00:00Il est 8h20 sur BFM Business et sur RMC Life, la matinale de l'économie continue sur...
00:05Après, on est à la station AF, il commence à faire un peu chaud, ça commence à arriver ici à
00:08Cap PME.
00:09On vous attend bien sûr toute la journée, une journée dédiée aux entrepreneurs.
00:13Je le redis, l'objectif, ne pas laisser le narratif économique à ceux qui font des entreprises des ennemis.
00:18J'ai deux entrepreneurs, ils ne sont pas découragés.
00:20Parce qu'on en parlait il y a quelques instants avec Lionel Roch, il avait peur d'un découragement des
00:24entrepreneurs.
00:25Eux, ils sont toujours à fond.
00:26Cédric Meston, bonjour, vous êtes le fondateur et président du groupe Revivre, preneur de Tupperware.
00:31Vous n'avez pas encore dit un mot, mais je le sais que vous n'êtes pas découragé et que
00:34vous êtes toujours à fond en face de vous, Bénédicte Durand.
00:37Bonjour, vous êtes la PDG d'Alteora.
00:39Tous les deux, je le disais il y a 30 secondes, vous avez un point commun quand même, c'est
00:42le plastique.
00:43Vous l'utilisez comme matière première.
00:45Chez Alteiroa, expliquez-nous ce que vous faites, ce qu'on vous connaît, moins que la marque Tupperware.
00:49Vous utilisez, vous, le plastique pour fabriquer quoi précisément ?
00:52Alors, on fabrique des grandes pièces pour la mobilité et pour la construction.
00:55Et puis un exemple comme ça, vous ne nous oublierez pas, les toits des colonnes Maurice de la ville de
00:59Paris.
00:59C'est du composite, c'est du plastique et c'est nous.
01:02Et donc c'est directement impacté par la guerre au Moyen-Orient avec des matières premières qui flambent ?
01:06De toute façon, sur les matières, moi je suis présidente de la place Surgie de la région Auvergne-en-Alpes
01:11et vice-présidente nationale.
01:12Et il est clair qu'aujourd'hui, on a des matières qui flambent entre 10% et 200% selon
01:16les grades de matière.
01:18Donc le sujet, c'est 1, les prix, 2, la tension sur les approvisionnements, puisqu'aujourd'hui, on n'est
01:23pas sûr d'approvisionner l'ensemble de la chaîne.
01:24C'est-à-dire qu'il y a des matériaux, vous dites, on lâche l'affaire, c'est trop cher
01:28ou c'est carrément il n'y en a plus ?
01:30En fait, il n'y en a plus, puisqu'aujourd'hui, l'Asie a fait le choix de fermer ses
01:34frontières, de garder ses matières premières pour nous.
01:37Et comme je pense que ça va être le sujet d'aujourd'hui, on a un petit sujet autour de
01:40la souveraineté industrielle et de nos dépendances, notamment à la pétrochimie.
01:43Aujourd'hui, nous n'avons pas les capacités de production pour produire en Europe.
01:47Donc il y a certains grades de matière que nous ne savons plus approvisionner.
01:50Cédric Meston, c'est en partie pour ça que Tupperware marque iconique dans le plastique, parce que le plastique, c
01:55'est fantastique.
01:55On était en plein dedans avec le développement de Tupperware.
01:57Vous cherchez à pivoter vers d'autres matériaux ?
02:01Absolument, absolument. Le plastique, ça reste quand même un matériel qui est compliqué, à la fois pour la vente, mais
02:06également le sourcing et l'approvisionnement.
02:08Donc il y a deux enjeux. Il y a un enjeu de diversification, donc typiquement passer sur du verre, passer
02:12sur des matières recyclables.
02:14Et également un sujet de sourcing qui est de produire en France, en Europe, pour avoir un sourcing plus local,
02:20plus européen.
02:21Alors on parlait de découragement. Cédric Meston, vous avez repris Tupperware avec l'envie de redévelopper la marque.
02:27On cherche ici à faire émerger les idées des entrepreneurs pour la campagne.
02:31C'est quoi votre problème numéro un ? C'est le coût du travail ? C'est les matériaux ?
02:34C'est quoi ce qui vous empêche d'avancer si je dois chercher un petit verrou ?
02:38Pour moi, il y a trois sujets. Il y a un premier sujet commercial, de développement commercial, qui est en
02:42fait, il ne faut pas regarder la France comme un marché.
02:44Il faut vraiment regarder l'Europe. Il faut se dire comment est-ce qu'un acteur français peut devenir un
02:47leader européen de sa catégorie.
02:49C'est le cas de Tupperware pour typiquement tout ce qui est boîte et ustensiles de cuisine.
02:53Il y a un deuxième sujet qui est la simplification. On est quand même sur un marché qui est très
02:57réglementé, autant d'un point de vue droit du travail que de réglementation commerciale, etc.
03:02Et toute simplification, en fait, allège le bouclier, les difficultés auxquelles font face les entreprises.
03:08Et le dernier point, c'est la stabilité. La stabilité, c'est extrêmement important pour les investissements, pour la capacité
03:14à se projeter,
03:14pour la vision de notre trésorerie à la fin de l'année sur les implications que ça peut avoir sur
03:19la consommation des Français.
03:23C'est extrêmement important d'être dans un environnement qui est stable.
03:26Bénédicte Durand, je ne sais pas si vous avez suivi le dossier de carbone dans le sud de la France.
03:30Il a arrêté son activité. Il voulait faire un champ géant de panneau solaire. Il y avait beaucoup d'attentes.
03:34J'ai voulu qu'il vienne sur le plateau. Il m'a dit « je ne peux pas parce que
03:37je vais être au bout du rouleau ».
03:38C'est-à-dire « je ne peux pas venir expliquer pourquoi ça s'est arrêté », notamment pour des
03:41questions de protection européenne de son activité.
03:45C'est ça aussi dont vous parliez il y a quelques instants.
03:47Vous avez l'impression que parmi les verrous, l'Europe ne comprend pas ce qu'il faut faire pour protéger
03:52l'activité européenne et française ?
03:55Aujourd'hui est à l'étude, en ce moment, un projet de protection européenne.
03:59Sauf que dans l'Europe, le texte est en train déjà de définir ce qu'est l'Europe.
04:03Alors bon, moi je suis un peu vieille. Donc l'Europe, c'était l'Europe des douze.
04:07Mais maintenant, a priori, on est 90 potentiellement dans ce traité.
04:11Jusqu'à l'Australie, quoi.
04:12Jusqu'au Vietnam, jusqu'à l'Australie, l'Afrique du Sud, le Mercosur.
04:16Bon, voilà. Le deuxième sujet, c'est qu'aujourd'hui, dans un appel d'offres, il est indiqué une clause
04:20avec 25% d'écart
04:22qui permet, s'il y a une différence de prix de plus de 25%, d'acheter hors Europe.
04:2825% c'est rien. Tu viens de le dire. En fait, aujourd'hui, on a une problématique.
04:32La différence de coût de nos structures de la réglementation, c'est entre 50 et 60%.
04:37C'est colossal.
04:38Aujourd'hui, on le sait, du coût du travail, de la réglementation, de la conformité, etc.
04:42Donc, j'enlève la carbone, ça sert à rien, quoi.
04:44Merci.
04:45Mais alors, du coup...
04:46Surtout à 90.
04:47Vous n'allez pas fermer demain. C'est-à-dire que j'imagine quand même que vous essayez de vous
04:50battre sur votre marché.
04:51Qu'est-ce qu'on fait ?
04:52Mais bien évidemment qu'on essaye de se battre. On essaye de se battre. On essaye déjà d'être compétitif.
04:56On essaye... L'innovation est absolument indispensable.
04:59Et puis moi, je rajouterais par rapport à ce que tu as dit, c'est qu'aujourd'hui, on a
05:02besoin d'un grand projet.
05:03Un projet d'envergure, d'un projet de souveraineté industrielle.
05:06On a besoin d'un cap qui soit clair. On n'a pas besoin de court terme. On a besoin
05:09de projection long terme.
05:11On ne veut pas des aides. On veut de la visibilité, de la stabilité.
05:13Et ça, c'est indispensable. Et ça, c'est à l'Europe.
05:15Et je pense que la France, en fait, aurait vraiment une place là-dedans pour donner des perspectives et des
05:20vraies perspectives
05:21pour que nous, on puisse... En fait, notre rôle, c'est d'investir, d'investir dans notre pays pour développer
05:25nos marchés.
05:26Et pour ça, il faut qu'on sache où on va.
05:28Et vous ne m'avez même pas parlé de coût du travail.
05:30C'est-à-dire que pour vous...
05:30Un petit peu.
05:31Un petit peu. Derrière, dans l'ensemble du coût de production, ça en fait partie.
05:35Cédric Meston, il y a 500 000 entrepreneurs qui vont partir à la retraite.
05:38Vous n'allez pas pouvoir reprendre les 500 000 boîtes, je sais bien.
05:41Mais on parle ici d'entrepreneurs qui sont démoralisés, qui considèrent que la permacrise, ça suffit.
05:47Qu'ils se disent, je vais être salarié, c'est plus tranquille.
05:49Qu'est-ce que vous avez comme message pour eux, vous qui faites désormais de la reprise d'entreprise votre
05:53cœur de business ?
05:55Alors, le marché de la reprise, il est énorme.
05:57Effectivement, il y a plus de 500 000 entreprises qui vont chercher un successeur.
06:00Et aujourd'hui, alors qu'il y a quelques années, on regardait beaucoup la Startup Nation,
06:04le fait qu'on pouvait monter une startup innovante, etc.
06:06Aujourd'hui, il y a énormément de potentiel dans la reprise d'entreprise.
06:10Il y a énormément d'entreprises qui peuvent être reprises, des grosses entreprises, des très belles entreprises.
06:14Et avec l'arrivée de l'intelligence artificielle, la modification de beaucoup de modes de travail,
06:20on peut considérablement impacter le modèle économique de beaucoup d'entreprises qui sont un petit peu âgées
06:25et donc créer des très belles opportunités pour des entrepreneurs qui cherchent à reprendre des entreprises françaises.
06:32Donc, il y a un potentiel infini.
06:35Les jeunes entrepreneurs qui, aujourd'hui, se disent « je veux monter ma boîte »,
06:38vous leur disent « regardez ce qu'il y a déjà dans le pipe, en fait ».
06:41Oui, absolument.
06:42En fait, à partir d'une entreprise qui existe déjà, en fait, c'est beaucoup plus rapide
06:46et beaucoup plus parfois même facile, en fait, que de remonter quelque chose de zéro
06:50où il faut chercher du financement, etc.
06:52Il y a beaucoup de leviers qui permettent de racheter une entreprise en transmission
06:55pour alléger le prix à l'achat.
06:58Et c'est vraiment des choses qui se mettent en place.
07:00Il y a eu la mission reprise qui avait été initiée par le gouvernement il y a un peu plus
07:04d'un an
07:04qui facilite l'achat, entre guillemets, de l'entreprise.
07:09Il y a un vrai boulevard aujourd'hui pour reprendre une entreprise,
07:13notamment des entreprises industrielles françaises, mettre de l'intelligence artificielle dedans,
07:17simplifier les process, s'exporter et créer des très beaux acteurs européens.
07:20– Bénédicte Durand, on sera avec le ministre des PME, Serge Papin,
07:24lors de la plénière dans quelques instants.
07:26Il sort de pont, lui, entre ses mi-ministres, mi-chefs d'entreprise.
07:30C'est quoi le message que vous avez pour lui,
07:33lui qui peut porter, comme dans la campagne présidentielle, quelques thèmes ?
07:36C'est quoi fondamentalement ce que vous voudriez lui faire passer comme message ?
07:39– Évidemment, ça va être sur la thématique de la réindustrialisation.
07:42On en a besoin, on l'a vu.
07:44C'est créateur de valeur.
07:45Je pense qu'aujourd'hui, il faut vraiment miser.
07:47On ne peut pas imaginer des choses sans vouloir acheter et sans vouloir produire localement.
07:54Je pense que là-dessus, il faut vraiment faire attention aux faux-semblants,
07:57aux trompe-l'œil par rapport à ça.
07:59On doit soutenir l'industrie en France.
08:01C'est indispensable.
08:01C'est indispensable vraiment parce que c'est créateur de richesses, c'est créateur d'emplois.
08:05On est une filière aussi également, puisqu'on parlait du coût du travail,
08:08on est des filières qui rémunèrent bien, on est une filière qui donne de la stabilité,
08:11et on offre aujourd'hui des carrières dans l'industrie,
08:15ce qui n'est pas forcément aujourd'hui possible dans une économie de service,
08:18mais dans une économie industrielle.
08:20Donc c'est vraiment ça, c'est miser, miser, miser sur l'industrie.
08:22Merci.
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