00:05A 8h42, ils sont là tous les deux, fidèles au rendez-vous, le docteur Jimmy Mohamed et Olivier Levert, monsieur
00:09Conso.
00:10Olivier, ça chauffe donc entre les grands patrons de la distribution et les sénateurs, tout ça à cause d'un
00:15rapport.
00:16Ce rapport, il a été publié jeudi dernier par le Sénat donc, et quand on lit ce rapport, on découvre,
00:20on apprend que les carrefours, Leclerc et autres s'offriraient des marges démesurées.
00:25Ce matin Olivier, vous allez donc mettre votre tenue d'arbitre en quelque sorte, et vous allez nous aider à
00:30comprendre ce qu'il se passe et qui dit vrai.
00:32Oui, ce matin je vous raconte l'histoire d'un camembert qui fait beaucoup causer depuis jeudi dernier, et la
00:37publication de ce fameux rapport sénatorial sur les marges dans la filière alimentaire.
00:41Alors ce camembert qu'il faut évidemment comprendre au sens de la représentation graphique et pas du fromage, c'est
00:47la répartition de la valeur entre les différents maillons de la chaîne alimentaire.
00:51Alors ce que vous avez peut-être entendu, parce que ça a été très médiatisé, c'est que sur 100
00:56euros dépensés par les consommateurs, les agriculteurs en perçoivent 8, les industriels et les transformateurs 14, 35 euros vont aux
01:04importations, et 40 euros, c'est-à-dire 40%, reviennent à la grande distribution.
01:10Alors présenté comme ça, on a évidemment envie de prendre des mesures immédiates, tant c'est déséquilibré.
01:15Mais comme toujours, il faut se méfier des apparences, et c'est évidemment bien plus subtil que ça.
01:20Et c'est là qu'on sort notre dos vert, qu'on a besoin de vos lumières.
01:23Alors ce 40% en question qui reviendrait à la grande distribution, il agrège en réalité tous ceux qui nous
01:29vendent des produits alimentaires.
01:31Alors oui, il y a la grande distribution dedans, mais pas uniquement, il y a aussi les autres commerces alimentaires,
01:36les snacks, les marchés, mais également la restauration, les cantines.
01:39Donc dire que la grande distribution s'accapare 40% de la valeur est un brin simpliste.
01:45Dit autrement, c'est une construction qui sert une intention.
01:49Le rapport sénatorial voulait se payer les grands distributeurs, et pour le coup, c'est réussi.
01:54Pour autant, je reprends vos chiffres, les agriculteurs sur 100 euros dépensés qui en perçoivent 8, on peut pas nier
02:00que leur part dans nos assiettes est quand même assez faible.
02:02Elle est faible, elle est très faible, parce qu'il y a notamment beaucoup d'importations aujourd'hui, et qu
02:07'elle ne rentre pas dans ce fameux 8% qui revient aux agriculteurs français.
02:11Quand vous commandez un steak, un steak haché par exemple, dans un snack, et que cette viande vient d'Allemagne
02:17ou des Pays-Bas, parce que c'est fréquemment le cas,
02:19la part qui revient à l'agriculteur français, elle n'est même pas de 8%, elle est de zéro.
02:24C'est comme ça qu'il faut le comprendre.
02:25C'est pour ça que le sujet, encore une fois, c'est l'origine de ce que l'on met
02:29dans nos assiettes.
02:30Et si l'on veut faire progresser cette part agricole française, et comme c'est en ce moment, vous l
02:35'avez peut-être suivi, l'examen de la loi d'urgence agricole à l'Assemblée,
02:39je vais vous proposer un amendement, un amendement qui est peut-être iconoclaste en apparence, mais qui consisterait à ce
02:44que chaque marque,
02:45y compris donc les marques de distributeurs, que chaque marque, ou même chaque enseigne de restauration,
02:51publie une fois par an la part de la matière première agricole française dans ce qu'elle a vendu.
02:58Et elles ont cette information, ou alors elles l'ont de leurs fournisseurs, il ne faut pas faire semblant.
03:02Et le simple fait de le publier, de le rendre public, évidemment c'est bigrement intéressant,
03:06mais surtout ça serait un puissant levier d'amélioration, parce qu'on pourrait comparer entre elles,
03:12toutes les marques, voire toutes les chaînes de restauration, et que ça devienne encore une fois,
03:16vous savez que je tiens beaucoup à ça, un élément peut-être de choix pour le consommateur,
03:20chez qui la part agricole française est la plus forte, parce qu'au bout du compte,
03:24le sujet c'est pas combien gagne la distribution, c'est combien gagne le paysan à la base,
03:27puisque c'est lui aujourd'hui qui a des difficultés.
03:29Vous avez le 0,6 de la ministre de l'Agriculture, non Annie Gennevard ?
03:32Je crois que oui.
03:33Bon bah passez lui-même.
03:33On se voit bientôt pour mon fameux poireau.
03:35En revanche, je sais que vous êtes un homme rigoureux, vous dites que sur 100 euros dépensés,
03:38il y en a 8 pour les uns, 14, 35 et 40, ça fait 97%.
03:42Oh vous êtes pénible, c'est les arrondis.
03:44Ils sont dans votre poche les autres ou quoi ?
03:453% pour vous Thomas Soto.
03:47Arrêtez d'alimenter des fake news, ça s'est aperçu beaucoup à vous, Olivier Davert.
Commentaires