- il y a 20 heures
Avec Laurent Lamblot et Benjamin Viguier (directeur adjoint et directeur d'un établissement médico-social dans les Ardennes) et Philippe Mouiller (sénateur LR des Deux-Sèvres)
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NewsTranscription
00:00Sud Radio, faut que ça change, Anthony Martin Smith.
00:03Et je suis très heureux de vous retrouver sur l'antenne de Sud Radio, comme chaque semaine,
00:07parce que 18,2 millions de personnes, je vous le dis ce chiffre-là aussi,
00:10chaque semaine sont en situation de handicap.
00:1311 millions de personnes sont dites aidantes ou aidants,
00:16et je ne parle même pas des femmes, des maris, des enfants,
00:20qui elles sont aimantes et aimants au quotidien.
00:23Cette émission sur la question du handicap, elle est faite pour vous.
00:27Et à mes côtés, Mathéo Lambelot, comme d'habitude.
00:30Bonjour Mathéo.
00:31Bonjour Anthony, bonjour tout le monde.
00:33Comment ça va ?
00:34Très bien, et vous ?
00:35Ça va.
00:35Alors, aujourd'hui, vous allez passer en deuxième partie d'émission,
00:38avec votre coup de cœur ou votre coup de gueule, ça sera ?
00:40Un coup de cœur ?
00:40Sûr.
00:41Vous verrez en deuxième partie ?
00:43Ah, vous me le faites à chaque fois, j'en ai pris.
00:46Bon, très bien.
00:47Allez, une nouvelle dans l'émission, elle s'appelle Julie Preciat.
00:51Bonjour Julie.
00:52Bonjour Anthony, bonjour à l'équipe.
00:53Très content que vous nous rejoignez,
00:55vous allez nous faire la story de la semaine.
00:57Aujourd'hui, ce sera sur la conférence nationale du handicap
01:00qui aura lieu à la fin du mois.
01:02Vous allez nous en dire un peu plus dans un instant.
01:05Également à distance.
01:07Et alors là, Mathéo, j'ai une surprise pour vous.
01:09Ah.
01:10J'ai fait venir votre papa.
01:11Ah ouais ?
01:12Oui, vraiment.
01:12Il s'appelle Laurent Lambelot.
01:14Il est directeur adjoint d'un établissement de santé médico-sociale.
01:17Bonjour Laurent Lambelot.
01:20Bonjour à tous.
01:21Je suis très heureux de vous recevoir.
01:23J'ai beaucoup d'informations vous concernant grâce à votre fils.
01:26Mais aujourd'hui, je suis très heureux de vous recevoir à titre professionnel.
01:29Parce que ce que vous faites au quotidien va nous intéresser avec votre collègue directeur de l'établissement de santé,
01:35Benjamin Viguier.
01:36Bonjour à vous.
01:39Bonjour Anthony.
01:40Bonjour à toutes et à tous.
01:40Merci à tous les deux de prendre le temps de venir parler avec nous dans cette émission qui, figurez-vous,
01:47parle de quoi ?
01:48Bah justement, des établissements, dit les ESMS, des établissements de services médico-sociaux qui accompagnent nos personnes en situation de
01:57handicap,
01:57mais aussi nos personnes âgées, nos personnes déficientes, qu'elles soient intellectuelles, sensorielles, motrices, au quotidien.
02:04Parce que parfois, figurez-vous, qu'on n'a pas le choix.
02:07L'ONU, l'Organisation des Nations Unies, nous exhorte, nous, la France, depuis 2021,
02:12à nous conformer à la Charte internationale sur les droits des personnes en situation de handicap
02:17et faire en sorte que nous désinstitutionnalisions, et il dure ce mot,
02:22notre offre d'accompagnement pour les personnes en situation de handicap et vulnérable.
02:26Est-ce que c'est une bonne chose ?
02:28C'est ce que nous allons voir avec mes invités dans un instant.
02:30Sud Radio, faut que ça change, la story de la semaine.
02:34Mais on démarre avec la story de la semaine, avec vous, Julie Précia, comme je le disais,
02:39sur la Conférence nationale du handicap.
02:41Exactement, Tony. Aujourd'hui, on va parler chiffres.
02:43Je ne sais pas si les comptes seront bons, mais on dit que les bons comptes sont les bons amis.
02:47Mais en matière de handicap, les chiffres racontent surtout une autre histoire,
02:51celle des promesses et parfois de retard.
02:53Nous sommes à J-12 de la 7e édition de la Conférence nationale du handicap,
02:57ce rendez-vous organisé tous les 3 ans, vous le savez, depuis la loi du 11 février 2005
03:01et sous l'autorité du Président de la République,
03:04pour fixer les priorités des politiques publiques du handicap.
03:07Pendant une journée, on parlera inclusion, accessibilité, égalité des chances.
03:11Sur le papier, difficile de faire plus ambitieux.
03:14Écoles inclusives, logements, emplois, intelligence artificielle,
03:17participation citoyenne, tout y est, ou presque.
03:21Parce qu'à chaque conférence, la même question revient.
03:23Est-ce qu'on parlera réellement de la qualité de vie des personnes en situation de handicap ?
03:28Ou est-ce que l'on va organiser un sommet de plus ?
03:30Certains le trouveront peut-être caricatural.
03:33Mais pendant que les groupes de travail planchent sur l'inclusion,
03:35depuis décembre, aux côtés de ces rapporteurs du Comité interministériel du handicap,
03:39certains élèves n'ont toujours pas d'un compagnon.
03:42Pendant qu'on débat d'accessibilité universelle,
03:44des gares, des commerces ou encore des sites internet restent impraticables.
03:47Et pendant cette même journée, quelque part en France,
03:50une personne en fauteuil roulant se retrouvera probablement devant trois marches
03:54impossibles à franchir.
03:55Trois marches, ça paraît ridicule.
03:57Et pourtant, c'est souvent là que l'inclusion s'arrête.
04:00Le sujet est d'ailleurs devenu suffisamment sensible
04:02pour que le collectif handicap qui rassemble de nombreuses associations
04:05interpelle cette conférence.
04:07Ne doit pas être un exercice de communication supplémentaire.
04:11Et après les promesses de 2023,
04:13malgré la concrétisation du remboursement du fauteuil roulant,
04:16c'est peut-être là que se joue l'enjeu de cette édition 2026.
04:19Parce qu'au fond, une société inclusive ne se mesure pas
04:22au nombre de tables rondes organisées à Paris.
04:24Elle se mesure à quelque chose de beaucoup plus simple.
04:26Pouvoir aller partout sans avoir à demander la permission.
04:29On peut voter des lois, créer des plans nationaux,
04:32organiser des conférences,
04:33mais aucune de ces choses ne permet de monter trois marches.
04:35Et je finirai par vous dire que le handicap a cette particularité.
04:39Il met immédiatement à l'épreuve la réalité des discours politiques.
04:42Quand un bâtiment est inaccessible, il est inaccessible.
04:46Effectivement, avec ces fameuses trois marches.
04:48J'aime bien le symbole, mais il est véridique.
04:50Quand on sait qu'un ERP, un établissement en ce moment du public,
04:53sur deux est rendu accessible,
04:54ça veut dire que finalement,
04:56nos personnes qui sont à mobilité réduite
04:58sont des demi-citoyennes,
05:01puisqu'elles ont accès qu'à la moitié de la société.
05:03C'est quand même important à chaque fois de le rappeler,
05:05ce chiffre-là aussi.
05:07Le remboursement des fauteuils roulants
05:08depuis le 1er décembre 2025 est en vigueur.
05:12Là aussi, nous aurons l'occasion de recevoir la ministre ici
05:15et de lui poser des questions pour faire le bilan très prochainement,
05:18je vous le promets.
05:19La conférence nationale du handicap que nous allons couvrir
05:21avec Scud Radio, il faut que ça change.
05:23Là aussi, c'est une promesse.
05:26Je me tourne, merci Julie Précia,
05:28vers nos invités,
05:29Benjamin Viguier et puis Laurent Lamblot.
05:32Benjamin Viguier, je vais commencer avec vous.
05:34Votre établissement, votre SMS, dans les Ardennes,
05:40qu'est-ce qu'il fait exactement
05:42et à quel point votre offre est aujourd'hui,
05:46que vous considérerez, indispensable
05:49pour les usagers qui sont les vôtres.
05:52Et je vous précise, mesdames et messieurs,
05:53qu'en deuxième partie d'émission,
05:54nous recevons le sénateur Philippe Mouillet
05:56qui, lui, vient de faire voter une loi au Sénat
06:00visant à prolonger les expérimentations
06:03sur les établissements de santé médico-sociaux.
06:06Alors, Benjamin Viguier,
06:08racontez-nous un peu votre établissement dans les Ardennes.
06:11Alors, peut-être déjà reposer le cadre
06:13et vous avez déjà, Anthony, donné quelques éléments.
06:16Effectivement, les ESMS,
06:17établissements et services sociaux et médico-sociaux
06:20agissent effectivement dans un cadre strict
06:22puisqu'on dépend du Code de l'action sociale
06:24et des familles d'ICASF.
06:27Et donc, nos missions sont assez claires.
06:29Effectivement, on a l'émission d'accompagner
06:31des personnes en situation de vulnérabilité liée à l'âge.
06:35En l'occurrence, pour nos établissements,
06:36on est sur des jeunes mineurs ou majeurs
06:39dans le cadre des amendements cretons.
06:41Et donc, en situation de handicap,
06:43liée à la protection de l'enfance parfois,
06:46à de l'exclusion sociale, pardon,
06:48ou à de la perte d'autonomie.
06:50Alors, on fonctionne beaucoup en sigle.
06:53Et donc, pour faire simple,
06:54nous, nous disposons de trois agréments.
06:57Un agrément sur deux établissements
06:59situés géographiquement dans le nord
07:01et le sud des Ardennes.
07:03Donc, un institut médico-éducatif, dit IME,
07:06un institut thérapeutique, éducatif et pédagogique,
07:08dit ITEP,
07:09et un service d'éducation spéciale
07:11et de soins à domicile, dit CESAD.
07:13Et donc, je dirais, pour rentrer un peu
07:16dans la logique et la terminologie,
07:18on est dans une approche institutionnelle.
07:20C'est-à-dire que la personne est orientée
07:22actuellement vers nos établissements
07:23qui disposent de places autorisées
07:24et qui bénéficient de prestations
07:26principalement à l'intérieur de nos établissements.
07:28Donc, vous exercez finalement
07:30une mission de service public
07:32et d'intérêt général au service des personnes
07:34en situation de handicap.
07:35On est d'accord ?
07:36Tout à fait.
07:37On est sous une logique, effectivement,
07:38de financement de la sécurité sociale
07:40et, comment dire, d'autorisation
07:41des services de l'Agence régionale de santé,
07:43donc des services de l'État.
07:44Les ARS, comme on est habitué d'en entendre parler.
07:47Laurent Lambleau, ça veut dire quoi ?
07:50Que si demain, on désinstitutionnalisait
07:53l'accompagnement des personnes
07:55en situation de handicap
07:56ou d'âge avancé,
07:58tel que votre collègue Benjamin Viguier
08:00vient de nous l'exprimer,
08:02on les mettrait où,
08:03nos personnes en situation de handicap
08:05que vous accompagnez
08:07et comme beaucoup d'autres établissements en France ?
08:10Alors, s'il y avait cette désinstitutionnalisation,
08:15l'objectif, enfin, ces jeunes se retrouveraient
08:19dans le droit commun,
08:20donc accompagnés par l'éducation nationale,
08:23par des associations
08:26et par des éducateurs à domicile.
08:31Voilà.
08:31Mais on ne remplirait pas toutes les missions.
08:34Donc, on ferait du CESAD.
08:35C'est ça que vous dites.
08:37On ferait du CESAD à outrance.
08:38On ferait du CESAD à outrance,
08:42tout en sachant que les jeunes
08:43que nous accueillons au sein de nos établissements
08:47sortent principalement du droit commun,
08:49étant donné qu'ils ont été orientés par les MDPH.
08:52Les maisons départementales des personnes handicapées,
08:54celles qui décident de quels droits
08:56vous pouvez bénéficier
08:57quand vous êtes en situation de handicap.
08:59Tout à fait.
09:00Et ce sont des jeunes
09:02qui ont un parcours du droit commun
09:06assez difficiles.
09:08On a des jeunes
09:09qui étaient en déscolarisation,
09:16qui étaient déscolarisés principalement.
09:20On arrive avec des jeunes...
09:22On reçoit des jeunes abîmés
09:24qu'il faut à nouveau resocialiser,
09:28qu'il faut à nouveau remettre dans une dynamique,
09:30leur redonner confiance.
09:34Donc, c'est compliqué déjà pour ces jeunes-là
09:37d'intégrer un établissement.
09:41Alors, on serait plus dans une logique de parcours
09:50plutôt qu'une logique de place.
09:51Voilà.
09:52Benjamin Viguier,
09:53vous partagez, je présume,
09:55le point de vue de votre collègue,
09:56de Laurent Lambleau.
09:58Ça doit être...
09:59Oui, c'est vrai.
10:00Ça serait compliqué, demain,
10:01de fermer les établissements de santé.
10:04Alors, c'est...
10:06La logique de désinstitutionnalisation
10:08ne signifie pas nécessairement
10:10la fermeture des établissements.
10:12On est sur un travaillé autrement, je dirais.
10:16Laurent Lambleau le précisait
10:17il y a quelques instants.
10:18C'est le passage d'une logique de place
10:19à une logique de parcours
10:21en gardant la logique d'accompagnement personnalisé.
10:24C'est la logique d'institution
10:26à une logique de service
10:28avec les défauts que ça peut avoir, effectivement,
10:31sur un accompagnement plus...
10:33Permettez-moi de le dire,
10:34plus séquentiel, je dirais.
10:35Et en quoi consiste, justement,
10:37cet accompagnement ?
10:38Parce qu'on entend l'accompagnement là,
10:41mais qu'est-ce que c'est cet accompagnement, justement ?
10:43En quoi vous êtes important pour ces personnes ?
10:46On les accompagne au quotidien,
10:49à la fois sur le volet éducatif, pédagogique, thérapeutique.
10:53Donc, ils sont accompagnés par un plateau technique au quotidien
10:57avec des activités éducatives.
11:01Il y a également de l'école,
11:04mais au sein de notre institution.
11:06Donc, on va à leur rythme en fonction de leur projet.
11:10Ils ne sont pas dans...
11:10C'est des petites classes aussi,
11:13de cinq, six jeunes au sein de l'école,
11:16alors qu'en école ordinaire,
11:18voilà, ils sont accompagnés dans une classe
11:23de 20 élèves avec parfois des assistantes à la vie scolaire,
11:30mais c'est bien compliqué.
11:32Et on a surtout le plateau technique
11:33avec orthophonistes, psychomotriciennes,
11:38psychologues, médecins-psychiatres,
11:40voilà.
11:41Donc, il y a tout un panel de professionnels
11:43qui accompagnent ces jeunes
11:46autour de leurs projets personnalisés
11:49et individualisés, voilà.
11:51Laurent Lambleau, qui parlait à l'instant.
11:53Sur la question même des personnes
11:56en situation de handicap,
11:58finalement, si elles n'avaient pas vos établissements,
12:01comment on ferait pour les maintenir même à domicile ?
12:05Il y a des familles qui seraient complètement incapables de le faire, ça.
12:09Je veux dire, on entend déjà suffisamment de drames familiaux.
12:12Même pendant le Covid, il y a eu ces cas-là.
12:14On a eu des témoignages sur Sud Radio là-dessus.
12:16Mais c'est très compliqué.
12:19On a des listes d'attente actuellement
12:24pour intégrer nos différents secteurs
12:26de plus de 50 par agrément.
12:30On a des jeunes autistes sévères
12:34pour certains qui n'ont pas accès à la parole.
12:37Néanmoins, ils doivent être scolarisés.
12:40Donc, ils sont en rupture de droit.
12:43On compense parfois, quand on le peut,
12:46avec du service à domicile de type Cessane.
12:50Mais c'est une intervention par professionnel et par semaine.
12:55Donc, oui, c'est plus que compliqué.
12:56Et on a des familles qui appellent au secours.
12:58Vous faisiez allusion là à la période Covid,
13:03où on a continué néanmoins à accompagner différemment les jeunes par téléphone.
13:10On était quotidiennement au téléphone avec les familles.
13:14Il y avait un programme qui se faisait à distance pour ceux qui le pouvaient.
13:17Mais les jeunes qui étaient plus lourdement handicapés
13:21ne pouvaient pas avoir accès du fait
13:26qu'ils ne pouvaient pas comprendre non plus
13:29ce qu'on attendait d'eux à l'extérieur de l'établissement,
13:32qu'il n'y avait pas un étayage autour,
13:34un appui avec des pictogrammes, par exemple,
13:37pour les aider à comprendre comment allait se décomposer la journée
13:41parce qu'ils sont très ritualisés également.
13:43Voilà, c'est plus que compliqué
13:46s'il n'y avait pas nos établissements médico-sociaux.
13:50– Effectivement.
13:51Merci beaucoup, Laurent Lambleau.
13:52Je vous rappelle que vous êtes directeur adjoint
13:54d'un établissement dans les Ardennes
13:56accompagné de Benjamin Viguier,
13:58directeur de cet établissement.
14:00Merci à vous d'être venu témoigner sur Sud Radio
14:03et pardonnez-moi de nous avoir justement éclairci
14:06sur cette question de l'institutionnalisation
14:09et de la désinstitutionnalisation
14:11sur qu'est-ce que ça va concrètement produire
14:14si ça rentrait en vigueur.
14:16Vous ne bougez pas sur Sud Radio.
14:18On revient tout de suite, même dans un instant,
14:21avec le sénateur Philippe Mouillet.
14:23Et puis merci Julie Préciard.
14:24On vous retrouve la semaine prochaine
14:25sur l'antenne de Sud Radio.
14:27Et à très vite.
14:28– Sud Radio, il faut que ça change.
14:31Anthony Martin Smith.
14:32– Et de retour sur le plateau de Sud Radio,
14:34il faut que ça change avec mon invité,
14:36le sénateur Philippe Mouillet,
14:37président de la Commission des Affaires Sociales au Sénat.
14:39Bonsoir à vous.
14:40– Bonsoir.
14:41– Merci Philippe Mouillet d'avoir accepté notre invitation.
14:43On va tout d'abord se tourner vers Mathéo Lambelot
14:45avec son coup de cœur du jour dans la vraie vie.
14:48– Oui Anthony, un coup de cœur pour des entreprises
14:50qui mettent en place des dispositifs adaptés
14:53pour les proches aidants.
14:54Nous savons qu'il y a environ 11 millions d'aidants en France.
14:57Vous le répétez à chaque émission Anthony.
14:59C'est même un salarié sur cinq,
15:01d'après un sondage de l'agence How Much.
15:04En 2030, nous en serons à 1 sur 4 même.
15:06Et face à ce besoin d'aidants,
15:08les entreprises s'adaptent et prennent le sujet à bras le corps.
15:11Alors oui, il y a déjà le congé proche aidant
15:13qui existe dans le Code du Travail.
15:15Mais celui-ci n'est souvent pas assez rémunéré par l'employeur
15:19et trop peu élevé environ,
15:20n'est pas rémunéré par l'employeur tout court,
15:23et trop peu élevé, environ 66 euros par jour.
15:26Donc les entreprises décident d'agir d'elles-mêmes.
15:29Certaines expérimentent des congés aidants
15:31mieux rémunérés avec une compensation progressive du salaire.
15:34100% du salaire le premier mois,
15:3675% le deuxième et 50% le troisième,
15:39en complément des allocations publiques.
15:41D'autres entreprises adaptent même les horaires de leurs salariés.
15:45Beaucoup de choses positives donc.
15:47Mais j'ai une question que je vous pose directement à vous,
15:50monsieur le sénateur.
15:52Ne serait-il pas de temps de revoir ce congé proche aidant
15:56pour que ce que font ces entreprises soient démocratisées en France,
15:59alors qu'on sait ô combien les aidants sont indispensables
16:03pour les personnes qu'ils accompagnent ?
16:05Oui, je pense que c'est une très belle initiative.
16:07Je pense qu'on doit traiter le sujet des aidants
16:10d'une façon beaucoup plus globale.
16:12Parce qu'à la fois, il y a l'initiative que vous présentez,
16:14mais c'est le débat du statut, c'est le débat de la reconnaissance.
16:17Je crois que le sujet des aidants
16:18est un point qui, à mon avis, est extrêmement important.
16:21On voit bien qu'avec le vieillissement de la population,
16:23avec, au globalement, les évolutions,
16:25on a besoin d'avoir un vrai statut des aidants.
16:29Et donc, c'est un sujet d'actualité
16:30qui doit, à mon avis, être porté politiquement.
16:32Alors, avant qu'on revienne sur le thème
16:34qui nous intéresse sur cette émission,
16:35c'est-à-dire les établissements de services et médico-sociaux,
16:37j'aimerais revenir sur ce qui s'est produit cette semaine au Sénat
16:41avec une loi que vous avez faite passer sur le don d'organes,
16:43justement, là aussi une question de statut.
16:45Oui, tout à fait.
16:46Il faut savoir que c'est une loi spécifique
16:49pour le don d'organes des personnes vivantes.
16:51Je pense notamment aux reins,
16:52je pense à Bollé-Épignères, aux ovocytes.
16:54Il y aurait un reste à charge.
16:55Oui, tout à fait.
16:55Il se trouve qu'il y a un principe,
16:57normalement dans la loi bioéthique,
16:58qui est la neutralité.
16:59C'est-à-dire qu'on ne gagne pas d'argent avec un don,
17:01mais en même temps, ça ne doit pas vous coûter de l'argent.
17:03Et concrètement, on se rend compte que,
17:04d'abord, c'est géré par les hôpitaux
17:06et on demande que c'est plutôt l'assurance maladie
17:08qu'ils prennent en charge,
17:09mais vous pouvez avoir des frais,
17:10notamment des frais de déplacement,
17:12vous pouvez avoir des frais d'hébergement,
17:13des frais de garde d'enfants,
17:14des restes à charge sur des franchises médicales,
17:16des passements d'honoraires.
17:17Enfin, il y a tout un tas de situations
17:20où, finalement, c'est un coût,
17:21que ce soit avant, dans la phase de préparation du don,
17:24pendant ou après, pour le suivi médical.
17:27Et donc, l'idée, c'était vraiment pour nous
17:28de faire en sorte que la neutralité financière soit réelle.
17:32Et en plus, point important,
17:33nous venons de créer un statut spécifique du donneur,
17:38de donneur vivant,
17:39ce qui permet notamment d'ouvrir un certain nombre de droits.
17:42Je pense notamment aux droits,
17:44aux principes qui permettent de ne pas forcément
17:46être obligés d'indiquer,
17:47notamment lorsque vous faites un prêt,
17:48lorsque vous avez des questionnements,
17:50que vous avez été donneur.
17:52Donc, justement, ce droit est un point important.
17:54C'est le fameux questionnaire médical
17:56qu'on doit remplir à chaque fois qu'on veut une assurance
17:58pour nous couvrir sur le prêt que nous faisons.
18:00Je veux revenir sur la loi
18:01que vous avez faite passer en première lecture au Sénat,
18:04sur les établissements de services médicaux sociaux
18:07qui sont à titre expérimentaux.
18:10De quoi exactement il s'agit qu'on comprenne bien
18:13ce mécanisme de ces établissements expérimentaux
18:16qui n'est pas quelque chose de nouveau
18:17puisque ça date des années déjà 2000.
18:19Mais au bout de dix ans,
18:21ces établissements ne pouvaient plus exercer
18:23sur leur formule initiale.
18:24Exactement, parce que c'est un système qui est assez complexe.
18:27C'est-à-dire, pour qu'il y ait une prise en charge
18:28par l'État de ces établissements,
18:31il faut que ces structures correspondent finalement
18:33à des cases, à des classements d'établissements
18:36sociaux et médico-sociaux.
18:37Il se trouve qu'il y a tellement d'expérimentations
18:39aujourd'hui qui sont reconnues de qualité
18:41mais qui ne rentrent pas dans ces classes,
18:43qu'on ne peut pas classifier finalement
18:45de par une organisation.
18:47Et donc, on se trouvait avec une situation
18:49où des structures qui ont prouvé leur efficacité
18:53qui arrivent au bout de dix ans
18:54pouvaient se retrouver sans financement
18:56et d'être obligés d'arrêter l'expérimentation.
18:58Mais comment on explique ça du coup ?
18:59Parce que c'est un système qui est extrêmement complexe
19:02que l'on a globalement en France.
19:04C'est-à-dire qu'on a une définition
19:06de ce qu'est un établissement social et médico-social.
19:08Et si vous ne rentrez pas dans cette définition,
19:10il y a 18 sous-catégories.
19:11Vous voyez, c'est un truc très complexe,
19:13très bureaucratique.
19:13Eh bien, si vous n'êtes pas dans les catégories,
19:15il n'y a plus de financement
19:16au-delà du statut d'expérimentation.
19:18Et ça veut dire que finalement,
19:19les ESMS, au bout de dix ans,
19:21étaient obligés de changer complètement de catégorie
19:23et donc de destination d'exercice ?
19:25Oui, ou de fermer.
19:26Ou de fermer, tout simplement.
19:27Moi, j'ai des exemples...
19:28Donc, on fait quoi dans ces cas-là
19:29des personnes qui sont accompagnées ?
19:30Eh bien, voilà.
19:31Donc, il fallait trouver une solution.
19:32Donc, nous avons souhaité d'abord,
19:34un, faire en sorte de prolonger de 15 ans
19:37la capacité d'expérimentation.
19:38Donc, ça vous croit 25 ans.
19:40Et ce qui va laisser le temps
19:41de réfléchir à un changement de nomenclature
19:43pour donner de la souplesse au système.
19:45On voit bien qu'aujourd'hui,
19:46on a plein d'innovations dans les territoires.
19:48On a des acteurs qui se mobilisent.
19:50On voit bien qu'il y a des sujets nouveaux.
19:52Par exemple, le thème du répit n'existait pas avant.
19:54On a des villages Alzheimer qui se sont mis en place.
19:57Enfin, il y a plus de 400 initiatives comme ça
19:59partout dans le territoire
20:00pour lesquelles les départements et l'État
20:02veulent continuer.
20:03Mais parce qu'on a un blocage administratif,
20:05eh bien, on a une situation
20:06qui pouvait devenir catastrophique.
20:08Donc, on règle dans un premier temps
20:10par le fait de prolonger pendant 15 ans.
20:12Et en parallèle, on met en place les travaux
20:15pour régler cette difficulté de classification
20:18qui n'est pas adaptée aux besoins des territoires.
20:20Parce que 10 ans d'expérimentation,
20:21ça ne suffisait pas, du coup.
20:22Si, mais le problème, c'est que...
20:22On n'a pas assez de recul.
20:23Ce n'est pas ça.
20:24Ce n'est pas la durée.
20:25C'est qu'on n'a pas prévu
20:26comment le basculer dans le droit commun.
20:28Oui, d'accord.
20:28C'est-à-dire, vous lancez un SMS expérimental,
20:31vous dites, ah super, ça fonctionne.
20:33Et puis, en fin de compte, à la fin,
20:35vous ne pouvez rien faire
20:35parce que vous ne pouvez pas pérenniser l'action.
20:38Exactement.
20:38Et donc là, tout le monde veut.
20:40Mais il y a un problème administratif et juridique.
20:42Donc, il fallait, par la loi...
20:43Donc, ce village Alzheimer dont vous parlez, par exemple,
20:46peut se créer.
20:47Et puis, en fait, au bout de la dixième année,
20:49la onzième est impossible.
20:50Et donc, le truc doit définitivement fermer
20:52ou se transformer en maison de retraite.
20:53Exactement.
20:54C'est un exemple.
20:54Donc, on veut éviter ça.
20:56Voilà.
20:56Donc, c'est du bon sens.
20:57C'est pour ça, d'ailleurs,
20:57que ce texte a été voté à l'unanimité.
20:59Parce que tout le monde considère que...
21:01L'unanimité de tous les groupes politiques au Sénat.
21:03Tous les groupes politiques.
21:04Il y a eu 100% de vote positif sur ce texte.
21:07Voilà.
21:07Donc, c'était parce que ça correspond à un besoin.
21:08Vous avez un sujet facile avec les affaires sociales,
21:10vous, au Sénat.
21:11Parce que vous êtes capable de mettre
21:12tout le monde d'accord autour de la table.
21:14Alors, les sujets, en réalité,
21:15ne sont pas faciles, quand même,
21:16aux affaires sociales.
21:17Je crois que...
21:18Non, non.
21:18Je crois que c'est surtout
21:18le fait d'avoir une capacité
21:21de fédérer autour d'une idée.
21:22Et surtout, on part du terrain.
21:24Je crois que beaucoup à ça,
21:25c'est les grandes politiques,
21:26les grands principes généraux.
21:28Je reviens un peu sur ces sujets-là.
21:29Et la santé, ça nous concerne ?
21:30Voilà.
21:30Mais quand on part du terrain,
21:31lorsqu'on part du vécu sur les territoires,
21:34on arrive à mobiliser
21:35au-delà des sensibilités politiques
21:36parce que c'est à l'intérêt général.
21:39Et du coup, là, l'unanimité,
21:42vous avez dû convaincre énormément
21:43vos collègues du Sénat ?
21:45Alors, même pas.
21:46Parce que ce que j'ai fait,
21:47c'est que j'ai même co-rédigé
21:49avec d'autres sénateurs
21:50de groupes politiques différents
21:52le texte de loi.
21:53J'ai fait co-signer
21:54par 197 sénateurs différents
21:56de tous les groupes politiques.
21:57Donc, je savais qu'à l'issue,
21:59les choses allaient bien se passer.
22:00Voilà.
22:00Donc, en réalité,
22:01c'est dans la phase de conception
22:02qu'il faut mobiliser,
22:03notamment les autres groupes politiques,
22:05quand on est tous avec le même constat.
22:07Et qu'à partir de là,
22:08on est quand même dans la culture du Sénat.
22:09Parce que la culture du Sénat,
22:10c'est jamais la couleur politique
22:12du sénateur qui porte un sujet
22:13qui est importante pour nous.
22:14C'est toujours le fond du dossier.
22:16Et donc, on arrive comme ça
22:17à mobiliser très largement.
22:18Dernière question, Philippe Mouillet.
22:19La CNH,
22:20la Conférence nationale du handicap,
22:22le 25 juin,
22:23présidée par le président de la République,
22:24vous portez quel regard dessus ?
22:26Vous en espérez quelque chose
22:27ou c'est de la com ?
22:29Alors, j'en espère quelque chose
22:31parce que c'est toujours...
22:32Alors certes,
22:32il y a beaucoup de communication,
22:33mais c'est quand même toujours
22:34un marqueur politique qui est fort
22:36où on donne des orientations...
22:37C'est un peu le choose France
22:38du handicap, non ?
22:39Alors, je ne sais pas si c'est le choose France.
22:40Je ne suis pas sûr
22:41qu'on puisse faire le parallèle.
22:42Non, mais par rapport aux annonces.
22:43Oui, oui.
22:44Parce qu'il y en a eu
22:45des conférences nationales du handicap
22:46et on n'a pas forcément eu
22:47derrière les résultats.
22:49Alors, on n'a pas forcément eu
22:51le résultat attendu
22:52en regardant les annonces,
22:54mais il reste toujours quelque chose.
22:56Il reste toujours quelque chose.
22:57D'abord parce que,
22:58point important,
22:59c'est une mission qui est transversale.
23:00C'est-à-dire que tous les ministères
23:01sont mobilisés autour de cette conférence.
23:04Et donc globalement,
23:05il reste toujours quelque chose.
23:06Après, le sujet,
23:07c'est le décalage entre les annonces
23:09et le résultat attendu.
23:10Mais il y a toujours des travaux,
23:12il y a toujours des effets bénéfiques
23:13de ce type d'opération.
23:15Donc voilà,
23:15j'espère que les annonces
23:18seront raisonnables
23:20et raisonnées,
23:20en tout cas avec un esprit
23:22de capacité à faire.
23:24Mais je pense que ça reste
23:25toujours un rendez-vous important.
23:26Les deux quinquennats
23:27d'Emmanuel Macron
23:28ont été des bons quinquennats
23:29sur la question du handicap ?
23:31C'est difficile à dire.
23:33Il y a clairement eu des avancées.
23:35Moi, j'ai beaucoup travaillé
23:36avec Sophie Cluzel.
23:37Mais pas grâce à lui uniquement.
23:38Non, c'est...
23:39Grâce aux parlementaires aussi.
23:40Oui, grâce aux parlementaires.
23:41Mais c'est un engagement collectif.
23:44Je pense qu'à un moment donné,
23:46lorsqu'il a mis en place
23:47un secrétaire d'Etat
23:48au handicap
23:50accroché au Premier ministre,
23:52ça, c'est déjà été un signe
23:53parce que ça n'a pas mieux
23:53d'accélérer dans plein de domaines.
23:55Donc il y a eu plein de chantiers
23:55qui ont été ouverts.
23:56Donc voilà, je ne peux pas dire...
23:58Ça n'a toujours été le cas
23:58en septembre dernier.
23:59Il n'y avait pas de ministre
23:59sur ce portefeuille.
24:00Mais on est en fin de mandat.
24:02Il n'y a pas de plus compliqué.
24:02Merci Philippe Mouillet.
24:04Je rappelle sénateur,
24:04président de la Commission
24:06des Affaires Sociales au Sénat.
24:07Merci Mathéo Hollande.
24:08On se dit à la semaine prochaine.
24:09Belle semaine à vous
24:10sur Sion Radio.
24:11Bon week-end
24:11avec la suite de vos programmes.
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