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Présent dans les sols, les engrais et dans notre alimentation, le cadmium est considéré par certains spécialistes comme un enjeu majeur de santé publique. Pour comprendre les risques et les réponses politiques envisagées, France Inter reçoit Clémentine Autain, Matthieu Schuler et Pierre Souvet.
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00:06Et un grand entretien ce matin consacré à un sujet majeur de santé publique, à une bombe sanitaire selon un
00:13collectif de médecins, j'ai nommé le Cadmium.
00:16Une proposition de loi visant à réduire les risques sanitaires liés aux contaminations au Cadmium vient d'être adoptée cette
00:23semaine à l'Assemblée Nationale.
00:25Pour comprendre ce dont on parle, notre surexposition du fait de sa présence dans le pain, les pâtes, les céréales
00:32et j'en passe.
00:33Question réaction amis auditeurs au 0145 24 7000 ou l'application Radio France.
00:40Et trois invités dans le studio d'Inter pour en parler.
00:44Clémentine Autin, bonjour.
00:46Bonjour.
00:46Député de Seine-Saint-Denis, vous avez porté cette proposition de loi qui a été adoptée cette semaine avec le
00:51député écologiste Benoît Biteau.
00:53Mathieu Schuller, directeur général délégué du pôle science pour l'expertise de l'ANSES.
00:59Bonjour.
01:00Bonjour.
01:00Je rappelle que l'ANSES c'est l'Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'Alimentation entre autres.
01:05Pierre Souvet, médecin cardiologue, bonjour.
01:08Oui bonjour.
01:09Vous êtes avec nous depuis Marseille, cofondateur de l'association Santé Environnement France, auteur de Antitoxique, le guide des polluants
01:18cachés.
01:19C'est aux éditions Albin Michel. Partons d'abord par un exercice de pédagogie avant de parler de la proposition
01:25de loi que vous avez portée Clémentine Autin.
01:28Mathieu Schuller, qu'est-ce que le cadmium ?
01:31Alors le cadmium c'est une substance chimique, c'est un métal qui va se trouver déjà naturellement présent dans
01:37les sols et dont la présence peut être renforcée si on va rajouter des engrais, des intrants.
01:43Alors pourquoi rajouterait-on du cadmium pour mieux faire pousser les plantes ?
01:47En fait c'est pas le cadmium qu'on rajoute, c'est du phosphore.
01:49Le phosphore c'est un des trois aliments indispensables pour les plantes, azote, phosphore, potassium.
01:55Il se trouve qu'un certain nombre d'intrants du végétal pour lesquels on ajoute du phosphore vont contenir du
02:03cadmium.
02:03Et ce cadmium, comme c'est un métal, il est très stable, il va se tourner, cycler dans l'environnement,
02:09passer du sol aux plantes, aux aliments, revenir à travers l'eau.
02:13Et donc c'est bien pour ça qu'on s'intéresse à l'imprégnation de la population, quel est le
02:18niveau d'exposition ?
02:19On va en parler évidemment parce que donc c'est un métal qui petit à petit contamine ainsi l'ensemble
02:25de la chaîne alimentaire.
02:26On peut le dire aussi simplement que ça.
02:28Pierre Souvet, en quoi est-ce une bombe sanitaire ?
02:31Alors j'emploie pli-bombe ou scandale parce qu'en fait ça dérive sur des noms, sur une formulation de
02:38problème qui est majeur
02:39puisque ça atteint le cerveau, ça atteint le système cardiovasculaire, ça atteint les os, la reproduction, les reins
02:44et ça favorise de nombreux cancers entre autres.
02:47Et je passe sur les problèmes d'immunité et de foie.
02:49Le problème c'est que comme il est cumulatif tout au long de la vie,
02:53quand nos enfants ont des taux extrêmement élevés, quatre fois supérieurs aux pays similaires,
02:58et bien ils partent avec un handicap.
03:00Donc il faut absolument, c'est une priorité pour le présent et le futur, limiter cette exposition.
03:07Alors c'est vrai que vous avez été l'un des premiers à alerter sur les dangers du cadmium.
03:10Clémentine Autain, vous avez parlé dans votre question au gouvernement du 31 mars d'un enjeu sanitaire majeur.
03:16Vous avez ensuite porté une loi avec Benoît Biteau en ce sens.
03:20Mais enjeu sanitaire majeur, rien de moins, il y avait urgence ?
03:24Absolue, parce que d'abord le cadmium, ce métal lourd qui passe, comme on vient de le dire,
03:31des engrais à nos assiettes et donc à nos organismes, reste dans notre corps de 10 à 30 ans.
03:37Et les effets, ils sont multiples.
03:40Ce sont des problèmes d'ostéoporose, des maladies rénales, c'est un perturbateur endocrinien,
03:46c'est un des facteurs de l'explosion du cancer du pancréas et d'un certain nombre de cancers.
03:52Avec des catégories de la population qui sont particulièrement exposées et vulnérables.
03:56Les enfants et les femmes enceintes.
03:59En fait, les femmes enceintes, surtout les fœtus qui sont contaminés et les classes populaires,
04:04puisque ce cadmium, on le retrouve en particulier dans les céréales du petit déjeuner,
04:11les gâteaux pour les enfants, les pommes de terre, mais aussi dans le chocolat, les crustacés.
04:14Il y en a partout, il faut le dire.
04:16C'est impossible d'éviter le cadmium.
04:18Et c'est un problème très français, parce que la France ne s'est même pas mise en conformité
04:27avec la réglementation européenne.
04:29C'est un peu technique, mais il faut dire ce chiffre.
04:31En réalité, selon le rapport de l'ANSES, il faudrait 20 mg par kilo d'engrais.
04:37On est à 90.
04:38On est en France dans une réglementation qui permet d'aller jusqu'à 90.
04:42Et la réglementation européenne, c'est 60 mg.
04:45Mais des pays qui ont déjà dit qu'il fallait 20 mg, sont moins contaminés que nous.
04:52Donc on est un pays où la contamination de la population est explosive.
04:57Donc il y a urgence à agir.
04:59Et je veux le dire assez solennellement, Ali Badou, ils savaient.
05:03Ils savaient et ils n'ont rien fait.
05:05Les gouvernements se sont succédés et l'inaction a dominé.
05:09Moi, je suis très en colère parce que c'est l'irresponsabilité.
05:12Aussi bien des ministres de l'agriculture, Julien Denormandie, Marc Fénaud, Agnès Pannier-Runacher,
05:18avaient préparé des décrets.
05:21Et ces décrets ne sont jamais sortis.
05:23Donc nous avons pris nos responsabilités.
05:24La promesse qu'on les appliquerait en 2038.
05:26Ça, c'est la promesse d'Annie Gennevar, parce que le dernier décret d'Agnès Pannier-Runacher
05:30était mieux disant par rapport à ce que prépare Annie Gennevar.
05:33Et ce qui me met un peu en colère ce matin, c'est que la représentation nationale a voté cette
05:40loi
05:40qui est celle de la réglementation à 20 mg par kilo d'engrais,
05:45comme le suggère l'Anne Cesse, pour protéger la population.
05:49Et Annie Gennevar, la ministre présente, nous dit qu'au fond, il est urgent d'attendre.
05:54Comme d'ailleurs l'extrême droite et la droite.
05:55Et c'est suffisamment rare d'ailleurs à noter qu'une proposition de loi soit adoptée aussi largement à 144
06:00voix
06:00contre 22, c'est assez exceptionnel, on va le dire.
06:03Parce qu'il y a un enjeu de santé publique et que nous avons eu le scandale de l'amiante,
06:08nous avons eu le scandale du chlordécone et nous sommes en passe d'avoir un scandale du camion.
06:12Je dis au gouvernement, il ne faut pas attendre, il faut immédiatement prendre des décrets
06:17et des décrets avec une trajectoire, puisque c'est le mot qui a été utilisé,
06:21qui soit celle qui nous permet dès 2030 d'aller à ces 20 mg par kilo.
06:25Alors Mathieu Schuller, ce qui relance, en tout cas ce qui nourrit ce débat et qui nourrit cette loi,
06:30c'est aussi votre rapport du 24 mars dernier, qui n'est pas le premier, il y en a eu
06:35d'autres avant.
06:36Et c'est vrai que ça fait 50 ans en réalité qu'on parle du cadmium
06:39et qui montre que certains seuils sont dépassés, qu'il y a un seuil d'alerte qui est dépassé.
06:44Est-ce que vous pouvez nous l'expliquer ?
06:46Alors en fait, notre premier rapport effectivement en 2019 donnait déjà cette cible à 20 mg par kilo
06:51et qui en fait n'est pas une cible spécifique uniquement pour les engrais,
06:54on ne s'intéresse pas uniquement aux engrais, on s'intéresse à tout ce qui apporte du cadmium sur le
06:58sol.
06:58Donc c'est une cible pour la santé, c'est ça ?
07:00C'est une cible pour la santé et il ne faut pas dépasser 2 mg par kilo par hectare et
07:08par an.
07:08Pour tout, parce que les engrais peuvent apporter, les effluents d'élevage peuvent également apporter du cadmium.
07:14Pourquoi on a remis sur le métier un rapport en 2025 et donc on a sorti au début de cette
07:22année ?
07:23C'est tout simplement parce qu'on a eu cette observation.
07:25Nos collègues de Santé publique France font tous les périodiquement une mesure de l'imprégnation,
07:30c'est-à-dire finalement qu'est-ce qui résulte dans les organismes de la population en matière de niveau
07:34d'exposition au cadmium.
07:35Et ce qu'on a constaté, c'est qu'entre notre rapport de 2019 et le nouveau rapport de santé,
07:39la nouvelle étude de Santé publique France, ce niveau avait encore augmenté.
07:43Et très fortement ?
07:45Significativement, et là on s'est dit en tant qu'agence,
07:47on ne va pas attendre la prochaine étude de Santé publique France pour dire, zut, ça a encore augmenté.
07:52Donc on a analysé les leviers pour agir et l'alimentation en fait partie.
07:56Mais c'est sidérant justement parce que c'est présent dans le pain, les pâtes,
07:59on a découvert que c'était dans les pommes de terre, les céréales du petit-déj, les viennoiseries, le chocolat.
08:05On connaît le marquage sans résidus de pesticides sur certains aliments qu'on trouve en grande surface,
08:10mais pour le cadmium, la présence n'est pas indiquée.
08:13On en ingère sans le savoir.
08:14C'est pour ça que je redis, il savait, c'est quand même très important,
08:17le cadmium est cancérogène, avéré depuis 1993.
08:22Les premiers reportages, je vous le dis, je suis allée regarder sur l'INA,
08:25les premiers reportages sur le cadmium qui nous alertent, c'est dans les années 80.
08:29Le rapport de l'ANSES, le premier qui alerte, c'est en 2011.
08:33D'après vous, pourquoi il ne se passe rien avant dans ce cas ?
08:36Parce que nous avons des politiques qui cèdent à des lobbies, à des intérêts privés,
08:42qui finissent par primer sur l'intérêt général, sur la santé publique.
08:46Écoutez, en tout cas, je constate qu'il n'y a pas de politique publique
08:50qui prenne la mesure des risques, des dangers et qui agissent.
08:54Parce que quelle est la solution ?
08:56Soit on renvoie chacun.
08:57Alors avec le cadmium, c'est très compliqué parce qu'il y en a partout.
08:59À des comportements individuels, on vous dit, faites attention, diversifiez votre alimentation.
09:03Mais en fait, il n'y a pas de solution.
09:05La solution, elle est la réglementation.
09:07L'extrême droite, le Rassemblement National a voté contre notre proposition.
09:11Il faut le savoir parce qu'ils n'ont que le mot sécurité à la bouche,
09:13comme les députés LR du matin au soir.
09:15Mais quand il s'agit de protéger notre santé, de sécuriser nos vies avec ce qu'il y a dans
09:21nos assiettes,
09:21il n'y a plus personne.
09:22Et on nous dit, votre proposition, elle est une punition.
09:25Vous savez, c'est ce fameux débat sur l'écologie punitive.
09:27Oui, bien sûr.
09:28Mais la punition ultime, c'est évidemment d'avoir un cancer du pancréas dont on meurt dans 90% des
09:34cas.
09:34C'est d'avoir des maladies chroniques qui explosent.
09:37Parce que le cadmium, c'est aussi un cocktail qui, en fait, se produit.
09:42Parce que vous prenez du cadmium et vous prenez des pesticides, vous prenez toute une série d'additifs.
09:49Et en fait, le poison, il est fait de différentes choses.
09:54Donc, il y a besoin d'agir et d'agir vite, ce que ne font pas les gouvernements,
09:58parce qu'ils sont acquis à l'agro-business, à la logique de la compétitivité
10:03qui serait supérieure à l'intérêt général et à la santé publique.
10:06Et c'est ça qu'il faut inverser.
10:08Ce qu'il faut, c'est que notre santé soit prioritaire
10:11et que l'économie soit au service du bien commun et donc de notre santé.
10:17Pierre Souvet, c'est impossible de l'éviter.
10:20C'est assez impressionnant, la liste que je viens de dresser,
10:24de ces marquages sans résidus de pesticides.
10:27Mais on en trouve partout et donc on en ingère sans le savoir constamment.
10:32Comment l'éviter ?
10:33Puisque Clémentine Autain disait que la démarche individuelle ne suffisait pas.
10:38Alors la démarche réglementaire est indispensable, donc bien sûr, il faut suivre les recommandations le plus rapidement possible de l
10:44'ANSES.
10:44Mais le temps que ça se mette en place, il faut agir.
10:47Il y a des bonnes nouvelles, figurez-vous.
10:49Dans les légumineuses, il n'y en a quasiment pas.
10:51Dans les laitages et le fromage non plus.
10:53Dans les oeufs non plus.
10:54Dans les fruits non plus.
10:55Ça ne fait pas tant que ça de choses qu'on peut manger quand même.
10:57Voilà, mais il faut quand même basculer, il faut quand même sensibiliser la population pour basculer.
11:03Ce n'est pas systématiquement la patate tous les jours, ce n'est pas les céréales au chocolat tous les
11:08jours.
11:08Et il y a des alternatives que nous proposons avec les médecins libéraux sur le site de l'ASEF où
11:13il y a justement ces alternatives.
11:15Et le troisième élément, il faut que les professionnels de santé connaissent ce sujet, ils le connaissent encore mal.
11:20Et donc, d'ailleurs, des grandes sociétés de cardiologie disent que les médecins doivent connaître ces facteurs de stress environnementaux
11:26comme le canium, qui est avéré sur le plan cardiovasculaire, là aussi par les sociétés mondiales,
11:31doivent connaître ces facteurs de risque au même niveau que le tabac à l'alcool.
11:35Au même niveau.
11:35Au même niveau.
11:36Charles, bonjour et merci d'être avec nous ce matin sur France Inter.
11:40Votre témoignage est important.
11:44Bonjour.
11:46Je témoigne parce que je suis moi-même malade des pesticides reconnus, donc ce n'est pas une vue de
11:52l'esprit.
11:52Et je voudrais savoir quand est-ce qu'on s'occupera sérieusement, quand est-ce que l'État et tout
11:58le monde s'occuperont sérieusement de tous ces malades
12:03et de tous ces produits qui rendent malade des agriculteurs et pas que les agriculteurs, parce qu'on est sous
12:13la coupe de l'agro-industrie.
12:15Exactement.
12:16Mais sans indiscretion, Charles, quand vous dites que vous êtes malade de pesticides reconnus, qu'entendez-vous par là ?
12:21Décrivez-nous votre situation.
12:23J'ai eu une maladie neurologique depuis 20 ans qui m'a cloué sur un fauteuil roulant pour avoir été,
12:29j'étais viticulteur.
12:30J'ai utilisé des produits qui étaient autorisés. Celui qui a été mis en cause a été interdit, mais il
12:38y en a beaucoup d'autres.
12:39Et si vous saviez le nombre de Parkinson, de cancers dans la prostate, de leucémie en tout genre, qui sont
12:47non déclarés parce qu'il y a une omerta là-dessus, c'est édifiant.
12:54Merci infiniment pour votre témoignage, Charles, qui veut y réagir.
13:04Oui, il faut transformer notre système alimentaire. Il faut le transformer. C'est-à-dire qu'il faut que le
13:11plus sain soit le plus accessible.
13:13Mais aussi que les politiques publiques encouragent la production de produits sains.
13:18On nous dit qu'il faut manger 5 fruits et légumes par jour. Mais quand vous voyez les marges de
13:22la grande distribution sur les fruits et légumes,
13:24il ne faut pas s'étonner que les gens mangent plutôt des chips et des gâteaux qui sont bourrés de
13:29sucre, bourrés de gras, avec plein d'additifs, parce qu'ils sont moins chers.
13:32Donc c'est l'inverse qu'il faut réussir à faire. Et c'est pour ça que je porte cette
13:36proposition de sécurité sociale de l'alimentation,
13:39qui permettrait d'avoir un système vertueux ou avec une carte vitale.
13:45Sur le même système que la sécu ?
13:47Exactement. C'est-à-dire que vous iriez dans des établissements fléchés, acheter des produits sains, avec une enveloppe d
13:55'argent qui serait socialisée.
13:56Et ce fléchage permettrait d'encourager une agriculture vertueuse, à la fois pour l'environnement et pour notre santé.
14:04Mathieu, je suis là, le témoignage de Charles est bouleversant.
14:07Tout à fait. Et donc effectivement, ce que je voulais apporter comme partage d'expérience autour de ça,
14:12c'est que l'ANSES, dans le cadre des évaluations des produits phytosanitaires, prend en compte, et c'est aujourd
14:18'hui le cas,
14:18lorsque les produits sont réévalués, les connaissances médicales, les connaissances scientifiques,
14:23pour ensuite écarter du marché les produits qui ne sont pas suffisamment sûrs.
14:28Ce que je voulais aussi ajouter dans ce contexte spécifique du cadmium,
14:32c'est qu'un des points de vue de l'ANSES, c'est de dire qu'il faut à la
14:37fois protéger, bien sûr, la population qui mange,
14:40mais aussi les professionnels, et de ce point de vue-là, il faut agir à la source.
14:46Et notamment, un point, c'est là, moi, nous, on n'oppose pas...
14:48C'est-à-dire au niveau des seuls agricoles, des fertilisants ?
14:50Exactement. Et une manière de le faire, c'est aussi de permettre à ceux qui épendent les produits
14:54de savoir quelle est la teneur de leurs produits.
14:56Aujourd'hui, il n'y a pas d'étiquetage.
14:57On parlait des agriculteurs.
14:58Là, je parle des agriculteurs, ils ne savent pas quelle est la teneur en cadmium des produits qu'ils utilisent.
15:02Je pense que c'est une information qui serait utile et qui permettrait d'être gagnant-gagnant,
15:06à la fois pour eux et pour le consommateur.
15:08Mais aujourd'hui, ce n'est pas cette agriculture qui est encouragée.
15:10Et justement, Clémentine Notin, ce qu'il faut expliquer,
15:12et là, on a plusieurs auditeurs qui posent des questions en ce sens,
15:15c'est qu'en fait, le cadmium, il se trouve dans des engrais qui sont majoritairement achetés au Maroc,
15:19parce qu'il y a un phosphore là-bas qui est très riche en cadmium.
15:22Donc, on a Martine qui dit qu'elle voudrait qu'on parle de ses accords commerciaux avec le Maroc
15:27pour acheter des engrais, qu'est-ce qu'on peut faire face à cela ?
15:30Et c'est d'ailleurs incroyable parce que le cadmium, c'est un des sujets les plus simples à régler.
15:36Parfois, vous avez des vraies contradictions avec des enjeux économiques ou des usines qui vont fermer.
15:41Là, ce n'est pas du tout le cas. On sait décamier.
15:43Ça coûte 2 euros par hectare et par an.
15:46On sait le faire.
15:48D'ailleurs, le Maroc s'y est préparé.
15:49Et comme on a trouvé des gisements dans le nord de l'Europe qui sont des gisements sans cadmium,
15:55vous allez voir que la logique va être pour le Maroc de s'adapter.
15:58Il y a la Tunisie, il y a l'Egypte également.
16:00Et la Tunisie, pareil.
16:02Donc, on sait le faire.
16:03Il suffit de prendre ces décrets de réglementation,
16:07voire éventuellement d'accompagner la puissance publique à les moyens de le faire.
16:10Pour cette transformation, j'insiste sur un point.
16:13Le coût en termes de santé publique, il est énorme.
16:16Il a été évalué juste sur la question de l'ostéoporose.
16:19En France, l'effet du cadmium en termes d'ostéoporose, c'est à peu près 23%.
16:24Ce sont des évaluations de l'impact, le cadmium sur l'ostéoporose.
16:30Et donc, ce sont 2,6 milliards d'euros par an que cela coûte en termes de santé publique.
16:36Donc, prendre ces réglementations, investir éventuellement pour aider à décamier,
16:41c'est beaucoup moins cher, pas simplement d'un point de vue de bien-être humain.
16:46Même si j'aimerais que cette question, et on a entendu le témoignage poignant de Charles tout à l'heure,
16:52je veux dire, on l'entend, on le ressent, c'est insupportable.
16:55Et c'est insupportable quand on est parent aussi,
16:57de se dire que quand on donne des céréales au petit-déjeuner,
17:00on peut empoisonner son enfant.
17:03Enfin, je le dis, excusez-moi, je suis émue, mais c'est insupportable en vérité.
17:06Et donc, pour moi, des politiques publiques doivent agir à la source,
17:11penser la santé, pas simplement du côté du curatif,
17:13où d'ailleurs, on n'est pas très bon non plus, parce qu'on est dans des logiques d'austérité
17:16publique,
17:17où il faudrait investir dans l'hôpital public,
17:19mais en prévention, parce que c'est aussi des économies qui vont être faites,
17:23et du bien-être dans la vie.
17:24Alors, à partir du 16 juin,
17:25sécuriser nos vies, voilà ce qu'il faut faire.
17:26Je l'indique à nos auditeurs, le dépistage de l'exposition au cadmium,
17:30c'est l'analyse des données des urines,
17:33sera remboursée pour les patients à risque.
17:35Qui doit aller faire ce test,
17:36et que fait-on si les résultats sont élevés, Pierre Souvet ?
17:42Déjà, le gouvernement veut le limiter aux sites pollués,
17:45comme si un enfant marseillais mangeait des céréales ou des pommes de terre
17:49qui ont été cultivées à Marseille où il n'y a pas de cadmium.
17:51Donc, bien sûr, c'est toute la population qui doit y avoir accès.
17:53Et ensuite, à la direction de la santé, on nous a dit,
17:56oui, mais ça va rendre les Français anxieux,
17:59ils ne vont plus savoir comment manger.
18:00Nous, on dit, il ne faut pas infantiliser les Français,
18:03et quand vous savez, quand vous avez des données,
18:06eh bien, vous êtes plus apte à agir vous-même,
18:08et votre médecin est plus apte à prendre mieux soin de vous,
18:12en justement adoptant des stratégies de dépistage
18:15pour telle ou telle pathologie, en vous donnant les bons conseils.
18:18Donc, il faut vraiment que les Français soient sensibilisés,
18:20et que les professionnels les accompagnent,
18:22et que tout le monde puisse avoir accès.
18:24Évidemment, on ne le fera pas à tout le monde,
18:26mais on a préparé un questionnaire, justement,
18:28de repérage des personnes les plus potentiellement exposées.
18:31Mais le pire, c'est quand même le tabac.
18:36La moyenne des Français tabagiques, c'est 0,65,
18:39et les non-tabagiques, c'est 0,50.
18:4198% de la contamination est liée à l'alimentation.
18:44Il faut le savoir.
18:45Effectivement, le tabac, c'est très mauvais,
18:46il y a du cadmium dedans,
18:47mais il faut savoir que la contamination,
18:49c'est vraiment l'alimentation.
18:50Donc, le plus simple, c'est que le gouvernement
18:51prenne ses responsabilités avec un décret
18:53qui, au plus vite, met la barre à 20 mg.
18:56Parce que les 20 mg par kilo d'engrais qu'on demande,
18:59qui est dans la loi,
19:00qui a été votée par la représentation nationale,
19:02c'est ça qui va nous protéger.
19:03Qui, entre parenthèses, est appliquée
19:04par l'Office shérifien des phosphates marocains
19:07depuis 2025.
19:08Voilà, mais il faut que ça continue.
19:09Bien sûr.
19:10Il faut que ça continue.
19:11Et il faut que nous, on se protège de partout.
19:13Et le mieux, c'est de réglementer.
19:15Mais Mathieu Schuller,
19:15est-ce qu'une des solutions,
19:16ça ne peut pas être de manger bio aussi ?
19:18Parce que quand on mange bio,
19:19en principe, il n'y a pas d'engrais.
19:20Donc, il n'y a pas de cadmium non plus.
19:22Si ?
19:23Alors, peut-être pour commencer.
19:24Un, le tabac, oui, contributeur majeur.
19:26Et évidemment, arrêter le tabac,
19:27c'est salutaire de ce point de vue-là.
19:30Deuxième point,
19:31par rapport,
19:32qu'est-ce que faire avec un mécanisme
19:34où les gens vont commencer à mesurer
19:35leur niveau de cadmium dans le sang
19:36et donc de se poser la question
19:38d'agir comment agir ?
19:39Une fois qu'on sait qu'on est contaminé.
19:40Par rapport à ça,
19:41premier message,
19:42et pour ne pas virer dans une anxiété,
19:44c'est total.
19:45De toute façon,
19:46compte tenu de ce que j'ai dit tout à l'heure,
19:48le cadmium est ubiquitaire.
19:49Lorsqu'il y a des mesures qui vont être faites,
19:51on va trouver un niveau de cadmium.
19:52La question, c'est à partir de quel moment
19:53faut-il agir et dans quel sens ?
19:57Rééquilibrage de l'alimentation.
19:59On l'a dit,
19:59de toute façon,
19:59les gens qui suivent les recommandations nutritionnelles
20:01avec un bon équilibre,
20:03ils ont des bonnes raisons de redescendre.
20:06Votre propos est plutôt rassurant
20:07et complètement contradictoire
20:08avec ce que disait Clément Zinotin.
20:09Non.
20:10Sur le fait de savoir
20:12comment bien s'alimenter,
20:13de s'orienter dans un supermarché.
20:17Il y a deux choses différentes
20:18qui sont agir au niveau de la population.
20:21Et ça, pour agir au niveau de la population,
20:22le seul levier qu'il est qualifié
20:24par le rapport de l'ANSES,
20:25c'est agir sur les intrants.
20:27Aussi bien engrais,
20:30effluents d'élevage,
20:31tout ce qui rentre dans le sol.
20:34Et donc,
20:34c'est ça,
20:35c'est super important.
20:36Deuxième point,
20:37c'est ensuite au niveau individuel.
20:38Lorsque je suis confronté
20:39à ma propre mesure,
20:40qu'est-ce que je peux faire en plus
20:42comme trajectoire ?
20:43Sur le bio,
20:44vous m'avez posé la question.
20:45Aujourd'hui,
20:45ce n'était pas le cœur du rapport
20:47de l'ANSES.
20:48S'il y a un certain nombre d'acteurs du bio
20:50qui font attention,
20:51et c'est très bien,
20:52tant mieux.
20:53Et donc,
20:54ensuite,
20:54nous n'avons pas,
20:55à ce stade,
20:57de démontrer de manière complètement
20:59suffisante pour le recommander,
21:00de dire,
21:00bio,
21:01ça vous garantit
21:02contre le canium,
21:03ce n'est pas la revendication.
21:04Pour le dire réellement,
21:05dans le bio,
21:05il y a du canium,
21:06mais beaucoup moins.
21:07Donc,
21:08c'est mieux de manger bio.
21:08Mais le problème,
21:09c'est de rendre accessible le bio.
21:12Et donc,
21:12il faut des politiques publiques
21:13qui permettent,
21:14je le redis,
21:14que le plus sain
21:15soit accessible aux grandes zones.
21:17parce qu'en réalité,
21:18les inégalités sociales,
21:19elles sont dans l'assiette.
21:21Et donc,
21:21la justice sociale,
21:23elle passe par la sécurité
21:24de notre alimentation.
21:25Merci en tout cas,
21:26à tous les trois,
21:27d'avoir été nos invités,
21:28d'avoir fait le point
21:29sur ce dossier important.
21:32Clément Tinotin,
21:33Mathieu Schuller,
21:34Pierre Sauvé,
21:34bonne journée.
21:35Merci.