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  • il y a 6 semaines
Avec Roland Lescure, ministre de l'Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle

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##L_INVITE_POLITIQUE-2026-05-22##

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News
Transcription
00:00Sud Radio, l'invité politique, Maxime Liedot.
00:06Il est 8h14 sur Sud Radio et mon invité politique ce matin, et Roland Lescure, ministre de l'économie, des
00:11finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique.
00:14Bonjour Monsieur le Ministre.
00:15Bonjour.
00:16Merci d'être au micro de Sud Radio ce matin dans ce contexte où on a forcément besoin de vous
00:20entendre, de vos précisions, de vos compléments d'informations au lendemain des aides annoncées par le Premier Ministre dans un
00:25contexte bien sûr de crise au Moyen-Orient.
00:27La première question est simple, combien, combien, c'est la question, ces aides, combien elles vont coûter pour les finances
00:34publiques dans une période où on ne cesse de dire que l'État est proche de ses sous ?
00:37C'est pour ça qu'on est parcimonieux dans les aides publiques, on fait attention. Au total on sera à
00:43la fin de l'été, et je vais expliquer pourquoi on se projette jusqu'à la fin de l'été,
00:46c'est important, à 1,2 milliard de dépenses qu'il va falloir financer.
00:50Donc la totalité des aides distribuées par l'État, 1,2 milliard.
00:531,2 milliard, on est à peu près à 400 millions jusqu'à présent, et on va rajouter un peu
00:56plus de 700 millions, et donc on arrive à 1,2 milliard à la fin de l'été.
01:00Le raisonnement qu'a voulu tenir le Premier Ministre, c'est le suivant, c'est que jusqu'à il y
01:03a un mois, franchement on se disait, ce conflit, peut-être qu'il ne va pas durer très longtemps.
01:07Vous vous souvenez qu'il y a un mois, on venait d'annoncer un cessez-le-feu, il y avait
01:10des négociations au Pakistan, ça semble être, il y a une éternité,
01:14mais à l'époque on s'est dit, finalement on va peut-être en sortir très vite de cette crise.
01:18Et donc on était dans des aides plutôt au mois le mois.
01:21Là, on réalise que ça va durer, sans doute dans cette espèce d'entre-deux, où il n'y a
01:25plus de missiles qui tombent,
01:27mais on n'a toujours pas ouvert les détroits d'Harmouz,
01:29et donc on s'est dit, il faut qu'on donne de la visibilité aux Françaises, et aux Français sur
01:32l'été,
01:33à la fois parce qu'il y a les congés, je pense qu'on a envie de savoir un peu
01:36comment ça va se passer,
01:37et puis parce qu'on se dit bien que, de toute façon, on ne sera pas sortis de l'auberge,
01:41si je puis dire, sans doute avant la rentrée.
01:43Donc on donne de la visibilité, on prolonge les aides qui existaient déjà,
01:47la fameuse aide grand rouleur qui passe de 50 à 100 euros,
01:50les aides pour les pêcheurs, pour les agriculteurs, pour le BTP, etc.
01:54Et puis on touche de nouvelles populations dont on pensait urgent de les aider.
01:59Et dans ces fameuses aides, il y a notamment les taxis, il y a les infirmières libérales,
02:04on les a entendues toute la matinée sur Sud Radio,
02:06le constat il est simple, c'est en réalité de dire, c'est une usine à gade,
02:10ça ne va pas forcément nous servir, les taxis à 7 heures nous disaient,
02:13c'est une aide qui existait déjà, ils ne font qu'augmenter le plafond,
02:16mais ce n'est pas une aide directe, d'une certaine manière on va nous laisser galérer.
02:19Non, alors, ce qu'on a refusé de faire,
02:22c'est de baisser le prix de l'essence à la pompe en utilisant de l'argent public,
02:26parce que ça, ça bénéficie à tout le monde,
02:28à la fois les chauffeurs taxiques, pour certains en ont besoin,
02:31et d'autres qui en ont moins besoin,
02:33pour des gens comme vous et moi qui conduisent de très grosses voitures
02:36et qui franchement peuvent s'en passer,
02:37et d'autres comme par exemple les aides à domicile qui en ont besoin.
02:40Donc ça, on ne le fait pas,
02:41des aides à taille unique qui concernent tout le monde,
02:43ce qu'on en a besoin, ce qu'on n'a pas besoin.
02:46Mais, l'histoire de l'électrification des taxis,
02:48évidemment c'est essentiel,
02:49moi j'ai pris un taxi dans un territoire rural il y a 15 jours,
02:52qui avait un véhicule électrique,
02:53je disais, est-ce que vous êtes content ?
02:54Il me dit, mais je ne reviendrai jamais en arrière.
02:57Donc on augmente le plafond, ça veut dire quoi ?
02:59C'est-à-dire que les taxis, jusqu'à un véhicule qui vaut 65 000 euros,
03:02donc des berlines,
03:04on a une aide qui peut aller jusqu'à 5 500 euros par achat de véhicule.
03:09Quand on voit la différence de coût,
03:12particulièrement aujourd'hui,
03:13entre conduire un taxi au diesel et conduire un taxi à l'électrique,
03:17ça fait la différence.
03:19Mais M. le ministre, sur ça par exemple,
03:20vous l'avez dit tout à l'heure avec le président de la fédération des taxis,
03:23il est dans le sud, nous il nous dit,
03:24c'est très bien que l'État ne veut pas baisser les taxes,
03:26il a sans doute plein d'arguments,
03:27mais moi le résultat, c'est que tous nos confrères,
03:30et peut-être même certains chauffeurs,
03:31ils vont à 20 minutes en Espagne,
03:32et eux bénéficient de la baisse de taxes.
03:33Est-ce que ce n'est pas handicapant quand même
03:35qu'on ait aujourd'hui des professions qui doivent faire leur plein à l'étranger ?
03:39Écoutez,
03:41si ceux qui vivent à côté de la frontière espagnole,
03:44où l'État dépense une fortune,
03:46l'État espagnol aujourd'hui dépense des milliards d'euros,
03:49alors que l'inflation en Espagne,
03:51elle est à 3,5%.
03:52Chez nous, elle est à 2,2%.
03:54On y reviendra sur ce sujet.
03:55J'allais dire, tant pis pour eux.
03:57Si le gouvernement espagnol veut subventionner des frontaliers
04:00qui vivent pas loin de la frontière français,
04:02qui vont faire la queue chez eux pour remplir leurs réservoirs,
04:06tant mieux pour eux.
04:07Moi, je considère aujourd'hui,
04:08et c'est la philosophie du gouvernement depuis le début,
04:11il faut se concentrer sur les plus vulnérables.
04:13Pourquoi ?
04:14Parce que cette crise,
04:17elle a un coût pour la France.
04:18On ne produit pas de pétrole,
04:19on en importe,
04:20même si on en importe moins que d'autres,
04:22parce qu'on a notre mix énergétique,
04:24il faut en être fier,
04:25qui fait de l'électricité.
04:26Globalement, c'est un coût.
04:27Et donc, il faut qu'on le partage.
04:29Donc, soit on dit,
04:30comme on a tendance un peu à le dire d'habitude,
04:32les enfants paieront,
04:33donc on s'endette,
04:34on aide tout le monde,
04:36et les enfants paieront.
04:37Soit on dit,
04:37et nous, c'est ce qu'on a fait,
04:38on va se concentrer sur les plus vulnérables.
04:41Ça ne veut pas dire que ça ne coûte pas à tout le monde.
04:43Mais il y a des gens aujourd'hui
04:44qui peuvent passer la crise,
04:46et d'autres pour lesquels c'est très difficile.
04:48Donc, vous faites du sur-mesure,
04:49M. le ministre Roland Lescure,
04:50ministre de l'économie notamment,
04:52est-ce que ça veut dire que,
04:53si vous faites du sur-mesure,
04:54comme là, ce sont des aides pour un trimestre,
04:56jusqu'à la fin de l'été,
04:56vous l'avez annoncé,
04:57est-ce que ça veut dire que,
04:58par principe,
04:59vous vous interdisez de remodifier les aides
05:01si la situation s'aggrave,
05:02parce que vous êtes allé jusqu'à la fin de l'été,
05:04ou vous vous autorisez à retoucher,
05:06peut-être en fonction des professions
05:07qui connaîtraient des périodes un peu plus complexes
05:09dans les prochaines semaines ?
05:10Ce qui est important de comprendre,
05:11c'est qu'aujourd'hui,
05:12ce conflit,
05:13pour l'Europe,
05:14ce n'est pas le cas partout,
05:15en Asie, c'est différent,
05:16mais pour l'Europe,
05:17c'est un problème de prix,
05:18ce n'est pas un problème de volume,
05:19on n'a pas de problème d'approvisionnement.
05:21Et donc, l'effet sur l'inflation,
05:23il est limité à l'énergie,
05:25l'effet sur la croissance,
05:26il est relativement limité aussi,
05:27parce qu'on résiste au mieux.
05:30Il y a un risque que le conflit dégénère à nouveau.
05:33Là, on entrerait dans un autre scénario,
05:35et si on entre dans un autre scénario,
05:37on fera sans doute des mesures différentes.
05:39Mais là, on se concentre dans l'état actuel,
05:41sur ceux qui en ont le plus besoin.
05:43Mais c'est intéressant aussi,
05:44pour tous ceux peut-être
05:44qui sont déjà au bord du précipice,
05:46même aidés,
05:46de vous entendre ce matin,
05:47dire que vous ne vous interdisez rien.
05:49Non mais, on avait aujourd'hui 50 euros
05:51pour les grands rouleurs,
05:52on passe à 100 euros,
05:53ce n'est pas rien.
05:54Ça fait plusieurs centimes de litre.
05:57Pour les aides à domicile,
05:59on fait du 20 centimes de litre
06:00au-delà de l'aide aux grands rouleurs.
06:02Donc, les gens au bord du précipice,
06:04une aide à domicile,
06:06il y en a 500 000 en France,
06:07et c'est très souvent évidemment des femmes.
06:09C'est 700 euros de revenus par mois.
06:12Dont à peu près 100 à 200 euros d'essence.
06:16Donc, c'est beaucoup pour elles.
06:18Et elles, sans doute,
06:19il y en a un certain nombre aujourd'hui
06:20qui sont, comme vous le dites,
06:21au bord du précipice,
06:22qui adaptent leur tournée.
06:24Qui ne vont peut-être pas voir les gens
06:25tous les jours,
06:26mais une fois tous les deux jours.
06:27Donc là, on met le paquet.
06:29On double l'aide aux grands rouleurs,
06:30on fait une aide directe
06:32pour baisser les frais kilométriques.
06:34Mais surtout, là encore,
06:35on les aide à électrifier.
06:37Une Twingo aujourd'hui...
06:38Ça, on a bien compris
06:39que ça va en effet dans les deux sens,
06:41avec une baisse
06:41et on va dire une pensée sur l'avenir.
06:43Mais vous parliez
06:43et de la consommation
06:44et de l'inquiétude et des risques
06:45sur le carburant.
06:46Vous avez vu qu'on parle de pénurie
06:47dès cet été.
06:48Quels sont les stocks de la France ?
06:49Est-ce que même en termes
06:50de consommation de carburant en France,
06:52il y a une tendance à donner ?
06:53Est-ce qu'on est totalement
06:54à l'abri de la pénurie
06:54pour tous ceux qui préparent
06:55et le week-end prolongé
06:56et leurs vacances d'été ?
06:57Pas de pénurie.
06:58On suit ça comme là sur le feu
07:00depuis maintenant le début de la crise.
07:01Dès le début, on s'est dit
07:02qu'il faut s'assurer
07:03qu'on ait de l'essence,
07:04du gasoil et du kérosène en France.
07:06On en a.
07:07Évidemment, il y a des tensions
07:08sur certains carburants.
07:10Le kérosène, par exemple,
07:11il y a des régions du monde
07:11où on en manque.
07:12Nous, peut-être aussi
07:14parce qu'on a une grande
07:15méjeure internationale totale
07:16qui va chercher l'essence
07:18là où il est,
07:18on n'a pas d'enjeu de pénurie.
07:20Il n'y a pas un sujet
07:20de consommation, par exemple,
07:22du carburant ?
07:22Évidemment, les Français,
07:23ils ne sont pas idiots.
07:24Ils s'adaptent.
07:25Et donc, ce que je peux vous annoncer,
07:26c'est que du 1er au 20 mai,
07:29par rapport à l'année dernière,
07:30on est à moins 14% de consommation.
07:32On était à moins 11% au mois d'avril.
07:35Évidemment, les Françaises
07:36et les Français,
07:36ils conduisent un peu moins.
07:38Ils font du covoiturage.
07:40Peut-être qu'ils font
07:41un peu plus de télétravail.
07:42Moi, je ne veux surtout pas
07:43tomber dans le...
07:44Je vais dire aux Français
07:45ce qu'ils doivent faire.
07:46On a bien compris,
07:46on ne va pas emmerder les Français
07:48très confidoliers hier
07:49de Sébastien Leclerc.
07:49On leur fait confiance.
07:50Ils ne sont pas idiots.
07:51Évidemment, ils adaptent.
07:52En fait, on s'adapte.
07:53L'économie française,
07:54elle s'adapte.
07:55Roland Lescure,
07:56baisse de la consommation du carburant.
07:57Vous l'annoncez au micro
07:57de Sud Radio ce matin.
07:58Moins 14%.
07:59Moins 14%.
07:59Ça veut dire aussi
08:00moindre entrée d'argent
08:01dans les caisses de l'État.
08:02Et ça vient occuper
08:04la principale question
08:05que tout le monde se pose
08:06quand on voit les nouvelles aides.
08:07C'est comment on va payer tout ça ?
08:08Vous entendez les oppositions
08:10avec différentes solutions,
08:11différentes mesures
08:12à mettre en place.
08:13Comment on va payer tout ça ?
08:14On a entendu ce chiffre
08:15dès le début du conflit.
08:16On ne sait pas trop d'ailleurs
08:17d'où il sort.
08:17C'était 6 milliards pour l'État.
08:19On est à combien aujourd'hui ?
08:20Alors, on sera sans doute au-dessus.
08:23On ne va pas estimer ça
08:24toutes les semaines.
08:25Ce qu'on fait,
08:26c'est qu'on a un processus
08:28assez formel.
08:29Ça s'appelle
08:29le comité d'alerte
08:30sur les finances publiques.
08:31Ou avec le ministre
08:32des Comptes publics,
08:32David Amiel,
08:33on rassemble
08:35les parlementaires,
08:36les organisations syndicales
08:37et, j'allais dire,
08:38on leur ouvre les livres.
08:40Et donc, on en fera un
08:40au mois de juin.
08:41Et le Premier ministre
08:42a annoncé qu'il le présiderait même
08:45une certaine solennité
08:46parce qu'on est dans un moment
08:47difficile, grave.
08:49Et puis, pour qu'on ait
08:49cette bonne discussion
08:50autour de ce que ça coûte
08:51et comment on va financer.
08:52Mais, très simplement,
08:53sur le financement,
08:551, moi je ne souhaite pas
08:56que ce soit nos enfants,
08:57nos petits-enfants qui payent.
08:58Mais, simplement,
08:58sur le prix,
08:59il y a le président
08:59de la commission des finances
09:00qui dit de toute façon,
09:01ce matin dans le Parisien,
09:02l'État avait plus ou moins
09:03sous-estimé,
09:036 milliards c'est bien,
09:04mais on sera forcément
09:05entre 8 et 10.
09:06Est-ce que cette estimation,
09:07Roland Lescure,
09:08elle est crédible ?
09:09Non, à ce sade,
09:10c'est trop tôt pour le dire.
09:11On sera au-delà de 6,
09:12on vous dira
09:13d'ici la fin du mois de juin
09:14dans un mois
09:14où on en est
09:16à ce moment-là
09:17et on va suivre,
09:18j'allais dire,
09:19au fur et à mesure
09:19parce que cette crise,
09:20elle évolue tous les jours.
09:21Mais, un,
09:22on redéploie.
09:23Ça, c'est important.
09:24Ça veut dire
09:24qu'on économisera ailleurs
09:26ce qu'on fait pour aider.
09:27Et pas d'impôt supplémentaire,
09:28vous pouvez le garantir ce matin
09:29parce que, Roland Lescure,
09:31cette promesse,
09:31on nous l'a déjà faite.
09:32Elle n'a pas été tenue.
09:33Alors, il y a un parlement,
09:35c'est lui qui vote le budget.
09:36Mais ce que le Premier ministre
09:37a dit hier,
09:38et c'est important
09:38que vos auditeurs l'entendent,
09:40quand on déposera
09:41notre budget en septembre,
09:42il n'y aura pas
09:42de hausse d'impôt dedans.
09:43Donc, vous demandez aussi
09:44au Parlement,
09:45à toutes les forces politiques,
09:46de dire,
09:47les Français en subissent déjà assez,
09:49aidez-nous à accomplir cette promesse ?
09:50Mais oui,
09:50parce que,
09:51si moi,
09:52je dis aux Françaises
09:52et aux Français,
09:53on va aider les plus vulnérables,
09:55mais tout le monde va payer
09:55par des impôts,
09:56franchement,
09:57ils ne comprendront pas.
09:58Qu'on n'aide pas tout le monde,
09:59je pense que les gens le comprennent.
10:00Qu'on aide en priorité
10:01ceux qui en ont le plus besoin,
10:02je pense que les gens le comprennent.
10:04Mais si je demande
10:05aux Françaises et aux Français
10:06de payer par leurs impôts,
10:08je ne veux pas parler
10:09de ras-le-bol fiscal,
10:10mais je pense que les gens
10:11ne comprendront pas.
10:11On n'est pas dans un moment
10:12de ras-bol fiscal entre nous ?
10:13On est dans un moment,
10:14en tout cas,
10:14où on paye plus d'impôts
10:16que nulle part ailleurs au monde,
10:18et que, franchement...
10:19Il existe quand même
10:20ce sentiment Roland L'Escar
10:21de ras-le-bol fiscal.
10:21En tout cas,
10:21je pense qu'on est rendu
10:23à un moment,
10:25et on verra d'ailleurs
10:25l'élection présidentielle,
10:27j'espère qu'elle me permettra
10:28d'avoir ce débat,
10:29parce que...
10:30Où, effectivement...
10:32D'ailleurs,
10:32on a commencé à le faire
10:33dans les dix ans
10:34qui viennent de s'écouler,
10:35mais il faudra continuer,
10:36à mon avis,
10:37baisser les impôts,
10:38être plus efficace
10:39dans les dépenses publiques,
10:40et, au total,
10:42libérer un peu de l'énergie.
10:44Parce que, évidemment...
10:45On a entendu le Premier Ministère
10:45parler de libéralisation,
10:47mais quand même,
10:47que le ministre de l'économie
10:48que vous êtes,
10:49vous semblez être lucide
10:49sur la situation,
10:50le mot ras-bol fiscal,
10:52vous ne l'employez pas,
10:52vous n'avez pas la sensation
10:53aujourd'hui que les Français
10:54payent mais ne gagnent pas
10:55assez bien leur vie,
10:56que les chefs d'entreprise
10:56aujourd'hui ne participent pas
10:57suffisamment à l'effort
10:58au point d'être totalement spoilés,
11:00comme ils le disent,
11:01parfois par l'État ?
11:02Moi, je ne veux pas tomber
11:02dans le misérabilisme,
11:03mais on a un modèle social
11:05aujourd'hui dont on est très fiers,
11:06mais qui coûte beaucoup d'argent.
11:07Et donc,
11:08un des débats
11:08d'élection présidentielle,
11:10j'espère que les candidats,
11:11y sont nombreux,
11:12le porteront,
11:13c'est comment on finance
11:14notre modèle social
11:15dans les vingt ans qui viennent.
11:16Moi, je m'occupe
11:17des douze mois qui viennent.
11:18C'est déjà énorme.
11:19Et c'est déjà pas mal
11:20de boulot actuellement,
11:21merci.
11:21Et on le fait notamment
11:23avec le Premier ministre
11:24pour que celles et ceux
11:25qui veulent se projeter
11:26dans l'avenir
11:27dans le cadre de la présidentielle
11:28puissent, je dirais,
11:29débattre tranquillement
11:31pendant que nous,
11:31on nettoie la maison.
11:32Et avec un maximum
11:33de sérénité,
11:33mais dans le contexte
11:34que vous décrivez,
11:35on sent bien qu'il y a
11:35beaucoup de tensions
11:36et beaucoup d'enjeux.
11:37Est-ce qu'il faut totalement
11:38exclure une loi de finances
11:39rectificative ?
11:40Mais oui,
11:41parce que d'abord...
11:42L'exclure totalement.
11:42Mais le Parlement
11:43est tel qu'il est aujourd'hui.
11:44Moi, si j'entre
11:45dans une loi de finances
11:47rectificative,
11:47je vais avoir des débats
11:48sans fin,
11:49franchement,
11:50qui partiront dans tous les sens
11:51et je ne sais pas
11:52où ils atterriront.
11:53Aujourd'hui,
11:53on n'en est pas là.
11:54On peut,
11:55par redéploiement
11:56de dépenses,
11:57économie sur un certain
11:58nombre d'aides
11:59généralisées,
12:01financer ce dont on a besoin,
12:02les aides pour les plus vulnérables
12:04que je vous ai annoncées.
12:05On aura un budget
12:06à préparer pour l'année prochaine
12:07et je peux vous dire
12:08que déjà,
12:09ce ne sera pas facile
12:09de le passer au Parlement.
12:10J'en suis à peu près
12:12convaincu.
12:13Donc,
12:15concentrons-nous
12:15sur la projection
12:17sur l'année prochaine.
12:19Laissons-nous faire notre travail,
12:20gérer au quotidien
12:21une situation
12:22qui n'est pas facile.
12:23Je pense que les Français
12:24et les Français,
12:25aujourd'hui,
12:26nous disent,
12:27franchement,
12:28on vous comprend.
12:29Vous faites le boulot,
12:30vous faites au mieux.
12:31On préférait évidemment
12:32que cette crise n'existe pas,
12:33mais franchement,
12:35on continue à bosser.
12:35Roland Lescure,
12:36ministre de l'économie,
12:37notamment.
12:38Quelques questions
12:38avec des réponses
12:39les plus simples possibles.
12:40Il nous reste 5 minutes.
12:41Quand vous parlez d'économie,
12:42il y a plusieurs sujets
12:43sur la table.
12:44Reviens régulièrement
12:44dans le débat politique
12:45et public,
12:46une nécessité peut-être
12:47d'aller surtaxer
12:48les entreprises.
12:49Est-ce que cette idée
12:49est toujours sur la table ?
12:52Il y aura le débat au budget,
12:54donc je ne veux pas
12:54le préempter.
12:55Mais vous,
12:56en tant que ministre
12:56de l'économie,
12:57dans cette situation,
12:58est-ce qu'il faut l'envisager
12:59ou qu'on voit les textes ?
13:00Je ne pense pas
13:00que le réflexe,
13:01un problème,
13:02une texte,
13:02soit le bon.
13:03Cela dit,
13:05il y a peut-être
13:06des secteurs,
13:07il n'y en a pas beaucoup
13:07puisqu'on ne produit
13:08pas de pétrole,
13:08qui vont gagner
13:09particulièrement
13:10beaucoup d'argent
13:10dans cette crise
13:11et là,
13:11il faudra qu'on s'y attelle.
13:12Il y a un sujet
13:13autour du raffinage,
13:14par exemple.
13:14Donc sur les secteurs,
13:15on va dire profiteurs de crise,
13:16je le mets entre guillemets.
13:17Oui, mais je déteste ce terme
13:18parce qu'aujourd'hui,
13:19je le répète,
13:20c'est un coup pour tous.
13:21Mais s'il y a des secteurs
13:23particuliers
13:24qui gagnent particulièrement
13:25leur vie,
13:25peut-être qu'on les taxera
13:27particulièrement.
13:27On le dit comme ça.
13:28Mais ce débat,
13:29il aura lieu à l'automne.
13:30En attendant,
13:31il faut surtout
13:37cas pour en faire.
13:38Est-ce qu'il faut envisager,
13:39comme il réfléchit visiblement
13:41votre collègue David Amiel,
13:42un jet des allénements
13:43en charge sur les entreprises,
13:44par exemple ?
13:44Oui, on va les geler.
13:46Il l'a annoncé,
13:46d'ailleurs, je pense,
13:47tout à l'heure.
13:48Mais vous le confirmez ce matin ?
13:49Je vous le confirme,
13:50on va le geler.
13:51Pourquoi ?
13:5174 milliards d'euros,
13:53c'est ce qu'on fait aujourd'hui.
13:54Et j'allais dire,
13:54c'est bienvenu,
13:55ça permet de limiter
13:56le coût du travail,
13:56d'améliorer la compétitivité
13:57des entreprises.
13:59Mais aujourd'hui,
14:00les augmenter,
14:01comme nous demandait
14:02un certain nombre
14:02de chefs d'entreprise,
14:03de 2 milliards,
14:04c'est beaucoup d'argent,
14:05ça les augmente
14:06pour tout le monde,
14:06y compris les entreprises
14:08qui n'ont pas augmenté
14:09leur salaire,
14:09y compris les entreprises
14:10qui n'en ont pas besoin.
14:11Donc, sur les entreprises,
14:12comme sur les ménages,
14:13on se concentre
14:14sur les plus vulnérables.
14:16Et on évite les aides
14:17qui appuient tout le monde.
14:20Donc, on reste sur
14:2174 milliards d'euros,
14:22c'est bienvenu,
14:23on ne va pas plus loin.
14:24Évidemment, à l'automne,
14:25on reverra la situation,
14:27si les salaires ont augmenté,
14:28du coup,
14:28si les charges ont augmenté.
14:29Mais la situation à l'instant T,
14:30elle est celle-ci.
14:31Elle est celle-ci,
14:32et je pense que tout le monde
14:33le comprend.
14:33Roland Lescure,
14:34quelques questions aussi,
14:35forcément,
14:35autant d'inquiétudes
14:36et autant de questionnements,
14:37autant de décisions à prendre
14:38pour vous,
14:39parce que nous sommes
14:39dans une situation économique
14:41compliquée,
14:41le FMI le dit,
14:42il parle en France
14:43du rythme de réduction
14:44des dépenses publiques
14:45qui est notamment insuffisant
14:46pour ramener
14:47le fameux déficit public
14:48sous l'objectif
14:49des 3% en 2029,
14:51des questions très précises
14:52et des réponses courtes,
14:53s'il vous plaît.
14:54Est-ce que la France,
14:55dans un contexte pareil,
14:56va arriver
14:57dans une période
14:57de récession ?
14:58Oui ?
14:59Non.
14:59Non ?
15:00Est-ce que l'inflation,
15:01on l'établit déjà
15:02à 2,2,
15:03la Commission européenne
15:04vise à 2,4%,
15:05est-ce que c'est
15:06une estimation crédible ?
15:07Oui,
15:08on sera entre,
15:08je dirais,
15:092 et 2,5,
15:10peut-être un peu au-dessus,
15:11pas dans les 3,4
15:12que j'entends ici ou là.
15:13Mais en tout cas,
15:142,4,
15:14c'est quelque chose
15:14de crédible
15:15pour les prochaines semaines.
15:16Oui,
15:16c'est très probable.
15:17Est-ce qu'on va arriver
15:17dans une période
15:18de stagflation ?
15:19Non.
15:20Stagflation,
15:20c'est récession,
15:21croissance négative
15:22plus inflation très forte.
15:24Heureusement,
15:25la France est mieux armée,
15:26on a des stabilisateurs
15:28automatiques,
15:28on a un mix énergétique
15:30moins exposé à la crise,
15:31donc on s'en sort
15:32plutôt mieux.
15:33Roland L'Escure,
15:34vous le savez aussi,
15:35notre fameux cheval
15:35généralement de bataille
15:37en France,
15:37c'est la fameuse croissance.
15:38La Commission européenne
15:39a revu à la baisse
15:40hier ses prévisions
15:41de croissance
15:41pour la zone euro,
15:42cette année à 0,9%.
15:44Est-ce qu'on a un risque
15:45d'ici la fin de l'année
15:46d'avoir,
15:47tout simplement,
15:48un risque de croissance nulle ?
15:50Non mais,
15:52le scénario est incertain.
15:53Il y a des incertitudes
15:55autour de ces scénarios,
15:56mais aujourd'hui...
15:57Mais est-ce que c'est un risque ?
15:58Le plus probable,
15:59c'est qu'on soit
15:59entre 0,5 et 1.
16:01Voilà,
16:01nous on a 0,9%
16:02de prévision de croissance,
16:03la Commission pour la France
16:04c'est 0,8%,
16:05vous l'avez dit,
16:05pour la zone euro,
16:06c'est 0,9%.
16:07Les économistes privés
16:08aujourd'hui nous attendent
16:09quelque chose
16:10autour de 0,8%.
16:11Donc, voilà,
16:12évidemment cette crise
16:12elle évolue tous les jours
16:13et on va suivre ça après
16:14et on adaptera en conséquence.
16:16Mais je ne veux pas
16:17être un prophète de malheur
16:18ni un marchand de bonheur
16:20d'ailleurs.
16:20Je regarde les faits.
16:21Mais la réalité ?
16:22La réalité,
16:22c'est une croissance
16:23plus faible qu'attendue
16:24mais qui reste une croissance.
16:26Et l'objectif du gouvernement
16:27c'était d'essayer
16:28de fixer le déficit,
16:29le fameux déficit
16:30autour des 5%.
16:31Est-ce qu'aujourd'hui
16:32dans la situation
16:33on doit le balayer
16:33d'un revers de main ?
16:34Non, surtout pas.
16:35Surtout pas parce que là encore
16:36on le doit à nos enfants,
16:37nos petits-enfants
16:37donc on reste
16:38sur l'objectif de 5
16:39et on va tout faire
16:40d'où les redéploiements
16:41pour financer les aides
16:42pour s'y tenir.
16:43Et donc quand la Commission européenne
16:45parle d'un déficit
16:45à 5,7% d'ici l'année prochaine
16:47c'est à exclure ?
16:48Ah oui, non,
16:48c'est pas là qu'on va du tout.
16:49C'est pas là qu'on va du tout.
16:51Autre sujet évidemment
16:52dans l'actualité
16:52c'est ce fameux rapport
16:54vous l'avez forcément vu
16:55sénatorial
16:56sur les marges des distributeurs.
16:58Est-ce qu'en effet
16:58certaines marges
16:59des distributeurs
17:00alors que la plupart
17:01des patrons
17:01de la grande distribution
17:02sont quand même
17:02tout le temps
17:03sur les plateaux télé
17:04en se faisant passer
17:04pour les meilleurs amis
17:05des consommateurs
17:06est-ce que là aujourd'hui
17:07quand on lit ce rapport
17:08on en est si sûr ?
17:08Est-ce que les grands patrons
17:09de la distribution
17:10sont vraiment
17:11les meilleurs amis
17:11de nos auditeurs ?
17:13Moi j'ai pas encore eu
17:14l'occasion d'analyser
17:15en détail ce rapport.
17:16Ce qui est vrai
17:18en France
17:19c'est que le secteur
17:20de la distribution
17:20se porte plutôt bien
17:22en revanche
17:23ce qui est vrai aussi
17:24ils le disent régulièrement
17:25d'ailleurs les patrons
17:26dont vous parlez
17:27c'est que les marges
17:27dans la distribution
17:28sont faibles.
17:29Ce qui fait la différence
17:30dans les grandes entreprises
17:31de distribution
17:32qu'on connaît
17:32les grandes enseignes
17:33c'est les volumes.
17:34Ils vendent beaucoup de choses
17:35pas très cher.
17:37Donc ils gagnent
17:38plutôt bien la revie.
17:39Je ne pense pas
17:40qu'on ait des profiteurs
17:41là encore pour reprendre
17:42un terme qui est un peu utilisé.
17:43Non mais on se souvient
17:43par exemple de votre collègue
17:44Annie Gennevard
17:45qui avait parlé
17:45de marge mortifère
17:47pendant un temps.
17:47Est-ce que vous reprendriez
17:48le même terme ?
17:48Moi je me méfie
17:50les négociations commerciales
17:51elles ont lieu tous les ans
17:52c'est un moment un peu tendu
17:53en France
17:55qui mobilise à la fois
17:56les agriculteurs
17:57et ce qu'on a fait
17:58depuis 10 ans
17:59c'est s'assurer
17:59qu'ils soient mieux
18:01traités
18:02dans le cadre
18:02de ces négociations.
18:03On part de leur coût
18:04de production.
18:05Les industriels
18:08qui s'ouvrent des grands
18:08franchement qui gagnent
18:09très bien leur vie
18:10et il y a les distributeurs.
18:11Cette négociation-là...
18:12Mais vous savez
18:12pardonnez-moi Roland Lescure
18:13que les fameux
18:14gros zippers etc
18:15ils détournent la loi Egalim
18:17ils ont des centrales
18:18d'achat en Belgique
18:19et ce que là aussi...
18:19Ils sont contrôlés quand même
18:20ils sont contrôlés
18:21et la loi Egalim...
18:22Mais il n'y a pas quelque chose
18:22à revoir sur ça
18:23quand les centrales d'achat
18:24sont en Belgique
18:25qu'ils étranglent
18:25les agriculteurs ?
18:26Écoutez les agriculteurs
18:28aujourd'hui reconnaissent
18:29en tout cas
18:29qu'on a plutôt amélioré
18:30la situation depuis 10 ans
18:31il faudra sans doute
18:33travailler encore et encore
18:34un sujet qui est un sujet
18:35compliqué
18:35mais l'inflation alimentaire
18:37c'est important
18:37et je pense que
18:38dans le cadre de la présidentielle
18:39des candidats auront
18:40plein d'idées
18:41jusqu'à présent
18:42on a plutôt amélioré
18:43la situation
18:44il faut continuer
18:44Merci beaucoup Roland Lescure
18:45d'avoir passé une tête
18:47ce matin dans le studio
18:48de Sud Radio
18:48et d'avoir fait oeuvre
18:49de pédagogie
18:49et de réponses assez franches
18:50sur les nombreux sujets
18:52qu'on avait abordés avec vous
18:53Une dernière question
18:53vous allez partir en week-end
18:54dans les prochaines heures
18:55et essayer de profiter un peu
18:56vous éloigner de Paris ?
18:57Non je vais rester à Paris
18:58mais c'est vrai que j'ai eu
18:59un G7 à Paris
19:01lundi, mardi
19:01tous les ministres des finances
19:02du monde
19:03arrivaient à Paris
19:05là je travaille un peu
19:05sur la crise évidemment
19:07avec les primes
19:07donc je vais peut-être
19:08me reposer un peu ce week-end
19:08Et est-ce que
19:09si à un moment
19:10vous prenez votre voiture
19:11au moment de faire le plein
19:11vous direz quand même
19:12merci à M. Pouyanné
19:13de faire ce blocage
19:15au prix à la pompe
19:15est-ce que vous lui dites merci
19:16quand même
19:16à ce bon vieux Patrick ?
19:17J'ai une R5 électrique
19:18faite à Douai
19:19donc je dis
19:20merci EDF
19:21Merci EDF
19:22ça c'est pas mal
19:22merci beaucoup Roland Lescure
19:23d'être venu ce matin
19:24d'avoir éclairé nos auditeurs
19:25et bien sûr
19:26de nous avoir apporté
19:27des réponses dans un instant
19:27le dialogue s'installe
19:28avec vous amis auditeurs
19:300826 300 300
19:31vous venez d'entendre
19:32le ministre
19:32les nombreuses aides
19:33et une situation
19:34forcément il y a les déçus
19:35mais il y a ceux aussi
19:36qui s'inquiètent
19:37des comptes publics
19:38qui visiblement
19:38ont encore un peu d'argent
19:39est-ce que l'Etat
19:40est trop généreux ?
19:41La question est un peu provocatrice
19:42mais quand on voit
19:43qu'il distribue des aides
19:43est-ce qu'il ne fallait pas
19:44un peu mieux endurer la crise ?
19:460826 300 300
19:47on dialogue ensemble
19:48on dialogue ensemble
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