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  • il y a 1 jour
Bénédicte Durand, PDG d'Altheora, et Cédric Meston, fondateur et président du Groupe Revive, repreneur de Tupperware, étaient les invités de Laure Closier pendant la Journée Spéciale PME, ce mercredi 27 mai. Ils se sont penchés sur les PME impactées par la guerre au Moyen-Orient avec la flambée des matières premières et sur les opportunités que l'on peut trouver sur le marché de la reprise d'entreprise, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Il est 8h20 sur BFM Business et sur RMC Life, la matinale de l'économie continue sur...
00:05Après, on est à la station AF, il commence à faire un peu chaud, ça commence à arriver ici à
00:08Cap PME.
00:09On vous attend bien sûr toute la journée, une journée dédiée aux entrepreneurs.
00:13Je le redis, l'objectif, ne pas laisser le narratif économique à ceux qui font des entreprises des ennemis.
00:18J'ai deux entrepreneurs, ils ne sont pas découragés.
00:20Parce qu'on en parlait il y a quelques instants avec Lionel Roch, il avait peur d'un découragement des
00:24entrepreneurs.
00:25Eux, ils sont toujours à fond.
00:26Cédric Meston, bonjour, vous êtes le fondateur et président du groupe Revivre, preneur de Tupperware.
00:31Vous n'avez pas encore dit un mot, mais je le sais que vous n'êtes pas découragé et que
00:34vous êtes toujours à fond en face de vous, Bénédicte Durand.
00:37Bonjour, vous êtes la PDG d'Alteora.
00:39Tous les deux, je le disais il y a 30 secondes, vous avez un point commun quand même, c'est
00:42le plastique.
00:43Vous l'utilisez comme matière première.
00:45Chez Alteiroa, expliquez-nous ce que vous faites, ce qu'on vous connaît, moins que la marque Tupperware.
00:49Vous utilisez, vous, le plastique pour fabriquer quoi précisément ?
00:52Alors, on fabrique des grandes pièces pour la mobilité et pour la construction.
00:55Et puis un exemple comme ça, vous ne nous oublierez pas, les toits des colonnes Maurice de la ville de
00:59Paris.
00:59C'est du composite, c'est du plastique et c'est nous.
01:02Et donc c'est directement impacté par la guerre au Moyen-Orient avec des matières premières qui flambent ?
01:06De toute façon, sur les matières, moi je suis présidente de la place Surgie de la région Auvergne-en-Alpes
01:11et vice-présidente nationale.
01:12Et il est clair qu'aujourd'hui, on a des matières qui flambent entre 10% et 200% selon
01:16les grades de matière.
01:18Donc le sujet, c'est 1, les prix, 2, la tension sur les approvisionnements, puisqu'aujourd'hui, on n'est
01:23pas sûr d'approvisionner l'ensemble de la chaîne.
01:24C'est-à-dire qu'il y a des matériaux, vous dites, on lâche l'affaire, c'est trop cher
01:28ou c'est carrément il n'y en a plus ?
01:30En fait, il n'y en a plus, puisqu'aujourd'hui, l'Asie a fait le choix de fermer ses
01:34frontières, de garder ses matières premières pour nous.
01:37Et comme je pense que ça va être le sujet d'aujourd'hui, on a un petit sujet autour de
01:40la souveraineté industrielle et de nos dépendances, notamment à la pétrochimie.
01:43Aujourd'hui, nous n'avons pas les capacités de production pour produire en Europe.
01:47Donc il y a certains grades de matière que nous ne savons plus approvisionner.
01:50Cédric Meston, c'est en partie pour ça que Tupperware marque iconique dans le plastique, parce que le plastique, c
01:55'est fantastique.
01:55On était en plein dedans avec le développement de Tupperware.
01:57Vous cherchez à pivoter vers d'autres matériaux ?
02:01Absolument, absolument. Le plastique, ça reste quand même un matériel qui est compliqué, à la fois pour la vente, mais
02:06également le sourcing et l'approvisionnement.
02:08Donc il y a deux enjeux. Il y a un enjeu de diversification, donc typiquement passer sur du verre, passer
02:12sur des matières recyclables.
02:14Et également un sujet de sourcing qui est de produire en France, en Europe, pour avoir un sourcing plus local,
02:20plus européen.
02:21Alors on parlait de découragement. Cédric Meston, vous avez repris Tupperware avec l'envie de redévelopper la marque.
02:27On cherche ici à faire émerger les idées des entrepreneurs pour la campagne.
02:31C'est quoi votre problème numéro un ? C'est le coût du travail ? C'est les matériaux ?
02:34C'est quoi ce qui vous empêche d'avancer si je dois chercher un petit verrou ?
02:38Pour moi, il y a trois sujets. Il y a un premier sujet commercial, de développement commercial, qui est en
02:42fait, il ne faut pas regarder la France comme un marché.
02:44Il faut vraiment regarder l'Europe. Il faut se dire comment est-ce qu'un acteur français peut devenir un
02:47leader européen de sa catégorie.
02:49C'est le cas de Tupperware pour typiquement tout ce qui est boîte et ustensiles de cuisine.
02:53Il y a un deuxième sujet qui est la simplification. On est quand même sur un marché qui est très
02:57réglementé, autant d'un point de vue droit du travail que de réglementation commerciale, etc.
03:02Et toute simplification, en fait, allège le bouclier, les difficultés auxquelles font face les entreprises.
03:08Et le dernier point, c'est la stabilité. La stabilité, c'est extrêmement important pour les investissements, pour la capacité
03:14à se projeter,
03:14pour la vision de notre trésorerie à la fin de l'année sur les implications que ça peut avoir sur
03:19la consommation des Français.
03:23C'est extrêmement important d'être dans un environnement qui est stable.
03:26Bénédicte Durand, je ne sais pas si vous avez suivi le dossier de carbone dans le sud de la France.
03:30Il a arrêté son activité. Il voulait faire un champ géant de panneau solaire. Il y avait beaucoup d'attentes.
03:34J'ai voulu qu'il vienne sur le plateau. Il m'a dit « je ne peux pas parce que
03:37je vais être au bout du rouleau ».
03:38C'est-à-dire « je ne peux pas venir expliquer pourquoi ça s'est arrêté », notamment pour des
03:41questions de protection européenne de son activité.
03:45C'est ça aussi dont vous parliez il y a quelques instants.
03:47Vous avez l'impression que parmi les verrous, l'Europe ne comprend pas ce qu'il faut faire pour protéger
03:52l'activité européenne et française ?
03:55Aujourd'hui est à l'étude, en ce moment, un projet de protection européenne.
03:59Sauf que dans l'Europe, le texte est en train déjà de définir ce qu'est l'Europe.
04:03Alors bon, moi je suis un peu vieille. Donc l'Europe, c'était l'Europe des douze.
04:07Mais maintenant, a priori, on est 90 potentiellement dans ce traité.
04:11Jusqu'à l'Australie, quoi.
04:12Jusqu'au Vietnam, jusqu'à l'Australie, l'Afrique du Sud, le Mercosur.
04:16Bon, voilà. Le deuxième sujet, c'est qu'aujourd'hui, dans un appel d'offres, il est indiqué une clause
04:20avec 25% d'écart
04:22qui permet, s'il y a une différence de prix de plus de 25%, d'acheter hors Europe.
04:2825% c'est rien. Tu viens de le dire. En fait, aujourd'hui, on a une problématique.
04:32La différence de coût de nos structures de la réglementation, c'est entre 50 et 60%.
04:37C'est colossal.
04:38Aujourd'hui, on le sait, du coût du travail, de la réglementation, de la conformité, etc.
04:42Donc, j'enlève la carbone, ça sert à rien, quoi.
04:44Merci.
04:45Mais alors, du coup...
04:46Surtout à 90.
04:47Vous n'allez pas fermer demain. C'est-à-dire que j'imagine quand même que vous essayez de vous
04:50battre sur votre marché.
04:51Qu'est-ce qu'on fait ?
04:52Mais bien évidemment qu'on essaye de se battre. On essaye de se battre. On essaye déjà d'être compétitif.
04:56On essaye... L'innovation est absolument indispensable.
04:59Et puis moi, je rajouterais par rapport à ce que tu as dit, c'est qu'aujourd'hui, on a
05:02besoin d'un grand projet.
05:03Un projet d'envergure, d'un projet de souveraineté industrielle.
05:06On a besoin d'un cap qui soit clair. On n'a pas besoin de court terme. On a besoin
05:09de projection long terme.
05:11On ne veut pas des aides. On veut de la visibilité, de la stabilité.
05:13Et ça, c'est indispensable. Et ça, c'est à l'Europe.
05:15Et je pense que la France, en fait, aurait vraiment une place là-dedans pour donner des perspectives et des
05:20vraies perspectives
05:21pour que nous, on puisse... En fait, notre rôle, c'est d'investir, d'investir dans notre pays pour développer
05:25nos marchés.
05:26Et pour ça, il faut qu'on sache où on va.
05:28Et vous ne m'avez même pas parlé de coût du travail.
05:30C'est-à-dire que pour vous...
05:30Un petit peu.
05:31Un petit peu. Derrière, dans l'ensemble du coût de production, ça en fait partie.
05:35Cédric Meston, il y a 500 000 entrepreneurs qui vont partir à la retraite.
05:38Vous n'allez pas pouvoir reprendre les 500 000 boîtes, je sais bien.
05:41Mais on parle ici d'entrepreneurs qui sont démoralisés, qui considèrent que la permacrise, ça suffit.
05:47Qu'ils se disent, je vais être salarié, c'est plus tranquille.
05:49Qu'est-ce que vous avez comme message pour eux, vous qui faites désormais de la reprise d'entreprise votre
05:53cœur de business ?
05:55Alors, le marché de la reprise, il est énorme.
05:57Effectivement, il y a plus de 500 000 entreprises qui vont chercher un successeur.
06:00Et aujourd'hui, alors qu'il y a quelques années, on regardait beaucoup la Startup Nation,
06:04le fait qu'on pouvait monter une startup innovante, etc.
06:06Aujourd'hui, il y a énormément de potentiel dans la reprise d'entreprise.
06:10Il y a énormément d'entreprises qui peuvent être reprises, des grosses entreprises, des très belles entreprises.
06:14Et avec l'arrivée de l'intelligence artificielle, la modification de beaucoup de modes de travail,
06:20on peut considérablement impacter le modèle économique de beaucoup d'entreprises qui sont un petit peu âgées
06:25et donc créer des très belles opportunités pour des entrepreneurs qui cherchent à reprendre des entreprises françaises.
06:32Donc, il y a un potentiel infini.
06:35Les jeunes entrepreneurs qui, aujourd'hui, se disent « je veux monter ma boîte »,
06:38vous leur disent « regardez ce qu'il y a déjà dans le pipe, en fait ».
06:41Oui, absolument.
06:42En fait, à partir d'une entreprise qui existe déjà, en fait, c'est beaucoup plus rapide
06:46et beaucoup plus parfois même facile, en fait, que de remonter quelque chose de zéro
06:50où il faut chercher du financement, etc.
06:52Il y a beaucoup de leviers qui permettent de racheter une entreprise en transmission
06:55pour alléger le prix à l'achat.
06:58Et c'est vraiment des choses qui se mettent en place.
07:00Il y a eu la mission reprise qui avait été initiée par le gouvernement il y a un peu plus
07:04d'un an
07:04qui facilite l'achat, entre guillemets, de l'entreprise.
07:09Il y a un vrai boulevard aujourd'hui pour reprendre une entreprise,
07:13notamment des entreprises industrielles françaises, mettre de l'intelligence artificielle dedans,
07:17simplifier les process, s'exporter et créer des très beaux acteurs européens.
07:20– Bénédicte Durand, on sera avec le ministre des PME, Serge Papin,
07:24lors de la plénière dans quelques instants.
07:26Il sort de pont, lui, entre ses mi-ministres, mi-chefs d'entreprise.
07:30C'est quoi le message que vous avez pour lui,
07:33lui qui peut porter, comme dans la campagne présidentielle, quelques thèmes ?
07:36C'est quoi fondamentalement ce que vous voudriez lui faire passer comme message ?
07:39– Évidemment, ça va être sur la thématique de la réindustrialisation.
07:42On en a besoin, on l'a vu.
07:44C'est créateur de valeur.
07:45Je pense qu'aujourd'hui, il faut vraiment miser.
07:47On ne peut pas imaginer des choses sans vouloir acheter et sans vouloir produire localement.
07:54Je pense que là-dessus, il faut vraiment faire attention aux faux-semblants,
07:57aux trompe-l'œil par rapport à ça.
07:59On doit soutenir l'industrie en France.
08:01C'est indispensable.
08:01C'est indispensable vraiment parce que c'est créateur de richesses, c'est créateur d'emplois.
08:05On est une filière aussi également, puisqu'on parlait du coût du travail,
08:08on est des filières qui rémunèrent bien, on est une filière qui donne de la stabilité,
08:11et on offre aujourd'hui des carrières dans l'industrie,
08:15ce qui n'est pas forcément aujourd'hui possible dans une économie de service,
08:18mais dans une économie industrielle.
08:20Donc c'est vraiment ça, c'est miser, miser, miser sur l'industrie.
08:22Merci.
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