00:00Une victime en particulier souhaite déposer plainte, donc nous allons déposer sa plainte cette semaine.
00:07Vous avez déposé la plainte ?
00:08On va la déposer cette semaine parce que nous attendons les témoignages des personnes qui sont autour d'elle, comme
00:13c'est des faits anciens.
00:15On essaye de déposer une plainte circonstanciée pour que le parquet puisse avoir un certain nombre d'éléments.
00:22Donc on est en train de travailler sur cette plainte.
00:25Cette victime a vécu des faits similaires à ceux d'Ophélie, mais à ceux d'autres victimes aussi.
00:32Mais vraiment, elle s'est complètement retrouvée dans le récit d'Ophélie, tant sur le piège que lui a tendu
00:39M. Bruel, c'est-à-dire qu'il l'invite chez lui.
00:44Comment ça s'est passé ? Où ? À quelle époque ?
00:48Alors, c'est une jeune fille de 19 ans, donc même âge qu'Ophélie au moment des faits, qui rêve
00:54de devenir comédienne, elle, et qui tourne un clip vidéo avec M. Bruel, un clip vidéo d'une chanson de
01:01M. Bruel.
01:03Ça se passe bien, le clip se passe bien, le tournage se passe bien, le tournage se finit.
01:08Et deux jours après, elle est à la fac avec ses camarades et elle reçoit un coup de fil sur
01:14son Nokia, comme elle me dira.
01:15À l'époque, on n'avait pas de smartphone, c'était des Nokia.
01:19Et à sa grande surprise, mais aussi, elle se sent hyper flattée, c'est M. Bruel, en personne, qui l
01:24'appelle, pour lui dire, voilà, ça y est, le clip est terminé.
01:27Est-ce que vous voulez, est-ce que tu veux venir le visionner avec toute l'équipe chez moi ce
01:32soir ?
01:33Voilà, tu es invitée.
01:34Bien entendu qu'elle dit oui, donc elle se prépare.
01:39Elle est hyper enthousiaste.
01:42Elle n'en revient toujours pas que c'est M. Bruel qui l'a appelée en personne.
01:45Voilà, donc elle y va.
01:47Ça se passe où ? Ça se passe à Paris ?
01:49À son domicile parisien, oui.
01:51Et à sa grande surprise, quand elle arrive, il va être seul, avec un peignoir, nu sous son peignoir.
02:00Et elle va être un peu sidérée, elle ne va pas comprendre, elle va réussir à lui dire qu'il
02:05n'y a personne.
02:06Et là, il va lui répondre, non mais non, c'est pour qu'on fasse mieux connaissance.
02:11Il lui demande d'enlever son manteau, elle s'exécute.
02:13Et puis, elle a quand même, comme elle me dit, un élan.
02:17Et je lui dis, non, non, mais en fait, je vais y aller, il n'y a personne, je vais
02:20y aller.
02:20Et voilà, elle se dit, dans sa tête, elle se dit, ce n'est pas possible.
02:26Il est nu sous son peignoir, qu'est-ce que je fais là ? C'est une scène qui est
02:29bizarre.
02:30Il lui dit, ok, ok, mais on va quand même regarder le clip, si tu veux, puisque je l'ai.
02:35Bon, ben, elle me dit, ok.
02:36Elle s'assoit sur le canapé, elle lui dit, non, non, ce n'est pas là, c'est dans la
02:39chambre qu'il y a le clip.
02:42Donc, elle décrit parfaitement la scène dans tous ses détails.
02:45L'appartement, il lui fait même enlever ses jolies bottes qu'elle avait mises toutes neuves parce que sa moquette
02:50est blanche.
02:51Elle monte dans la chambre, elle reste dans la brisure de la porte, elle regarde le clip vidéo.
02:56Elle dit, bon, je vais repartir.
02:58Ben, attends, on le regarde une seconde fois, il faut toujours le regarder une seconde fois.
03:00Tiens, viens t'asseoir.
03:02Lui, il était déjà sur le lit, elle s'assoit sur le bout du lit.
03:06Et là, pendant la vision du second clip vidéo, elle va sentir son souffle dans le dos et puis il
03:15va l'attraper.
03:16Il va monter sur elle, se frotter à elle, lui déchirer son collant, faire une tentative de viol comme elle
03:23le prétend.
03:26Et elle me dit, je ne sais pas comment, j'ai eu un réflexe extrêmement important.
03:32Je l'ai poussé avec mes pieds, il est tombé par terre.
03:34Il est tombé du lit ?
03:35Oui.
03:37J'ai réussi à descendre, récupérer mes bottes, mon manteau, appeler l'ascenseur.
03:40Dans ma tête, je me disais, parce que c'est un ascenseur privé qui s'ouvre directement chez M. Bruel.
03:45Est-ce qu'il y a un code ?
03:47Donc, elle est dans la précipitation, l'angoisse, la peur.
03:51M. Bruel qui descend derrière elle et qui lui dit, oui, c'est ça, casse-toi, connasse.
03:56Et c'est ce casse-toi que j'ai révélé, qui a un peu sidéré Ophélie.
04:02Je ne sais pas si vous vous souvenez quand je raconte ce clip.
04:03En fait, je me souviens parfaitement quand vous dites ce cri en mode,
04:07alors dans ce cas-là, c'est ça, vas-y, casse-toi.
04:10C'est ce que vous aviez raconté ici même, du moment où, lorsque votre autre cliente, Ophélie, lui dit,
04:18mais en fait, je ne suis pas venue pour ça, je ne souhaite pas cela, etc.
04:22Il lui dit, c'est ça, dans ces cas-là, casse-toi.
04:24Et c'est quand je dis ce casse-toi que cette personne, qui est une actrice,
04:28qui souhaite rester anonyme,
04:31elle s'est dit, en fait, c'est sa meilleure amie qui va l'appeler,
04:35qui va lui dire, écoute, il faut que tu écoutes BFM,
04:37il y a une avocate qui vient de faire un récit, c'est le tien.
04:40Parce qu'elle a parlé à très peu de personnes de tous les détails,
04:45sauf à sa meilleure amie et à quelques personnes,
04:47et elle, elle lui dit, c'est ton récit, il faut que tu la contactes.
04:50C'était il y a combien de temps ?
04:52Les faits, il n'y a plus de 20 ans.
04:54Il n'y a plus de 20 ans ?
04:55Oui.
Commentaires