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00:00:00Voiture 7, place 15, histoire écrite pour la télévision par Claude Aveline d'après son roman, mise en scène André
00:00:19Leroux, avec Robert Wattier, qui sera Monsieur Gérardin.
00:00:33Et Dora Dolle, la belle Ariane, Ariane de Sestriot.
00:00:47Georges Lannes, qui sera Monsieur Mortimer, directeur général de l'Hôtel du Premier Empire.
00:00:58Georges Degrière, sociétaire de la comédie française.
00:01:03Monsieur Benoît, chef de la réception du même hôtel.
00:01:10Et Tonya Miller, Mademoiselle Fabre, sa collaboratrice.
00:01:19Pierre Montcorbier, qui sera Monsieur Joannou, le chef comptable.
00:01:30Et Louis Arbessier, qui sera le docteur Monnier.
00:01:39Jacques Varenne et Philippe Mareuil, Messieurs Fontaine, père et fils, joailliers Rue de la Paix.
00:01:52Lucien Guerville et André Vasselet, qui seront Chicambo et Bonnardel.
00:02:03Avec Yves Furet, qui sera l'Inconnu.
00:02:38Merci d'avoir regardé cette vidéo !
00:02:56Merci d'avoir regardé cette vidéo !
00:03:14Merci, Monsieur.
00:03:15Merci, Monsieur.
00:03:15Gardez tout, Monsieur.
00:03:16Merci, Monsieur.
00:03:17Mais c'est moi qui vous remercie, Monsieur.
00:03:21Pour une chambre.
00:03:23Par ici, Monsieur. La réception est par ici.
00:03:39Monsieur désire une chambre.
00:03:41Oui, Monsieur.
00:03:44Oui, Monsieur.
00:03:45Nous n'avons pas d'appartement à moins de 3500 francs.
00:03:48Naturellement, Monsieur.
00:03:49Dans un établissement comme celui-là.
00:03:51Par jour.
00:03:52Par jour.
00:03:52Bien évidemment par jour.
00:03:55Plus le service et les taxes, 20,50%.
00:03:58Bien forcément.
00:04:00Et de vos chambres, on voit les tuileries.
00:04:04Sur les tuileries, nous n'avons que de grands appartements de plusieurs pièces.
00:04:08Des appartements somptueux, très très chers.
00:04:12Oh.
00:04:13Pas un seul petit.
00:04:17Nous disposons bien d'une petite suite au cinquième.
00:04:21Antichambre, chambre, salon, salle de bain.
00:04:268750 francs plus...
00:04:28Les taxes ?
00:04:29Eh bien, vous voyez, Monsieur, on trouve toujours quand on veut.
00:04:338750 francs plus les...
00:04:35Ça doit être splendide, ça.
00:04:38Dépérasse, Monsieur.
00:04:39Non, non.
00:04:40Mais oui, Monsieur, naturellement.
00:04:41Laisse Monsieur tranquille.
00:04:43Si vous voulez bien me faire l'honneur de me suivre, Monsieur, je vais vous accompagner moi-même.
00:04:48Euh, Mademoiselle Fabre, vous téléphonez tout de suite pour le 525-526, s'il vous plaît.
00:04:52Bien, Monsieur.
00:04:53C'est par ici, Monsieur.
00:04:54L'ascenseur est là.
00:05:02Oui, pour le 525-526, ils arrivent.
00:05:08Dites-moi, Mademoiselle, on reçoit de curieuses gens dans cet hôtel.
00:05:12Vraiment, Madame ? Je n'ai pas remarqué.
00:05:15Oui, bien.
00:05:24Et voici le salon.
00:05:26Oh.
00:05:27Ensemble, ça fait...
00:05:29Une antichambre avec vestiaire.
00:05:32Une chambre.
00:05:35Oh, très, très belle.
00:05:38Très belle.
00:05:39Et la salle de bain.
00:05:40J'en ai jamais vu de pareil.
00:05:42Et ce salon.
00:05:45Et tout partout en style empire, si je ne me trompe.
00:05:50Ah, tout, absolument partout.
00:05:52Nous possédons même certains meubles authentiques dans l'appartement de grand luxe.
00:05:57Les...
00:05:58Les alliés ont habité ici pendant l'occupation.
00:06:01Les alliés pendant l'occupation ?
00:06:03Ah, non, je ne parle pas de cette occupation, je vous parle de leur occupation en 1815.
00:06:09Ah.
00:06:10Nous vivons ici en pleine histoire.
00:06:12Ah oui.
00:06:13Napoléon.
00:06:14Et oui.
00:06:15Et oui.
00:06:16Napoléon.
00:06:17Et toujours cette vue admirable.
00:06:20Oh, c'est bien.
00:06:22Oh, c'est très bien, Monsieur.
00:06:28Euh...
00:06:29On a frappé, Monsieur.
00:06:31Entrez.
00:06:37La fiche.
00:06:38Oui.
00:06:38C'est tout comme un royal.
00:06:40Je vais la remplir tout de suite.
00:06:41Non, non.
00:06:42Ces petites formalités peuvent l'attendre.
00:06:43Oh, non.
00:06:44Du tout, Monsieur.
00:06:45Du tout, du tout, du tout.
00:06:47Euh...
00:06:48Non.
00:06:48Gérardin.
00:06:49Gérardin.
00:06:52Gérardin.
00:06:52Prénom.
00:06:53Jure.
00:06:56Marie.
00:06:59Joseph.
00:07:01Date de naissance.
00:07:0212 mars 1915.
00:07:0743 ans déjà.
00:07:11À Clermont-Ferrand.
00:07:14Puy de Dôme.
00:07:16Puy de Dôme.
00:07:18Puy de Dôme.
00:07:18Profession.
00:07:20Commerçant.
00:07:22Commerçant.
00:07:24Domicile habituel.
00:07:2512 rue de la Lièvre.
00:07:27Clermont-Ferrand.
00:07:29Venant de Clermont-Ferrand.
00:07:32Alanta.
00:07:34Clermont-Ferrand.
00:07:37Papier d'identité.
00:07:39Ah, Monsieur, que dois-je noter ?
00:07:40Carte d'identité, patente, carte d'électeur...
00:07:42Non, non, inutile, Monsieur Gérardin.
00:07:44Tout à fait inutile.
00:07:45Merci, Monsieur.
00:07:47Merci beaucoup, Monsieur.
00:07:50Monsieur...
00:07:51Benoît.
00:07:52Merci, Monsieur Benoît.
00:07:58Vous avez sans doute quelques gros bagages à la gare de Lyon.
00:08:01Je vais téléphoner pour aller les faire chercher.
00:08:03Non, non, tout est là, rien que ça, et tout y est.
00:08:09Excusez-moi, Monsieur, mais il s'agit d'une chose importante, capitale.
00:08:14Je désirerais voir le directeur de l'établissement.
00:08:19Ah, mais les désirs de nos clients sont notre loi, Monsieur Gérardin.
00:08:23Je vais de ce pas chercher Monsieur Mortimer, notre directeur général.
00:08:26Il sera enchanté.
00:08:27Oui, mais Monsieur, je pourrai le voir tout de suite.
00:08:29Dans un instant.
00:09:06Entrez.
00:09:08Monsieur Gérardin, voici Monsieur Mortimer, notre directeur général.
00:09:12Comment appelez-vous, Monsieur Gérardin ?
00:09:14Je suis très heureux de vous accueillir moi-même dans notre vieille maison, qui n'a jamais eu le plaisir
00:09:19de vous recevoir, je crois.
00:09:20Non, mais c'est la première fois que...
00:09:22J'espère que vous vous y plairez.
00:09:24Votre appartement est l'un des plus agréables.
00:09:28Il est occupé d'habitude par le jeune prince de Corfou, l'enfant terrible de la famille royale de Grèce.
00:09:33Et on peut le dire, ce n'est pas un secret d'état.
00:09:36Quand le prince doit-il nous revenir ?
00:09:38J'attends un télégramme d'un jour à l'autre, Monsieur.
00:09:40Je ne m'attarderai pas.
00:09:41Oh, mais tant que vous voudrez, Monsieur Gérardin, tant que vous voudrez.
00:09:45Vous avez désiré me voir pour une chose personnelle ?
00:09:50Personnelle est le mot, Monsieur.
00:09:52Oh, pardon. Merci, bon droit.
00:09:59J'espère que je ne m'ai pas froissé.
00:10:01Oh, mais pas du tout.
00:10:02Je ne sais pas dire les choses. Capital a plusieurs personnes en même temps.
00:10:06Eh bien, nous sommes seuls.
00:10:08Je viens de gagner le gros lot de la dernière tranche.
00:10:14Le gros lot, les 40 millions ?
00:10:17Oui.
00:10:20Eh bien, tous mes compliments.
00:10:22Ah, c'est la première fois que je vois de mes yeux...
00:10:25Vous vous rendez compte ?
00:10:27Je prends la radio l'autre soir comme chaque semaine.
00:10:30Que voulez-vous ?
00:10:31J'ai la faiblesse de prendre, très souvent, un billet entier.
00:10:35Ne vous en plaignez pas.
00:10:36Oh non, Monsieur. Oh non. Au contraire.
00:10:38J'étais dans mon fauteuil, comme d'habitude, avec mon billet devant moi.
00:10:42Oui.
00:10:43Et qu'est-ce que j'entends ?
00:10:44Après leurs petites chansons et le défilé des numéros gagnants de...
00:10:48À partir de 2000...
00:10:50Le numéro 21 543.
00:10:53Je répète, le billet portant le numéro 21 543 gagne 40 millions dans le groupe 5.
00:11:00Et 4 millions dans les 5 autres groupes.
00:11:02Vous avez gagné aussi ?
00:11:04Ah non, non, hélas, non.
00:11:06Seulement, moi aussi, j'écoute, je prends des billets comme vous.
00:11:10Des dixièmes, quelques fois remboursés.
00:11:13Figurez-vous que j'avais vu ce billet, samedi dernier, samedi dernier, affiché, affiché au bureau de tabac de la
00:11:19place de Jaune.
00:11:20Alors, je me suis dit, mais, 215, les trois premiers chiffres, mais c'est mon numéro matricule au 41e régiment
00:11:27d'infanterie.
00:11:28Et 43, 43, c'est mon âge. Moi, j'ai 43 ans.
00:11:31Vous pouvez vous flatter d'avoir des accointances avec le destin.
00:11:34Je me suis dit aussi, c'est trop beau, ça, tu ne vas pas gagner un sou.
00:11:37Eh bien, je l'ai acheté quand même.
00:11:39Et alors, ce matin, quand je me suis retrouvé au pavillon de Flore,
00:11:43et qu'on m'a dit, mais, oui, monsieur, mais parfaitement, monsieur, voilà, monsieur.
00:11:48C'est un tas.
00:11:50Voulez-vous que nous comptions ensemble, monsieur ?
00:11:53Ça m'a fait un de ces coups.
00:11:55Ça, je me mets à votre place.
00:11:57Oh, monsieur, oh non, à ma place, pas du tout, monsieur.
00:12:01Ah non, monsieur.
00:12:03Ces messieurs ont été parfaits.
00:12:06Je leur ai dit que je voulais garder l'anonymat.
00:12:09Et alors, après quoi, quand tous les billets ont été là-dedans ?
00:12:13Ah, parce qu'ils sont...
00:12:14Oui, ils sont là, monsieur.
00:12:15Et que je les ai fait défiler un à un sous mon pouce.
00:12:18Mais il vous aura fallu un bon bout de temps.
00:12:20Oh, merveilleux.
00:12:21Je me suis dit, ça y est.
00:12:23Cette fois, les temps durs sont finis.
00:12:25La vieillesse sera calme.
00:12:27Ah oui, faut avouer que...
00:12:30Alors voilà, monsieur le directeur.
00:12:33J'ai l'intention de passer quelques jours à Paris, mais je voulais un bon hôtel, un vrai, enfin, un
00:12:39palace, pas pour millionnaires.
00:12:41C'est ma première fantaisie, c'est peut-être la seule.
00:12:44L'hôtel du premier empire, mais c'est connu partout.
00:12:488 750 francs par jour, plus 20 50%, ce qui fait environ 2000.
00:12:54Ça fait en tout, mettons, 1008.
00:12:57Évidemment, c'est une somme.
00:12:59Mais quoi ?
00:13:00J'ai décidé de ne pas compter pendant mon séjour à Paris.
00:13:03Seulement, je ne peux pas garder cette mallette ici.
00:13:06Supposer que je sors...
00:13:08Oui, mais nous avons une chambre forte à la disposition de nos clients.
00:13:10Qu'est-ce que c'est qu'une chambre forte ?
00:13:13Une chambre forte ?
00:13:14C'est une sorte de pièce blindée dans laquelle nous déposons les colis précieux que nos clients nous confient.
00:13:21Contre un reçu ?
00:13:23Tant de billets de 10 000 francs portant les numéros temps à temps et temps à temps.
00:13:26Non, bien sûr.
00:13:28La mallette y serait déposée telle quelle, vous en avez la clé.
00:13:30Ah, oh, mais cette clé-là, monsieur le directeur, et cette mallette que j'ai depuis le régiment...
00:13:36Nous avons aussi des coffres forts individuels.
00:13:39Oui, avec un reçu.
00:13:42Tant de billets de 10 000 francs portant les numéros.
00:13:43Non, mais non, mais non, mais voyons, monsieur Gérardin, voyons.
00:13:46Vous allez établir vous-même la combinaison de votre coffre, le nombre de quatre chiffres que vous serez seul à
00:13:52connaître.
00:13:52Vous détiendrez une clé dont il n'existe qu'un seul et unique exemplaire.
00:13:56Alors, vous voyez que personne ne pourra jamais toucher à votre bien.
00:13:59Écoutez, j'ajouterais, pour vous rassurer tout à fait,
00:14:02que ces coffres sont à l'intérieur de la chambre forte dont l'accès n'est autorisé qu'au seul
00:14:07locataire de ces coffres.
00:14:08Oui, oui, oui, je le vois.
00:14:10J'aimerais mieux un reçu.
00:14:13Ben, écoutez, alors là, je ne vois plus qu'une solution.
00:14:16On mettrait l'argent dans le coffre particulier de l'hôtel.
00:14:19Quand vous désirez d'en prendre, vous devrez passer par la comptabilité, ce qui, d'ailleurs, ne vous causera aucun
00:14:24ennui.
00:14:24J'aime mieux ça, c'est plus franc.
00:14:26Bon, eh bien, alors, je vais faire monter le chef comptable.
00:14:32Allo, mon petit, voulez-vous dire à Joanno de monter tout de suite au 250, je voulais dire.
00:14:39Oui, au 520 avec le carnet reçu espèce.
00:14:43Oui, dites-lui qu'il en aura pour un bon bout de temps.
00:14:45Oui, merci.
00:14:49Voilà.
00:14:52Je vais l'ouvrir.
00:15:03Oh, c'est ma chemise de nuit.
00:15:06Oui, mes pantoufles sont dans mon par-dessus parce qu'il n'y avait jamais plus de place, moi.
00:15:1240 millions.
00:15:14Croyez-vous que je n'ai pas encore pris un seul billet?
00:15:18Il faut quand même que je me décide, monsieur.
00:15:24Je vais en prendre deux autres.
00:15:40Il ne nous reste plus qu'à attendre votre grand argentier, monsieur.
00:15:44OK.
00:15:46Au revoir.
00:15:46Entrez.
00:15:47Entrez.
00:15:57Monsieur.
00:16:18Encore un paquet pour M. Gérard.
00:16:19Monsieur Benoît.
00:16:21Encore un paquet pour M. Gérard.
00:16:23Ah oui?
00:16:24Je ne me porte-il ou je ne monte?
00:16:25Non.
00:16:26Donnez-le ici.
00:16:26Oui, d'autant plus qu'il ne tendra pas à descendre.
00:16:28C'est vachement lourd.
00:16:31Oh, pardon.
00:16:32Pardon.
00:16:34Ça doit être son moment tout voyage.
00:16:36Il m'a dit qu'il était dans la rang de choisir un sur les Champs-Elysées hier soir.
00:16:39C'est sûrement ça.
00:16:40Il va voyager?
00:16:41Entre Paris et Clermont-Béran.
00:16:44Racontez-moi hier soir.
00:16:45Eh bien, je suis monté comme il me l'avait demandé.
00:16:48Il voulait me montrer ce qu'il appelle ses achats intimes.
00:16:50Ah, magnifique.
00:16:51Je vous assure, ne riez pas.
00:16:54Une robe de chambre en soie naturelle avec de rabissants petits carreaux.
00:16:58Une paire de vernis noir.
00:17:01C'était merveilleux.
00:17:02Et des pyjamas du Grand Seigneur.
00:17:04Il doit être comique là-dedans.
00:17:06Ah, vous savez, ma chère, l'argent a des vertus de métamorphose prodigieuse.
00:17:10Oui, ceci dit, il est plutôt comique.
00:17:12Figurez-vous qu'il aime tellement son jonc à Pomodore
00:17:15qu'il ne se retenait pas de le garder à la main en robe de chambre.
00:17:18Et les lunettes de caille?
00:17:19Ah non, non, ça, décidément, il ne peut pas s'y fier.
00:17:21Non, non, non.
00:17:22Il est revenu au lorgnon.
00:17:25Oui?
00:17:27C'est pour vous, personnel.
00:17:28Ah, bon.
00:17:31Allo, oui?
00:17:33Oui, ici, M. Benoît.
00:17:35Ah, parfaitement, oui.
00:17:38Oui, oui, on vient de l'apporter à l'instant même.
00:17:42Oui, j'ai été un peu surpris, mais...
00:17:45Mais non, mais non, pas y en a.
00:17:47Non, non, nous nous connaissons.
00:17:50Parfait.
00:17:52Parfait, merci.
00:17:54Oui, oui, oui.
00:17:55Vous reverrez peut-être le client.
00:17:58Au revoir, monsieur.
00:17:59Au revoir.
00:18:02C'était le magasin, il s'excusait de ne pas avoir téléphoné hier soir tout de suite après l'achat.
00:18:06Convenable?
00:18:0815%.
00:18:09Surtout en additionnant avec les autres.
00:18:12Je dois dire que M. Gérardin écoute religieusement les bons conseils.
00:18:15Ah, je suis si heureuse.
00:18:23Bonjour, mademoiselle.
00:18:25Bonjour, M. Benoît.
00:18:27Bien dormi, M. Gérardin.
00:18:29À merveille.
00:18:30Parfait.
00:18:34Aimez-vous ce parfum, mademoiselle?
00:18:36Hum, hum.
00:18:38Hum.
00:18:39Eh bien, ça n'est pas du parfum, c'est de l'eau de Cologne.
00:18:42Un homme ne se parfume pas.
00:18:43M. Benoît me l'a bien dit.
00:18:46Remarquez ce genre d'odeux.
00:18:47Quand c'est ton citré, ça mentait plutôt.
00:18:50Mais on ne l'aimait pas pour soi, n'est-ce pas?
00:18:52Mais vous y ferez, M. Gérardin, vous y ferez.
00:18:54Bientôt, vous ne le remarquerez plus.
00:18:56On vient d'apporter ce carton pour vous.
00:18:57Je vais le faire monter.
00:18:59Ah, oui.
00:19:00C'est un joli par-dessus.
00:19:02Aha.
00:19:03Vous pouvez l'ouvrir, monsieur.
00:19:04Je peux.
00:19:04C'est un joli par-dessus à carreaux et sans martingales.
00:19:09Et on a marrant.
00:19:10Oui, il m'a coûté les yeux de la tête.
00:19:12Moi, je suis encore à sec.
00:19:14Ah, il est magnifique.
00:19:16Mais vous savez que M. Joannot est toujours à votre service.
00:19:18Ah, peut-être, mais il ne les fabrique pas.
00:19:21Bon, il va falloir que je songe à regagner Clermont.
00:19:24Remarquez que mon commis fait bien marcher le commerce,
00:19:27mais vous savez, la clientèle...
00:19:29On sait là-bas que vous avez gagné le gros lot, M. Gérardin.
00:19:33J'ai bien peur qu'on ne s'en doute.
00:19:36Le commerçant qui m'a vendu le billet, c'est un cousin.
00:19:38C'est un cousin de ma pauvre femme.
00:19:40Oui, il m'a bien juré de n'en souffler moi à personne,
00:19:42mais vous savez, il faut compter avec la faiblesse humaine.
00:19:46M. Gérardin, vous ne nous avez jamais dit quel genre de commerce vous exerciez.
00:19:50Oui, je ne voudrais pas être indiscret, naturellement.
00:19:53Je sais bien, M. Benoît, je sais bien.
00:19:55Qu'un cahier.
00:19:57Ah.
00:19:57Oui, une petite, une petite quinquairie.
00:20:00Une petite affaire de famille qui me vient du côté de ma femme.
00:20:04Oui.
00:20:05Moi, j'ai commencé dans les postes.
00:20:08Oui.
00:20:09Derrière un comptoir, comme vous.
00:20:11Je préférais.
00:20:13Mais, vous savez ce que c'est que le mariage ?
00:20:16Ce que femme veut, Dieu le veut.
00:20:21Et puis un jour, la femme disparaît, malheureusement.
00:20:24Mais, on reste ce qu'elle a voulu.
00:20:29J'espère que je ne l'ai pas froissé.
00:20:31Il m'a semblé que...
00:20:33Oui, mais...
00:20:35Oui, bien sûr.
00:20:36Quand on est un homme du monde comme vous,
00:20:38et qu'on a les moyens pour le mariage,
00:20:41rien de presse.
00:20:43Bonjour, M. Benoît.
00:20:44Bonjour, madame.
00:20:45Je vais faire une heure de footing dans les tuileries.
00:20:47Je ne déjeune pas, mais je serai sûrement rentrée à l'heure du thé.
00:20:49Bien, madame.
00:20:55Ça...
00:20:56Ça, c'est une femme.
00:20:59Ah...
00:20:59Elle est belle, n'est-ce pas ?
00:21:01Mais si, elle est belle, mais elle est...
00:21:02Elle est formidable !
00:21:05C'est au moins une...
00:21:07Elle est séjournissime ?
00:21:09Depuis plusieurs mois.
00:21:10Depuis plusieurs...
00:21:11Eh bien, elle a tout pour elle, en somme.
00:21:14Et...
00:21:14Elle est française, elle n'a aucun accent.
00:21:17Et son mari, c'est un Américain, au moins.
00:21:20Non, un marquis.
00:21:21Un marquis.
00:21:21Mais...
00:21:22Elle est veuve.
00:21:23Elle aussi.
00:21:24Oh...
00:21:25Oh, M. Benoît, vous m'entendez ?
00:21:27Oh...
00:21:28Oh, comme s'il pouvait y avoir un rapport entre une femme pareille
00:21:31et un petit commerçant comme moi, même millionnaire.
00:21:35Oh, je suis sûr que ce n'est pas l'argent qui l'intéresse.
00:21:37Eh bien, justement, parce que pour l'argent, moi...
00:21:42Monsieur Benoît.
00:21:43Monsieur.
00:21:43Je vais vous faire un aveu.
00:21:46Euh...
00:21:46Depuis hier soir, enfin, après ces quatre jours de Paris, il est venu cette nuit des idées bizarres.
00:21:51Je vais rentrer à Clermont, ça c'est entendu, mais je n'ai pas envie d'y rester.
00:21:56Je voudrais voir des choses.
00:22:01La Côte d'Azur, par exemple, la Grande Bleue, les palmiers, les femmes en baillot.
00:22:08Pourquoi ne pas profiter un petit peu de l'existence ?
00:22:11On ne sait ni qui vit, ni qui meurt.
00:22:13Ah, comme c'est juste.
00:22:14Est-il indiscret de vous demander ce qui est juste ?
00:22:17Bonjour, Monsieur Gérardin.
00:22:18Bonjour, Monsieur.
00:22:18Monsieur Gérardin voudrait faire un petit tour sur la Côte d'Azur.
00:22:21Ah, mais excellente idée !
00:22:22Notre établissement de Cannes se ferait un plaisir et un honneur de vous recevoir.
00:22:26Eh bien, mais nous en parlerons.
00:22:28Bon, ben, je vais faire un petit tour.
00:22:30Voilà.
00:22:31Je vais maintenant...
00:22:32Ah, pardon.
00:22:32Voulez-vous me permettre, alors ?
00:22:33Mais, je vous en prie.
00:22:35Voilà.
00:22:36Pardon.
00:22:39Par cette belle matinée.
00:22:41Mais vous pourriez vous promener dans les Tuileries, par exemple.
00:22:45Vous croyez ?
00:22:47Elles sont à tout le monde.
00:22:49Ah, ben, ça, c'est vrai.
00:22:50Ça, ça, c'est bien vrai.
00:22:52Eh bien, au revoir, messieurs.
00:22:53Au revoir.
00:22:53Au revoir, Monsieur Gérardin.
00:23:05Qui ?
00:23:06Madame de Sestrier ?
00:23:08Non.
00:23:10Si, si.
00:23:11Ah, ça, ce serait drôle.
00:23:13Autant elle qu'une autre.
00:23:14Ah, je dirais mieux.
00:23:16Plutôt elle qu'une autre.
00:23:27Ce serait comme d'habitude, Monsieur Gérardin.
00:23:30Oh, non, merci.
00:23:31Pas aujourd'hui, je n'ai pas faim.
00:23:32Vous attendez quelqu'un ?
00:23:34Qui ? Moi ? Non.
00:23:35Pourquoi ?
00:23:35Pour rien, Monsieur Gérardin, je croyais.
00:23:37Excusez-moi.
00:23:48Votre hâte est tout de suite, Madame la Marquine.
00:23:49Merci, mon amie.
00:23:55Madame.
00:23:55Oh, merci mille fois, Monsieur.
00:23:59Ce garçon a dû une maladresse.
00:24:01Oh oui, ça, ça, c'est vrai.
00:24:02Ça, c'est bien vrai.
00:24:04Il me semble que je vous ai aperçu aux tuileries ce matin.
00:24:06Vraiment ?
00:24:07Oui.
00:24:08J'espère que je ne vous ai pas troublé.
00:24:10Me troubler, pourquoi ? J'avais l'air dispensif.
00:24:12Oh oui, vous marchiez lentement dans le soleil.
00:24:15Monsieur.
00:24:16Oui, j'étais un peu malade ces derniers temps.
00:24:18C'était une promelade de convalescence.
00:24:20Malade ? Mais on ne me l'avait pas dit.
00:24:22Pourquoi ? On vous a parlé de moi ?
00:24:23Euh, enfin, non.
00:24:24Enfin, c'est-à-dire que, étant client de l'hôtel, il est arrivé quelquefois...
00:24:27Ah oui, oui.
00:24:27Alors, vous savez tout, maintenant.
00:24:28Oh, madame, l'essentiel, vous trouvez seul, en pleine jeunesse, en plein éclat.
00:24:39Merci, monsieur.
00:24:40Vous n'êtes pas parisien, n'est-ce pas ?
00:24:42Oh, ça se voit sans peine, madame Malade.
00:24:43Oh, non, non, non, non, pas du tout.
00:24:44C'est pas du tout ce que je voulais dire.
00:24:45Au contraire, vous semblez doué d'une sensibilité dont on n'est pas coutumier à Paris.
00:24:49C'est vrai, devant une femme seule et qui n'inspire pas l'horreur.
00:24:52Oh, madame.
00:24:53Un parisien ne songerait guère à la plaindre.
00:24:56Vous pourriez être ma fille.
00:24:59Vous plaisantez.
00:25:01Quoi ? Vous n'êtes pas si jeune.
00:25:03Non, mais c'est vous qui n'êtes pas si vieux.
00:25:05Oh, madame.
00:25:06Je ne sais pas si je dois être confus de ma maladresse ou ravi de votre réponse.
00:25:11Les deux, monsieur.
00:25:13Permettez-moi de me présenter, madame.
00:25:16Gérardin, Jules de Clermont-Ferrand, commerçant.
00:25:22Pourquoi ne pas tout vous dire, mais qu'un cahier.
00:25:25De nos jours, vous savez, le commerce reine sur la vie des nations.
00:25:28Il suffit d'ailleurs de vous trouver ici.
00:25:34Un hôtel agréable, non ?
00:25:37Nous y venions toujours avec le marquis, quand nous quittions notre château de Vendée.
00:25:42Oui, j'ai gardé cette habitude.
00:25:45Mais pas le château, hélas.
00:25:47Dès l'accident, les jeunes héritiers du marquis se sont montrés d'une bassesse, d'une ville nid.
00:25:52L'accident ?
00:25:53Un rallye automobile, oui.
00:25:54Oui, le marquis faisait tous les rallies.
00:25:57Vous savez ce que c'est ? Il suffit d'un arbre.
00:25:59C'est affreux, ça.
00:26:01Si vous aviez vu dans quel état on me l'a rapporté.
00:26:04Et au moment où j'aurais tant besoin de chaleur, de réconfort, on s'est acharné sur moi comme on
00:26:08force un cercle à la lille, la curée.
00:26:11J'avais perdu mon appui, mon protecteur.
00:26:15Je n'étais plus qu'une immense faiblesse.
00:26:20Monsieur le marquis était plus âgé que vous ?
00:26:23Votre âge ? La cinquantaine.
00:26:26Ah, mais j'en ai quarante-trois.
00:26:28Ah oui, c'est ça, 43 ans.
00:26:29Non, je voulais dire qu'il allait entrer dans sa quarante-quatrième année.
00:26:32Oui, oui.
00:26:33Le seul âge où un homme puisse inspirer confiance.
00:26:37Je me prie de m'excuser, monsieur.
00:26:39Je ne sais pas du tout ce qui m'a pris à me laisser aller ainsi.
00:26:41C'est une chose qui ne m'arrive jamais.
00:26:42Permettez-moi de m'en féliciter, madame.
00:26:43Il faut que je m'en aille.
00:26:44Maître d'hôtel.
00:26:45Quoi, madame ?
00:26:46Je n'aurai plus l'occasion de...
00:26:48Demain, demain, peut-être ici.
00:26:50Vous êtes un cœur pur, monsieur Gérardin.
00:26:53Si l'on nous voyait bavarder deux jours de suite dans ce salon de thé, on en aurait conclu Dieu
00:26:56sait quoi.
00:26:57Vous ne connaissez pas Paris.
00:27:00Vous restez encore quelques temps ?
00:27:02Moi, c'est-à-dire que je comptais repartir dans deux ou trois jours à cause de mon commerce.
00:27:07Ah, c'est ça.
00:27:07Oui, mais je ne suis pas un jour près.
00:27:09Je suis mon maître.
00:27:10Bon, nous nous reverrons sans doute dans l'étude rythme matin, non ?
00:27:13Oh, ce serait merveilleux.
00:27:15Tu serais sans doute vers 11 heures.
00:27:17Vers 11 heures.
00:27:19...
00:27:38Accompagne, mademoiselle, au 304.
00:27:41Vite.
00:27:43Monsieur Benoit, quelle aventure, quelle aventure !
00:27:46Comment, monsieur Gérardin, on vous a manqué de respect ?
00:27:48Oh non, au contraire.
00:27:50C'est moi qui...
00:27:51Comment ?
00:27:51Enfin, non, je veux dire en tout bien, tout honneur.
00:27:53La dame.
00:27:54Enfin, cette dame que j'ai rencontrée par hasard ce matin au Tuilerie.
00:27:58Madame de Sestrière.
00:27:59C'est ça.
00:28:00De Sestrière.
00:28:02Eh bien, nous voulons de parler très, très amicalement tous les deux.
00:28:06Vraiment ?
00:28:07Oui.
00:28:07Au salon de thé.
00:28:08Et elle m'a donné rendez-vous demain matin au Tuilerie de nouveau.
00:28:12Oh, mais savez-vous, monsieur Gérardin, que c'est tout à fait exceptionnel.
00:28:15Madame de Sestrière ne parle jamais à personne sauf à nous, les gens de la maison.
00:28:19Il faut que vous ayez exercé sur elle une séduction presque magique.
00:28:23Oh, vous vous moquez de moi, monsieur Benoit.
00:28:27Mais le fait est qu'elle me l'a dit elle-même, elle n'aime pas les jeunes gens.
00:28:31Ah non, ils lui ont fait beaucoup de mal.
00:28:32Oui, je crois qu'elle a bien souffert.
00:28:34Ah oui.
00:28:34Et moi, je ne peux pas voir souffrir.
00:28:35C'est plus fort que moi.
00:28:37Je ne sais pas si je vois juste, mais j'ai l'impression qu'elle a besoin d'être entourée.
00:28:45Ah, vous voyez juste.
00:28:46Cajolée.
00:28:47Vous voyez juste.
00:28:48Et elle non plus ne s'y est pas trompée.
00:28:49Non, non.
00:28:50Elle a tout de suite senti tout ce dont vous étiez capable.
00:28:52Les femmes ont des antennes.
00:28:54Oui, mais comment voulez-vous que je m'y prenne ?
00:28:57Même un salon de thé, madame la marquise a trouvé ça compromettant.
00:29:01Évidemment, les tuileries, c'est très joli, ça c'est très poétique.
00:29:03Mais moi, je ne sais pas qu'oser en marchant.
00:29:07Chacun sa nature.
00:29:09Mon cousin Robert, vous savez le buraliste qui m'a vendu le biais ?
00:29:12Oui.
00:29:12Oui, et bien lui, il vous raconterait sa vie.
00:29:14De son tabac à son domicile.
00:29:15Mais moi, non, ça je veux dire.
00:29:20Et votre salon ?
00:29:22Mon salon ?
00:29:24Oui, mais vous avez bien un salon à Clermont.
00:29:27Vous pensez qu'elle va venir me voir à Clermont ?
00:29:29Ah, non.
00:29:30Non, non, enfin, je veux dire, pourquoi pas ?
00:29:32Mais enfin, pour le moment, c'est ici que vous souhaitez la voir.
00:29:35Mais naturellement, monsieur.
00:29:35Et bien, vous avez un salon à Paris comme à Clermont.
00:29:38Oh, monsieur Benoît.
00:29:39Non, mais il n'y a pas de monsieur Benoît, monsieur Gérardin.
00:29:41Il y a un fait.
00:29:42Il serait tout à fait normal que vous invitiez une dame, une dame-veuve dans votre salon de Clermont.
00:29:47Il le serait tout autant que vous l'invitiez dans votre salon de Paris.
00:29:50Sinon, pourquoi disposerait-on d'un salon privé dans un hôtel ?
00:29:52Mais c'est vrai.
00:29:53Alors, demain matin, au cours de votre promenade aux Tuileries,
00:29:58vous invitez madame de Cessrier à venir prendre le thé dans votre salon.
00:30:00Et je suis sûr, je serais très surpris qu'elle n'accepte pas,
00:30:03tout au moins, chez un homme aussi respectable que vous.
00:30:07Je n'oserai jamais.
00:30:08Ah, et cette pauvre femme ignora toujours les beaux sentiments que vous lui portez.
00:30:14Je vous dis que je n'oserai jamais.
00:30:19Voulez-vous que je lui parle ?
00:30:21Oh, monsieur Benoît, vous feriez ça ?
00:30:24Je le ferai.
00:30:26Oh !
00:30:27Non, à la place où je suis, et sans vouloir dire le moindre mal de notre clientèle,
00:30:30il ne manquerait plus que ça.
00:30:32Ce n'est pas tous les jours que j'ai la chance de rendre quelques services à un homme tel
00:30:35que vous.
00:30:36une heure...
00:30:37Ah, pardon.
00:30:38Une fois aussi rare, vous voudriez que je m'en prive.
00:30:42Oh !
00:30:42Oh !
00:30:42Je vous en prie.
00:30:50Oh !
00:30:52Pourquoi vous vous occupez, vous, comme ça, de la Sestrière ?
00:30:56Je m'occupe de M. Gérardin.
00:30:57Non, ce n'est pas vrai.
00:30:58Elle vous plaît, cette femme-là, avec sa grosse bouche ?
00:31:01Soyez poli avec les clients, Mlle Fabre.
00:31:03Mlle Fabre.
00:31:04Oh, Raoul.
00:31:06Allons, voyons, voyons.
00:31:07S'il y avait quoi que ce soit entre Mme de Sestrière et moi,
00:31:10vous ne me voyez pas la poussant dans les bras d'un Gérardin.
00:31:12Je veux bien qu'elle vous donne de l'argent, mais pas autre chose, Raoul.
00:31:15Pas autre chose.
00:31:16Mais non, mais non, voyons.
00:31:17Pas autre chose.
00:31:19Pas autre chose.
00:31:22Vous êtes sûr que Mme la Marquise ne prend jamais de tartines ?
00:31:27Enfin, je veux dire de beurré.
00:31:30Enfin, de toasts.
00:31:33Absolument jamais, M. Gérardin.
00:31:34Elle mange très peu, à cause de sa ligne.
00:31:37Sa ligne.
00:31:39Vous avez bien fait, quand même, de mettre quelques pâtisseries,
00:31:41parce que ça fait moins nu.
00:31:42Pour vous, M. Gérardin.
00:31:43Si vous croyez que j'ai faim, moi.
00:31:47Merci, mon ami.
00:31:48Oui.
00:31:48Enfin, dans le cas où M. aurait besoin de quoi que ce soit, le téléphone...
00:31:51Oui, oui, c'est ça, c'est ça.
00:31:51Allez, allez, allez, allez.
00:32:12Entrez.
00:32:14Oh, Madame.
00:32:15Madame.
00:32:16Bonjour, M. Gérardin.
00:32:18J'ai beau savoir chez qui je suis, cette visite a quelque chose de bien intime.
00:32:22Si nous n'avions pas habité le même état, je crois que je ne serais jamais venue.
00:32:26C'est vrai ?
00:32:27Ah.
00:32:29C'est charmant.
00:32:31J'avais toujours un salon, moi aussi, du temps du Marquis.
00:32:34Et, vous ne l'avez plus ?
00:32:36Oh, je suis très bien installée.
00:32:37Et courageuse avec ça.
00:32:40Oui.
00:32:40Oui.
00:32:41Ne laissons-nous pas refroidir le thé.
00:32:44Vous permettez que je fasse la jeune fille de la maison ?
00:32:47Fort ou faible ?
00:32:48Fort.
00:32:49Euh, non, faible.
00:32:51Comme il vous plaira.
00:32:52Ah, non, non.
00:32:53Comme il vous plaira.
00:32:53Moi, je l'aime très fort.
00:32:54Alors, très fort.
00:32:55Très fort.
00:32:56Je vais vous faire un aveu.
00:32:58Oui.
00:32:58Je n'aime que le café au lait.
00:33:00Ah.
00:33:00Oui.
00:33:01Seulement, j'ai remarqué qu'ici, personne ne prenait jamais de café au lait l'après-midi.
00:33:04Oh, pauvre.
00:33:05Voulez-vous que je vous serve une tasse de lait tout pur ?
00:33:07Oh, oui.
00:33:08Oui.
00:33:08Oh, ça, je veux bien.
00:33:11Oui, mais...
00:33:12Mais vous...
00:33:13Moi, je boirais ce que je vous ai servi.
00:33:15Ah.
00:33:16Voilà.
00:33:18Vous permettez que je...
00:33:19Vous serez mieux là.
00:33:25Ne laissez pas refroidir votre lait.
00:33:29Comme c'est curieux.
00:33:31Tous les jours, avec le marquis, nous allions à l'une de nos fermes à l'heure de la traite
00:33:35et ils buvaient trois grands verres de lait bourru.
00:33:38De lait...
00:33:39Rien, il n'y a pas plus sain.
00:33:41C'est l'aliment maternel, n'est-ce pas, Seigneur ?
00:33:43Nous avons tous commencé par être des petits veaux.
00:33:46Et quel esprit...
00:33:47Oh, vous allez me faire rougir.
00:33:51Madame, si vous saviez...
00:33:52Quoi, donc ?
00:33:53Si...
00:33:53Oh, non, c'est trop ridicule.
00:33:55Oh, mais rien de ce qui est sincère n'est ridicule, M. Gérardin.
00:33:58Ce que j'apprécie justement en vous, c'est votre simplicité, votre confiance.
00:34:02Ne l'avez-vous pas senti ce matin, quand vous m'avez parlé ?
00:34:04Oh, madame, personne ne m'a jamais écouté comme vous.
00:34:07C'est vrai ?
00:34:08Oui, même pas ma pauvre femme.
00:34:09Oh...
00:34:10Oui, remarquez que...
00:34:11Elle...
00:34:11Elle avait de grandes qualités, mais...
00:34:13Elle n'écoutait pas volontiers.
00:34:15Elle...
00:34:16Oh, mais je ne sais pas pourquoi je vous parle de ma femme, d'ailleurs.
00:34:18Moi, je...
00:34:18Je vous parle bien de mon mari.
00:34:19Oh, ça n'est pas pareil, madame.
00:34:21Parce que...
00:34:22Ça m'honore, même.
00:34:23Parce que feu, M. le marquis, c'était quelqu'un.
00:34:26Tandis que ma pauvre femme...
00:34:27Oh, non, je n'ai pas le droit de la comparer à vous.
00:34:29Plutôt de...
00:34:30De vous comparer à elle.
00:34:33J'ai jamais connu...
00:34:34Une femme comme vous.
00:34:40Venez vous asseoir ici.
00:34:43Vous comprenez ?
00:34:44C'est trop.
00:34:46Je m'en aperçois maintenant, je n'aurais pas dû vous demander de venir.
00:34:49Ben, voilà qui est gracieux.
00:34:50Je suis en train de tromper votre belle confiance.
00:34:53Je vous ai répété ce matin que j'avais pour vous les sentiments d'un père.
00:34:56Oui.
00:34:57C'est pas vrai.
00:34:58Oh.
00:35:00Je sais bien, je suis ridicule.
00:35:02Un pauvre bonhomme comme moi, je viens de gagner 40 millions, c'est entendu.
00:35:06Et je sais, car clairement, j'ai de l'aisance.
00:35:08On ne soupçonne pas ce que ça peut rapporter une caca-griffe.
00:35:10C'est plus en province.
00:35:12Mais quand je vois une personne comme vous,
00:35:15je n'en suis pas, moi, le plus misérable des bons hommes.
00:35:19Mon pauvre bonhomme.
00:35:20Madame Ariane.
00:35:22Ariane.
00:35:22Mais, monsieur.
00:35:23Non, non, non.
00:35:24Ne craignez rien.
00:35:25Ça ne peut pas vous faire de mal de vous dire que je vous aime.
00:35:29Je vous aime, Madame Ariane.
00:35:30Je vous aime, Ariane.
00:35:32Non, non, remarquez, je ne vous demande rien.
00:35:33Absolument rien.
00:35:35Juste de me laisser baiser votre belle main de temps en temps.
00:35:42Une femme comme vous, mais on ne doit rien lui demander.
00:35:45On doit tout lui offrir.
00:35:47Et le peu qu'elle vous donne, c'est le bonheur des anges.
00:35:50C'est le paradis sur la terre.
00:35:51Mon ami.
00:35:52Oui, c'est ça.
00:35:53Mais c'est ça.
00:35:54C'est votre ami.
00:35:54C'est votre vieil ami.
00:35:56Votre soutien.
00:35:57Vous étiez seul.
00:35:59Et bien maintenant, vous ne l'êtes plus.
00:36:00Laissez-moi vous aimer.
00:36:01Laissez-moi vous aimer dans l'ombre.
00:36:03Je sais que vous n'avez pas besoin d'argent.
00:36:05Mais laissez-moi vous gâter un peu.
00:36:07Un tout petit peu.
00:36:09Vous êtes fou, mon ami.
00:36:10Vous êtes fou, mais bien émouvant.
00:36:12Mais qu'est-ce que la vie.
00:36:14Mais qu'est-ce que le bonheur.
00:36:15Mais sinon, il m'avait dit il y a une semaine.
00:36:17Demain, tu seras 40 fois millionnaire.
00:36:19Millionnaire, mais moi, j'aurais éclaté de rire.
00:36:21Et bien vous, vous seriez en droit de rire aujourd'hui.
00:36:23Si on vous disait, tu vois ce petit cacaillé de Clermont-Ferrand,
00:36:26il peut te faire une vie merveilleuse.
00:36:28Et bien pourtant, ça, c'est déjà vu des cacaillés.
00:36:30Des cacaillés qui deviennent châtelains
00:36:31et qui rachètent le château pour le rendre à celle qui en a été dépouillée.
00:36:34Et si ça s'est pas vu, ça peut se voir.
00:36:36Jules.
00:36:37Jules.
00:36:37Oh, Jules.
00:36:38Demain.
00:36:39Ariane, dès demain, laissez-moi vous prouver que je ne suis pas fou.
00:36:42Laissez-moi glisser un de ses doigts.
00:36:44Un gage de ma passion.
00:36:45Quoi, vous voudriez ?
00:36:46Oh oui.
00:36:46Oh oui.
00:36:47Oui.
00:36:48Nous irons ensemble.
00:36:49Il y a à Paris de grands bijoutiers.
00:36:51Et bien nous irons chez le plus grand.
00:36:52Et vous choisirez vous-même.
00:36:54Non, non, non.
00:36:55Laissez-moi partir, vous me bouleversez.
00:36:56Mais dites-moi que vous viendrez, Ariane.
00:36:58Dites-moi que nous irons.
00:37:00Je ne veux pas que vous fassiez des folies pour moi.
00:37:02Voyons, il n'y a aucune raison.
00:37:03Toutes.
00:37:03Toutes.
00:37:04Toutes les raisons.
00:37:05Vous viendrez.
00:37:06Vous viendrez.
00:37:10Seulement pour avoir un souvenir de vous.
00:37:30Allo.
00:37:30Allo.
00:37:30Donnez-moi M. Benoît tout de suite.
00:37:33Que...
00:37:33Ah.
00:37:33Il est en communication.
00:37:34Oui.
00:37:35Eh bien.
00:37:36Eh bien M. Mortimer.
00:37:37Ça en vaut la peine.
00:37:38Allo.
00:37:39M. Mortimer.
00:37:39M. Mortimer.
00:37:40M. Mortimer.
00:37:40C'est Gérardin ici, M. Mortimer.
00:37:41M. Mortimer.
00:37:42M. Mortimer, je m'excuse de vous déranger, mais j'ai besoin d'un renseignement.
00:37:46D'un renseignement important, capital même.
00:37:49Capital et confidentiel.
00:37:51Je voudrais l'adresse d'un grand bijoutier.
00:37:53Mais du plus grand bijoutier de Paris.
00:37:56D'un joaillier.
00:37:57Oui.
00:37:59C'est ça.
00:37:59Mais le plus grand joaillier de Paris.
00:38:01Comment ?
00:38:03Fontaine.
00:38:04Comme une fontaine.
00:38:06Ah.
00:38:06Fontaine Père et Fils.
00:38:07Rue de la Paix.
00:38:08Oui.
00:38:09Mais vous me garantissez que c'est bien.
00:38:12Oui.
00:38:13Ah.
00:38:14Eh bien je compte m'y rendre demain avec une dame.
00:38:20Merci M. Mortimer.
00:38:25Avec une dame.
00:38:29Avec une dame.
00:38:30Avec une dame.
00:38:32C'est censé.
00:38:34Je n'ai pas l'habitude qu'on me fasse attendre.
00:38:36Et chacun son tourne.
00:38:37Il se fait désirer, vous savez.
00:38:39Mais je vous dis, chacun son tourne.
00:38:41Non.
00:38:42Je voulais dire que personne ne peut se retenir de rendre hommage à votre côté, Mme la Marquise.
00:38:47Eh bien j'aimerais tout de même qu'il descende.
00:38:49Le voici.
00:38:50Ah.
00:38:51Mme la Marquise.
00:38:52Oui.
00:38:54Bonjour Mme la Marquise.
00:38:55Bonjour.
00:38:58Alors, vraiment M. Mortimer, vous me garantissez que Fontaine Père et Fils.
00:39:01Oh, mais c'est la première maison de Paris.
00:39:03J'ai demandé à Benoît de vous accompagner.
00:39:05Je vais les prévenir moi-même.
00:39:07Et vous serez reçu là-bas comme une de ces têtes couronnées qu'ils ont l'habitude d'avoir pour
00:39:11client.
00:39:11Parfait, parfait.
00:39:12Un taxi, M. Jardin ?
00:39:13Oui, mon enfant, un taxi.
00:39:14Non, non, c'est à deux pas d'ici mon ami.
00:39:16Alors non, mon enfant, c'est à deux pas d'ici, pas de taxi.
00:39:19Ça va nous permettre de prendre un peu l'air.
00:39:22Moi je dors.
00:39:24Il est charme.
00:39:26Pardon.
00:39:31Allo, c'est M. Fontaine ?
00:39:33Ah, le fils.
00:39:34Bonjour cher monsieur.
00:39:35Ici M. Mortimer de l'Hôtel du Premier Empire.
00:39:38Vous allez bien, M. le Père aussi ?
00:39:40Parfait.
00:39:41Oui, oui, merci.
00:39:42Très bien.
00:39:42Voilà, je vous annonce la visite imminente d'un client, M. Gérardin de Clermont-Ferrand.
00:39:48Bravo.
00:39:48Ça, ça ne m'étonne pas.
00:39:50Nous ne l'aurions d'ailleurs connu ni vous ni moi s'il ne venait de gagner le gros lot
00:39:53de la Loterie Nationale.
00:39:55Si, si, si, si.
00:39:56Le billet entier.
00:39:57Oui, les 40 millions, ils sont d'ailleurs dans nos coffres.
00:39:59Ah, ça comme vous dites.
00:40:00Et il va...
00:40:03Il va venir avec une dame.
00:40:06Oui.
00:40:07J'ai chargé notre chef de réception des accompagnés.
00:40:11Benoît, oui, c'est ça.
00:40:13Oh, non, ben ça c'est...
00:40:15C'est comme vous voudrez.
00:40:16Non, non, non, mais nous nous entendrons toujours.
00:40:19C'est ça.
00:40:20Au revoir M. Fontaine.
00:40:22Mes compliments à M. le Père.
00:40:28Bonjour messieurs.
00:40:35Mme la marquise, permettez-moi de vous présenter M. Fontaine, père et fils.
00:40:40Ainsi qu'à vous, M. Gérardin.
00:40:41Mes respectueux hommages, Mme la marquise.
00:40:44M. Gérardin, je suis très honoré de vous recevoir.
00:40:46M. Mortimer vient de m'annoncer votre visée.
00:40:49Monsieur, je...
00:40:51Voulez-vous que je me retire ?
00:40:52Oh, non.
00:40:53À moins que...
00:40:54On ne fait pas du tout un présent qui est fait en tout bien du tonnerre.
00:40:56On n'a pas besoin ni celle.
00:40:57C'est bon hein...
00:40:59Faisons.
00:41:04Alors chère monsieur,
00:41:07Une bague...
00:41:08Une bague ?
00:41:08Une bague ou un clip ?
00:41:09Vous aimeriez mieux un clip ?
00:41:11C'est un souvenir qui se voit davantage.
00:41:13Alors...
00:41:14Un clip.
00:41:15Parfait.
00:41:16Apportez la collection à types diamants 57-58, s'il vous plaît.
00:41:20Si vous préférez une bague.
00:41:21Oh, mais non.
00:41:23Eh bien, nous allons toujours voir quelques clips, si vous le voulez bien.
00:41:26Ah, c'est ravissant.
00:41:28Voilà.
00:41:29Oh, celui-ci.
00:41:32Qu'en pensez-vous, mon ami?
00:41:34Ça vaut combien, maire?
00:41:36Ceux que vous avez devant vous, de 1 à 5.
00:41:39De 1 à 5, quoi?
00:41:41Ah, millions, monsieur.
00:41:43Évidemment.
00:41:43Non, c'est cher pour ce que c'est, monsieur.
00:41:45Moi, je regrette, mais nous n'avons pas l'habitude dans la maison.
00:41:48Moi non plus, monsieur.
00:41:49Moi, je parle à cœur ouvert.
00:41:52Moi, c'est pas la question d'argent qui m'arrête.
00:41:54Moi, au contraire, moi, j'aime mieux mettre davantage et que ce soit plus beau.
00:41:59Enfin, vous comprenez, monsieur?
00:42:00Dans cet ordre-là, je vous dis, vous n'y pensez pas, mon ami.
00:42:03Bon, monsieur, comment est-ce que ça s'appelle quand c'est en diamant?
00:42:07Un collier aussi?
00:42:08Non, une rivière, monsieur.
00:42:10Une rivière ariale.
00:42:11Bien, veux-tu importer?
00:42:13Oui, veux-tu.
00:42:13Oui, mais...
00:42:14Monsieur, je vais vous en présenter une que je considère comme une de nos pièces les plus remarquables.
00:42:19Je dirais les plus jeunes.
00:42:21Oui, ceux qui conviendraient.
00:42:22Oh, ceux qui conviendraient exactement à madame Lamarie.
00:42:28Merci.
00:42:29Oh, qu'elle est belle.
00:42:31Très belle.
00:42:32Mais ce joyau, monsieur Girardin, je me permets de vous le dire, au prix que je vous le fais,
00:42:35aucun de mes confrères sur la place de Paris ne serait en mesure de vous en présenter un pareil.
00:42:40Oui, l'admirable dessin, est-ce pas?
00:42:42La façon dont chaque pierre est placée, il joue son rôle.
00:42:45Et elle vaut?
00:42:4615.
00:42:47Jeune.
00:42:48Vous appelez ça jeune.
00:42:50Évidemment, la fantaisie, c'est toujours jeune, mais ça se démode.
00:42:55Et alors, voyez-vous, monsieur, ce que je suis en moyen d'offrir aujourd'hui,
00:42:58je ne serai peut-être pas dans un an pour le remplacer ou même le faire transformer.
00:43:03Mon ami.
00:43:04Il faut voir les choses comme elles sont.
00:43:06Alors, dans ces conditions, veux-tu voir?
00:43:08Tu sais ce que je veux dire.
00:43:10Monsieur Girardin, vous êtes un homme de grand bon sens comme on n'en voit plus, mais là.
00:43:14La province.
00:43:15Et d'ailleurs, à bout et classique,
00:43:17rien ne peut mieux convenir qu'une pièce d'une somptuosité classique.
00:43:22Voilà, vous avez dit ce que j'aurais aimé dire.
00:43:25Si vous voulez me permettre, voici.
00:43:28Ah, mais c'est très beau.
00:43:30Prêt?
00:43:31Pas.
00:43:32Est-ce là?
00:43:34Oui.
00:43:35Oui, cette pièce est apparemment toute simple,
00:43:37mais je ne vous apprendrai pas que la valeur d'un diamant est plus grande suivant sa pureté que sa
00:43:45grosseur.
00:43:45En outre, quand il y en a un grand nombre, comme ici,
00:43:48il importe que leur haut et leur taille soient absolument identiques.
00:43:52Et tous les chers messieurs, voulez-vous prendre cette loupe, je vous prie, regardez.
00:43:58Regardez aussi la perfection de la monture.
00:44:02Oh, Ariane, Ariane.
00:44:04Madame.
00:44:05Elle vous plaît?
00:44:06Comment ne plairait-elle pas?
00:44:09Elle vaut combien?
00:44:11Vingt.
00:44:12Elle est à vous.
00:44:14Eh bien, madame la marquise, vous aurez là un très beau bisou.
00:44:18Je ne sais comment vous remercier.
00:44:20Oh non, c'est merveilleux pour moi.
00:44:23Vous êtes gentil.
00:44:25Monsieur, je n'ai pas de compte en banque à Paris,
00:44:27et toute ma fortune est en espèce dans les mains de ces messieurs.
00:44:31Alors, voilà ce que je vous propose.
00:44:33Si monsieur votre fils veut passer demain matin à l'hôtel avec la rivière,
00:44:37comme ça vous aurez le temps de préparer la petite facture,
00:44:40et moi le règlement.
00:44:41Eh bien, monsieur Gérardin, il en sera fait exactement comme vous le désirez.
00:44:44Vous n'oubliez pas le bon de garantie.
00:44:48Le...
00:44:48Quoi?
00:44:49Ben, vous comprenez.
00:44:49Oh, monsieur, tout ce qui sort d'ici est authentifié par le seul nom de la maison Fontaine.
00:44:54Je ne vois pas du tout pourquoi vous ne feriez pas plaisir à un client comme monsieur.
00:44:57Vous avez parfaitement raison, madame.
00:44:59Eh bien, je crois qu'il ne nous reste plus qu'à nous en aller.
00:45:02Je le crois aussi.
00:45:05Bonjour, monsieur.
00:45:06Au revoir.
00:45:06Au revoir.
00:45:07Euh, demain matin, quelle heure, monsieur Gérardin?
00:45:11Oh, ben, neuf heures.
00:45:13Vous pouvez compter sur moi.
00:45:16Au revoir.
00:45:20Vous n'avez jamais vu un bonhomme pareil ici?
00:45:23En tout cas, il s'est employé son argent.
00:45:26J'ai l'impression que c'est surtout la marquise qu'il sait.
00:45:30Ha, ha, ha, ha, ha, ha, ha, ha, ha, ha, ha, ha, ha, ha, ha, ha.
00:45:48Qu'est-ce que c'est ?
00:45:50Oh, oui, entrez, entrez.
00:45:55Où êtes-vous, mon ami ?
00:45:57Je vais venir, je viens, juste le temps de passer ma robe de chambre.
00:46:02J'ai été un peu souffrant.
00:46:04Ah bon ? Vous m'avez quitté si vite en rentrant,
00:46:07et quand je ne vous ai pas vu dans la salle à manger à l'heure du dîner,
00:46:10je me suis demandé tout à coup, mais qu'est-ce qui ne va pas, mon ami ?
00:46:13L'émotion, Ariane.
00:46:15Ah !
00:46:15La crainte de vous avoir des plus.
00:46:18Excusez-moi, mais je n'arrive pas à trouver mon orgnon.
00:46:21Des plus ? Pourquoi des plus ?
00:46:23En vous faisant un cadeau peut-être trop considérable.
00:46:27Les femmes du monde ont des délicatesses que je ne connais pas, moi.
00:46:30M. Benoît me l'a dit, et il me l'a dit, vous savez, un cadeau pareil.
00:46:34Il m'a semblé qu'il m'avait trouvé trop audacieux.
00:46:37Benoît est un rustre. Est-ce qu'il connaît les femmes du monde ?
00:46:40Non, non, non, monsieur, c'est une bourgeoise qui pourrait s'obfusquer, moi, et de vous.
00:46:46Eh bien, mon ami !
00:46:47Je ne sais vraiment pas ce que j'ai fait de mes orgnons.
00:46:51Voulez-vous que je vous aide à les retrouver ?
00:46:53Oh oui, oh oui, je veux bien, mais vous excuserez le désordre.
00:47:04Avez-vous regardé sous le lit ?
00:47:05Ben oui, mais il a dû plutôt glisser dans l'hydra.
00:47:08Oh, je suis un petit peu soupie tout à l'heure.
00:47:10Attendez.
00:47:10Oh, Ariane, vous, votre parfum, dans cette chambre.
00:47:15Vous avez l'air d'un pauvre hibou sans vos lunettes.
00:47:18Ariane.
00:47:19Vous êtes fous ?
00:47:20Ariane.
00:47:21Oh, oh, Jules. Jules. Oh non, Jules.
00:47:30Il est neuf heures passées.
00:47:32Non, non, neuf heures, Jules.
00:47:35Ah, bien, voici.
00:47:39Bon, bonjour, Monsieur.
00:47:40Eh bien, nous pouvons dire que nous avons de la chance.
00:47:43Monsieur Gérardin vient de recevoir une communication téléphonique
00:47:45qu'il oblige à partir au plus vite.
00:47:46À 24 heures près, pas de rivière.
00:47:48Ben, Monsieur, mon père, vous répondrez un peu vivement
00:47:50que la maison Fontaine, père et fils, n'en prennent pas faille.
00:47:53Pendant que j'en connais une, qu'aurait fait une journée.
00:47:55Retenez vos réflexions sur la clientèle, Mademoiselle Fabre.
00:47:58C'est elle qui vous nourrit.
00:48:01Allo, oui ?
00:48:02Passez-moi le 525, s'il vous plaît.
00:48:06Allo, Monsieur Gérardin ?
00:48:08Monsieur Benoît, là, pareil.
00:48:11Monsieur Fontaine, le fils.
00:48:13Oui ? Oui, il est en bas.
00:48:16Très bien.
00:48:18C'est parfait, nous montrons tout de suite.
00:48:21À tout de suite, Monsieur.
00:48:22Il nous attend. Notre chef comptable est déjà là-haut.
00:48:24Si vous voulez bien, Monsieur.
00:48:25Mais certainement. Vous venez ?
00:48:371, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10.
00:48:411, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10.
00:48:441, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10.
00:48:56Mais tout y est. Et l'argent que j'ai retiré au bureau depuis mon arrivée...
00:49:00Mais ces avances figurent sur votre compte final, Monsieur Gérardin.
00:49:05Tenez, vous voyez, du 18, 15 000 francs, du 20, 30 000...
00:49:12Au total, c'est juste.
00:49:14Vous pensez bien, Monsieur Gérardin, que nous n'allions pas vous demander chaque fois de fouiller dans votre palette pour
00:49:19des sommes aussi dérisoires.
00:49:20Oui, naturellement. Voilà comment on fait les grandes maisons.
00:49:24Une maison que je ne quitterai pas sans chagrin, Monsieur.
00:49:28Ah, il faut que je vous rende votre reçu maintenant.
00:49:31Vous vous rappelez le petit porte-monnaie affreux que j'avais à mon arrivée ?
00:49:34J'en ai fait des progrès pendant une semaine.
00:49:38Ah, à propos, je vous laisse mes hardes.
00:49:42Oui, la femme de chambre m'a dit que le personnel vous laisse les partager pour que ça lui porte
00:49:47bonheur comme de la corde de pendure.
00:49:49Oh, oh, oh, oh, oh.
00:49:51C'est...
00:49:52Euh, voilà votre reçu, Monsieur.
00:49:55Merci, Monsieur.
00:49:56Vous pouvez me retirer, Jean-Len.
00:50:00Euh, entrez.
00:50:05Monsieur Gérardin, Monsieur Fontaine, le fils.
00:50:08Ah, voilà mon beau bijou.
00:50:11Monsieur, merci.
00:50:14J'ai appris que vous deviez nous quitter, Monsieur Gérardin.
00:50:17Oui.
00:50:19Oui, c'est une belle pièce.
00:50:23Oh, croyez-vous que c'est malheureux quand même, juste au moment où...
00:50:28Oui, c'est un client, un client de Clermont qui est arrivé à Paris ce matin et qui m'a
00:50:33téléphoné à propos de mon commis.
00:50:35Il a les oreillons.
00:50:37Vous savez, les oreillons pour un garçon de 19 ans, ceci.
00:50:39Et oui, et puis d'autant plus qu'en province, la clientèle ne raffole pas des contagieux.
00:50:44On est craintif en province.
00:50:48Bon, eh bien, ne perdons pas de temps.
00:50:52Ça fait toujours quelque chose.
00:50:55Mais cette fois, elle va subir une fameuse ponction.
00:50:59Oh, remarquez, je ne le regrette pas parce que c'est un beau bijou.
00:51:03Et la personne le mérite bien.
00:51:06Monsieur Gérardin, voici la facture avec tous ses détails.
00:51:09Bon, mais elle n'a pas augmenté depuis hier.
00:51:12Oh, monsieur.
00:51:14Bon, alors, un, deux, trois, quatre, cinq.
00:51:19Voilà, ce sont des liasses d'un million, monsieur.
00:51:22Six, sept, huit, neuf, dix.
00:51:24Mais vous n'avez pas peur que...
00:51:27Bon, monsieur, il y en avait pour la même valeur quand je suis arrivé.
00:51:29Ah oui, c'est très juste.
00:51:3111, 12, 13, 14, 15.
00:51:33Voilà, monsieur.
00:51:34Merci.
00:51:35Là, il y aura de mes employés qui m'attendent à l'entrée.
00:51:38Et vingt, voilà.
00:51:41Alors, adieu, monsieur.
00:51:43Et mes respects à monsieur votre père.
00:51:45Il m'avait chargé de vous transmettre tous les siens, monsieur Gérardin, mais pas adieu.
00:51:49Nous l'espérons bien, ça.
00:51:50Il n'est pas de meilleur cadeau qu'un bijou, je me permets de vous l'affirmer.
00:51:55Monsieur, monsieur.
00:51:58Un ou deux maintenant, monsieur Mortimer.
00:52:01Oh.
00:52:01Oui, continuons la ponction.
00:52:04Voyons la facture.
00:52:07Oui.
00:52:09Attendez, attendez, voilà.
00:52:11Il y a un peu plus que le compte, mais le personnel ne s'en plaindra pas.
00:52:17Non, là, vous êtes vraiment trop généreux, monsieur Gérardin.
00:52:19Mais je veillerai à ce qu'il ne se trouve pas sur votre passage au moment du départ.
00:52:23Alors, si vous le permettez, monsieur Mortimer, je vais écrire un...
00:52:28Ah bon, je vous en prie.
00:52:29Et puis, enfin, je vais préparer ma valise.
00:52:33Ah bien, je vais prévenir le bagagiste.
00:52:34A tout de suite.
00:52:40Ah bon, je vais pouvoir vous pé 무�erquer.
00:52:49Il y a deux maintenant.
00:53:02Je vais vous poser, monsieur Gérardin.
00:53:06Mon adoré.
00:53:35C'est un bon lieu de permission.
00:53:40Chaque fille là, tout d'abord confie l'unette?
00:53:43J't'y pense.
00:53:49Monsieur Girardin, tout est prêt.
00:53:53Monsieur Mortimer, j'ai un mot à vous dire.
00:53:56Vous vous en prie?
00:53:57Je n'ai pas eu le courage de réveiller Madame de Sestrière.
00:54:01Alors je lui ai écrit un mot, et il est là.
00:54:05Je lui ai dit tout ce que j'avais à lui dire.
00:54:09Alors, je vous demanderai de vouloir bien me servir d'intermédiaire.
00:54:13Je suis très honoré de votre confiance, M. Gérardin.
00:54:16Soyez certain que dès votre départ, j'ai...
00:54:18Et voilà.
00:54:19Oh !
00:54:20Quoi que vous avez eu ?
00:54:21La mallette. Vous avez oublié votre mallette.
00:54:23Ah, ben oui, votre mallette.
00:54:24Je l'ai laissée là-haut, exprès.
00:54:27Le reste de son contenu est dans les poches.
00:54:30Ah, oui.
00:54:31Et puis ce vieux souvenir de régiment, porté bonheur lui aussi.
00:54:36Eh ben voilà, il faut que je m'arrache.
00:54:39Je me souviendrai toujours de votre accueil.
00:54:43Toujours.
00:54:44Au revoir.
00:54:44Mais vous, vous m'oublierez bien vite.
00:54:46Oh, M. Gérardin.
00:54:47Quand on pense à la quantité de gens extraordinaires qui défilent ici.
00:54:52Eh, enfin, espérons-le.
00:54:54Au revoir.
00:54:55Au revoir.
00:54:56Au revoir.
00:54:59Et bon voyage.
00:55:08Mettez la valise à l'intérieur.
00:55:11Là, viens.
00:55:12Voilà.
00:55:13Chauffeur à la gare de Lyon et aux grandes lignes.
00:55:16Viens.
00:55:17Merci mille fois, monsieur.
00:55:23Allô, Ariane.
00:55:24C'est Mme de Sestriguerre ?
00:55:25Mes hommages, madame.
00:55:27Oui, je vous téléphone de la part de M. Gérardin.
00:55:30J'ai une communication à vous faire.
00:55:31Il était obligé de partir précipitamment.
00:55:33Non, non, non.
00:55:33C'est justement à ce sujet.
00:55:35Je monte.
00:55:37Ah, vous descendez.
00:55:38Bon.
00:55:39Eh bien, je vous attends dans le salon de thé.
00:55:41À tout de suite.
00:55:47Vous l'avez entendu ?
00:55:49Il lui a dit Ariane.
00:55:50Eh bien.
00:55:51Mais alors ?
00:55:54Mais comment croyez-vous qu'elle pourrait rester ici ?
00:55:56Vous êtes bête tout de même.
00:55:58Oh, Raoul.
00:55:59Alors.
00:56:16Dites-moi, chauffeur, il y a une poste près de l'hôtel de ville à droite.
00:56:20Vous serez bien gentil de m'y arrêter.
00:56:22Oui.
00:56:22Je suis en avance, je descendrai là.
00:56:25Bien, monsieur.
00:56:52Il est parti, le collier.
00:56:53Voilà.
00:56:54Oh, j'ai eu peur.
00:57:03Quoi ?
00:57:04Qu'est-ce que c'est ?
00:57:04C'est pas possible.
00:57:10Mon adoré, ce n'est pas joli, joli de se moquer d'un petit provincial comme vous l'avez fait.
00:57:14Mais je n'oublierai jamais les folles heures que nous avons passées ensemble grâce à cette magnifique rivière que j
00:57:18'emporte en souvenir de vous.
00:57:20Jules !
00:57:21Oh, le muf !
00:57:22Voilà au quoi vous avez abouti avec toutes vos combinaisons.
00:57:24Vous voulez que je vous la raconte, Manu, avec le petit provincial ?
00:57:26Oh, c'est vous, vous êtes très puyante.
00:57:27Ah, voilà que vous m'insultez.
00:57:28C'est peut-être pas vous qui m'avez demandé de lui sourire, non ?
00:57:29Ah, vous appelez ça lui sourire ?
00:57:31Je ne suis pas capable de résister aux moindres bijoux.
00:57:33Aux moindres bijoux, une rivière de 20 millions.
00:57:35Que vous n'avez pas.
00:57:36D'ailleurs, vous allez me faire le plaisir de quitter l'hôtel immédiatement.
00:57:38Non, mais ça, vous n'aurez pas besoin de me dire deux fois.
00:57:40Une boîte qui déshonore l'hôtellerie française.
00:57:42Voilà.
00:57:42Voilà au quoi j'en suis réduite, moi, la marquise de Cestrière.
00:57:44Oh, marquise de Cestrière, après avoir été à la comtesse de Vittel ou de Bagnères de Bigorre.
00:57:47Quoi ?
00:57:48Oh, voyons !
00:57:50Monsieur le directeur.
00:57:50Oui, madame la marquise.
00:57:51Qu'est-ce qu'il y a ?
00:57:52Oui, nous faisons trop le bruit, c'est entendu.
00:57:53Non, non, non, non, non, on vous demande d'urgence au téléphone.
00:57:56La maison Fontaine, le fils.
00:57:57Ah, j'y vais.
00:58:05138 rue du chemin vert.
00:58:06Pas du chemin de fer, du chemin vert.
00:58:08À côté de Pierre-Lachaise.
00:58:17Non, non, non, non, non, non, non.
00:58:50Dites, arrêtez.
00:58:51J'ai oublié mon client à ce quartier.
00:58:53Lui qui voulait ses échantillons ce matin à 9h, il va me sonner les cloches.
00:58:56Dites, arrêtez-vous là.
00:58:57Arrêtez là.
00:59:01Mais non, mais non, mais c'est impossible.
00:59:03C'est incroyable, Bergeron.
00:59:06Bergeron ?
00:59:06Comment, Bergeron, ce petit bonhomme ridicule, c'est rien du tout, c'est ce peine cul.
00:59:11Non, mais vous êtes certainement la victime d'une farce.
00:59:13Non, mais vous appelez ça une farce.
00:59:15Eh bien, je vous avertis qu'elle va vous coûter plus cher qu'à moi.
00:59:17Je vous en prie, monsieur Fontaine, du calme, pensez à mes clients.
00:59:19Ah oui, vos clients, ils sont jolis, vos clients.
00:59:21Vous voulez savoir ce qu'ils m'écrivent, vos clients ?
00:59:23Mais pas ici, je vous en prie.
00:59:25Messieurs, pour la bonne règle de vos écritures, j'ai l'honneur de vous informer
00:59:28que je viens d'acquitter le montant de votre facture, 7639, à l'aide de billets dont je vous déconseille
00:59:35l'emploi.
00:59:36Comment ?
00:59:37Seul le billet supérieur de chaque liasse sort des presses officielles.
00:59:41Le reste provient d'un stock exécuté il y a quelques années par les soins d'un de mes amis
00:59:44intimes.
00:59:45Je n'ai pas besoin de vous en dire davantage.
00:59:46L'affaire ayant été largement commentée en son temps par la presse parisienne.
00:59:50La dite affaire étant heureusement tombée en sommeil, j'ai cru que je pouvais, sans trop de risques, utiliser mes
00:59:56derniers paquets.
00:59:58Merci de m'avoir si bien secondé.
01:00:00La présente opération n'est guère considérable.
01:00:02Je lui dois du moins une jolie pièce, facile à réaliser.
01:00:06Vous ne voulez pas vos clients.
01:00:08Et il ose ajouter, pour terminer, pour finir un conseil.
01:00:12Méfiez-vous des gagnants anonymes de la Loterie Nationale.
01:00:17Gilles, Gérardin, Bergeron.
01:00:19Le Bergeron des colliers de père.
01:00:21L'escroc des Péruviens ?
01:00:22Oui, celui qui a commencé par être l'abonné de la ligne U.
01:00:25Bergeron.
01:00:26Mais alors, ça note ici, les billets sont faux.
01:00:27Il faut prévenir la police.
01:00:28Moi, je ne vous ai pas attendu, la police, elle doit être chez moi.
01:00:31Je suis venu vous chercher.
01:00:31Mais il ne faut pas que ça note ici, elle les avance, 300 000 francs.
01:00:34Ah non, non, non, mon vieux, non.
01:00:35Vous n'allez pas mettre en parallèle vos pertes, c'est les miennes, hein.
01:00:37Vous portez plainte après.
01:00:38Allez, allez, venez, venez.
01:00:43Ah oui, marquise ou pas marquise, c'est tout de même vous qui l'avez accompagnée chez moi.
01:00:49C'est pour vous qu'il a affié cette rivière.
01:00:51Pour moi, il m'a écrit qu'il l'emportait, il vous l'a écrit à vous aussi.
01:00:53Ah oui, eh bien, il faudra le prouver.
01:00:55Vous vous expliquerez devant la police, en tout cas, vous avez été sa rabatteuse.
01:00:57Moi, sa rabatteuse, c'est lui.
01:00:59Comment, moi ?
01:00:59Oui, lui.
01:01:00Mais c'est M. Mortimer qui vous a téléphoné lui-même.
01:01:02Ah, alors, j'ai téléphoné peut-être, mais c'est vous qui avez accompagné.
01:01:04Je l'ai accompagné parce que vous m'avez dit de le faire.
01:01:06Oh, vous l'auriez fait de toute façon, vous étiez tout le temps collés ensemble.
01:01:09Saltez ça !
01:01:10Mais vous, mais caisez-vous tous !
01:01:14Vous, Mortimer, Benoît, vous allez m'accompagner sans plus d'histoire.
01:01:17Si vous êtes tous des victimes d'hubergerons, il vous sera facile de le prouver.
01:01:21Et il ne nous restera plus dans cette histoire, enfin dans cette farce, comme vous dites,
01:01:25qui a aidé la police.
01:01:26Allez, venez, en route.
01:01:28Je vous en prie.
01:01:28Est-ce qu'on a pas dit la garde-jeu ?
01:01:29Ah oui, jeune homme, oui, figurez-vous, c'est fait.
01:01:31Oui, allez, venez.
01:01:32Merci.
01:01:33Merci.
01:01:35Merci.
01:01:42Merci.
01:01:42Merci.
01:01:48Merci.
01:01:58Merci.
01:02:06Merci.
01:02:08Merci.
01:02:40Merci.
01:02:46Merci.
01:02:47Merci.
01:02:49Merci.
01:02:49Merci.
01:02:50Merci.
01:02:54Merci.
01:02:56Merci.
01:02:56Merci.
01:03:09Merci.
01:03:10Merci.
01:03:19Merci.
01:03:23Merci.
01:03:24Merci.
01:03:25Merci.
01:03:26Merci.
01:03:29Merci.
01:03:32Merci.
01:03:33Merci.
01:03:33Merci.
01:03:34Merci.
01:03:34Merci.
01:03:38Merci.
01:03:38Merci.
01:03:39Merci.
01:03:40Merci.
01:03:41Merci.
01:03:44Merci.
01:03:45Merci.
01:03:46Merci.
01:03:55Merci.
01:04:01Merci.
01:04:02Merci.
01:04:13Merci.
01:04:14Merci.
01:04:21Merci.
01:04:26Merci.
01:04:33Merci.
01:04:39Merci.
01:04:41Merci.
01:04:42Merci.
01:04:42Merci.
01:04:42Merci.
01:04:43Merci.
01:04:43Merci.
01:04:43Merci.
01:04:44Marie, t'as pris ma place?
01:04:46Ah, oui, mon cher. Elle m'en a même donné la référence.
01:04:48Voiture 7, place 15.
01:04:50Ah, 7 et 1, 8 et 5, 13, ça me plaise.
01:04:53Tu es superstitieux?
01:04:54Hum, quand les signes me sont favorables, oui.
01:04:58Philosophe à ce point, et d'autre part largement pourvu en valeur sûre,
01:05:02je m'étonnerais toujours de ne pas encore courir des risques,
01:05:04car pas comme ceux qui...
01:05:05Ben et toi?
01:05:06Moi? C'est par reconnaissance, c'est par amitié.
01:05:09Tu sais que j'aime rendre des services?
01:05:11Vieille fricot.
01:05:14Eh bien, moi, mettons que ce soit par amitié envers moi-même.
01:05:18Ah oui, j'ai jamais connu de meilleure distraction.
01:05:21Sans compter celle qui en découle naturellement.
01:05:23Ben, Ariane, par exemple.
01:05:25Ah?
01:05:26Ah!
01:05:27Oui, remarque que M. Marion aurait pu obtenir ses délicieuses faveurs,
01:05:31mais ça aurait écorné mon compte en banque et...
01:05:34Elle aurait été seule à jouer la comédie.
01:05:37Ah!
01:05:38Bon, je te quitte.
01:05:40Alors, dis-donc, tu...
01:05:42Moi, je reviens de Bruxelles dans trois jours et tu viendras déjeuner.
01:05:47Et quand tu voudras?
01:05:48Bon.
01:05:49Pardon.
01:05:50Eh bien, voilà.
01:05:51Au revoir, docteur.
01:05:52Mon cher ami.
01:05:53Je vous accompagne.
01:05:57Tout ira bien à la condition que vous soyez raisonnable.
01:06:00Ne manquez pas de prendre ce fortifiant.
01:06:02Il est de premier ordre.
01:06:02Et dès que vous serez de retour, nous ferons la série de piqûres.
01:06:06Merci, docteur.
01:06:07Merci beaucoup.
01:06:08Au revoir, docteur.
01:06:09Au revoir.
01:06:10Bon voyage.
01:06:12Merci.
01:06:14Merci.
01:06:17Merci.
01:06:26Merci.
01:06:54Sous-titrage ST' 501.
01:06:57Sous-titrage ST' 501.
01:07:27C'est pas ridicule d'avoir loué ma place.
01:07:29Mais je viens de garder le lit pendant huit jours et je ne voulais pas courir le risque
01:07:34de voyager dans de mauvaises conditions.
01:07:36Il faut dire qu'on ne sait jamais, n'est-ce pas?
01:07:39Un coup de froid?
01:07:41Une bonne grippe.
01:07:43À cette saison, elles sont mauvaises.
01:07:45Heureusement que le wagon est bon, question chauffage.
01:07:49La cigarette, toujours amateur?
01:07:51Quand ils sont de cette qualité, ça serait malheureux.
01:07:54Je penserai à vous, on le fume un dimanche.
01:07:57Allez, bonsoir, monsieur.
01:07:58Bonsoir.
01:07:58Jusqu'aux opérations de la douane, je vais faire un petit somme.
01:08:01Bon voyage.
01:08:02Au revoir.
01:08:02Et à la prochaine.
01:08:15Sous-titrage ST' 501.
01:08:40Merci.
01:09:02Je ne sais pas.
01:09:30Portefeuille.
01:09:35Comment ?
01:09:36Portefeuille.
01:09:38Ah, ça...
01:09:40Allons, portefeuille !
01:09:46Mais je n'ai pas d'argent.
01:09:47Bien sûr.
01:09:52Eh bien, ouvrez-le. Voyez bien, je les mets occupés.
01:09:55Allez, sortez tout ce qui contient.
01:09:57C'est tout.
01:09:58Vous vous foutez de moi ?
01:10:10Vous n'allez pas me prendre ce que j'ai dans cette pochette ?
01:10:12C'est ce que je vous disais, hein ?
01:10:13C'est pas à moi, c'est de l'argent que je dois que je vais rendre en Belgique.
01:10:15Alors, je connais ça. L'argent qu'on vous prend n'est jamais à vous. C'est vrai d'ailleurs.
01:10:20Il est à moi. Du calme, hein ? Si vous avez envie que je vous quitte bientôt et que je
01:10:25vous rende à vos bourrets...
01:10:27Bon, dites-donc, je vais l'avoir la grippe, moi !
01:10:36Pourtant...
01:10:36Bougez pas ! Mais vous allez me faire attraper une fucsion de poitrine !
01:10:449h20...
01:10:50C'est pas possible.
01:10:52Quoi ? Qu'est-ce qui n'est pas possible ?
01:10:53Vous foutez-moi la paix, hein ! N'oubliez pas ce que j'ai dans la main !
01:10:55Vous avez du culot ! Vous me voulez 30 000 francs belges, plus de 200 000 francs français, vous êtes
01:10:59encore là. Qu'est-ce que vous attendez ? Fermez-vous-moi la fenêtre !
01:11:01Vous la fermerez vous-même quand j'aurai sauté !
01:11:04Eh ben oui, quoi, quand je serai passé par là, vous comprenez pas, non ?
01:11:06Pas à passer par là, à 130 à l'heure ?
01:11:08Non, pas à 130 à l'heure !
01:11:10Il y a des travaux avant Saint-Quentin.
01:11:13Le train doit valentir, et c'est alors que j'aurai le grand plaisir de vous poser compagnie.
01:11:16Bon, ne cherchez pas, hein !
01:11:18Même si vous tirez le signal d'alarme une fois que j'aurai sauté, le temps que vous donniez vos
01:11:21raisons, je serai loin.
01:11:23Ou en tout cas dans un petit coin tranquille.
01:11:26Oh !
01:11:27Saint-Quentin, apparemment.
01:11:29Ça, c'est un vrai signal.
01:11:31Il est encore...
01:11:35Vous êtes fait comme un rat, jeune homme.
01:11:38Je vais tirer là-dessus.
01:11:39Oui, avec deux balles dans la peau, vous irez de la peine.
01:11:41Non, mais écoutez, vous permettez au moins que je ferme la vitre.
01:11:58Si je vous rends l'argent, vous me laisserez filer. Hein ?
01:12:03Vous vous engagerez sur l'honneur à ne rien dire quand la police et la douane vont passer.
01:12:08Et si je refuse ?
01:12:10Je tue.
01:12:11Et si je mens ?
01:12:13Si je vous dénonce quand même ?
01:12:18Ibécile.
01:12:19Travailler aussi bêtement dans un rapide plus fermé qu'une prison.
01:12:23Alors, on tire ?
01:12:26Tu vas quand même pas risquer la guillotine pour te venger d'avoir raté ton coup.
01:12:34Mais bien sûr, monsieur.
01:12:37Bien sûr, je ne vais pas risquer la guillotine pour un malheureux petit vol.
01:12:41Autant plus qu'après tout, il ne s'agit pas d'un vol, mais d'une commission.
01:12:46Faut-il que je sois bête quand je pense que je voulais sauter par la fenêtre.
01:12:50La peur.
01:12:52La peur, c'est ça. Le manque d'habitude.
01:12:54Un défaut technique.
01:12:56Oui, alors on va bavarder maintenant. On change de procédé.
01:12:59On va bavarder en attendant le miracle qui vous tirera d'affaire.
01:13:03Eh bien, jeune homme, vous n'avez pas le choix où vous tirez ou je vous fais prendre.
01:13:10Alors, vous tirez ? Hein ?
01:13:13Non, mais non. Je ne pense plus du tout à une folie pareille.
01:13:18Je suis sûr que dans quelques minutes, nous nous serons mis d'accord.
01:13:22Complètement d'accord.
01:13:23C'est si vous allez voir, hein.
01:13:25Allez, pas de bavardage, des choses très sérieuses.
01:13:28J'aurais dû commencer par là au lieu de me montrer si bête.
01:13:32Je me présente.
01:13:35Lucien.
01:13:36Lucien qui ?
01:13:37Lucien tout court.
01:13:38Un valet de chambre n'a pas de nom et je suis valet de chambre.
01:13:41Monsieur ne se rappelle pas.
01:13:43Je suis le valet de chambre du docteur Meunier.
01:13:46Le docteur Meunier, mon médecin, non.
01:13:48Je ne vous ai jamais vu chez lui.
01:13:49Monsieur plaisant.
01:13:50Monsieur ne m'a pas vu aujourd'hui parce que j'avais la grippe.
01:13:53Monsieur avait bien la grippe ces derniers huit jours, lui aussi.
01:13:57Evidemment.
01:13:58Voilà pourquoi, la moustache, elle est fausse.
01:14:03Mais j'ai eu peur que vous me reconnaissiez parce que ma première idée, ce n'était pas de...
01:14:08Non. Non, je voulais seulement...
01:14:11Enfin, vous avez bien vu ce que je voulais.
01:14:14Ah oui, c'était bien.
01:14:16Mais j'avais quand même bien préparé mon coup.
01:14:19Le train ralentissait avant Saint-Quentin.
01:14:21Je me planquais à même pas 100 mètres chez un ami.
01:14:23Je connais la région, pensez.
01:14:25Je suis de grugie.
01:14:28C'était pas mal comme plan.
01:14:30Il y avait tellement mieux à faire.
01:14:33Il y a tellement mieux à faire, Monsieur Bergeron.
01:14:38Je comprends pas.
01:14:40Vous ne comprenez pas qu'il y ait pour moi mieux à faire que de vous voler 30 000 francs
01:14:42belges.
01:14:45Vous avez un bien bon ami dans le docteur Meunier, Monsieur Bergeron.
01:14:49Quelqu'un de sûr, de loyal.
01:14:51Seulement, voilà.
01:14:53Mais qu'est-ce que vous racontez, mon Dieu?
01:14:55Marion. Moi, je m'appelle Gabriel Marion.
01:14:58Ah oui, Marion et Bergeron, la même sonorité.
01:15:03Vous avez pris un nom pour un autre.
01:15:05Votre maître a plusieurs malades quand même.
01:15:07Je n'ai absolument pas pris un nom pour un autre.
01:15:10Et la situation diffère du tout au tout.
01:15:12Selon que Monsieur s'appelle Marion ou Bergeron.
01:15:15Marion.
01:15:16Marion, c'est n'importe qui.
01:15:18C'est quelqu'un de très bien, à qui personne n'a rien à reprocher.
01:15:22Tandis que Bergeron...
01:15:23Hein?
01:15:24Voyons, le grand, le célèbre Bergeron.
01:15:28Petit Sam.
01:15:30Oh, Bergeron, l'escroc, le voleur.
01:15:33Vous avez bien fait de vous reprendre.
01:15:35Avec son nom en première page ce soir, votre ignorance n'aurait vraiment pas été naturelle.
01:15:39Oui, le voleur, l'escroc.
01:15:42Je n'aurais jamais osé le dire moi-même.
01:15:45Et Monsieur peut penser, si c'est une affaire, pour un pauvre boucle d'avoir été mis sur la piste
01:15:49de Perfou.
01:15:51Vous savez, j'ai eu tant de malheur dans ma vie.
01:15:53Je n'ai pas toujours été valet de chambre.
01:15:56Ah, oui, je comprends.
01:15:57Oui, je compris.
01:15:58Vous imaginant que je suis Bergeron, vous allez tirer le signal d'alarme.
01:16:03C'est amusant, ça, c'est amusant.
01:16:05C'est inattendu, c'est amusant.
01:16:07Eh bien, tirer, je viens de tirer.
01:16:09Seulement, ce n'est pas en prison que vous finirez.
01:16:12Ah, non.
01:16:14C'est dans un asile.
01:16:16Tirez le signal d'alarme.
01:16:18Moi.
01:16:20Il faudrait que je sois fou, en effet.
01:16:22Ou que Monsieur s'obstine.
01:16:25Évidemment, si je vais raconter tout ce que je sais, ça ne manquerait pas d'intéresser la police.
01:16:30Mais Monsieur ne s'obstinera pas.
01:16:32Monsieur aimera mieux s'entendre avec Lucien.
01:16:36Vous ne vous rappelez pas, Lucien.
01:16:39Mais bien sûr, un domestique.
01:16:42Seulement, à force de nous traiter comme des fantômes, ne vous étonnez pas si nous écoutons le porte.
01:16:46Et alors, nous en surprenons des choses.
01:16:49Chez nous, le docteur ne cache rien à Madame.
01:16:52C'est le modèle des maris.
01:16:54Tout ce qu'il a fait dans la journée, ses visites à l'un, à l'autre.
01:16:58Et même aux malades qui ne sont pas chez eux quand il va les soigner.
01:17:02Il raconte tout.
01:17:05Et Madame rit.
01:17:07Elle rit.
01:17:09Vraiment.
01:17:10Eh bien, je croyais le docteur Monnier plus discret que son valet ne le dit.
01:17:14Son valet le dit parce que c'est vrai.
01:17:15Comment son valet serait-il sans cela ?
01:17:17Qu'un jour Bergeron, déguisé en capitaine la poitrine chargée de décorations...
01:17:21Non, ça, il n'aurait eu qu'à lire des journaux.
01:17:23Chaque fois que Bergeron commet un méfait, il envoie un rapport détaillé aux journaux.
01:17:28On ne sait pas pourquoi d'ailleurs.
01:17:30Et vous vous croyez assez malin ?
01:17:31Naturellement, je suis assez malin.
01:17:33Aussi malin que vous.
01:17:35Et moi en plus, je suis honnête.
01:17:38J'ai toujours gagné honnêtement ma vie et je vais continuer.
01:17:40Car faire chanter un Bergeron, c'est de l'honnêteté.
01:17:43Je gagnerai simplement davantage et avec moins de mal.
01:17:47Faut faire chanter Bergeron le jour où tu mettras le doigt dessus.
01:17:51Il fera des preuves un peu plus consistantes.
01:17:53Des preuves ? Je les ai toutes.
01:17:55Vous entendez ? Toutes !
01:17:59Je sais toute votre histoire de Gérardin.
01:18:01Et je sais où se trouve la rivière de Fontaine.
01:18:04Et ça, c'est pas dans les journaux, hein.
01:18:07Vous voulez mon gars ?
01:18:08À vous non, à la police si vous continuez à faire l'idiot.
01:18:11Le docteur a toujours tout noté.
01:18:13Chaque somme que vous lui avez remise.
01:18:15Dans un carnet.
01:18:17Un beau petit carnet rouge que j'ai chez moi.
01:18:20Au sens des tailles, bien sûr.
01:18:21Mais il y a des dates, mon bon monsieur,
01:18:23qui concordent joliment bien avec vos pseudo-maladies.
01:18:26Et l'importance des sommes, hein.
01:18:28Alors M. Marion paierait des honoraires de cette taille-là
01:18:30pour un refroidissement ou une entorse.
01:18:34Voulez-vous que je vous le récite, ce carnet ?
01:18:39Après vous.
01:18:40D'ailleurs, vous n'êtes pas le seul à figurer dans ce carnet, M. Bergeron.
01:18:44Ah.
01:18:45Il a de l'appétit, le docteur, hein.
01:18:47Des certificats de complaisance, des...
01:18:49Ça ne vous regarde pas, secret professionnel.
01:18:55S'il y a rien.
01:18:57Je regarde, je suis occupé.
01:18:59Puis je filme pas.
01:19:02Pourquoi tu t'es pas attaqué à ton patron ?
01:19:05C'était plus simple.
01:19:06Monsieur parle sérieusement.
01:19:08Est-ce qu'il vaut pas toujours mieux s'adresser au bon Dieu qu'à ses saints ?
01:19:12D'ailleurs, encore une fois, je ne pensais pas.
01:19:14Vous savez, je m'avais demandé un congé de 3-4 jours pour me reposer après Maghreb.
01:19:19C'est quand je vous ai entendu ce matin.
01:19:21Je t'ai pris un revolver pour le bagage.
01:19:23Allez, tais-toi, menteur.
01:19:25Ton coup était prêt de parer une longue date.
01:19:28Ça va ?
01:19:30Garde les billets.
01:19:31C'est tout ?
01:19:33Comment c'est tout ?
01:19:3430 000 francs belges, quelques poussières françaises.
01:19:38Une épingle de cravate, oui.
01:19:39Oui, d'accord, mais quand même.
01:19:41Tu sais bien qu'il ne me reste plus rien sur moi.
01:19:43Pas un petit carnet de chèques.
01:19:46C'est dangereux, ça, l'échec.
01:19:49Mais rien ne peut plus être dangereux entre nous, Monsieur Bergeron.
01:19:53Du moins de votre part.
01:19:55Nous allons en faire une sacrée paire d'amis tous les deux.
01:19:58Chaque fois que vous réussirez un de ces coups magnifiques dont vous avez le secret,
01:20:01vous direz, c'est Lucien qui va être content.
01:20:04Il y aura un petit quelque chose pour Lucien.
01:20:06Et tu as déjà fixé ce petit quelque chose ?
01:20:0910%.
01:20:11Si bien que je devrais à Lucien...
01:20:13Nous nous ferons le calcul plus tard pour le passé.
01:20:14Mais pour la rivière, pas de problème, 2 millions.
01:20:18Faut donc que je te fasse un chèque de 2 millions.
01:20:21Alors de vous-même, et vous l'endosserez.
01:20:24Je peux quand même défalquer les 200 000 francs et le prix de la paire.
01:20:29Oh, cher Monsieur Bergeron, un jour comme aujourd'hui,
01:20:32où on se découvre un ami comme moi, c'est comme un anniversaire, voyons.
01:20:36Ça mérite bien un cadeau.
01:20:39Pensez aux petites armées.
01:20:41Vous, vous avons un beau secret tous les deux.
01:20:48Eh ben, je suis entre tes mains.
01:20:50Il n'y a pas de doute.
01:20:57Vous ne pouvez pas me supprimer.
01:20:59Tu crois ça ?
01:21:01Eh bien, tu te trompes !
01:21:07Avance.
01:21:11On marche devant.
01:21:13Que voulez-vous ?
01:21:13N'oubliez pas ce que j'ai dans la main.
01:21:14Mais que voulez-vous ?
01:21:19Ouvre.
01:21:20Quoi ?
01:21:21Ouvre.
01:21:25Mais vous êtes fous !
01:21:27Tu me laisses monter tout à l'heure.
01:21:28Tu me laisses monter tout à l'heure.
01:21:28Tu me laisses monter.
01:21:28On se tourne.
01:21:30On se tourne.
01:21:32Pas.
01:21:35Pas.
01:21:42Pas.
01:21:46Pas.
01:21:56Alors, M. Bergeron ?
01:21:59Je ne suis pas Bergeron.
01:22:00Tu es qui tu veux, on s'en fout.
01:22:02Mais si je vous dis que je ne suis pas Bergeron...
01:22:03Eh bien, tu es arrêté pour tentative d'assassinat sur un inspecteur de la police judiciaire.
01:22:08Et ça, mon Dieu, c'est encore pire.
01:22:11Oui, ça sent là.
01:22:15Et pas n'importe lequel.
01:22:16C'est Simon Rivière, le plus jeune de tous les inspecteurs principaux.
01:22:19Et aussi le plus...
01:22:21Assez, assez le cœur antique.
01:22:24C'est une fameuse soirée.
01:22:27On est donc quelquefois intelligents dans la police ?
01:22:30Oui, cachez-lui la gueule, chef.
01:22:34Rudement intelligents.
01:22:35J'ai suivi votre exemple, M. Bergeron.
01:22:38J'ai joué la comédie.
01:22:39Ah, il n'y avait pas moyen de te prendre autrement.
01:22:41Il me fallait un aveu.
01:22:43Je pensais d'ailleurs pas que j'y risquerais ma peau.
01:22:46Non, je ne voulais qu'un chèque, une jolie pièce à conviction.
01:22:49Mais Bergeron Criminel, ça me change.
01:22:53Mais évidemment, évidemment, tu étais affolé, poussé à bout.
01:22:56Un mètre chanteur attaché pour la vie à tes trousses, tu ne savais plus comment en sortir.
01:22:59Bon, moi, on le savait très bien.
01:23:01Je vous tombais du train, je tirais le signal d'alarme, je racontais le vol et on vous retrouvait avec
01:23:06l'argent et la perle.
01:23:07Une perle achetée.
01:23:09Et alors, M. Marion a toujours une facture de ce qu'il possède d'une façon officielle.
01:23:13Et je ne sais pas, c'est le mieux.
01:23:17Sauf qu'on m'aurait trouvé une balle dans le corps si le revolver avait été chargé.
01:23:23Oui, ça c'est... Pardon.
01:23:25C'est juste un moment où j'ai perdu la tête.
01:23:28Et de toute façon, la légitime défense contre un agresseur...
01:23:31Oh, ils vont fort !
01:23:33Mais comment avez-vous fait ?
01:23:34Pour tout savoir.
01:23:36Ah, c'est le vrai valet de chambre qui...
01:23:37Non, pas du tout, pas du tout, du tout.
01:23:39Je surveille ton ami meunier depuis des années.
01:23:41À cause de sa conception très personnelle de la médecine.
01:23:44Mais je n'ai encore jamais pu le prendre sur le fait.
01:23:46Je me suis intéressé de plus en plus à ses clients.
01:23:49Eh, tu étais l'un des meilleurs.
01:23:51Et il se trouvait que tes maladies correspondaient toujours avec les exploits du fameux bergeron.
01:23:56Et la chance passée à vie ce matin, j'étais à la préfecture quand Fontaine a téléphoné.
01:23:59Alors j'ai risqué ma carte.
01:24:01Je n'ai pas eu tort.
01:24:03Et le carnet, le petit carnet rouge...
01:24:05Le carnet n'existe pas.
01:24:08Enfin, du moins, à ma connaissance, je n'ai jamais pu obtenir le droit de perquisitionner chez Manier.
01:24:12Eh oui.
01:24:13Oui, mais alors, il n'y a aucune preuve.
01:24:16Aucune.
01:24:16Eh bien, alors...
01:24:17Eh bien, alors, rien.
01:24:20Ou tu avoues.
01:24:22Et nous tiendrons peut-être pas compte de ta tentative de merde.
01:24:24Comment, chef ?
01:24:25Il voulait vous flanquer par la portière, vous allez le...
01:24:28Non, non, non, ça abîme, ça abîme le personnage.
01:24:32Je viens d'abîmer.
01:24:34Ah bon ?
01:24:34Eh bien, mon vieux.
01:24:36Ah non, c'est pas seulement pour ça.
01:24:42Je crois que c'est embêtant, c'est très bien.
01:24:45Vous ne pouvez pas savoir à quel point il a été sensationnel.
01:24:48Pas un mot, pas un geste, pas une inflexion qu'il a pu faire douter.
01:24:52Et sa fureur quand je l'ai traité de valet.
01:24:55Et sa fourberie au carré quand il était le prétendu ralentissement du train.
01:25:01Vous vous êtes toujours cru dans la peau de ce Lucien, n'est-ce pas ?
01:25:04Forcément.
01:25:05Eh oui.
01:25:06Je la connais, cette sincérité.
01:25:08Même tout seul.
01:25:09Au fond d'une chambre.
01:25:11C'est parce qu'on y croit qu'on tombe si bien les autres.
01:25:16Eh bien, battu pour battu, je ne regrette pas la scène.
01:25:19Elle vaut toute celle de M. Gérardin, je vous le dis.
01:25:22Eh, c'est l'avis d'un connaisseur.
01:25:25Simon Rélière, il aurait pu faire une fameuse fripouille lui aussi.
01:25:29Et malin comme il est, personne ne l'aurait jamais attrapé.
01:25:37Pourquoi ça ?
01:26:08Sous-titrage Société Radio-Canada
01:26:35Sous-titrage Société Radio-Canada
01:26:49Sous-titrage Société Radio-Canada
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