- il y a 12 heures
Invité sur France Inter ce jeudi, Jean-Yves Le Drian, représentant personnel du président de la République au Liban, alerte sur la situation au Liban, alors qu'Israël a intensifié ses frappes sur le sud du pays ces derniers jours. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-jeudi-11-juin-2026-5512954
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00:01France Inter, Benjamin Duhamel, Florence Paracuelos, la grande matinale.
00:06Et dans le grand entretien ce matin, nous recevons un ancien ministre de la Défense,
00:11des affaires étrangères aujourd'hui, représentant personnel du président de la République au Liban.
00:16Vos questions et réactions, chers auditeurs au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France.
00:23Bonjour Jean-Yves Le Drian.
00:24Bonjour.
00:25Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter.
00:27Vous êtes de retour du Liban, où la guerre ne s'est pas arrêtée.
00:31Israël n'y entend pas se faire dicter sa conduite.
00:33C'est devenu un point de friction entre Benjamin Netanyahou et Donald Trump.
00:36On va en parler, un point de blocage aussi dans les négociations entre l'Iran et les Etats-Unis.
00:41Mais d'abord, Jean-Yves Le Drian en assiste à une reprise des hostilités,
00:45avec de nouveaux bombardements américains sur l'Iran et des répliques iraniennes cette nuit
00:49contre des bases militaires dans le golfe Persique et jusqu'en Jordanie.
00:53Comment comprendre ce qui est en train de se passer
00:56alors que Donald Trump ne cesse de répéter qu'un accord est à portée de main avec l'Iran ?
01:01Sur cette reprise des actions militaires et sur cette reprise de l'escalade de cette nuit,
01:11je pense qu'il y a plusieurs observations que l'on peut faire.
01:13D'abord, très clairement, la question d'Hormuz est devenue centrale pour les Etats-Unis.
01:19Alors que dans la déclaration de guerre du 28 février dernier, ce n'était pas le sujet.
01:24Ce qui témoigne d'abord d'une...
01:26Ormuz.
01:27Si, il y avait le sujet...
01:28Il n'y avait pas de sujet Ormuz.
01:28Le nucléaire, il y avait le sujet du changement de régime potentiel,
01:33il y avait le sujet de l'agression potentielle de l'Iran à l'égard d'Israël.
01:38Si, il y avait ces sujets-là.
01:39Mais il n'y avait pas la question d'Hormuz.
01:40Puisqu'il était ouvert.
01:40La question d'Hormuz est arrivée après.
01:42Et ça montre d'ailleurs une forme d'impréparation et d'improvisation stratégique de la part des Etats-Unis.
01:48Mais, ce qui s'est passé cette nuit, c'est le fait que les frappes américaines ont toutes été orientées
01:53vers le système de défense aérienne, vers les radars, à proximité du Détroit.
01:58Ce qui montre que le sujet d'Hormuz est devenu le sujet central, alors qu'il ne l'était pas
02:03au départ.
02:03Les autres sujets sont seconds par rapport aux objectifs de Trump.
02:07Ça, c'est la première observation.
02:08Et puis, deuxièmement, manifestement, Donald Trump a voulu échapper au calendrier que lui impose l'Iran.
02:17Ne pas accepter ce calendrier-là et avoir un peu près de liberté d'essayer de reprendre la main sur
02:22l'agenda.
02:24D'autant plus que lui envisageait qu'il aurait pu avoir un accord là prochainement.
02:31Parce qu'il y avait la Coupe du Monde, parce qu'il y avait aussi l'anniversaire des Etats-Unis,
02:36le 250e anniversaire.
02:37Pour comprendre, vous dites que Donald Trump n'a pas voulu se faire imposer un calendrier.
02:39C'est-à-dire qu'il n'a pas voulu se faire imposer le fait que les Iraniens fassent traîner
02:42en durée, en longueur, les discussions.
02:46Parce qu'en réalité, les deux sont pressés de conclure.
02:50Pour différentes raisons.
02:51Trump est pressé de conclure parce que ses sondages, on vient de le voir, sont en baisse.
02:55Parce que l'opinion n'est pas favorable à la guerre.
02:58Parce qu'il y a l'inflation.
02:59Parce qu'il y a l'augmentation du prix de l'essence.
03:01Parce qu'il y a les événements qui vont venir.
03:02Parce qu'il va y avoir le G7.
03:04Parce qu'il va y avoir aussi le sommet de l'OTAN à Ankara dans peu de temps.
03:07Tout ça, c'est lourd.
03:08Donc, il voudrait conclure avant.
03:11Mais les Iraniens le savent.
03:12Et donc, les Iraniens font traîner.
03:14Mais d'un autre côté, les Iraniens veulent aussi conclure.
03:16Parce qu'il y a les contraintes sur la population.
03:18Parce qu'il y a des problèmes de stockage de pétrole.
03:21Parce que la situation économique et sociale du pays est en situation difficile.
03:26Donc, ils veulent aussi essayer de conclure.
03:27Mais personne n'ose dire, ne veut dire que c'est lui le plus précis.
03:31Donc, on est dans une espèce de bluff.
03:32De poker menteur.
03:34Qui dira le premier qu'il faut arrêter ?
03:35Et pendant cela, les négociations continuent.
03:37Donc, ça veut dire que de part et d'autre, on se dit que négocier sous les bombes,
03:40finalement, ce sera plus efficace que négocier pendant un certain temps.
03:43Les négociations continuent.
03:44Parce qu'on sait comment fonctionne le président Trump.
03:47Il y a à la fois des ultimatums répétés, de menaces répétées violentes.
03:52En même temps, des frappes lourdes à un moment inattendu.
03:55Et puis, parallèlement, des négociations qui continuent.
03:57Tout ça se passe en même temps.
03:58Et là, je pense que ce qui s'est passé cette nuit est une escalade maîtrisée des deux côtés.
04:04Et je pense que nous allons reprendre un cycle de négociations pour aboutir à un résultat.
04:08Il a voulu reprendre la main et se donner les moyens d'une négociation plus favorable à son égard.
04:13Jean-Yves Le Drian, la chaîne d'information en continu américaine CNN a fait un décompte.
04:17Pas moins de 38 fois, Donald Trump a dit que la fin de la guerre était une question de jour.
04:23Il y a un sujet de crédibilité pour Donald Trump.
04:27Vous qui le connaissez, vous qui avez négocié avec lui quand vous étiez ministre de la Défense des Affaires étrangères.
04:33Pour celui qui se présente comme l'homme fort de la scène internationale, se faire traiter de cette manière-là
04:40par les autorités iraniennes.
04:41Ah oui, la résilience iranienne est très forte, l'habileté tactique iranienne est très forte.
04:46Et le président Trump s'est créé lui-même ses propres impatiences.
04:50À force de dire que l'accord va avoir lieu et qu'il n'a pas lieu, c'est lui
04:55-même qui se condamne à reprendre la main comme il l'a fait cette nuit pour accélérer le processus.
05:00Mais la négociation va se poursuivre.
05:01Et on connaît les éléments de la négociation.
05:03Il faut négocier sur la liberté de navigation dans le Détroit.
05:06Ça, c'est le point le plus important parce que c'est ce qui engage la crise économique mondiale que
05:11nous traversons.
05:12Il y a la question du nucléaire qui n'est pas réglée.
05:15Il y a la question des avoirs financiers qui sont gelés, auxquels les Iraniens sont très attachés.
05:21Et puis, on en parlera tout à l'heure, il y a aussi la question du Liban, inévitablement.
05:24Tout ça fait partie de la discussion.
05:26Et surtout, la question est de savoir quand on va arrêter, quand on va négocier,
05:31qu'est-ce qui sera possible de faire pendant les 60 jours de négociation.
05:34Et mon expérience me fait dire que tout ça va être long.
05:37Alors justement, c'est la question que je voulais vous poser.
05:39Est-ce que vous avez cru un instant, vous, qui connaissez si bien les négociations avec l'Iran,
05:43que ça pourrait être aussi rapide ?
05:45On a l'impression, en fait, que l'administration Trump n'a pas de bagage historique,
05:51de background, ne sait pas comment fonctionne le régime iranien.
05:56L'Iran a fait preuve d'une grande résilience que les Américains avaient sous-estimée,
06:01peut-être d'autres d'ailleurs.
06:02Et aujourd'hui, ils sont un peu la maîtrise du calendrier et de l'agenda.
06:05C'est ce que veut rompre Trump par l'escalade qui a été engagée cette nuit.
06:10Mais ce n'est pas sûr que ça aboutisse.
06:11Donc, il faut qu'on reprend les négociations.
06:13Les acteurs de la négociation sont là.
06:15Le Pakistan, le Qatar, l'Arabie Saoudite.
06:19Bref, tout le monde y va parce que c'est l'intérêt global de l'ensemble des acteurs.
06:23Mais reste à savoir comment on va sortir de cette impasse.
06:28qui est le maître du jeu.
06:29Et vous êtes bien placé pour savoir que ça peut prendre des mois.
06:32La négociation sur le nucléaire, à mon avis, quand elle va s'ouvrir,
06:35elle n'est pas achevée là.
06:37Même dans la négociation qui a lieu aujourd'hui,
06:39il est dit, on va négocier sur le nucléaire.
06:41Cette période-là va prendre du temps.
06:42Mais ça veut dire, Jean-Yves Le Drian, que si on essaye de se projeter
06:44dans les semaines et les mois à venir,
06:46est-ce qu'au fond, un conflit de basse intensité
06:49qui continuerait pendant des mois,
06:50avec un détroit d'Hormuz qui ne serait pas débloqué,
06:53est-ce que ça, c'est une hypothèse assez plausible ?
06:55Je pense que la priorité du président Trump,
06:59c'est la liberté de navigation dans Hormuz.
07:01Et ça, il va mettre le paquet là-dessus.
07:02Et c'est la raison pour laquelle, cette nuit,
07:04ils ont frappé essentiellement sur les sites militaires iraniens
07:07qui protègent le détroit d'Hormuz.
07:09Alors, l'autre point de fixation de la région,
07:13c'est le Liban d'où vous revenez.
07:15La guerre continue entre le Hezbollah et Israël.
07:17Il y a encore 12 morts dans la région de Tire
07:19après des frappes israéliennes.
07:20Ce conflit-là ne s'est pas arrêté.
07:23Il s'installe dans le temps.
07:26Le Liban est devenu l'otage de cette guerre qu'il dépasse ?
07:30Oui, c'est la victime directe de ce conflit.
07:32Victime directe d'un conflit qui n'est pas le sien.
07:35Et le Liban est aujourd'hui dans une situation de péril vital.
07:41parce que ce pays est menacé dans son unité,
07:46il est menacé dans son intégrité et il est menacé dans sa souveraineté.
07:51Il est menacé dans son unité parce que le fait qu'il y ait beaucoup de réfugiés déplacés
07:57entraîne des tensions entre les différentes communautés,
08:00alors qu'auparavant, c'était un peu le modèle de coexistence des différentes communautés.
08:04Aujourd'hui, ce n'est plus le cas.
08:04Il y a des tensions qui peuvent arriver, amener un jour des violences,
08:08en tout cas beaucoup d'incompréhension.
08:09Ça, c'est le risque de l'unité.
08:11Il y a le risque de l'intégrité territoriale
08:15puisque aujourd'hui, le Liban est occupé en partie par Israël dans le sud-Liban.
08:19Donc, il n'est plus maître chez lui.
08:20Il n'a plus la maîtrise de son territoire.
08:23Et puis, sur la souveraineté,
08:26parce que le fait que l'État n'ait pas le monopole des armes,
08:30que le Hezbollah rechigne,
08:33évidemment, il ne s'oppose à rendre les armes
08:35et à faire en sorte qu'il soit démantelé.
08:39Plus le fait qu'il y a une crise économique interne
08:41qui n'est pas encore réglée
08:42parce qu'il y a une crise bancaire qui n'est pas aboutie.
08:45Tout ça fait qu'il y a une question aussi de souveraineté.
08:47Et c'est très inquiétant pour la suite.
08:49Alors que nous avons au Liban
08:51un gouvernement, un président de la République,
08:54courageux,
08:54qui essaye de rétablir l'État dans ses fonctions.
08:58Et courageux, Jean-Yves Le Drian,
08:59mais qui négocie en direct avec Israël,
09:01qui est une donnée nouvelle.
09:03Mais pour autant, quand on voit
09:05le comportement, la stratégie du Premier ministre israélien
09:07qui veut continuer l'opération
09:09malgré ce que lui demande le président américain
09:11jusqu'à l'éradication du Hezbollah,
09:14on a du mal à voir comment
09:15la situation que vous décrivez là pourrait s'arrêter.
09:18Le président Aoun a eu le courage
09:20de dire et de faire en sorte
09:21que ça puisse se mettre en œuvre,
09:23il faut négocier directement avec Israël.
09:25C'est un acte fort.
09:27Mais avec quel résultat, Jean-Yves Le Drian ?
09:28Avec le fait qu'il y a eu la semaine dernière,
09:31ce qu'on appelle pour l'instant la déclaration de Washington,
09:34qui pose les principes d'une négociation
09:38permettant de retrouver
09:39un minimum de sérénité et de paix sur le pays,
09:43avec en particulier le fait
09:45qu'il y ait une discussion par zone
09:47pour faire en sorte que dans les zones identifiées,
09:50Israël se retire,
09:52le Hezbollah retire ses armes,
09:54et les forces armées libanaises s'installent
09:56en accompagnant les populations qui ont été déplacées
09:58qui peuvent revenir.
09:59Cette méthode-là,
10:00cette trajectoire qui a été proposée,
10:02à mon avis, est la bonne trajectoire.
10:03Mais ça, c'est crédible, Jean-Yves Le Drian ?
10:05Le Hezbollah peut renoncer aux armes
10:07dans certaines parties du territoire ?
10:08C'est crédible,
10:09à condition qu'il y ait un cessez-le-feu préalable.
10:12Je pense que les discussions
10:13qui vont reprendre dans quelques jours
10:15à Washington
10:15doivent porter sur ce point.
10:17Un cessez-le-feu préalable
10:19permettant à la stratégie
10:21de désengagement par zone
10:23et de retour des populations
10:24sur les zones libérées
10:26permettent d'aboutir
10:27à une situation meilleure
10:29et à un rétablissement de l'État.
10:30Le sujet au Liban,
10:31c'est le fait que le Liban
10:32est un État autonome
10:33et qui doit affirmer son existence
10:35et son intégrité.
10:36Sur les comparatifs,
10:38certains commencent à dire
10:39que la situation ressemble
10:40à ce qu'on a vu à la fin des années 90,
10:42qui a abouti au désengagement d'Israël
10:43en 2000,
10:44c'est-à-dire une forme d'enlisement.
10:46Certains disent que c'est un nouveau
10:47bourbier libanais pour Israël.
10:49Est-ce que vous trouvez
10:49que cette comparaison est pertinente ?
10:51Ce n'était pas la même situation
10:53et en plus,
10:54si les Israéliens veulent réfléchir
10:56à cette période
10:57de la relation avec le Liban,
11:00ils peuvent aussi constater
11:02qu'ils n'ont pas réussi
11:03au cours de cette période
11:03à désarmer le Hezbollah.
11:05Donc, il ne faut pas faire
11:06cette comparaison-là.
11:07Il y a en plus une volonté
11:09de l'État libanais
11:10de retrouver son intégrité territoriale.
11:12Moi, je suis relativement optimiste
11:14si d'aventure les critères
11:15que je viens d'évoquer
11:16sont repris dans la négociation
11:18qui aura lieu
11:18dans quelques jours à Washington.
11:21ça passe d'abord par le cessez-le-feu
11:23puis par des retraits
11:25concomitants par zone.
11:27Et ça passe par l'Iran
11:28puisque le Hezbollah
11:29c'est un des bras armés iraniens.
11:31Ou de plus en plus, clairement,
11:33le Hezbollah, c'est l'Iran au Liban.
11:36Et le Hezbollah qui se présentait
11:39comme un protecteur
11:41des populations libanaises
11:42aujourd'hui est en fait
11:44le bras armé de l'Iran au Liban.
11:47Il n'est pas libanais.
11:48Et le président Aoun
11:49à plusieurs reprises
11:50a mis le doigt sur cette contradiction
11:53du Hezbollah
11:54qui se prétend protéger les Libanais
11:56alors qu'en fait,
11:57il sert les intérêts de l'Iran.
11:58Et cette négociation-là
12:00qui a lieu directement avec Israël
12:02à mon avis peut permettre
12:04une solution positive.
12:05C'est aussi l'intérêt d'Israël
12:06d'avoir à terme
12:08la sécurité des frontières
12:09et la non-agression avec le Liban.
12:11Ça passe par effectivement
12:13le conflit entre l'Iran et les Etats-Unis.
12:14Ça passe aussi par un alignement
12:16entre le Premier ministre israélien
12:18et Donald Trump
12:18que l'on ne voit pas aujourd'hui
12:20puisque Donald Trump accuse
12:21le Premier ministre israélien
12:22d'avoir, au fond,
12:24d'empêcher par son action
12:25la conclusion d'un accord.
12:27Comment est-ce que vous analysez
12:28vous qui, là encore,
12:29connaissez les deux hommes
12:30Donald Trump,
12:31Benjamin Netanyahou
12:31ce désalignement assez inédit
12:34entre les deux dirigeants ?
12:36Il est relativement récent néanmoins
12:38mais le non-alignement
12:40intervient surtout
12:41concernant la question libanaise.
12:43Je suis intimement convaincu
12:45que les autorités américaines
12:48veulent trouver une sortie
12:49et que l'intérêt israélien immédiat,
12:51l'intérêt de Netanyahou immédiatement
12:53n'est pas la conclusion d'un accord
12:56parce qu'il veut relier
12:59la situation
12:59à la situation iranienne
13:02ce qui n'est dans l'intérêt
13:03ni du Liban
13:04ni de l'ensemble de tous les acteurs.
13:06Et qu'il n'écoute pas
13:06à ce point
13:07Donald Trump,
13:07Benjamin Netanyahou ?
13:09Il vit d'abord
13:10sur ses propres intérêts
13:11et sur les échéances électorales
13:12qu'il a devant lui.
13:13Et il ne se rend pas compte
13:14que le côté disproportionné
13:16de la réaction israélienne
13:17sur le Liban
13:18joue en fait
13:19en faveur du Hezbollah.
13:20Parce que le Hezbollah
13:21qui était contesté
13:22lorsqu'il a attaqué Israël
13:25au départ
13:25le 2 mars dernier
13:27en réaction
13:28à l'élimination
13:29de l'ayatollah
13:30du guide suprême
13:32le Hezbollah
13:33a été contesté
13:34de l'intérieur
13:35par les Libanais
13:36mais aujourd'hui
13:37la violence
13:38de la réaction israélienne
13:40les frappes indiscriminées
13:42le fait que les civils
13:43soient victimes
13:43le fait qu'il y ait
13:44un million de réfugiés
13:45partout
13:46le fait que le Liban
13:47soit un peu sacrifié
13:49de cette manière
13:49fait que ça renforce
13:51le poids du Hezbollah
13:52ça le justifie.
13:53Il écoute qui Benjamin Netanyahou
13:54aujourd'hui ?
13:54Ça je ne veux pas
13:55vous lui demander
13:56mais il a d'Israël
13:58une vision à court terme
14:00qui l'amène aux élections
14:02mais qui ne règle pas
14:03les problèmes de frontières.
14:03Et quand Trump
14:04le traite de cinglé
14:05lui dit
14:06Bibi tu vas te retrouver
14:06tout seul
14:08comment vous analysez ça
14:09entre ces deux
14:10meilleurs alliés
14:11des mots aussi durs
14:13que Trump lui-même
14:14laisse fuiter
14:14c'est-à-dire qu'il appelle
14:15les journalistes
14:16pour leur dire
14:16voilà ce que j'ai dit
14:17à Netanyahou.
14:17Il a parfois des instants
14:18lucidités Trump
14:19et il constate
14:20les choses
14:21et il constate
14:22l'impasse dans lequel
14:23cette situation
14:25perdure
14:26au Liban
14:27aujourd'hui.
14:27Donc il faut faire en sorte
14:29que l'Etat libanais
14:30retrouve sa légitimité
14:32et que les efforts
14:33menés par
14:34le président du Liban
14:35et son gouvernement
14:36Nawaf Salam
14:36puissent aboutir
14:38avec le soutien
14:39de la majorité
14:40du peuple libanais
14:41qui sont
14:42aujourd'hui
14:43dans la détresse
14:44et le désarroi
14:45par rapport à la situation.
14:46Mais au fond
14:46est-ce que toute cette situation
14:47du Moyen-Orient
14:48n'est pas un immense
14:50aveu de faiblesse
14:52et d'échec
14:52de Donald Trump
14:55pour l'instant ?
14:56Je pense que
14:57l'action
15:00sur l'Iran
15:03intitulée
15:03la paix par la force
15:04est un échec.
15:06Je pense que la paix
15:07par la force
15:07ça ne marche pas
15:08et qu'on ne règle pas
15:09la crise iranienne
15:10par la force.
15:12Inévitablement
15:13il faut négocier.
15:14C'est ce que fait
15:14y compris sur la question
15:15nucléaire.
15:16On avait abordé
15:17la question nucléaire
15:19autrement
15:19je pense qu'on aurait pu
15:20avancer davantage.
15:21Donc c'est un avenir puissance.
15:22Tout ça pour ça.
15:23Ça ne fonctionne.
15:24Tout ça pour l'instant
15:26on n'est pas aux conclusions.
15:27Jean-Yves De Drian
15:28le détroit d'Ormouz
15:29était ouvert
15:29il ne l'est plus.
15:31Sur le nucléaire iranien
15:32on revient à des discussions
15:33qui ressemblent
15:34à celles que vous avez connues
15:35c'est-à-dire
15:35l'accord de Vienne.
15:36Vous avez un Premier ministre
15:37israélien
15:37qui n'écoute plus
15:38le président des Etats-Unis
15:39c'est pas tout à fait
15:40reluisant
15:41comme bilan.
15:42Non le bilan
15:42la paix par la force
15:43ne marche pas.
15:44C'est ce que je dis
15:45à plusieurs reprises
15:46c'est le slogan
15:47et de Netanyahou
15:48et de Trump
15:48c'est leur point commun
15:49et bien ça ne marche pas.
15:50Et en même temps
15:51la négociation
15:51Jean-Yves Le Drian
15:52que vous incarnez
15:53comme représentant personnel
15:54du président de la République
15:55au Liban
15:56on ne peut pas dire
15:56que ça fonctionne non plus.
15:57Je trouve qu'à Washington
15:58il y a eu un progrès.
16:00Le seul fait
16:00qu'il y ait une relation directe
16:02entre les autorités libanaises
16:03et les autorités israéliennes
16:04c'est un progrès.
16:06Le seul fait
16:06qu'on avance
16:07sur une trajectoire potentielle
16:08du règlement du conflit
16:09c'est un progrès
16:10et il faut appuyer
16:11en ce sens.
16:11Jean-Yves Le Drian
16:12pour terminer
16:13il faut qu'on parle aussi
16:13de ce qui se passe
16:15en Ukraine
16:15en mai
16:16au mois de mai
16:17Kiev a repris du terrain
16:18à la Russie
16:18pour le deuxième mois consécutif.
16:21Est-ce qu'on est en train
16:21d'assister selon vous
16:23à une évolution
16:24du rapport de force
16:25cette fois
16:26en faveur de l'Ukraine ?
16:28Je pense que
16:29quand on revient
16:30quatre ans en arrière
16:32qui aurait dit
16:33il y a quatre ans
16:34qu'un jour
16:35l'Ukraine
16:37aurait envoyé
16:37des drones
16:38sur Saint-Pétersbourg
16:39pour perturber
16:40le forum économique
16:41à vocation mondiale
16:43qu'organisait Poutine
16:45il y a quelques jours.
16:46Qui aurait dit
16:47il y a quatre ans
16:48que l'Ukraine
16:51serait appelée
16:51comme expert
16:52en armement
16:53pour démontrer
16:55aux Émirats arabes unis
16:56aux pays du Golfe
16:57aux Etats-Unis même
16:58comment on peut
16:59opérer
17:01des drones
17:01anti-drones
17:02et pour faire preuve
17:03de leur technologie
17:04et de leur savoir-faire
17:05qui aurait dit cela ?
17:07La réalité c'est que
17:07la Russie piétine
17:09et que l'Ukraine
17:12a non seulement
17:12une forme de résilience
17:14mais une capacité
17:15d'action
17:16et de courage
17:17qui est tout à fait exemplaire.
17:18Au point de gagner la guerre ?
17:19Peut-être pas gagner la guerre
17:21mais mettre
17:21en situation
17:23le fait
17:23qu'il y ait une négociation
17:24qui peut avoir lieu maintenant.
17:26Poutine
17:26n'en veut pas
17:28depuis quatre ans
17:29il est toujours
17:29sur les mêmes principes
17:30c'est ce qu'il appelle
17:32les principes fondamentaux
17:33les raisons fondamentales
17:34les raisons majeures
17:35de la guerre
17:36qui sont
17:38la nécessité
17:39de démilitariser l'Ukraine
17:40de changer de gouvernement
17:42ce qu'il appelle
17:42la dénazification
17:43du régime
17:43la dénazification
17:44qui sont l'annexion
17:46et qui sont
17:46la non-intégration
17:47de l'Ukraine à l'OTAN
17:48les principes n'ont pas changé
17:50c'est les principes
17:51de Poutine
17:51depuis fin 2021
17:52il ne bouge pas
17:53il n'a toujours pas bougé
17:54mais aujourd'hui
17:55c'est la Russie qui pétine
17:56la Russie n'avance pas
17:57la grande armée russe
17:59est bloquée.
17:59Et d'aucun dit
18:00qu'il a besoin de la guerre
18:01Vladimir Poutine
18:02pour se maintenir au pouvoir
18:04qu'est-ce que vous en pensez
18:05vous de cette analyse ?
18:06Est-ce qu'à un moment donné
18:07effectivement
18:07il ne va pas falloir
18:08que ça s'arrête ?
18:09Est-ce que ça ne va pas
18:10devenir trop périlleux
18:11du point de vue intérieur ?
18:12Je pense qu'à un moment donné
18:13il faut dire qu'il y a
18:13le cessez-le-feu
18:14et qu'on se mette
18:15à la table des négociations
18:15c'est ce qu'a proposé
18:16le président Zelensky
18:17il est dans sa situation
18:18d'ouverture
18:19alors que Poutine
18:21dans la situation
18:21de blocage et de déni
18:22Poutine n'a pas intérêt
18:23à un quelconque aveu
18:25de faiblesse
18:26d'échec
18:27Il faut trouver
18:27la porte de sortie
18:28pour la plus grande
18:31sérénité des Ukrainiens
18:32et pour que les Ukrainiens
18:33retrouvent la paix
18:35et confiance en eux-mêmes
18:36Pour terminer
18:37Jean-Yves Le Drian
18:38quelques questions politiques
18:39puisque
18:40vous êtes quelqu'un
18:42qui a compté à gauche
18:43au sein
18:44de l'écosystème macroniste
18:46depuis l'élection
18:46du président de la République
18:47en 2017
18:49d'abord sur
18:49la situation à gauche
18:51il s'avère qu'on a reçu
18:52cette semaine un maire
18:53de Saint-Ouen
18:54Karim Bouamran
18:54qui s'est déclaré
18:55candidat à l'élection
18:56présidentielle
18:57Il faudra bientôt
18:57plus des deux mains
18:58pour compter
18:59tous ceux qui se préparent
19:01à être sur la ligne
19:02de départ
19:03pour 2027
19:04dans cet espace
19:05qu'on appelle
19:05la gauche non-mélenchoniste
19:08Vous l'homme de gauche
19:09le social-démocrate
19:10est-ce que ça vous amuse
19:12est-ce que ça vous inquiète
19:13est-ce que ça vous désole
19:14Ça me désole surtout
19:16et je pense
19:17que la raison
19:18va l'emporter
19:19J'espère que
19:20dans les semaines
19:21qui viennent
19:22les acteurs
19:22de cette
19:24gauche sociale-démocrate
19:25vont avoir
19:26suffisamment
19:27de lucidité
19:28pour se mettre
19:28d'accord
19:28sur une seule
19:29candidature
19:30C'est incontournable
19:31S'ils ne se mettent
19:33pas d'accord
19:33sur une seule
19:34candidature
19:35alors ça fera
19:35non seulement
19:36le lit
19:36de Jean-Luc Mélenchon
19:38mais aussi
19:38le lit
19:39de Mme Le Pen
19:39ou de
19:41Bardella
19:41au deuxième tour
19:42C'est qui
19:42cette candidature unique ?
19:44C'est votre ami
19:44François Hollande ?
19:45Il faut que la discussion
19:47ait lieu
19:47Je ne vais pas faire
19:48des pronostics avant
19:49mais c'est indispensable
19:50pour l'image
19:51C'est pas un pronostic
19:52pour le coup
19:53vous êtes proche
19:54de François Hollande
19:54François Hollande
19:55qui lui-même
19:56l'assume
19:56il se prépare
19:57il dit que son moment
19:58s'il devait y avoir
19:59une candidature
19:59ce serait plutôt
20:00à l'automne
20:02Est-ce que
20:02et on vient de parler
20:03pendant ces 20 minutes
20:04de la situation internationale
20:06particulièrement instable
20:07de tous les enjeux
20:08est-ce qu'au fond
20:09se dire quelqu'un
20:09qui a exercé
20:10les fonctions de président
20:11de la République
20:11pendant 5 ans
20:12ce ne serait pas idiot
20:12de se dire
20:13qu'il pourrait de nouveau
20:14les exercer ?
20:16Moi je n'ai pas à vous dire
20:17aujourd'hui
20:18qui je vais soutenir
20:19et comment je vais le soutenir
20:20je pense qu'il faut
20:21que les acteurs
20:21de la social-démocratie
20:23se mettent d'accord
20:24sur une seule candidature
20:25voilà
20:25Et François Hollande
20:26ça pourrait faire un bon regard
20:27Ça peut être un des candidats
20:28d'autres peuvent l'être
20:30Bernard Caseneuve peut l'être
20:32M. Glucksmann peut l'être
20:33d'autres peuvent l'être
20:33mais il faut qu'il n'y ait
20:34qu'une seule candidature
20:35et que la pression
20:36de l'opinion
20:37soit suffisamment forte
20:38pour qu'une seule candidature
20:39se dégage
20:39Donc la pression de l'opinion
20:40mais pas une primaire
20:41Pas une primaire
20:46à l'instant
20:46ce qu'il fallait éviter
20:48lui dit
20:49et il l'a dit
20:50dans son meeting
20:50à Saint-Denis
20:51dimanche dernier
20:52maintenant la primaire
20:52c'est fini
20:53de toute façon
20:53il faut m'aider
20:54parce que je suis
20:55le mieux placé
20:55pour pouvoir accéder
20:56au second tour
20:57C'est le mieux placé
20:58pour faire aboutir
20:59Jordan Bardella
21:00ou Mme Le Pen
21:03Bon
21:04Eh bien écoutez
21:04merci
21:05on conclut là-dessus
21:08Réponse claire
21:09Pour une fois
21:09Très claire
21:10Sans prendre de gants
21:11Et très nette
21:12Merci Jean-Yves Le Drian
21:13d'avoir été au micro
21:14de France Inter
21:14ce matin
21:15la revue de presse
21:16à suivre
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