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  • il y a 2 heures
Après une audition fleuve devant quatre juges d'instruction, Patrick Bruel, 67 ans, a été mis en examen pour violences sexuelles puis remis en liberté sous contrôle judiciaire. Selon les avocats des plaignantes, de nouvelles plaintes doivent être déposées, laissant présager une procédure encore loin d'être terminée. Écoutez Fanny Colin, avocate pénaliste du chanteur et acteur.
Regardez L'invité d'Anne-Sophie Lapix du 11 juin 2026.

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Transcription
00:01L'invité d'RTL Soir
00:03La mise en examen de M. Patrick Brouel était envisagée pour 9 cas.
00:08Sur ces 9 cas, les juges d'instruction ont décidé de notifier une mise en examen pour 4 d'entre
00:13eux.
00:14Pour 4 autres cas, les juges d'instruction ont décidé de faire bénéficier à M. Patrick Brouel du statut de
00:21témoin assisté.
00:22Et pour le dernier, la prescription a été constatée et n'a donc pas été examinée.
00:28C'était peu après minuit hier soir, Patrick Brouel ressort libre après 2 jours de garde à vue,
00:33mais mise en examen dans 4 affaires pour viol, tentative de viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel.
00:39C'est son avocate, maître Fanny Collin, que vous venez d'entendre et qui est notre grand invité RTL Soir.
00:45Bonsoir.
00:45Bonsoir Anne-Sophie Lepix.
00:46Patrick Brouel est ressorti libre hier soir alors que le parquet réclamait son placement en détention provisoire.
00:52C'est une réquisition qui vous a étonné, voire sonné ?
00:56Alors effectivement, on ne s'attendait pas nécessairement à de telles réquisitions
01:01qui nous paraissent injustifiées, qui nous ont paru injustifiées et en droit et en fait.
01:07Mais ce qui compte aujourd'hui n'est pas tant le sens de ces réquisitions,
01:11mais la décision finale qui a été arrêtée d'abord par les 4 juges d'instruction saisis
01:16et ensuite par le juge des libertés et de la détention,
01:19qui a consisté à dire que la détention provisoire de M. Patrick Brouel était absolument injustifiée
01:25et qui l'ont placée sous contrôle judiciaire.
01:27Injustifiée, pourquoi ?
01:29Injustifiée en droit, parce que M. Patrick Brouel présente toutes les garanties de représentation en justice,
01:35parce qu'il n'y a pas de risque de réitération ou de renouvellement d'infraction
01:41qu'il conteste dans leur intégralité
01:44et que donc aucune des conditions prescrites par la loi
01:47pour permettre de priver une personne de liberté n'est remplie au cas d'espèce.
01:52Alors pourquoi elle a été réclamée ?
01:54Alors, notre sentiment à la défense, puisque j'interviens aux côtés de Céline Lassec et de Christophe Ingrin,
02:01c'est que probablement que le procureur de la République a voulu,
02:06face au déferlement médiatique, au retentissement médiatique que nous regrettons tous d'ailleurs de cette affaire,
02:12donner des gages à l'opinion publique.
02:15C'est une accusation assez forte.
02:17Ça veut dire qu'il ne jugerait pas en conscience et en droit ?
02:20Ce serait juste une réaction à la...
02:21Alors, le procureur ne juge pas.
02:23Le procureur est une partie de la procédure pénale.
02:26Donc effectivement, le procureur peut avoir la position qu'il souhaite.
02:29À la fin, ce qu'il décide, ce sont des juges indépendants.
02:33Ici, les juges d'instruction, le juge des libertés et de la détention,
02:37qui sont indépendants non seulement de l'exécutif, du pouvoir exécutif,
02:41mais qui sont également indépendants de l'opinion publique.
02:44Parce que, retenez cela, et c'est essentiel,
02:46aujourd'hui, j'entends sur les plateaux de radio, de télé, dans la presse,
02:52qu'ils se disent énormément de choses sur cette affaire.
02:54Chacun y va de son commentaire, de son opinion.
02:57Mais la réalité, c'est que personne ne sait ce qu'il y a dans ce dossier.
03:02Alors, vous aussi, votre client est finalement libre,
03:07mais mis en examen dans quatre dossiers sur neuf qui avaient été retenus.
03:11Déjà, ça, c'est une victoire ou une défaite pour vous ?
03:13Alors, ça ne s'apprécie pas en termes de victoire ou de défaite.
03:16Ce qui se passe dans le cadre d'un processus judiciaire,
03:19puisque c'est maintenant dans ce processus judiciaire que nous sommes entrés.
03:23Donc, c'est une phase nouvelle qui était attendue par Patrick Brourel,
03:26puisque c'est dans cette phase-là qu'il peut enfin apporter ses explications,
03:30ses éléments, et faire valoir sa défense.
03:33On va examiner au cas par cas, chacun des dossiers ou des affaires,
03:38on peut les appeler, ou des plaintes, qui sont déposées.
03:41Il est mis en examen, donc, pour quatre affaires.
03:43Un viol en 2008, une tentative de viol en Belgique en 2010,
03:47et les plaintes de deux jeunes masseuses pour harcèlement sexuel
03:50et agression sexuelle pour l'une des deux.
03:52Ces deux dernières affaires font partie des plaintes de 2019,
03:55qui avaient été classées sans suite.
03:57Pas cette fois, savez-vous, ce qui a fait varier l'appréciation des juges ?
04:02Est-ce que c'est le fait d'avoir entendu 48 heures Patrick Brouel,
04:07alors qu'il avait été entendu très peu de temps,
04:08et pas dans le cadre de la garde à vue en 2019 ?
04:11Alors, ce que je peux vous dire, et c'est une première chose qui est importante,
04:14c'est que la mise en examen, ce n'est évidemment pas la reconnaissance d'une culpabilité.
04:19Ce n'est même pas la reconnaissance d'une charge,
04:22moins encore d'une preuve que Patrick Brouel aurait commis la moindre infraction.
04:25Oui, mais elle n'existait pas en 2019, c'est pour ça que je vous pose la question.
04:27La mise en examen, c'est l'existence d'indices, c'est-à-dire d'un soupçon qu'il convient
04:31de vérifier.
04:32Et effectivement, sur quatre cas, les juges d'instruction ont considéré que ces indices existaient,
04:36qu'il fallait maintenant procéder à des vérifications.
04:39Vous m'interrogez sur les deux dossiers de 2019 qui avaient été classés sans suite,
04:43eh bien, je suis bien en peine de vous répondre,
04:45puisque entre ces classements sans suite et la décision de mise en examen,
04:49nous, la défense de Patrick Brouel, n'avons identifié aucun élément nouveau
04:54qui permettrait d'expliquer la mise en examen.
04:58Mais encore une fois, qui donne des droits à M. Patrick Brouel,
05:01qui lui donne un accès à la procédure, la possibilité de demander des actes,
05:06notamment des confrontations ou des expertises.
05:09C'est le début, ce n'est pas la fin, c'est le début.
05:11C'est le début, mais il a commencé à se défendre, Patrick Brouel, lors de sa garde à vue.
05:15Comment se défend-il ? On a dit qu'il avait un classeur avec des lettres,
05:19des lettres de témoignages, de moralité ?
05:22Alors, je ne suis pas autorisée à aborder le fond de l'affaire,
05:25donc voilà, je n'ai pas le droit.
05:27Il existe un secret, il y a le secret de l'instruction, le secret de l'enquête,
05:30qui a été créé par le législateur, non pas pour contrarier les journalistes
05:34et vous empêcher de poser des questions et nous d'y apporter des réponses,
05:38mais tout simplement parce que la garantie d'une enquête et d'investigation sérieuse,
05:44efficace et objective, c'est le secret.
05:46Donc si chacun, chacune des partis a une procédure,
05:50qu'ils soient avocats de partie civile, avocats de la défense,
05:53se mettent à venir expliquer ce qu'ils vont dire, ce qu'ils ont apporté comme élément,
05:58eh bien en fait, vous portez atteinte à cette efficacité de l'enquête.
06:02En tout cas, ce que je peux vous dire, c'est que M. Brouel est absolument déterminé à démontrer son
06:08innocence.
06:09Il est mis en examen dans quatre affaires, mais une information judiciaire a été ouverte
06:13dans les quatre autres qui n'ont pas été classés de prescrite.
06:19Ce n'est pas fini, là aussi. L'enquête, elle ne se termine pas.
06:22Non, mais précisément, c'est ce que je vous indiquais à l'instant,
06:25nous sommes au début du processus.
06:28Alors, Patrick Brouel nie toute contrainte, a toujours nié toute contrainte dans l'ensemble de ses affaires.
06:33Est-ce qu'il interroge néanmoins son comportement dans des situations,
06:37comme avec des masseuses ou avec de jeunes fans ?
06:40Je vous pose la question, car des soins psychologiques sont prévus dans son contrôle judiciaire.
06:45Alors, les soins psychologiques, c'est une obligation qui est habituelle en la matière,
06:53dans le cadre des contrôles judiciaires,
06:54comme l'interdiction d'entrer en contact avec les plaignantes, les parties civiles ou leur entourage.
07:00Ils vont aller dans un certain sens, j'imagine.
07:02Ces soins psychologiques, c'est juste pour être sûr d'aller bien ?
07:06Non, c'est juste des soins psychologiques, une fois par mois.
07:09Et on ne sait pas de quel ordre ?
07:10Non, il n'y a pas de précision, parce qu'encore une fois,
07:12ce sont des obligations qui sont tout à fait usuelles en cette matière.
07:16Ce qui est moins habituel, c'est son interdiction de fréquenter les salons de massage.
07:21De fait, deux affaires retenues concernent des jeunes femmes
07:23qui travaillent dans des hôtels et dénoncent son exhibitionnisme
07:26ou ses demandes à caractère sexuel, selon elle.
07:28C'est une contrainte humiliante que vous acceptez ?
07:32Non, je ne crois pas qu'elle soit humiliante.
07:34Là aussi, elle est procéduralement très classique.
07:37C'est une interdiction de se rendre dans certains lieux.
07:40Il se trouve que deux des plaignantes dénoncent des faits
07:43qui auraient été commis dans des salons de massage.
07:46Et donc, de manière assez logique,
07:48les juges d'instruction décident qu'il ne faut plus se rendre dans des salons de massage.
07:52Ça, ça ne vous a pas choqué ?
07:53Cette demande ?
07:54Non, ce qui nous a choqués, c'est la demande de détention provisoire.
07:57Mais celle-là, non ?
07:58Non.
07:59Enfin, nous, on peut se dire, ça veut dire qu'il est incapable d'aller dans un salon de massage.
08:03C'est quand même un truc assez...
08:04Là encore, moi, ce que je retiens,
08:07c'est que M. Patrick Bruel n'a pas été interdit,
08:11ni par les juges d'instruction, ni par le juge de liberté de la détention,
08:13à exercer son métier.
08:15Parce que je rappelle que nous entendons depuis des semaines, pour ne pas dire des mois,
08:19des pétitions visant à lui interdire d'exercer son métier, de faire des concerts.
08:25Eh bien, là-dessus, je constate que les magistrats n'ont pas suivi l'opinion publique.
08:29Donc, je comprends que le contrôle judiciaire vous va.
08:33Il n'interdit pas, vous le disiez, à Patrick Bruel de travailler.
08:36Est-ce qu'il va maintenir sa tournée au mois de septembre, poursuivre ses activités artistiques ?
08:41Je n'en sais rien, mais ce que je sais, c'est qu'il est autorisé à le faire s
08:45'il le souhaite.
08:46Et vous ne savez pas, il ne vous en a pas parlé.
08:48Non, je n'ai pas dit, c'est pas l'information.
08:49Quel est son état d'esprit aujourd'hui ?
08:51Je vous l'ai dit, déterminé à démontrer son innocence.
08:55Il a été soulagé de pouvoir être entendu par les services de police,
08:59puis par les juges d'instruction,
09:01puisqu'il est inaudible.
09:03Depuis le début de cette affaire, il est inaudible.
09:05Personne ne veut l'entendre.
09:06Lorsque M. Patrick Bruel dit qu'il proteste,
09:10qu'il est innocent et qu'il souhaite l'exprimer,
09:13on ne veut pas l'entendre.
09:15Et donc, pour la première fois depuis deux mois,
09:18on a accepté, dans le bon cadre, le cadre judiciaire,
09:21de lui poser des questions.
09:22Il a répondu à toutes les questions,
09:24il a coopéré pleinement à toutes les investigations,
09:26et il continuera à le faire.
09:27Merci beaucoup, M. Fanny Collin,
09:30avocate de Patrick Bruel.
09:32Dans un instant, on retrouve la petite bande d'RTL Soir.
09:35L'info spéciale Coupe du Monde qu'on a failli manquer,
09:37c'est l'histoire d'un gardien qui jouait sa sixième Coupe du Monde.
09:41La tentation culture, c'est David Guetta qui débarque au Stade de France.
09:45Enfin, le petit phénomène va mettre du piment dans vos sauces,
09:47voire dans votre vie.
09:48A tout de suite.
09:53Le matin, le midi, le soir,
09:56c'est RTL.

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