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Après des décennies d’obscurité politique et économique, la transition au Gabon a fait naître une immense lueur d'espoir. Pourtant, cette espérance retrouvée engendre une impatience populaire légitime face à des crises structurelles qui durent depuis plus de trente ans. Comment concilier les attentes immédiates des citoyens avec la réalité des infrastructures vieillissantes et d'une dette publique colossale ? À travers un regard citoyen, rigoureux et profondément humain, nous analysons les crises de l'électricité et de l'éducation nationale pour proposer une approche globale, loin des débats personnalisés, basée sur le courage de la vérité.

Points clés :

L'impatience légitime des citoyens : Pourquoi le passage de l'obscurité à la lumière pousse les Gabonais à exiger la résolution immédiate de 30 ans de dysfonctionnements administratives.

La crise de l'électricité et les délestages : Une infrastructure vieillissante, un niveau de production stagnant et le coût élevé des solutions temporaires de location (centrales et bateaux) face à l'extension des villes.

L'équation économique de la transition : Le défi majeur de rebâtir le pays tout en remboursant une dette publique passée de 1 300 milliards à plus de 7 000 milliards de FCFA.

Drame au Lycée National Léon Mba : Hommage et réflexion spirituelle et sociale suite au tragique suicide d'un élève, mettant en lumière la détresse de la jeunesse face aux fléaux de la drogue et du décrochage.

Refonder globalement l'éducation nationale : Dépasser la seule question des primes des enseignants pour intégrer la qualité des enseignements, la protection des élèves contre le harcèlement et la responsabilité des parents.

Chapitres :
00:00 - Lueur d'espoir et impatience sociale légitime
01:50 - Le défi des 27 000 situations administratives à régulariser
03:09 - Crise de l'énergie : Infrastructures vétustes et vérité sur les coûts
06:12 - Alternatives énergétiques : Barrages de Kingelé et Poubara face à la dette
07:40 - Drame au Lycée Léon Mba : Condoléances et détresse de la jeunesse
09:33 - Éducation nationale : Changer de ministre ou traiter les problèmes de fond ?
10:56 - Pour une réforme globale : Qualité de l'enseignement et intérêt supérieur de l'élève

Face aux défis majeurs de notre pays, le silence et la démagogie ne sont plus des options. Seul le langage de la vérité permettra de reconstruire notre contrat social avec dignité. Abonnez-vous à la chaîne pour suivre nos analyses citoyennes et indépendantes. Partagez cette vidéo pour alimenter un débat public rigoureux et constructif sur l'avenir de nos services publics.

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Transcription
00:11Fissures sociales, je ne sais pas trop si je verrais les choses sous cet angle-là.
00:16Ce que l'on sait et ce que l'on constate, c'est légitime.
00:20Les Gabonais ont formulé et formule beaucoup d'espoir sur les dirigeants actuels depuis la transition.
00:26Les Gabonais, pendant des décennies, se sont vus privés de toutes formes d'espoir.
00:34Et à l'arrivée de la transition, c'est tout à fait normal que ces espoirs ayant été assurément retrouvés,
00:42les Gabonais demeurent impatients.
00:45Voyez-vous si vous prenez quelqu'un et que vous maintenez cette personne dans l'obscurité pendant des décennies.
00:55Cette personne, quand elle verra le premier rayon de lumière, elle va s'accrocher à ce rayon de lumière.
01:02Et même si on arrive à faire comprendre à cette personne que le milieu obscur dans lequel vous êtes,
01:08si vous avez pu obtenir ce rayon de lumière, c'est parce que ça fait pratiquement dix jours ou vingt
01:14jours
01:14qu'on essaie de cogner sur le même endroit pour essayer de le percer,
01:18dès que la personne a vu le rayon de lumière, pour elle, elle estime qu'il est possible
01:23de libérer totalement la pièce en un laps de temps.
01:26Et je pense que c'est la situation dans laquelle nous sommes.
01:28Parce que pour beaucoup de compatriotes, ils estiment de façon légitime
01:33que toutes les difficultés cumulées au cours des dix, vingt dernières années,
01:39elles peuvent être résolues en l'espace d'une année, en l'espace de deux ans.
01:49Nous avons par exemple 27 000 situations non régularisées tout au long des trente dernières années même,
01:58pour certains, et ce sont les syndicats et les enseignants qui le disent.
02:03Vous voyez que pour les enseignants, vu que le président de la République actuelle a dit
02:08qu'il est venu libérer les Gabonais, donc séance est nante.
02:1127 000 situations cumulées sur près de trente ans, il doit les résoudre maintenant en un mois.
02:17On peut le comprendre, mais d'ailleurs, est-ce que c'est réaliste ?
02:20Il y a toutes ces questions qui donnent le sentiment effectivement qu'il y a une fissure qui est sociale,
02:26parce que tout le monde veut voir sa situation être régularisée le plus tôt possible.
02:30Ça s'entend, mais c'est aussi une façon d'attirer l'attention des gouvernants
02:36pour dire que cette légitimité, il faut la prendre en compte.
02:40Cela est valable pour l'éducation, cela est valable pour l'énergie, l'électricité,
02:45des problèmes qui datent de depuis, qui ne datent pas d'aujourd'hui.
02:48Mais, tout compte fait, quand on a la responsabilité malheureusement de gérer le pays,
02:54on se doit d'apporter les éléments de réponse.
02:56Et les Gabonais sont impatients de voir toutes ces réponses être apportées
03:00sur toutes ces questions qui se posent depuis les décennies.
03:08Sur la question de l'électricité, on va raisonner de façon la plus simple possible.
03:14Nous sommes tous d'accord que le réseau électrique, notamment, il est vétuste.
03:19Ça ne date pas d'aujourd'hui.
03:20En 2002, c'est ce qui a poussé Marc Bongo à faire venir Agrico et donc faire installer des centrales
03:26électriques.
03:28En 2024, c'est ce qui a poussé le président Ligui à faire venir Kaporchi, 2024 ou 2025.
03:34Donc, on voit que si on parle de 2020, 2002 jusqu'en 2024,
03:38qu'on est toujours soit dans des centrales électriques avec des partenaires
03:42ou des bateaux qui fournissent l'électricité avec d'autres partenaires,
03:48c'est que le problème ne date pas d'aujourd'hui, le problème, il n'est rien.
03:51On est d'accord.
03:53Donc, quand on a dit ça,
03:55on admet que nos capacités de production n'ont réellement pas augmenté.
04:01Nous consommons, nous avons le même niveau de production en énergie,
04:05mais pour des besoins en consommation qui se deviennent de plus en plus importants,
04:09d'autant plus que la population grandit,
04:12les villes sont en train de s'étendre et tout ce qui s'en suit.
04:17À côté de ça,
04:19et là je rentre maintenant sur la question que vous avez posée,
04:24si on est honnête,
04:26est-ce qu'on peut aujourd'hui dire, ça, le centre d'électricité,
04:29c'est que Libreville était autant éclairée avant l'arrivée du CETRI ?
04:35Je parle de l'éclairage public.
04:37On sait tous que non.
04:40Si on m'apporte la preuve contraire,
04:42comme ils disent, il y avait des marques comme ceux que l'on voit
04:44qui consomment suffisamment d'électricité dans Libreville.
04:47Est-ce qu'il y avait autant de lampadaires allumées et tout ce qui s'en suit ?
04:51Donc, on s'est retrouvé à augmenter les dépenses d'éclairage public
04:57pour un niveau de production d'énergie qui était le même.
05:00Je ne suis pas technicien,
05:02mais je n'ai pas besoin de l'aide pour comprendre
05:03que ça peut avoir un impact sur les questions de délestage.
05:08À côté de ça,
05:09nous avons vu combien de fois le pays est en chantier.
05:11On le voit au quotidien.
05:13Les machines tournent de partout.
05:15Mais quand je le dis,
05:15ce n'est pas pour dire que c'est une excuse.
05:18Si on a fait venir un bateau,
05:19c'est qu'on estime que ce bateau-là peut résoudre le problème.
05:23Maintenant, si on a des problèmes aussi à payer le bateau,
05:25il faut dire la vérité aux Gabonais pour dire
05:27« Voilà, on n'arrive pas à payer le prestataire. »
05:31Et puis le prestataire, voilà, il bloque ses machines.
05:33Bon, il est dans son droit.
05:35On a vu une note qui avait fuité
05:39s'agissant de Cap Horship.
05:40et tout ce qui s'ensuit.
05:41C'est possible.
05:42Mais il faut qu'on arrive à tenir ce langage de vérité
05:46à nos compatriotes.
05:47Il faut que derrière aussi,
05:49les compatriotes comprennent
05:50que si le président et le gouvernement
05:54ont pu faire venir un bateau
05:55et prendre le risque de payer un prestataire aussi cher,
05:59c'est qu'il y a la volonté
06:00de contribuer à résoudre ce problème-là.
06:03Mais à côté de cette volonté,
06:05il y a aussi une infrastructure qui est là,
06:07qui est vieillissante,
06:08qu'il faut renouveler.
06:09Donc, le gouvernement,
06:11pendant qu'ils essayent de trouver des solutions alternatives,
06:14vous savez qu'il y a la construction
06:16actuellement du barrage de Kingele et Aval
06:18pour une production estimée à 35 mégawatts.
06:22Mais à côté de ça,
06:22nous avons le Grand Poubara
06:24dans le Haut-Togoué
06:25qui a été construit et livré,
06:26je pense, depuis 2014.
06:30Production, 160 mégawatts.
06:33Mais vous connaissez le problème du Grand Poubara ?
06:35Il n'y a pas les moyens pour transporter l'électricité,
06:38les lignes électriques.
06:40Donc, le gouvernement doit résoudre le problème du Grand Poubara.
06:43Le gouvernement, le même,
06:44doit construire les barrages hydroélectriques
06:48comme ceux de Kingele et Aval.
06:50Le gouvernement doit renouveler
06:52l'infrastructure qui est vieillissante
06:56depuis des décennies.
06:58Le même gouvernement doit se débrouiller
07:00à faire louer,
07:01à louer des prestataires
07:03pour fournir l'électricité en attendant.
07:06Mais tout ça, c'est avec quels moyens ?
07:08Dans un moyen où le gouvernement hérite,
07:09pas besoin de le rappeler,
07:11et on le sait tous,
07:12d'un pays qui était super endetté
07:14avec près de 7 000 milliards de dettes
07:17cumulées sur les 14 dernières années
07:19parce qu'entre 2009,
07:21la dette était à 1 300 milliards
07:24et 2023, quand le CETRE arrive,
07:27la dette est à plus de 7 000 milliards.
07:29Il faut rembourser en même temps la dette.
07:32Donc, il y a toutes ces réalités
07:33qui ne sont pas forcément perçues.
07:40Je tiens déjà à présenter,
07:41renouveler mes condamnances
07:42à la famille de notre jeune fils
07:47décédé du côté de l'ICEMA.
07:50Ce jour, je m'étais rendu effectivement
07:51à l'établissement pour échanger
07:53avec le proviseur et le corps administratif
07:55pour mieux comprendre.
07:57De ce qui ressortait,
07:58ce sont des questions
08:04liées à ce que tous les jeunes
08:05peuvent rencontrer,
08:06que ce soit les drogues
08:08et tout ce qui s'ensuit,
08:10et que ce dernier avait été
08:13en conseil de discipline.
08:16Malheureusement, je ne sais pas
08:17ce qui s'est passé.
08:18Le diable est toujours présent
08:20là où il y a des petits détails.
08:22et il a encore été à l'œuvre
08:24ce jour-là
08:28pour donner ses pensées négatives
08:30à notre fils
08:32de se donner la mort,
08:34alors que ce genre de solution,
08:36ce genre de problème
08:37peut trouver solution.
08:38Et le plus triste,
08:39c'est que ça s'est passé
08:40en présence de sa maman.
08:43Donc, c'est aussi pour dire
08:44que dans tout ce que l'on fait,
08:45il y a un côté spirituel.
08:46« Je suis chrétien »,
08:47c'est pour nous inviter
08:49à davantage intensifier nos prières
08:52pour notre pays,
08:54pour nos enfants,
08:56mais aussi attirer l'attention
08:58des parents,
09:00de l'État et du corps administratif,
09:03le même que les organisations
09:04en charge de l'éducation,
09:06pour qu'on puisse davantage
09:08prendre à bras le corps
09:09ce problème lié à l'éducation
09:11de nos enfants,
09:12où il y a beaucoup de phénomènes
09:14que l'on enregistre.
09:15À côté des suicides
09:16dont vous parlez,
09:17on voit les questions de drogue
09:19et tout ce qui s'ensuit.
09:20Je pense qu'il faut
09:21qu'on puisse tirer
09:23les conséquences
09:23de ce malheureux événement
09:25pour pouvoir convenablement
09:26agir par la suite.
09:32Le secteur de l'éducation
09:34est l'un des secteurs
09:35qui a toujours été en crise,
09:37que cela soit sous
09:39la ministre actuelle
09:40ou sous les précédents ministres.
09:42Donc, je ne pense pas que,
09:44parce qu'il y aurait peut-être
09:45eu un autre ministre
09:46qu'on n'aurait pas enregistré
09:47des grèves,
09:48d'autant plus que les problèmes
09:49posés par les enseignants
09:51sont les mêmes problèmes
09:52qu'ils posent depuis 10 ans,
09:5315 ans, 20 ans,
09:55sans solution.
09:56Peut-être que le changement
09:58de ministre peut aussi
10:01apporter une forme d'accalmie,
10:02mais pour combien de temps ?
10:04Là est toute la question.
10:06Je ne suis pas de nature, moi,
10:07à personnaliser les débats.
10:10Même s'il est vrai
10:11que l'alternance aussi
10:12fait du bien,
10:13parce que rester au même endroit
10:15pendant des années
10:16peut effectivement
10:18créer quelques incompréhensions,
10:20notamment auprès
10:21de certains partenaires,
10:23notamment sociaux
10:24avec lesquels vous discutez.
10:27Mais est-ce que le ministre
10:28est le problème de fond ?
10:30On a changé combien de ministres
10:32depuis les années 90 ?
10:34Est-ce que c'est pour autant
10:35que les problèmes des enseignants
10:36ont été résolus ?
10:38Donc le problème est bien
10:39plus profond
10:39que la personne
10:41qui occupe le ministère.
10:44Et je pense qu'il nous faut
10:45davantage nous concentrer
10:47sur le problème
10:48que sur tout ce qui est
10:49autour du problème.
10:56L'éducation, je le dis tout le temps,
11:00il n'y a pas que les enseignants.
11:02L'éducation est un tout.
11:04Vous avez les élèves,
11:06vous avez le corps administratif,
11:08donc les enseignants,
11:08vous avez aussi les parents d'élèves.
11:10Mais le constat que je fais,
11:11c'est que quand on parle d'éducation,
11:13on ne s'intéresse qu'à la cause
11:15des enseignants.
11:16Je parle en tant qu'acteur
11:18de l'éducation parce que fondateur
11:19d'une ONG depuis aujourd'hui
11:2213 ans, 14 ans,
11:23Éducaf, qui ne milite que
11:25dans le secteur éducation,
11:27mais qui se soucie de la qualité
11:30des enseignements que reçoivent
11:32nos enfants.
11:34Vous avez vu combien de personnes
11:35se levaient lorsqu'on a décidé
11:37d'harmoniser les coefficients
11:39tout à un.
11:41Tu as 10 en maths,
11:44tu as 8 en maths,
11:45tu peux combler avec 12 en sport
11:47et tu as la moyenne.
11:49Moi, je me suis levé,
11:50vous avez suivi.
11:51Il y a eu combien d'associations
11:52de parents d'élèves ?
11:53Vous avez vu combien de syndicats
11:54de l'éducation nationale ?
11:56Et pourtant, quand vous échangez
11:57avec ces mêmes syndicats,
11:58certains vous disent
11:58non, la mesure n'est pas bonne.
12:00Mais ils ne sont pas capables.
12:02Justement,
12:03de poser ce type de problème.
12:05La question de l'éducation,
12:07il faut qu'on arrive
12:08à la résoudre et la porter
12:10de façon globale.
12:11Il ne faut pas que chacun
12:12ne pense qu'à ses propres intérêts.
12:14On parle d'éducation uniquement
12:16quand il y a des problèmes
12:17de primes, de situations.
12:20Oui, bon,
12:21même si on paie
12:21toutes les primes,
12:22on régularise toutes les situations
12:24administratives.
12:25Est-ce que c'est le paiement
12:26de ces primes
12:27qui va rendre notre système éducatif
12:29plus performant,
12:31si à côté de ça,
12:33la façon d'encadrer
12:34nos enfants
12:35ne change pas ?
12:36Il y a toutes ces questions
12:37à toutes ces réalités.
12:39C'est pourquoi je suis souvent
12:40un peu incompris
12:40par certains enseignants
12:42parce qu'ils estiment
12:43en fait que je ne suis pas
12:44tout le temps du côté
12:45des enseignants.
12:46Mais je dis, moi,
12:46je suis acteur de l'éducation.
12:48Je ne suis pas là
12:49pour un camp
12:50dans l'éducation.
12:51Je suis là pour tous
12:52les acteurs de l'éducation.
12:54Quand les enseignants
12:55font bien,
12:55je sois avec vous.
12:56mais aussi,
12:58quand les élèves
12:59ne sont pas bien
13:00traités par les enseignants,
13:02quand les élèves
13:03deviennent
13:03ceux qui sont victimes
13:05d'harcèlement sexuel
13:06pour beaucoup
13:07et qu'on n'a jamais vu
13:08un syndicat d'enseignants
13:09condamner cela,
13:12nous,
13:12on se doit également
13:13d'être du côté
13:13des élèves.
13:15Pareil pour les étudiants.
13:16Et moi,
13:16c'est mon rôle
13:18à ce niveau.
13:18C'est le rôle
13:19que je joue
13:19et je pense que
13:21pour résoudre ce problème,
13:22c'est vraiment
13:23de façon globale
13:23qu'il faut
13:24aborder la question.
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