00:00Edouard Philippe est en forte baisse dans les intentions de vote dans un sondage Odoxa pour Public Sénat et la
00:05presse régionale.
00:06L'ancien Premier ministre décroche fortement.
00:08Thomas Bonnet, vous analysez ce matin cette baisse notable.
00:12Oui, quand on regarde la dynamique des sondages, difficile de ne pas penser à la maxime de La Fontaine.
00:17Rien ne sert de courir, il faut partir à point.
00:19Eh bien Edouard Philippe a des allures de lièvre dans cette campagne.
00:22Lui qui s'est déclaré très tôt, peut-être trop tôt, est en train d'être rattrapé par Jean-Luc
00:26Mélenchon
00:26qui a d'ailleurs fait de la tortue son emblème de campagne.
00:29Alors dans ce sondage Odoxa que vous découvrez, les deux candidats sont dans un mouchoir de poche.
00:3417% pour Edouard Philippe, 16% pour Jean-Luc Mélenchon.
00:38Mais surtout, Edouard Philippe connaît une baisse de 4 points depuis le mois de mars,
00:43ce qui met désormais en péril une possible qualification pour le second tour.
00:47Et même dans le scénario où il se qualifierait, le sondage le donne perdant face à Jordan Bardella,
00:5452% pour celui qui pourrait être le candidat du RN, 48% pour Edouard Philippe.
01:00Cette enquête d'opinion est donc très problématique pour Edouard Philippe parce que jusqu'à présent,
01:04il pouvait capitaliser sur son avance dans les sondages pour espérer faire la différence avec ses rivaux du bloc central.
01:10Eh bien, cette avance est en train de fondre dans la chaleur du mois de mai.
01:14Comment vous expliquez cette baisse ?
01:15D'abord par l'impression d'immobilisme qui émane de la candidature d'Edouard Philippe.
01:19Voilà un an et demi qu'il nous promet un programme massif, sans en dévoiler le contenu.
01:23Edouard Philippe, c'est un peu le candidat de Schrödinger, à la fois dans la course et pas encore lancé
01:27concrètement.
01:28Ensuite, il y a son flou sur son positionnement.
01:31Est-il héritier d'Emmanuel Macron ou veut-il au contraire incarner la rupture ?
01:34On le sait, ses appels à la démission lui ont coûté cher.
01:37Il est donc désormais dans une approche moins frontale, mais aussi moins lisible.
01:40On peut dire aussi qu'il y a plus généralement un affaiblissement de tous ceux qui ont une part de
01:44responsabilité dans l'état actuel du pays.
01:47Et à ce titre, Edouard Philippe part avec quelques handicaps.
01:49Sur le fond, on ne sait pas ce que pense Edouard Philippe sur un certain nombre de sujets.
01:53Après dix ans d'eux en même temps, le maire du Havre ne pourra pas se contenter de réponses de
01:58normands.
01:58Enfin, il y a la faculté de marquer l'opinion, de frapper l'imaginaire aussi pendant une campagne électorale.
02:03Et pour l'instant, c'est plutôt compliqué dans ce registre pour le maire du Havre.
02:06Par exemple, il s'est rendu à Anvers ce week-end pour prendre la mesure du narcotrafic en Europe.
02:11Ce n'est pas une mauvaise idée en soi, mais le timing et la pertinence de ce déplacement sont questionnables.
02:16Pour le maire du Havre, qui abrite un des plus grands ports de France, lui-même concerné par la question
02:21du narcotrafic,
02:22la question en politique, c'est de savoir saisir le moment, raconter une histoire aux Français.
02:27Il y avait peut-être moyen d'aborder ce sujet avec un aspect plus personnel, davantage de proximité.
02:31Bref, on le voit, il y a eu un faible écho médiatique de cette visite en Belgique.
02:34Ça montre qu'il y a encore des efforts à faire de ce côté-là.
02:36Cette baisse dans les sondages, elle peut avoir des conséquences concrètes dans la campagne ?
02:40La première conséquence, Romain, c'est qu'elle ouvre le champ à ses rivaux au sein du bloc central.
02:44Gabriel Attal s'engouffre dans la brèche et espère ringardiser son concurrent direct.
02:49Le parallèle avec le duel Balladur-Chirac de 1995 est cultivé à l'outrance.
02:54Attal se mettant dans les pas de Chirac, en allant même se déclarer dans l'Aveyron,
02:58dans un exercice de communication un peu artificiel.
03:00Mais la référence historique mérite qu'on s'y arrête, parce que par bien des aspects, les mêmes ingrédients semblent
03:05réunis.
03:06Deux anciens premiers ministres qui s'affrontent, un dont le surnom est Doudou, qui est donné favori,
03:11et qui succombera politiquement à son immobilisme et à son image trop figée.
03:15Forcément, ça nous rappelle quelqu'un.
03:17Dans cette équation, il pourrait y avoir des troubles faits d'ailleurs.
03:19Gérald Darmanin avance ses pions l'air de rien, quand l'autre au sein de la Macronie rêve encore d
03:24'un candidat de dernière minute.
03:26Alors la campagne est encore longue, ce sondage peut-être sera bientôt jugé comme un épiphénomène,
03:30ou au contraire, comme le début de la fin.
03:32Une chose est sûre, avant cet été, lors de meetings, de plateau télé,
03:36Edouard Philippe va devoir montrer son jeu, mettre carte sur table,
03:39sous peine de subir le même sort que son mentor Alain Juppé,
03:42et de rejoindre la catégorie les favoris partis trop tôt.
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