Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 20 heures
Le meurtre de Lyhanna a soulevé cette semaine la question de grave dysfonctionnement de la justice et de l'ensemble de la chaîne pénale dans la protection des mineurs. L'avocate Carine Durrieu Diebolt et Arnaud Gallais, président de l’association Mouv’enfants, sont les invités de France Inter.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Il y a un grand entretien ce matin alors que la disparition et donc le meurtre de Liana, 11 ans,
00:05a soulevé cette semaine la question de grave dysfonctionnement de la justice
00:09et de l'ensemble de la chaîne pénale dans la protection des mineurs.
00:14Questions, réactions, amis auditeurs au 01 45 24 7000 ou l'application Radio France.
00:21Pour en parler ce matin, deux invités au micro d'Inter, Arnaud Gallet et Karine Durieux-Dibolt.
00:27Bonjour à tous les deux, Arnaud Gallet, président de l'association Mouv'Enfant, ancien membre de la civise qui est,
00:34je le rappelle, la commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux enfants.
00:39Auteur de J'étais un enfant chez Flammarion, Karine Durieux-Dibolt, avocate spécialisée dans les droits des victimes de violences
00:47sexuelles, ancienne membre de cette même civise.
00:50On rappelle les faits, c'était donc le 29 mai à Florence, dans le Gers, disparaissait la petite Liana, 11
00:57ans.
00:57On apprenait hier soir que le corps retrouvé jeudi était bien le sien.
01:01Le principal suspect, Jérôme Bé, toujours présumé innocent, a été mis en examen pour enlèvement et séquestration et placé en
01:08détention provisoire.
01:09Un drame qui soulève le problème de dysfonctionnement judiciaire.
01:14Notamment au regard des antécédents de ce Jérôme Bé, on va s'y arrêter.
01:17Mais d'abord Arnaud Gallet, le ministre de la Justice Gérald Darmanin, hier, parlait d'un immense échec.
01:24Et il présentait ses excuses non seulement à la famille mais à l'ensemble des Français.
01:28Comment avez-vous reçu ces mots ?
01:30Comment est-ce qu'on reçoit ces mots ?
01:32Déjà on a une forte pensée bien entendu pour la famille.
01:34Mais moi je me dis, M. Darmanin il est garde des Sceaux.
01:36Il y a eu un rapport qui a été rendu par la commission indépendante sur l'inceste et les violences
01:40sexuelles faites aux enfants.
01:40On a l'impression de découvrir les dysfonctionnements au niveau de la justice, au niveau de la police, au niveau
01:46de l'école.
01:47Je me permets aussi de le dire, il y a quand même une commission d'enquête.
01:49Et on va en parler tout à l'heure.
01:50Là on a quand même une petite qui sort à 15h, qui est récupérée par un individu sans l'autorisation
01:58des parents.
01:59Là aussi il y a plein de trucs, on voit bien que tout le monde sort le parapluie pour se
02:02dire c'est un dysfonctionnement.
02:04Non, ce n'est pas un dysfonctionnement, c'est systémique.
02:07C'est-à-dire que c'est sans cesse la même histoire, c'est celle qu'on annonçait au niveau
02:10de la civile, ce qui a été mis en place par Emmanuel Macron.
02:13C'est quand même terrible de se dire qu'aujourd'hui ce dysfonctionnement systémique a coûté la vie, une fois
02:17de plus, d'un enfant, d'une enfant.
02:19Et ça c'est quand même quelque chose qu'il faut dire.
02:21Même question, comment avez-vous reçu les mots du ministre de la Justice, maître ?
02:26Écoutez, je crois qu'il faut vraiment insister sur le fait que ce n'est pas un cas isolé, malheureusement.
02:33On parle d'un mécanisme phénomène systémique, les violences sexuelles sur les mineurs...
02:39Expliquez-nous ce que c'est que systémique.
02:41Alors, les violences sexuelles...
02:42C'est systématique, c'est l'immense échec, qu'est-ce que ça veut dire ?
02:45Non, ça ne veut pas dire systématique.
02:46Déjà, il faut rappeler les chiffres.
02:48C'est-à-dire que les violences sexuelles sur les mineurs sont systémiques.
02:51Ce sont des violences de masse.
02:52Nous avons 160 000 enfants par an qui sont victimes de violences sexuelles.
02:57Dans une classe de CM1 ou de CM2, cela représente 2 à 3 élèves par classe.
03:03Donc, on a des violences qui sont systémiques.
03:04Et ensuite, on a des dysfonctionnements qui sont systémiques parce que c'est récurrent.
03:10Moi, dans mon cabinet, malheureusement, c'est la triste habitude que j'ai de relancer les parquets,
03:17de relancer les enquêteurs parce que les enquêtes sont trop longues,
03:20parce qu'on ne centralise pas les informations,
03:22parce qu'on a des auditions d'enfants de 3 ou 4 ans qui dénoncent des faits
03:26et qui ne sont toujours pas entendus au terme de plusieurs mois.
03:30Et vous vous rendez compte, une parole d'enfant...
03:31Donc, les signalements, plainte, classés sans suite, c'est ce que vous appelez,
03:36même malgré une enquête ouverte.
03:38Exactement.
03:39Et là, dans cette affaire, il y avait des signaux qui étaient au rouge.
03:42Au rouge, il y avait eu des plaintes précédentes.
03:45Et l'enquête du mois d'août 2025...
03:50N'était pas encore classée.
03:51Alors, était en cours.
03:53Ça faisait 10 mois d'enquête.
03:56Monsieur n'avait toujours pas été encore entendu.
03:58C'est quelque chose de récurrent.
03:59On peut rappeler à nos auditeurs d'abord qu'en août 2025,
04:02il y a eu une nouvelle plainte contre cet homme pour viol répété sur une enfant de 10 ans.
04:06Une enquête ouverte.
04:07Et Jérôme B n'est jamais entendu pendant 10 mois.
04:11Voilà, ça c'est intéressant, c'est intéressant Arnaud Gallet.
04:14Et c'est là qu'on peut se poser la question, non seulement d'un dysfonctionnement systémique ou non,
04:18mais d'une faute.
04:19Parce que la procureure, le parquet en février, suite à cette enquête ouverte en août 2025,
04:28demande que le suspect soit entendu en garde à vue.
04:33La gendarmerie ne le fait pas.
04:35Oui, c'est une faute, mais encore une fois, c'est une faute qui...
04:37Donc c'est des fautes humaines aussi ?
04:38C'est des fautes humaines, mais c'est des fautes qui arrivent souvent en fait sur un système qui est
04:41à bout de souffle.
04:42En fait, c'est exactement ce qu'on dit.
04:43Vous savez, moi je vais me permettre de prendre quand même un exemple
04:45et de vous dire que c'est un manque sur toute volonté politique.
04:47On va prendre un exemple tout simple.
04:49Parce que là, on entend des politiques qui se renvoient tous la balle.
04:51Tout le monde dit dysfonctionnement.
04:52Justement, c'est important.
04:53Regardez, on prend le terrorisme.
04:54Le terrorisme, on se dit, on est en guerre contre le terrorisme.
04:57Il y a des gens qui sont présumés innocents,
04:59parce qu'on nous brandit la présumption d'innocence,
05:01donc on va le dire gentiment,
05:02qui sont pour autant...
05:03Exactement, qui sont pour autant fichés S.
05:05Parce qu'on se dit, c'est un danger pour la population.
05:08Mais on n'est pas en guerre contre la pédocriminalité
05:10quand il y a 160 000 enfants victimes chaque année de violences sexuelles,
05:12quand il y a 11% de la population française victimes d'incestes.
05:15On n'est pas en guerre.
05:16Pourquoi est-ce qu'on n'a pas un fichier, une surveillance de ces personnes-là ?
05:19Je vais finir mon exemple, quand même c'est important.
05:21Vous voyez, hier, moi je me déplace.
05:22Je suis quelqu'un qui, effectivement, dénonce ces dysfonctionnements systémiques.
05:26Je me déplace à Béziers.
05:27J'ai les renseignements territoriaux qui m'appellent
05:29pour me demander ce que je fais à Béziers.
05:30Donc en l'occurrence, ils arrivent dans certains cas,
05:32parce que moi je représenterais éventuellement un danger,
05:35sait-on jamais, pour la nation.
05:37Enfin, quand même sincèrement.
05:39On peut, au bout d'un moment.
05:40Moi, ce que j'aurais préféré entendre, par exemple, du garde des Sceaux, c'est quoi ?
05:42C'est de se dire, voilà, il l'a dit.
05:44Il y a tant de plaintes aujourd'hui.
05:45Il faut rajouter des signalements.
05:47Et dans ce cas-là, qu'on fiche les personnes.
05:48On comprendra bien ce que vous dites là.
05:50Comment ça ?
05:50Expliquez-nous ce que vous voulez en venir, en fait.
05:54Moi, ce que je pense, c'est que...
05:55Ça manque de moyens.
05:56Est-ce que c'est un manque...
05:57Moi, il y a deux choses.
05:58On parlait de réforme de la justice, de la justice fonctionnement,
06:00ça va prendre du temps, il faut de la volonté politique,
06:02ça s'inscrit dans le temps.
06:03Aujourd'hui, l'urgence au niveau des familles, c'est quoi ?
06:05C'est très simple.
06:06C'est de se dire qu'il faut que les enfants soient en sécurité.
06:08Mais comment est-ce qu'on peut le savoir ?
06:09Vous avez les procureurs de la République qui reçoivent des signalements,
06:12des plaintes, qui ne sont pas forcément suivies des faits.
06:14Aujourd'hui, on est en capacité quand même de les dénombrer,
06:17de lister, d'avoir des noms en face,
06:18et donc de faire un fichier en disant
06:20voilà, on a tant de personnes dangereuses dans ce pays
06:22et de les suivre.
06:23Juste Karine Durieux-Débolte,
06:24quand on entend le ministre de la Justice,
06:27le garde des Sceaux,
06:27dire qu'il va y avoir des sanctions éventuellement
06:29contre les magistrats s'il y a eu faute,
06:31ça, c'est un début de réponse ?
06:32C'est une bonne réponse ou ce n'est pas la réponse ?
06:34Alors écoutez, c'est une enquête administrative
06:36qui va être lancée sur ce dossier particulier.
06:41Je ne voudrais pas que l'on reste
06:43sur un dysfonctionnement particulier
06:46concernant uniquement cette affaire-là
06:48et qu'on exclue en fait le caractère systémique.
06:53Pour répondre également à la question précédente,
06:56je pense qu'il faudrait traiter véritablement
06:59les violences sexuelles sur les enfants
07:01comme une priorité nationale.
07:03On nous a dit qu'il y avait une circulaire...
07:06En Nogalé, vous acquiescez.
07:07Une circulaire qui préconisait cela.
07:10Moi, je ne le vois pas dans la pratique.
07:12Début 2025, la circulaire de Gérald Darmanin
07:15qui dit qu'il faut prioriser ces violences-là
07:17contre les mineurs.
07:17Moi, je ne le vois pas dans la pratique.
07:19Je dois encore solliciter les parquets,
07:22solliciter les commissariats.
07:23Pour avoir des auditions de mineurs,
07:25j'ai entendu ce matin un représentant,
07:29un procureur général,
07:30qui disait que dans le même temps,
07:32il avait eu 75 circulaires en 2025
07:35et 56 circulaires en 2026.
07:39Toutes avec des priorités.
07:41Priorité narcotrafic,
07:42priorité terroriste,
07:43priorité manifestation,
07:46priorité narcotrafic.
07:47Dans le même temps,
07:48vous avez 70 000 plaintes
07:51uniquement de violences sexuelles
07:53et 2 000 procureurs de la République en France.
07:56Donc oui, il y a une question,
07:58évidemment, de moyens,
07:59mais il y a aussi une question
07:59de priorité nationale.
08:00Et à mon sens,
08:02on n'est pas encore
08:03dans l'ère de la priorité nationale,
08:05dans l'ère de la protection des enfants.
08:07Et c'est ça qui doit changer.
08:08C'est aussi un changement de paradigme.
08:10Un mot, dans un instant,
08:12Arnaud Gallet,
08:13mais d'abord, Maître,
08:14vous disiez qu'en France,
08:15le temps de l'enquête
08:15n'est pas le temps
08:16de la protection des enfants.
08:17Qu'est-ce que ça veut dire ?
08:18Est-ce que c'est réaligner
08:19ces deux temporalités
08:20qui est au centre
08:22et qui doit être la priorité ?
08:23C'est uniquement un manque de moyens
08:24ou pas seulement ?
08:26Alors, le temps de l'enquête
08:27n'est pas le temps de la protection
08:28parce que pour expliquer très pratiquement
08:30à vos auditeurs,
08:33lorsqu'il y a un dépôt de plainte,
08:37ensuite, il y a des investigations
08:39qui sont menées
08:39pour trouver des indices
08:41pour corroborer la parole de la victime.
08:43Ça, c'est normal.
08:44Sauf que ces enquêtes,
08:46elles durent des mois et des mois.
08:48Pendant ce temps-là,
08:48les personnes qui sont soupçonnées
08:50ne sont évidemment pas alertées
08:52pour ne pas faire disparaître des preuves.
08:53C'est ce qui s'est passé
08:54dans l'affaire de Liana.
08:56Et ils sont libres.
08:57Et ils sont libres de récidiver.
08:59Donc, ce n'est pas un temps de protection,
09:01ce temps-là.
09:01Nous, nous n'avons pas également accès
09:03au dossier.
09:04Et il faut signaler également
09:06le chemin de déshérence des victimes
09:07pendant ce temps-là
09:08parce qu'elles ont zéro information.
09:10Elles déposent une plainte...
09:11Mais comment est-ce qu'on y remédie ?
09:12Alors, comment on y remédie ?
09:13En accélérant les procédures.
09:15Et puis, je tiens à rappeler également
09:17qu'au sein de la civile,
09:19on avait émis quand même
09:2080 de recommandations.
09:21Parmi celles-ci,
09:22il y avait l'ordonnance de protection
09:24qui est une ordonnance d'urgence
09:27dans ces cas-là.
09:28Et c'est également ce qui concerne,
09:30vous savez, les mères protectrices
09:31qui dénoncent des situations d'inceste.
09:34Donc, pendant ce temps-là,
09:35il faut pouvoir protéger les enfants.
09:37On avait émis 82 recommandations.
09:39Il n'y a pas besoin de créer
09:40une autre commission.
09:41Il faut simplement...
09:42Et ça, c'est peut-être un appel aussi
09:44qu'on peut faire
09:46à M. Macron
09:47et à M. Darmanin.
09:48C'est reprenez simplement
09:50nos recommandations de l'incivise.
09:51Arnaud Gallet,
09:52la procureure d'Auche,
09:53Clémence Meyer,
09:54déclarait que la chronologie
09:55était conforme
09:55à la procédure habituelle.
09:57Je la cite.
09:57Mais le tribunal d'Auche,
09:58c'est 15 magistrats,
10:0110 000 procédures par an.
10:03Comment résorber cet écart
10:05qui est absolument sidérant ?
10:07Je pense que vous avez tout dit
10:09dans les chiffres.
10:09Je veux dire,
10:10c'est assez simple.
10:10Comment est-ce que c'est possible
10:11aujourd'hui pour la justice
10:13de fonctionner convenablement ?
10:15Enfin, je veux dire,
10:16ça fait combien de temps
10:16qu'il y a des alertes,
10:17y compris au niveau des magistrats,
10:19des procureurs et autres.
10:20C'est pour ça que je pense
10:20qu'il y a une vraie vigilance
10:21à avoir aussi
10:22sur le respect des personnes,
10:24même si effectivement,
10:25c'est terrible,
10:26qui travaillent au niveau
10:27des palais de justice et autres
10:28parce qu'on est dans quelque chose
10:29qui est extrêmement difficile
10:31à résorber,
10:32faute de moyens,
10:33faute de volonté politique.
10:34Vous entendez que les moyens
10:35ont quand même été augmentés.
10:37En 2017,
10:37on avait un budget
10:38de 8 milliards pour la justice.
10:39On est passé à presque 13 en 2026.
10:41Oui, d'accord,
10:42mais on part de loin.
10:42Ça ne permet pas de résorber.
10:44Aujourd'hui,
10:44vous avez des dossiers
10:47qui attendaient
10:48pendant des lustres.
10:50Forcément,
10:50je vais prendre un seul exemple.
10:52Mon exemple personnel,
10:53moi, ma plainte,
10:53ça fait 8 ans
10:54qu'elle est en cours.
10:55Et ça continue.
10:56Je veux dire,
10:578 ans pour des faits
10:58de violence sexuelle.
10:58Rappelez-nous votre plainte
11:00parce que c'est une situation
11:01qui vous est arrivée personnellement.
11:04Oui, bien sûr.
11:04Moi, j'ai été victime
11:05à double inceste
11:06et sur notamment
11:07deux de mes agresseurs
11:08qui sont des cousins,
11:10ça fait 8 ans
11:11que la plainte est en cours.
11:118 ans,
11:12vous imaginez ce que c'est
11:128 ans ?
11:13Non, on n'imagine pas.
11:14Je ne me suis pas imaginé.
11:15Vous voyez,
11:15pour un enfant,
11:16justement,
11:16se mettre à hauteur d'enfant,
11:18penser au développement de l'enfant.
11:19Je veux dire,
11:19on n'a pas besoin
11:19d'être sorti de fac de psycho
11:21ou quoi que ce soit
11:21pour se dire,
11:22bah tiens...
11:22Parce que vous êtes adulte,
11:23mais comment est-ce que
11:24vous vivez avec ça ?
11:25Comment est-ce que vous...
11:26Ah bah,
11:27c'est une torture supplémentaire.
11:28Vous savez,
11:28la France,
11:28c'est pour ça que c'est important
11:29de le dire.
11:29Là, on entend Gérald Darmanin
11:30et pour bien dire les choses
11:31de manière très claire,
11:32c'est-à-dire que la France
11:32a été condamnée quand même
11:33pour victimisation secondaire
11:35au niveau de la justice
11:36parce que justement,
11:37on inflige une nouvelle peine
11:38au niveau des victimes.
11:40Donc c'est pour ça que...
11:41À cause de cette temporalité
11:42dont on parlait ?
11:42Notamment,
11:43mais pas que.
11:44Des fois,
11:44sur la manière,
11:44effectivement,
11:45de poser des questions aux victimes,
11:46sur plein de choses,
11:47sur une méconnaissance
11:48des mécanismes du psychotraumatisme,
11:50sur un tas de choses.
11:50Mais vous,
11:51les policiers,
11:51les gendarmes
11:52ou les magistrats
11:54qui vous ont entendu,
11:55ils ne vous ont pas écouté ?
11:57Bah, écoutez,
11:59je vais le dire ici
12:00avec des warnings,
12:01bien entendu.
12:01Vous savez,
12:01quand on pose la question,
12:02mais c'est important,
12:04à une personne comme moi,
12:05si,
12:05au bout d'un moment,
12:07j'ai eu une érection
12:08pendant que j'étais violé,
12:10c'était en 2025,
12:12on peut se poser la question,
12:14effectivement,
12:14déjà,
12:15de ce que vous voyez,
12:15ça peut me faire à moi,
12:16même si,
12:17on va dire,
12:17que je suis armé,
12:18je peux vous dire
12:19que c'est un désastre,
12:20c'est un cataclysme total.
12:21Et c'est pour ça
12:22que je dis qu'au bout d'un moment,
12:23moi, encore une fois,
12:24je suis armé,
12:24dans le sens où
12:25je vais avoir un psy,
12:26etc.
12:27Voilà.
12:27Mais pensons aux enfants
12:29avec les questions des fois
12:30qui peuvent être posées
12:30parce que c'est ça aussi,
12:32le drame dont on parle,
12:34c'est que la brigade
12:35qui a été désignée
12:36pour poursuivre
12:37les faits
12:38qui étaient reprochés,
12:39en août 2025,
12:40la plainte d'août 2025.
12:41Bien sûr.
12:42C'était une petite brigade
12:43de gendarmerie.
12:44La plus petite du secteur.
12:46Exactement.
12:46Et donc là aussi,
12:47il y a un tas de dysfonctionnements
12:50qui sont
12:51courants.
12:52Récurants.
12:53Il y a sans doute
12:53un manque de formation.
12:55Et on va en parler
12:56parce que c'est vrai
12:56qu'il y a ce qui se passe
12:57à l'intérieur des familles.
12:58Vous êtes très bien placé
12:59pour en parler,
13:00Arnaud Galet.
13:01Il y a la question également
13:02du périscolaire
13:03où un caractère systémique
13:05a été dénoncé récemment.
13:06On va d'abord rejoindre
13:07le standard
13:08et retrouver Jean-Louis
13:09qui nous appelle de Marseille.
13:11Bonjour Jean-Louis.
13:12Bonjour Ali.
13:13Bonjour Marion.
13:14Bonjour.
13:14Vous aviez une question
13:15pour nous inviter ?
13:16Bonjour.
13:17Oui, bonjour Maître.
13:19Oui, vous parliez
13:20à l'instant de priorité.
13:22Dans cet ordre d'idée,
13:24quelque chose
13:25m'interpelle.
13:26Pourquoi le droit civil
13:27continue-t-il
13:28si souvent à préserver
13:30les droits de visite
13:31d'un parent suspecté ?
13:33Ce qui revient
13:34à faire primer
13:35l'autorité parentale
13:36sur la sécurité
13:37absolue de l'enfant.
13:39Merci pour votre question
13:40Jean-Michel.
13:41Mais oui,
13:42mais c'est effectivement,
13:44vous avez tout à fait raison.
13:45Ça,
13:46c'est récurrent.
13:48C'est-à-dire que souvent,
13:49on a des situations
13:50de mères
13:51qui dénoncent
13:52des faits d'inceste
13:53contre le père
13:54et en réalité,
13:56les procédures
13:56se retournent
13:57contre ces femmes
13:58qui sont protectrices
13:59de leurs enfants.
14:00Donc,
14:00ça questionne
14:01sur le crédit
14:03que l'on donne
14:03à la parole
14:04d'un enfant
14:05qui dénonce
14:06des faits,
14:07le recueil
14:07de la parole
14:08de l'enfant
14:09et ensuite,
14:10les enquêtes
14:11qui sont menées.
14:12Et ces enquêtes-là,
14:13elles durent des mois
14:14et des mois
14:14de la même manière.
14:15C'est pour ça
14:16qu'on avait préconisé
14:17qu'il soit mis en place
14:18une ordonnance
14:19de protection
14:20pour éloigner
14:21les enfants
14:21du père.
14:23Et il y a toujours,
14:24alors,
14:24vous interrogez
14:25sur les procédures civiles
14:26et vous avez raison,
14:27moi,
14:28j'estime
14:29qu'on a toujours
14:30au sein
14:31de la société,
14:33au sein
14:33de la magistrature,
14:34des relents
14:34de patriarcat
14:35qui font que
14:37on donne toujours
14:38une place
14:39très importante
14:40au père,
14:41même s'il est violent
14:43à l'égard
14:45des enfants,
14:45à l'égard
14:46de la conjointe.
14:47Un mot pour revenir
14:48quand même à Liana,
14:49une marche blanche
14:50sera organisée
14:51demain par sa famille
14:52à Florence.
14:53La famille ne souhaite
14:54pas avoir
14:55de présence politique
14:56lors de ce rassemblement.
14:58Vous les comprenez ?
15:00Écoutez,
15:00moi,
15:00je respecte,
15:01moi,
15:01j'ai une forte pensée
15:02pour la famille,
15:03je respecte tout à fait
15:03la volonté de la famille
15:05et puis ce qu'on peut rajouter,
15:06c'est qu'il y a une marche blanche
15:06effectivement demain
15:07et puis surtout lundi
15:08à 19h,
15:09il y a une mobilisation citoyenne
15:10devant les tribunaux
15:11et devant le ministère
15:12de la Justice
15:13à l'appel d'une coalition
15:15féministe
15:15parce que c'est pareil,
15:16c'est toujours la même histoire
15:17et donc c'est le rendez-vous
15:1819h,
15:19place Vendôme,
15:20rendez-vous devant
15:21tous les tribunaux
15:23de France,
15:24voilà,
15:24tout simplement,
15:25déjà effectivement
15:26pour rendre hommage
15:28à cette petite
15:29et finalement
15:29à toutes ces petites.
15:30Vous savez,
15:31la question qui nous est posée
15:32et qui est posée
15:32par cette mobilisation,
15:33c'est combien de Jérôme D
15:34sont dans la nature aujourd'hui ?
15:35C'est ça le sujet.
15:37C'est quand même
15:37le sujet fondamental
15:38et on ne peut pas
15:40nous répondre à cette question,
15:40on va juste nous dire
15:41qu'il y a une enquête
15:41administrative individuelle.
15:43On ne répond pas à notre question.
15:44Mais Karine Durieux-Diabolt,
15:45vous parliez par exemple
15:45de père qui était suspecté
15:47d'avoir fait des actes
15:48d'inceste sur leurs enfants.
15:50C'est là qu'elle est
15:51la difficulté.
15:52Parce que où s'arrête
15:53la présomption d'innocence
15:54et où commencent
15:56les mesures de précaution
15:58qui sont nécessaires aussi ?
15:59La présomption d'innocence,
16:01moi j'y suis très sensible,
16:02je suis avocate,
16:03évidemment que ça doit être préservé
16:05et il ne s'agit pas du tout
16:07de la mettre à néant,
16:09mais il s'agit de trouver
16:10un équilibre
16:10avec la protection des enfants.
16:12Au titre de la présomption
16:13d'innocence,
16:14il n'est pas question non plus
16:15qu'on laisse des enfants
16:16se faire violer.
16:18C'est inconcevable, je pense,
16:20pour les juristes,
16:21pour les magistrats,
16:22pour la société.
16:23Donc il faut trouver
16:24des mesures de protection
16:25et c'est cette lenteur
16:27de la justice
16:27qui fait qu'on fait courir
16:29un risque aux enfants.
16:30Si on avait des enquêtes
16:31qui duraient 15 jours,
16:34à ce moment-là,
16:35oui, on pourrait mener
16:38des procédures normalement
16:39en respectant
16:40la présomption d'innocence.
16:42Mais quand vous avez des enquêtes
16:43qui durent des mois et des mois
16:45et c'est récurrent,
16:46c'est vraiment pas un cas isolé,
16:47la situation qui nous vient
16:49avec l'affaire Liana,
16:51eh bien à ce moment-là,
16:52il faut aussi savoir
16:53protéger les enfants,
16:54il faut rentrer dans l'ère
16:55de la protection des enfants.
16:56Alors, des auditeurs nous écrivent,
16:58ils sont nombreux
16:58et notamment Marie
16:59qui est magistrate
17:00aujourd'hui au siège
17:02et elle dit que
17:03c'est impossible
17:03de ne pas commettre d'erreurs
17:05qui parfois sont terribles.
17:07Parole de magistrate
17:08qui résonne douloureusement,
17:10évidemment, ce matin.
17:12Aurélie qui parle
17:13de l'éducation nationale.
17:15Un mot sur le périscolaire
17:16puisqu'il y a le maire de Paris,
17:19Emmanuel Grégoire,
17:19qui parle de caractère systémique
17:21de ces violences sexuelles
17:23dans le périscolaire
17:25dans la capitale ?
17:28Le périscolaire,
17:29c'est toute une histoire,
17:30le périscolaire,
17:31parce que moi,
17:31j'ai des affaires
17:32du périscolaire
17:33et du scolaire,
17:34d'ailleurs,
17:35disons les choses,
17:36depuis des années.
17:37Quand j'avais sur mon bureau
17:39une affaire du périscolaire
17:41il y a cinq ans
17:42ou six ans,
17:42je m'arrache à les cheveux
17:44parce que pas d'audition
17:46de l'enfant
17:46avant plusieurs mois,
17:47on savait que c'était
17:48des affaires
17:49qui étaient étouffées.
17:50Donc, c'est des affaires
17:51qu'on ne faisait pas ressortir
17:52et il a fallu
17:53que cela devienne
17:54un scandale médiatique
17:56pour qu'à ce moment-là,
17:57on s'en saisisse.
17:59C'est vous dire
18:00toute la difficulté
18:01que l'on a
18:01dans ces affaires-là.
18:02En réalité,
18:03il faut toujours
18:03l'appui des médias
18:04pour qu'on ait
18:06des sursauts,
18:07mais il ne faut pas
18:07que ce soit
18:07des sursauts ponctuels,
18:09des réactions
18:10dans l'immédiateté.
18:11Il faut vraiment
18:12un travail de fond maintenant
18:13et ce travail de fond,
18:14on l'a déjà fait
18:15avec la civise.
18:16Du reste,
18:16on a travaillé trois ans
18:18sur ces questions-là.
18:20Donc, c'était un travail colossal
18:21qui a été fourni
18:22et qui n'a pas été suivi
18:23des faits.
18:24Je tiens quand même
18:24à le dire.
18:25Notre entretien se termine
18:27malheureusement.
18:27Il y aurait eu
18:28d'autres questions
18:28à vous poser,
18:29notamment sur Beta Ram
18:32avec l'Assemblée
18:33qui ne permet pas
18:34la levée du secret
18:35de la confession.
18:35Je ne sais pas
18:36ce que vous en pensez.
18:37Réanau Gallet,
18:37ce sera le mot de la fin.
18:38Ce que j'en pense,
18:39c'est que c'est sans cesse
18:40la même histoire.
18:41Le secret de la confession,
18:43330 000 victimes
18:44de pédocriminalités
18:44dans l'église
18:45dans 70 ans,
18:4513 enfants par jour.
18:46Les faits sont prescrits
18:48grâce à Dieu,
18:48comme dirait
18:49le cardinal Barbarin.
18:51Donc, surtout,
18:52ne changeons rien.
18:52Voilà ce que j'en pense.
18:54Merci à tous les deux
18:55pour votre propos
18:56et merci d'avoir été
18:57les invités
18:58de France Inter ce matin.

Recommandations