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  • il y a 6 heures
La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) publie, vendredi, son baromètre de l'avifaune et note une baisse alarmante du nombre d'oiseaux chaque année en Europe. Son président, Allain Bougrain-Dubourg, est l'invité de France Inter. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-6h20/l-invite-de-6h20-du-vendredi-05-juin-2026-5699579

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Transcription
00:00Et votre invitée à 6h20, Marion, est une figure très très connue de tous.
00:04C'est président de la Ligue de protection des oiseaux.
00:07Et oui, et connu notamment des auditeurs de France Inter.
00:09Bonjour Alain Bougrain-Dubourg.
00:10Bonjour.
00:11Vous publiez ce matin le premier baromètre de l'Avifone,
00:14c'est-à-dire de la population des oiseaux sur une durée de 50 ans.
00:17C'est ça qui est nouveau.
00:17Un baromètre qui a été établi grâce aux observations de 45 000 bénévoles.
00:22On en reparlera dans le journal de 7h30.
00:25Et vous venez en dévoiler les résultats sur France Inter.
00:28Alors ce qu'on constate, il faut le dire quand même, c'est d'abord une mauvaise nouvelle.
00:31Il y a de moins en moins d'oiseaux.
00:34Oui, c'est un résultat en trompe-l'œil.
00:36Parce qu'en vérité, on a plus d'espèces.
00:38On a 45 espèces qu'on ne connaissait pas il y a 50 ans.
00:43Et il y en a 4 qui ont disparu.
00:44Donc on pourrait dire, on se réjouit.
00:46La diversité est là en tout cas.
00:47La diversité est là.
00:49Mais les populations d'oiseaux se sont effondrées.
00:53Alors au plan européen, par exemple, on perd chaque année 20 millions d'oiseaux.
00:59On a perdu 800 millions d'oiseaux en 4 décennies.
01:03Or l'oiseau est intéressant parce qu'il est l'indicateur de l'état de la biodiversité.
01:09Quand ces populations disparaissent, c'est tout le cortège du vivant.
01:14Les petits mammifères, les insectes.
01:16On a perdu 75% des insectes volants.
01:21Et donc c'est ce cortège du vivant qui s'estompe quand les oiseaux disparaissent.
01:27Voilà ce que ça nous indique.
01:28Voilà, vous disiez, c'est en trompe-l'œil parce qu'il y a de plus en plus d'espèces.
01:32On pense notamment à ces perruches vertes qu'on peut observer.
01:34Il y en a peut-être 10 000 ou 20 000 en région parisienne.
01:38Il y en a partout en France.
01:39Il y en a à Londres, en Belgique.
01:41Mais par exemple, les petits oiseaux notamment sont de moins en moins nombreux.
01:45Alors ce sont les passereaux qui sont les plus affectés.
01:49Et on constate que les causes sont connues par les scientifiques de l'IBES,
01:55qui est la plateforme des scientifiques au niveau mondial.
01:58C'est avant tout, soyons clairs, une agriculture intensive avec son cortège chimique.
02:05Voilà, ça vous...
02:06Alors il y a les bénévoles qui font les observations,
02:08les 45 000 bénévoles qui ont une application qui peuvent observer.
02:11Et puis il y a vos explications à vous, l'ALPO.
02:13Donc vous dites l'agriculture ?
02:15Oui, de deux manières.
02:18D'une part parce qu'il y a un cortège chimique,
02:21il n'y a plus d'insectes avec les pesticides qui se sont répandus.
02:24Et puis c'est un paysage uniforme qui s'est dessiné.
02:28Il n'y a plus de marres.
02:29Vous vous rendez compte qu'on perd 23 000 kilomètres de haies chaque année.
02:34Et ce sont dans les haies que les oiseaux s'épanouissent.
02:38Pas seulement, du reste, les oiseaux.
02:40Il n'y a plus de marres, il n'y a plus de bosquets.
02:43Et donc là, ça affecte directement les oiseaux.
02:48Donc ce sont des habitats qui disparaissent.
02:50On parlait des nouvelles espèces, 45 de plus en 50 ans.
02:55Est-ce que c'est une aussi bonne nouvelle que ça ?
02:57Écoutez, il y en a certaines qui ont été relâchées.
03:01On se demande comment.
03:02Quand on parlait des perruches, par exemple, à Collier,
03:04elles sont originaires d'Asie et d'Afrique.
03:07L'histoire raconte qu'elles se seraient évadées d'une caisse à Orly.
03:13Et elles ont colonisé le reste de la France.
03:16Alors, pour elles, ça ne pose pas trop de problèmes.
03:19Il y a la Bernage du Canada.
03:22C'est une oie qui occupe maintenant beaucoup de parcs et jardins.
03:29C'est marron et grise, c'est pour l'identifier.
03:32Il y a les hérons garde-bœufs, par exemple.
03:35Alors ça, c'est l'oiseau typique qui cohabite avec les éléphants ou les buffles en Afrique.
03:41Et avec le réchauffement climatique, il est venu nous coloniser.
03:46Alors, ces oiseaux ne posent pas trop de problèmes, à vrai dire, pour l'instant.
03:52Donc, non, ce qui est vraiment très, très inquiétant, c'est la disparition des petits passereaux.
03:59Par exemple, on a perdu pas loin de 60% des martinets.
04:06Ce sont des oiseaux insectivores qui viennent d'Afrique, qui ont cette singularité étonnante de vivre dans le ciel.
04:17Ils mangent en vol, ils boivent en vol, ils font l'amour en vol et ils vont dormir le soir
04:23dans le ciel.
04:24Ils empruntent les courants ascendants et ils ne se posent que pour donner la vie.
04:28Eh bien, là, on voit un effondrement, on voit un effondrement des hirondelles.
04:32Les hirondelles rustiques qui viennent dans les granges.
04:36Les granges ont été fermées, on a perdu pas loin de 40% de leur population.
04:42Il faut souligner aussi, quand même, qu'il y a quelques bonnes nouvelles, notamment les gros oiseaux qui se portent
04:49plutôt bien.
04:49Et on pense notamment à la cigogne.
04:51Alors, la cigogne blanche, dans les années 70, il en restait moins de 10 couples.
04:58Aujourd'hui, vous avez plus de 6 000 couples.
05:01En arrivant dans le studio tout à l'heure, je regardais juste en face de la maison de la radio,
05:06dans le 15e,
05:07il y a un faucon pèlerin qui nidifie là.
05:11Alors que les faucons pèlerins avaient quasiment disparu, victimes du DDT dans les années 70.
05:17Le ciel sévenol ne connaissait plus les vautours fauves.
05:22Aujourd'hui, il y a plus de 2 500 couples de vautours fauves en France.
05:26Alors, on pourrait multiplier les exemples, y compris pour les mammifères.
05:31Les castors d'Europe, il en restait une trentaine.
05:34Aujourd'hui, il y en a 30 000 qui ont colonisé jusqu'à l'Alsace ou la Bretagne.
05:40Donc, on sait faire.
05:42Mais malheureusement, on est confronté aujourd'hui à une situation où il faut changer de paradigme.
05:48Voilà, parce que ça fait 50 ans quand même qu'il y a une loi de protection de la nature
05:51qui a eu des effets concrets,
05:52dont vous nous parlez à l'instant, des bonnes nouvelles.
05:54Mais vous dites que depuis quelques années, ce socle de droit environnemental et ces engagements politiques,
05:59ils sont menacés par des retours en arrière.
06:01Voilà, il y a eu une progression depuis cette loi admirable.
06:06On a vu les effets extrêmement positifs, je viens de les évoquer.
06:09Après, ça s'est stabilisé, y compris au plan européen.
06:12Et aujourd'hui, il y a un recul.
06:14Quand vous voyez la loi du plomb qui ajoute de l'industrie à l'agriculture, plus qu'il n'en
06:21existe actuellement...
06:23On voit d'autoriser des pesticides, notamment.
06:24Des pesticides, etc.
06:25C'est le sacrifice de la biodiversité.
06:28Mais on a pris conscience de la question climatique, on a laissé de côté la biodiversité.
06:34Et ça, c'est catastrophique, il faut se reprendre.
06:37Et on entend votre cri d'alerte ce matin, Alain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue de protection des oiseaux.
06:41Merci beaucoup d'être venu ce matin.
06:43Je renvoie à votre livre « La biodiversité pour les nuls » aux éditions First.
06:48Merci d'être venu sur France Inter.
06:50Merci beaucoup d'avoir regardé cette vidéo !
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