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Avec Henri Guaino, ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, ancien député

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##LE_FACE_A_FACE-2026-06-02##

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News
Transcription
00:00Sur Sud Radio en ce mardi 2 juin 2026, la France dans tous ses états est dans un drôle d
00:05'état.
00:06Je reçois une personnalité politique importante, parce que c'est un observateur,
00:13quelqu'un qui s'est impliqué de façon convaincue dans la politique française.
00:18Il s'agit d'Henri Guénaud, que l'on connaît bien sur cette antenne mais partout ailleurs.
00:22Je rappelle, même si on vous connaît, je rappelle que vous avez été conseiller du président de la République,
00:27à Nicolas Sarkozy à l'Élysée, je me souviens à l'époque où on disait c'est le Jacques Attali
00:31de Sarkozy.
00:32Je ne sais pas si c'était un compliment vraiment.
00:34Puis vous avez continué après la présidente de Nicolas Sarkozy, vous avez poursuivi votre combat politique,
00:39vous avez été élu député des Yvelines et vous continuez aujourd'hui à défendre cette certaine idée de la France.
00:46Voilà, un peu gaullienne, représentée par des gens comme Philippe Séguin ou Jean-Pierre Chevènement.
00:51Vous croyez en la République, vous croyez en la force de l'État, vous croyez en la démocratie.
00:54Et vous êtes malheureux, Henri Guénaud, on le sait, on vous entend, de ce que ces gens-là sont en
00:59train de faire de la France.
01:00Je pose souvent la question à des personnalités comme vous, je reprends cette scène des 18 brumaires devant les tuileries
01:06où le général Bonaparte interpelle les directeurs qui savent
01:09« Qu'avez-vous fait de cette France que je vous avais laissée si brillante ? »
01:12C'est le général de Gaulle, si on le ressuscitait juste à l'instant,
01:15qui prenne, à part Pompidou, tous ses autres successeurs,
01:18et qui leur disent « Qu'avez-vous fait de cette France que je vous avais laissée si brillante ?
01:22»
01:22Il répondrait quoi ? Pardon, mon général.
01:24Moi, je ne sais pas faire parler le général de Gaulle.
01:26Et honnêtement, je préférerais qu'il ne se réveille à point.
01:33Mais ils n'ont rien à répondre.
01:35J'ai rien à répondre, si vous voulez.
01:38Il faut parler de ma vie.
01:41Ma vie n'a pas commencé en 2007, mais j'ai toujours fait de la politique,
01:47mais je m'y suis toujours intéressé.
01:49Et moi, quand je suis rentré dans ma famille politique qui n'existe plus aujourd'hui,
01:54dont je rêve qu'elle ressuscite un jour,
01:57il y avait des chabons, des messmères...
02:00Elle s'arrête quand ? À l'UDR ?
02:01L'UDR de l'époque ?
02:02Non, elle s'arrête à la fin du RPR.
02:04Après, il y a toujours eu des divisions...
02:06Donc, vous croyez quand même à Chirac ?
02:08À un moment donné, oui.
02:09L'appel de Cochin, c'est quelque chose qui vous fait venir, par exemple.
02:10Je crois au RPR.
02:12Bon, l'appel de Cochin était...
02:14Il y avait peut-être quelques excès dans l'appel de Cochin.
02:17On rappelle au Chirac, mais on garde contre le renoncement de souveraineté pour l'Europe,
02:20avec Marie-France Garou et Pierre-Juillier.
02:21Parti de l'étranger, c'est peut-être beaucoup.
02:22Mais, bon, il y avait au RPR
02:28un ciment qui était un ciment hérité du gaullisme.
02:33Une conscience.
02:34J'y reviens.
02:35Moi, quand je suis rentré au RPR,
02:37bon, il y avait Chirac, d'accord,
02:39et puis il y avait des messmères, des chabans,
02:42des Debré, des Séguin, des Pascouas, etc.
02:47Le seul fait d'énumérer ces noms
02:50montre à quel point nous avons descendu plusieurs marches
02:54dans le niveau intellectuel et moral de la classe politique.
02:59Voilà, il faut quand même...
03:01C'est comme si vous citez...
03:04Dans la littérature ?
03:05Non, mais au ministère de la Culture,
03:07vous prenez André Malraux,
03:09et puis après...
03:10C'est pas Fleur Pellerin qui ne lit pas, on est d'accord.
03:13Ou même Druon,
03:14et puis après vous avez Fleur Pellerin, quoi.
03:16Voilà, bon, je n'ai rien contre Fleur Pellerin, mais...
03:19Non, non, non, non, merde.
03:20Voilà, vous n'avez pas besoin de commenter davantage.
03:22On a quand même touché le fond au ministère de la Culture.
03:23De tous les ministères qui ont connu des maillons faibles,
03:26le ministère de la Culture s'est quand même offert les champions des maillons faibles.
03:29Oui, parce que...
03:31Enfin...
03:31Voilà, parce que quand le général de Gaulle...
03:33C'est intéressant comme expérience.
03:34Quand le général de Gaulle nomme Malraux,
03:36ce ministère n'existe pas.
03:37Il avait existé un ministère des Beaux-Arts,
03:38et des choses comme ça,
03:39mais qui dépendait d'ailleurs de l'instruction publique.
03:41Absolument, qui a souvent dépendu de l'instruction publique.
03:44Bon, c'était...
03:46C'était une innovation formidable.
03:49Comment l'État va s'occuper de la culture ?
03:51Scandaleux pour beaucoup.
03:53Mais, en fait, il nomme Malraux.
03:57Voilà, c'est-à-dire qu'il nomme
04:00une politique culturelle incarnée par un homme...
04:02Par une personnalité.
04:03Par une personnalité.
04:05Voilà, légitime, mais qui connaît l'ensemble du champ culturel,
04:10qu'il maîtrise, qu'il domine,
04:11qu'il a une idée très précise de ce qu'il veut faire,
04:15et qui le fait, et qui l'incarne.
04:17Un projet, il a la vision.
04:18Voilà, qui est un vrai projet, un vrai projet.
04:20C'est lui le projet, c'est Malraux le projet,
04:23et de Gaulle le prend pour ça,
04:25comme les Français ont choisi de Gaulle,
04:26parce que c'était de Gaulle.
04:28Pas parce qu'il avait été arrivé avec un programme
04:31de mille mesures,
04:3435 alliances de partis, etc.
04:37Des caminaisons embrouillées.
04:38Non, les gens savaient
04:43qui était le général de Gaulle.
04:45Et le général de Gaulle savait qui était Malraux.
04:49Tout ça a disparu de la politique française.
04:53C'est un luxe qui n'existe plus.
04:55Non, ce n'était pas un luxe, c'était une nécessité.
04:57Ça paraît comme un luxe d'avoir des gens de cette trempe
05:00avec cette culture et cette vision.
05:01Il y a eu la guerre, il y a eu l'histoire.
05:03Très bien, mais Pompidou,
05:05bien qu'il avait fait la guerre à la fin de la Seconde Guerre mondiale,
05:09mais Pompidou, qui n'était pas le général de Gaulle,
05:12qui n'était pas Napoléon Bonaparte,
05:14mais qui était un personnage avec une épaisseur
05:17à la fois humaine, culturelle et intellectuelle,
05:23considérable.
05:23Il n'a plus rien à voir.
05:24On va parler d'hommes d'État.
05:26Un homme d'État, c'est un homme d'État.
05:28Aujourd'hui, ils sont à des responsabilités d'hommes d'État.
05:31On ne peut pas conduire une nation quand il n'y a pas d'hommes d'État.
05:33On ne peut pas avoir une politique à la hauteur de...
05:36Ou femmes d'État.
05:37Oui, mais c'était générique.
05:40S'il n'y a pas d'hommes ou de femmes d'État dans la politique,
05:43alors la politique ne conduit plus rien,
05:45ne maîtrise plus rien,
05:46ne fait que se servir elle-même,
05:48qu'elle se replie sur elle-même.
05:54Maurya qui appelait ça les termites.
05:56Oui, tout à fait.
05:58Et elle ne conduit plus le destin du pays
06:01dans un monde où il se passe tous les jours
06:04des événements importants
06:07qu'elles ont été confrontées à des catastrophes,
06:09à des épidémies, à des guerres, à des tensions.
06:14Et dans un pays, dans des sociétés
06:17qui elles-mêmes sont traversées de tensions profondes
06:20et pour lesquelles le combat pour l'unité
06:24est un combat permanent
06:25qui ne peut revenir qu'à la politique, en réalité.
06:28Voilà.
06:28La politique, c'est l'irruption de la volonté humaine dans l'histoire.
06:33Voilà.
06:34Je voudrais qu'on fasse un bilan,
06:36on ne va pas le faire en 45 minutes,
06:38de la France depuis 1958.
06:41Non, mais vous ne comprenez le bilan de ce qui se passe
06:42quand vous avez compris ça.
06:43Quand vous avez compris ce qu'est la politique...
06:45Justement, on a un peu de recul,
06:47ça ne nous empêche pas de jeter un oeil sur l'actualité.
06:50Nous avons vécu ce week-end des scènes hallucinantes
06:52et nous avons la confrontation de deux France.
06:56Celle que j'appelle de Bruno Retailleau
06:57qui dit que l'État a été au-dessous de ses responsabilités
07:00d'abord dans la réponse aux émeutiers,
07:02dans la sanction ensuite de la justice.
07:04Et puis vous avez Laurent Nunes, ministre de l'Intérieur,
07:06en exercice qui dit
07:07on a maîtrisé la situation, ça aurait pu être pire,
07:09c'était quand même la fête, voilà.
07:10Et ensuite des débats entre commentateurs,
07:13je pense à M. Apathy face à M. Bellamy,
07:16qui s'insurgent parce qu'on a utilisé le mot barbare,
07:19les scènes qu'on a vues.
07:20Ça veut dire qu'aujourd'hui même,
07:21quand on est dans le réel,
07:23on n'a plus le droit d'utiliser les mots du réel
07:24et sans ça on se fait passer pour un xénophobe,
07:26un raciste ou un fasciste.
07:28Oui, vous avez raison,
07:31mais il faut arrêter de se gargariser avec les mots aussi.
07:34Oui.
07:35Si on est d'accord pour considérer
07:39non pas seulement qu'il y a des barbares
07:41mais qu'il y a une montée de la barbarie,
07:43c'est-à-dire un recul de la civilité et de la civilisation,
07:46alors on en tire des conséquences.
07:47Voilà, on ne se contente pas.
07:48Vous maintenez ces termes,
07:50recul de la civilité et de la civilisation.
07:51Vous voyez bien qu'il y a un recul de la civilisation
07:53et un recul de la civilité.
07:54Voilà, qui est imputable à un certain nombre de causes,
07:58certaines dont on parle tout le temps,
08:00d'autres dont on ne parle jamais.
08:01Je pense à l'école,
08:02où finalement on ne parle pas tellement.
08:03Bien sûr, bien sûr.
08:05Dans une société où il n'y a plus de transmission.
08:08Une société où il n'y a plus de transmission,
08:10il n'y a plus d'imaginaire commun,
08:11il n'y a plus de culture commune,
08:12il n'y a plus de politesse commune.
08:14Cette petite chose dérisoire,
08:16mais qui permet aux gens de vivre ensemble.
08:18On appelle civilité en d'autres termes, quelquefois.
08:21Moi, je préfère le terme de politesse
08:23parce qu'au fond, c'est ainsi que nous l'avons toujours nommé.
08:27Aujourd'hui, on dit civilité pour ne pas dire politesse,
08:29comme si c'était dérisoire.
08:30Ça en est de l'éducation.
08:31Mais oui, mais ça fait partie de l'éducation et de la formation.
08:35Comme fait partie de l'éducation et de la formation,
08:38le fait que l'enfant puisse de temps en temps rencontrer un refus,
08:42que l'enfant puisse expérimenter la frustration
08:46que provoque l'interdit ou le refus de ses parents
08:50ou de ses enseignants.
08:53Tout ça est absolument indispensable
08:55à la formation d'une personne
08:59comme à la continuité d'un peuple, d'une société.
09:04C'est un souvenir, ce que vous racontez là.
09:06Non, mais le problème est là.
09:08C'est qu'on peut se dire,
09:09souvenir, tout ça, c'est fini.
09:12Mais ça ne peut pas être fini.
09:13C'est ça le problème.
09:14Le problème, c'est aussi quelque chose qu'on a évacué.
09:17C'est la nature humaine.
09:20On ne parle jamais de la nature humaine.
09:22C'était même devenu, pour certains philosophes, un gros mot.
09:24Mais la nature humaine, ça compte.
09:26La nature humaine, ça ne change pas beaucoup.
09:30Les civilisations, déjà, ça change très, très lentement.
09:32Vous savez, Ferdinand Brodel disait,
09:35ce sont les personnages de l'histoire
09:36qui ont la plus grande longévité.
09:37Mais la nature humaine, c'est encore...
09:39Ça ne meurt pas.
09:40Les civilisations, ça meurt.
09:41Mais la nature humaine, ça ne meurt pas.
09:44La nature humaine, ça évolue très, très peu.
09:47Alors, on peut dire que ça a évolué à la préhistoire.
09:51Très bien, mais en gros, ça n'évolue pas beaucoup.
09:54Donc, de toute façon, quand vous niez les impératifs de la nature humaine,
09:58vous allez vers la catastrophe.
10:00Et c'est la nature humaine qui finira par avoir le dernier mot.
10:03Voilà, c'est pas...
10:04La civilisation, c'est quoi ?
10:06C'est l'effort pour essayer, tant que faire se peut,
10:11de canaliser ce qui, dans la nature de l'homme,
10:14ce qui, dans la nature humaine,
10:16conduit à la violence, à la sauvagerie, etc.
10:20Parce qu'au fond de l'être humain,
10:22il y a une animalité primitive, originelle.
10:26Oui, mais pour ça, la société Henri Guénaud fixe des repères.
10:29Oui, mais si elle ne les fixe pas...
10:30Mais il n'y a plus de repères.
10:31Alors, déjà, en fixant les repères, ça ne marche pas toujours.
10:33Oui.
10:34Mais si vous n'en fixez plus, ça ne marche plus.
10:36Seulement, ça finit dans la violence.
10:39Mais la violence, on ne finit jamais par la violence.
10:43C'est-à-dire, la violence débouche sur autre chose.
10:45Ce qui nous menace aujourd'hui, c'est un abîme de violence
10:48qui débouchera sur un besoin,
10:50ça, c'est la nature humaine qui le veut,
10:52sur un besoin éperdu d'ordre.
10:54Mais en passant par un chaos.
10:55Et à ce moment-là, oui, le chaos de la violence.
10:57Bien sûr.
10:57Voilà.
10:58Mais après, vous avez, le besoin éperdu d'ordre.
11:00Pourquoi ?
11:01Parce que, oui, l'homme est un animal social, par nature.
11:04Bon, par nature.
11:05Et donc, si vous le laissez soit tout seul,
11:10l'espèce de fantasme de l'individualisme poussé jusqu'au bout,
11:14il n'y a que l'homme, il n'y a pas la société.
11:15Si vous le laissez tout seul,
11:17ou si vous le privez de la société, de la vie sociale,
11:20qui ne vous est donné qu'en récompense
11:23de l'effort de civilisation, de civilité,
11:27eh bien, l'homme ne se replie pas sur lui-même,
11:31il se replie sur ses solidarités, proximité,
11:35il se replie sur la tribu.
11:36Voilà.
11:37Le contraire de la civilisation telle que nous la connaissons,
11:39c'est la tribu.
11:41Voilà.
11:41Et donc, on va...
11:42C'est ce à quoi on commence à assister.
11:44Moi, je ne suis pas partisan de l'utilisation du terme guerre civile pour l'instant.
11:49Je pense qu'on n'est pas dans une guerre civile.
11:50Heureusement.
11:51Parce que sinon, vous savez, c'est comme en 68,
11:54les imbéciles qui criaient CRS, SS.
11:57Mais non, on peut ne pas être content de la façon dont les CRS se comportaient,
12:00mais c'est ne pas savoir ce qu'il y a en SS.
12:01Bon, là, c'est un peu exagéré,
12:03c'est ne pas savoir ce qu'est une guerre civile.
12:05Mais la menace existe.
12:07Voilà.
12:07Cette menace, nous la sentons.
12:08Et si nous voulons l'éviter,
12:10il faut éviter le retour aux tribus.
12:13Il faut donc faire regagner du terrain à la civilisation et à la civilité.
12:17Je reçois Henri Guénaud,
12:19qui est une voix de la France libre,
12:20je vous qualifie comme ça,
12:22qui est un républicain patenté
12:25et tout simplement un citoyen inquiet et en colère
12:29qui pourtant nous dit,
12:31on va en discuter,
12:32qu'il y a beaucoup plus de solutions qu'on ne pense
12:34à condition qu'il y ait du courage politique.
12:36Vous nous appelez au 826-300-300,
12:38Emmanuel Galassot attend votre appel.
12:40Vous pouvez poser toutes les questions que vous voulez à Henri Guénaud,
12:42faire état de votre malaise,
12:43de votre satisfaction,
12:44dire que vous n'êtes pas si inquiet que ça.
12:46Enfin voilà, c'est un homme,
12:47c'est un républicain,
12:48donc un démocrate ouvert au dialogue.
12:49Et il vous répondra avec la ferveur
12:51et le franc-parler qu'on lui connaît
12:52au 0826-300-300.
12:54A tout de suite sur Sud Radio.
12:55Sud Radio, la France dans tous ses états,
12:58Péricault-Légas.
12:59Vous êtes bien sur Sud Radio,
13:01ce mardi 10 juin,
13:02il est 18h20 dans la France,
13:03tous ses états.
13:04Je reçois Henri Guénaud,
13:06Henri Guénaud qui a été conseiller présidentiel,
13:09député,
13:10un politicien français.
13:12Je n'ai pas le mot politicien.
13:13Pas politicien,
13:14homme politique,
13:15mais pour moi politicien,
13:17ce n'est pas politicard,
13:18ce n'est pas péjoratif.
13:20Oui, on dirait un professionnel de la politique politicien.
13:22Vous n'êtes pas,
13:23vous êtes un homme engagé.
13:24Non, un politicien,
13:25c'est de bonne l'employé comme ça.
13:26Merci pour cette précision,
13:27c'est important.
13:28Il revient les termites de Malraux,
13:30de Pas de Malraux, de Mauriac.
13:32Il y avait le microcosme de Raymond Barr aussi.
13:35Vous êtes un politicien,
13:37vous regardez Bordeaux,
13:39en juin 1940,
13:41là, les politiciens grenouillent.
13:43En juin 1940,
13:46la classe politique française fuit Paris
13:48parce que les Allemands vont arriver
13:49et on est en train de redessiner.
13:51Là, on a des personnages sinistres
13:52qui vont prendre le pouvoir d'ailleurs.
13:54Mais il y a effectivement des politiciens.
13:55Ils s'organisent
13:56pour mettre le mâchal péter à la tête du gouvernement.
13:59Mais c'est de la politique politicienne.
14:01Ils se haïchent tous,
14:02ils font des calculs,
14:02alors que les Allemands avancent toujours.
14:04Est-ce que cette caste d'Henri Guénaud
14:06a vraiment disparu ?
14:07On assiste aujourd'hui à une classe politique.
14:08Alors, on va rentrer en période électorale.
14:11On est dans la conquête électorale
14:13sur un poste prestigieux
14:15qui est celui de président de la République française
14:16en fonction des pouvoirs
14:17que lui confère la Constitution de 1958,
14:20élection au suffrage universel en 1962.
14:22On voit aujourd'hui, depuis longtemps,
14:24vous allez me dire, j'en ai vu d'autres,
14:25mais ceux d'aujourd'hui,
14:26le programme, c'est comment conquérir le poste.
14:29Ce n'est pas l'avenir de la France,
14:30ce n'est pas ce que ça va venir les salariés français,
14:32c'est quel est le stratagème publicitaire
14:34le plus subtil,
14:34pour que je puisse laver les cerveaux
14:36et les convaincre de voter pour moi.
14:38Et là, c'est concours,
14:39j'allais dire, d'imagination et d'audace
14:42pour expliquer, je vais être le meilleur.
14:44Jusqu'à, je vais donner une prime de 1 000 euros
14:45pour le premier bébé,
14:46comme Gabriel Attal.
14:48Henri Guénaud, je vous pose une question de fond.
14:50Est-ce que ce poste ne les rend pas fous ?
14:53Est-ce qu'il ne faudra pas, à un moment donné,
14:55renoncer à cette élection présidentielle
14:56au suffrage universel ?
14:58Et peut-être, tout en gardant l'arbitre
14:59que voulait le général de Gaulle très important,
15:01peut-être retirer des pouvoirs régaliens
15:04qui font du président appelé un souverain,
15:05de façon à ce que le poste ne soit pas convoité
15:07par des gens qui sont prêts à tout sacrifier,
15:09l'honneur, la vertu, la vérité,
15:11voilà, le sens de l'État,
15:12pour avoir le trôné à la couronne.
15:14Alors, affaiblir le poste,
15:16pour ma part, jamais de la vie.
15:18Je ne parlais pas d'affaiblir.
15:19Jamais de la vie.
15:21Retirer des pouvoirs, c'est jamais de la vie.
15:23Jamais de la vie.
15:24Vous savez, la constitution de 1958,
15:26c'est un essai, un effort de synthèse
15:28de l'histoire de France.
15:31La France est un vieux pays monarchique.
15:32Je ne pouvais rien, c'est comme ça.
15:35Ça, vous l'actez.
15:35Vous l'actez.
15:36Ah oui, oui, mais c'est une réalité.
15:38Y compris, même notre conception de l'égalité
15:41vient de là, c'est-à-dire
15:43le roi qui cherche à être omnipuissant.
15:47Parce que quand il est omnipuissant,
15:50les puissants, comme les plus humbles,
15:53sont à égalité devant lui.
15:54Et c'est d'ailleurs pour la raison pour laquelle
15:56pendant très longtemps, pendant des siècles,
15:57le roi a été l'appel des faibles
16:00contre les puissants.
16:01Voilà, donc, deuxièmement,
16:03c'est l'État qui a fait la France,
16:04qui a fait la société française.
16:07Et la République, si on la regarde,
16:10à part les folies de la terreur
16:12et de la table rase,
16:14elle accomplit consciemment ou pas
16:16le rêve des Capétiens,
16:17c'est-à-dire un pays,
16:19une république une et indivisible.
16:20En réalité, il faut traduire ça
16:21par une nation une et indivisible
16:23qui avait été poursuivi
16:26avec une continuité invraisemblable
16:28pendant des siècles.
16:30Et après, vous avez Napoléon qui arrive,
16:32qui va donner, qui va permettre
16:35de reconstruire une société
16:37que la Révolution avait détruite,
16:41de refonder un pays
16:42sur la première synthèse
16:45entre l'Ancien Régime
16:46et la Révolution,
16:48que même ses pires adversaires
16:50vont lui reconnaître
16:52comme un vrai succès.
16:54Bon, cette France, elle est ainsi
16:56après le XIXe siècle,
16:59c'est deux empires,
17:02trois, deux restaurations,
17:04une hésitation en 1870
17:07entre...
17:08On vit quand même sur les acquis aujourd'hui,
17:10je disais Gilles Lataf tout à l'heure,
17:11Napoléon III de Gaulle,
17:12c'est quand même le souverain impérial
17:15et le président de la République,
17:16ils se sont rassemblés
17:17pour donner à la France
17:18un saut formidable.
17:18Quand Napoléon instaure l'Empire,
17:22il fait ce qu'on appelait
17:24un plébiscite à l'époque,
17:25qu'on appellera un référendum aujourd'hui,
17:28le texte n'abolit pas la République.
17:31C'est Napoléon Bonaparte
17:33en tant que chef de la République
17:35qui devient empereur des Français.
17:37Et d'ailleurs, il y aura un temps
17:38dans les en-têtes,
17:40République française,
17:41Napoléon empereur des Français.
17:43Donc, c'est vous dire...
17:44Comme d'ailleurs,
17:45ça s'est passé à Rome,
17:46à Rome, on n'a jamais,
17:47à ma connaissance,
17:48l'Empire s'installe
17:49et abolit la République.
17:51Donc, c'est une espèce de...
17:53Et depuis la Révolution française,
17:56la France hésite
17:57entre plusieurs régimes
17:59et elle cherche désespérément
18:01une figure de la souveraineté.
18:02Voilà.
18:03Bon.
18:03Et elle n'y arrive pas.
18:04Les Anglais,
18:05après avoir coupé la tête de leur roi,
18:06ont réussi à finir par trouver
18:09une formule.
18:10Donc, ils ont décapité avant nous,
18:11les Anglais.
18:12Bien sûr.
18:12Ils sont toujours en monarchie.
18:14Parce qu'ils sont revenus,
18:15parce qu'ils ont fait l'expérience
18:16de la dictature de Cromwell,
18:18parce que, bon.
18:19Mais ils ont trouvé leur voie.
18:20Nous, on l'a trouvé dans un pays
18:22qui en a peut-être encore plus besoin
18:25compte tenu de la façon
18:26dont il s'est formé.
18:26Oui, mais il y en a encore plus besoin
18:28que le Royaume-Uni.
18:29Il se poste rend fou.
18:30Il se poste rend fou.
18:30Non, ce n'est pas le poste qui rend fou,
18:31si vous voulez.
18:32C'est le poste rend fou.
18:33Mais tout rend fou.
18:33Dans ce cas, vous nommez un général d'armée,
18:35il devient fou parce que c'est...
18:36À ce point-là,
18:37vous avez quand même vu les gens
18:38qui ont succédé au général de Gaulle depuis,
18:40à part Poupidou, évidemment.
18:42Et on le sait se décliner
18:44dans l'ambition personnelle
18:45avec un projet, pas de vision.
18:47C'est vrai qu'en politique comme ailleurs,
18:49il y a des cycles.
18:50Ils ne sont pas réguliers.
18:51Mais il y a des choses qui s'épuisent.
18:52Bon, vous avez eu, après la guerre,
18:54vous avez eu toutes les générations
18:56de la France libre,
18:57de la Résistance,
18:58de Jean-Caieff qui avaient été formés
19:00pendant la guerre.
19:01Il y avait des malheurs.
19:01Ensuite, oui, mais des caractères.
19:05C'était vrai pour la politique
19:07comme pour l'administration,
19:09comme pour une partie des entrepreneurs,
19:14une partie aussi du corps enseignant.
19:16Très bien.
19:18Ensuite, ils ont formé la génération suivante.
19:20Bon, il y avait encore, on va dire,
19:22de beaux restes.
19:23Et puis, petit à petit,
19:24ça s'est évaporé.
19:26Donc, transmission annulée,
19:28transmission qui se réduit.
19:29Qu'est-ce qui vous fait le plus bas ?
19:30Après, c'est comme ça.
19:31Il y a des périodes de l'entre-deux-guerres,
19:32c'est ça, en France.
19:33Et là, avec des gens
19:34qui, eux, avaient tous subi
19:36des grandes épreuves.
19:37Vous savez ce que disait Raymond Aron ?
19:39Il disait, dans les années 30,
19:41la France n'existait plus
19:42que par la haine
19:43que chaque Français portait aux autres.
19:46Voilà.
19:47Et on lui dit, mais pourquoi ?
19:48Il dit, ça, je ne sais pas,
19:49mais c'est une réalité.
19:50Donc, n'essayons pas de trouver...
19:52C'est un précepte de guerre civile,
19:53quand même, la définition.
19:54Qu'est-ce qui vous fait le plus mal à la France ?
19:55Qu'est-ce qui vous fait le plus mal ?
19:56Vous êtes en souffrance aujourd'hui,
19:57ça se voit, on vous l'entend,
19:59mais vous le faites de façon très sereine
20:00et très courageuse.
20:01Vous n'êtes pas dans la résignation.
20:02Qu'est-ce qui vous fait aujourd'hui
20:03le plus mal à la France ?
20:04Qu'est-ce qu'il faudrait tout de suite...
20:05Je vais vous proposer de modifier
20:07ce poste de Président de la République
20:09qui les renforce.
20:10Non, ça, je ne veux pas.
20:10Non, mais je comprends.
20:11Alors, on fait quoi
20:12pour avoir des hommes d'État responsables
20:14qui s'investissent avec un projet
20:16et de la vision pour la République française ?
20:17Je vais vous dire pourquoi je ne veux pas.
20:18Je ne veux pas parce qu'il y a des...
20:20On vient un moment,
20:22on va appeler Gaullien,
20:24ou presque consulaire.
20:26Politicien, non, mais Gaullien, oui.
20:27Non, mais Gaullien, c'est-à-dire
20:28un moment où il y a tous des règles,
20:31tout est déréglé,
20:33et vous ne pouvez pas espérer
20:36réparer tout ça
20:37s'il n'y a pas une volonté incarnée,
20:42forte, responsable,
20:43auxquelles les gens confient
20:44leur destin pour un temps,
20:45ce qui ne veut pas dire
20:46les pouvoirs absolus, etc.
20:49Mais ce qui veut dire que...
20:51C'est pour ça que le général de Gaulle
20:52a fait l'élection du Président de la République
20:55au suffrage universel,
20:57pour que cette personne soit sacrée
20:59par le suffrage universel,
21:00et pour qu'elle ait les moyens
21:04de redresser le pays
21:05quand c'était nécessaire,
21:06de faire face à des événements terribles.
21:08Vous ne pouvez pas donner ça
21:09à une assemblée,
21:10ça ne marche pas,
21:11ça ne marche jamais.
21:13Vous connaissez le mot de Voltaire,
21:15c'est à la dictature d'une assemblée,
21:18je préfère celle d'une seule personne.
21:20Parce que...
21:21Voilà, il faut un responsable.
21:22Je vous repose la question,
21:24comment redonner ?
21:25Quitte à ce qu'on lui coupe la tête,
21:26voilà,
21:27parce que les Français
21:27aient envie de lui couper la tête.
21:28Je vous repose la question différemment,
21:29parce que vous êtes...
21:30Donc la volonté humaine dans l'histoire,
21:31il faut qu'elle ait une figure.
21:33Vous ne vous soumettez pas,
21:34et c'est très bien,
21:35je vous repose la question,
21:36comment redonner à nos compatriotes
21:37l'envie de voter
21:38pour un projet politique ?
21:40Il y en a de moins en moins
21:41qui viennent,
21:41et quand ils viennent...
21:41On arrête à les prendre
21:42pour des imbéciles ?
21:42Et quand ils viennent,
21:43ils viennent...
21:43On arrête à les prendre
21:44pour des imbéciles.
21:45On arrête de les prendre
21:46pour des cons,
21:46voilà.
21:47Est-ce qu'ils savent...
21:47Moi, je dis des imbéciles,
21:48parce que je...
21:49Moi, je dis.
21:49Est-ce qu'ils savent
21:50qu'on les prend
21:50pour des crétins ?
21:52Oui, je crois.
21:53Ce que je raconte souvent,
21:54c'est...
21:55Alors, c'est très personnel,
21:57ça peut paraître
21:57un peu dérisoire,
21:58mais ce que disait ma grand-mère,
22:01ma grand-mère était née en 1903,
22:03elle commençait à travailler
22:04à l'âge de 12 ans.
22:04Elle était d'où ?
22:06Elle était d'où,
22:06votre grand-mère ?
22:06Elle était du sud-ouest,
22:07ma grand-mère,
22:08et elle commence à travailler
22:15vers la fin de sa vie,
22:18a fini par avoir la télévision,
22:21qui n'a pénétré
22:22que plus lentement qu'on pense
22:23dans les foyers
22:24vers la fin des années 60,
22:25pour beaucoup,
22:25au début des années 70.
22:26Elle avait le RTF.
22:27Alors, quand elle écoutait
22:28de temps en temps
22:29des hommes politiques
22:30s'exprimaient à la télévision,
22:32et de temps en temps,
22:33elle disait,
22:34ah, celui-là,
22:35il parle bien.
22:36Ça ne voulait pas dire,
22:37je suis d'accord
22:38avec tout ce qu'il raconte,
22:39je comprends tout ce qu'il dit,
22:41parce que des gens
22:41ne faisaient pas les...
22:43Le français,
22:44il ne parlait pas,
22:44il ne savait pas de parler
22:45comme la conseille,
22:46il ne savait pas de parler comme elle.
22:48Mais,
22:48elle se trompait rarement,
22:50c'est-à-dire qu'elle sentait
22:52qu'il y avait une forme
22:52de sincérité,
22:53de respect de gens comme elle,
22:56qui faisait que...
22:58Elle avait envie
22:59de faire confiance.
22:59On continue à en parler,
23:00Henri Hieno.
23:01Vous restez avec nous,
23:02vous avez vu que le débat
23:03est passionné,
23:04ce n'est même pas un débat,
23:05c'est un échange.
23:06Vous nous appelez au 0826 300 300,
23:08il est 13h30,
23:09vous avez la parole,
23:10vous qui nous écoutez,
23:12et bien entendu,
23:12vous avez beaucoup de questions
23:13à poser,
23:14vous des remarques,
23:14et des observations républicaines
23:16et citoyennes à faire,
23:17Henri Hieno,
23:17qui vous répondra
23:18avec la pertinence
23:19qu'on le connaît.
23:200826 300 300,
23:22à tout de suite sur Sud.
23:23Midi 14h,
23:24Sud Radio,
23:25la France dans tous ses états,
23:27Péricault Légas.
23:29Vous êtes bien sur Sud Radio,
23:30il est 13h35,
23:32je reçois Henri Hieno,
23:33plus en forme que jamais,
23:36pas forcément rassurant,
23:37mais déterminé à ce que les choses changent,
23:39en tout cas,
23:39on sent que cet homme a de la ressource,
23:41voilà,
23:42et qu'il est prêt à donner son avis
23:43à la personne qui aura le bon sens
23:45de le consulter.
23:46Ça arrive peut-être plus souvent
23:47qu'on pense...
23:47Je crois que j'ai renoncé
23:48à donner des avis.
23:48Oui, non, non, mais attendez,
23:49si on vient vous chercher,
23:49je pense que vous n'allez pas...
23:51Non, mais vous n'allez pas...
23:52Je sais que vous ne vous déroberez pas.
23:54Je ne sais quoi...
23:54Oui, si les Français
23:54viennent me chercher, peut-être,
23:56Ah ben, ne sait-on jamais,
23:57on est toujours...
23:57Si les politiciens
23:58viennent me chercher...
23:59On est toujours en démocratie.
24:00Nous avons Hervé
24:01qui nous appelle d'Anthony.
24:02Bonjour, Hervé.
24:03Bonjour.
24:04Bon, qu'est-ce que vous pensez
24:06des propos d'Henri Guénaud ?
24:07Il est plutôt rassurant ou...
24:09Non, non, mais moi,
24:10Voilà, voilà ce que je lui reproche.
24:12Si vous voulez, bon,
24:13je connais quand même un peu
24:14Hervé Guénaud,
24:15je le lis de temps en temps,
24:17et puis je l'écoute.
24:18Non, non, je reconnais
24:19sa grande culture.
24:20Non, non, je suis moi-même historien,
24:22donc si vous voulez,
24:22je n'ai pas trop à redire,
24:24mais moi, je trouve
24:25qu'il ne tire aucune conclusion
24:26de ses connaissances historiques.
24:29C'est ça qui me gêne un peu.
24:30Et donc, en fait,
24:32je veux bien, moi,
24:32recevoir des leçons d'histoire
24:35régulièrement,
24:36mais comme lui,
24:38c'est quand même impolitique,
24:39je trouve que
24:40on ne voit pas
24:41véritablement où il veut en venir.
24:43Qu'est-ce qu'il fait de la droite ?
24:45Comment il la considère ?
24:46Et quelles sont ses solutions, en fait ?
24:48Alors, des solutions,
24:49je suis sûr qu'il en a.
24:50J'ai du mal.
24:51J'ai du mal à les obtenir.
24:52On va voir si on a confessé.
24:53Non, ça ne veut pas du mal
24:53à les obtenir,
24:54c'est que vous me posez des questions,
24:55je réponds aux questions.
24:57Bon, et les solutions,
24:58c'est pas...
24:58Moi, je ne vais pas arriver
24:59avec mon programme de mille mesures.
25:01Si vous me posez une question précise,
25:02comment on fait, par exemple,
25:03pour récupérer une partie
25:05de notre souveraineté juridique ?
25:09Alors, la souveraineté,
25:10on ne la perd jamais,
25:10on peut toujours dire non.
25:11Bien sûr.
25:12Mais comment on fait
25:13pour se redonner les moyens
25:14de la souveraineté juridique ?
25:16Eh bien, on change
25:17la hiérarchie des normes.
25:18Changer la hiérarchie des normes,
25:19ça veut dire quoi ?
25:20Je répète ça sur tous les plateaux.
25:21Personne, ça n'intéresse personne,
25:23mais c'est pas grave.
25:24Bon, et ceux qui écoutent
25:25disent parfois,
25:26oui, mais c'est trop juridique.
25:27Mais non, mais de temps en temps,
25:28il faut aller où ?
25:28Mais comment on change
25:29cette hiérarchie des normes ?
25:30C'est facile.
25:31Non, c'est un énorme combat politique.
25:33C'est lequel ?
25:34C'est que vous ne pourrez d'abord
25:36changer l'article...
25:37Il faut changer l'article 55
25:38de la Constitution.
25:39Alors, je vous rappelle,
25:40voyez, le temps que ça va prendre.
25:41Il faut faire un peu d'histoire
25:42parce que sinon,
25:43on ne comprend rien.
25:46L'article 55 de la Constitution
25:48qui dit que les traités
25:50sont supérieurs à la loi.
25:51Il a été écrit tel quel,
25:53c'était la vieille tradition française,
25:54mais il a été écrit tel quel
25:55en 1958 ?
25:56En 1958, ceux qui l'ont écrit
25:58ne pensaient pas un instant
26:00que ni les conventions internationales,
26:02ni les traités internationaux,
26:03ni les directives européennes
26:07allaient rentrer à ce point
26:10dans le pacte civique, social,
26:12à l'intérieur du droit interne.
26:14Voilà, dans le droit interne.
26:16Le droit international,
26:17c'était le droit de la liberté
26:19de navigation,
26:20le droit aérien,
26:22il y avait beaucoup de...
26:24les traités d'alliance,
26:25etc.
26:26Voilà.
26:26Bon, ça, ça a beaucoup évolué.
26:28Mais à l'époque, en plus,
26:30c'est ce que moi,
26:30on m'a appris quand j'étais jeune,
26:33que je découvrais le droit public,
26:35la tradition
26:37et la jurisprudence
26:39de nos cours suprêmes,
26:40Conseil d'État
26:41et Cour de Cassation,
26:42c'était que la loi
26:43n'était supérieure,
26:44n'était inférieure au traité
26:46que lorsque le traité
26:48était postérieur à la loi.
26:49Voilà.
26:49C'est-à-dire,
26:50la dernière expression
26:51de la volonté du législateur
26:52l'a emporté.
26:52Bon.
26:53La Cour de Cassation
26:54a tenu cette jurisprudence
26:55jusqu'en 1975.
26:57Le Conseil d'État
26:58jusqu'en 1989.
27:00Voilà.
27:00Donc,
27:01moi,
27:02il faut revenir
27:03à l'État du droit.
27:04Comment on le rétablit ?
27:04À l'État du droit.
27:06Il faut écrire
27:07ce qui était la jurisprudence.
27:09Il faut l'écrire
27:10dans l'article 55.
27:11Ça ferait une phrase.
27:13Peut-être l'article 88.1
27:15là où on parle de l'Europe
27:16peut-être pas être
27:17sous réserve
27:17des dispositions
27:18de l'article 55.
27:19Et il faut soumettre ça
27:20au référendum.
27:22Alors,
27:22les gens vous diront,
27:24les juristes,
27:25les antigaulistes,
27:25tous ceux qui détestent
27:26la Ve République,
27:27tous ceux qui détestent
27:27l'État,
27:28tous ceux qui détestent
27:29le peuple aussi,
27:30vous diront,
27:30ah oui,
27:31mais il y a une procédure
27:32de révision de la Constitution,
27:33c'est l'article 89.
27:34Bref,
27:34à ce moment-là,
27:35il faut que les deux assemblées
27:37votent le même texte.
27:39Ensuite,
27:40le président choisit
27:40s'il fait venir le Congrès
27:43qu'il doit voter
27:44à 3e 5e
27:44ou s'il soumet au référendum.
27:47Par exemple,
27:48sur Maastricht,
27:49il y avait des dispositions
27:50qui obligaient
27:51à des modifications constitutionnelles.
27:52Mitterrand a décidé,
27:54une fois que ça a été voté
27:55par les deux assemblées,
27:57de passer par un référendum.
27:59Si vous faites ça
28:00sur un texte comme ça,
28:01vous ne passerez pas.
28:02Voilà.
28:03C'est exactement ce qui est arrivé
28:04à De Gaulle en 1962
28:05à propos de l'élection
28:06du président de la République
28:07au suffrage universel.
28:08Il dit,
28:08voilà,
28:09si je le fais,
28:09si je prends l'article 89,
28:10de toute façon,
28:11je n'aurai pas mal.
28:12Donc,
28:12je vais utiliser l'article 11.
28:14L'article 11 de la Constitution
28:16qui dit notamment,
28:17et à l'époque,
28:17il ne disait d'ailleurs que ça,
28:18que tout projet de loi
28:20portant sur l'organisation
28:21des pouvoirs publics
28:22peut être soumis
28:22sous proposition du gouvernement
28:24par le président de la République
28:25à référendum.
28:26bon,
28:27il faut utiliser l'article 11.
28:28Il a déjà été utilisé en 1962
28:31pour changer la Constitution
28:33en réalité.
28:33La Constitution d'aujourd'hui,
28:34c'est celle de 1962.
28:36À part les réformes,
28:37qui ne sont pas toujours
28:38d'ailleurs heureuses,
28:39mais qui ont déréglé
28:40beaucoup le système.
28:41Bon,
28:42elle a été réutilisée en 1969
28:44pour le référendum.
28:46Les Français ont dit non
28:48qui a entraîné le départ
28:49du général de Gaulle.
28:50Il est réutilisé en 1992
28:51pour Maastricht ?
28:52Non,
28:53non,
28:54Maastricht,
28:54c'est l'article 89.
28:56Le président de la République,
28:57après le vote par les deux chambres,
29:00décide le référendum
29:02plutôt que le Congrès.
29:03Tout à fait.
29:03L'article 11
29:04va directement au référendum.
29:05Au référendum.
29:06Là,
29:06l'article 55
29:07sur la hiarche,
29:08il est énorme,
29:08vous le réformez par référendum.
29:10Voilà,
29:10par l'article 11.
29:11Il faut savoir
29:11que c'est un combat politique
29:13majeur.
29:14Et vous considérez
29:14que ça bouleverse la donne ?
29:16Ah ben ça change tout.
29:17Ça change tout
29:17puisque ça nous remet,
29:20d'abord,
29:20ça remet la responsabilité politique
29:21au centre du jeu.
29:24Parce qu'aujourd'hui,
29:25il n'y a plus
29:25de responsabilité politique.
29:27Les gens se font élire
29:28sur des programmes,
29:29et puis après,
29:30ils vous disent
29:31Ah ben oui,
29:32mais pour rien,
29:33vous comprenez,
29:33c'est pas moi.
29:33C'est pas moi qui décide.
29:34Autrement dit,
29:34la phrase de Jean-Claude Juncker,
29:35il n'y a pas de démocratie
29:36au-dessus des traités
29:37et pour vous,
29:37il est criminel,
29:38politiquement parlant.
29:40Ah ben oui,
29:40bien sûr,
29:41c'est pas acceptable.
29:42je veux dire,
29:42mais ça marche pas comme ça.
29:44C'est à l'origine
29:45de nos malheurs.
29:46C'est à l'origine
29:46de nos malheurs.
29:46qui ont été dénoncés,
29:48reniés dans l'histoire,
29:49bon,
29:49ça n'a aucun sens.
29:51La question est de savoir
29:52qui détient la souveraineté.
29:54Alors,
29:54est-ce qu'elle est nationale ?
29:55C'est le peuple.
29:56Ou est-ce qu'elle est européenne ?
29:57La Constitution
29:59dit que c'est le peuple souverain.
30:00Mais même,
30:00à un moment donné,
30:01qu'on imagine
30:01de faire,
30:02comme certains en rêvent,
30:03un État fédéral européen.
30:04Encore faut-il
30:05qu'il y ait un peuple.
30:06la souveraineté,
30:06elle s'accorde
30:07à un peuple.
30:08Un peuple.
30:09Un peuple qui a une conscience
30:10de peuple,
30:11qui a une histoire de peuple,
30:12qui a une cohésion de peuple,
30:14un imaginaire de peuple.
30:15Il y a encore un peuple français.
30:16Il y a encore un peuple français.
30:17Donc,
30:17de toute façon,
30:18on revient à la nature humaine,
30:19c'est que ces peuples-là,
30:22ils existent,
30:23même si on a l'impression
30:24qu'ils sont en train
30:24de s'évaporer,
30:25ils existent.
30:26Et à la fin,
30:26vous aurez toujours le sursaut,
30:28quitte à ce que ce soit
30:29un sursaut nationaliste,
30:30un sursaut agressif,
30:31mais vous aurez le sursaut
30:32si vous les piétinez.
30:33Et donc là,
30:35il faut faire ça,
30:36mais c'est un combat politique énorme.
30:38Les gens vous disent,
30:38un,
30:39c'est un coup d'état constitutionnel.
30:40Scandaleux.
30:41Ce n'est pas un coup d'état constitutionnel.
30:43Ou alors,
30:43il faut annuler
30:43toutes les élections présidentielles
30:45depuis 1965.
30:46Ça n'a aucun sens.
30:48Vous voyez,
30:49ils vous diront,
30:51ah oui,
30:51mais ça va être le chaos.
30:53Ce n'est pas le chaos
30:54de 1958 à 1989.
30:561989,
30:56ce n'est pas le chaos.
30:58Ça remet de la responsabilité politique,
31:00ce que peut-être
31:00certains ne veulent pas.
31:02C'est la responsabilité politique,
31:04c'est-à-dire ne plus pouvoir dire
31:05ce n'est pas moi.
31:06Vous pouvez toujours,
31:08vous pourrez toujours
31:08à ce moment-là,
31:09dire,
31:10je ne suis pas d'accord avec,
31:11non pas avec tout le traité,
31:12mais avec telle disposition,
31:13je fais une loi qui est contraire.
31:15D'abord,
31:15demandez à nos partenaires
31:16s'ils veulent bien changer
31:17la disposition.
31:17Vous ne voulez pas.
31:18Je fais une loi qui est contraire.
31:20Ça ne s'appliquera pas
31:20sur le territoire français
31:21puisque la loi s'appliquera.
31:23Comme c'est une question de date,
31:24il n'y aura pas
31:24le marge d'interprétation
31:26pour les juridictions.
31:27C'est avant ou après.
31:28Les juridictions
31:29qui ne tiennent leur pouvoir
31:30que de la Constitution,
31:32il faut quand même le rappeler,
31:33elles ne pourront pas tricher
31:35avec cette règle.
31:36Et puis on pourra dire
31:38quand vous vous échangez
31:39la disposition
31:41qui est contraire à ma loi,
31:42on rediscutera.
31:44Sinon,
31:44on se perd
31:45dans des
31:49semaines traverses
31:50ou des faux-semblants.
31:51La formule la plus
31:53employée,
31:54c'est
31:55quand on vous dit
31:56comment vous allez faire ?
31:57On va établir
31:58des rapports de force.
32:00On va trouver des alliés,
32:01établir des rapports de force.
32:02Et puis si vous n'y arrivez pas,
32:04on va établir
32:05des rapports de force.
32:05On l'a vu
32:05sur le Mercosur.
32:07Je rappelle aussi
32:08que
32:10les traités commerciaux
32:11sont
32:13de compétence exclusive
32:14de la commission
32:14et sont adoptés
32:16par le conseil
32:17à la majorité qualifiée.
32:19Il n'y a pas
32:19à l'unanimité.
32:20On m'a dit
32:20oui,
32:21mais c'est la faute de Lisbonne,
32:22pas du tout.
32:23La compétence exclusive
32:24date de 58
32:25du traité de Rome
32:26et sur ce sujet,
32:29la majorité qualifiée
32:30date de 71.
32:31Donc,
32:32voilà,
32:32elle est en vigueur
32:33depuis 71.
32:35Mais,
32:37on a essayé,
32:38on a dit
32:38rapport de force,
32:39je dirais non.
32:40Et le gouvernement
32:41savait très bien
32:42que dire non
32:43ne servait à rien
32:44puisqu'il n'arrivait pas
32:45à avoir une majorité.
32:46Mais,
32:47ça lui fait une posture.
32:48Eh bien,
32:48c'est ça,
32:49il faut en finir avec ça.
32:50On continue en discuté.
32:51Il faut être responsable,
32:52il faut que le gouvernant
32:54puisse venir à la télévision
32:56en disant,
32:56voilà,
32:57je prends mes responsabilités.
32:58Soit je ne fais pas
32:59ce qu'on appelle
32:59la loi écran
33:00parce que ça aurait
33:01des conséquences.
33:02Je l'assume.
33:03Soit je décide
33:04de faire voter
33:06à ma majorité
33:07une loi
33:08qui contredit
33:09le traité
33:10et je l'assume aussi.
33:11On continue,
33:11Henri Hélon,
33:12à en discuter avec...
33:13Alors,
33:13Cédric qui nous appelle...
33:14Vous voyez,
33:14rien que cette question...
33:15Je vous prends
33:16dans quelques instants
33:17et vous pourrez poser
33:19votre question
33:19à Henri Hélon
33:20qui reste avec nous.
33:21Vous nous appelez
33:21au 0826-300-300.
33:24Le débat est passionnant.
33:25Peut-être en sortira-t-il
33:27une...
33:27Allez,
33:28un espoir
33:28pour sauver cette République.
33:30A tout de suite
33:30sur Sud Radio.
33:33Vous êtes bien sur Sud Radio.
33:35Il est 13h48.
33:36Je suis avec Henri Hélon
33:37et nous discutons,
33:39j'allais dire,
33:40un bâton rompu
33:40de l'avenir
33:41de notre République
33:42des dysfonctionnements
33:43et surtout
33:44cette incapacité
33:45que l'on a
33:46à écouter
33:46des propositions
33:47de façon suivie
33:49et concrète.
33:50Les journalistes
33:51ont souvent besoin
33:51de la petite phrase.
33:53Nous avons Cédric
33:54qui nous appelle
33:55Dottignac.
33:55Bonjour Cédric.
33:57Bonjour à vous.
33:58Bonjour à votre invité,
33:59M. Guénon.
34:00Bonjour.
34:01Ça me fait plaisir
34:02de pouvoir parler
34:03un petit peu
34:03parce que j'ai
34:05des choses à dire.
34:06C'est vrai que M. Guénon
34:07a été le conseiller
34:09de M. Sarkozy
34:10avec les résultats
34:12qui s'en sont.
34:12Donc, c'est vrai
34:13que quelque part,
34:14des fois,
34:14on peut se poser
34:14beaucoup de questions
34:15sur comment faire
34:17maintenant aujourd'hui.
34:18Mais je crois
34:19que de toutes les discussions
34:20que vous êtes en train de dire,
34:21M. Guénon,
34:22la plus importante,
34:22ce serait déjà
34:23de réduire
34:24le fonctionnement de l'État.
34:25Déjà, on arriverait
34:26à arriver à faire
34:27des choses
34:27qui sont déjà
34:28beaucoup plus lucides
34:30quand on sait
34:31que l'État,
34:32moi, je parle cru,
34:34l'État se gave
34:35parce que quand on voit
34:36tout ce qui se passe,
34:37dès qu'il manque des sous
34:37dans la caisse,
34:38on va les piocher
34:40sur celui qui travaille.
34:41À un moment donné,
34:42je crois qu'il faut,
34:43avant toute chose,
34:44arriver à poser des choses
34:45et se dire,
34:46voilà,
34:47aujourd'hui,
34:47on a besoin d'argent.
34:49Donc,
34:49le fonctionnement de l'État
34:50qui a augmenté
34:51de plus de 22%
34:53depuis 2017,
34:54on coupe.
34:54on doit arriver
34:56à faire des choses
34:57qui sont claires,
34:58nettes et précises
34:59et aujourd'hui,
35:00il n'y a aucune personne
35:03viable
35:03qui peut nous dire
35:04on va arriver
35:06à avancer
35:06dans les prochaines
35:09présidentielles.
35:10Vous parlez de 2027,
35:11là,
35:11vous attendez le candidat
35:13qui pourra redresser
35:14la France.
35:15C'est la question
35:15que vous avez demandé
35:16à vous poser à Henri Guénaud.
35:18Qui peut aujourd'hui
35:18redresser la France ?
35:19C'est carrément ça.
35:21Aujourd'hui,
35:21on ne sait pas
35:22qui on va avoir
35:22en face de nous.
35:24Moi,
35:24je sais que M. Mélenchon,
35:25au contraire,
35:26il va trouer
35:27notre France
35:28parce que
35:29quand on voit
35:30qu'on nous parle
35:30de Nouvelle-France,
35:31il n'y aura jamais
35:33de Nouvelle-France.
35:34Il y a une France
35:35franchouillard.
35:37On est là,
35:37on est présent,
35:38on l'aime
35:39ou on ne l'aime pas.
35:40Si on aime la France,
35:41on y reste.
35:41Si on ne l'aime pas,
35:42on se casse.
35:43C'est comme ça
35:44qu'il faut faire.
35:44Henri Guénaud vous répond.
35:46On se casse
35:46à condition
35:47qu'il veuille bien se casser
35:47parce que
35:48quand on essaie
35:50de les expulser
35:50et que le pays d'origine
35:56je suis d'accord
35:57avec vous,
35:57il faut avoir
35:58une ligne claire
35:59mais il ne faut pas
36:00que ça se fasse
36:01dans le mensonge.
36:02Il ne faut pas
36:02qu'on la dessine
36:03dans le mensonge
36:03en disant
36:04il n'y a qu'à.
36:05Non, il n'y a pas qu'à.
36:07On vit avec les autres,
36:08on vit dans le monde,
36:09on est obligé
36:09de tenir compte
36:10de ce que font les autres.
36:11Vous augmentez
36:11les impôts sur les riches,
36:12les riches sont bons.
36:14Vous êtes obligé
36:14d'en tenir compte
36:15même si vous trouvez
36:16qu'ils n'en payent pas assez.
36:17Est-ce qu'on a l'espoir
36:18d'avoir la personne ?
36:19Je reviens un instant
36:20sur ce que vous avez dit
36:21si on me laisse
36:23me développer
36:24parce que
36:24vous dites
36:25d'abord
36:26vous dites
36:26l'État
36:27il se gave.
36:27Moi c'est une expression
36:28je pense qu'il faut
36:30écarter du débat
36:31parce que l'État
36:31c'est nous.
36:32C'est-à-dire qu'il n'y a pas
36:33un monsieur État
36:34qui s'en met dans les poches
36:35quand il
36:35on peut dire
36:36il prélève trop
36:37il distribue aux mauvaises personnes
36:39il gaspille l'argent
36:40ça oui
36:41ça on peut le dire
36:42c'est-à-dire
36:42on peut critiquer
36:44le fonctionnement de l'État
36:45on peut vouloir réformer
36:46le fonctionnement de l'État
36:47mais dire
36:48c'est comme dans l'affaire
36:49des augmentations
36:52des prix de l'essence
36:53ça augmente
36:55un peu
36:55les revenus fiscaux
36:57on dit
36:57l'État il s'en met plein les poches
36:58non l'État il ne s'en met pas plein les poches
37:00parce que l'État n'a pas de poches
37:01l'État c'est nous
37:02cet argent
37:03il sert à faire d'autres choses
37:05qui ne sont pas forcément pertinentes
37:06mais ça ne sert à rien
37:08nous ne nous passerons pas de l'État
37:10il faut arrêter de taper sur l'État
37:11il faut arrêter d'en faire un bouc émissaire
37:13la France
37:14elle est née avec l'État
37:16et elle continuera à vivre avec l'État
37:18et que tous les redressements français
37:20tous les relèvements français
37:22toutes les renaissances françaises
37:23sont parties d'un relèvement de l'État
37:26et d'une renaissance de l'État
37:28la dernière fois c'était en 1958
37:30donc après on peut dire
37:33l'État est trop lourd
37:34l'État est trop bureaucratique
37:35mais je voudrais vous faire une remarque
37:37parce qu'on ne peut plus réfléchir dans ces débats
37:40pourquoi la bureaucratie a gagné du terrain ?
37:43elle a gagné du terrain
37:44parce que
37:48l'idéologie dominante
37:50depuis des décennies
37:51c'est là le paradoxe
37:53on va appeler néolibéral si on veut
37:56consiste à dire
37:57il faut supprimer la politique
37:59il faut extirper la politique
38:01de l'économie et de la société
38:02et donc il faut mettre l'économie et la société
38:05en pilotage automatique
38:06mais si vous voulez mettre l'économie et la société
38:08en pilotage automatique
38:09c'est qu'il faut tout codifier
38:10il faut tout codifier
38:12et il faut remettre la régulation de tout ça
38:14à des juridictions
38:15à des autorités indépendantes
38:16etc.
38:16donc
38:17et ça ça crée évidemment
38:19plus vous codifiez
38:20plus
38:21plus enlevez la possibilité
38:24de la décision discrétionnaire
38:28avec la responsabilité politique à la clé
38:30et plus vous créez une complexité de la société
38:33l'Europe y a beaucoup participé
38:34les politiciens français aussi
38:38voilà
38:38mais il ne faut pas croire
38:39c'est même pas l'étatisme là en l'occurrence
38:41qui a provoqué cette excroissance de l'état
38:44ou de la bureaucratie
38:45c'est tout le contraire en fait
38:47dans ce qui s'est passé
38:47alors justement
38:48on a Franck qui nous appelle de Valence
38:50et qui nous donne
38:50bonjour Franck
38:51merci de nous appeler
38:53et vous demandez à Henri Guénaud
38:55quoi pour redonner espoir aux français
38:58c'est ça
38:59oui bonjour
39:00bonjour Perico
39:01bonjour monsieur Guénaud
39:02je vous écoute avec beaucoup d'attention
39:04depuis le début de votre intervention
39:05alors à la question très précise de Perico
39:09précédemment
39:10vous avez répondu
39:11que l'on arrête de prendre les français
39:13pour des imbéciles
39:15alors monsieur Guénaud
39:16je souhaiterais savoir
39:17que proposez-vous
39:18pour redonner l'envie de voter
39:19enfin d'être entendu
39:21pour le peuple de France
39:22et pas seulement écouter
39:23et pour en fait
39:25une espérance
39:26plutôt qu'une résignation
39:28que nous constatons malheureusement
39:29actuellement
39:29est plutôt pour un vote
39:31enfin d'adhésion
39:32et non pas un vote
39:34par défaut
39:35comme beaucoup de français
39:36affirment le faire
39:37par désespérance
39:38parce qu'ils n'ont pas de candidat
39:40de ce nom
39:41si je puis dire
39:42merci Franck
39:43vous avez tout dit
39:44il n'y a pas de candidat de ce nom
39:45il faut comprendre que
39:46le vote par défaut
39:47c'est devenu une stratégie
39:49des politiciens
39:51le but
39:52vous savez quand la politique
39:53quand les politiciens
39:54n'ont plus rien à dire
39:56ne sont plus capables
39:58de trouver les mots
39:58qui touchent
39:59les intelligences
40:00et les cœurs
40:01et bien
40:02il en reste quoi ?
40:03il en reste
40:03les manœuvres
40:05les manipulations
40:05et la manœuvre la plus évidente
40:08c'est le vote par défaut
40:09voilà
40:09donc on va choisir
40:10on va se casser la tête
40:11pour savoir
40:12s'il faut une candidature unique
40:13s'il faut faire une primaire
40:14pour y aboutir
40:15il faut réduire le choix des gens
40:17jusqu'à ce que ça devienne
40:18un vote par défaut
40:20voilà
40:20donc on a
40:22le vote par défaut
40:23il a commencé à vraiment
40:24à se manifester très fortement
40:26en 2017
40:27pour un tas de raisons
40:28mais bon
40:30les gens
40:31se sont dit après tout
40:32bon c'est comme ça
40:32il y a Henri qui nous appelle
40:33de bien risque
40:34qui dit
40:34de Hattel à Zemmour
40:35je ne vois aucun homme d'état
40:36comme pensez-vous
40:37c'est la même chose que vous
40:39voilà
40:40je ne veux pas citer de mots
40:41je ne veux pas citer de noms
40:42mais voilà
40:43il n'y a pas d'homme d'état
40:43on n'a plus d'homme
40:45non il n'y a pas d'homme d'état
40:46ou de femme d'état
40:47comme vous voudrez
40:49mais je reviens au vote par défaut
40:50en 2022
40:51alors là c'est terrible
40:52puisqu'on a demandé aux gens
40:54à la fin
40:55sans campagne réelle
40:56de choisir entre
40:58quelqu'un dont ils ne voulaient plus
40:59parce qu'ils l'avaient expérimenté
41:01pendant 5 ans
41:01et quelqu'un dont ils voulaient encore moins
41:04donc ils ont pris celui
41:05dont ils ne voulaient vraiment plus
41:07même s'ils le voulaient
41:09si ce rejet
41:10était un tout petit peu moins grand
41:11que l'angoisse
41:13que pouvait susciter
41:14en face
41:15l'arrivée de Mme Le Pen
41:16ça fait du mal au pays
41:17ça fait du mal au pays
41:17donc ils se sont
41:18le résultat de ça
41:19c'est la frustration
41:20et le sentiment d'avoir été piégé
41:22et là
41:22ce qu'on est en train de leur fabriquer
41:24c'est la même chose
41:26sauf que ça ne peut pas durer
41:27peut-être que cette fois-ci
41:28il vous aura encore
41:29le vote par défaut
41:29mais ça sera le dernier
41:31voilà
41:31le vote par défaut
41:32il a cet avantage
41:33c'est qu'il permet au candidat
41:34de ne rien dire
41:34ou de faire semblant
41:35si c'est Bardella
41:36que fait l'enchant
41:36le vote par défaut
41:37sera beaucoup plus compliqué
41:38non mais après
41:39il faut comprendre
41:41une élection présidentielle
41:42n'a de chance
41:43dans la 5ème République
41:44que c'est une épreuve de vérité
41:45une épreuve de vérité
41:46non pas sur des programmes
41:48dont la plupart du temps
41:49les auteurs savent
41:50qu'ils ne les appliqueront pas
41:51mais sur les personnes
41:53voilà
41:54sur le caractère
41:55les principes
41:56dont ils se réclament
41:57sur les critères
41:59qui vont leur permettre
42:00de décider
42:00face à une situation
42:01qui est souvent imprévue
42:02qu'il va falloir gérer
42:03voilà
42:03c'est ça
42:04c'est une épreuve de vérité
42:06si ce n'est plus
42:07une épreuve de vérité
42:08et ça l'est de moins en moins
42:09et bien
42:10ça va mal finir
42:11c'est à dire que
42:12si la solution
42:13à la crise de régime
42:16à la crise politique
42:17elles ne sont pas dans les urnes
42:18les gens iront la chercher
42:19ailleurs
42:20ça fait 200 ans
42:21que ça se passe comme ça
42:22200 ans
42:22on n'est jamais sorti
42:23d'une crise politique
42:24d'une impasse politique
42:26autrement
42:26qu'on n'est jamais sorti
42:28par les urnes
42:29voilà
42:29ça va du 18 brumaire
42:31jusqu'au 13 mai 1958
42:34ça n'est jamais sorti
42:35donc c'est ça le danger
42:36et elle porte beaucoup de solutions
42:39en même temps
42:41merci Henri Guénou
42:42d'avoir été avec nous
42:43mais là il nous faudrait
42:43toute la journée
42:44mais vous reviendrez
42:45vous reviendrez
42:46cette antenne est à disposition
42:47pour ce genre de débat
42:48et croyez bien
42:49que ceux qui nous écoutent
42:50sont friands
42:51de ce genre d'échange
42:52merci d'avoir été avec nous
42:53Henri Guénou
42:53merci de votre invitation
42:54voilà
42:55et je vous dis à très bientôt
42:56pour continuer les aventures
42:57de cette république
42:59qui a besoin effectivement
42:59d'être reprise en main
43:00et de donner espoir
43:01à ses compatriotes
43:03et à ses citoyens
43:05je vous laisse avec
43:06Brigitte Laé
43:06qui va vous parler certainement
43:08d'une politique
43:10mais qu'elle
43:10qui est beaucoup plus sentimentale
43:11et je vous dis
43:12rendez-vous à demain
43:12à midi
43:13pour un nouveau
43:14La France dans tous ses états
43:15merci
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