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https://www.arcom.fr/actualites/assises-de-la-radio-2026-radio-et-audio-numerique-lheure-des-decisions
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00:02Merci beaucoup. Merci de votre introduction. Merci, M. le Président, cher Martin, de votre invitation.
00:11Le SGDSN a par principe d'accepter toutes les invitations de l'ARCOM avant même de réfléchir.
00:19Mais à la réflexion, et même si la présence d'un SGDSN ici est finalement une première,
00:27et que je ne crois pas que nous puissions nous compter parmi les experts de la radio, ni de la
00:31communication, ni l'un ni l'autre,
00:34je voudrais vous dire ce matin pourquoi, après y avoir réfléchi, il me semble que nous avons beaucoup de choses
00:41à faire ensemble
00:42pour mettre en œuvre ce qui, pour nous, est notre vocation même comme service du Premier ministre
00:47et comme administration de l'État en charge du pilotage de la politique de défense et de sécurité nationale dans
00:53les années qui viennent.
00:55Je vais le faire ici avec toute l'humidité qui convient au fait que je viens d'un monde comme
01:01diplomate,
01:01comme spécialiste des questions de sécurité internationale, qui n'est pas du tout familier des questions que vous avez traitées
01:06et que, M. le Président, vous avez rappelées à l'instant.
01:09Et je voudrais le faire autour de trois grands points en partant de ce que sont nos sujets aujourd'hui,
01:14de ce que nous avons fait depuis en particulier un an et demi,
01:18et pourquoi, effectivement, sur les questions de communication de crise, mais finalement plus largement,
01:24je pense qu'entre les acteurs de la défense et de la sécurité nationale et les acteurs du monde de
01:27la radio au sens large,
01:29il y a pas mal de choses à faire dans les années qui viennent.
01:32Je vais le faire en repartant d'abord de ce qui, pour nous, est le cadre.
01:36Quand je dis pour nous, c'est pour nous la GDSN, évidemment, mais pour nous, les administrations de l'État.
01:40Et j'oserais le dire, sous le contrôle de M. le Président, de l'ensemble de la nation.
01:48Le Président de la République nous avait demandé, en janvier de l'année 2025, dans ses voeux aux armées, d
01:53'actualiser la Revue nationale stratégique.
01:56Vous savez que c'est un exercice que nous conduisons régulièrement,
01:59qui est cet exercice dont les Français, et notamment les responsables de la défense et de la sécurité, raffolent,
02:04qui vise à recadrer régulièrement les grands paramètres qui font de la politique de défense et de sécurité nationale.
02:10C'est un exercice qu'on fait à horizon plus ou moins rapproché depuis, finalement, 1972.
02:17Et nous aussi, nous sommes des adeptes des livres blancs.
02:19Donc nous avons produit beaucoup de livres blancs sur la défense ou sur la défense et la sécurité nationale.
02:23Et puis ces dernières années, nous avons de façon de plus en plus rapprochée,
02:29actualisé ces grands exercices de réflexion stratégique sur notre environnement
02:32et ce qui l'implique en termes de modification et d'évolution de notre politique de défense et de sécurité
02:36nationale.
02:37Cet exercice-là, il s'est achevé après toute une phase de consultation.
02:41Très approfondie, interministérielle, bien sûr, ça, c'est le cœur de notre métier au SGDSN,
02:45mais avec les représentants de la nation, avec les commissions compétentes de l'Assemblée nationale et du Sénat,
02:51avec beaucoup d'acteurs, y compris des acteurs locaux et territoriaux,
02:54à la publication, le 13 juillet dernier, de ce que nous appelons donc la Revue nationale stratégique.
02:58Je commence par ça, qui peut être assez éloigné de vos préoccupations.
03:01Je serais curieux de savoir combien de personnes dans cette salle l'ont lu.
03:04C'est un document public de 100 pages, qui est assez accessible, je pense,
03:08et qui est sur le site Internet du SGDSN, pour ceux que ça intéresse.
03:11Et ce document, je vais essayer de vous dire pourquoi il nous concerne.
03:14Et quand je dis nous, c'est nous, vu du SGDSN, mais nous, dans cette salle, tous.
03:20Ce que ce document fait, c'est qu'évidemment, au-delà de la description de notre environnement stratégique
03:25et de son bouleversement rapide et accéléré, de l'évolution des menaces,
03:28il nous fixe à tous un objectif, d'ici la fin de la décennie ou le début de la prochaine
03:32décennie,
03:33qui est que nous, comme nation, soyons prêts à ce que nous avons appelé un scénario central,
03:38qui, pour ceux qui ne voudront pas lire les 100 pages et contenus dans le paragraphe 112
03:41de cette Revue nationale stratégique, et qui définit finalement ce à quoi nous devons nous préparer.
03:47Je mets un KVA tout de suite, c'est que ce scénario central n'est absolument pas ce que nous
03:51pensons va se produire,
03:53puisque nous ne savons pas lire le futur, nous ne sommes pas des probabilistes
03:57ni des spécialistes de l'anticipation avec certitude.
04:01En revanche, ce que nous savons faire, comme planificateurs de la Défense et de la Sécurité nationale,
04:05c'est que se préparer à un scénario qui est très exigeant et très dimensionnant,
04:09c'est la meilleure façon d'être prêt à tout ce que nous n'aurons pas bien su préparer.
04:12Ce scénario central, il a deux parties.
04:14Je vais passer très rapidement pour arriver au cœur de notre affaire.
04:18Il a une première partie qui peut faire peur, mais qui est en fait tout simplement la description réelle
04:23de notre environnement stratégique, qui est que nos forces armées doivent aujourd'hui se repréparer
04:28à un scénario qui est un scénario de guerre, quelque part en Europe ou à la périphérie de l'Europe,
04:32pas sur le territoire national, mais quelque part en Europe ou à la périphérie de l'Europe.
04:36Et surtout, et c'est là que je vais revenir à des sujets qui nous intéressent beaucoup plus directement ici,
04:41en même temps que cette partie du scénario a finalement une massification des attaques hybrides,
04:47de ce qu'on appelle les attaques hybrides ou les menaces hybrides sur le territoire national,
04:50dont l'objectif est finalement de rompre la continuité de la vie de la nation,
04:54de venir impacter directement la continuité de la vie de la nation,
04:57d'où le titre de cette présentation sur la question de la résilience.
05:01Par attaque hybride ou par menace hybride, nous entendons, nous, et nous l'avons écrit dans la revue nationale stratégique,
05:07des choses très précises. Je le dis parce que ce concept, parfois, prête à beaucoup de confusion
05:12et à beaucoup d'imprécision. Mais ce que nous visons, ce sont toute une série de choses très concrètes
05:17qui vont des attaques cyber, aux manipulations de l'information, je vais y revenir,
05:21et aux ingérences numériques étrangères, à la question de l'espionnage, à la question du sabotage,
05:25à la question de l'instrumentalisation des troubles à l'ordre public à des fins stratégiques.
05:29On a pu le voir il n'y a pas très longtemps pour ceux qui ont, y compris dans cette
05:33salle, je pense,
05:34parlé ou écrit sur les mains rouges. C'est à ça qu'on pense.
05:39Aussi des choses beaucoup plus classiques de nature de captation technologique
05:44ou de rupture des chaînes d'approvisionnement pour un certain nombre de biens qui sont vitaux et stratégiques
05:48pour la continuité de la vie de la nation. C'est tout cet ensemble-là que nous appelons attaque hybride.
05:53Comme vous le voyez, elles se produisent déjà aujourd'hui sur le territoire national, tous les jours,
05:56comme secrétaire général de la Défense et de la Sécurité nationale, j'ai l'honneur et le déplaisir
06:02de lire tous les jours toute une série de notes qui viennent nous expliquer
06:05ce que sont exactement l'ampleur des attaques cyber, des ingérences numériques étrangères,
06:10des actions de sabotage ou d'espionnage qui, tous les jours, visent le territoire national.
06:14Ce que le scénario central de la Revue nationale stratégique dit, c'est pas du tout ça.
06:19C'est la même chose, mais à une échelle, à un tempo et dans une situation de crise de sécurité
06:23nationale
06:24beaucoup, beaucoup plus élevée. Et c'est à cette double dimension de la préparation de nos armées
06:29un potentiel scénario de guerre en Europe. Et surtout, pour nous, acteurs du territoire national,
06:36ce qu'on appelle improprement les rétroactions, ce qui peut se passer en termes de menaces hybrides
06:41et d'attaques hybrides sur le territoire national, qui auraient un impact direct sur la continuité
06:45de la vie de la nation que nous devons collectivement nous préparer.
06:47Ça, c'est le cadrage stratégique que nous nous sommes fixés à nous-mêmes pour les années qui viennent.
06:52Et encore une fois, cette préparation ne va pas se faire en six mois.
06:57C'est un travail de persévérance presque entêté, besogneux, que nous allons devoir conduire
07:04dans les années qui viennent et qui vont nous amener à la fin de la décennie ou à la prochaine
07:07décennie.
07:08Dans cet ensemble, qui est un cadrage un peu général, qui, j'en ai conscience, sont probablement
07:13assez éloignés des préoccupations qui sont les vôtres au quotidien et de ce que M. le Président a rappelé
07:19sont les enjeux aujourd'hui de la radio. Mais ce que je voudrais faire maintenant, c'est vous dire
07:22pourquoi, au moins sur deux grandes dimensions, il se trouve qu'il y a un lien direct entre la préparation
07:29de la nation à ce scénario central de la Revue nationale stratégique et ce que sont vos missions
07:33et ce que sont les enjeux politiques, stratégiques, techniques, technologiques, numériques,
07:39de réglementation dans les années qui viennent, pour que collectivement, nous soyons prêts
07:44à ce scénario central, parce que nous savons tous qu'être prêts, c'est la meilleure façon de l'éviter.
07:49Le deuxième point, qui est donc le premier élément de substance sur lequel je voudrais insister,
07:54relève de la responsabilité de la radio comme média d'information publique, d'information générale.
08:01Pas de communication, j'y reviendrai, mais d'information générale.
08:04Et donc, nous amène à des sujets qui sont ceux de la lutte contre les manipulations de l'information
08:08et les ingérences numériques étrangères. D'abord, un premier élément de définition.
08:13Nous avons, et je vous renvoie, nous sommes des producteurs actifs de stratégie nationale.
08:18Et donc, il y a une deuxième stratégie nationale qui s'appelle la stratégie nationale de lutte
08:21contre les manipulations de l'information, qui a fait l'objet, pour le coup, d'une concertation
08:24encore plus large que la Revue nationale stratégique, qui a été publiée en février de cette année
08:292026 et qui est, elle aussi, disponible sur le site web du SGDSN, et qui fait cet effort de définition
08:36parce que, là aussi, tout n'est pas équivalent. Fake news, désinformation, manipulation d'informations,
08:41ingérence numérique étrangère ne sont pas des concepts qui se recouvrent parfaitement ni intégralement.
08:46Selon nous, nous sommes responsables au SGDSN et en son sein dans ce service que vous connaissez
08:51qui s'appelle Viginum, qui a été créé en 2021 et qui est le service qui est responsable pour l
08:56'État
08:57de la détection et de la caractérisation des ingérences numériques étrangères.
09:00Nous définissons ce concept. D'ailleurs, il est défini dans le droit, dans la loi et dans les décrets
09:05de création de Viginum d'une façon très précise. Il y a quatre critères qui définissent ce qu'est
09:10une ingérence numérique étrangère. Un critère de contenu, mais qui est assez limité.
09:14On parle de contenu manifestement inexact ou trompeur, mais surtout trois critères beaucoup plus importants
09:20qui sont plutôt les suivants, c'est-à-dire une manœuvre d'amplification automatisée et massive
09:30qui emploie des infrastructures numériques et des technologies numériques qui vont venir s'ingérer
09:36dans notre débat numérique de façon clandestine et de façon massive, délibérée et automatisée.
09:43Un troisième critère qui est celui de l'extranéité, nous, nous parlons d'ingérence numérique étrangère,
09:48autrement dit d'acteurs étrangers, étatiques ou non étatiques, qui vont venir chercher à s'ingérer
09:53clandestinement dans d'autres débats numériques pour l'influencer de l'intérieur en se faisant passer
09:57pour quelqu'un d'autre. Nous ne sommes pas, nous, acteurs de la défense et de la sécurité nationale,
10:01responsables de ce que les Français disent sur les Français en France. En revanche, la souveraineté
10:05du débat numérique, la souveraineté du débat électoral, la souveraineté électorale, oui, ça, ce sont des
10:10questions qui sont au cœur de notre politique de défense et de sécurité nationale et de ce que sont
10:14les responsabilités de Viginium aujourd'hui. Le quatrième critère est un critère d'atteinte aux intérêts
10:18fondamentaux de la nation, c'est-à-dire que tout n'est pas important, tout n'est pas significatif et
10:22il faut
10:23que ça franchisse à certains degrés, non seulement de visibilité, mais d'impact et d'importance pour porter
10:28atteinte, comme on le dit en droit, aux intérêts fondamentaux de la nation. C'est ça qu'on vise dans
10:32les ingérences
10:32numériques étrangères. Je peux vous dire aujourd'hui, et on a fait beaucoup d'efforts de publication ces
10:37dernières années avec Viginium, les ingérences numériques étrangères, elles nous touchent tous les
10:41jours, en dehors du scénario central de la revue nationale stratégique. Il n'y a pas une journée qui se
10:46passe sans que Viginium ne soit amené à détecter soit d'infrastructures numériques, comme on dit, de
10:52modes opératoires informationnels bien connus, des opérations d'ingérences numériques étrangères, soit de
10:58nouvelles opérations qui arrivent. Nous l'avons fait et c'est l'une des raisons du lien qui a été
11:03tissé si profondément entre le SGDSN et Viginium et l'Arcom, parce qu'au moment de la création de
11:09Viginium, un comité éthique et scientifique a été créé. Il se trouve que l'un des membres du comité
11:13éthique et scientifique de Viginium est par construction un membre du collège de l'Arcom, comme
11:18dernièrement dans cette entreprise collégiale informelle un peu particulière que nous avons créée
11:24ensemble, que nous avons appelée le réseau de coordination et de protection des élections. L'Arcom
11:28a bien voulu être présente et nous aider pendant la période des élections municipales à organiser
11:34finalement la protection de notre souveraineté électorale. Et nous avons collectivement, entre
11:38janvier et le mois de mai, collectivement suivi les détections que Viginium pouvait faire
11:43d'ingérences numériques étrangères. Et nous avons ensemble cherché à comprendre ce qu'elles
11:49étaient, à prévenir les candidats, à prévenir les partis politiques qui pouvaient être touchés
11:53par ces ingérences numériques étrangères, à prévenir le public. Nous avons publié
11:56toutes les semaines, tous les vendredis, un bulletin d'information sur les ingérences
12:01numériques étrangères. Cette menace, elle est donc permanente. Pourquoi j'en parle ici
12:05aussi longuement ? C'est qu'il y a évidemment une dimension d'information générale du public
12:10qui est liée aux détections de Viginium. Nous en parlions juste à l'instant avec la
12:15présidente de Radio France. Quand Viginium détecte une ingérence numérique étrangère,
12:20nous, du côté de l'État, nous pouvons la publier. Mais il y a une question d'information
12:24générale du public. Et donc il y a une question de décryptage de ce qu'il y a derrière
12:28une ingérence numérique étrangère qui, par construction, est une manœuvre clandestine
12:33qui s'appuie sur des infrastructures numériques, sur des technologies numériques, surtout si on
12:36y rajoute des couches d'intelligence artificielle qui sont compliquées à comprendre au quotidien
12:40et qu'il faut dévoiler, décrypter, expliquer. Et c'est là qu'on arrive sur nos questions
12:45de résilience. Et qui est mon deuxième point, c'est qu'au-delà de cette détection
12:48et cette communication, de cette information générale du public sur les ingérences numériques
12:52étrangères, au fur et à mesure où elles se déroulent, on a un sujet et un enjeu
12:56de résilience de la société, de résilience de la nation en profondeur, dans la durée,
13:01qui suppose que collectivement, nous puissions expliquer ce que sont ces manœuvres de manipulation
13:08de l'information et d'ingérence numérique étrangère que des acteurs étrangers, étatiques
13:12ou non étatiques, conduisent en permanence et qui visent à miner de l'intérieur notre
13:16débat numérique et notre capacité collective à faire nos choix de façon souveraine et
13:22à nous informer comme nous le souhaitons. Et c'est à partir de cet environnement-là,
13:26de cette logique-là, que nous arrivons au point clé. Dans la stratégie nationale de
13:31lutte contre les manipulations de l'information que nous avons publiée en février, ça n'est
13:35pas un hasard si le premier point, le premier pilier de cette stratégie n'est pas un pilier
13:40qui concerne les services de l'État, la détection et la caractérisation, ça concerne la résilience
13:43de la société. Et ça concerne donc la possibilité que les services de l'État, dans le domaine
13:49de la défense et de la sécurité nationale, nous sommes en charge, puissions travailler
13:52ensemble avec les médias au sens large, avec le monde associatif, avec la société
13:56civile, de façon à construire dans la durée cette résilience de la société française
14:01contre les manipulations de l'information et les ingérences numériques étrangères.
14:04Et vous rappeliez, M. le Président, dans votre introduction que la radio a ceci, qu'elle
14:09est aujourd'hui un média de proximité et de confiance auprès des Français. Et c'est
14:13précisément ce dont nous avons besoin pour informer l'ensemble de nos concitoyens
14:18des détections des ingérences numériques étrangères, pour les informer au long cours
14:22et en profondeur de ce que sont ces mouvements technologiques, de ce que sont ces mouvements
14:26stratégiques, de ces mouvements politiques qui visent à s'ingérer clandestinement dans
14:30notre débat numérique pour l'influencer de l'intérieur. Nous, du côté de l'État,
14:34nous savons profondément nos limites. Nous savons ce que nous ne sommes pas capables
14:37de faire. Et nous savons que nous avons besoin de vous. Nous avons besoin d'informer en profondeur
14:42et dans la durée la société française de ce que sont ces attaques, de ce que sont
14:45ces menaces. Et pour ce faire, il y a un partenariat qui est nécessaire. Nous l'avons
14:49déjà engagé. Nous ne partons pas de rien. Il y a des travaux qui ont été conduits
14:52entre Viginum et Radio France, des travaux qui ont été conduits entre Viginum et un certain
14:57nombre d'autres médias de différentes catégories, de la presse écrite, de la presse écrite
15:01régionale, de la presse audiovisuelle. Et tout ça, il faut qu'on le continue. Viginum
15:05a décidé la création, et nous avons les moyens de le faire grâce aux décisions
15:09qui ont été prises par le gouvernement, la création d'une académie de lutte contre
15:12la manipulation de l'information, dont l'objectif est précisément cette construction progressive
15:16de la résilience nationale contre les manipulations de l'information et les ingérences
15:19numériques étrangères. Et tout ça, c'est devant nous dans les années qui viennent.
15:22Et je pense que nous avons beaucoup plus à faire encore que ce que nous faisons aujourd'hui
15:25ensemble pour préparer la nation à ces attaques-là. Mon dernier point, il va revenir précisément
15:31sur ce que vous disiez tout à l'heure en introduction. Il parle de la radio non pas
15:35comme média d'information du public, d'information générale, mais comme média de communication.
15:40Vous avez rappelé effectivement à juste titre le blackout espagnol et la place de la
15:45radio dans le blackout espagnol pour informer le public. Il y a d'autres exemples.
15:50L'ouragan Irma à Saint-Martin en septembre 2017, dans lequel Radio France avait de toutes
15:56pièces monté un émetteur et une station radio qui avait permis à l'époque de contrer
16:00un début de panique et d'informer le public. Et d'ailleurs, la capacité des salariés
16:05du service public à venir en urgence remonter un service de proximité et d'information
16:11par la radio est important. On peut penser aussi en octobre 2020 à la tempête Alex qui
16:16avait dévasté la vallée de la Roya. Et là aussi, la radio a été le premier mode
16:20de communication. Il y a beaucoup d'autres exemples. On ne peut pas aujourd'hui ne pas
16:24parler d'Ukraine. Et dans la guerre d'agression qu'elle subit injustement et illégitimement
16:31de la part de la Russie, il se trouve que la radio ukrainienne est aujourd'hui un des
16:34grands modes de vecteur de diffusion de l'information auprès de la population ukrainienne
16:41qui résiste. C'est mes tropismes qui reprennent toujours le dessus de la population et de
16:47la société ukrainienne qui résiste vaillamment. Ou par exemple, d'autres exemples en Europe,
16:52les Danois ont un dispositif qui a été mis en place de gestion de crise qui repose
16:58depuis avril 2023 sur un système d'alerte radio. Nous non plus, nous ne partons pas de
17:02rien. Il y a des choses qui ont été faites, des partenariats qui ont été conclus et qui
17:06notamment ont été renouvelés en 2025 entre le ministre de l'Intérieur et Radio France
17:11qui permet de disposer du moyen de la radio pour la communication de crise. Et on sait
17:18tous qu'effectivement, comme vous l'avez rappelé, dans des situations de crise, et
17:21je reboucle avec mon scénario central de la Revue nationale stratégique, si ce à quoi
17:25nous devons nous préparer, ce sont des menaces hybrides, des attaques hybrides massives
17:29qui vont venir casser, rompre profondément la continuité de la vie de la nation. La capacité
17:34que nous avons collectivement, et notamment nous l'État, à passer par la radio pour
17:39communiquer auprès de la population ce que nous devons faire dans les premières heures,
17:43dans les premières 24 heures, les premières 48 heures de la gestion d'une crise massive,
17:47c'est tout simplement vital. Il ne m'appartient pas de définir au regard de l'ensemble des
17:52enjeux que vous avez rappelés, Martin, les choix technologiques qui sont devant nous.
17:58En revanche, il nous appartient à nous, du côté de la Défense et de la Sécurité
18:01nationale, de vous rappeler, de rappeler à tout le monde que dans le contexte de la
18:05transformation profonde numérique, technologique, réglementaire du monde de la radio, ce besoin
18:11que nous sommes en mesure et légitime à exprimer, que la radio reste en tout état de cause un
18:18vecteur de communication de crise auprès de la population en toutes circonstances,
18:22est un élément essentiel finalement de notre stratégie de résilience collective, de capacité
18:28des gestions de crise futures. Et par gestion de crise, finalement, la cause de la crise
18:32est neutre. On peut parler de crises qui sont causées, comme on l'a rappelé ici, par
18:36un événement technologique, le blackout électrique espagnol. On peut parler de crises qui sont
18:41causées par un événement climatique ou environnemental. Nous avons parlé d'ouragans,
18:45on peut parler d'inondations ou de feux de forêt. Ou nous pouvons parler d'une cause adversariale,
18:50comme on dit, c'est-à-dire créée par un adversaire qui veut venir perturber profondément
18:55la continuité de la vie de la nation. Peu importe la cause de la crise, si, comme
19:00nous le pensons, nous sommes confrontés potentiellement dans les années qui viennent
19:03à des crises de sécurité nationale massive, nous aurons besoin, dans un environnement
19:07qui sera profondément perturbé, de la radio comme média de communication de crise,
19:12de communication auprès du public des premières recommandations des pouvoirs publics pour
19:15bien gérer la crise. Et ce besoin-là, il restera, quelles que soient, encore une fois,
19:19les solutions techniques et technologiques qui seront adoptées de façon certaine.
19:23Et donc, c'est finalement, et je m'arrête là, autour de ces quelques idées,
19:28la préparation de la nation à un scénario de crise de sécurité nationale,
19:32la radio comme média d'information générale du public et de résilience de la société
19:37pour ne pas être une cible trop molle des ingérences numériques étrangères
19:41et des manipulations de l'information, et de la radio comme média de communication de crise
19:46pour que, collectivement, nous soyons résilients, c'est-à-dire que nous soyons capables
19:50d'absorber le choc et de continuer notre vie à peu près normale ou d'y revenir le plus vite
19:54possible,
19:55ce qui est la définition même de la résilience, que le travail conjoint
19:58entre les acteurs de la défense et de la sécurité nationale et les acteurs de la radio
20:01me semble aujourd'hui nécessaire. Et voilà pourquoi, au terme de ce propos,
20:07après réflexion, j'aurais dit aussi oui à l'invitation de Martin
20:11de venir m'exprimer devant vous et, de façon plus générale, à nous appeler collectivement
20:18à renforcer notre travail conjoint et notre partenariat, parce que s'il y a une chose
20:22dont nous sommes convaincus au SGDSN, c'est que les questions de défense et de sécurité nationale
20:27ne peuvent pas être l'apanage exclusif d'un petit groupe d'experts des administrations centrales
20:32de l'État, mais que si nous voulons être collectivement prêts, c'est la totalité des acteurs
20:37de la nation dont nous avons besoin. Et ce n'est pas un hasard si, au moment du congrès
20:41des maires de France l'an dernier, nous avons publié un petit guide qui s'appelle
20:45« Tous responsables », parce que pour la préparation de la nation aux crises majeures,
20:49c'est exactement de cela dont il s'agit, c'est que nous sommes tous, chacun à notre place,
20:52un petit peu responsables de notre capacité à soutenir les crises. Merci à vous.
20:58Applaudissements