00:10C'est un changement assez particulier, particulier parce que ce sont deux institutions différentes,
00:19quoique complémentaires au sens de la Constitution. Pas besoin de vous rappeler que le Conseil
00:26économique, social, environnemental et culturel a pour principale mission d'émettre des avis,
00:31d'établir un recueil des besoins des populations et d'émettre des rapports sur des questions
00:38notamment sociales, économiques, culturelles et environnementales. Et que tout le travail fait
00:43par le CESEC l'est à destination du Parlement où j'étais et du Président de la République pour
00:51aider ces derniers justement à prendre les dispositions les meilleures pour la population
00:58gabonaise. Donc en gros, c'est deux mondes différents et complémentaires. Je suis en train de vivre une
01:05expérience nouvelle au niveau du CESEC qui porte plus sur ce qui est production de lois et autres,
01:13mais plus sur production d'avis et de servir de conseil pour le Parlement et nos gouvernements.
01:24C'est vrai que, comment dire, je garde la même trajectoire du point de vue position institutionnelle,
01:31parce qu'au niveau de l'Assemblée d'Institut de la Transition, j'étais vice-président et au sortir de
01:38là-bas,
01:38en arrivant au CESEC, je demeure donc vice-président. Regardons comment est organisée la nation gabonaise,
01:50un peu tout Etat. Nous avons le Parlement qui légifère, qui adopte des lois. Nous avons l'exécutif qui
02:00exécute les lois adoptées par le Parlement. Mais voyez-vous, le Parlement ne peut pas émettre
02:08des avis au gouvernement pour l'orienter dans sa politique, tout comme le gouvernement ne peut
02:14pas émettre des avis au Parlement pour l'orienter. C'est là où intervient le CESEC. Le CESEC est donc
02:20cet organe-là qui est le conseiller technique de la République, notamment du gouvernement et du
02:27Parlement. Son travail et sa mission consistent à produire des avis sur toutes les questions
02:34économiques, sociales, environnementales et culturelles, de prendre ces avis et de les envoyer au
02:42président de la République d'une part et au Parlement d'autre part, pour que chacun, en fonction des avis
02:48constitutionnels du CESEC, puisse tirer toutes les conséquences. Peut-être qu'au niveau du président
02:54de la République, ça va conduire ce dernier, comme on le voit au Brésil, à améliorer certaines
03:01politiques publiques et que pour le camp du Parlement, nos avis peuvent pousser le Parlement
03:06à prendre des lois parce que, que cela soit le président de la République ou le Parlement,
03:11ils pourront justifier d'un document technique du point de vue constitutionnel pour pouvoir se prononcer.
03:17C'est cela notre rôle dans un premier temps.
03:25Dans un deuxième temps, nous avons pour principale mission de rédiger ce qu'on appelle le recueil des
03:32besoins des populations. Vous savez que le CESEC est la seule institution constitutionnelle qui n'a
03:39pas un caractère politique. Le Parlement, vous savez qu'il est essentiellement composé des acteurs
03:46politiques issus des partis politiques. L'exécutif, vous le savez, quand on est candidat, est un organe
03:53politique. Le CESEC est un organe technique. En son sein, vous ne retrouvez que des techniciens.
04:00C'est la seule institution, le seul organe constitutionnel où vous retrouvez le Gabon en
04:06miniature. Les peuples autochtones y sont. Les travailleurs sont représentés à travers leur plus
04:12grande confédération syndicale. Vous avez les conseillers locaux. Parce qu'on prend deux conseillers par
04:20province. Ils sont 18 qui constituent le CESEC. Vous avez des avocats. Vous avez des médecins. Vous
04:27avez en fait tout le Gabon en miniature qui ne sont que des techniciens. Donc ces techniciens-là,
04:32pour le deuxième volet, vont rédiger ce qu'on appelle un recueil des besoins des populations. On fait le tour
04:38du
04:38Gabon pour recueillir les besoins prioritaires des populations. Et ces besoins, nous les consignons dans un
04:46recueil que nous adressons au gouvernement et au Parlement pour orienter son action politique.
04:54Le temps puisque ce sont eux qui ont le pouvoir d'une part de légiférer, mais également d'exécuter
05:00des programmes et politiques publiques. Voilà en gros les principales missions du CESEC. Et la
05:06dernière, c'est que lorsque le gouvernement veut se prononcer, et même le Parlement veut se
05:15prononcer sur toutes les questions sociales, économiques, environnementales ou culturelles,
05:20la Constitution exige qu'ils puissent d'abord recueillir l'avis du Conseil économique et social,
05:26parce que c'est lui le technicien de l'État gabonais sur toutes les questions sociales, économiques,
05:32environnementales et culturelles. Donc voilà en gros les missions qui sont les nôtres. Servir de pont
05:40entre la population et les politiques, qu'ils soient du côté du Parlement ou du côté du gouvernement. Et
05:49c'est pour cela qu'on dit souvent que le CESEC est la maison de la société civile.
05:57Au cours de cette session, nous avons traité de deux sujets, deux thématiques importantes.
06:02une qui portait sur les crimes de sang, justement pour porter une réflexion profonde sur tout ce qui
06:08est lié aux crimes rituels et qui nous a permis de tirer un bon nombre de conclusions grâce à la
06:15contribution de bon nombre d'experts que nous avons invités, que cela soit le ministre de la justice,
06:21le procureur général, les associations de lutte contre les crimes rituels. On invite un bon nombre de
06:30techniciens, les religieux et j'en passe. Et l'autre sujet portait sur l'Iboga. S'agissant des crimes de
06:35sang,
06:36nous avons eu à auditionner plus d'une dizaine, pratiquement une vingtaine de techniciens. Partant des
06:42membres du gouvernement aux magistrats, on a eu à auditionner l'ancien directeur de l'école de la
06:48magistrature, le procureur général, d'autres procureurs et autres. Nous avons eu à auditionner des
06:54chercheurs qui ont eu à faire des travaux sur les crimes dits de sang. Nous avons auditionné
07:00même les parents de victimes pour nous permettre d'avoir un point de vue global sur cette question et
07:07formuler des recommandations. Et ce sont ces recommandations que nous avons formulées et que
07:13nous allons donc adresser au Président de la République et au Parlement pour qu'eux en retour,
07:18conformément à la Constitution, dans un délai de trois mois pour le Président de la République et
07:23avant la clôture de la session qui vient de s'ouvrir pour le Parlement, qu'ils puissent donner suite à
07:30nos avis. L'autre côté, nous avons traité de la question de l'Iboga. Ce qui est extraordinaire avec
07:37cette question, c'est que, hors du Gabon, les Américains, les Juifs, les Israéliens, toutes ces personnes-là,
07:45sont en train de déposer des brevets sur l'Iboga. La particularité avec cette plante, c'est que sa
07:53source est au Gabon. On va dire qu'elle ne pousse généralement qu'au Gabon, sur la terre gabonaise.
08:00Tout le monde exploite l'Iboga aujourd'hui. Aux États-Unis, c'est devenu le sujet, un, qui crée même
08:06des
08:06discussions au niveau du gouvernement américain sous Trump, où ils veulent effectivement s'approprier
08:12les vertus et tout ce qui suit lié à l'Iboga. Nous avons constaté que nous-mêmes, où cette
08:19tente pousse, nous sommes pratiquement négligents. D'où la nécessité de porter cette réflexion sur
08:27l'Iboga, sur comment l'encadrer, mais surtout comment faire de l'Iboga un moteur de l'économie
08:35verte du Gabon. Pas besoin de rappeler que les ressources liées à l'Iboga sont estimées par an à au
08:45moins
08:45160 milliards. Mais le Gabon ne tire pratiquement rien de tout ça. Ce qui se passe, c'est qu'on
08:52a le
08:53senti, on a fait le constat selon lequel des personnes viennent d'ailleurs, des États-Unis, de France,
08:59d'Angleterre, ils viennent prendre notre Iboga qui est vendu par les autochtones, ils ramènent ça dans
09:07leur pays, ils transforment, ils en font des médicaments, notamment l'Ibogaïenne qui luttent
09:12contre l'addiction aux drogues, qui est très utilisée aux États-Unis. Mais dans tout ce trafic-là,
09:18le Gabon ne gagne rien. Donc il était important pour nous de porter cette réflexion, c'est ce que
09:24nous avons fait, en auditionnant plusieurs personnalités, le ministre d'Enseignement
09:30supérieur, des techniciens sur la question de l'Iboga. Et là aussi, nous avons formulé
09:35des recommandations pour protéger déjà l'Iboga et également des recommandations qui
09:41visent à faire de l'Iboga moteur économique.
09:48Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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