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  • há 3 horas
Devant des milliards de spectateurs, une troupe de danseurs embrase la cérémonie des JO de Paris. Leurs gestes sont reconnaissables entre mille : et si c’était… de la Tecktonik ? Parmi eux, le chorégraphe Brandon Masele, alias Miel, savoure l’instant. Depuis plus de vingt ans, avec d’autres danseurs, ils se battent pour faire vivre cette danse que beaucoup pensaient disparue.

Réalisation : Loïc Phil, Marianne Getti
Transcrição
00:00:05C'est une danse qui touche direct, c'est pur.
00:00:12Les gens l'ont peut-être déjà vue sous une autre forme, appelée tectonique.
00:00:15Qui dans le monde connaît pas le phénomène tectonique ?
00:00:18C'est un des premiers buzz d'Internet.
00:00:21Le message qu'elle avait, c'était aimez-vous tous, y'a pas de différence.
00:00:28Si on en est là aujourd'hui, c'est parce qu'on n'a pas lâché.
00:00:32On s'est battu pour être accepté dans le milieu urbain.
00:00:36C'est devenu une danse de combat, la danse électronique.
00:00:44On a créé le hip-hop du VTNC.
00:00:50De revenir 16 ans après que cette danse, elle ait été critiquée, insultée,
00:00:56en fait, on se rend justice.
00:01:00Là, c'est pour l'électro.
00:01:03On va pas tomber.
00:01:30Je m'appelle Brandon Macellet.
00:01:32Mon blase, c'est Miel.
00:01:36Je suis danseur et chorégraphe électro.
00:01:42La danse électro, c'est toute ma vie.
00:02:00J'ai grandi à Colombes, en banlieue parisienne, avec ma mère et mon grand frère.
00:02:06Chez moi, y'a toujours eu des musiques congolaises.
00:02:09La danse, la musique, c'est quelque chose qui fait du bien, tu vois, et qui rassemble.
00:02:17Mon père, il habite pas avec nous.
00:02:20Ma mère, elle allait au travail tout le temps.
00:02:22Elle était femme de ménage.
00:02:23La rentrée, elle était complètement fatiguée.
00:02:25Le corps, en fait, au bout d'un moment, il est KO, tu vois.
00:02:29C'était la mère qui faisait à la fois papa et maman, tu vois.
00:02:37Cette époque-là, juste en face, y'a un pavillon avec un grand jardin.
00:02:41Le petit, en face de chez moi, il a un panier de basket dans sa cour.
00:02:44Moi, je dors dans la chambre avec ma mère et mon grand frère.
00:02:49Ça me motive, en fait.
00:02:50Je sais même pas ça me motive à quoi à 13 ans, mais ça me motive.
00:02:52Je me dis, y'a, y'a des trucs à faire.
00:02:54Parce qu'on peut pas aller plus bas, nous.
00:03:05Première fois que je vois la danse électro, c'est dans un anniversaire.
00:03:09Une genre de boum.
00:03:12Je vois mon pote Leni qui commence à bouger ses bras, dessiner dans l'espace, en fait.
00:03:19C'est un dessin, tu vois.
00:03:20Et je trouve ça beau.
00:03:22Je lui dis, mais c'est quoi ton délire, là ? C'est quoi ça ? Apprends-moi.
00:03:27Et pour moi, le feuilleton, il commence.
00:03:38C'est la mode.
00:03:40J'ai 13 ans, j'ai besoin de quelque chose de dynamique.
00:03:44Et la danse électro, le tempo, il va vite.
00:03:45C'est la vitesse d'un cœur, d'un bébé, tu vois.
00:03:55Mon pote, il me dit, oui, y'a ce danseur-là qui a sorti une vidéo.
00:03:57Va voir sur YouTube.
00:04:00J'ai ma petite tour, tac, boum.
00:04:02Je surf sur quoi ?
00:04:03Je surf sur les skyblogs.
00:04:04Le blog qui est regroupé un peu tout, c'était le skyblog de dans Génération.
00:04:09Et là, je vois des vidéos de JJ.
00:04:15JJ qui fait un million de vues sur YouTube, de Spoke.
00:04:21Et là, je tombe sur la vidéo de Karmapa.
00:04:33Je me dis, ah ouais, c'est un jeune comme moi.
00:04:36C'est un noir, je suis un noir.
00:04:38Il a du style, il a une petite crête, mais coiffée, tu vois, grave bien.
00:04:43Je me projette direct.
00:04:46Et c'est faire ça.
00:04:48Attends, c'est faire ça.
00:04:53Il sait faire ça.
00:04:56Moi, je ne sais pas le faire.
00:04:57Donc, je regarde la vidéo, comment je vais faire, comment je vais faire.
00:05:00Ok, je mets pause, pause, pause, pause, pause, pause, pause.
00:05:04Et c'est comme ça que j'apprends.
00:05:05Je copie les gens qui savent faire.
00:05:16Trixie, c'est...
00:05:17C'est le patron du game, tu vois, c'est un monstre.
00:05:21J'ai 13 ans, je suis une groupie.
00:05:25C'est un des danseurs qui ont fondé cette danse dans les clubs, tu vois.
00:05:33En 2004, 2005, je suis un jeune ouvrier qui fait un BEP.
00:05:37À cette époque-là, je fais beaucoup de danse.
00:05:40Je suis dans un groupe de graffeur.
00:05:42Là, je suis dans une culture hip-hop à fond.
00:05:44On est au début de iTunes, on est au début des baladeurs MP3.
00:05:48Donc, c'est la radio, en fin de compte, notre référence.
00:05:51Et je suis très intéressé par FG et par Nova.
00:05:54Où là, je découvre plein d'artistes électro.
00:05:57Donc, c'est cette musique-là qui va me donner envie de construire et de me développer.
00:06:162004-2005, c'est la French Touch.
00:06:18C'est vraiment l'époque où la musique électronique commence à prendre un peu d'essor.
00:06:22Je suis en sport, études, danse classique.
00:06:24J'ai des cours de solfège, spécialement pour danseuses.
00:06:28On a de la danse contemporaine.
00:06:31C'est aussi un milieu qui coûte très cher.
00:06:34Il y a une grande pression.
00:06:38Dès mes 14 ans, je rentre au club.
00:06:40C'est ce qu'on appelle les clubs jeunesse dorée.
00:06:42Où il y a tous les fils d'eux.
00:06:44On se ressemble tous plus ou moins.
00:06:50J'ai 15 ans.
00:06:51Un pote à moi, il me dit, moi, j'ai un club.
00:06:55Et là, vraiment, c'est un truc de fou.
00:06:56Et il y a des soirées qui s'appellent les soirées tectoniques.
00:07:03On a un vendredi soir.
00:07:04Je suis avec mon groupe de graffeurs.
00:07:06Ils me disent, gars, il faut à tout prix que tu viennes avec nous.
00:07:10C'est un truc de ouf, ce club.
00:07:11C'est la ragie.
00:07:13C'est quoi ce truc ?
00:07:14C'est même pas dans Paris.
00:07:15Qu'est-ce qu'on va faire là-bas ?
00:07:19Je pars vraiment comme si j'allais à une épopée, un truc de fou.
00:07:24J'arrive dans le métropolis, je vois ce grand pont énorme.
00:07:28La queue, elle est allée, c'était très très long.
00:07:31Le truc est immense.
00:07:36Et j'arrive dans ce club qui marquera ma vie entière.
00:07:41Je me rappelle comme si j'étais hier.
00:08:02Qu'est-ce que c'est que cette planète ?
00:08:08Je vois de la couleur fluo partout.
00:08:11Je vois des lumières noires.
00:08:13Le système son, la musique, tout est plus fort, tout est plus amplifié.
00:08:17Il fait tellement chaud.
00:08:19On se retrouve avec des gouttes qui tombent du toit.
00:08:22C'est un de Gwanda mort.
00:08:23Et pour le coup, il y a tous les milieux sociaux.
00:08:25À cette époque-là, je suis encore un peu prout-prout.
00:08:28Pour aller aux toilettes, c'est où est votre lieu d'aisance ?
00:08:30Ça change totalement de ce que j'ai vécu avant.
00:08:32En fait, c'est hors temps.
00:08:34Et tout de suite, je comprends que c'est ici et nulle part ailleurs que je veux être.
00:08:48Je reviens le lendemain, direct, le samedi.
00:08:51J'enchaîne tous les week-ends.
00:08:52Je n'ai pas d'oseille.
00:08:53Donc je passe mon temps à aller boire de l'eau aux toilettes.
00:08:57Et je danse, je danse, je danse, je danse.
00:09:00Je vois des clubbers danser avec des gays touche l'eau.
00:09:02Et qui jouent comme des bolasses avec la lumière.
00:09:05Moi, je n'avais jamais vu ça.
00:09:06Donc c'était ultra créatif.
00:09:09On m'explique qu'ils ont les soirées, donc les blackouts, presque dans le noir.
00:09:14Et c'est pour ça qu'ils portent énormément de choses fluo.
00:09:16Parce qu'en fait, on fait ressortir avec les néons tout ce qui est blanc et fluorescent.
00:09:20Je vais m'acheter mes guettres fluo.
00:09:21Et bam, je commence à danser.
00:09:23Je commence à faire des mouvements circulaires.
00:09:24Je vais dans différentes directions.
00:09:26Je passe vers un style vestimentaire très large, très hip-hop.
00:09:29Ou quand tu arrives au métropolis, bam, tu deviens slim, serré.
00:09:34Très vite, je rencontre Matou.
00:09:36Lexi, mon frérot, toute la nuit, on dansait jusqu'à 7h du matin.
00:09:42Mais je comprends.
00:09:43En fait, il y a une danse qui est en train de naître.
00:09:45Très vite, j'essaie de développer le step.
00:09:48Tu vois, ce truc de mouvement, de jeu d'illusion.
00:09:50Avec la lumière qui passe, qui repart, qui revient.
00:09:53Tu avais Matou qui avait cette aisance de donner des mouvements très gymnastiques, très sensuels.
00:09:59Je commence un peu à mettre des mouvements d'ondulation sur la musique.
00:10:04Tout en restant gracieuse et en mettant un peu de danse classique dedans.
00:10:07Il y avait un danseur qui faisait un peu du voguing.
00:10:09Donc il rajoutait un peu du voguing.
00:10:10L'autre, il commence à ramener un peu ses influences un peu hip-hop.
00:10:13Et avec toutes ces personnes-là, on met des pas.
00:10:16Et on rassemble nos mouvements avec les leurs.
00:10:18Et qui va créer du coup la danse électro.
00:11:00Les difficultés de la danse électro, c'est la vitesse.
00:11:04Tu vois, il y a un truc un peu infini.
00:11:06Où le mouvement, il ne s'arrête pas.
00:11:08Il y a quand même cet aspect-là de magie aussi.
00:11:26Je suis tellement à fond dans ce que je suis en train de faire.
00:11:31Je sens que je m'exprime et que ça me dépasse.
00:11:33Je suis vraiment à ma place.
00:11:35Tu prends la musique et tu te lâches.
00:11:38C'est vraiment pour moi une danse où tu dois libérer tout ce que tu as en toi.
00:11:41Tu sois heureux ou tu sois triste.
00:11:54Un ami à moi dit, mais c'est une nouvelle danse là, ce que vous faites en fait.
00:11:57Il commence à nous filmer.
00:11:58C'est les premières vidéos.
00:12:00Et il les met sur un skyblog.
00:12:10Nous, on a 13 ans et genre, on veut danser.
00:12:14Je ne sais pas, c'est quoi une discothèque, une boîte de nuit.
00:12:17On regarde les vidéos pour choper des infos.
00:12:20Et nous, on est là, vas-y, c'est quoi les moves et tout.
00:12:22Et du coup, on récupère les moves.
00:12:24Vas-y, tac, je te montre celui-là.
00:12:25Vas-y, tac.
00:12:26Je suis, oh, un step en plus.
00:12:28En fait, dans ma bibliothèque de vocabulaire de mouvement,
00:12:31j'ai un truc en plus, tu vois.
00:12:33Et ça se comptait sur les doigts d'une main.
00:12:50Après, on fait nos vidéos de notre côté,
00:12:52qu'on poste sur Dailymotion.
00:12:57Sur Internet, ça allait trop vite.
00:12:58Tu récupères une info, tac, tu la diffuses.
00:13:01Tu récupères une info, tu la diffuses.
00:13:02Donc chacun contribuait à sa manière, à la communauté.
00:13:06On va voir des vidéos de mecs, casques sur la tête
00:13:09et à commencer à danser sur des quais de métro,
00:13:11à danser dans la rue.
00:13:15C'est là que la danse passe d'une danse de club
00:13:17à une danse de rue.
00:13:19Quand je vais sur les skyblocks de Danse Génération,
00:13:21je vois qu'il y a des gens qui se réunissent à l'extérieur du club.
00:13:30On est cinq, six jeunes de mon groupe.
00:13:32On se chauffe.
00:13:34Il y a deux enceintes, un DJ qui passe des musiques
00:13:38et qui fait danser les gens, en fait.
00:13:40C'est ça le but, c'est amusez-vous.
00:13:43C'est la première fois que je vais dans un endroit
00:13:45où il y a plein de gens qui dansent.
00:13:48Il y a de la musique que je kiffe.
00:13:51C'est notre espace à nous, les jeunes.
00:13:55Châtelais, c'était chez toi.
00:13:56Tu vois ?
00:13:58Il y a ceux qui habitent en banlieue,
00:13:59ceux qui habitent à Paris.
00:14:00C'était le point de ralliement.
00:14:01En l'espace de six mois, on a une communauté.
00:14:04On est juste guidés par les mouvements,
00:14:06on est juste guidés par une vague.
00:14:08Et on est dedans.
00:14:09Et voilà, on est plongés.
00:14:11On se serve sur ça, quoi.
00:14:14C'est là où ça commence à partir, en fait.
00:14:20Je suis en train de danser
00:14:21et il y a un mec qui passe.
00:14:24Oh, mec, je fais quoi ici, là ?
00:14:25Ah, mais trop drôle.
00:14:27Je dois réaliser le clip d'une artiste française.
00:14:30Elle fait un remix.
00:14:31On change les danseurs.
00:14:31On me dit, OK, vas-y, let's go, c'est où et tout.
00:14:35On va dans une zone industrielle à Holnay.
00:14:37On va tourner le clip.
00:14:38Le mec, il va te faire de l'oseille.
00:14:39Il nous file 50 euros chacun.
00:14:41Allez, merci, les gars.
00:14:42On est contents.
00:14:42On va exploser notre billet au McDo.
00:14:44En fait, le clip sort sur Internet
00:14:46et il explose.
00:14:54J'allume ma télé avant d'aller au collège.
00:14:57Et là, je vois le truc.
00:14:58Il est 8h, je suis déjà enjaillé.
00:15:00C'est-à-dire, je suis là, je pense, et tout.
00:15:01Et je les vois.
00:15:03Avant d'aller à l'école, je transpire déjà.
00:15:08La culture électro explose.
00:15:10À ce moment-là, tout prend une ampleur
00:15:11et tout se multiplie, tout devient en grand.
00:15:14Une nouvelle mode chez les jeunes,
00:15:15la tectonique.
00:15:16La tectonique.
00:15:16La tectonique.
00:15:17Depuis quelques mois,
00:15:18cette danse électro fait fureur chez les ados.
00:15:34Ça devient une culture à part entière.
00:15:36Par différents codes.
00:15:37La musique, tout d'abord.
00:15:38La danse,
00:15:39le style vestimentaire.
00:15:40Le phénomène touche aujourd'hui la France entière.
00:15:44La terre tremble devant la tectonique.
00:15:45Les médias,
00:15:46quand ils vont découvrir ce mouvement via Internet,
00:15:50ils vont appeler ça très rapidement la danse tectonique.
00:15:52Alors qu'on n'a jamais vraiment appelé ça la danse tectonique.
00:15:56Ils vont appeler la tectonique
00:15:58puisque la tectonique est la soirée phare du Métropolis.
00:16:02C'est comme ça qu'on associe cette danse finalement à tectonique.
00:16:06Lui est directeur artistique d'une discothèque.
00:16:08Il y a sept ans,
00:16:09il a lancé les soirées tectoniques en banlieue parisienne.
00:16:12Depuis, il a déposé une marque.
00:16:14Alexandre Barouzdin et Cyril Blanc,
00:16:17qui sont du coup les créateurs,
00:16:18les directeurs artistiques de tectonique,
00:16:20viennent nous voir et nous disent
00:16:21là, en fait, il y a un gros truc.
00:16:23La presse vient nous voir.
00:16:25Est-ce que vous serez intéressés
00:16:26pour faire partie de la team officielle ?
00:16:30Quelle question, bien évidemment.
00:16:31C'est là que je décide d'arrêter mes études,
00:16:32de me mettre à fond là-dedans
00:16:34et d'être impliqué à mort.
00:16:36Je m'appelle Trixie, j'ai 18 ans,
00:16:38je suis danseur officiel tectonique.
00:16:39On a commencé à se produire tous les week-ends dans les clubs.
00:16:42On travaille sans cesse.
00:16:43On est tous les jours en tournée.
00:16:46On signe dans la maison disque EMI.
00:16:49Là, ça ne s'arrête pas.
00:16:50Plein de pâte au télé, des conférences de presse.
00:16:53Salut, c'est Matou.
00:16:54Le guitar de rock, c'est maintenant.
00:16:57C'est un des premiers buzz d'Internet.
00:16:59Parce qu'il arrive au moment de la naissance
00:17:01de YouTube et Dailymotion
00:17:02et on est dans les Skyblogs.
00:17:04Tout se multiplie.
00:17:05Donc en fait, en 2007,
00:17:07les vidéos sont vues au Mexique,
00:17:09en Russie, au Brésil, en Inde.
00:17:13Ça commence à toucher les Etats-Unis.
00:17:15On a Janet Jackson qui nous met un mot en disant
00:17:17« Je suis super fière de ce que vous faites, c'est super bien ».
00:17:25Je croise des gens dans la rue
00:17:26et qui veulent faire des photos avec nous,
00:17:28nous demandent des autographes.
00:17:30Des filles pleurent devant Trixie, devant Baban.
00:17:34On passe d'adolescents
00:17:35et en fait, on devient des petits stars.
00:17:41Je vois les top stars de cette danse-là
00:17:43faire le tour du monde.
00:17:45Je suis trop content.
00:17:46Enfin, je suis graphien,
00:17:47comme si je les connaissais,
00:17:48mais je les connais même pas.
00:17:49J'ai 19 ans, j'ai une carrière
00:17:50qui s'ouvre devant moi,
00:17:51est magnifique
00:17:51et je me bats tous les jours
00:17:52pour pouvoir avancer
00:17:53et franchement, je kiffe.
00:17:55C'est la meilleure période de ma vie, en fait.
00:17:572007, c'est la folie.
00:17:58Il y a plein d'événements,
00:18:00il y a plein de gens
00:18:00qui dansent tout le temps, partout.
00:18:02Les médias, ils en parlent tout le temps.
00:18:03C'est devenu un grand mouvement populaire
00:18:05et il y a beaucoup d'amour, quoi.
00:18:07C'est à quoi je trouve extraordinaire.
00:18:09Ce mouvement-là,
00:18:10c'est la célébration des jeunes de France.
00:18:12De tous les jeunes de France.
00:18:14Pas les jeunes blancs,
00:18:15pas les jeunes noirs,
00:18:16pas les jeunes riches,
00:18:17pas les jeunes pauvres.
00:18:24Je sais que pour des jeunes comme moi,
00:18:28on part pas avec les mêmes bases
00:18:30que les autres, tu vois.
00:18:32Et là,
00:18:34on se sent existé, je pense.
00:18:36On se sent existé,
00:18:37on se sent reconnu
00:18:38et accepté.
00:18:54Tectonique, un engrenage,
00:18:55aujourd'hui, un succès commercial
00:18:57pour des clients de plus en plus jeunes.
00:19:01Apposer le mot mode,
00:19:03c'est quelque chose de dangereux.
00:19:05Parce que là, c'est une culture.
00:19:07Et quand on appose le mot mode,
00:19:09ça veut dire qu'il y a un début
00:19:10et une fin.
00:19:14Il y a un moment donné,
00:19:15en fin de France,
00:19:15ça nique ni tête.
00:19:16Le mouvement de danse,
00:19:17qui est un mouvement
00:19:18qui est né en club,
00:19:19se retrouve produit
00:19:20dans tous les sens.
00:19:21Jeans slim,
00:19:22sweet fruit et accessoires à carreaux.
00:19:24En économie,
00:19:25ce phénomène s'appelle
00:19:26une niche
00:19:26ou un bon filon.
00:19:28Ce sont des soirées
00:19:29dans toute l'Europe.
00:19:30C'est une boisson énergétique
00:19:32pour justement donner la pêche
00:19:33à nos clients.
00:19:34On n'a pas le recul
00:19:35sur la situation,
00:19:35sur le placement de produits,
00:19:37on n'a pas de recul
00:19:37sur tous les partenariats.
00:19:40On fait une pub,
00:19:41on sort un téléphone
00:19:42avec Sonny Rikson et SFR.
00:19:43On fait un jeu
00:19:44sur Nintendo DS
00:19:45où je suis genre
00:19:46le boss de fin à abattre.
00:19:48Il y en avait trop.
00:19:49C'était trop.
00:19:50Tous ces produits dérivés,
00:19:51tous ces trucs qu'on a fait
00:19:51qui n'avaient pas de sens,
00:19:53qui sont destinés aux enfants
00:19:54et qui ne mettaient pas en valeur
00:19:55le mouvement,
00:19:57ça l'a tué.
00:19:58Ça a commencé comme ça,
00:20:00genre petite moquerie.
00:20:01Bouger ses bras
00:20:02en faisant des vagues
00:20:02dans tous les sens
00:20:03comme un robot désarticulé.
00:20:05Puis après,
00:20:06ah mais ils sont relous,
00:20:07ah mais ils sont relous.
00:20:08Il faut avoir des grosses lunettes
00:20:09plus grosses que ses yeux,
00:20:11une poifure ridicule.
00:20:12Et en fait,
00:20:12ça monte,
00:20:13ça monte la sauce
00:20:13et au bout d'un moment,
00:20:14on ne peut plus vous voir.
00:20:16Fuck la tête tonique.
00:20:22Là, je me dis,
00:20:23mais j'ai raté un truc,
00:20:24qu'est-ce qui s'est passé ?
00:20:26Enfin, peut-être
00:20:27que je descends mon nuage,
00:20:28mais...
00:20:29Clairement,
00:20:29eux, ils vivent
00:20:30un rêve éveillé,
00:20:30ils vivent la gloire,
00:20:33les tournées internationales
00:20:34et puis d'un coup,
00:20:36ce qu'ils font,
00:20:37ce qu'ils représentent,
00:20:39c'est de la merde.
00:21:03Et là, on commence à nous insulter.
00:21:08Les interviews,
00:21:09ils nous font croire
00:21:09que c'est dans notre sens,
00:21:11mais en fait,
00:21:12ils viennent pour nous défoncer.
00:21:15On commence à nous dire
00:21:16oui, il y a un peu moins de date.
00:21:18C'est pas une danse,
00:21:19c'est de la merde,
00:21:20vous devez vous tuer.
00:21:23Je me dis,
00:21:23c'est pas possible,
00:21:24genre un mouvement
00:21:24tellement tolérant,
00:21:26tellement empathique,
00:21:27tellement joyeux
00:21:28et tout ça.
00:21:32T'es touchée,
00:21:33t'es touchée,
00:21:33t'es trop jeune,
00:21:34tu comprends pas.
00:21:39Ça me blesse de fou.
00:21:46J'arrête tout.
00:21:55À un moment donné,
00:21:56tu peux plus danser en club.
00:21:59L'endroit où ces gens-là,
00:22:00ils sont censés danser,
00:22:02progresser,
00:22:02se faire kiffer,
00:22:04ils sont interdits.
00:22:04Donc en fait,
00:22:05la plupart des gens,
00:22:06ils arrêtent de danser.
00:22:10Si une danse,
00:22:10elle peut pas s'exprimer
00:22:12quelque part,
00:22:13elle meurt.
00:22:19Tectonique,
00:22:19c'est effondré,
00:22:20plus rien n'existe.
00:22:22OK ?
00:22:22Voilà,
00:22:23c'est le bâtiment
00:22:23qui s'est écroulé,
00:22:24mais sur le bâtiment,
00:22:25il y a le métro,
00:22:26tu vois ?
00:22:26Et sous le métro,
00:22:27il y a les vrais passionnés
00:22:28qui ne sont pas là
00:22:28pour la light.
00:22:30Ils sont là
00:22:31parce qu'ils kiffent
00:22:31cette danse.
00:22:38Le seul espoir
00:22:39de la danse électro,
00:22:40c'est un événement
00:22:41qu'on appelle
00:22:41le Verti Fight.
00:22:44Là-bas,
00:22:45c'est le fight.
00:22:47Tous les pires
00:22:47de cette communauté,
00:22:48tous les plus déter,
00:22:50tous les plus méchants,
00:22:51ils sont là.
00:22:52Là,
00:22:52il n'y a même plus
00:22:52de fluokides
00:22:53ou je ne sais pas quoi.
00:22:53C'est la cité
00:22:54qui danse sur de la techno.
00:22:56On recule,
00:22:57on recule,
00:22:57s'il vous plaît.
00:22:58Bien,
00:22:59pas mal.
00:22:59On recule,
00:23:00s'il vous plaît,
00:23:00encore,
00:23:00encore,
00:23:00encore,
00:23:00les mecs.
00:23:01On recule,
00:23:02on recule,
00:23:03grave,
00:23:03grave,
00:23:03s'il vous plaît,
00:23:05grave,
00:23:06grave,
00:23:06grave.
00:23:12J'ai commencé
00:23:13à gagner
00:23:13des événements
00:23:13hip-hop
00:23:13à partir de 1995,
00:23:15mais ça a toujours été
00:23:16les événements
00:23:17dans la rue,
00:23:18très endogonde,
00:23:19très sauvage,
00:23:20très violent.
00:23:20Je savais comment ça commençait,
00:23:21je ne savais pas comment ça finissait.
00:23:31Steady,
00:23:31Staff 1000%,
00:23:32Vertified.com,
00:23:34Axon,
00:23:35Montée de Poissy
00:23:35et moi,
00:23:36Yuval.
00:23:37Donc,
00:23:37à nous trois,
00:23:38on a créé un événement
00:23:39qui portait le nom
00:23:40de Vertified.
00:23:43L'idée,
00:23:44c'était d'organiser
00:23:44des battles
00:23:45de danse
00:23:46petite électro,
00:23:47mais avec
00:23:48d'autres expériences
00:23:49dans la culture hip-hop.
00:23:52pour les jeunes
00:23:52de quartier,
00:23:54le fait de danser
00:23:54la tectonique,
00:23:55ça va permettre
00:23:56de pouvoir
00:23:56entrer en boîte.
00:23:57Et en gros,
00:23:58quand le mouvement
00:23:59est tombé,
00:24:00il ne reste qu'un seul lieu,
00:24:01c'est le Vertified.
00:24:02Derrière,
00:24:03reculez,
00:24:05reculez,
00:24:06reculez.
00:24:07On était naufragés.
00:24:09On était dans l'ombre.
00:24:11C'est fini les converses,
00:24:12c'est plus à la mode.
00:24:13C'est fini,
00:24:14c'est plus à la mode.
00:24:16Quand la tectonique
00:24:17commence à tomber,
00:24:17la plupart des danseurs
00:24:18du Vertified
00:24:18ne veulent plus
00:24:19être attachés
00:24:20à la tectonique.
00:24:21C'est Hasbeen,
00:24:22les gens se moquent,
00:24:23eux,
00:24:23ils veulent être
00:24:23des danseurs électro.
00:24:24Pour eux,
00:24:25quand tu dis
00:24:25« ouais,
00:24:25tu fais de la tectonique »,
00:24:26c'est une insulte pour eux.
00:24:35j'étais le Rixi,
00:24:37le danseur de tectonique.
00:24:40Et à ce moment-là,
00:24:41il n'y a plus d'artifice.
00:24:42Les gars sont là pour se taper
00:24:44et ils doivent vous donner au maximum.
00:24:50je leur dis « écoutez,
00:24:51moi,
00:24:52je vais vous montrer
00:24:52qu'on n'est pas des danseurs
00:24:53de plateau télé
00:24:54ou de podium.
00:24:55Vous mettez qui vous voulez en face
00:24:57et je viens le prendre en 1000%. »
00:24:59« Si tu refuses
00:25:01et que tu ne pars pas
00:25:02tes couilles. »
00:25:02« A 1000%
00:25:03c'est un battle sauvage.
00:25:04Deux personnes,
00:25:05ou plusieurs qui vont s'affronter
00:25:06mais avec une mentalité
00:25:08root,
00:25:08c'est-à-dire
00:25:09il n'y a pas de règle. »
00:25:10« Quelqu'un parle et dit
00:25:11« Toi, là,
00:25:12je te retrouve
00:25:12à ce prochain Verti Fight.
00:25:14Tu vas voir,
00:25:15je vais te laver.
00:25:15T'as trop parlé sur moi.
00:25:16T'as trop la bouche.
00:25:18Maintenant, viens. »
00:25:20Le vrai, vrai, vrai danseur,
00:25:21c'est celui qui va gagner
00:25:22son nom dans le cercle.
00:25:23Il faut aller chercher les têtes.
00:25:31Je suis un compétiteur
00:25:32de base.
00:25:35J'ai fait beaucoup
00:25:35de sports de combat avant.
00:25:37Je suis une fierté du quartier
00:25:38parce que je gagnais
00:25:39les championnats d'Europe
00:25:40donc des jiu-jitsu brésiliens.
00:25:41Et dès que Verti Fight est arrivé,
00:25:43être l'un des cadors
00:25:44de cet événement-là,
00:25:46ça me plaisait beaucoup.
00:25:51Ça te dirait
00:25:52de danser contre Trixie ?
00:25:55Trixie ?
00:25:55Ben ouais,
00:25:56vas-y, let's go !
00:25:58Le choix,
00:25:59il était évident
00:25:59pour tout le monde.
00:26:00Celui qui portait
00:26:01le blason du Verti
00:26:02en 2008,
00:26:03c'est lui.
00:26:04Milliard,
00:26:04c'était son moment.
00:26:05Je savais que j'allais
00:26:05tomber sur Milliard.
00:26:06C'était le danseur
00:26:07emblématique du Verti Fight.
00:26:10Trixie versus Milliard,
00:26:11c'est les deux mondes.
00:26:12C'est le monde
00:26:13de la street
00:26:14contre le monde
00:26:16du commercial.
00:26:22Donc on arrive et tout,
00:26:23on est quand même impressionné.
00:26:25Il y a du monde,
00:26:25il y a des danseurs
00:26:26qu'on connaît.
00:26:27Il y a un tel,
00:26:28il y a un tel,
00:26:28il y a un tel.
00:26:34J'arrive au Verti Fight,
00:26:35je sens que je ne suis pas
00:26:36chez moi tout de suite.
00:26:37J'ai beaucoup de pression
00:26:38qui monte.
00:26:39Il n'y a pas de jeu de lumière,
00:26:40c'est brut de décoffrage,
00:26:42il y a beaucoup de monde.
00:26:48J'ai devant moi
00:26:49un adversaire,
00:26:51mais avec toute son armée.
00:26:53Et quand je dis
00:26:53toute son armée,
00:26:54c'est une grosse armée.
00:26:56Milliard, milliard, milliard !
00:26:57J'ai un avantage,
00:26:58je sais que je suis à la maison.
00:26:59Je briefe mes gars
00:27:00et les gars,
00:27:01il va falloir gueuler derrière.
00:27:05J'arrive dans le cercle,
00:27:06c'est tendu.
00:27:07Trixie, c'est la tête à abattre.
00:27:11Et Milliard,
00:27:12c'était le guerrier
00:27:12en première ligne.
00:27:14Genre, là, c'est notre moment.
00:27:15On va montrer
00:27:15que nous, si on est chauds.
00:27:17Je vais commencer.
00:27:19Trixie commence.
00:27:20Milliard, en place.
00:27:22Je représente
00:27:23un danseur de plateau télé
00:27:24qu'on met trop en avant
00:27:24et qui ne mérite pas son poste.
00:27:27et je suis là
00:27:28pour prouver le contraire.
00:27:44Il finit son passage.
00:27:46Je lève la main,
00:27:47comme ça.
00:27:48Au moment où je lève la main,
00:27:49j'entends.
00:27:54Ok.
00:27:55Aujourd'hui,
00:27:55les gens veulent me voir gagner.
00:28:11Tu vois, Trixie,
00:28:12c'est les beaux jeux de bras,
00:28:13pas la logique du mouvement,
00:28:16tout ça.
00:28:16C'est fluide.
00:28:17Ça se voit que le gars
00:28:18il passe à la télé.
00:28:19Milliard,
00:28:20il danse.
00:28:21C'est saccadé.
00:28:25C'est un mec de la street
00:28:26et il montre une nouvelle manière
00:28:28de danser électro,
00:28:29beaucoup plus direct.
00:28:31Pendant le battle,
00:28:32je sens que je perds.
00:28:34Et ça, c'est hors de question.
00:28:35On ne s'arrête pas là.
00:28:36On va jusqu'au bout.
00:28:39Il a du cardio.
00:28:40Moi, je commence à sentir
00:28:42que les bras sont lourds.
00:28:54Tant qu'il ne s'arrête pas,
00:28:55je ne m'arrête pas.
00:28:56Parce que si tu t'arrêtes,
00:28:58tu dis officiellement là,
00:29:00je suis vaincu.
00:29:26Je suis vaincu.
00:29:40à la fin de ce battle-là,
00:29:41on comprend l'ampleur
00:29:43de notre mouvement.
00:29:46Il n'y a pas de vrai vainqueur.
00:29:47C'est beau de voir ça,
00:29:49tu vois.
00:29:53Je ne sais pas qui a gagné
00:29:54parce qu'en vérité,
00:29:55il n'y a pas eu vraiment
00:29:55de gagnant.
00:29:57Je pense qu'à la fin,
00:29:58c'est la communauté
00:29:59qui a gagné ce moment-là.
00:30:01On va être dans une nouvelle ère.
00:30:03Ça devient officiel.
00:30:03C'est le genre
00:30:04que l'électro devient irman.
00:30:07Nous, on comptait là
00:30:08pour un an.
00:30:10Et au bout du moment,
00:30:11on s'est épris
00:30:11de ces jeunes.
00:30:12On les a aimés.
00:30:14On a aimé leur danse,
00:30:15on a aimé leur mortalité.
00:30:19C'est devenu nos jeunes.
00:30:21Moi, Macky,
00:30:21on s'entraîne
00:30:22deux fois par semaine.
00:30:23Tout le monde venait.
00:30:25Même si tu ne dansais pas,
00:30:26tu savais que tu allais voir
00:30:27des gens que tu connais,
00:30:28des gens avec qui
00:30:29tu as passé des bons moments.
00:30:31C'était un refuge,
00:30:32bien sûr.
00:30:32C'était un refuge.
00:30:33C'est l'invasion de la banlieue.
00:30:3695, 92, 93.
00:30:37C'est bien qu'on continue.
00:30:38On ne peut pas laisser
00:30:38tomber ces jeunes
00:30:39parce qu'on avait pris conscience
00:30:40que si on s'arrêtait,
00:30:42tout s'arrêtait.
00:30:44On a entre nous
00:30:46toutes les retombées minatiques.
00:30:47Tout ça, c'est fini.
00:30:49Et il reste vraiment les vrais.
00:30:55Le seul problème,
00:30:56c'est que dans la culture
00:30:57de l'endogonde,
00:30:58ils ne se sont pas reconnus.
00:30:59Ils se sont reconnus encore
00:31:00comme une piètre danse
00:31:01qu'on appelle la tectonique.
00:31:02Les communautés
00:31:03qui sont déjà en place
00:31:04dans le côté street,
00:31:05c'est la communauté hip-hop.
00:31:07Et eux,
00:31:08ils se disent
00:31:08« C'est quoi cette danse ? »
00:31:10Ils bougent leurs bras,
00:31:11c'est quoi ?
00:31:11On est là,
00:31:12on va dans le sol,
00:31:13on prend le son,
00:31:14on est hip-hop,
00:31:15on vient des États-Unis,
00:31:16eux, ils font quoi ?
00:31:17Ils dansent comme des...
00:31:19On est des rejetés
00:31:20de notre quartier
00:31:20qui dansent une danse
00:31:21de gays,
00:31:22de blancs,
00:31:23de bobos.
00:31:24Voilà ce qu'on est
00:31:25aux yeux des gens
00:31:26de quartier,
00:31:27aux yeux des gens
00:31:28du hip-hop.
00:31:29On va verrouiller ce problème-là
00:31:31une même fois pour toutes.
00:31:32On organise des événements
00:31:34électro et j'en suis fier.
00:31:35Ça s'appelle le Vertify.
00:31:36J'emmerde tout le monde.
00:31:38C'est fini.
00:31:38L'époque où il y a
00:31:39des petits blancs
00:31:39qui dansent,
00:31:40qui bougent les mains.
00:31:41C'est fini.
00:31:41Aujourd'hui,
00:31:42il y a des Renois,
00:31:42des Rebeux et des Chinois.
00:31:43Il y a très peu de blancs.
00:31:44C'est comme ça.
00:31:45C'est une culture,
00:31:45elle a changé.
00:31:46Et la tenue
00:31:47et les codes vestimentaires,
00:31:48la petite houppette
00:31:49sur la tête,
00:31:49c'est terminé.
00:31:50Ben,
00:31:50Yuval,
00:31:51ça prend plein la gueule
00:31:51à ce moment-là.
00:31:52Il a laissé tomber
00:31:53tout ce qu'il a construit
00:31:54et ce qu'il ne sent que
00:31:55sur Vertify était nous.
00:31:56Il va falloir qu'eux,
00:31:57à un moment donné,
00:31:58ils s'affûtent
00:31:59pour pouvoir trouver
00:32:00ce qu'on appelle
00:32:01la street credibilité
00:32:02et faire en sorte
00:32:02que toutes les autres danses,
00:32:04en tout cas dites underground,
00:32:05les reconnaissent.
00:32:06Donc ça va être
00:32:06un long parcours.
00:32:14Les jeunes comme moi,
00:32:15de 13 ans,
00:32:16les petits microbes
00:32:17de la danse électro,
00:32:18nous, c'est notre fenêtre.
00:32:19Là, moi,
00:32:19j'ai mon crew
00:32:20de mecs de 6 ans
00:32:21de la cité de Colombes.
00:32:22On vient pour montrer
00:32:23qu'on est les meilleurs,
00:32:24mais genre les meilleurs,
00:32:25on est infect.
00:32:26On a de l'ego,
00:32:27je ne sais pas,
00:32:27il sort d'où cet ego-là,
00:32:28mais on se dit
00:32:30qu'avec notre vieux niveau-là,
00:32:31on va peut-être
00:32:32faire quelque chose.
00:32:39On nous appelle
00:32:39pour faire le premier battle
00:32:42et c'est déjà fini.
00:32:51en fait,
00:32:51je suis tellement stressé
00:32:53que je ne sais même plus
00:32:54ce que je fais.
00:32:55Je suis désorienté,
00:32:57je n'écoute plus la musique.
00:33:01C'est n'importe quoi.
00:33:04La première fois,
00:33:05je vois Miel,
00:33:05la première fois,
00:33:05je vois tous ces danseurs.
00:33:06Pour moi,
00:33:07ils sont éclatés.
00:33:08C'est des jeunes danseurs,
00:33:09débutants,
00:33:09qui reproduisent les mouvements
00:33:10que nous,
00:33:11on fait déjà.
00:33:12C'est les débuts.
00:33:21Je réalise
00:33:22dans le bus
00:33:22en rentrant avec les potes
00:33:24et là,
00:33:25je dis,
00:33:25mais ce n'est pas possible.
00:33:26Il faut qu'on refasse.
00:33:28On y retourne.
00:33:29Là, ce n'était pas bon,
00:33:30mais il faut qu'on gagne.
00:33:33Motivé.
00:33:34Trop déterminé.
00:33:46Le groupe phare de cette époque,
00:33:48les champions,
00:33:49c'est la RK.
00:33:50En tout cas,
00:33:51c'est le groupe
00:33:51que VertiFight pousse.
00:33:53Voilà le groupe rythmique,
00:33:54RK.
00:33:56Il y a Milliar,
00:33:57Cerise, Naïm.
00:33:59C'est des grands,
00:34:00ils ont l'habitude
00:34:00de faire des chorégraphies.
00:34:02VertiFight, c'est la FIFA
00:34:03et l'RK,
00:34:04c'est le Real de Madrid.
00:34:05La discipline,
00:34:07ça me parle à la mort.
00:34:08On s'entraîne en salle,
00:34:09de danse.
00:34:10On sait compter la musique
00:34:12beaucoup plus tôt que les autres.
00:34:13On a clairement,
00:34:15pendant un bon moment
00:34:15et une longueur d'avance,
00:34:16on s'entraîne trop.
00:34:17Beaucoup trop.
00:34:21Nous, ça y est,
00:34:22on met une discipline
00:34:23et il y a d'autres groupes
00:34:24qui nous suivent dans la salle.
00:34:25Mais du coup,
00:34:26c'est obligé de s'entraîner.
00:34:27Tu veux nous abattre ?
00:34:28Il faut faire deux fois plus.
00:34:30Moi, je suis compétitif de base.
00:34:31Là, le but,
00:34:33c'est de dépasser
00:34:34les gens qui sont forts.
00:34:35Je m'entraîne tous les jours,
00:34:36tous les soirs,
00:34:37à la fin des cours,
00:34:38genre, je suis obsédé.
00:34:40Là, c'est une obsession.
00:34:41Je ne sais même pas
00:34:42je suis obsédé par quoi ?
00:34:43D'être fort
00:34:43ou de gagner des balles ?
00:34:44Je ne sais même pas
00:34:45ma motivation,
00:34:46mais j'ai envie de danser,
00:34:47j'ai envie de progresser.
00:34:59Niel, Skips, Goku, Jihad.
00:35:02Dès l'âge de 14 ans,
00:35:03ils nous voyaient nous entraîner.
00:35:04Ils ont pris une discipline
00:35:06encore pire que la nôtre.
00:35:10À la base,
00:35:11quand tu les vois arriver,
00:35:12tu ne te dis pas
00:35:12que ces jeunes-là
00:35:13vont devenir des monstres.
00:35:14Et à force de faire
00:35:15des événements au Verti,
00:35:16ils ont commencé
00:35:17à avoir une mentalité
00:35:18de défi,
00:35:20de combattant.
00:35:21C'est devenu
00:35:22une danse de combat,
00:35:23la danse électrique.
00:35:47Nous, on organise des manifestations.
00:35:50Ensuite, on filme,
00:35:51on poste
00:35:52et on se rend compte
00:35:52au fur et à mesure
00:35:53qu'il y a un engouement
00:35:54pour des pays
00:35:55au niveau international.
00:36:01Nous, on est complètement
00:36:03estomaqués
00:36:04parce qu'on se dit
00:36:04l'impact du Verti Fight,
00:36:05il est dans le monde entier.
00:36:07Eux ne grandissent pas
00:36:08avec la tectonique.
00:36:08Ils grandissent
00:36:09avec la danse électrique.
00:36:10Ils n'ont pas l'étiquette.
00:36:11C'est de la tectonique,
00:36:12c'est de la merde.
00:36:12Il n'y a personne
00:36:13qui va leur dire
00:36:13dans la rue
00:36:14que ce que tu danses,
00:36:15c'est de la tectonique.
00:36:16Leur rêve,
00:36:16c'est de venir en France
00:36:17et danser au Verti Fight.
00:36:19Et un jour,
00:36:19on se dit
00:36:19pourquoi on n'engraiserait pas
00:36:20un championnat du monde.
00:36:21Champs de l'Avion 2010
00:36:24Verti Fight.
00:36:26Let's go !
00:36:31Et là, ça commence
00:36:32à prendre les choses
00:36:33au sérieux.
00:36:34Ça s'entraîne vraiment.
00:36:35Tu prends la coupe là ?
00:36:35Tu prends la coupe là ?
00:36:36R4.
00:36:37Tu vois un niveau
00:36:38de travail
00:36:39qui est extraordinaire.
00:36:41Ils travaillent en groupe,
00:36:42ils reviennent
00:36:42avec de la nouveauté,
00:36:43ils recherchent,
00:36:44ils poussent la machine.
00:36:46On n'était plus juste
00:36:47dans le kiff de la danse,
00:36:49mais on était dans
00:36:49comment créer
00:36:51de la complexité
00:36:52dans cette danse.
00:37:01Au moment où
00:37:02il y a un jeune
00:37:03qui a vraiment
00:37:04un niveau de fou,
00:37:05il intègre
00:37:06une grande maison,
00:37:07un grand crew.
00:37:09Et là, on s'appelle
00:37:10Niel du groupe
00:37:11Alliance Crew.
00:37:12Yeah !
00:37:14Et donc moi,
00:37:16j'intègre
00:37:17Alliance Crew
00:37:18en 2011.
00:37:22C'est un des crew
00:37:23phare
00:37:23qui est là
00:37:23depuis longtemps,
00:37:24qui est respecté
00:37:25parce que
00:37:25le leader de ce crew
00:37:26c'est crazy.
00:37:35Je suis un peu
00:37:35une anomalie
00:37:36dans le système,
00:37:37un peu comme
00:37:37le bug de la matrice.
00:37:40Pour moi,
00:37:40la danse électro,
00:37:41c'est la
00:37:43célébration de la vie.
00:37:44c'est une danse festive,
00:37:46joyeuse, lumineuse.
00:37:48Étant fan
00:37:48d'arts martiaux,
00:37:50je regarde toujours
00:37:51les films de Jackie Chan,
00:37:52de Bruce Lee,
00:37:52etc.
00:37:53Je comprends
00:37:54cette idée
00:37:55qui est à plusieurs écoles,
00:37:57plusieurs styles,
00:37:58plusieurs infinités.
00:38:00Et donc,
00:38:01le but,
00:38:02c'est de développer
00:38:04le mien,
00:38:05le nôtre,
00:38:05pour arriver au maximum.
00:38:08Quand je suis rentré
00:38:09dans l'Alliance,
00:38:10c'était un mentor.
00:38:11Tu vois,
00:38:12il a un gabarit,
00:38:12il a une prestance
00:38:13où il a le leadership
00:38:15en lui.
00:38:17Ça fait plaisir aussi,
00:38:18tu vois,
00:38:18d'être un peu encadré.
00:38:20Surtout,
00:38:20genre à 15,
00:38:2216 ans
00:38:22où tu peux commencer
00:38:24justement à dériver
00:38:25un peu.
00:38:26C'est en mode,
00:38:27là, tu rentres temps
00:38:28à Alliance Crew,
00:38:28mais là, c'est sérieux,
00:38:29il faut qu'on gagne
00:38:31des titres.
00:38:31Alliance Crew,
00:38:32c'est crazy
00:38:33en direct de la salle du temps.
00:38:34C'est parti,
00:38:35on va voir
00:38:35qui va assumer.
00:38:36On se retrouve toujours
00:38:37à la salle dernière
00:38:39qu'on a surnommée
00:38:39la salle du temps
00:38:40en hommage à Dragon Ball Z
00:38:42encore.
00:38:44On s'entraînait,
00:38:45on s'entraînait,
00:38:46on s'entraînait,
00:38:46on s'entraînait.
00:38:47On est là,
00:38:47on lâche pas,
00:38:48on développe.
00:38:50Les gars,
00:38:50on fait comment
00:38:50pour créer une chorégraphie ?
00:38:52Nous, à la base,
00:38:53on ne sait pas
00:38:53qu'il faut compter
00:38:54jusqu'à 8.
00:39:02On a développé
00:39:03une rythmique,
00:39:03un truc,
00:39:04une signature.
00:39:16Ce kika,
00:39:17ça permet aussi
00:39:17aux autres danseurs
00:39:18qui ne comprennent pas
00:39:19forcément la musique
00:39:20et la rythmique électro
00:39:21de leur créer
00:39:22une rythmique chantée.
00:39:37C'était vraiment une team, c'était une équipe.
00:39:39On est tout le temps ensemble, on mange ensemble, on dort ensemble, on va en soirée ensemble, on fait la
00:39:44fête ensemble.
00:39:45Et ça ne s'arrête pas en fait.
00:39:47Je m'apaise aussi, tu vois, genre t'inquiète.
00:39:51Il n'y a plus besoin de se battre autant, tout ça.
00:39:53On est ensemble, tu ne seras plus tout seul, tu vois.
00:40:07VertiFight, championne du monde 2012 !
00:40:10En fait, nous, on est les outsiders, parce qu'on n'a jamais gagné le championnat du monde.
00:40:14Il y a la RK, ils ont gagné deux titres, ils se la pètent.
00:40:17Il y a Electro Street, ils ont gagné le dernier titre, ils se la pètent aussi.
00:40:20Et nous, on est là, en fait, c'est à nous de le gagner.
00:40:21Là, c'est notre VertiFight.
00:40:22Et t'as les danseurs du monde entier qui veulent que ce soit nous, en fait.
00:40:34On a réussi à avoir une communauté qui nous suit à travers le monde, devient Internet.
00:40:40Donc, on s'est retrouvé à avoir une grosse fanbase un peu partout.
00:40:45On était le TikTok de l'Electro.
00:40:47On sortait toutes les tendances.
00:40:49Alliance Crew, next generation.
00:40:52TikTok !
00:40:53Un, un, un.
00:40:55Tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic !
00:41:10Sur ce battle, t'avais dansé sur cette musique.
00:41:13Oh, mais je signe des autographes sur des t-shirts, sur des baskets.
00:41:18Enfin, genre, je suis choqué.
00:41:19Genre, je suis en mode, wesh.
00:41:20Moi, je suis une star comme ça, tranquille.
00:41:22Moi, j'habite à Colombes.
00:41:24Je suis en galère, les gars, vous êtes là.
00:41:26Vas-y, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic,
00:41:35tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic,
00:41:41tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic,
00:41:44tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, tic, t
00:41:533, 2, 1.
00:41:55Et go !
00:42:05Champion du monde.
00:42:06Allianz Crew.
00:42:07Aïe-a, aïe-a, aïe-a, aïe-a,
00:42:09Poum, Pah, Ati, aïe.
00:42:13J'ai été jury.
00:42:15C'est moi qui donne la voix à Allianz Crew
00:42:18pour qu'ils deviennent
00:42:19champions du monde en 2012,
00:42:21pour la première fois.
00:42:21Ils y ont cru jusqu'à la mort.
00:42:29C'est l'accomplissement de tellement d'années de travail.
00:42:38On a trop charbonné et c'est le premier titre d'Alliance Crew.
00:42:46Le Verti Fight, avec toutes ses facettes, a sauvé l'électro.
00:42:52En vrai.
00:43:01On s'est battus pour être acceptés dans le milieu urbain.
00:43:05On a réussi à gagner le respect des autres styles de danse,
00:43:09de par notre abnégation et de par notre style.
00:43:17Ils ont créé des monstres, le Verti Fight.
00:43:20Ils ont créé des monstres.
00:43:26Ils ont créé 2 Nho.
00:43:31Être Fabio.
00:43:32Ils ont créé des monstres.
00:43:33Et ils ont créé un lien.
00:43:34Ils vuel sewing pendant les mois surtout parปétit.
00:43:41En l'iving des monstres, ils ont créé des monstres à la boulevard.
00:43:44Ils ont créé des histoires.
00:43:44Ils ont créé des monstres.
00:43:47Ils ont créé des morts.
00:43:48Ils et au revoir, ils leuraring un autobut.
00:58:46de danser différemment, ça me manque aussi.
00:58:50En fait, j'ai conscience que ce que je fais là,
00:58:51ça va me faire vivre moi, c'est individuel.
00:58:56La culture prend un grand coup.
00:58:59Je me dis, ouais, ça y est, c'est tuy, là, enfin...
00:59:02Je sais pas si ça va redémarrer comme avant.
00:59:04Et voilà, c'est un genre de nouveau déclin aussi, tu vois.
00:59:09En France, en tout cas.
00:59:51Je suis éloigné au quartier de la ville de la ville de la ville de la ville de la ville
00:59:57de la ville de la ville de la ville.
00:59:58Ça se voit comme un endroit assez d'alimenté, dans lequel il n'y a pas de faire du travail.
01:00:09Tout le monde a changé en 2014, et j'ai regardé une vidéo sur YouTube.
01:00:18C'est une vidéo avec laquelle j'ai commencé à tâcher.
01:00:24J'ai ensuite trouvé Vertifite, Miëlle et beaucoup d'autres.
01:00:32Il y a des jeunes qui suivent nos vidéos, qui suivent notre vie.
01:00:37Comme moi, j'ai regardé des mangas, et nous, on était devenus une série à suivre.
01:00:44L'Electro, c'était français, et les autres, nous regardaient.
01:00:55Je pensais que c'était cool pour être un jeune et être un jeune.
01:01:01...
01:01:16...
01:01:17...
01:01:17Mon père n'a pas travaillé, rien n'a pas fait, il n'y a pas de nourriture, il n
01:01:24'y a pas de nourriture, il n'y a pas de nourriture, il n'y a pas de nourriture, il
01:01:36n'y a pas de nourriture, mais j'ai commencé à conduire à cette studio chaque jour, et j'ai
01:01:42complètement perdu l'école.
01:01:49Je ne suis pas de nourriture, à ce moment-là ma vie n'a pas de nourriture, n'a pas
01:01:56de nourriture.
01:01:58Et quand je suis allé dans la studio, j'ai pu voir un petit peu, un petit peu, un petit
01:02:02peu, un petit peu, un petit peu.
01:02:14En 15 ans, j'ai commencé à danser dans la rue.
01:02:25Je suis allé dans la rue parce que j'ai besoin d'un endroit où j'ai pu faire plus
01:02:31de nourriture.
01:02:34En ce moment, il y a eu des gens qui, aussi, dans la rue, j'ai pu faire plus de
01:02:40nourriture.
01:02:41Je suis allé dans la rue, j'ai pu faire plus de nourriture, j'ai pu faire plus de nourriture,
01:02:49j'ai pu faire plus de nourriture.
01:02:50Encore une fois, on se rend compte qu'à l'étranger, c'est abusé, tu vois.
01:02:55Surtout en Russie et au Mexique, il y a un très, très gros niveau, il y a des beaux événements,
01:02:59enfin tu vois, il y a de la qualité là-bas.
01:03:01Quand tu vas en Russie et tu reviens en France, tu te sens un peu con.
01:03:10Tu vois, à leur événement, il y a 400-500 personnes, 50 petits, un beginner, je ne sais pas combien
01:03:15de femmes, je ne sais pas combien de meufs.
01:03:18Tu te dis, ok, on est le berceau, mais il serait peut-être temps qu'on fasse des choses.
01:03:22Par exemple, à Move & Proof, à nous, tous les originaisers de style, tous les topés, parce que, par exemple,
01:03:33en France, il y a un grand spade.
01:03:42Ils ont été dans notre style et ils ont fait que nous sommes les meilleures.
01:03:54La première fois que je vois danser Minhax, je me dis, waouh, c'est un strong, c'est un monstre,
01:03:58mood russe, boxeur, tu vois.
01:04:04Il est hyper souple, hyper laxe, il fait des mouvements avec ses bras, genre de monstrueux.
01:04:11À la fin du battle, je le félicite, c'est trop bien et tout, t'as trop bien dansé.
01:04:15Mais je me dis, mais il a 16 ans.
01:04:17Et je compare avec des Français, je me dis, mais qui a 16 ans en France ?
01:04:22Personne.
01:04:25Il n'a même pas gagné le battle, en fait. Il y a la flamme et il y a le
01:04:27niveau, c'est-à-dire que tout le monde a un gros niveau.
01:04:29En Russie, il y a des écoles de danse, au Mexique, il y a des écoles de danse.
01:04:32Ça s'est développé plus rapidement à l'étranger qu'ici où on était la source.
01:04:38Je me dis, non, là, c'est abusé, là. Là, on est en retard.
01:04:47Je me dis, pourquoi pas inviter les autres pour en discuter.
01:04:51Et aujourd'hui, c'est vrai qu'on a un état de crise.
01:04:55Paris, ce n'est plus le centre du monde.
01:04:57Au niveau de l'électro, ne dormez pas.
01:04:59Parce que si vous dites que la culture, elle est à vous, comme le basket est aux Américains,
01:05:03il faut le montrer, il faut le transmettre.
01:05:07L'international est venu mettre un coup de sabot à la France.
01:05:10En mode, vous dormez trop, nous, on va vous taper.
01:05:14On a beaucoup consacré de temps à nous, à notre évolution.
01:05:17Mais on n'a pas beaucoup consacré de temps à la transmission.
01:05:20Donc derrière, ça ne suit pas.
01:05:21Il faut qu'on reprenne la main sur la culture.
01:05:25Ok. Bonjour tout le monde.
01:05:29Bienvenue à La Planque pour les nouveaux et welcome back pour les anciens.
01:05:33Ici à La Planque, c'est l'élite.
01:05:35C'est l'élite des futurs danseurs et danseuses électro.
01:05:38Ici, ça va être beaucoup de remises en question, mais c'est pour votre bien.
01:05:42Vous ne dites pas qu'ici, c'est le Club Med.
01:05:44Pour vivre dans cette communauté, il faut en avoir là-dedans et là-dedans.
01:05:49Ok ?
01:05:50On a créé La Planque en 2020, pendant le confinement.
01:05:53Première promo, on en a eu 15 ou 16 dans une petite salle.
01:05:58C'était l'hiver, il faisait froid.
01:06:00Il n'y avait rien d'autre à part ça.
01:06:09C'est que des néophytes.
01:06:11Je ne les vois pas en tant qu'élèves, je les vois en tant que nouvelle génération d'électro.
01:06:15Du coup, j'ai une pression aussi de pouvoir former des gens aussi forts que les jeunes russes.
01:06:26Moi, j'ai été un enfant de l'électro. J'ai grandi avec.
01:06:29Du coup, la passion que je vais mettre de mon histoire, elle sera forte.
01:06:34Et il faut qu'eux aussi soient à la hauteur de rentrer dans une communauté avec des gens passionnés comme
01:06:39moi.
01:06:40On garde le rebond, quoi qu'il arrive.
01:06:44La bonne formule, c'était faire des formations.
01:06:47Garder des gens sur un long terme, le temps de leur appliquer la flamme.
01:06:50Et c'est ça qui est appris.
01:06:52Ça commence avec La Planque.
01:06:54Et deux ans après, je crée la mienne, qui s'appelle La Formation Capsule.
01:07:04Oui, c'est ça !
01:07:05Et genre...
01:07:07Ils sont choqués.
01:07:08L'électro, c'est un truc de ouf.
01:07:21D'accord ?
01:07:41C'est un profil différent du profil de ceux qui ont développé cette danse.
01:07:48La plupart, ce sont des femmes qui ne viennent pas de quartier.
01:07:53Moi, je suis content d'avoir plus de femmes parce que la danse électro à l'origine, en club, c
01:07:59'est femmes, hommes qui dansent ensemble.
01:08:11J'ai fait beaucoup d'années de conservatoire, jazz contemporain classique.
01:08:15Et du coup, en découvrant l'électro, j'ai retrouvé un peu cette essence qui m'a fait aimer la
01:08:19danse.
01:08:20Comme si j'étais un peu folle dans ma vie toute seule.
01:08:23Et là, j'arrive dans un endroit où il n'y a que des fous.
01:08:28Je pense que la plupart des gens qui ont vraiment été piqués par l'électro, c'est le jour où
01:08:31ils ont dansé cette danse.
01:08:33C'est un truc que tu ne peux que ressentir.
01:08:40On est arrivés à la même manière à la planque.
01:08:42Physiquement, au début, c'était chaud.
01:08:44Au début, c'était chaud.
01:08:46C'est chaud de ouf.
01:08:49T'es avec des gens qui ont vécu pratiquement toute la naissance et l'évolution de l'électro.
01:08:54Juste le fait de regarder, tu captes qu'en fait, le gars, il s'est saigné.
01:09:00Et tu te dis, est-ce qu'un jour, je vais pouvoir atteindre ce niveau-là ?
01:09:06Déjà, on voit la différence entre l'énergie de Vertified et maintenant.
01:09:10Je pense que la nouvelle génération n'a pas vécu ça.
01:09:12Du coup, on n'a pas forcément ce truc de combat, de guerre en nous.
01:09:16Mais c'est qu'on a tous ce truc de, on veut monter la danse au plus haut niveau.
01:09:21J'adhère y a bas, ça me fait penser à moi quand j'étais jeune, quand j'ai commencé.
01:09:25On était insolents en fait.
01:09:28Ça faisait combien de temps qu'on n'avait pas vu de nouvelles têtes.
01:09:30Les nouvelles têtes venaient soit de l'étranger, il n'y avait plus de produits français qui se produisaient.
01:09:34Et là, ça y est, c'est de nouveau parti.
01:09:37On commence à avoir des gens qui performent et qui font leur bruit.
01:09:39Ils seront dès ce soir au Théâne Nationale de Chayot pour leur spectacle Rêves Lucides.
01:09:44Le duo de chorégraphes, Laura, Defrétin et Brandon, Mazélé, connus dans le monde des battles sous les pseudonymes.
01:09:50Nala et Miel est avec nous.
01:09:55En faisant la planque, du coup, je formais des gens.
01:09:58Mais je savais aussi que, tac, dans ma tête, il y avait un projet qui se montait.
01:10:04Moi, j'ai toujours aimé chorégraphier, emmêler les corps, tout ça.
01:10:08Donc, c'est normal que la personne avec qui je partage ma vie, elle soit aussi dans les meux projets
01:10:13de vie.
01:10:16Mazèle Frétin, ça part d'un duo, Laura et moi.
01:10:19C'est une compagnie où on voulait créer de la danse ensemble.
01:10:25Moi, j'ai toujours dit, en fait, on signe toi deux.
01:10:29Ok, bien joué, merci.
01:10:31Je vous fais des petits retours, vite fait.
01:10:33Je vous fais des petits détails, mais bon, tu prends la diff.
01:10:35J'ai mis, montre-moi ton flow, soyez plus conscient des autres.
01:10:38C'est un peu ce que Blanc-Alice a permis pour les danseurs électro à l'époque.
01:10:43L'intermittence, de faire des tournées, donc d'avoir une stabilité.
01:10:48C'est le seul vrai débouché de la danse électro.
01:10:53Quand j'ai commencé l'électro, ce n'était pas pour but professionnel.
01:10:56Je passais mon bac, je ne pensais pas que j'allais arrêter mes études après pour faire de l'électro.
01:11:00C'est un peu comme ça.
01:11:39Mais quand j'ai commencé l'électro,
01:11:43tous mes qu'il y a un des rêves, des rêves, des rêves, des rêves.
01:11:50J'ai plevé.
01:11:51J'ai pleuré tous les élogans de «édire» en Amérique.
01:11:54J'avais entendu des nouvelles,
01:11:55j'avais entendu dire qu'il a la souffrance,
01:11:58qu'il y avait cette autre chose,
01:11:59et que notre pays
01:12:00a l'électroït des retrouvés de l'électro-ré박es
01:12:02dans les hônes d'autres personnes qui se sont actuellement comme nous.
01:12:11Oui, j'ai décidé pour moi, que je ne peux pas rester, et c'est la troisième étape, j'ai
01:12:18réussi à sortir de l'Arménie.
01:12:22Juste train de faire et c'est comme ça, que je peux me faire. Et sur une des histoires, juste
01:12:32sur Instagram, j'ai répondu Miel, il me demande où je suis.
01:12:41Oui, Miel, tu serais heureux de venir pour notre spectacle et tout ?
01:12:46Le travail dans la pays où tu as rêves, avec les gens que tu as rêves et les gens que
01:12:53tu as rêves, c'est peut-être un pique de l'amour pour moi.
01:13:00Et...
01:13:03...prinяв cette main-faire, cette main-faire, j'ai compris que ce ne sera pas un voyageur dans le monde,
01:13:10en un voyageur.
01:13:12Il faut beaucoup travailler...
01:13:16...c'est-ce que j'ai fait.
01:13:18Et le premier mois a été très difficile.
01:13:23J'ai fait un street-show à Pompidou.
01:13:25J'ai reçu des gens qui se trouvaient.
01:13:28Donc ici, ces copaines, ces monettes, ces euros...
01:13:31J'ai reçu pour que j'ai acheté des cartes.
01:13:375, 6, 7, et...
01:13:401, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8...
01:13:44Je reçois un coup de fil de Maud Le Pladec.
01:13:48Tu seras intéressé pour un gros, gros projet.
01:13:50C'est confidentiel.
01:13:52Je monte ce projet avec Thomas Joly.
01:13:54C'est pour les JO.
01:13:551, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8...
01:13:58Avec Laurent, on est en mode...
01:13:59Wow !
01:14:00Genre là, on passe dans un autre délire.
01:14:024, 5, 6, 8...
01:14:03La danse électro, c'est une danse qui est née en France.
01:14:06Et pour Thomas Joly et Maud Le Pladec, cette danse-là, elle se doit d'exister.
01:14:13J'ai dit, Maud, nous, c'est bon, nous.
01:14:16On va faire ton truc.
01:14:24C'est le rendez-vous.
01:14:27De revenir 16 ans après que cette danse a été critiquée, insultée...
01:14:35En fait, là, c'est la revanche de l'électro.
01:14:37Parce qu'on nous donne une plateforme pour qu'on se rende justice.
01:14:41Ok, rapprochez-vous, s'il vous plaît.
01:14:45Les JO, c'est le truc le plus visualisé au monde.
01:14:48C'est 1,5 milliard de téléspectateurs.
01:14:50La cérémonie d'ouverture, elle se passe sur la scène.
01:14:52Et sur la scène, en gros, il y aura à peu près 35 bateaux.
01:14:55Et après, ça part sur nous, genre pendant deux minutes.
01:14:59Pendant trois minutes, full out.
01:15:00Full, 1,5 milliard de téléspectateurs.
01:15:02Trois minutes que nous, à la télé, full out.
01:15:05En plus, on est à la fin.
01:15:06C'est le pic des audiences.
01:15:08On se dit, il y a vraiment une responsabilité.
01:15:11Mi-axe.
01:15:12Et Baxe, vous allez rester au centre ?
01:15:14On a cherché la meilleure équipe possible pour relever les challenges.
01:15:18Allez, en bas.
01:15:19Allez.
01:15:20Du coup, on a appelé l'étinceur du monde entier.
01:15:23Pour moi, c'était une grande honneur.
01:15:28Et pour notre style, c'est une grande possibilité de montrer
01:15:33que maintenant, c'est quelque chose de très cool et progressif.
01:15:39Les contraintes, c'est de danser sur une barge.
01:15:42Voilà.
01:15:43Ok, une barge.
01:15:44Mais attendez, ça bouge.
01:15:45Elle va être en train d'avancer ou...
01:15:51Combien de danseurs ?
01:15:53Combien de mètres ?
01:15:5535...
01:15:5632 mètres.
01:15:57Donc, du coup, là, c'est l'arrière du bateau.
01:16:00C'est le sens de la marche du bateau.
01:16:02Ok ?
01:16:02On signe des petits papiers.
01:16:04On doit pas en parler.
01:16:06On se rend compte de l'ampleur du projet.
01:16:07Mais en même temps, c'est tellement grand que ça nous dépasse.
01:16:12Thomas Joly, il a dit que la cérémonie, elle représentait en gros la France.
01:16:17Donc, pour qu'on soit l'avant-terre des tableaux qui représentent la danse française,
01:16:20c'est la danse électro.
01:16:21En vrai, c'est dingue.
01:16:22Genre, tout le monde connaissait quoi la tectonique.
01:16:24Et là, ça va être le vrai message fort de C'est ça maintenant la danse électro.
01:16:28On démarre une nouvelle ère.
01:16:29On débrasse une nouvelle ère.
01:16:31Je leur rappelle que notre culture, elle a été négligée, détestée, stigmatisée.
01:16:38pour que quand ils dansent, ils dansent tellement fort que tout le monde soit bouche bée.
01:16:53Au fur et à mesure des répétitions, on se rend compte de l'enjeu, clairement.
01:16:58Parce que l'exigence, elle monte.
01:17:00Il faut être précis et il faut être carré.
01:17:03Tu refais les chorés jusqu'à que plus personne se trompe.
01:17:07Tu recharbonnes encore.
01:17:08Tu fais le même mouvement jusqu'à l'avoir.
01:17:20Ce qui fait un bon danseur de battle, c'est quelqu'un qui a son propre style et qui a
01:17:24ses propres skills.
01:17:27Quand tu fais de la chorégraphie, les caractéristiques, c'est d'apprendre les chorégraphies.
01:17:32Mais les danseurs qui font des skills de fou, des fois, la mémoire, c'est pas trop ça, tu vois.
01:17:43Mais là, c'est dans deux jours.
01:17:46On peut plus se tromper, là.
01:17:52Là, je commence à stresser.
01:17:57Il faut tout donner.
01:17:59Il y a Thomas Joly. Faites à 100%, s'il vous plaît.
01:18:02Musique. 3, 2, 1, c'est parti.
01:18:21On est pas du tout au point.
01:18:24Techniquement, c'est pas encore bien. C'est pas livrable.
01:18:28Laura me regardait.
01:18:30Ça va être dur, ça va être dur.
01:18:32T'inquiète, t'inquiète, t'inquiète, t'inquiète, t'inquiète.
01:18:33On est en train de perdre en qualité de mouvement et en propreté.
01:18:37Jamais, c'est ça, Mago. Tu te retournes.
01:18:39Tu regardes, tu fais boum.
01:18:41Il commence la choré, tu reprends, je sais pas.
01:18:43Mais là, tu peux pas rester.
01:18:45Là, donnez-vous ce fort ensemble.
01:18:47C'est pas parce que c'est de la chorégraphie que c'est différent, tu vois.
01:18:49Vous êtes ensemble.
01:19:08bourre, bourre, bourre !
01:19:13Allez, encore !
01:19:18Retour ! Retour !
01:19:50Là, c'est le moment où il y a le plus de gens sur terre qui vont me voir.
01:19:57Et là, avant de monter sur la barre, je ne suis plus de ouf.
01:20:04Il y a des scènes de la cérémonie qui sont annulées.
01:20:12En fait, on nous a jeté un mauvais sort, ce n'est pas possible.
01:20:14Je me dis, s'il y a quelqu'un qui tombe...
01:20:18Je suis comme un con, je suis là, j'essaye dans le vélo, je suis là, comme un fou, hystérique.
01:20:22Mais on doit partir, on doit y aller.
01:20:27Samy !
01:20:27Je suis là, je suis ici !
01:20:30Ce soir, pensez à la première personne que vous avez vue danser,
01:20:34qui vous a donné des étoiles dans les yeux.
01:20:36S'il vous plaît, cette personne-là, ce soir, c'est vous.
01:20:38Alors, rendez-vous compte que là, on va faire un truc de ouf.
01:20:42Tous ensemble.
01:20:433, 2, 1 !
01:20:49Là, il n'y a plus de blase.
01:20:51Là, c'est pour l'électro, là.
01:20:56On a trop travaillé, mais on n'a pas travaillé un mois.
01:21:04On a travaillé 18 ans.
01:21:07On a très belle.
01:21:31On a tenemos à maintenant !
01:21:50À ce moment-là, je suis à Colombes, j'ai 10 ans, j'ouvre mes volets, et là je vois
01:22:00le bateau des JO et ils font un truc de ouf.
01:22:18Il y a quelque chose de fort dans cette danse, c'est qu'elle a été créée par des jeunes
01:22:25qui voulaient juste se réunir pour partager ensemble, et peu importe d'où tu viens.
01:22:33La danse, en fait, elle ne se fait pas sans la communauté, parce que c'est beau,
01:22:47en fait.
01:22:47Allez, on encourage, on encourage, on encourage !
01:23:09Merci, merci, merci ! Encore une fois, est-ce qu'on peut faire un maximum de bruit pour ces jeunes,
01:23:14pour ce travail ?
01:23:19Au moins, ça donne de l'espoir pour le futur !
01:23:25Je ne pense plus que la danse, elle est trop aimée.
01:23:28C'est trop tard, ça y est, c'est parti !
01:23:31L'électro, c'est un phénix, il ne meurt jamais !
01:23:33Ça s'éteint, ça s'éteint, puis ça s'éteint, ça s'éteint, ça s'éteint, ça s'éteint, ça
01:23:36s'éteint...
01:23:39C'est pas avec les vieux que tu continues à rêver, il faut qu'il y ait un héritage, il
01:23:43faut qu'il y ait une jeunesse !
01:23:46La communauté, elle évolue avec les personnes qui la nourrissent.
01:23:49Je pense qu'il y aura un changement, peut-être aussi dans les sensibilités des choses.
01:23:53On est sur le début de ce que va être notre danse plus tard.
01:23:57Je pense qu'on a notre place et qu'on va encore plus avoir notre place dans le futur.
01:24:04Cette nouvelle génération, quand je les vois prendre le flambeau, le relais, je suis fier,
01:24:07parce que la culture ne peut que évoluer et continuer à aller d'avant, je les soutiendrai jusqu'au bout.
01:24:13C'est important pour nous de pouvoir juste remettre l'histoire telle qu'elle est,
01:24:17et expliquer ce qui nous est arrivé.
01:24:20Nous, ça a changé notre vie !
01:24:23Dix ans plus tard, je ne pouvais même pas me представir
01:24:26que je vais maintenant rester ici et vous raconter toute cette histoire.
01:24:34Les gens se souviendront qu'en France, des jeunes de quartier, des jeunes parisiens
01:24:38ont créé une danse qui a réussi à bouleverser le monde artistique.
01:24:42On pourrait dire avec fierté que c'est quelque chose qui est dit en France
01:24:46et qui ne vient pas des États-Unis ni d'ailleurs.
01:25:20comme lanutée, des gens prennent à ses Lenormes.
01:25:22parce que j'étais fan de Karmapa, mais en fait Karmapa m'a arrêté la danse électro en 2010
01:25:31et ça ne m'a pas empêché de continuer la danse.
01:25:33Tout jeune, 14-15 ans, c'est déjà un tueur. On est en 2024, c'est toujours un monstre, il
01:25:39est en finale !
01:26:00Si j'arrête dans 10 ans, ils vont continuer à danser.
01:26:19Pourquoi la danse électro est puissante ? C'est parce qu'on a vécu tout ça.
01:26:24Tu vois, c'est collectif.
01:26:29C'est une danse, c'est une énergie.
01:26:45On est ensemble, quoi.
01:26:48Tu vois.
01:27:00Sous-titrage Société Radio-Canada
01:27:30Sous-titrage Société Radio-Canada
01:27:39Sous-titrage Société Radio-Canada
01:27:42...
01:27:43Sous-titrage Société Radio-Canada
01:27:54Sous-titrage Société Radio-Canada
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