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La Corée du Sud déploie sa gastronomie, la K-Food, comme un levier de rayonnement culturel mondial. Des marchés bretons aux temples bouddhistes, des hommes et des femmes cuisinent, transmettent, adaptent et exportent cette tradition culinaire fondée sur la fermentation. Le kimchi, plat emblématique, devient le symbole d'une stratégie de soft power assumée, entre modernité agro-industrielle et héritage millénaire. Immersion savoureuse et géopolitique dans l'assiette, où les saveurs fermentées portent une ambition diplomatique inédite.
Réalisé par : Anne-Fleur Delaistre
Réalisé par : Anne-Fleur Delaistre
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00:02Au petit matin, en Ile-et-Vilaine, sur le marché paisible de Gauvain,
00:07un camion pas comme les autres vient réveiller les habitudes bretonnes.
00:12A côté des crêpes et des galettes bien connues, un food truck déploie son ouvant.
00:17A l'intérieur, un parfum venu de très loin flotte déjà dans l'air.
00:23Je suis en train de préparer un kim-pap végétarien.
00:26Les gens le comparent souvent avec des makis japonais.
00:30En Corée du Sud, dans les kim-pap, vous ne verrez jamais de poisson cru.
00:33Le kim-pap, c'est une sorte de sandwich coréen.
00:36Du riz roulé dans une feuille d'algues agrémentée de radis jaunes, carottes, concombres, épinards, omelettes.
00:42Et pour terminer, des graines de sésame qui vont apporter la texture, le petit côté un peu croquant.
00:48Aurélien Chevalier et Kyung-min, son épouse d'origine coréenne, préparent des plats typiques venus de Corée du Sud.
00:55Il propose une immersion dans une gastronomie encore méconnue, mais en plein essor, la kéfoud.
01:02Est-ce que je vous mets une paire de baguettes ?
01:03Aurélien, ancien logisticien, a tout quitté pour se réinventer.
01:08Son passé de cuisinier l'a rattrapé, et sa passion pour la cuisine de sa femme a fait le reste.
01:14Camille m'a fait découvrir sa cuisine, et donc je suis littéralement tombé accro.
01:18Et c'est vrai que ce sont des plats qui sont savoureux.
01:21En Corée, c'est en famille que la cuisine s'apprend et se transmet.
01:25Un art du quotidien, simple et généreux.
01:29C'était un moment assez agréable parce que c'était un moment d'échange.
01:33La cuisine, ce n'est pas juste un simple moyen de nourrir, mais aussi une partie de culture partagée.
01:47Il y a 20-30 ans, la cuisine chinoise est arrivée partout en Europe.
01:51Ensuite, l'influence japonaise est arrivée.
01:54Et on a eu énormément de restaurants japonais avec, entre autres, les sushis.
01:57Et petit à petit, depuis quelques années, la cuisine coréenne est en train de s'installer, de s'implanter aussi.
02:04Avec leur camion, quatre fois par semaine, ils naviguent autour de Rennes
02:08et proposent aux Bretons quelques plats iconiques de Corée du Sud.
02:13Et les clients, intrigués, se laissent tenter.
02:16Je prends juste le Korean Fried Chicken.
02:19Oui, madame.
02:21Je connaissais plus la cuisine thaï, la cuisine japonaise ou chinoise.
02:25Je n'avais jamais testé encore la cuisine coréenne.
02:29Et je vous souhaite un très bon appétit.
02:31Leur cuisine ne séduit pas seulement les jeunes.
02:34Même les habitués du marché, les plus âgés, se laissent convaincre.
02:38Ça, le poulet frit et le kimchi bokumbap.
02:41Le poulet frit, vous le souhaitez en nature, sucré-salé ou épicé ?
02:44Épicé.
02:45Moi, j'aime bien épicé.
02:46Pas en outrance, évidemment.
02:49Mais ça fait du bien de temps en temps.
02:51Ça nettoie le corps.
02:52Ça fait plaisir parce que, comme on les appelle les anciens,
02:56ils sont curieux de découvrir notre cuisine.
03:00Un pari audacieux et gagnant qui permet à chacun, même au cœur des campagnes françaises,
03:06de voyager sans quitter le marché.
03:10Ça casse les codes de la ruralité, on va dire.
03:13Il n'y a plus besoin de se déplacer dans les buffets à volonté,
03:16comme on pourrait penser pour découvrir des cultures asiatiques.
03:18Il n'y a pas que la cuisine française ou japonaise ou chinoise.
03:21C'est bien, ça nous change.
03:24Il y a du bonheur.
03:25Aurélien et Kyunmin espèrent dans quelques temps
03:28ouvrir leur propre restaurant coréen dans la banlieue de Rennes
03:32et rejoindre ainsi les plusieurs dizaines d'enseignes de Kéfoud
03:36qui ouvrent chaque année en France.
03:43Longtemps restée dans l'ombre de la cuisine japonaise,
03:46la gastronomie coréenne défère l'aujourd'hui
03:49comme un rat de marie culinaire en France.
03:52En 5 ans, le nombre de restaurants coréens a triplé.
03:56Paris en compte aujourd'hui plus de 300,
03:59faisant de la France le premier pays d'Europe
04:02où déguster la Kéfoud.
04:04Une cuisine exotique que l'on aime s'approprier à la maison.
04:09Un boom gustatif qui attire à Séoul
04:11les touristes du monde entier
04:13en quête de piment sur les papilles.
04:16Derrière cet engouement, une stratégie bien rodée.
04:20Depuis la K-pop jusqu'aux séries à succès,
04:23la Corée du Sud mise sur sa culture populaire pour rayonner.
04:28La France est le pays d'Europe
04:30dans lequel la vague coréenne fonctionne le mieux.
04:33C'est un vrai phénomène.
04:34Il y a clairement un rêve coréen qui est en train de se créer.
04:36Un soft power planétaire basé sur une cuisine ancestrale
04:40qui voue une profonde passion à la fermentation.
04:43C'est véritablement un modèle de cuisine santé.
04:47Comment cette cuisine, autrefois marginale,
04:50est-elle parvenue à se hisser au sommet de la gastronomie mondiale ?
04:54Entre passion fermentation et street food innovante,
04:58que cache le boom de la K-food ?
05:01Pourquoi séduit-elle autant les Français ?
05:04Voyage au cœur de la diplomatie du kimchi.
05:22Dans le cœur de Paris, à deux pas de l'opéra,
05:25la rue Saint-Anne est un repère bien connu des amateurs de cuisine japonaise.
05:29Mais ces dernières années, une autre culture gastronomique
05:33s'est doucement installée et impose aujourd'hui ses propres codes,
05:37la cuisine coréenne.
05:40Au restaurant Samchik, ce midi, comme presque tous les autres jours,
05:44c'est complet.
05:45Un balai de viande grillée, de bol de riz, de banchan,
05:49ces petits accompagnements coréens, rythment le service.
06:19Cette façon de manger ensemble autour d'un grill,
06:22en cuisant à table, fait partie intégrante de la culture coréenne.
06:27Un moment de partage, autant qu'un plaisir gustatif.
06:31Le barbecue, c'est vraiment partout en Corée.
06:34Le soir, quand on a fini de travailler,
06:37entre collègues, amis, on se trouve avec le barbecue,
06:40et puis on discute.
06:41C'est très important dans la culture.
06:44Pour beaucoup, venir ici, c'est bien plus qu'un repas.
06:47C'est une expérience.
06:49Ce que j'aime, c'est que ça change un peu
06:50de ce qu'on a l'habitude de manger.
06:52En plus, j'aime bien, c'est un peu ludique et interactif.
06:55C'est un peu mon endroit secret de Paris
06:57que je partage avec certaines personnes.
06:59Le succès est tel que les adresses coréennes
07:02se multiplient à Paris.
07:03Une évolution que la patronne de ce restaurant
07:06suit depuis plus de 20 ans.
07:08L'année 2000, il n'y avait même pas de restaurant,
07:11mais actuellement, il y a plusieurs épiceries,
07:12et puis il y a vraiment beaucoup de restaurants coréens.
07:16Un boom gastronomique que la Corée du Sud elle-même soutient.
07:19Le gouvernement coréen lui a récemment remis un prix
07:22qui distingue son restaurant pour sa grande qualité.
07:26Il y a beaucoup de confiance parce qu'il y a beaucoup de restaurants.
07:29C'est pour ça que je travaille toujours pour être meilleure.
07:33Qualité des ingrédients, maîtrise des cuissons
07:36et respect des traditions.
07:39Même les baguettes coréennes en métal
07:41tranchent avec celles en bois
07:43des autres cuisines asiatiques.
07:46Pour cette habituée, ancienne expatriée en Corée,
07:49ce type de repas fait remonter des souvenirs.
07:52Ce que j'aime bien faire, c'est tester plusieurs restos coréens
07:54pour essayer de trouver où est-ce que ça ressemble le plus à la Corée.
07:58La K-food séduit les curieux, les nostalgiques, les végétariens,
08:02mais aussi ceux qui aiment voyager sans quitter leur ville.
08:06On a pris du sang-gob sale, c'est de la poitrine de porc,
08:09donc on a fait par le coup, avec du bœuf mariné.
08:12On a mangé à la Coréenne, vraiment, dans la fête de salades,
08:16on a mis les panchans, le kimchi.
08:19Des plats généreux, une cuisine conviviale,
08:23une culture culinaire pensée pour rassembler,
08:25le barbecue coréen a trouvé sa place
08:28parmi les cuisines du monde entier bien présentes en France.
08:32Pour saisir l'importance que la gastronomie coréenne
08:35occupe ces dernières années, il faut observer plus globalement
08:38le phénomène de toute cette culture
08:40qui débarque dans l'Hexagone.
08:45Ce week-end, le parc des expositions de Lille
08:48prend des airs du pays du matin calme.
08:53Au festival 1, 2, 3 solal, dédié à la culture coréenne,
08:57des fans de K-pop, la musique en vogue en ce moment,
09:01des cours de cuisine, des stands de street food
09:03et des drôles de spécialité coréenne qui ouvrent l'appétit.
09:07C'est un typique coréen, ça s'appelle topo-ki.
09:10C'est un bâton de lit avec ses vêtres, l'ail,
09:13le gingembre, mais avec de sauce vraiment de piment.
09:17Et pour séduire les papilles locales,
09:19elle a même ajouté une touche bien du nord,
09:22du maroil dans la sauce.
09:24Bon appétit !
09:26Une fusion culinaire inattendue,
09:29mais qui fait mouche auprès des 6 000 visiteurs.
09:33Tous les ans, je viens au festival ici,
09:35et puis vraiment incroyable.
09:37Ça s'agrandit à chaque fois tous les ans,
09:39il y a toujours des nouveaux stands,
09:40des nouveaux événements.
09:41L'événement a été lancé il y a 4 ans,
09:44surfant sur une tendance qui dépasse la simple mode.
09:47La Hallyu, cette vague coréenne
09:50qui fait la promotion de la musique et de la culture pop,
09:53déferle sur le monde entier.
09:54Une stratégie payante qui profite à la gastronomie coréenne,
09:58puisque dans les séries, appelées Kedrama,
10:02tout se passe autour d'une table.
10:04Quand on regarde les téléfilms,
10:05ils passent leur temps à manger en fait.
10:07Moi c'est par les Kedrama que je découvre les plats.
10:10Il y a souvent des scènes où ça va manger
10:12dans des restaurants typiques,
10:14avec la grand-mère qui ne fait pas à manger et tout,
10:16et ça donne très envie.
10:18Ce couple aussi a découvert la culture coréenne
10:20en regardant une série.
10:22Ça fait vraiment partie de mon quotidien,
10:24de tous les jours, quoi.
10:25Je m'en séparpare pas, je suis nourrie de coréens
10:27et on cuisine coréenne à la maison.
10:30Chez soi, c'est pas compliqué à faire.
10:32Le plus dur, c'est finalement de trouver les ingrédients.
10:35S'intéresser à la culture coréenne,
10:36c'est aussi s'intéresser à la nourriture.
10:38Ça permet de mieux les comprendre.
10:40La Kéfoud fait son chemin dans toutes les régions de France,
10:43mais la curiosité pour la culture coréenne
10:46ne se limite plus aux frontières de l'Hexagone.
10:48J'aimerais bien aller évidemment à Séoul,
10:51mais aussi pouvoir faire toute la Corée du Sud.
10:54Le but, c'est d'aller partout,
10:56vraiment tout voir.
10:58Mais la cuisine coréenne,
11:00que l'on retrouve partout en France,
11:02est-elle fidèle à celle que l'on mange sur place ?
11:05Où est-elle, et d'une Corée ?
11:13Direction la Corée du Sud,
11:15à 9000 kilomètres de Paris.
11:20Plus de 16 millions d'étrangers
11:22ont foulé les rues animées de Séoul en 2024.
11:26Un boom touristique de plus de 50%
11:29par rapport aux années précédentes.
11:34Au cœur du voyage,
11:36la découverte de la Kéfoud.
11:38Les touristes testent avec curiosité
11:40une palette de goûts surprenants.
11:43On s'attend peut-être à des saveurs proches
11:45de celles du Japon,
11:45mais en fait, on est sur quelque chose d'autre.
11:47On mange partout,
11:48il y a des restaurants dans toutes les rues,
11:49et c'est quand même assez sain.
11:51On a des légumes un peu dans tous les plats,
11:52et c'est une nourriture excellente.
11:56Ici, on mange à toute heure du jour et de la nuit.
12:02Et l'expérience culinaire prend une toute autre dimension.
12:14Le marché de Guangjiang
12:15est l'un des marchés les plus emblématiques de la ville.
12:19Ici, ça crépite, ça fume, ça pique un peu,
12:22et ça attire les curieux du monde entier.
12:26Je suis venue en Corée
12:28parce que je voulais tester différents plats,
12:30particulièrement sur les marchés.
12:33J'ai pris celui-ci.
12:35Je ne suis pas sûre de ce que c'est.
12:37C'est une sorte de pancake aux oignons frits.
12:43C'est un festival pour les papilles
12:45et parfois un choc culturel.
12:47Le poulpe vivant
12:49est une des spécialités locales.
12:51Une expérience
12:52un peu...
12:54vivante.
12:57On le coupe
12:58et on le mange vivant.
13:01Tenez, donnez-moi votre main
13:02et ne bougez pas.
13:09Les touristes adorent.
13:11Ils viennent exprès en Corée
13:12pour en manger.
13:13Ils veulent tester une nouvelle expérience.
13:15C'est comme un challenge pour eux.
13:23Très étrange.
13:24La texture, assez intéressante.
13:27Je trouve ça très bon.
13:29Ça, par contre,
13:30je ne sais pas si je testerai.
13:33Oui, la pieuvre,
13:34c'est quand même
13:35le favori des Coréens.
13:37Alexandra est guide touristique.
13:39Ce matin,
13:40elle accompagne une touriste française
13:41dans un voyage culinaire
13:43des paysans.
13:44Il y a toujours autant de gens?
13:46Oui, c'est toujours.
13:46Autant de personnes,
13:47autant de monde.
13:47Autant de jours que le soir.
13:49C'est ouvert à tous les jours.
13:50C'est un peu comme un rythme
13:52initiatique pour certains touristes.
13:54Ils viennent ici
13:55pour tester leurs limites,
13:56découvrir, goûter
13:57et surtout partager.
13:59On vient ici
14:00parce qu'on peut impouter
14:01un peu à tout.
14:02C'est vraiment
14:02un des endroits
14:03les plus populaires de Séoul,
14:04les plus demandés.
14:05Être à 10 000 kilomètres
14:06de chez soi,
14:07découvrir des nouvelles traditions,
14:09une nouvelle manière
14:10de consommer,
14:11de s'alimenter,
14:12de cuisiner.
14:13C'est ça qui m'intéresse
14:15et là,
14:15je suis vraiment dépaysée.
14:23Et les occasions
14:24ne manquent pas.
14:25Topboki,
14:26chapché,
14:26mandou,
14:27kimbap,
14:28tout se découvre,
14:29tout se goûte.
14:31Asseyez-vous,
14:32je vous en prie,
14:32bienvenue.
14:34Même si c'est rouge,
14:35c'est très bon
14:36et ce n'est pas très épicé
14:38pour que les étrangers
14:39puissent le manger.
14:41moi,
14:41c'est les pâtes
14:42de patates douces
14:42qui m'intéressent.
14:43les pâtes de patates douces.
14:45Et c'est les raviolis,
14:46ça,
14:46je pense que ça ?
14:47Oui,
14:47les raviolis coréens.
14:48Oui,
14:49ça aussi.
14:49Et je crois que ceux-là
14:50sont à la viande,
14:51justement,
14:51parce qu'ils sont au kimchi,
14:52vont être un peu pourrouges.
15:03Ici,
15:07tout le monde se régale
15:09à sa façon.
15:11Honnêtement,
15:11je ne sais pas
15:12comment ça s'appelle.
15:13Je pense que ce sont
15:13des nouilles de soja,
15:15mais elles sont bonnes.
15:17C'est super bon.
15:18En fait,
15:18c'est la texture
15:19qui est très différente
15:20de ce qu'on connaît
15:21et qu'on ne retrouve pas
15:22du tout en France.
15:23Chaque bouchée raconte
15:24un bout de la culture coréenne
15:26et participe
15:27à un boom touristique
15:28qui n'a rien du hasard.
15:30Jeanne,
15:30là, c'est bien.
15:31Merci.
15:32J'ai énormément
15:33de clients qui vont venir,
15:34ils vont être déjà
15:35très intéressés
15:35par les émissions coréennes
15:37et à force de voir
15:38la nourriture,
15:39ils veulent tous goûter.
15:40C'est ça aussi,
15:41l'effet de la Hallyu,
15:43la vague coréenne.
15:44On commence avec une série
15:45et on finit
15:46dans un marché de Séoul,
15:48les baguettes à la main.
15:49Il y a six ans,
15:50en un mois,
15:51je me fais croiser
15:51seulement deux étrangers
15:52et maintenant,
15:54c'est le gros boom,
15:55surtout avec les Européens.
15:57Tout cela
15:58est le fruit
15:58d'une entreprise
15:59de communication
16:00bien rodée
16:01et orchestrée
16:02par le pays
16:03du matin calme
16:04avec précision.
16:10Depuis les années 2000,
16:12la Corée du Sud
16:13peaufine son image internationale.
16:15K-pop,
16:16K-drama
16:17et maintenant K-food,
16:18une stratégie d'influence douce
16:20qui conquiert les papilles
16:22autant que les cœurs.
16:25Ophélie Surkouf,
16:27autrice expatriée en Corée
16:28depuis dix ans,
16:29analyse cette tactique.
16:31Toute la culture coréenne
16:32est devenue de plus en plus
16:33populaire,
16:34notamment depuis
16:35la série Squid Game.
16:37La série Squid Game,
16:39c'est le phénomène coréen
16:40qui a envahi les plateformes.
16:42Elle a attiré
16:43plus de 330 millions
16:45de téléspectateurs.
16:47Le fruit
16:47d'un marketing agressif
16:49qui touche petits et grands
16:50à travers le monde entier.
16:53Des produits dérivés
16:54comme ces biscuits iconiques
16:56de la série
16:56font saliver des fans
16:58qui vont jusqu'en Corée
17:00pour les goûter.
17:01Le software coréen
17:02est très fort,
17:02notamment pour influencer
17:04son public.
17:05Ils ont vraiment
17:05cette compréhension
17:06de comment créer
17:07une tendance,
17:08comment créer
17:08un engouement,
17:10comment créer des fans.
17:15Un des derniers ingrédients
17:17de ce tsunami culturel
17:18qui déferle sur le monde
17:20est la gastronomie.
17:22Le soft power
17:23à la coréenne,
17:24aujourd'hui,
17:25c'est gagner de l'influence
17:26sur la planète
17:27et des touristes
17:28grâce à de bons petits plats.
17:31Ils ont commencé
17:31au début des années 2000
17:32à promouvoir
17:33la nourriture coréenne
17:34comme un des grands axes
17:35culturels
17:36de la Corée.
17:37Donc,
17:38ils ont mis
17:38énormément de financements
17:39pour les marques
17:40ou les entreprises
17:41qui voulaient diffuser
17:42la cuisine coréenne.
17:44Merci.
17:45Et ce n'est donc pas par hasard
17:46que les fans de Corée
17:48ont découvert
17:48la cave food
17:49à travers les séries.
17:51Puisque de nombreuses scènes
17:52sont tournées
17:53dans les restaurants
17:54de Séoul,
17:55de quoi faire discrètement
17:56la promotion
17:57de l'enseigne.
17:58C'est quelque chose
17:59qui a beaucoup participé
18:00à rajouter des scènes
18:02avec la nourriture
18:03où notamment
18:03les personnages expliquent
18:04comment manger
18:05cette nourriture.
18:06Une autre raison,
18:07c'est simplement
18:07que voir les gens manger,
18:09c'est quelque chose
18:10d'important en Corée.
18:11Le fait de manger,
18:12c'est comme en France,
18:13on en parle tout le temps,
18:14on se demande toujours
18:15qu'est-ce qu'on va aller
18:15manger ensemble.
18:18Les Coréens ont réussi
18:20à faire de la gastronomie
18:21un produit marketing
18:22et une expérience ludique.
18:25Il y a toujours
18:26cette approche
18:26de comment est-ce
18:27qu'on présente
18:28les produits coréens,
18:29comment est-ce qu'on présente
18:29la cuisine coréenne.
18:31Cette campagne volontariste
18:33de promotion
18:33de la cave food
18:34est partagée
18:35par tout un pays.
18:36Cette vague coréenne,
18:37elle est soutenue
18:38par les entreprises d'abord,
18:40elle est poussée
18:40par les entreprises
18:41qui sont les créateurs,
18:42les innovateurs.
18:44Mais c'est surtout
18:45sous l'impulsion
18:46du gouvernement
18:47que la véritable diplomatie
18:48du kimchi
18:49s'est mise en place
18:50pour faire rayonner
18:51la cave food
18:52à travers le monde.
18:58Un plan d'action précis
19:00piloté depuis Séoul
19:01est financé par l'État
19:02qui a même créé
19:04une agence dédiée.
19:05Son directeur
19:07a accepté
19:07de nous rencontrer
19:08pour nous livrer
19:09un discours
19:10bien huilé.
19:14Pendant très longtemps,
19:15la tradition culinaire coréenne
19:17n'était pas du tout
19:18connue à l'étranger.
19:20Mais depuis 10 ans,
19:21avec un budget annuel
19:22d'environ 10 milliards de won,
19:24soit 6,3 millions d'euros,
19:26l'Institut coréen
19:28de promotion alimentaire
19:29œuvre à faire
19:29de la cuisine coréenne
19:31l'une des plus populaires
19:32du monde.
19:33« Nous nous sommes concentrés
19:36sur les atouts
19:37et les bienfaits
19:38de la cuisine sud-coréenne
19:39et nous l'avons fait connaître
19:41au monde entier.
19:45Une loi a même été récemment
19:47votée par le gouvernement coréen
19:48pour promouvoir
19:50le rayonnement
19:51de la Corée du Sud
19:52à travers la cuisine. »
19:55En plus d'améliorer
19:56l'image de la Corée,
19:57cette campagne vise
19:58à attirer les touristes,
19:59à stimuler l'exportation
20:01des produits agroalimentaires
20:03coréens
20:03et à créer des emplois.
20:06Et ça marche.
20:07Entre 2009 et 2023,
20:09le nombre d'enseignes coréennes
20:11a triplé à l'étranger.
20:13Paris compte aujourd'hui
20:14plusieurs centaines
20:16de restaurants coréens,
20:17un record en Europe.
20:19Certains sont soutenus
20:20directement par Séoul.
20:21« Nous désignons
20:24des restaurants coréens
20:26d'excellence dans le monde
20:28et la France en compte
20:29le plus grand nombre.
20:32Nous prenons en charge
20:34le coût d'achat
20:35de leurs ingrédients
20:35de grande qualité
20:37importés de Corée. »
20:41Et les consommateurs français
20:42sont très réceptifs
20:43à cette stratégie d'influence.
20:46« Bien que les Pays-Bas
20:48soient le pays
20:49qui importe le plus
20:50de produits alimentaires
20:52coréens en Europe,
20:55ces dernières années,
20:56c'est la France
20:57qui a connu
20:58la croissance
20:58la plus rapide
20:59en termes de volume
21:00d'importation
21:01de produits alimentaires coréens. »
21:04La Corée dispose
21:05d'un argument
21:05de taille pour convaincre.
21:07L'alimentation
21:08est au cœur
21:08du miracle sanitaire coréen.
21:10Le petit pays d'Asie
21:12est en tête
21:12des classements
21:13de l'OCDE
21:14en termes de santé.
21:16« Aujourd'hui,
21:17les gens accordent
21:18de l'importance
21:18à la santé.
21:19Et je pense
21:20que la cuisine coréenne
21:21répond vraiment
21:22à cette tendance. »
21:26Même les stars
21:26de la K-pop
21:27comme Psy,
21:2880s ou 17s
21:30s'y mettent.
21:31Certaines chansons
21:32vantent les bienfaits
21:33du kimchi,
21:34d'autres,
21:35les vertus
21:35de la pâte
21:36de piment fermentée
21:37omniprésentes
21:38dans la cuisine coréenne.
21:39« Le gouvernement
21:42utilise ce phénomène
21:43pour aider
21:43la cuisine coréenne
21:44à se répandre
21:45partout dans le monde. »
21:49Alors le boom
21:50de la K-food
21:50n'est-il que le produit
21:52d'une grande campagne
21:53marketing ?
21:54Ou bien est-ce vraiment
21:55une cuisine magique
21:56pour notre santé ?
22:01S'il y a bien
22:02un aliment emblématique
22:04de la cuisine coréenne
22:05qui incarne
22:06à lui seul
22:07la nutrition saine,
22:08c'est le kimchi.
22:10Le kimchi est au coréen
22:12ce que le pain
22:12est au français.
22:14On en mange
22:15matin,
22:15midi
22:16et soir.
22:17Il est même
22:18à la table
22:19du petit-déjeuner.
22:26À Jongju,
22:27la capitale gastronomique
22:29de la Corée,
22:30une femme
22:30perpétue
22:31l'art
22:31de la fermentation
22:32dans sa maison
22:33traditionnelle.
22:37Il existe
22:38plus de 600
22:39variétés de légumes
22:40qui peuvent être utilisés
22:41pour faire du kimchi.
22:43Mais le goût
22:44sera à chaque fois
22:45différent.
22:47le chou
22:48est l'ingrédient
22:49essentiel.
22:50Pour obtenir
22:50un bon goût
22:51de kimchi,
22:52il faut donc
22:52un bon chou
22:53et une bonne marinade.
22:57Autrefois,
22:58on se réunissait
22:59en famille
22:59pour préparer ensemble
23:01de grandes quantités
23:02de kimchi.
23:03On le répartissait
23:04ensuite
23:05entre les foyers.
23:06C'était un moment
23:07de solidarité
23:08autant que de transmission.
23:10L'été est la saison
23:12où les légumes
23:12sont abondants,
23:13alors on les cuisine.
23:15Et en hiver,
23:16on mange ce kimchi
23:17de différentes manières,
23:18en ragoût,
23:19en sauce
23:20ou frits.
23:21Je pense que le kimchi
23:22est devenu l'ingrédient
23:23de base
23:24et le cœur
23:24de toute la cuisine.
23:26Les légumes
23:27à eux seuls
23:28ne font pas tout.
23:29La maître kimchi
23:30nous livre
23:31les secrets
23:31de sa marinade.
23:34J'ai mixé
23:35tous les ingrédients.
23:37J'ai mis
23:37de l'oignon,
23:38de l'ail,
23:39du poireau
23:40et l'élément principal,
23:43c'est du piment,
23:43du piment séché.
23:45Le piment
23:46n'est pourtant
23:47pas d'origine coréenne.
23:49Importé
23:49depuis l'Amérique du Sud
23:50par les Portugais,
23:52il arrive au Japon,
23:53puis en Corée
23:54au XVIe siècle
23:55durant la guerre
23:56entre les deux pays.
24:01Il faut en mettre
24:02beaucoup
24:03pour que ça soit bon.
24:04Si vous ajoutez
24:05des oignons verts,
24:06ça donnera de la couleur
24:07et un aspect
24:07plus frais au kimchi.
24:16C'est délicieux,
24:17n'est-ce pas ?
24:18Oui,
24:19c'est très bon.
24:20Après avoir
24:21enrobé scrupuleusement
24:22chaque feuille de chou
24:24de sa précieuse marinade,
24:25elle va stocker
24:26le kimchi
24:27dans des jarres
24:28en terre cuite
24:29semi-enterrées.
24:31Le processus
24:32de fermentation
24:32se met alors en marche.
24:35Sans oxygène,
24:36le légume saumuré
24:37dans du sel
24:38se transforme
24:39et les bonnes bactéries
24:40naturellement présentes
24:42sur le chou
24:42vont permettre
24:44sa conservation.
24:45Si on ne le conserve
24:47pas correctement,
24:48son goût se détériore
24:49et la fermentation
24:50va s'altérer.
24:51Cette jarre
24:52permet de maintenir
24:53une température stable.
24:54Mais la méthode
24:55traditionnelle se perd,
24:57et depuis les années 80,
24:59les Coréens
24:59ont même inventé
25:00un réfrigérateur
25:01à kimchi.
25:03Autrefois très salé
25:04pour prolonger
25:05sa conservation,
25:06le kimchi d'aujourd'hui
25:07est plus doux.
25:08On y met moins de sel,
25:09mais il se garde
25:10moins longtemps.
25:11Vous pouvez le conserver
25:13pendant 3 ou 4 ans,
25:14mais dans ce cas,
25:15le chou va se ramollir
25:17et finira par fondre.
25:19reconnu patrimoine immatériel
25:21mondial par l'UNESCO,
25:22le kimchi reste profondément
25:25ancré dans la culture coréenne.
25:27Un goût inimitable
25:28qui traverse les siècles
25:30et les frontières.
25:35Retour à Paris.
25:37Dans ce restaurant coréen
25:39du centre de la capitale,
25:40c'est le coup de feu.
25:42En cuisine,
25:43les gestes sont précis,
25:45les recettes millimétrées.
25:47Ici,
25:48tout repose sur l'équilibre.
25:50Des mets fermentés,
25:51riches en goût,
25:52qui séduisent une clientèle
25:54de plus en plus curieuse.
25:56Tout ce qui est fermenté,
25:58pour moi,
25:58ça a été une découverte.
25:59C'est excellent.
26:00On a toujours
26:01des petits plats d'accompagnement
26:02qui sont variés,
26:03les banshan.
26:04C'est une des grandes spécialités
26:06de la cuisine coréenne.
26:07Une diversité de petites assiettes,
26:09les banshan,
26:10et servis à chaque repas.
26:12Ils sont consommés
26:13avec le plat principal.
26:16On prépare des accompagnements
26:18avec des légumes fermentés
26:19et des ingrédients de saison.
26:22À table,
26:23les coréens mangent
26:24une variété de petits mets
26:25plutôt qu'un plat unique.
26:28Et parmi ces banshan,
26:30le kimchi
26:31est la star incontestée.
26:33Notre kimchi
26:35est un aliment réconfortant
26:36très important
26:37pour les coréens
26:38qui en mangent tous les jours.
26:40365 jours par an.
26:42Mais en France,
26:43le chef a dû s'adapter
26:45car les fortes saveurs pimentées
26:47ne plaisent pas
26:48à tous les palais.
26:51Ici, les gens n'aiment pas
26:52la nourriture épicée.
26:54Nous avons donc ajusté
26:55le côté piquant
26:56pour convenir
26:57au goût des Français.
26:59Riche en légumes,
27:00pauvre en matière grasse,
27:02sa cuisine coche
27:03toutes les cases
27:03du bien-manger
27:04et répondent aux exigences
27:06du gouvernement coréen
27:07qui l'a distingué
27:09pour son art subtil
27:10de promouvoir
27:11les saveurs
27:12du pays du matin calme.
27:14Nous recevons
27:15beaucoup de soutien
27:16du gouvernement
27:16pour faire connaître
27:17les ingrédients coréens
27:19d'excellence à l'étranger.
27:20Et pour faire la promotion
27:22du goût de la Corée,
27:23nous aussi,
27:23nous travaillons dur.
27:25Au cœur de sa recette,
27:26le chef nous livre
27:27un petit secret.
27:29Sa sauce soja
27:30millésimée
27:30est en fait
27:31un des ingrédients
27:32promus par le gouvernement.
27:35La base de la sauce
27:37utilisée pour préparer
27:38ce plat
27:38est une superbe sauce soja.
27:40C'est un assaisonnement
27:42qui est fabriqué
27:43et consommé en Corée
27:44depuis des milliers d'années.
27:46C'est d'ailleurs
27:46une déclinaison
27:47d'un ingrédient fondamental
27:49qui compose
27:50l'arrière-plan gustatif
27:51de nombreux plats coréens.
27:53La pâte de soja fermentée.
27:56On la trouve en France
27:57dans tous les restaurants coréens,
27:59mais aussi
28:00dans les épiceries spécialisées.
28:07À quelques heures de Séoul,
28:09dans la campagne,
28:10Madame So Boulier
28:11perpétue
28:12une tradition millénaire.
28:14Maître en fermentation,
28:16elle fabrique
28:16une pâte de soja fermentée,
28:19cousine du miso japonais,
28:20mais au goût plus fort
28:22et une sauce soja artisanale
28:24d'exception.
28:26Je fais bouillir
28:27les graines de soja.
28:29Il faut qu'elles deviennent
28:30comme ça.
28:33Les haricots de soja
28:35avec lesquels elle travaille
28:36sont rigoureusement sélectionnés.
28:39Ils proviennent
28:40d'un district proche
28:41de la frontière nord-coréenne
28:43où ils sont cultivés
28:44sous contrat
28:45par une coopérative agricole.
28:48« Nous utilisons la variété
28:50la moins transformée de Corée. »
28:54Après avoir laissé cuire
28:55à petit feu
28:55pendant six heures
28:56les haricots de soja,
28:58elle les malaxe
28:59pour former
28:59une pâte compacte.
29:01« Voilà comment on fait
29:03le medjou.
29:03On forme des boules
29:04et voilà,
29:05on le fait comme ça. »
29:10Le medjou,
29:10ce sont ces blocs de soja
29:12qui vont durcir
29:13à l'air libre
29:13pendant plusieurs jours.
29:15Cette recette ancestrale
29:17est transmise
29:18de génération en génération.
29:21« J'ai appris de ma grand-mère
29:24qu'il avait apprise
29:25de sa mère
29:25et maintenant
29:26je suis la troisième génération.
29:30L'élève qui me succédera,
29:32c'est ma fille. »
29:35L'histoire de cette pâte fermentée
29:37remonte à plus de 2500 ans
29:39en période de guerre
29:41et de disette.
29:43« Comme la population
29:45manquait de protéines,
29:47les gens cueillaient
29:48des haricots sauvages.
29:49Ils les faisaient bouillir
29:51puis ils les mettaient
29:51dans des sacs
29:52en toile de jute
29:53qui étaient suspendus
29:54sous la selle des chevaux.
29:56Ces sacs voyageaient ainsi
29:57pendant plusieurs jours. »
30:00Et c'est ainsi
30:00qu'est née la pâte
30:01de soja fermentée.
30:03« Les gens ont commencé
30:05à en manger beaucoup
30:06à l'époque de ma grand-mère.
30:07Il n'y avait pas
30:08d'autres accompagnements.
30:09C'était le seul condiment. »
30:12La fermentation
30:12est née comme une solution
30:14pour faire face
30:15aux hivers rigoureux
30:16et aux pénuries alimentaires.
30:19Aujourd'hui encore,
30:20la fabrication repose
30:22sur un processus
30:23long et minutieux.
30:28Avec du miel,
30:29du charbon et des herbes,
30:31chaque jarre
30:32est soigneusement
30:32désinfectée.
30:37« On tourne comme ça
30:39pour que ça pénètre
30:40bien partout.
30:42Et voilà,
30:43la désinfection
30:44est terminée. »
30:47La mettre en fermentation
30:48va y glisser
30:49les blocs de Meiju,
30:50la pâte de soja
30:52qu'elle a préparée.
30:53« Même si je les ai
30:55bien rincées,
30:56il y a encore
30:57de la moisissure blanche
30:58à l'intérieur.
30:59Elle doit être
31:00toute blanche
31:01pour que la fermentation
31:02démarre.
31:03Ces blocs sont
31:04tellement lourds
31:05qu'ils peuvent
31:05vous fendre le crâne
31:06si vous vous colliez
31:07la tête dessus. »
31:10Puis vient l'étape
31:11de la saumure
31:12qui requiert
31:13elle aussi
31:13une grande exigence.
31:16« Cette eau salée
31:16a été préparée
31:17il y a trois jours.
31:18Sa teneur en sel
31:19est d'environ 15%.
31:23Ensuite,
31:23on ajoute
31:24des dates,
31:25du piment
31:26et du sésame
31:27pour que le soja
31:28est meilleur. »
31:31Le couvercle est fermé
31:32et la tente commence.
31:34Le Meiju
31:35fermente alors
31:36pendant plusieurs mois,
31:37parfois plusieurs années.
31:40« Après environ 100 jours,
31:42j'ouvre la jarre,
31:44je sors la pâte de soja
31:46et le reste,
31:47cela donne la sauce soja. »
31:51« On dit que la sauce soja
31:52devient un médicament
31:54après avoir été fermentée
31:55pendant environ trois ans. »
31:57Aujourd'hui,
31:58la Corée entend défendre
31:59cet héritage culinaire
32:01et se distinguer ainsi
32:03de ses voisins chinois
32:04ou japonais
32:05par la fermentation
32:06de longue durée
32:07pratiquée dans ses jarres
32:09à ciel ouvert
32:09selon une tradition millénaire.
32:14Kimchi,
32:15pâtes de soja,
32:16poissons fermentés,
32:17ces piliers
32:18de la cuisine coréenne
32:20sont bien plus
32:21que des traditions culinaires.
32:22Ce sont aussi
32:23de véritables alliés
32:25pour notre santé.
32:26Au cœur de leurs bienfaits,
32:28un phénomène biologique
32:29discret mais puissant,
32:31la lactofermentation.
32:32c'est la présence
32:34de bactéries
32:35qui s'appellent
32:36les bactéries lactiques
32:37à la surface
32:38des légumes.
32:39On va mettre
32:40ces légumes
32:40dans un contenant
32:41fermé,
32:42sans oxygène
32:43et avec du sel
32:44et les bactéries
32:45vont transformer
32:46progressivement
32:47les sucres des légumes
32:48en acides lactiques.
32:49et cela va donner
32:50des produits
32:51qui ont des bénéfices
32:52nutritionnels
32:53différents des légumes
32:55d'origine.
32:55Ces bactéries bénéfiques
32:57qu'on appelle
32:58les probiotiques
32:59agissent comme
33:00de petites sentinelles
33:01pour notre flore intestinale.
33:03Elles facilitent
33:04la digestion,
33:05renforcent l'immunité
33:06et protègent
33:08notre santé.
33:09Les aliments
33:10fermentés
33:10aident aussi
33:11à avoir
33:12un esprit
33:12plus clair.
33:14Ce microbiote
33:15il est relié
33:15à un axe
33:16intestin-cerveau.
33:18Si le microbiote
33:19est mieux équilibré
33:20le message sera transmis
33:22via le nerf vague
33:23au cerveau
33:24qui également
33:25sera mieux équilibré.
33:27En clair
33:27mieux on mange
33:28meilleur
33:29est notre santé mentale.
33:32Manger coréen
33:33pour le cerveau
33:33c'est extrêmement intéressant
33:35à la fois
33:35via le microbiote
33:37les fibres
33:38et les acides gras
33:39oméga 3.
33:41Et la key food
33:41riche en végétaux
33:43pauvre en matière grasse
33:44pleine de bonne fermentation
33:46coche toutes les cases.
33:47Cette alimentation
33:48elle est peu calorique.
33:50Il n'y a pas
33:50de sucre caché
33:52il y a beaucoup
33:53moins de graisse
33:53que dans une alimentation
33:54européenne.
33:55C'est également
33:56le mélange
33:56du cuit
33:57et du cru.
33:58Quand on consomme cru
33:59on conserve
34:00beaucoup mieux
34:00tout ce qui est
34:01vitamines
34:02minéraux
34:02et enzymes.
34:04Et ça ne s'arrête
34:05pas là.
34:05Si les plats coréens
34:07séduisent les nutritionnistes
34:08c'est aussi parce qu'ils
34:09respectent une autre
34:10règle essentielle
34:11prendre son temps.
34:14En Corée
34:15on mange doucement
34:16avec de petites quantités
34:18on apprécie
34:19ce qu'on mange
34:20et donc on est plus
34:21rapidement à satiété.
34:23Moins
34:23mais mieux.
34:25Voilà peut-être
34:25le vrai secret
34:26de cette cuisine
34:27devenue une ambassadrice santé.
34:30De quoi convaincre
34:31les français
34:32de mettre du kimchi
34:33à toutes les sauces.
34:36Le kimchi
34:37c'est du chou
34:38et du temps.
34:39La Kéfoud
34:40nous rappelle
34:41que la fermentation
34:42n'a pas été inventée
34:43par les Coréens.
34:44En France aussi
34:45nous la pratiquions
34:46comme moyen de conservation
34:48bien avant
34:49l'invention
34:49de la pasteurisation.
34:53Et d'ailleurs
34:55aujourd'hui encore
34:56quelques irréductibles
34:57Gaulois
34:58travaillent
34:59les légumes fermentés.
35:01A quelques kilomètres
35:02de Brest
35:03Gael Lamarck
35:04s'est lancé
35:04il y a quelques années
35:05dans l'aventure
35:06de la fermentation.
35:08Celui-là
35:08il est beau là.
35:09Ancienne sismologue
35:11elle change de cap
35:12guidée par sa passion
35:13pour les micro-organismes.
35:15L'idée c'était
35:16de faire de la fermentation
35:17pour les bienfaits nutritionnels
35:19mais surtout
35:19de valoriser
35:20le terroir local
35:21et donc de travailler
35:22au plus près
35:23depuis le champ
35:24jusqu'au client
35:25tout ça dans un circuit
35:26au plus court possible.
35:28Pour fabriquer son kimchi
35:30elle collabore
35:32avec des agriculteurs
35:33de la région.
35:35On est dans une petite
35:36plate-bande de choux
35:37de type Lorient
35:38Le chou de Lorient
35:39historiquement
35:40était cultivé
35:41pour arriver
35:43en fin d'hiver
35:44à fournir
35:45les artisans
35:47faiseurs de choucroute
35:48d'Alsace.
35:49Un débouché
35:50pour cet agriculteur
35:51dont les choux bio
35:53ne sont pas toujours
35:54calibrés
35:54pour les ventes
35:55sur les marchés.
35:58C'est à cette époque-ci
35:59qu'ils sont au top.
36:00Mais surtout
36:01pas question
36:02de copier
36:02la recette coréenne
36:03à la lettre.
36:04Dans la recette coréenne
36:05il y a beaucoup
36:06de variétés
36:06qui sont des variétés
36:07asiatiques ou coréennes.
36:09L'idée
36:09ce n'est pas forcément
36:10de forcer les maraîchers
36:11à produire
36:12des nouvelles variétés
36:13qui ne sont pas
36:14adaptées au climat
36:15et à nos conditions.
36:17Donc on a plutôt
36:18cherché à adapter
36:18notre recette
36:19au terroir.
36:21Résultat
36:21un kimchi
36:22local
36:23bio
36:24testé des centaines
36:25de fois
36:25et validé
36:26par les palais français.
36:28Certainement
36:28qu'un coréen
36:29qui goûterait
36:29nous dirait
36:29que ce n'est pas
36:30un vrai kimchi
36:30mais c'est un kimchi
36:32qui est beaucoup
36:32plus adapté
36:33au goût
36:33et à la culture
36:35française.
36:40Bonjour.
36:41Bonjour Gaëlle.
36:43Voilà les produits.
36:44Merci beaucoup
36:44pour la livraison.
36:49Gaëlle fabrique
36:50non seulement
36:50du kimchi
36:51mais aussi
36:52des carottes
36:52fermentées.
36:53Aujourd'hui
36:54ces produits
36:55intègrent même
36:56les cantines scolaires
36:57comme ici
36:58à Daoulas
36:59où près de 1000 repas
37:01sont préparés
37:01chaque jour
37:02pour les enfants
37:03des écoles primaires.
37:05On met 10%
37:06d'aliments fermentés
37:07dans notre préparation
37:08et le goût
37:10est quasiment similaire
37:11à un goût
37:12de carottes râpées
37:13traditionnelles.
37:14On a décidé
37:15de le faire
37:16pour apporter
37:17des nutriments
37:17nécessaires
37:18pour les enfants.
37:20Une initiative
37:21saluée aussi
37:23par les familles.
37:24Les parents
37:25sont plutôt heureux
37:26qu'on travaille
37:26avec des producteurs
37:27locaux
37:27sur des aliments
37:28qui favorisent
37:29la santé des enfants.
37:30Il faut changer
37:31les habitudes
37:32ne plus avoir peur
37:32des bactéries
37:33comprendre
37:34à quoi
37:35elles peuvent
37:36être utiles
37:37pour le consommateur.
37:38Face aux demandes
37:39croissantes
37:39pour les produits
37:40fermentés
37:41Gaëlle développe
37:42un projet ambitieux.
37:44On avait eu un contrat
37:45avec le Centre national
37:46d'études spatiales
37:47pour proposer des produits
37:48pour les astronautes
37:50pour les vols
37:50habités vers Mars.
37:51Mais malgré l'innovation,
37:53la lenteur des décisions publiques
37:54et la crise économique
37:56la contraignent
37:57à stopper son activité.
37:59Gaëlle croit toujours
38:00au pouvoir
38:01des légumes fermentés
38:02et cherche activement
38:03de nouveaux partenaires.
38:05Elle peut d'ailleurs
38:06compter sur le soutien
38:07de chefs d'origine coréennes
38:09comme Pierre Sang
38:10qui utilise ses légumes
38:12fermentés
38:12dans le célèbre
38:13bibimbap
38:14un mélange de riz
38:15et de légumes
38:17crus et culs.
38:21Les Français veulent
38:23non seulement goûter
38:24la cuisine coréenne
38:25mais aussi apprendre
38:26à la faire eux-mêmes.
38:28Le nombre d'ateliers
38:29se multiplie
38:30à vitesse grand V.
38:32L'engouement est tel
38:34que les participants
38:35à cet atelier parisien
38:36ont déboursé 85 euros
38:38pour plier des raviolis
38:40pendant une heure et demie.
38:42Il est 10 heures
38:43ce samedi matin.
38:45Dans une salle
38:46baignée de lumière
38:47on entend
38:48les rires étouffés
38:49les gestes appliqués
38:50et le clac-clac
38:51des doigts
38:52qui pincent la patte.
38:54On est à Paris
38:55mais en quelques minutes
38:56le groupe a basculé
38:58en Corée.
38:59Merci.
39:00Merci.
39:02Merci.
39:03Merci.
39:04Merci.
39:05Merci.
39:06Merci.
39:07Merci.
39:07Merci.
39:09Rien de tel
39:10que le mandou
39:11le ravioli coréen
39:12pour s'initier
39:13aux gestes
39:14de cette cuisine
39:15de précision.
39:16On apprend pas à pas.
39:18On observe bien la chaise.
39:20Ça va.
39:21Certains sont venus
39:22en famille
39:23d'autres entre amis.
39:25Tous partagent
39:26cette envie
39:26de mettre la main
39:27à la patte
39:29littéralement.
39:29On a offert
39:30un cours de cuisine
39:31parce qu'on s'est dit
39:31que c'est mieux
39:33de me payer
39:33un cours de cuisine
39:34qu'un billet d'avion
39:35pour la Corée.
39:38C'est un chouette moment
39:39à passer
39:40tous ensemble.
39:42Un bon samedi matin.
39:44Pliage en demi-lune,
39:45en boucle
39:46ou en rosace.
39:47Ici,
39:48on s'essaie
39:48à plusieurs formes
39:49traditionnelles
39:50dans une ambiance studieuse
39:52mais décontractée.
39:55Celui-ci représente
39:57une fleur
39:58et en Corée,
39:59c'est une forme
40:00de mandou
40:00très courante.
40:11Une fois les raviolis
40:13cuits,
40:14place à la dégustation.
40:20Il y a ce mélange
40:21entre les choses simples
40:23mais à la fois
40:24très sophistiquées.
40:25Il y a le piment
40:26qui vient juste relever,
40:27la sauce soja,
40:28le sésame
40:29très présent.
40:29Ça peut voyager
40:31juste en restant ici,
40:31c'est bien.
40:33Les participants
40:34repartent avec
40:35un peu de Corée
40:36dans les doigts
40:36et beaucoup
40:37dans l'estomac.
40:43Parce que tout le monde
40:44n'a pas forcément
40:45le temps
40:45de devenir expert
40:47en pliage
40:47de raviolis coréens,
40:49les industriels
40:50ont saisi le filon.
40:51Ils nous proposent
40:52des raviolis
40:53déjà pliés.
40:56Ce matin,
40:57le leader coréen
40:58des plats préparés
40:59débarque
41:00à grands coups
41:00de marketing
41:01dans les rayons
41:02des supermarchés français
41:03avec de grandes ambitions.
41:06Les Français
41:07sont très ouverts
41:08à la découverte
41:09et à la dégustation
41:11des cuisines exotiques.
41:12Si nous réussissons ici,
41:15nous pourrons étendre
41:17la notoriété
41:18de notre marque
41:18aux autres pays
41:19d'Europe
41:20et au-delà.
41:22Mais sur un marché
41:23déjà saturé
41:24par l'offre asiatique,
41:25il faut se démarquer.
41:27Le pari de cette marque,
41:28miser sur la vague coréenne,
41:30la fameuse Aliu
41:32qui déferle
41:33sur les plateformes
41:34de streaming.
41:35On a décidé
41:36d'investir
41:36dans une collaboration
41:37avec la K-Culture
41:38à l'instar
41:39de Squid Game
41:40pour attirer
41:41de nouveaux consommateurs.
41:42Leur cible,
41:43les adolescents
41:44et à travers eux
41:45leurs parents
41:45que la marque
41:46de raviolis coréens
41:48arrive de plus en plus
41:49à convaincre.
41:50Nous avons fixé
41:51notre objectif
41:51de chiffre d'affaires
41:52pour 2028
41:53à 100 millions d'euros.
41:58Je pense que nous sommes
41:59en mesure
41:59d'atteindre cet objectif.
42:01Lors de la dégustation
42:03organisée
42:04pour le lancement
42:04de la marque
42:05en France,
42:06les clients
42:06se laissent convaincre.
42:07J'ai trouvé
42:08très très bon
42:09beaucoup de goût
42:09et c'est pas très cher,
42:11c'est abordable.
42:13Et autre atout,
42:14une composition soignée
42:16qui rassure
42:17les consommateurs.
42:19épinards,
42:20farine de blé,
42:22soja,
42:23blé,
42:24bon ben ça va.
42:26Les additifs,
42:26ils n'en mettent pas
42:27beaucoup.
42:27Pour moi,
42:28c'est une cuisine
42:28qu'est saine.
42:30Mais pour s'inviter
42:32durablement
42:32dans les assiettes françaises,
42:34les industriels
42:35doivent aussi
42:36adapter
42:36l'acqué food
42:37aux goûts hexagonaux.
42:40Alors,
42:41comment sont fabriqués
42:41ces fameux raviolis
42:42coréens ?
42:43Comment séduire
42:45les palais européens ?
42:49A une heure de Séoul,
42:51la maison mère
42:52de cette gigantesque
42:53entreprise agroalimentaire
42:54coréenne
42:55nous accueille
42:56dans une usine
42:57ultra moderne
42:58où tout est très contrôlé,
43:00y compris la communication.
43:03C'est un peu délicat
43:05de vous dévoiler
43:05les recettes secrètes
43:07de notre succès.
43:08Mais ce que je peux vous dire,
43:09c'est que notre méthode
43:10consiste à investir
43:11beaucoup dans la qualité.
43:14Tous les ingrédients,
43:16légumes et viande
43:17sont sélectionnés
43:18avec soin.
43:19Lavés,
43:20préparés,
43:21hachés,
43:21chaque étape
43:22de la fabrication
43:23vise à valoriser
43:24les matières premières.
43:28Nos raviolis
43:28contiennent
43:29de gros morceaux
43:29d'ingrédients crus.
43:31Nous avons réussi
43:32à les rendre
43:32haut de gamme
43:33en les remplissant
43:34de viande.
43:36On refroidit ensuite
43:37très rapidement
43:38les raviolis
43:39à moins 40 degrés.
43:43Grâce à la surgélation,
43:45la qualité et le goût
43:46sont conservés
43:47de manière à ce que
43:48les clients
43:48puissent manger le produit
43:50tel quel à la maison.
43:54170 tonnes
43:55de raviolis
43:55sont produites
43:56ici par jour.
43:58Désormais,
43:59le groupe développe
44:00aussi des usines
44:00en Europe
44:01pour inonder
44:02le marché français.
44:05Je pense que nous avons
44:07su conquérir
44:07les papilles
44:08des consommateurs
44:09du monde entier
44:10en produisant
44:11des raviolis
44:11adaptés
44:12aux goûts
44:12des clients
44:13de chaque pays.
44:22La cuisine coréenne,
44:24quand elle s'internationalise,
44:25perd un peu
44:26de son authenticité.
44:28En France,
44:29dans les rayons
44:29des grandes surfaces,
44:31les raviolis mandou
44:32côtoient
44:32les sauces soja
44:33et les nouilles
44:34instantanées.
44:36Ces trois dernières années,
44:38dans les supermarchés,
44:39la cuisine coréenne
44:40a fait une entrée
44:41fracassante
44:42pour le meilleur
44:44comme pour le moins
44:45authentique.
44:46Vous avez la Corée ici,
44:48vous avez le Japon,
44:49vous avez les autres
44:49pays d'Asie,
44:50donc il a une place
44:52centrale dans le rayon.
44:53Et ce n'est pas
44:54qu'une question
44:55de visibilité.
44:56Le chiffre d'affaires,
44:57lui aussi,
44:58est en pleine croissance.
45:00Depuis quelques années,
45:02on s'aperçoit
45:02que les produits coréens
45:03ont des volumes
45:04multipliés par 3
45:05ou par 5.
45:06C'est une cuisine
45:07qui se démocratise
45:08au quotidien.
45:11Les Français en raffolent.
45:13Rapides à préparer,
45:15peu chers,
45:16ils séduisent
45:16un large public.
45:20Un petit papier de nouille
45:21pour acheter un oeuvre,
45:22des choses comme ça.
45:23Ce n'est pas cher,
45:24c'est bon,
45:24ça vous rend plus de ventre.
45:26Et c'est goûtu,
45:28c'est vraiment goûtu.
45:30En temps de crise,
45:32c'est un argument
45:32qui fait mouche.
45:34Manger exotique
45:35sans se ruiner.
45:37Peut-être que c'est
45:38voyager autrement
45:39en restant dans son coteuil
45:40ou dans sa cuisine.
45:42Mais peut-on faire confiance
45:44à la kéfou d'industriel ?
45:46Tout ce qui est coréen
45:47est-il sain ?
45:49Parmi la variété
45:50d'offres proposées,
45:51comment faire son choix ?
45:53Comme toutes les cuisines
45:54du monde,
45:55l'alimentation coréenne
45:56a évolué.
45:57Et si elle séduit
45:58aujourd'hui
45:58pour sa richesse de goût
45:59et ses plats exotiques,
46:01certains produits
46:02soulèvent des questions.
46:04Parmi eux,
46:05les nouilles instantanées,
46:07très populaires,
46:08notamment chez les jeunes.
46:09Mais sont-elles
46:10vraiment inoffensives ?
46:12Le problème
46:12de ce produit-là,
46:14c'est d'une part
46:14un index glycémique élevé,
46:16c'est-à-dire
46:16une augmentation
46:17de la glycémie
46:18très importante
46:19quand on consomme.
46:21Deuxièmement,
46:21parfois ces pâtes,
46:22elles ont été frites
46:23avec de l'huile de panne
46:25et on les a enrichies
46:26en graisses
46:27qui ne sont pas souhaitables
46:28pour la santé,
46:28qui vont favoriser
46:29les maladies cardiovasculaires.
46:31Ces constats
46:32valent aussi
46:33pour une partie
46:34de la street food coréenne,
46:36très appréciée,
46:37mais parfois
46:37trompeusement festive.
46:40On rajoute des sauces
46:41en particulier,
46:42qui elles aussi
46:42sont riches
46:43non seulement en graisse
46:44mais en sucre caché.
46:46Et puis,
46:46c'est également
46:47très riche en sel.
46:49En résumé,
46:50malgré son excellente réputation,
46:52la cuisine coréenne
46:54souffre d'un défaut majeur.
46:56Les aliments transformés
46:57comme les produits fermentés
46:59sont souvent
47:00trop salés.
47:01Les industriels
47:02et le gouvernement coréen
47:04ont bien compris
47:04les enjeux.
47:05Alors,
47:06ils investissent
47:07pour rendre
47:07la kéfoud
47:08meilleure pour la santé.
47:13Dans un laboratoire
47:14ultra moderne,
47:16ces scientifiques
47:17créent la cuisine coréenne
47:18du futur.
47:19Leur objectif,
47:20inventer des produits
47:22plus sains.
47:23On veut fabriquer
47:24de la sauce soja
47:25pauvre en sel
47:26tout en veillant
47:27à ce qu'elle ne perd
47:28pas de sa saveur.
47:29Grâce à ces analyses,
47:30on arrive à déterminer
47:31comment obtenir
47:32un produit savoureux
47:33malgré une faible
47:35teneur en sel.
47:36Avec ce séparateur
47:38de particules,
47:39les chercheurs
47:39vont pouvoir
47:40analyser en détail
47:41le profil chimique
47:43de chaque composant
47:44de l'aliment fermenté.
47:47Ici,
47:48ces équipements
47:49servent à tester
47:49et à produire
47:51des données
47:51sur le degré
47:52de fermentation
47:53mais aussi
47:54sur le goût
47:55de la sauce soja.
47:57Leur idée
47:58est de créer
47:58une sauce soja
47:59fermentée
48:00qui conserve
48:01les propriétés
48:02gustatives
48:02du produit traditionnel
48:04tout en étant
48:05moins salable.
48:08Même si le produit
48:10est modernisé,
48:11le goût d'origine
48:11reste le même.
48:12C'est l'idéal.
48:14Ces analyses
48:14sont utilisées
48:15pour savoir
48:16dans quelle mesure
48:17le produit sera bien
48:18accueilli
48:18par les consommateurs.
48:21Entre extrême modernité
48:22et tradition ancestrale,
48:24c'est toute l'âme
48:25de la Corée
48:26qui se déploie.
48:30Si la kéfoude
48:32s'est largement
48:32exportée
48:33jusque dans
48:34les campagnes françaises,
48:35il y a une chose
48:36qu'on ne verra pas
48:37en France.
48:38C'est ce qu'on appelle
48:39la cuisine du temple.
48:41A quelques heures
48:42de Séoul,
48:43au pied des montagnes,
48:45un temple bouddhiste
48:46reçoit des touristes
48:47qui veulent apprendre
48:48à cuisiner sainement.
48:49A la croisée
48:51des chemins
48:52entre gastronomie
48:53et spiritualité,
48:54la cuisine du temple
48:56attise la curiosité
48:57des foodistas
48:58du monde entier.
49:01Au programme du jour,
49:03méditation,
49:04mais aussi
49:04élaboration de plats
49:06à base de soja.
49:09Vous êtes dans un temple
49:11où l'on fabrique du tofu,
49:13donc nous allons faire
49:13du ragoût de tofu.
49:16Une cuisine vegan,
49:18minimaliste
49:19et proche de la nature.
49:20Le savoir-faire ancestral
49:22qui est enseigné
49:23par le temple
49:23est très apprécié.
49:25Les cours sont toujours
49:26pleins.
49:28Ici,
49:28on prépare la nourriture
49:30que les moines bouddhistes
49:31cuisinent pendant
49:32leur période de méditation.
49:33Nous devons utiliser
49:35des aliments sains
49:36et naturels
49:37que tout le monde
49:38peut manger
49:38pour être en bonne santé.
49:40Une préparation simple
49:41mais qui prend du temps.
49:44Les aliments
49:45ne doivent pas être
49:46transformés
49:46ni contenir
49:47d'arômes artificiels.
49:49ils doivent être
49:49consommés bruts.
49:51Même notre sauce soja
49:52est faite maison.
49:53La nourriture est dépourvue
49:54des 5 aliments interdits
49:56comme l'ail,
49:57le poireau,
49:58l'oignon
49:58car ils sont trop forts
49:59en goût
50:00et ils pourraient
50:01exciter le corps.
50:03« J'en rajoute un tout petit peu
50:05comme ça. »
50:08« Je vais vous faire goûter. »
50:12« Ça donne l'eau
50:14à la bouche, non ? »
50:15Pour la nonne
50:16transformée en professeure
50:17de gastronomie,
50:18la cuisine du temple
50:20nourrit à la fois
50:21le corps
50:21et l'esprit.
50:27« Goûtez,
50:28c'est délicieux. »
50:30« Si vous mangez ça,
50:31vous deviendrez un bouddha. »
50:35Selon les bouddhistes coréens,
50:38la cuisine du temple
50:39est la cuisine
50:39la plus saine du monde.
50:42Obésité,
50:42problèmes artériels
50:44et malbouffe,
50:45elle entend répondre
50:46à ces défis
50:46de santé contemporains.
50:49Une cuisine végétarienne
50:51et de saison
50:52qui était en train
50:53de disparaître
50:54jusqu'à ce que le gouvernement
50:56décide d'en faire
50:57un outil marketing
50:58et l'engouement
50:59est au rendez-vous.
51:07Derrière chaque bol
51:08de bibimbap
51:09ou chaque bouchée
51:10de kimchi,
51:12c'est toute la culture
51:13coréenne
51:13qui conquiert la France.
51:15Mais c'est aussi
51:16une cuisine saine
51:17et facile à reproduire
51:19chez soi
51:19que le consommateur
51:21s'approprie peu à peu.
51:23Portée par les séries,
51:25la K-pop
51:25et aujourd'hui
51:26la K-food,
51:27la Corée du Sud
51:28a réussi à déployer
51:29un soft power
51:30subtil,
51:32une diplomatie
51:33du kimchi
51:34tout en finesse.
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