00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03L'invité d'RTL Matin avec la chef de l'école, la prof principale en quelque sorte,
00:07puisque c'est la ministre de l'éducation nationale.
00:09Bonjour et bienvenue à vous Elisabeth Borne.
00:11Bonjour.
00:11Dans deux départements, donc les Bouches-du-Rhône et le Var,
00:14il n'y aura pas d'école aujourd'hui pour cause d'orage.
00:16Ça veut dire que la consigne que vous donnez ce matin,
00:18même si c'est compliqué pour les parents qui travaillent,
00:20c'est rester à la maison, il n'y a pas d'accueil dans les collèges, les lycées, les écoles ?
00:24Donc c'est une consigne qui a été donnée par les préfets de ces deux départements,
00:28compte tenu effectivement des risques de pluie, d'orage,
00:32avec les difficultés que ça peut créer sur les routes.
00:37Donc naturellement, les services de l'État, des collectivités,
00:40sont mobilisés pour rétablir la circulation au plus vite
00:43et que la rentrée puisse se tenir demain.
00:46Bon, ça sera demain.
00:47Vous êtes quand même adepte du principe de précaution à l'extrême, Elisabeth Borne,
00:50comme si on ne va plus à l'école quand il pleut.
00:52C'est une décision qui a été prise par les préfets.
00:54Naturellement, ils ont consulté les services académiques.
00:59Voilà, moi je pense qu'effectivement, s'il y a un risque pour les transports scolaires,
01:03s'il y a un risque sur les déplacements, avec des risques de grêle, si j'ai bien compris,
01:07c'est important qu'on ne mette pas en risque les familles qui peuvent conduire les élèves à l'école.
01:12On entend quand même que ce n'est pas votre décision,
01:14ce n'est pas forcément celle que vous auriez prise ?
01:15Alors c'est une décision qui relève du préfet.
01:19Et voilà, donc dans l'acte, la rentrée se fera demain.
01:22Demain. Partout ailleurs, la cloche va sonner aujourd'hui, d'ici 20 minutes pour les premiers.
01:26Regardez la une de la dépêche.
01:27Y aura-t-il assez de profs ?
01:29Elisabeth Borne, combien de classes n'auront pas de professeurs face à elle cette semaine ?
01:33D'abord, cette rentrée, c'est près de 12 millions d'élèves.
01:37C'est un moment important pour eux, pour leurs parents, pour la communauté éducative.
01:41Et je voudrais, avant toute chose, souhaiter une très belle rentrée à chacune.
01:45Vous avez raison, et on s'y associe.
01:46Et à chacun.
01:47Mais elle sera moins belle pour ceux qui n'auront pas de profs.
01:48Et donc, naturellement, les rectorats sont mobilisés depuis des semaines
01:53pour veiller à ce qu'il y ait un prof devant chaque élève.
01:57Ça sera le cas, on a 99,9% des postes qui sont bien pourvus dans le premier degré.
02:07Quasiment pas de postes non pourvus dans le second degré.
02:10Il y a, comme chaque année, des heures d'enseignement qui ne sont pas totalement couvertes.
02:16Ça représente 0,7% des heures d'enseignement.
02:21Le SNES-FSU estime entre 5 et 6 000 le nombre d'enseignants manquant.
02:24Il est fantaisiste, ce chiffre ou pas ?
02:26Alors, je pense qu'ils ne tiennent pas compte des progrès qui ont été faits ces derniers jours.
02:29Et c'est plutôt de l'ordre de l'équivalent de 2 500 professeurs.
02:33Mais sur des heures d'enseignement, dans un établissement, dans un collège,
02:39naturellement, les rectorats vont continuer à travailler pour assurer qu'il y ait bien un professeur.
02:442 500 professeurs manquant quand même ce matin.
02:46L'équivalent de 2 500 professeurs manquant.
02:49Je voudrais insister sur le fait que c'est moins que l'an dernier.
02:53Je vous dis, on continue à travailler sur le sujet.
02:55et peut-être dire que cette rentrée, il y a près de 100 000 élèves de moins.
03:01Et il y a autant de professeurs qu'à la rentrée 2024.
03:05Donc, du coup, moi, j'ai demandé au rectorat de renforcer les équipes de remplaçants
03:11pour qu'on ait non seulement un professeur pour la rentrée,
03:14mais que tout au long de l'année, il puisse y avoir un professeur devant chaque classe.
03:18Une des grandes nouveautés de cette rentrée, c'est non pas l'interdiction de l'utilisation du portable au collège,
03:23parce qu'en fait, c'est déjà le cas depuis 2018,
03:24mais le fait que les élèves ne devront plus l'avoir sur eux, ça veut dire quoi ?
03:29Ça veut dire qu'on comprenne bien, à partir de ce matin,
03:32c'est une vraie interdiction dans tous les collèges de France ?
03:35Donc, c'est une interdiction dans tous les collèges de France.
03:38Il appartient au chef d'établissement de trouver la bonne solution en lien avec le conseil départemental,
03:45puisque c'est le département qui est en charge de choisir les équipements.
03:48Donc, ça peut être un casier, ça peut être une mallette, ça peut être une pochette.
03:54L'objectif, c'est que les élèves ne sortent pas leur portable au collège.
03:59Ça, c'est dès aujourd'hui ?
04:00D'ici la fin de l'année, chaque collège doit avoir trouvé la bonne réponse.
04:05Peut-être que chacun ait en tête que les jeunes passent en moyenne 5 heures par jour sur les portables.
04:12Et évidemment, ça affecte leur attention, ça affecte le soir leur sommeil aussi.
04:17Donc, je pense que c'est très important, y compris, et on voit les résultats sur le climat scolaire,
04:21que pendant les récrés, on soit en train de discuter avec ses camarades et non pas en train de regarder son smartphone.
04:27Bon, et ça, c'est l'objectif d'ici la fin de l'année, vous nous le disiez.
04:30On l'entendait dans le journal de 7h30, Elisabeth Borne.
04:3241% des parents s'inquiètent de la sécurité à l'école, résultat d'un sondage Ipsos-RTL.
04:37Après le drame de nos gens à Haute-Marne et la mort d'une surveillante de 31 ans, Mélanie,
04:42qui avait été poignardée par un élève au mois de juin,
04:44François Bayrou avait annoncé l'installation de portiques de sécurité à l'entrée des établissements scolaires.
04:49On en est où ? Est-ce que vous y êtes favorable ? Est-ce que c'est toujours d'actualité ?
04:53Alors, naturellement, on travaille avec les collectivités, là encore,
04:56dont c'est la responsabilité sur la protection de l'école, des collèges, des lycées.
05:02Il y a d'autres mesures.
05:03Vous savez qu'avec Bruno Retailleau, depuis le mois de mars, on demande au préfet d'organiser des contrôles,
05:11des fouilles, des sacs, pour s'assurer qu'il n'y a pas d'armes blanches qui rentrent dans les établissements.
05:15Vendredi dernier, on a adressé de nouvelles instructions pour que ces contrôles se poursuivent.
05:21Il y a eu 6200 contrôles qui ont été faits entre le mois de mars et la fin de l'année,
05:25et près de 360, plus de 360 armes ont été saisies.
05:29C'est d'accord, mais sur les portiques, c'est d'actualité ou c'est plus tout à fait d'actualité ?
05:31Les portiques, ça se discute avec les collectivités, dans les collèges, les départements, dans les lycées, les régions.
05:38Et moi, je suis à l'écoute de toute réponse qui apparaît.
05:42Je vous dis, ça dépend naturellement de la situation de l'établissement.
05:46C'est à regarder entre le chef d'établissement, la région ou le département.
05:51Pour ce qui concerne les cours, vous avez annoncé jeudi une réforme du contrôle continu pour les premières et les terminales.
05:55Les syndicats disent que vous avez fait ça, la va-vite, dans votre coin, sans concertation,
05:59et qu'au final, vous les laissez se débrouiller avec un truc pas du tout organisé, en quelques mots.
06:03Très simplement, déjà, qu'est-ce qui va changer ?
06:05Est-ce que vous pouvez nous l'expliquer en deux phrases ?
06:07L'objectif, c'est de baisser la pression sur les élèves et sur les professeurs.
06:13Et puis, le niveau d'anxiété, qu'on sait, très important chez les jeunes.
06:17Donc, ça n'est pas nouveau.
06:19Depuis 2021, on demande aux établissements d'avoir un projet d'évaluation pour dire, au début de l'année,
06:26donc avant les vacances de la Toussaint, quelles sont les notes qui vont compter ou ne pas compter pour la moyenne,
06:33donc pour le contrôle continu du bac et pour le parcours suivant.
06:36Donc, il y aura les notes qui comptent et les notes qui ne comptent pas pour le contrôle continu ?
06:40Oui, parce qu'une note, ça permet à la fois de voir les progrès de l'élève,
06:44et donc, dans ce cas-là, ça n'a pas nécessairement vocation à rentrer dans le contrôle continu,
06:48et puis, ça permet aussi d'évaluer son niveau de connaissance,
06:52et là, ça rentre dans le contrôle continu.
06:55Il y a un équilibre à trouver.
06:56Vous savez, au départ, il n'y avait que l'épreuve terminale du bac,
06:59ensuite, il y a un contrôle continu.
07:01Les élèves qui nous disaient, c'est très stressant, cette épreuve finale,
07:04nous disent aussi le contrôle continu,
07:06où on a l'impression que chaque note compte et qu'on joue notre avenir à chaque note.
07:12Mais là, chaque prof va faire ça à sa sauce, en fait ?
07:13C'est au sein de chaque établissement, donc de chaque lycée,
07:17que les équipes, les professeurs vont définir une modalité de contrôle.
07:23Naturellement, sous la coordination du chef d'établissement,
07:26ça passera en conseil d'administration,
07:28donc ça sera validé par les représentants des lycéens et des parents.
07:32Il n'aurait pas fallu l'anticiper un tout petit peu, quand même ?
07:34Enfin, je vous dis, d'avoir un projet d'évaluation, ça existe.
07:41Moi, je demande aux proviseurs de partager un projet d'évaluation
07:46avec les parents, avec les représentants des lycéens.
07:49Madame la ministre, il y a quelques jours,
07:50vous avez dit que l'éducation nationale avait besoin de stabilité.
07:52Mais comment rassurer les profs, comment rassurer les parents,
07:55alors que vous ne serez sans doute plus là dans une semaine,
07:58et sachant que vous êtes la sixième ministre de l'éducation nationale depuis 2022,
08:01la septième depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron ?
08:03En fait, la question qu'on se pose, c'est,
08:05si le gouvernement tombe lundi prochain,
08:07est-ce que toutes les mesures que vous avez annoncées,
08:09tout ce dont on parle ce matin, ça tombera aussi ou ça s'appliquera cette année ?
08:12Vous savez, les nouveaux programmes, par exemple, de maths et de français
08:16qui s'appliquent de la maternelle à la sixième,
08:19naturellement, ils vont continuer à s'appliquer.
08:22Mais là, sur le contrôle continu, par exemple ?
08:24Sur le contrôle continu, évidemment, chacun peut décider.
08:27Je pense qu'il y a une très forte attente
08:29de baisser la pression sur les lycéens et sur les...
08:32Ça, d'accord. Mais si on change de ministre de l'éducation,
08:36est-ce que ça remet tout à plat ou est-ce que c'est pour l'année ?
08:39Vous savez, on a des mesures structurantes pour l'éducation
08:42quand il s'agit d'élever le niveau des élèves,
08:44de renforcer les fondamentaux.
08:46Je crois qu'il y a un consensus,
08:48à la fois chez les professeurs, chez les parents,
08:50sur la nécessité d'aller dans ce sens.
08:54Remonter le niveau de nos élèves,
08:56permettre à chacun de trouver sa voie,
08:57ce sont des sujets de bon sens
09:00et on peut supposer que ça s'inscrit dans la continuité,
09:02dans la durée.
09:03On peut supposer.
09:04Donc c'est plus un vœu qu'une certitude.
09:06Cette situation politique, c'est quand même le grand flou.
09:08Il a eu raison, François Bayrou.
09:10Vous le soutenez ou vous dites, mais qu'est-ce qui t'a pris ?
09:12François Bayrou, il a souhaité,
09:14avant que démarre le débat budgétaire,
09:16que chaque groupe parlementaire puisse s'exprimer,
09:20non pas pour voter la confiance au gouvernement,
09:24mais pour partager un constat.
09:26Et je pense que c'est important.
09:28De toute façon, on doit,
09:30enfin, quel que soit le gouvernement,
09:31la situation, elle est la même.
09:34Enfin, renverser le gouvernement,
09:36ça ne réglera pas le problème,
09:38ça n'effacera pas le problème.
09:39Au contraire, on peut supposer que ça l'aggrave.
09:41Et de toute façon, il n'y a pas d'autre chemin
09:43que de trouver un compromis sur le budget.
09:46Donc je pense qu'avec tous les groupes parlementaires
09:48de l'Assemblée...
09:48Vous savez qu'il y a encore un chemin,
09:48le fameux trou de souris qui est devenu un trou de fourmi,
09:50là, vous y croyez, vous ?
09:51Moi, je pense que chacun doit avoir en tête
09:53qu'une censure, ça n'est jamais anodin,
09:55que ça n'efface pas les difficultés
09:57et que notre pays a besoin d'avoir un budget.
10:00Ma dernière question concerne le Panthéon,
10:02sur le fronton duquel est inscrit cette devise
10:04aux grands hommes, la patrie reconnaissante.
10:06Il paraît que vous voulez la dégenrer.
10:08Alors, que faut-il écrire, selon vous,
10:10sur le fronton du Panthéon ?
10:12Je ne veux pas entrer dans ce débat ce matin.
10:15Non, mais ce que j'ai souhaité dire,
10:16c'est que l'égalité entre les filles et les garçons,
10:19c'est quelque chose de fondamental.
10:21C'est pour ça que j'ai lancé un plan fillier-mat,
10:23pour qu'il y ait plus de filles
10:24qui aillent vers les matières scientifiques.
10:26Et je pense que les symboles ont leur importance.
10:29Et donc, j'ai dit qu'il faudrait ouvrir.
10:32Qu'est-ce qu'il faudrait écrire ?
10:33Je pense qu'il y a des gens mieux placés que moi pour le savoir.
10:36Mais vous voyez, je pense que le symbole,
10:37le fait qu'on reconnaisse l'importance et la place des femmes
10:41dans notre histoire, dans notre société,
10:43ça me paraît très important.
10:44Aux grands hommes et aux grandes femmes, ça ne va pas remplir ?
10:46Ça ne m'a pas échappé que homme, ça peut vouloir dire humanité.
10:49Mais je pense que c'est important.
10:52Ça peut aussi, dans l'esprit des révolutionnaires
10:54qui l'ont inscrit, vouloir dire homme.
10:56Et je crois que c'est important de reconnaître aussi
10:58la place des femmes et de dire à toutes les jeunes filles
11:00qu'elles ont toute leur place dans notre société.
11:02Merci Elisabeth Bande d'être venue sur RTL ce matin.
Commentaires