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  • il y a 8 minutes
Elle s'est affranchie du parti présidentiel en créant son propre mouvement et veut peser dans le débat pour 2027 en faisant émerger une candidature au centre. L'ancienne Première ministre Elisabeth Borne est l'invitée de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 01 juin 2026.

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Transcription
00:03Elle vient de publier un livre dont le titre ressemble à une injonction politique.
00:06Réveillons-nous, l'ancienne première ministre et actuelle députée du Calvados, Elisabeth Borne,
00:10et donc l'invité d'RTL Matin. Bonjour et bienvenue sur RTL, Elisabeth Borne.
00:13Bonjour.
00:14Qu'est-ce que vous retenez pour commencer de la journée de samedi, vous ?
00:17Alors le match, voilà, et la belle victoire du PSG.
00:22Ça c'est ça ce que vous retenez en premier ?
00:23Absolument, comme beaucoup de Français je pense.
00:25Elle n'a pas aimé. Il n'y a qu'en France, a-t-elle dit, où la victoire d
00:29'un club de foot provoque des émeutes.
00:30Il n'y a qu'en France où chacun se sent obligé de s'enfermer chez soi un soir de
00:33victoire
00:33pour éviter d'être confronté à la violence. Elle n'a pas complètement tort, non ?
00:37Alors évidemment, c'est totalement scandaleux qu'à chaque fois, en marge des fêtes qui suivent des victoires de nos
00:45équipes,
00:45on ait des casseurs qui viennent effectivement gâcher la fête.
00:49Mais je pense qu'il faut aussi voir tous ceux qui se sont réjouis au contraire de cette victoire
00:55et puis ne pas oublier la victoire elle-même.
00:57Et je pense que les forces de l'ordre étaient très mobilisées samedi
01:00et qu'effectivement on a assisté à des débordements.
01:04Mais voilà, la police était là.
01:05Avec quand même beaucoup d'interpellations.
01:06Oui, bien sûr. Du coup, ça montre que la police a fait son travail.
01:10La situation était globalement sous contrôle, a dit Laurent Nunez.
01:12Ce n'est pas exactement ce que semble avoir retenu Emmanuel Macron,
01:15le chef de l'État qui a reçu hier les joueurs du PSG à l'Élysée.
01:19Et voilà ce qu'il a dit.
01:19Ce n'est pas le foot, ça. Ce n'est pas le sport. Ce n'est pas ce qu'on
01:22aime.
01:23On sera intraitables avec ceux qui ont été attrapés.
01:25On ne veut plus voir ça. Fini. On en a ras-le-bol.
01:28Fini. On en a ras-le-bol. On sera intraitables.
01:30Elisabeth Borne, peut-être.
01:31Mais ça fait bientôt dix ans que vous auriez dû être intraitables, non ?
01:35Je pense qu'à chaque fois, vous voyez, il y a eu effectivement une mobilisation des forces de l'ordre
01:39quand on a des matchs qui peuvent amener à ce genre de débordements.
01:44Ensuite, effectivement, on a partout, dans de nombreuses villes de France,
01:48des casseurs qui se sont invités dans la fête, qui gâchent la fête.
01:52Mais il faut s'y habituer ?
01:53Non, je ne veux pas qu'il faut s'y habituer.
01:55Je pense que quand on voit la présence policière samedi,
01:58les policiers étaient présents, des interpellations ont eu lieu
02:01et des condamnations vont tomber.
02:02Tout le monde a à peu près salué le dispositif policier qui a été mis en place.
02:06Mais qu'est-ce que ça raconte ces violences ?
02:09C'est un problème récurrent de violences urbaines ? C'est quoi ?
02:11Qu'est-ce que ça dit de notre société aujourd'hui ?
02:13Oui, ça dit, et on l'a vu pendant les émeutes urbaines en 2023,
02:17qu'il y a des jeunes sans doute en perte de repère.
02:19Moi, je suis convaincue, et j'en parle dans le livre,
02:21qu'on doit intervenir très en amont pour éviter d'avoir ce genre de comportement,
02:27que ce soit effectivement à l'occasion de match,
02:29ou comme on l'avait vu au moment des émeutes urbaines en réaction à la mort de Naël.
02:34Oui, il faut absolument intervenir plus tôt,
02:36que les jeunes soient sanctionnés dès le premier dérapage.
02:40Et c'est toute une politique qu'il faut effectivement bâtir.
02:43Bon, je note, Elisabeth Bonde, qu'à ma première question,
02:45qu'avez-vous retenue de la journée de samedi ?
02:47Vous n'avez pas cité spontanément le premier meeting
02:48de la campagne présidentielle de Gabriel Attal.
02:51Comment vous l'avez trouvé ?
02:52Je ne vais pas commenter le meeting.
02:54Moi, ce qui me préoccupe, c'est...
02:55Vous n'y étiez pas, je précise.
02:56Donc, je n'y étais pas.
02:57Le mouvement que j'ai lancé, Bâtissons Ensemble,
02:59était représenté, mais je n'y étais pas personnellement.
03:01Ce que je note surtout, c'est que c'est le premier d'une série de meetings
03:04qui est le symptôme de cette fragmentation
03:09de la classe politique entre les extrêmes,
03:11avec beaucoup d'aventures personnelles
03:13qui risquent de nous mener, ou qui peuvent nous mener,
03:16à un deuxième tour entre LFI et l'URN.
03:19Donc, moi, je pense qu'il faut au contraire rassembler
03:21de la gauche réformiste à la droite modérée.
03:23Il divise Gabriel Attal aujourd'hui ?
03:24En fait, on a beaucoup d'aventures individuelles.
03:26Et à la fin, pendant ce temps-là,
03:28pendant que chacun est en train de se positionner
03:31par rapport à l'autre...
03:32Donc, chacun sait qui ? C'est Attal ? Philippe ?
03:34Attal, Philippe, Retailloux, tout le monde est en train
03:36de se lancer dans la bagarre.
03:38Et à la fin, je pense que, même si on nous explique
03:41qu'on se retrouvera peut-être au début de l'année 2027...
03:45Vous y croyez à ça ou pas ?
03:46Le gentleman...
03:47J'ose espérer qu'à la fin, il n'y aura effectivement
03:49qu'un candidat sur le...
03:52Je vous dis, de la gauche modérée à la droite...
03:54De la gauche réformiste, pardon,
03:56à la droite modérée.
03:57Mais pendant ce temps-là,
03:59l'essentiel de l'énergie qui devrait être consacrée
04:01à montrer aux Français qu'on entend leurs préoccupations
04:05et à répondre à ces préoccupations,
04:07je crains qu'une partie soit plutôt consacrée
04:10à faire baisser l'autre ou passer devant.
04:13Et ça, ça met vraiment le pays en risque.
04:15Pour vous, Gabriel Attal, avec ce meeting,
04:17il y avait quand même pas mal de monde.
04:183 à 4 000 personnes, quelques dizaines de parlementaires,
04:204 ministres.
04:20Il n'est pas devenu le candidat naturel
04:22de votre famille politique ce week-end ?
04:24Vous aurez noté qu'il y a d'autres candidats naturels.
04:27Donc voilà, je pense que c'est ça le sujet de préoccupation.
04:30Et je redis, moi je souhaite, et je ne suis pas seule.
04:33Yaël Braun-Pivet dit la même chose,
04:34Gérald Darmanin dit la même chose.
04:36On souhaite qu'on puisse se rassembler.
04:38Mais comment vous allez empêcher cette machine à perdre
04:41qui semble cette mise en route quand même ?
04:44Écoutez, moi j'ai lancé un mouvement,
04:48Bâtissons Ensemble, dans lequel...
04:49C'est quoi Bâtissons Ensemble ?
04:50C'est une écurie présidentielle ?
04:51Non, ce n'est pas une écurie présidentielle.
04:53Vous aurez compris que je trouve qu'il y en a déjà beaucoup.
04:55C'est la volonté de se rassembler,
04:59déjà pour aussi faire le bilan de ce qui a été fait ces dernières années.
05:03Je pense qu'on se doit de rendre compte aux Français
05:05de ce qui a marché, de ce qui n'a pas marché.
05:08Par exemple, ce qui a marché,
05:09aujourd'hui on a Choose France qui démarre.
05:11Je pense qu'on peut dire que sur l'attractivité,
05:13la France qui est depuis la septième année
05:17le pays le plus attractif en Europe,
05:19ça a marché.
05:19Les créations d'emplois, ça a marché.
05:22La transition écologique, il y a des choses qui ont marché.
05:24Puis il y en a d'autres qui n'ont pas marché.
05:26Et je pense que c'est important qu'on puisse le dire clairement.
05:29Et ce qui n'a pas marché ?
05:30Ce qui n'a pas marché, vous voyez,
05:31mais c'est des sujets difficiles.
05:32Par exemple, quand on a créé 15 000 postes
05:35de policiers et gendarmes supplémentaires,
05:37pour autant, on n'est pas venu à bout du narcotrafic.
05:41Donc ça, c'est un échec ?
05:42En tout cas, il y a une loi qui a été votée récemment
05:45qui, je pense, donne des nouveaux outils
05:47et c'est important.
05:48Mais enfin, en tout cas, vous voyez,
05:49ça montre qu'il ne suffit pas de rajouter des moyens
05:52qui ont un enjeu d'efficacité de l'action publique
05:54et puis qu'il y a aussi besoin de temps, de durée.
05:57Et c'est pour ça qu'il faut chercher des compromis
05:59pour pouvoir agir dans la durée.
06:00Quoi d'autre n'a pas marché ?
06:01Qu'est-ce que vous mettez dans la colonne ?
06:02Non, je pense que, vous voyez,
06:04on a mis beaucoup d'énergie
06:06et moi, je me suis beaucoup impliqué
06:08sur l'émancipation,
06:10la lutte contre les inégalités à la racine.
06:12C'est des sujets de transformation profonde.
06:14C'est pour ça qu'il faut continuer.
06:16Moi, je propose un pacte avec la jeunesse
06:18parce que notre jeunesse est confrontée
06:20à de nombreuses difficultés.
06:21Je pense qu'il faut agir de la petite enfance
06:24à l'entrée dans la vie d'adulte
06:26et qu'on a vraiment besoin
06:27de tous se mobiliser pour l'école.
06:29Et quand j'entends dire
06:30qu'il faut rétablir l'autorité,
06:31remonter le niveau,
06:33ce n'est pas si simple que ça.
06:34Et ce dont je suis certaine,
06:35c'est que ça ne se fait pas par décret
06:37ou par circulaire depuis la rue de Grenelle.
06:40C'est vraiment un projet global
06:41qu'il faut proposer
06:42pour permettre à chaque jeune
06:44d'avoir confiance dans son avenir.
06:46Emmanuel, pardon,
06:47Elisabeth Borne,
06:47vous avez décidé de quitter
06:49les instances dirigeantes du parti
06:51que dirige Gabriel Attal.
06:52Renaissance,
06:53déjà, est-ce que vous allez aller plus loin
06:54en quittant le parti ?
06:55Enfin, ce n'est pas dans mon intention.
06:57Donc, j'ai souhaité me mettre
06:58en retrait de ces instances
07:00pour me consacrer précisément
07:02à ce mouvement
07:04Bâtissons Ensemble.
07:05Et pardon, mais je vous interromps,
07:06mais pourquoi rester dans un parti
07:07dont vous avez dit
07:08il y a une dizaine de jours
07:09dans la tribune dimanche
07:10que Renaissance, ce n'est pas un parti,
07:12c'est l'agence de com'
07:13de Gabriel Attal ?
07:14Parce que ce parti,
07:16moi, j'y suis attaché.
07:17J'ai fait de nombreuses campagnes
07:20avec les militants.
07:21C'est le parti qui a été créé
07:22par Emmanuel Macron.
07:24Et dont je continue à penser
07:25que les intuitions étaient les bonnes.
07:28Vous n'étiez pas au meeting
07:29de Gabriel Attal samedi.
07:30Vous serez à celui d'Edouard Philippe
07:31le 5 juillet ou pas ?
07:32De la même façon,
07:33moi, je ne souhaite pas
07:34aller à ces meetings,
07:35mais Bâtissons Ensemble
07:36sera représenté
07:37comme il a été samedi.
07:39Et vous,
07:39quitte de vos ambitions ?
07:40Vous avez dit que ce n'était pas
07:41une écurie présidentielle
07:42Bâtissons Ensemble.
07:43Mais quitte de vos ambitions ?
07:44Je vous dis,
07:44mon ambition,
07:45c'est d'arriver à rassembler.
07:47On a une élection présidentielle
07:49déjà dans laquelle
07:50c'est important
07:51de ne pas laisser
07:52les idées des extrêmes
07:55monopoliser le débat public.
07:56Et puis derrière,
07:57il y aura aussi
07:57des élections législatives.
07:59Moi, je ne crois pas
08:00au retour du fait majoritaire.
08:02Et je pense qu'on aura
08:03là aussi besoin
08:04de bâtir des coalitions.
08:05Et c'est ce à quoi
08:06on va s'employer
08:07dans Bâtissons Ensemble,
08:09de chercher
08:10des points de convergence,
08:11de bâtir
08:13la base
08:14de ce que peut être
08:14un programme de coalition.
08:16Sachant que plusieurs personnalités
08:17ou anciens ministres
08:17vous ont déjà rejoint.
08:19Éric Dubon-Moretti,
08:20Marc Ferracci,
08:21Agnès Buzyn, etc.
08:23Mais quand même,
08:23vous dites qu'il n'y a pas
08:24assez de femmes.
08:24Yael Brown-Pivet,
08:25ici même,
08:26avait défini la présidentielle
08:27comme un club de machos.
08:29Mais à un moment,
08:29pour que ça bouge,
08:30pour que les femmes
08:31aient leur place,
08:32il faut qu'elles viennent
08:32la prendre,
08:33il faut se lancer, non ?
08:35Oui, je pense qu'aujourd'hui,
08:36je vous dis,
08:36on ne manque pas de candidats.
08:37On manque de candidates, peut-être.
08:39On manque peut-être
08:40de candidates.
08:41En tout cas,
08:41moi, mon propos,
08:42c'est surtout de dire
08:43qu'on a besoin
08:44de mettre des propositions fortes
08:46et de les porter ensemble,
08:48de faire le bilan
08:49de ce qui a été fait,
08:50de ce qui a marché,
08:50de ce qui n'a pas marché.
08:51Et c'est comme ça
08:52que je souhaite qu'on avance.
08:53Bon, dernière question,
08:53elle concerne
08:54la journaliste Xenia Fedorova,
08:55qui sévit sur les médias
08:56de Vincent Bolloré,
08:57CNews Européens,
08:58le JDD, ses stars.
08:59Jean-Noël Barraud
09:00l'a qualifié
09:00de propagandiste pro-Poutine.
09:02Il faut lui retirer le micro,
09:03disait Raphaël Glucksmann,
09:05ici même,
09:05dans le Grand Jury hier.
09:07Glucksmann,
09:07qui l'accuse
09:07d'être agent russe
09:08au service d'un régime
09:09qui menace directement l'Europe.
09:11Faut-il lui retirer
09:12son titre de séjour ?
09:14Je ne sais pas
09:14s'il faut lui retirer
09:15son titre de séjour.
09:17En tout cas,
09:17son propos
09:18et son positionnement
09:19est assez clair.
09:21C'est à la limite
09:22de l'ingérence,
09:23effectivement.
09:24En tout cas,
09:24ce sont des thèses
09:25qui sont manifestement
09:26pro-Poutine.
09:27Je crois qu'il n'y a pas
09:27de doute.
09:28Mais c'était l'ancienne patronne
09:29de RT France,
09:31Rechateau des France,
09:32Emmanuel Macron a interdit
09:33en France.
09:34Donc, il faut...
09:36C'est la liberté d'expression,
09:37comme le dit Arnaud Lagardère,
09:38qui la défend ?
09:39Je pense, en tout cas,
09:41que ce sont des propos
09:42qui ne sont manifestement
09:45pas ce qu'on peut attendre
09:46d'un journaliste
09:47avec un minimum
09:47d'objectivité
09:48et c'est effectivement
09:50porter la parole
09:50de Poutine.
09:51Donc, voilà.
09:52Je pense que ce n'est pas
09:53très utile
09:53pour faire progresser le débat.
09:54Mais faut-il la faire taire ?
09:56Je ne sais pas.
09:57On est dans un pays
09:58de liberté,
09:59donc je n'irai pas jusque-là.
10:00Merci beaucoup,
10:01Elisabeth Borne,
10:01d'être venue ce matin
10:02sur RTL.
10:02Je rappelle votre livre
10:03Réveillons-nous,
10:04appel à un rassemblement
10:05républicain et démocrate
10:06publié chez Robert...
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