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  • il y a 5 heures
Lors des Questions au gouvernement, le Premier ministre Sébastien Lecornu a fait savoir que «nous devons soutenir, quoi qu’il arrive, les forces de sécurité intérieure». 

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Transcription
00:00Merci Madame la Présidente de l'Assemblée Nationale, Mesdames et Messieurs les députés,
00:04Monsieur le Ministre, Monsieur le Président Laurent Marc-Angéli, vous avez parlé d'être malheureux.
00:10On peut être en colère de voir les images lamentables telles qu'elles nous sont évidemment parues samedi soir.
00:17Et je veux redémarrer par là où vous avez commencé.
00:20Nous devons ici soutenir, quoi qu'il arrive, les forces de sécurité intérieure, policiers, gendarmes,
00:28pour une simple et bonne raison, Mesdames et Messieurs les députés,
00:31car leur mission est d'appliquer les lois de la République que vous avez votées.
00:35Et là-dessus, on ne peut pas être dans une schizophrénie, pire que cela,
00:39comme une parlementaire l'a fait avant même ces images samedi,
00:43laissant à entendre que ce sont les forces de l'ordre qui créeraient le désordre.
00:47L'inversion du récit, l'inversion des valeurs et le début du combat politique et culturel qu'il nous faut
00:53mener.
00:54Sans quoi, comment voulez-vous demander à une jeunesse de respecter des règles
00:58si les élites politiques elles-mêmes introduisent un doute ou un quiproquo
01:03dans les lois de la République que vous avez votées ?
01:07Deuxième des choses, nous sommes dans une société de responsabilité
01:12qui croit en la responsabilité individuelle et à l'état de droit.
01:17Pratiquement 900 interpellations, Monsieur le Ministre.
01:19900 interpellations lesquelles donnent lieu à de nombreuses gardes à vue,
01:23lesquelles en ce moment même sont en train de donner lieu à nos nombreux déferments,
01:27lesquels l'autorité judiciaire le dira, donnera lieu à nos nombreuses sanctions.
01:31Donc la justice passera en appliquant là aussi les lois de la République que vous avez votées.
01:38Mais en écoutant les questions au gouvernement depuis tout à l'heure,
01:42ministre de l'Intérieur que je salue et que je remercie,
01:45ainsi que derrière lui l'ensemble des préfets et des chefs de notre police et de notre gendarmerie,
01:49en écoutant les réponses et les questions,
01:52je note quand même qu'on ne peut pas faire l'économie de quelques réalités,
01:56d'analyses des profils des personnes interpellées.
02:0098% de garçons, 2% de femmes,
02:06un tiers de mineurs, l'essentiel du reste des jeunes majeurs,
02:1785% de Français et surtout, monsieur le ministre,
02:23des récidivistes extraordinairement minoritaires.
02:27Et de là, on ne peut pas faire l'économie d'une analyse
02:29et de prendre quelques instants quand même
02:31pour mieux adapter notre droit à la suite de ce constat.
02:35Cela n'a rien à voir avec les questions de violence des supporters.
02:41C'est un phénomène de délinquance beaucoup plus global
02:44qu'il nous faut analyser avec beaucoup plus de recul.
02:47Deuxième des choses, on ne peut pas en rester là, monsieur le ministre.
02:49Et on ne peut pas en rester là.
02:50Cela pose évidemment la question de l'adaptation de notre droit,
02:53notamment à la question des tirs de mortier,
02:56notamment sur la question de la vidéo algorithmique,
03:00notamment sur les questions d'interdiction de stade.
03:02En l'espèce, cela n'aurait pas servi à grand-chose,
03:04mais enfin, on a bientôt des compétitions sportives devant nous.
03:06Il nous faut évidemment y répondre.
03:08Et évidemment, la question de l'usage de stupéfiants,
03:11l'usage du protoxyde d'azote,
03:13parce que là aussi, l'autorité judiciaire le dira.
03:15Mais l'ensemble de ces violences se font parfois malheureusement,
03:18on le vérifiera, mais sur fond d'addiction.
03:21On n'a pas attendu, c'est cette fameuse loi Riposte
03:23que le ministre de l'Intérieur a présentée au Conseil des ministres.
03:26Elle a été votée par le Sénat.
03:27Je crois désormais qu'il y a urgence
03:29à ce que la représentation nationale l'examine et la vote.
03:32Et donc, en lien avec la présidente de l'Assemblée nationale
03:35et l'ensemble des présidents de groupe,
03:37je proposerai au président de la République
03:39une session extraordinaire au début de ce mois de juillet
03:41pour inscrire le texte Riposte ici même,
03:45la semaine du 6 juillet,
03:47pour nous permettre justement de faire rentrer notre droit
03:49le plus rapidement possible,
03:51une réponse d'adaptation à l'ensemble de ce droit,
03:54à l'ensemble de ces délinquances.
03:56Dernier point,
03:57je pense qu'il nous faut quand même aller plus loin.
04:01Ça pose la question des courtes peines.
04:04Garde des Sceaux, Gérald Darmanin y a travaillé
04:06dans le cadre de ce qu'on appelle le texte sur deux,
04:09des peines très courtes,
04:10aujourd'hui non possible,
04:1215 jours, un mois,
04:14donner plus de souplesse au magistrat
04:16pour adapter justement notre procédure pénale
04:19et notre droit pénal
04:20à une délinquance au fond un peu nouvelle
04:22au regard des critères que je décrivais tout à l'heure.
04:25Mais je pense qu'il faut encore aller plus loin.
04:27On a un système qui essentiellement
04:30s'est fondé sur une réponse pénale.
04:32Or, on est sur des dégradations
04:34qui sont des dégradations matérielles
04:36qui coûtent extraordinairement cher à la société.
04:40À la société par les polices d'assurance
04:42que chaque citoyenne et chaque citoyen paie
04:45ou à la société par les impôts
04:47et par les contributions que chaque Française et Français
04:50évidemment s'acquitte chaque année.
04:52Ça pose la question de la réparation civile.
04:54Ça pose la question d'un système
04:56dans lequel aujourd'hui les victimes
04:59sont correctement indemnisées
05:00et c'est la force de notre système.
05:01Mais malheureusement, le système, notre système,
05:04ne se retourne pas suffisamment
05:06vers les auteurs de ces dégradations
05:08pour recouvrer aux civils
05:10les sommes qui correspondent
05:12aux réparations imputées à la société.
05:15Et je pense que cette question
05:16va être regardée désormais rapidement,
05:18sans tabou,
05:19dans notre capacité
05:21à recouvrer justement réellement ces sommes,
05:24à intervenir de manière beaucoup plus coercitive.
05:26et je vais demander aux ministres
05:27de faire des propositions assez rapidement.
05:29Je ne suis pas favorable
05:30aux suspensions des prestations sociales.
05:32Néanmoins, je crois qu'il y a un chemin de bon sens.
05:35C'est de permettre à ces prestations sociales,
05:37en dehors du reste à vivre,
05:39de financer justement ces réparations
05:40sur des solutions adaptées.
05:43On doit avancer.
05:43La responsabilité individuelle
05:46d'un auteur d'un acte de violence,
05:49par définition de dégradation,
05:51doit pouvoir réparer.
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