaire.
02:55On la réactualise.
02:57Nous sommes en train de finir le vote.
02:58On espère qu'on aura tout terminé l'examen avant le 14 juillet.
03:02Donc, c'est bientôt.
03:02Mais on rajoute presque 36 milliards supplémentaires à l'effort.
03:07Pour tout simplement revenir dans les clous,
03:09depuis que le président de la République est aux manettes 2017,
03:13nous avons considérablement augmenté le budget de l'armée.
03:16Il faut continuer parce que les technologies ont changé.
03:19Il faut de l'argent, du développement technologique.
03:22Et c'est ce que nous apportons dans les années précédentes,
03:25mais aussi dans les années qui arrivent.
03:27C'est un effort considérable de l'ensemble de la société française.
03:31Et je veux le saluer.
03:32Et puis, il faut suivre aussi la cadence de nos partenaires,
03:35de nos partenaires européens.
03:37Parce que l'Allemagne fait beaucoup,
03:39a augmenté énormément son budget à la défense.
03:43C'est pareil pour d'autres pays qui sont plutôt situés vers l'Est.
03:45Il y a un phénomène aussi par rapport à la peur de la Russie ?
03:48Bien sûr.
03:49Mais il y a aussi un gros retard.
03:51Les Allemands étaient très en retard.
03:53D'ailleurs, on le voit sur beaucoup de leur matériel
03:55qui n'était pas efficients,
03:56qui n'étaient pas capables d'être opérationnels.
03:59Donc, il y avait un gros process de rattrapage des armées allemandes.
04:03Dans la mentalité aussi, je vois sur mes homologues allemands,
04:06il y a quelques années, l'armée, ça passait vraiment après tout.
04:09Maintenant, ce n'est plus le cas parce que la menace est là.
04:12Et la menace est russe.
04:14Nous recevons régulièrement le CEMA qui nous le dit.
04:18Il faut que nous soyons prêts pour une possible attaque possible avant 2030.
04:23Et donc, il nous faut nous réarmer.
04:25Si nous sommes puissants, nous sommes craints.
04:27Si nous sommes craints, nous serons protégés.
04:29Et est-ce qu'aujourd'hui, les armées françaises sont suffisamment équipées ?
04:33On voit peut-être une pénurie de munitions par rapport à ce qui s'est passé au Moyen-Orient ?
04:38D'abord, l'armée française est la première armée européenne.
04:41Il faut regarder toutes nos forces.
04:42Nous avons une armée de mer, de l'air, de terre qui sont sur tous les secteurs.
04:48Et ça, c'est très heureux.
04:49La seule chose, c'est que nous avons besoin de nous muscler, de nous épaissir, comme disent les militaires.
04:54Faire en sorte d'avoir plus de munitions, d'avoir plus de profondeur qui nous permettent de pouvoir tenir un
05:01conflit dans le moyen terme et le long terme.
05:04Ça veut dire aussi que notre BITD, nos ensembles des industriels, et ils sont ici, doivent être capables d'accélérer
05:10la production rapidement,
05:12mais aussi de tenir un rythme élevé.
05:15Et donc, c'est ça, notre travail, depuis plusieurs années.
05:18Faire en sorte, évidemment, d'envoyer des commandes, mais de faire en sorte d'augmenter la production si nous avons
05:24besoin, dans le temps court et dans le moyen et long terme.
05:27Alors, augmenter la production, ça passe aussi peut-être par les compétences.
05:31Est-ce qu'il y a suffisamment de personnes qui peuvent accéder à ces postes-là dans le secteur de
05:35la défense ?
05:36Ça passe par les compétences, vous avez tout à fait raison.
05:38Ça passe par l'organisation, ça passe aussi par les capitaux, l'accès à l'argent, tout simplement.
05:43Pour investir, il y a quelques années, vous étiez une entreprise militaire, c'était compliqué, parce que les prêts bancaires,
05:49ce n'était pas à la mode.
05:50Les investisseurs extérieurs ne voulaient pas investir dans le militaire.
05:54Tout a changé, le principe de souveraineté est devenu très important.
05:58Et donc, ça devient, au contraire, le cœur de l'investissement, c'est sur la souveraineté, donc sur les entreprises
06:03militaires.
06:04Donc, je pense que c'est très important, tout a changé.
06:06Nous accompagnons ce changement, nous, à l'Assemblée nationale, mais faire en sorte qu'à travers les mesures que pousse
06:13le gouvernement,
06:14il y a Catherine Vautrin qui est aujourd'hui au salon, de faire en sorte de dire que l'effort
06:21va être sur le moyen et long terme,
06:23et donc il faut que les industriels se mettent au diapason.
06:25Un effort qu'il faudra suivre jusqu'à la fin de la session parlementaire.
06:28Comme vous l'avez dit, courant juillet, l'objectif du gouvernement, c'est de voter pour le 13 juillet.
06:36Vous savez qu'il y a un rendez-vous avec l'ensemble des militaires à l'hôtel de Brienne.
06:39Donc, l'objectif, c'est que nous ayons voté l'actualisation de la loi de programmation militaire au 13 juillet.
06:45Actualisation de 36 milliards d'euros, voire plus, parce qu'on a vu les sénateurs qui voulaient pousser jusqu'à
06:5050 milliards.
06:50Merci beaucoup.
06:51Merci à vous.
06:52Sylvain Maillard, député de Paris et membre de la Commission Défense Nationale et des Forces Armées à l'Assemblée Nationale.
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