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  • il y a 2 jours
Musique : Ahmed Malek
Réalisation : Abderrahmane Bouguermouh

Les djeddars sont des monuments funéraires berbères datés du Vᵉ et VIᵉ siècles, correspondant aux grands mausolées royaux de Frenda dans la wilaya de Tiaret, célèbres pour leur architecture monumentale en gradins et attribués à des souverains locaux.

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Transcription
00:01Dans ce décor ressemblant à tant d'autres,
00:05des cinéastes de l'Handsic ont rencontré une équipe de jeunes archéologues en quête de vestiges de notre passé.
00:18Les fouilles auxquelles ils procèdent sous la direction de Mademoiselle Khadra Fatima
00:21ont suscité chez nos cinéastes une grande curiosité et un vif intérêt.
00:31En cette circonstance, nous avons demandé à Mademoiselle Khadra Fatima
00:34de nous présenter les résultats de ces longues recherches sur les sites des Jeddah.
01:28Sous-titrage Société Radio-Canada
01:42Les Jeddah sont des mausolées de tradition berbère,
01:45comparables aux Medrassens et aux tombeaux royales mauritaniens.
01:49Ils furent édifiés entre les 5e et 7e siècles de l'ère chrétienne
01:54à l'intention de grandes familles locales qui régnèrent sur la région de Tiarete
01:57à la faveur du recul de la domination romaine dans cette province.
02:02Ces monuments n'ont jamais véritablement retenu l'intention des chercheurs coloniaux.
02:06Or, seule leur étude permet de restituer, en l'absence de documents écrits,
02:10la culture matérielle et norale de cette dynastie de l'Antiquité tardive.
02:16Il n'est pas dans notre intention d'évoquer les différentes recherches effectuées au Jeddah,
02:20mais de présenter d'une manière très générale ces monuments,
02:23dans l'espoir que tout Algérien puisse découvrir avec fierté
02:26cette partie, somme toute infime, de son riche patrimoine historique.
02:32La plaine du Cerceau, où les cavales buveuses d'air pur
02:35s'ennivrent de leurs courses effrénées à travers les espaces infinis.
02:39A ces confins occidentaux se dressent ces Djebel Lardar et Arawi,
02:43collines dépouillées, dont les sommets principaux portent les 13 Djebdars.
02:49Les mausolées A, B, C, érigées au cours du 5e siècle,
02:54sont situées au Djebel Lardar.
02:57Les dix autres, d'époque plus tardive,
02:59parcellent les hauteurs du Djebel Arawi.
03:02Le mausolée A est le monument le plus remarquable du Djebel Lardar.
03:07Comme tous les Djebel Lardar,
03:09il présente un sous-bassement de plan quadrangulaire
03:11dont les faces sont tournées vers les 4 points cardinaux.
03:17Au-dessus, s'élève un couronnement à gradin à présent très détérioré.
03:29Le sous-bassement est édifié au moyen de grands blocs
03:32que les bâtisseurs locaux se sont ingéniés,
03:34attaillés et assemblés avec une habileté extrême.
03:41Les signatures gravées sur les pierres de taille
03:44nous concernent le souvenir de ces lointains artisans,
03:47de même que les empreintes de pieds
03:48qu'ils ont laissées sur le mortier encore frais.
04:03Les 4 fesses du sous-bassement
04:05s'incrémentent dans le décor
04:06où se mêlent des images d'inspiration chrétienne
04:09et d'autres purement profanes.
04:29Au-dessus de la façade orientale, dans l'axe médian,
04:32une inscription monumentale latine
04:34commémore les princes défunts.
04:47L'entrée du tombeau, située au-dessus de cette inscription,
04:51se trouve à plus de 4,50 mètres du sol.
04:55Cette entrée, percée dans le couronnement,
04:57se compose d'une galerie horizontale
04:59à laquelle succède un escalier qui descend vers le tombeau.
05:04Au bas de la dernière marche,
05:06deux portes d'un pierre mobile
05:08barraient jadis l'accès.
05:09Les restes de l'une d'elles gisent encore
05:11à proximité du mausolée.
05:14Après avoir franchi le passage,
05:16le visiteur en proie à une espèce de crainte sacrée
05:18découvre une galerie de forme carrée
05:20et à chaque angle de ce couloir,
05:23disposée par groupe de deux,
05:25huit petites chambres funéraires.
05:28Ces lieux boués aux ténèbres et silences immuables
05:31sont, suivant la tradition locale,
05:33les repères nocturnes des ennemis.
05:35Ce sont en fait les tombes de famille princière.
05:40La galerie est conçue à hauteur d'homme.
06:11La galerie est conçue à hauteur d'homme.
06:16Les portes des caveaux
06:17possèdent des encadrements formés
06:19par l'assemblage d'un linteau
06:21de deux montants et d'un seuil.
06:24Ces pièces aux découpures très élaborées,
06:27imitées du travail sur bois,
06:29sont parfois assemblées d'une manière très subtile.
06:36Les motifs géométriques ornent les linteaux.
06:40Ce décor où prédominent motifs étoilés
06:43et éléments triangulaires
06:44s'observent encore dans les productions artisanales actuelles.
06:53Les caveaux étaient jadis fermés
06:55par des portes à gonds, en pierre,
06:57dont quelques fragments viennent d'être retrouvés.
07:06Violés depuis longtemps,
07:07ils ne renferment plus de restes humains.
07:09Ils conservent néanmoins les vestiges de banquette
07:11sur lesquelles étaient déposés les cercueils.
07:19A l'extérieur,
07:20une cour limitée par un mur d'enceinte très bas
07:23borde le monument funéraire.
07:44Sur cette enceinte,
07:45percée de conduits d'écoulement
07:46pour les eaux pluviales,
07:48sont représentés les princes défunts à la chasse.
07:53La première oeuvre montre une chasse au lion.
07:55Le défunt, nu, en position frontale,
07:58tient son cheval en briques d'une main
08:00et de l'autre, brandit un bouclier
08:02qui l'oppose au bond du félin.
08:08Dans le second tableau,
08:09le chef berbère, à cheval,
08:11poursuit une autruche.
08:12En arrière, ses serviteurs tirent à l'arc.
08:14Ces deux scènes, au sens symbolique,
08:16exaltent la mémoire des défunts
08:18en en proposant des images glorieuses.
08:21Dans l'ancienne religion funéraire berbère,
08:23les morts ne sont pas totalement abandonnés
08:25à la solitude du tombeau
08:26après leur ensevelissement.
08:28Auprès de leurs sépultures
08:29sont périodiquement accomplies
08:31des gestes d'offrande et de vénération.
08:35Au djédar, ce culte funéraire
08:36avait en outre un caractère politique
08:38car il s'adressait à des défunts
08:40qui avaient qualité de prince.
08:42Ses pratiques cultuelles
08:43ont nécessité l'aménagement
08:44de structures distinctes du tombeau.
08:47Ces annexes sont tournées
08:48vers l'horizon oriental
08:49car un rite solaire
08:50était étroitement associé
08:52au culte rendu aux morts.
08:56On découvre une plateforme
08:58sur laquelle étaient jadis
08:59accomplis les actes sacrificiels.
09:02Sur cet espace
09:03est implanté un petit édifice
09:04muni d'une porte en pierre circulaire.
09:10Cette construction est très ruinée.
09:12Un aménagement similaire,
09:14mieux conservé,
09:15situé au djédar B,
09:16permet d'en éclairer la destination.
09:19Cet édifice était réservé
09:20à la pratique de l'incubation.
09:24Celle-ci consistait à venir dormir
09:26auprès du tombeau des ancêtres
09:28après avoir émis un vœu
09:29dans l'espoir d'obtenir
09:30des prédictions en songe.
09:35Ce rite divinatoire
09:36est encore vivace de nos jours.
09:42Des auges destinées aux libations
09:45complètent cet ensemble cultuel.
09:48C'est génial.
09:54C'est génial.
10:02C'est génial.
10:15Sous-titrage MFP.
10:22Le monument B, le plus petit du Jeddah Lahdar, ressemble au Jeddah A.
10:30Ses analogies sont traduites par la présence d'aménagements communs,
10:34tels que cours funéraires, airs à sacrifice, chapelles pour l'incubation.
10:38De plus, le monument a été édifié par les mêmes ateliers que le mausolée A.
10:46Le Jeddah B offre toutefois une différence.
10:48Ainsi, il ne renferme pas de caveaux, mais un simple caisson placé au cœur du sous-bassement.
10:54De ce caisson a été retiré un cercueil en bois contenant un squelette d'adultes.
10:59D'après les inscriptions recueillies à proximité, le Jeddah B aurait servi de sépulture à la mère d'un prince.
11:23Le troisième monument du Jeddah Lahdar, en l'occurrence le Jeddah C,
11:27présente une allure plus écrasée que le mausolée A, malgré des dimensions de base équivalentes.
11:33Les gradins du couronnement pyramidal sont mieux conservés.
11:39Le mausolée a néanmoins beaucoup souffert durant la guerre de Libération.
11:43Pour éviter qu'il serve de refuge aux Moudjahidines, l'armée française n'hésite à point le bombarder.
11:56Le plan intérieur est très proche de celui du A.
11:58Autour d'une galerie en forme de U s'ordonnent six petites chambres funéraires.
12:03Son entrée est comparable à celle du tombeau A.
12:31Les entrées des caveaux démunis de portes étaient mûrées
12:34après le dépôt des corps dont il ne subsiste aucune trace.
12:39Le mausolée C ne possède pas d'aménagement cultuel.
12:43Odjabe, l'Araoui, au milieu d'une nécropole constituée de tombes plus modestes,
12:47se dresse le plus important des Jeddah, le F, plus connu sous l'appellation de Keskes.
12:58La ruine actuelle du monument est en partie due aux atteintes du temps,
13:03en partie aux méfaits de la guerre.
13:14Durant la Révolution, l'entrée du mausolée, située au milieu de la façade est,
13:19de plein pied avec le sol, fut obstruée par l'armée française.
13:23Plus tard, celle-ci pratiqua, à l'angle nord-est du monument,
13:26une ouverture par laquelle on accède actuellement.
13:33Le plan intérieur est complexe.
13:35Au centre du mausolée, séparé par une étroite galerie,
13:38s'étendent deux pièces rectangulaires.
13:41Un système composé de six chambres,
13:43relié par des couloirs exigus, enveloppe les pièces centrales.
13:47Un second ensemble de douze salles entoure le premier réseau de chambres.
13:51La galerie d'entrée, obstruée à présent,
13:53offre l'aspect d'un boyau où l'on doit ramper.
13:57Elle débouche au milieu d'une chambre voûtée,
13:59au-delà de laquelle se découvrent successivement deux autres salles,
14:03voûtées en plein cintre.
14:05Ces deux dernières pièces, qui renferment des banquettes,
14:08étaient destinées aux inhumations.
14:18Leurs parois sont ornées de fresques.
14:20La destruction partielle de ces peintures
14:23permet de voir que le monument est construit avec des matériaux en remploi,
14:26parfois ornés.
14:31Les deux ensembles concentriques,
14:33qui comportent des pièces voûtées,
14:34en encorbeillement,
14:36ont une fonction autre que funéraire.
14:41En effet, en empruntant successivement le premier,
14:43puis le deuxième réseau de pièces et de couloirs,
14:46on effectue un tour complet autour des caveaux centraux.
14:49Ces cheminements que l'exiguïté des passages rendent mal aisés
14:52ont donc une portée rituelle.
14:55Des processions devaient tourner autour des sépultures
14:57lors des cérémonies cultuelles.
15:01Cette pratique s'observe encore de nos jours
15:04dans les marabouts locaux.
15:10La construction de mausolées
15:12où se révèle un certain goût du grandiose
15:14était dictée par la volonté de donner à la postérité
15:17une haute idée de la puissance de ces princes.
15:20Et de fait,
15:21la réputation prestigieuse de leur royaume
15:23paraît avoir traversé le temps
15:24puisque Abdallahman ibn Roustoum,
15:27fuyant en 761 Kérouan,
15:30choisit précisément de fonder dans la région de Tiaret,
15:32une nouvelle ville d'Aert-la-Neuve.
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