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  • il y a 7 minutes
Dans son édito du 26/02/2026, Thomas Bonnet revient sur la candidature d'Édouard Philippe.

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Transcription
00:00La politique en France avec vous, Thomas Bonnet, Edouard Philippe, serait-il sur le point de tout perdre ?
00:04C'est la question que vous posez ce matin.
00:06Thomas, vous revenez notamment sur un sondage Opinion Way pour Hexagone,
00:10dans lequel l'ancien Premier ministre est donné perdant à la municipale du Havre.
00:15Oui, et c'est un peu...
00:16C'est chez lui, hein ?
00:16C'est chez lui, et c'est un séisme dans la vie politique de ce début d'année.
00:20Un scénario existe désormais dans lequel Edouard Philippe ne gagnerait pas l'élection municipale dans sa ville du Havre.
00:27Ce scénario nous est proposé par un sondage qui donne le candidat communiste vainqueur au second tour
00:33dans une triangulaire où le troisième homme serait Franck Keller, trouble fait, venu de l'UDR, allié au RN,
00:38et qui pourrait donc faire basculer l'élection.
00:40Vous voyez, le second tour, c'est Jean-Paul Lecoq qui l'emporterait avec deux points d'avance.
00:45Alors pourquoi est-ce que ce serait un séisme ?
00:47Parce que de cette élection locale dépend l'avenir national d'Edouard Philippe.
00:51Il l'a dit, il l'a répété, s'il ne gagne pas au Havre, il serait inimaginable pour le
00:56patron d'Horizon
00:57de se présenter à l'élection présidentielle.
00:59Une défaite normande aurait donc des allures de claque nationale,
01:03et ses rivaux, comme les électeurs l'ont bien compris.
01:05Au dégagisme ambiant dans de nombreuses villes, s'ajoute sans doute la volonté pour certains avrais
01:10d'éliminer un candidat à la présidentielle.
01:12On peut par exemple imaginer que les électeurs de droite soient tentés de sanctionner
01:17l'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron, surtout qu'il faut rappeler que lors des élections législatives de 2024,
01:22pour faire barrage au RN à l'époque, Edouard Philippe avait appelé à voter pour le candidat communiste.
01:28Et c'est le même candidat précisément qui pourrait demain remporter la mairie du Havre.
01:33La vie politique est souvent très ironique et parfois même un peu cocasse.
01:37Merci Thomas.
01:38Alors plus largement, Edouard Philippe traverse une mauvaise passe.
01:41Oui, depuis son appel à la démission d'Emmanuel Macron,
01:43il est entré dans le toboggan des sondages d'une des personnalités politiques les plus populaires du pays.
01:48Il est passé à énième candidat, putatif du bloc central,
01:51la perspective d'une candidature incontestable et d'un choix naturel s'est éloigné,
01:55celle d'imiter le parcours de son mentor Alain Juppé se rapproche.
01:59Edouard Philippe pourrait lui aussi intégrer le club des ex-futurs présidents de la République.
02:03Ces candidats partis trop tôt, donnés vainqueurs de longs mois avant le scrutin,
02:07que la vie politique a finalement envoyé dans le décor.
02:09Alors pour conjurer le sort, Edouard Philippe a pris le choix du silence.
02:11Depuis plusieurs semaines, il brille par sa discrétion officiellement pour mener campagne au Havre,
02:16en réalité pour freiner sa chute sondagière.
02:19Absent des débats, il a quand même dû faire un écart hier pour corriger la position de son candidat à
02:23Paris.
02:24Pierre-Yves Bournazel déclarait le matin ne pas vouloir rejoindre ni Emmanuel Grégoire,
02:29ni Rachida Dati dans un second tour.
02:31Edouard Philippe s'est alors précipité pour téléphoner à l'AFP
02:33afin d'expliquer qu'il ferait tout pour l'alternance à Paris.
02:36Autrement dit, il faudra rejoindre Rachida Dati tôt ou tard.
02:39Une façon de rattraper la situation parce qu'il ne peut pas se permettre d'être tenu pour responsable
02:44de la victoire de la gauche dans la capitale.
02:46Alors au-delà de ses considérations, on va dire, stratégiques,
02:49Edouard Philippe, est-ce qu'il n'est pas en train de payer le flou autour de son positionnement politique
02:54?
02:54Est-ce qu'il est à droite ? Est-ce qu'il est à gauche ? Un coup à droite
02:56? Un coup à gauche ?
02:57C'est ça, on ne sait pas bien où est-ce qu'il se trouve.
02:58C'est ce que j'allais dire. Est-ce que vous savez ce que pense vraiment Edouard Philippe ?
03:01Alors dans l'attente de son programme qu'il promet massif,
03:04on a parfois du mal à savoir ce que veut vraiment l'ancien Premier ministre.
03:08Alors quand j'écoute ceux qui le soutiennent, quand j'échange avec eux parfois,
03:10je constate qu'ils pensent pouvoir s'affranchir du bilan des dix ans de macronisme,
03:14essayer de démontrer que les années Philippe ont été meilleures que les suivantes.
03:18Je crois que c'est méconnaître profondément le rejet qu'inspire la décennie écoulée dans l'opinion.
03:22Le pays aujourd'hui est à droite,
03:24et Edouard Philippe veut encore s'attacher les bonnes grâces de la gauche,
03:27en appelant à voter communiste, je vous le disais,
03:29et en ménageant aussi un système politico-médiatique
03:32dont il espère avoir les faveurs dans les moments décisifs.
03:34Seulement, l'un des enseignements de la situation politique du moment,
03:38c'est que l'élection se jouera sans doute sur la constance des idées
03:41et sur la notion de sincérité.
03:43Et à cet égard, on peut dire qu'Edouard Philippe a encore beaucoup à démontrer.
03:45Alors en attendant de se rêver à l'Elysée,
03:48l'ancien Premier ministre doit regagner dans sa ville du Havre,
03:51et on peut dire que dans cette ville normande,
03:53les nuages sont en train de s'accumuler à l'horizon.
03:56Merci beaucoup, merci Thomas Bonnet.
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