00:00Aujourd'hui, quand en France, vous êtes une organisation comme Médecins du Monde
00:02et que vous aidez les migrants à survivre et à pouvoir accéder aux soins,
00:07on vous renvoie le fait que vous êtes des complices de passeurs
00:09et que potentiellement vous êtes des criminels.
00:17C'est une organisation médicale, une organisation non gouvernementale, humanitaire,
00:23qui intervient dans une trentaine de pays, mais aussi en France.
00:27On est une organisation avec des bénévoles, avec des salariés,
00:31c'est environ près de 4 000 personnes qui travaillent pour faciliter l'accès aux droits et aux soins
00:38des populations en situation difficile.
00:40On s'appuie sur les principes des organisations non gouvernementales
00:44que sont l'impartialité, l'indépendance, le désintéressement.
00:48Et nous, nous ne sommes ni de droite, ni de gauche, ni en même temps.
00:51On est engagés dans la lutte contre les inégalités sanitaires, sociales, environnementales.
00:56Évidemment, on est à la fois dans l'action, avec une facilitation de l'accès aux soins notamment,
01:04mais aussi nous sommes dans le plaidoyer, c'est-à-dire que sur la base de notre expertise de terrain,
01:10on va solliciter les politiques publiques pour du changement.
01:16Nous travaillons notamment dans des zones de conflit,
01:19nous travaillons sur des territoires où l'accès aux soins est rendu difficile
01:23pour différents types de personnes.
01:26On travaille sur le droit en santé sexuelle et reproductif notamment,
01:30sur les questions de santé environnementale, sur les enjeux migratoires,
01:34sur la question de l'accès aux soins universel,
01:37et sur aussi la réduction des risques,
01:40notamment pour les usagers de drogue,
01:43mais aussi pour les travailleurs et travailleuses du sexe.
01:48Différents profils, la plupart sont des médecins généralistes.
01:52Ça peut être des infectiologues, ça peut être aussi des psychiatres,
01:56parce qu'il y a un volet santé mental qui est important,
01:58des gynécologues obstétriciens aussi,
02:00qui viennent compléter la panoplie des sages-femmes,
02:04des IDE et autres corps de soignants.
02:07Dans certains contextes, on travaille aussi,
02:08il peut y avoir des pédiatres,
02:10pour tout ce qui relève des séquences de vaccination,
02:13de prise en charge d'enfants concernés par la malnutrition.
02:20La médecine, pour moi, ça a été un passeport d'engagement,
02:22ça m'a permis de pouvoir aller rencontrer d'autres cultures,
02:26visiter certains pays en ayant dans le même temps
02:29une pratique qui puisse me rendre utile.
02:32Et je voulais aussi m'engager, dès le départ,
02:35dans des organisations comme Médecins du Monde
02:36ou Médecins sans frontières,
02:38parce que ce sont des organisations qui, à la fois,
02:41ont des moyens de faire la médecine de qualité,
02:43et puis, pour moi, c'était le moyen dans ces organisations,
02:46comme je vous l'évoquais, de faire du plaidoyer,
02:48d'être engagé, sans être forcément
02:50ni dans un cadre de partis politiques,
02:53ni dans un cadre de syndicats.
02:57Quand on fait de l'action humanitaire,
02:59aujourd'hui, on doit être modeste
03:02sur la capacité de pouvoir répondre à des besoins
03:05qui sont importants à l'échelle de la planète.
03:07On voit bien qu'il y a un empilement de conflits.
03:10Il y a des crises politiques, sociales et économiques
03:13qui sont majeures aussi.
03:15Et puis, ces tensions sont accentuées
03:17par le péril environnemental.
03:18En tant que président de Médecins du Monde,
03:20aujourd'hui, je porte la voix de notre association
03:22qui a focalisé ses combats sur plusieurs niveaux.
03:25Continuer à entretenir cet espace humanitaire
03:28où notre organisation, qui est indépendante,
03:30souhaite le rester,
03:31alors même qu'il y a des pressions
03:33excessivement fortes sur la solidarité internationale,
03:37notamment, y compris sur la solidarité en France,
03:39et qui se traduit par des baisses de financements majeures,
03:42mais qui se traduit aussi par des attaques
03:44en règle politique sur nos organisations.
03:46Aujourd'hui, quand en France,
03:48vous êtes une organisation comme Médecins du Monde
03:49et que vous aidez les migrants à survivre
03:52et à pouvoir accéder aux soins,
03:54on vous renvoie le fait que vous êtes des complices de passeurs
03:56et que, potentiellement, vous êtes des criminels.
03:58Donc, on est dans un contexte où il faut défendre
04:01l'indépendance de nos organisations.
04:03Et puis, c'est faire respecter le droit international humanitaire
04:06à l'international,
04:08lutter contre l'impunité aujourd'hui
04:10où il y a des centaines de soignants
04:12qui sont tués chaque année,
04:14y compris des humanitaires,
04:15sur de nombreux conflits dans le monde.
04:17Et puis, en France, c'est accentuer, je dirais,
04:21le combat dans la lutte contre les inégalités.
04:26Moi, mon mantra, c'est décomplexer la solidarité.
04:29Tout le monde doit avoir accès aux droits et aux soins.
04:31C'est bon pour les enjeux de santé publique
04:33et c'est bon pour faire société entre nous.
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