Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 53 minutes
Dans son édito du 21/04/2026, Thomas Bonnet revient sur la montée en puissance du Rassemblement National depuis 24 ans.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Et oui, c'était le 21 avril et la date du 21 avril 2002 est donc devenue synonyme de séisme
00:05politique
00:06quand le visage de Jean-Marie Le Pen apparaît sur les écrans de télévision aux côtés de celui de Jacques
00:11Chirac en ce soir de printemps 2002.
00:14C'est donc la stupeur, la percée de celui qui était alors le candidat du FN n'avait pas été
00:18anticipé par l'espace médiatique et les sondeurs.
00:21Ce fut le point de départ d'un ancrage durable du parti parmi les premiers rôles du paysage politique.
00:25Depuis, Marine Le Pen s'est hissée à deux reprises au second tour d'une élection présidentielle,
00:30réussissant à normaliser cette performance en même temps qu'elle a dédiabolisé l'image de son parti.
00:35Le RN compte aujourd'hui le premier groupe à l'Assemblée nationale et aurait même pu prétendre gouverner
00:40sans le jeu des alliances pour le moins baroque qui s'est mis en place contre lui en 2024.
00:46Alors ce processus de normalisation du parti, il est terminé. On en veut pour preuve la réunion avec le MEDEF
00:53hier.
00:53Oui, c'est un symbole fort et qui répond à une vision pragmatique des choses.
00:57Les patrons ne peuvent ignorer plus longtemps un parti plébiscité à ce point.
01:01En réalité, ce qui était anormal, c'était cette posture morale qui consistait à tirer des cordons sanitaires
01:07contre le premier parti de France.
01:08Jordan Bardella et Marine Le Pen s'évertuent à dialoguer avec les grands patrons
01:12pour nouer une relation qui pouvait parfois paraître distendue.
01:15Je ne suis pas de gauche, je n'ai pas l'entreprise honteuse.
01:19Voilà ce qu'a déclaré hier le patron du parti, Jordan Bardella, dans une formule relativement inédite
01:24pour le Rassemblement national.
01:25Le parti a clarifié sa position sur l'Europe, continue de ménager l'électorat populaire
01:30tout en envoyant des signaux à destination des milieux économiques.
01:33Alors cette ambivalence n'est pas nécessairement antinomique.
01:36En 2007, par exemple, Nicolas Sarkozy était parvenu à réunir les deux bouts de la chaîne
01:40autour de la valeur travail et de la notion de travail qui paye.
01:43C'est un peu la même idée qui anime en ce moment l'ERN et qui lui permet donc de
01:47toucher un nouvel électorat.
01:48Avec cette stratégie, l'ERN est désormais un parti qui a des chances de remporter la présidentielle.
01:53Il faut se rendre compte quand même où on en est 24 ans après le 21 avril 2002.
01:58Désormais, des sondages donnent le candidat du RN vainqueur au second tour dans certains scénarios.
02:03C'est bien que la normalisation du parti est une réussite.
02:06En 2024, aux élections européennes, la liste menée par Jordan Bardella
02:10a réalisé une percée dans de très nombreuses catégories d'électeurs.
02:13Chez les cadres, les retraités, les salariés, l'ERN obtient des scores considérables.
02:17Le nombre d'électeurs grandit à mesure que le déclin français se fait ressentir
02:21sur le plan du pouvoir d'achat, comme sur celui de l'insécurité ou de l'immigration,
02:25et que les diagnostics posés depuis longtemps par le Rassemblement national s'avèrent justes.
02:29Mais alors que les digues sont en train de tomber dans l'électorat,
02:32elles se dressent de plus en plus haut dans l'espace médiatique.
02:35Le traitement réservé au RN n'est plus tout à fait celui de 2002,
02:39mais il n'est pas encore digne d'un parti traditionnel.
02:41Et plus il s'approche du pouvoir, plus il est pris pour cible par tout un système.
02:46Ce qui ne fait que, finalement, renforcer le RN dans l'opinion,
02:49parce que, malgré sa normalisation, le parti peut encore soigner son image anti-système
02:53et se placer comme l'alternative principale à tous ceux qui se sont succédés au pouvoir
02:58pour gouverner depuis 40 ans et qui ont placé la France dans l'état qu'on connaît aujourd'hui.
03:02Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires

Recommandations