- il y a 2 jours
pont où les rivières et les fleuves sont cadrés et mis en scène comme les éléments fondamentaux d’une nature asservie mais indomptée toujours prête à se révolter pour tout envahir, tout dévaster... Le quartier à travers lequel toutes les villes, même les immenses mégalopoles contemporaines, se mettent à l’échelle de leurs habitant les plus fragiles...
Le quartier est la première unité dans laquelle l’occupant d’une ville est plongé en immersion complète.
Avec ses rues, ses commerces, ses artisans, ses équipements, ses monuments, ses lieux de cultes, ses places... il intercède entre les êtres humains qui vivent dans son emprise et la ville qui s’étend autour d’eux et qu’ils ne peuvent jamais, quelle que soit sa taille, appréhender physiquement dans sa totalité...
Comme un arbre qui cache la forêt, le quartier peut s’affirmer telle une véritable ville dans la ville... plus calme, plus belle, plus enracinée dans une histoire fantasmée : ainsi la Nouvelle Athènes aménagée au nord de Paris au début du XIXe siècle, un milieu romantique édifié autour de l’idée d’une antiquité retrouvée...
Aménager un quartier permet aussi de jouer sur les contrastes, comme l’avait bien compris le Corbusier en confinant son Plan Voisin dans une partie du centre historique de Paris pour mieux frapper les esprits. Mais c’est aussi un laboratoire idéal pour imaginer « in vitro » de nouvelles manières de penser la ville : ainsi Christian de Portzamparc a-t-il conçu le quartier Masséna à Paris et Patrick Chavannes celui du Trapèze à Boulogne-Billancourt...
Faire quartier... une question qui reste au coeur de tout projet d’architecture même le plus modeste comme en témoigne la démarche d’Henri Ciriani et sa théorie de la « pièce urbaine » : un immeuble résidentiel capable de se constituer comme un milieu favorable au développement de ses habitants...
Une réflexion mise en pratique notamment dans l’ensemble de la Noiseraie à Marne-la-Vallée et dans l’immeuble d’angle à Saint-Denis...
Le quartier est la première unité dans laquelle l’occupant d’une ville est plongé en immersion complète.
Avec ses rues, ses commerces, ses artisans, ses équipements, ses monuments, ses lieux de cultes, ses places... il intercède entre les êtres humains qui vivent dans son emprise et la ville qui s’étend autour d’eux et qu’ils ne peuvent jamais, quelle que soit sa taille, appréhender physiquement dans sa totalité...
Comme un arbre qui cache la forêt, le quartier peut s’affirmer telle une véritable ville dans la ville... plus calme, plus belle, plus enracinée dans une histoire fantasmée : ainsi la Nouvelle Athènes aménagée au nord de Paris au début du XIXe siècle, un milieu romantique édifié autour de l’idée d’une antiquité retrouvée...
Aménager un quartier permet aussi de jouer sur les contrastes, comme l’avait bien compris le Corbusier en confinant son Plan Voisin dans une partie du centre historique de Paris pour mieux frapper les esprits. Mais c’est aussi un laboratoire idéal pour imaginer « in vitro » de nouvelles manières de penser la ville : ainsi Christian de Portzamparc a-t-il conçu le quartier Masséna à Paris et Patrick Chavannes celui du Trapèze à Boulogne-Billancourt...
Faire quartier... une question qui reste au coeur de tout projet d’architecture même le plus modeste comme en témoigne la démarche d’Henri Ciriani et sa théorie de la « pièce urbaine » : un immeuble résidentiel capable de se constituer comme un milieu favorable au développement de ses habitants...
Une réflexion mise en pratique notamment dans l’ensemble de la Noiseraie à Marne-la-Vallée et dans l’immeuble d’angle à Saint-Denis...
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ÉducationTranscription
00:00:00Contrairement peut-être à la rue, au pont, à la place, c'est vrai que le quartier, c'est plus
00:00:07indéfinissable, c'est plus subjectif.
00:00:13Moi, j'habite au milieu de Sharon et à côté, il y a la rue d'Avron, ça fait deux
00:00:20pôles un petit peu antagoniques.
00:00:22L'ancienne enceinte des fermiers généraux, et puis la rue qui va à Montreuil, un boulevard avec une ambiance très
00:00:32urbaine, et puis une rue cosmopolite et très commerçante.
00:00:38Et c'est vrai que quand j'arrive, tout d'un coup, je me sens pratiquement chez moi.
00:00:45C'est vrai que le quartier, c'est à l'interface entre l'extériorité absolue et puis l'intimité.
00:00:54Et en même temps, le quartier, c'est ce qui intercède entre la ville et soi.
00:01:01Parce que la ville, c'est trop grand pour qu'on puisse la connaître.
00:01:05Même une petite ville, vous voyez, on ne peut pas en connaître tous les recoins, on ne peut pas en
00:01:10connaître toutes les rues, les ruelles, c'est pratiquement impossible.
00:01:13Tandis que le quartier, même si on ne l'a pas fait, même si on n'a pas reconnu les
00:01:20dieux, il est possible de le faire et d'en avoir une connaissance intime.
00:01:28Alors ce cours aujourd'hui, ce n'est pas vraiment un cours, je n'ai pas l'impression de faire
00:01:32des cours, c'est vrai.
00:01:34Mais c'est plutôt une sorte de préparation d'une pièce de théâtre entre deux personnages, la ville et le
00:01:44quartier.
00:01:46Pourquoi deux personnages ? Parce que le quartier, effectivement, il intercède.
00:01:52Donc, il est dans une relation de subordination par rapport à la ville.
00:01:57Mais des fois, le quartier, effectivement, il interfère, vous voyez, il tend à devenir lui-même une ville.
00:02:06Donc, c'est un peu comme ça qu'il faudra voir mon cours aujourd'hui comme des épisodes, des relations
00:02:15tumultueuses entre le quartier et la ville.
00:02:20Voilà, l'image du quartier, pour moi, c'est vrai, c'est celle d'Ambrogio Lorenzetti, la fresque qui est
00:02:28au palazzo de Sienne.
00:02:33Et les effets du bon gouvernement, c'est un détail de la fresque.
00:02:38Et puis, on voit effectivement des gens qui sont montés sur des chevaux, d'autres teinturiers qui sont en train
00:02:47de teindre des tissus, des danseuses qui dansent, des gens qui apprennent.
00:02:58Il y a toutes sortes d'activités dans le quartier.
00:03:03Effectivement, comme il y a toutes sortes d'activités dans mon quartier, il y a des gens qui courent avec
00:03:09des casques sur le boulevard,
00:03:13et puis d'autres qui achètent du pain ou de la charcuterie rue d'Avron.
00:03:18Le quartier, c'est vrai que c'est donc à la fois totalement subjectif, mais ça désigne aussi toutes sortes
00:03:26d'activités.
00:03:28Bien sûr, je reviens sur cette image, parce que pour la rue, c'est aussi le quartier.
00:03:33C'est aussi des personnages comme ça, qui se mettent en scène.
00:03:38Ce n'est pas des amis, ce n'est pas ça, mais c'est des gens qu'on connaît, le
00:03:43charcutier, le boucher, le boulanger, que sais-je encore.
00:03:48C'est des personnages comme ça qui sont là, et quelque part, qui font quartier.
00:03:54Parce que sans ces personnages, on va se poser la question de savoir si le quartier, il existe vraiment.
00:04:02Voilà, donc c'est le premier point, les bonnes relations entre le quartier et la ville,
00:04:10l'intercession du quartier, qui permet effectivement aux gens qui y habitent d'avoir l'impression d'habiter la ville.
00:04:19Et maintenant aussi, on va voir des éléments presque conflictuels.
00:04:24Le premier, c'est l'attenté à l'intégrité de la ville en la divisant au quartier.
00:04:31Ça, c'est un truc qui m'a frappé quand je suis allé à Moscou.
00:04:34Parce qu'en fait, Moscou, ce n'est pas du tout une ville unitaire.
00:04:38Ce sont des villes dans la ville, et ce sont des villes avec des murailles qui ont été détruites très,
00:04:45très tard.
00:04:46Il y a la fin du 18e siècle, au début du 19e siècle, puisque chaque ville avait sa muraille.
00:04:56Le Kremlin, ensuite, à côté de lui, Kitai-Gorod, avait sa muraille.
00:05:03En face, la ville blanche avait sa muraille.
00:05:05La ville de terre avait sa muraille.
00:05:07Et puis, de l'autre côté de la Moskova, la ville des Plâtards avait sa muraille aussi.
00:05:14C'est une ville complètement divisée, peut-être aussi pour justement faire en sorte qu'elle ne fasse pas unité
00:05:22pour s'opposer au pouvoir.
00:05:24Là, c'est donc au Kremlin, la cathédrale.
00:05:28Là, c'est le plan du début du 17e siècle, où on voit très, très bien, vous voyez, les quartiers
00:05:36séparés par des fortifications et des glacis.
00:05:41Donc, comme s'ils pouvaient être à tout moment en guerre les uns avec les autres.
00:05:47Et surtout, comme s'il ne fallait absolument pas qu'ils s'unifient.
00:05:55Et on voit aussi, vous voyez, ce dont j'avais parlé au début du cours, je crois, à propos de
00:06:02la Place Rouge.
00:06:03On la voit, la Place Rouge, c'est juste un glacis qui sépare Kitai-Gorod du Kremlin.
00:06:11Et on voit aussi, vous voyez, la cathédrale Sainte-Basile.
00:06:15Ce n'est pas une cathédrale comme une cathédrale gothique, où effectivement, c'est une gigantesque nef, où toute la
00:06:21population de la ville peut se rassembler.
00:06:23Pas du tout, on va le voir tout de suite.
00:06:25Voilà, ça, c'est une gravure de la cathédrale Sainte-Basile.
00:06:28Alors, ça, c'est une photo où on voit des tours qui sont pressées les unes contre les autres et
00:06:35qui se dressent vers le ciel.
00:06:37Mais, vous voyez, en plan, on voit des espaces qui sont rigoureusement séparés.
00:06:42Ce sont des espaces qui permettent de définir des rituels, des processions,
00:06:48mais qui ne permettent pas, vous voyez, à une foule unitaire de se constituer comme nous l'avions vu dans
00:06:58le cours sur la place.
00:07:02Et la Place Rouge, c'est juste, vous voyez, un espace entre deux fortifications, entre deux villes totalement antinomiques.
00:07:12Et là, aujourd'hui, les murailles ont été détruites, vous voyez, on voit encore, vous voyez, des cicatrices,
00:07:20avec la ceinture des boulevards, la ceinture des jardins, d'abord la ceinture des jardins,
00:07:30ensuite la ceinture, non l'inverse, d'abord la ceinture des boulevards, ensuite la ceinture des jardins,
00:07:33qui sont très, très larges, puisque dans la ceinture des jardins, il y a même un lac,
00:07:39le lac des bouchées, qu'on peut encore voir aujourd'hui.
00:07:45Autre exemple, un petit peu différent, c'est Prague.
00:07:49Elle aussi, c'est une ville, voilà, qui est divisée en unités totalement, pratiquement autonomes, vous voyez.
00:07:58Bon, on voit Razziani avec le château, vous voyez, on le voit sur la perspective, sur la peinture, il est
00:08:06en haut.
00:08:07Vous voyez, en bas, il y a Malastrana, mais c'est aussi une ville totalement autonome,
00:08:11et ces deux villes ne communiquent pas, communiquent difficilement par des passages, par des escaliers, par des portes.
00:08:18On voit le pont Charles, qui unit justement la ville aristocratique et la ville château,
00:08:27donc à la ville, à la vieille ville et à la nouvelle ville.
00:08:33Et on voit aussi, si vous voulez, qu'il y a une porte, voilà, encore,
00:08:36qui surveille le passage entre Malastrana et Razziani vers Stare, Mesto, pardon,
00:08:46et donc la ville ancienne.
00:08:48Voilà, la porte.
00:08:51Et c'est vrai qu'à Prague, même si aujourd'hui, toutes les enceintes ont disparu,
00:08:58mais elles sont restées très très longtemps, et elles sont restées très très longtemps
00:09:00parce que, comme la bohème était sous la domination autrichienne,
00:09:05sous la domination des Habsbourg, ils ne voulaient surtout pas,
00:09:07si vous voulez que Prague puisse faire concurrence à Vienne,
00:09:11et donc ils ont confiné, vous voyez, le plus longtemps possible dans ces enceintes.
00:09:18Et c'est vrai que, vous la contenez à Prague, c'est vrai qu'on n'arrête pas de passer
00:09:21des portes,
00:09:24la porte de la Poundrière, pour entrer donc depuis la ville nouvelle vers la ville ancienne,
00:09:31là, la porte de la vieille ville, pour passer le pont Charles,
00:09:36et puis ensuite, il y a encore des portes, et des portes, et des portes,
00:09:40des portes d'église, des portes des palais, des portes de monastères.
00:09:44Je ne les ai pas toutes mises, je ne voulais pas qu'on se perde là-dedans,
00:09:47mais vous voyez, c'est la ville des portes,
00:09:50et surtout, c'est la ville du masculinement,
00:09:55parce que chaque fois qu'on passe une porte,
00:09:59on plonge dans un univers complètement différent.
00:10:03C'est pour ça que j'ai mis cette image du procès d'Orson Welles,
00:10:07c'est la séquence qui est vraiment, que je trouve complètement géniale,
00:10:11où Anthony Perkins, donc, il rentre, il a rendez-vous pour se faire juger,
00:10:17et puis, l'adresse de ce rendez-vous, c'est une laverie,
00:10:21et de la laverie, il parle avec une employée,
00:10:26et l'employée lui indique une porte, il ouvre la porte,
00:10:29et là, tout d'un coup, donc, il rentre dans la salle du procès,
00:10:34où on l'attend, et c'est vrai, c'est Kafka,
00:10:38et c'est vrai que Kafka fait pratiquement toute son œuvre,
00:10:43que ce soit le château, que ce soit la muraille de Chine,
00:10:47que ce soit tous les textes qu'il ait pu faire,
00:10:50eh bien, ça parle de cette ville,
00:10:53de cette ville séparée par des murailles,
00:10:56et où il faut constamment franchir des portes et des portes,
00:11:00et constamment plonger dans des univers complètement inattendus.
00:11:08Voilà le plan du XVIIe siècle,
00:11:12on voit bien les différentes enceintes qui enferment la ville,
00:11:18là, en bas, c'est la forteresse de Vichérade,
00:11:20et puis ensuite, vous voyez, à droite,
00:11:24c'est la ville neuve qui entoure la ville ancienne,
00:11:28et puis, donc, de l'autre côté de la Muldo,
00:11:32eh bien, c'est Ratchani et puis Vichérade.
00:11:35Toutes ces villes, vous voyez, sont fermées sur elles-mêmes,
00:11:41et accessibles, donc, que par des portes,
00:11:44et en plus, en plus, dans la vieille ville,
00:11:47il y a encore une océate, celle du ghetto,
00:11:50qui était inclue, vous voyez, donc, dans la vieille ville.
00:11:55Et donc, c'est vrai, c'est une ville,
00:11:56ou la fête d'enclave.
00:11:58Voilà, c'est le cimetière juif,
00:12:00c'est une enclave dans l'enclave.
00:12:07Autre séquence, voilà,
00:12:11autre histoire,
00:12:13sur la guerre au quartier,
00:12:16et là, ça concerne le Karl-Marx-Hoof.
00:12:20Enfin, le Karl-Marx-Hoof,
00:12:21ce n'est pas simplement faire la guerre au quartier,
00:12:23ce n'est pas ça, c'est un...
00:12:24C'est vrai que c'est un bâtiment, je trouve,
00:12:28je vais expliquer pourquoi tout à l'heure,
00:12:29mais il m'a toujours sidéré,
00:12:32quand même avant que je fasse des études d'architecture,
00:12:35même avant que je me destine à être architecte,
00:12:39ce bâtiment, il m'avait frappé,
00:12:41je ne sais pas si je le trouvais bon,
00:12:43mais en tout cas, il y avait un côté vénéneux
00:12:49et en même temps totalement sidérant.
00:12:54Donc c'est un bâtiment qui fait à peu près
00:12:56un kilomètre de long, il est énorme,
00:13:00il contient à peu près 1 400 appartements,
00:13:03il y a 5 000 personnes qui habitent,
00:13:04c'est toute une population,
00:13:05et puis il avait été édifié de 1924 à 1930
00:13:11par la municipalité social-démocrate à Vienne
00:13:17pour loger les travailleurs,
00:13:21et surtout avec d'autres offres,
00:13:24et puis c'est le plus célèbre, bien sûr,
00:13:26et le plus intéressant,
00:13:27il composait toute une ceinture rouge autour de la capitale.
00:13:33Voilà, le plan, il y a trois cours,
00:13:39il y a deux cours, et puis effectivement une place centrale.
00:13:44Voilà, ça c'est le Karl Marx-Hoff dans les années 30.
00:13:50C'est des plans qui sont totalement délirants
00:13:53parce que c'est vraiment hyper simple,
00:13:55il n'y a pratiquement pas de corridor, il n'y a rien,
00:13:58c'est juste des deux pièces cuisine.
00:14:03Et ça, c'est ce qui justifie le titre,
00:14:06c'est qu'effectivement quand la municipalité de Vienne a changé,
00:14:11quand elle est passée des sociodémocrates
00:14:17à la droite, et même à la droite dure,
00:14:21puisque ça a été représenté par Dolchus,
00:14:25qui avait pour idole Mussolini,
00:14:29mais qui cependant, très bizarrement,
00:14:32enfin c'est des choses qu'on ne peut plus comprendre aujourd'hui,
00:14:35détestait Hitler.
00:14:36En tout cas, voilà,
00:14:37il s'est senti enfermé dans sa ville,
00:14:40vous voyez, par les logements sociaux
00:14:42qui avaient été construits
00:14:44par la municipalité précédente,
00:14:48et effectivement, les choses,
00:14:49il y a eu des émeutes,
00:14:51et donc il a attaqué ces ensembles,
00:14:57ces grands ensembles,
00:14:58comme s'il s'agissait, vous voyez,
00:15:00de villes à prendre.
00:15:02Et donc voilà,
00:15:03on a tiré au canon sur le Karl Marx Hof.
00:15:09Ça rappelle,
00:15:10ça c'est peut-être le mauvais côté,
00:15:13c'est l'autre côté de la fresque
00:15:14du palais de Palazzo de la Regione de Sienne,
00:15:21c'est les échecs du mauvais gouvernement,
00:15:25donc la guerre,
00:15:27qui est amenée à même la cité.
00:15:30Et ça c'était les ouvriers,
00:15:37qui étaient armés,
00:15:38et qui défendaient leur bâtiment
00:15:41comme une citadelle.
00:15:44Voilà, ça c'est le Karl Marx Hof
00:15:46aujourd'hui,
00:15:47en tout cas il y a une quarantaine d'années.
00:15:50C'est vrai que c'est un bâtiment
00:15:51donc totalement sidérant,
00:15:54parce qu'il y a une sorte de monumentalité,
00:15:56une sorte de revendication glorieuse.
00:16:00Là c'est assez fascinant,
00:16:02je pense que ça doit être
00:16:03complètement exaltant
00:16:04de pouvoir habiter dans ce bâtiment.
00:16:07Bien sûr les Hof,
00:16:09c'est un petit peu un système d'habitation
00:16:11qu'on voit même à l'intérieur de Vienne,
00:16:15c'est des cours qui sont habités,
00:16:17et là donc ce sont des grandes cours,
00:16:20avec des mâts
00:16:24pour potentiellement pouvoir porter des drapeaux,
00:16:30pour s'affirmer face au reste de la ville.
00:16:38Et ça c'est une des raisons aussi
00:16:39pour lesquelles j'ai connu ce bâtiment,
00:16:41parce que ce bâtiment,
00:16:47il apparaissait presque comme un personnage,
00:16:49vous voyez,
00:16:50dans un film,
00:16:51excusez-moi,
00:16:53je trouve quand même,
00:16:54j'ai pas osé le revoir,
00:16:55parce que je crois qu'il est vraiment
00:16:57complètement con,
00:16:58c'est le film de Vizena Cavani,
00:17:01portier de nuit,
00:17:02donc la thématique c'était de dire que
00:17:05finalement il pouvait y avoir
00:17:06des relations sédomasochistes,
00:17:09amoureuses,
00:17:10dans les camps de concentration,
00:17:11entre les médecins nazis
00:17:12et puis les déportés,
00:17:15un truc complètement délirant,
00:17:18mais il n'empêche,
00:17:19si vous voulez,
00:17:20que voilà,
00:17:21il y a quelque chose de fascinant,
00:17:24vous voyez,
00:17:24en plus ces deux personnages,
00:17:26donc le personnage du médecin
00:17:28c'était Dirk Bogard
00:17:30et puis la déportée c'est
00:17:32Charles Campling,
00:17:34c'est des acteurs totalement,
00:17:37oui à la fois lumineux,
00:17:38vénéneux,
00:17:39qui s'accordaient parfaitement,
00:17:41vous voyez,
00:17:42à ce qu'on pouvait,
00:17:43à ce bâtiment,
00:17:45à sa massivité,
00:17:47vous voyez,
00:17:48à ça,
00:17:51au fait que justement
00:17:52quand on est devant,
00:17:52on a l'impression que,
00:17:54même s'il résiste,
00:17:56qu'on le comprendra,
00:17:57qu'on le comprendra,
00:17:58qu'on le comprendra jamais,
00:18:00quelque part,
00:18:01qu'il mérite peut-être
00:18:02d'être attaqué au canon,
00:18:03vous voyez,
00:18:03qu'il est là comme ça,
00:18:05il est totalement,
00:18:08il objecte,
00:18:09voilà,
00:18:12je ne vais pas rentrer
00:18:12dans les détails du film,
00:18:15mais,
00:18:16mais n'empêche,
00:18:16n'empêche,
00:18:17c'est vrai que,
00:18:18j'avais vu le film
00:18:19quand j'étais adolescent,
00:18:22c'est vrai que ça m'invite,
00:18:24enfin,
00:18:24ce n'est pas tant,
00:18:25oui,
00:18:25c'est les personnages,
00:18:26bien sûr,
00:18:26sur le Rampling,
00:18:27j'en regarde,
00:18:28mais l'histoire,
00:18:29j'ai toujours trouvé stupide,
00:18:31et là,
00:18:31maintenant,
00:18:31je crois que je serai incapable
00:18:32de y revoir,
00:18:33mais par contre,
00:18:34ce bâtiment,
00:18:35je n'avais pas encore décidé
00:18:37de faire architecture,
00:18:38et ce bâtiment,
00:18:38vraiment,
00:18:39il m'avait,
00:18:40il m'avait énormément
00:18:42marqué,
00:18:43voilà,
00:18:43à cause de cette,
00:18:44cette,
00:18:45cette histoire,
00:18:45à la fois,
00:18:47la rébellion,
00:18:48contre Dolchus,
00:18:50les formes,
00:18:52cet enthousiasme révolutionnaire
00:18:54qu'il est censé incarner,
00:18:56et puis,
00:18:56bien sûr,
00:18:57cette image,
00:18:58là,
00:18:58complètement délétère,
00:19:00et que Lysana Cavani
00:19:01lui a ensuite accordé.
00:19:06Bon,
00:19:07pensez à la ville
00:19:08sans quartier,
00:19:09maintenant,
00:19:10on l'a déjà vue,
00:19:11bien sûr,
00:19:11mais c'est important
00:19:12de le revoir,
00:19:12parce que finalement,
00:19:13vous voyez,
00:19:13la ville contemporaine
00:19:15pour 3 millions d'habitants,
00:19:16c'est vrai que c'est une ville
00:19:17sans quartier,
00:19:18c'est-à-dire qu'il n'y a pas de,
00:19:20tout est pareil,
00:19:20pratiquement,
00:19:21enfin,
00:19:21il y a des immeubles bas,
00:19:22des immeubles hauts,
00:19:23et on ne peut pas dire
00:19:24qu'il y ait des quartiers,
00:19:26comme,
00:19:28j'en ai parlé
00:19:28au début du cours,
00:19:30vous voyez,
00:19:30c'est-à-dire un environnement
00:19:31comme ça,
00:19:32qui fait en sorte
00:19:33que quand on pénètre,
00:19:35quand il y pénètre,
00:19:36on se sent déjà
00:19:39chez soi,
00:19:40on est entre deux,
00:19:42on n'est pas tout à fait
00:19:43encore à la maison,
00:19:45mais pas dehors,
00:19:47non plus,
00:19:49mais effectivement,
00:19:49c'est des grands tours,
00:19:51il y a une beauté totale,
00:19:52bien sûr,
00:19:53parce que c'est très pictural,
00:19:54mais en même temps,
00:19:55on ne sent pas
00:19:56cette dimension,
00:19:57et surtout,
00:19:58cette idée d'intercession,
00:20:00le quartier qui intercède
00:20:02entre les villes et toi.
00:20:04Là,
00:20:05on est livré,
00:20:06donc,
00:20:08immédiatement,
00:20:09totalement,
00:20:09sans transition,
00:20:11sans filtre,
00:20:12à la ville.
00:20:14Pareil,
00:20:16enfin,
00:20:17l'image,
00:20:18c'est pareil,
00:20:18elle est renversante,
00:20:20l'image
00:20:21de Dilbert Seymer,
00:20:22en plus,
00:20:23ce type,
00:20:23il n'a rien fait,
00:20:24il a fait trois maisons,
00:20:25mais il est surtout connu
00:20:26par ce projet-là,
00:20:28complètement fou,
00:20:29alors qu'à eux,
00:20:30ce sont des simulatres
00:20:33d'habitation,
00:20:34et puis,
00:20:34en dessous,
00:20:35il y a des socles
00:20:35de bureaux,
00:20:36et ce qui fait que
00:20:37les gens qui vivent là,
00:20:38donc,
00:20:38ils prennent l'ascenseur,
00:20:39ils vont travailler,
00:20:40ils remontent,
00:20:40ils vont se coucher.
00:20:42Voilà,
00:20:42et ensuite,
00:20:43là,
00:20:43il y a toute une pensée,
00:20:44effectivement,
00:20:45c'est plus urbain
00:20:45que le corbusier,
00:20:46parce qu'on retrouve
00:20:46un tout petit peu
00:20:47des avenues,
00:20:51il n'y a pas de séparation,
00:20:52donc,
00:20:53entre,
00:20:54il n'y a pas de séparation
00:20:56entre les immeubles
00:20:57et puis le réseau
00:20:59de communication,
00:21:00comme dans la plupart
00:21:01des projets urbains
00:21:02de le corbusier,
00:21:03enfin,
00:21:04voilà,
00:21:04c'est beau,
00:21:06mais c'est pareil,
00:21:07on est livré,
00:21:10sans filet,
00:21:11sans garde-corps,
00:21:12sans rien,
00:21:13on est livré
00:21:14à la loi de la ville,
00:21:17et ça,
00:21:17c'est vrai,
00:21:18ça,
00:21:18c'est très bien,
00:21:18je crois que c'est
00:21:19très bien exprimé,
00:21:20justement,
00:21:21dans les toiles
00:21:21de Richter,
00:21:22toute sa série
00:21:24des paysages urbains,
00:21:25parce que,
00:21:26voilà,
00:21:26et puis en même temps,
00:21:27c'est vrai que,
00:21:28ce qui est bien aussi
00:21:29chez Richter,
00:21:30c'est que,
00:21:30bon,
00:21:31c'est des toiles,
00:21:32d'accord,
00:21:32c'est des peintures,
00:21:33d'accord,
00:21:33très bien,
00:21:34bon,
00:21:34c'est des peintures,
00:21:35il a plein des choses,
00:21:36c'est de la figuration,
00:21:38il a figuré,
00:21:39bon,
00:21:39il n'est pas allé
00:21:40dans la rue
00:21:41plein des bâtiments,
00:21:42il n'a pas plein
00:21:42des réalisations,
00:21:43mais il a pris pour modèle
00:21:46des maquettes d'architectes
00:21:48existantes,
00:21:49ou des perspectives,
00:21:50ou des axonométries,
00:21:51et puis il les a peintes,
00:21:54voilà,
00:21:54et c'est vrai que,
00:21:55ce qui est fascinant,
00:21:57c'est le fait que,
00:21:59là,
00:21:59dans ces toiles,
00:21:59on ne sait plus
00:22:00si c'est de l'abstraction
00:22:02ou si c'est de la figuration,
00:22:04quoi,
00:22:05ce qui est fascinant aussi
00:22:07dans ces vies modernes,
00:22:09c'est cette puissance
00:22:10d'abstraction,
00:22:14quand on regarde
00:22:16la perspective
00:22:17d'Hilbert Zeimer,
00:22:18c'est vrai qu'on est plongé
00:22:20dans une ville
00:22:22d'une abstraction radicale,
00:22:25et en même temps,
00:22:25c'est vrai qu'on éprouve
00:22:26peut-être une certaine
00:22:27Jewish song,
00:22:28si on va dire,
00:22:28à la regarder.
00:22:31Bon,
00:22:31là,
00:22:31c'est une très très belle photo
00:22:32de Sébastien,
00:22:35Sébastien,
00:22:35pardon,
00:22:36à Sangado,
00:22:38c'est la Courneuve,
00:22:39qui dit tout,
00:22:41finalement,
00:22:41à la Courneuve,
00:22:43effectivement,
00:22:43c'est le dessin
00:22:45de Tangouté,
00:22:46de Lacroix,
00:22:47il se situe,
00:22:48mais vraiment,
00:22:49tout à fait,
00:22:49dans la lignée
00:22:51de Hilbert Zeimer
00:22:52et le Corbusier,
00:22:54et puis là,
00:22:55la photo,
00:22:56c'est vrai qu'elle dévoile
00:22:57quelque chose,
00:22:58on voit à gauche,
00:23:01l'image,
00:23:03une sorte d'intimité radicale,
00:23:05parce que c'est la famille,
00:23:06mais c'est la famille élargie,
00:23:08la dame qui est au fond,
00:23:10c'est sans doute la grand-mère,
00:23:13le petit garçon,
00:23:14c'est le petit-fils,
00:23:15il y a des rideaux,
00:23:17il y a même un autre personnage
00:23:18qui apparaît dans le fond,
00:23:20c'est peut-être la mère
00:23:20qui fait la cuisine,
00:23:21on sent,
00:23:22vous voyez,
00:23:23une cellule,
00:23:24on pénètre,
00:23:26dans une intimité,
00:23:27et cette intimité,
00:23:29donc,
00:23:30elle est livrée,
00:23:31sans aucune transition
00:23:34à l'abstraction totale
00:23:36de la ville pensée
00:23:38par les modernes.
00:23:40Voilà,
00:23:41mais c'est vrai,
00:23:42c'est aussi une beauté totale,
00:23:43c'est certain,
00:23:44en plus,
00:23:44il ne faut pas,
00:23:45c'est très dessiné,
00:23:47c'est très composé,
00:23:48les façades,
00:23:49c'est vrai qu'elles sont,
00:23:50elles sont magnifiques,
00:23:51ce n'est pas du tout répétitif,
00:23:53vous voyez,
00:23:53il y a des,
00:23:55enfin,
00:23:56il y a tout un travail
00:23:57de composition
00:23:57pour arriver,
00:24:00donc,
00:24:00il y a toute une connaissance,
00:24:01finalement,
00:24:02aussi,
00:24:02du néoplasticisme,
00:24:04de Mondrian,
00:24:05vous voyez comment,
00:24:05effectivement,
00:24:06on arrive,
00:24:07malgré tout,
00:24:08à créer du singulier
00:24:10dans la répétition,
00:24:13mais voilà,
00:24:15ça reste
00:24:16une abstraction totale.
00:24:18Et ça,
00:24:18c'est un des premiers projets,
00:24:20enfin,
00:24:20c'est la première intervention
00:24:22dans les années 90,
00:24:25donc,
00:24:26sur une des barres,
00:24:28la barre Balzac,
00:24:30je trouve que c'est très,
00:24:31c'est très beau,
00:24:32mais on va voir,
00:24:33enfin,
00:24:33on pourra voir,
00:24:35après,
00:24:36on pourra peut-être reprendre
00:24:36un certain recul critique
00:24:38par rapport à cette intervention
00:24:39plus tard,
00:24:40mais c'est très beau,
00:24:41parce que,
00:24:42voilà,
00:24:43la barre,
00:24:44là,
00:24:45elle s'interpose,
00:24:46elle s'interpose
00:24:47avec le ciel,
00:24:49et donc,
00:24:50le grand Israël,
00:24:51il a creusé,
00:24:53il a supprimé
00:24:54des appartements
00:24:55pour créer
00:24:57des grandes fenêtres
00:25:00urbaines
00:25:00et laisser passer
00:25:02la lumière.
00:25:04et en fait,
00:25:05ça n'a pas suffi
00:25:05puisque donc,
00:25:06on a fini par détruire,
00:25:08par grignotage,
00:25:10la barre Balzac,
00:25:12comme on avait détruit
00:25:14plus tôt
00:25:16la barre
00:25:18de Bussi,
00:25:19on avait fait imploser,
00:25:22on avait fait imploser
00:25:23la barre de Bussi.
00:25:26Voilà.
00:25:27Après,
00:25:28c'est vrai que,
00:25:28dans les années 80,
00:25:30il y a eu,
00:25:31là,
00:25:32un retour
00:25:34au quartier
00:25:35après les années 60,
00:25:36les années 70,
00:25:38on a cherché,
00:25:39voilà,
00:25:39à repenser
00:25:40le quartier.
00:25:41Je me rappelle vraiment
00:25:42un des plus beaux projets,
00:25:43là,
00:25:43de cette époque,
00:25:45c'est le projet
00:25:46de Léon Crir
00:25:48pour le quartier
00:25:49de la ville,
00:25:49je me rappelle
00:25:50quand j'étais
00:25:52à l'UP6
00:25:53ou j'étais à l'UP6
00:25:54cette année-là,
00:25:55en 1976,
00:25:57c'est vrai qu'on était,
00:25:57la plupart des gens
00:25:58qui étaient avec moi,
00:25:58ils étaient complètement
00:25:59au FESP,
00:25:59tout le monde l'avait vu
00:26:01et ça réparessait
00:26:02dans les projets
00:26:03d'étudiants,
00:26:04cette idée comme ça
00:26:05de,
00:26:06voilà,
00:26:06de retrouver
00:26:07des éléments
00:26:09pour faire,
00:26:10essayer de refaire
00:26:11quartier,
00:26:12essayer de créer,
00:26:13de la diversité.
00:26:16Ce qui passe aussi
00:26:17peut-être par un certain zoning
00:26:18parce qu'il y a des parties
00:26:19d'habitation,
00:26:20il y a des parties
00:26:20de bureaux,
00:26:21il y a des parties
00:26:21de jardins,
00:26:23mais en tout cas,
00:26:24voilà,
00:26:24il y avait cette idée
00:26:25comme ça
00:26:25d'arriver
00:26:26à se mettre
00:26:28à l'échelle
00:26:28de l'individu,
00:26:29à ne pas faire en sorte
00:26:31qu'il soit,
00:26:32voilà,
00:26:33disons,
00:26:35mis en,
00:26:35mis face
00:26:37dans une sorte
00:26:38de stupéfaction,
00:26:40vous voyez,
00:26:40face,
00:26:41donc,
00:26:41aux grandes formes
00:26:42de la ville,
00:26:43vous voyez,
00:26:44non,
00:26:44il fallait vraiment
00:26:45trouver,
00:26:47il fallait justement
00:26:47intercéder,
00:26:49vous voyez,
00:26:49donc,
00:26:50créer une multitude
00:26:52d'espaces,
00:26:53d'espaces différents,
00:26:57qui puissent
00:26:58se constituer
00:26:59comme des prolongements
00:27:00de l'intimité,
00:27:02créer de multiples
00:27:03espaces différents
00:27:05qui puissent être
00:27:09habités,
00:27:10dans lesquels
00:27:10on peut
00:27:13habiter
00:27:13quelque part.
00:27:15Voilà,
00:27:16je trouve ça faux aussi,
00:27:17cette image,
00:27:18je suis toujours
00:27:18complètement fascinée
00:27:20à cause des rideaux,
00:27:21vous voyez,
00:27:22c'est,
00:27:22voilà,
00:27:23comme je le disais
00:27:23tout à l'heure,
00:27:24le quartier,
00:27:24c'est à la fois,
00:27:27on est à la fois
00:27:28chez soi
00:27:28et pas encore
00:27:29chez soi,
00:27:30et là,
00:27:30effectivement,
00:27:31il y a ces
00:27:32grands rideaux
00:27:33qui sont
00:27:34accrochés
00:27:35à la stoa,
00:27:36un petit peu
00:27:36comme à Venise,
00:27:38sur la place
00:27:39Saint-Marc,
00:27:40il y a ces stores
00:27:42comme ça,
00:27:42qui protègent
00:27:43les consommateurs
00:27:44du café Florian
00:27:46et autres,
00:27:48mais tout en là,
00:27:49tout en faisant en sorte
00:27:50qu'on va essayer
00:27:51de trouver une transition,
00:27:56un intermédiaire
00:27:58entre le chez soi
00:27:59et puis la ville.
00:28:02Bon,
00:28:03autre exemple,
00:28:04mais sur lequel,
00:28:04bien sûr,
00:28:05c'est basé
00:28:06et on crie,
00:28:07c'est bien avant lui,
00:28:08donc c'est la cité
00:28:09industrielle
00:28:10de Tony Garnier.
00:28:11Là aussi,
00:28:12c'est pareil,
00:28:12c'est une cité,
00:28:13d'accord,
00:28:13mais il y a des quartiers,
00:28:15bon,
00:28:15bien sûr,
00:28:16il y a un certain zoning
00:28:17puisqu'il y a des quartiers
00:28:18industriels,
00:28:19il y a des administrations,
00:28:20il y a des logements,
00:28:23il y a un équipement,
00:28:25voilà,
00:28:26mais ce qui est fascinant,
00:28:26c'est vrai,
00:28:27c'est les quartiers d'habitation
00:28:28parce qu'en même temps aussi,
00:28:30ce qu'il y a de fou chez lui,
00:28:31c'est que,
00:28:32voilà,
00:28:32on a l'impression
00:28:32qu'il veut,
00:28:35qu'il essaie,
00:28:35vous voyez,
00:28:36disons,
00:28:37de porter,
00:28:39de supporter,
00:28:40voilà,
00:28:40toute l'histoire
00:28:41de l'architecture
00:28:41depuis la maison romaine
00:28:44ou la maison grecque
00:28:45jusqu'à aujourd'hui.
00:28:47ces bâtiments,
00:28:49ils sont visiblement embêtants
00:28:50puisque ça a été
00:28:51donc un des chantres
00:28:52du béton armé,
00:28:53mais en même temps,
00:28:54donc,
00:28:54effectivement,
00:28:55ils ne sont pas hauts
00:28:56et puis,
00:28:57par moments,
00:28:58vous voyez,
00:28:58on a l'impression
00:28:59que les habitants
00:29:00sont en toge,
00:29:02vous voyez,
00:29:02en tout cas,
00:29:03ils sont habillés
00:29:04d'une manière très,
00:29:06surtout les femmes,
00:29:08ils sont habillés,
00:29:09ils ont des grandes robes
00:29:10comme des toges,
00:29:11voilà,
00:29:11et on a l'impression
00:29:12effectivement
00:29:13qu'il y a une volonté
00:29:14comme ça
00:29:14de relier,
00:29:16vous voyez,
00:29:17ce qu'il y a
00:29:17de plus ancien,
00:29:19de plus archaïque
00:29:20et surtout,
00:29:21peut-être,
00:29:22l'histoire
00:29:23de l'architecture.
00:29:24C'est réapproprier
00:29:25dans les habitations
00:29:28contemporaines
00:29:28l'histoire
00:29:30la plus ancienne
00:29:31de l'architecture.
00:29:34Bon,
00:29:35autre exemple
00:29:37très différent,
00:29:38c'est
00:29:39l'anoiserie
00:29:40d'Henri Sirianni
00:29:42et surtout,
00:29:43c'est toute la réflexion
00:29:43d'Henri Sirianni
00:29:45sur la pièce urbaine.
00:29:47Et c'est vrai
00:29:47qu'il y a un côté mystique,
00:29:49enfin,
00:29:49je vais dire ça
00:29:49parce qu'il y a un côté mystique
00:29:50un tout petit peu,
00:29:51si vous voulez,
00:29:51c'est comment faire en sorte
00:29:52qu'un bâtiment,
00:29:54un immeuble,
00:29:55eh bien,
00:29:56il puisse faire vie,
00:29:57en tout cas,
00:29:57il puisse faire quartier,
00:29:59il puisse intercéder,
00:30:00voilà,
00:30:01entre l'occupant
00:30:03et la ville.
00:30:05Donc,
00:30:05ce sera une pièce urbaine.
00:30:07Même s'il n'y a pas de commerce,
00:30:08même s'il n'y a rien,
00:30:09eh bien,
00:30:11malgré tout,
00:30:11on arrivera à créer
00:30:13un environnement,
00:30:15un espace intermédiaire
00:30:17entre l'extériorité
00:30:19et l'intimité.
00:30:21Voilà,
00:30:22l'immeuble
00:30:23qui suit
00:30:25la voie principale.
00:30:27Et on retrouve
00:30:28des éléments,
00:30:29on retrouve le pont,
00:30:30vous voyez,
00:30:30on retrouve la porte,
00:30:32la grande arche
00:30:32par laquelle on peut passer.
00:30:34Et après,
00:30:35donc,
00:30:35voilà,
00:30:36on est sur le pont maintenant
00:30:38et on avance.
00:30:39Et après,
00:30:40on suit une allée.
00:30:41Et là,
00:30:42il y a des terrasses.
00:30:44Et en même temps,
00:30:45tout est bien sûr,
00:30:47on retrouve quelque part,
00:30:48il y a une sorte de synthèse
00:30:50entre la géométrie
00:30:52de la cité des 4000
00:30:55et la Courneuve tout à l'heure.
00:30:57Mais en même temps,
00:30:58voilà,
00:30:58donc,
00:30:59il y a des singularités,
00:31:01il y a des loggias,
00:31:03il y a des porches.
00:31:05Tout ça,
00:31:06effectivement,
00:31:07pour faire en sorte
00:31:10qu'on puisse concilier
00:31:12l'architecture du bâtiment
00:31:15avec le quartier.
00:31:18Et faire en sorte
00:31:18que le bâtiment,
00:31:21il puisse irradier,
00:31:22vous voyez,
00:31:23donc,
00:31:24un environnement
00:31:26permettant
00:31:27de passer
00:31:28de l'extériorité
00:31:30à l'intimité.
00:31:32Autre exemple,
00:31:33c'est un projet
00:31:36de Porzompar,
00:31:37c'est un projet
00:31:39à Fukuoka au Japon.
00:31:40Donc,
00:31:41au départ,
00:31:41il avait fait
00:31:42un grand bloc,
00:31:43je ne sais pas comment c'était,
00:31:44peut-être un truc pyramidal.
00:31:46Et puis,
00:31:46après,
00:31:47il a complètement changé d'avis.
00:31:49Et puis,
00:31:49justement,
00:31:49voilà,
00:31:49donc,
00:31:49il a cherché
00:31:50à créer
00:31:52une sorte
00:31:52de scénographie urbaine.
00:31:55Voilà,
00:31:55tout ça
00:31:56pour mettre
00:31:56en valeur
00:31:58les personnages,
00:31:59les habitants.
00:32:01et c'est assez fascinant
00:32:03parce qu'il y a
00:32:03deux bâtiments carrés,
00:32:04donc,
00:32:05il crée
00:32:05comme un cadre
00:32:06de scène,
00:32:07vous voyez.
00:32:08Et puis,
00:32:08ensuite,
00:32:09il y a un bâtiment
00:32:10qui ressemble
00:32:10à une montagne,
00:32:11comme la montagne
00:32:12qu'on a vue,
00:32:13je ne sais pas si très rapidement,
00:32:15vous voyez,
00:32:16dans le tableau
00:32:17de Joachim Patinir.
00:32:20Donc,
00:32:21tout d'un coup,
00:32:22on fait venir,
00:32:23on amène,
00:32:24on cherche à concilier
00:32:25la ville,
00:32:27le grand paysage,
00:32:28le quartier
00:32:29et l'habitation.
00:32:31Et c'est vrai
00:32:31que c'est une scénographie
00:32:32comme nous en avons vu
00:32:34dans le cours
00:32:36sur la rue,
00:32:37les scénographies
00:32:39d'Alberti
00:32:40ou là,
00:32:40qui considéraient
00:32:42ou de,
00:32:43enfin,
00:32:45oui,
00:32:45d'Alberti
00:32:45considéraient
00:32:46la rue
00:32:48comme,
00:32:48effectivement,
00:32:49une scène,
00:32:50Palladio,
00:32:51considéraient,
00:32:52qui avait cherché
00:32:53à faire rentrer
00:32:55son projet
00:32:57pour vicence
00:32:58dans le décor
00:33:00permanent
00:33:01du théâtre olympique.
00:33:02Donc,
00:33:03on retrouve
00:33:05cette volonté
00:33:06de créer
00:33:07une scène
00:33:09à partir
00:33:10de laquelle
00:33:11les occupants,
00:33:13ils peuvent se mettre
00:33:14en représentation.
00:33:17Et là,
00:33:17ça veut dire
00:33:17que ces trois éléments,
00:33:18les deux blocs carrés,
00:33:20qui font cadre,
00:33:22et qui articulent
00:33:23c'est cette profondeur
00:33:26spatiale
00:33:26à la ville,
00:33:28voilà,
00:33:28le grand immeuble
00:33:29en forme de rocher,
00:33:31comme dans la peinture primitive,
00:33:33qui représente
00:33:35la nature,
00:33:37et puis ensuite,
00:33:37donc,
00:33:37un petit objet
00:33:39acteur,
00:33:40qui,
00:33:41quelque part,
00:33:42anticipe,
00:33:43voilà,
00:33:43justement,
00:33:44la venue
00:33:44des personnages
00:33:46dans cette scénographie.
00:33:55J'ai passé
00:33:56à un autre
00:33:58récit,
00:33:59autre manière
00:34:01d'appréhender
00:34:03la ville,
00:34:04c'est justement
00:34:05essayer d'appréhender
00:34:06la ville
00:34:06en la sens,
00:34:08enfin,
00:34:08ou le quartier,
00:34:09oui,
00:34:10le quartier,
00:34:11c'est le quartier
00:34:12dont j'ai parlé,
00:34:13essayer d'appréhender
00:34:14le quartier,
00:34:15non comme une,
00:34:16non comme,
00:34:17voilà,
00:34:17un espace
00:34:19rigoureusement
00:34:21géométrique,
00:34:24rigoureusement
00:34:25fonctionnel,
00:34:26ou un espace,
00:34:28comme un espace
00:34:29héroïque,
00:34:30mais au contraire,
00:34:30essayer de voir
00:34:32comment,
00:34:33en regardant
00:34:34le paysage,
00:34:37en regardant
00:34:39le contexte,
00:34:41on peut imaginer,
00:34:47en posant des règles
00:34:49assez simples,
00:34:51on peut imaginer
00:34:53que le quartier
00:34:54puisse se constituer
00:34:56de lui-même,
00:34:57vous voyez,
00:34:58c'est-à-dire que
00:34:59comment,
00:35:00on peut,
00:35:01juste en fixant
00:35:03quelques règles,
00:35:04voilà,
00:35:05espérer que la ville
00:35:06se fasse d'elle-même,
00:35:07un peu,
00:35:08vous voyez,
00:35:08comme les écrivains
00:35:10d'Oulipo,
00:35:10donc Pérec,
00:35:11Queneau,
00:35:13plutôt que s'emmerder
00:35:14à se prendre la tête
00:35:15pour essayer
00:35:16d'inventer des histoires,
00:35:17voilà,
00:35:18il fallait mieux,
00:35:19finalement,
00:35:19se donner des règles
00:35:20et puis ensuite
00:35:22les suivre,
00:35:23comme un jeu,
00:35:24voilà,
00:35:25sans,
00:35:26et tout d'un coup,
00:35:27effectivement,
00:35:30le langage,
00:35:31les mécanismes
00:35:32du langage,
00:35:33tout ça,
00:35:34ça finit par créer
00:35:35des histoires,
00:35:37enfin,
00:35:37auxquelles on peut
00:35:39totalement croire,
00:35:41mais sans,
00:35:41sans vouloir,
00:35:42dès le départ,
00:35:44vous voyez,
00:35:44dire,
00:35:45je vais dire ça,
00:35:46je vais faire ça,
00:35:47mais au contraire,
00:35:50simplement définir
00:35:51quelques règles
00:35:52génératives
00:35:53à partir
00:35:54de laquelle
00:35:55la littérature
00:35:56arrive.
00:35:57Il n'y a pas que,
00:35:58ou il n'y a pas que,
00:35:59il n'y a pas que,
00:36:02il n'y a pas que,
00:36:03il n'y a pas que,
00:36:04il n'y a pas que,
00:36:05même Jules Verne
00:36:06est comme ça aussi,
00:36:07il se donne des règles,
00:36:08il travaille sur des cartes,
00:36:10et puis de là,
00:36:11le récit,
00:36:12le récit advient
00:36:13sans se prendre la tête,
00:36:16sans chercher
00:36:17à créer
00:36:19des histoires.
00:36:21Et là,
00:36:21je vais parler
00:36:21de deux projets,
00:36:22donc le premier,
00:36:23c'est un projet
00:36:24pour Mélacénard,
00:36:26c'est vrai qu'il a senti,
00:36:27enfin,
00:36:27les deux sont anciens,
00:36:28ils datent de la même année,
00:36:29en 1988,
00:36:31le premier,
00:36:31c'est le projet
00:36:32pour le quartier central,
00:36:34enfin,
00:36:34le centre de Mélacénard,
00:36:36avec Douma,
00:36:37bon,
00:36:37ce n'est pas du tout
00:36:38le projet
00:36:38qu'il a gagné,
00:36:39de toute façon,
00:36:39les projets
00:36:40qui ont gagné,
00:36:40ils n'ont pas été construits,
00:36:42c'était un projet
00:36:43de CopyMail Blow,
00:36:46bon,
00:36:46un truc comme ça,
00:36:49intéressant,
00:36:50c'est vrai,
00:36:51mais très plastique,
00:36:52voilà,
00:36:53et l'autre,
00:36:54c'était un projet
00:36:55de Sarfati,
00:36:56je ne me rappelle pas trop,
00:36:57c'était encore très différent,
00:37:00mais là,
00:37:01le projet,
00:37:02pour le projet Mélacénard,
00:37:03justement,
00:37:06Mélacénard a bien regardé,
00:37:08vous voyez,
00:37:09le territoire,
00:37:10voilà,
00:37:11bon,
00:37:11bien sûr,
00:37:11les choses ont un tout petit peu
00:37:12changé maintenant,
00:37:13ça,
00:37:13c'est la photo aérienne
00:37:14d'aujourd'hui,
00:37:15et finalement,
00:37:16ce projet de centre,
00:37:17il a été construit,
00:37:18il n'a pas été construit
00:37:19par un architecte,
00:37:20il peut être un architecte,
00:37:21mais il a surtout été construit
00:37:22par Unibail,
00:37:23c'est le grand carré
00:37:25qu'on voit ici,
00:37:25vous voyez,
00:37:26voilà,
00:37:27c'est un grand centre commercial,
00:37:28et après,
00:37:29ils se sont greffés
00:37:29toutes sortes d'activités,
00:37:32alors que,
00:37:32justement,
00:37:32le projet de Mélacénard,
00:37:33il était très subtil,
00:37:35il a cherché,
00:37:36donc,
00:37:36à voir un peu
00:37:37les lignes de force du suite,
00:37:39donc,
00:37:39il y avait,
00:37:39là,
00:37:39c'était la,
00:37:40je crois que c'était
00:37:41la Nationale 7,
00:37:42et maintenant,
00:37:42c'est l'autoroute,
00:37:44je crois,
00:37:46après,
00:37:47oui,
00:37:48la Nationale,
00:37:49ça,
00:37:49peu importe,
00:37:50avant,
00:37:50c'est une Nationale,
00:37:51et maintenant,
00:37:51c'est une autoroute,
00:37:52là,
00:37:52c'était la,
00:37:53un peu,
00:37:55c'est devenu maintenant,
00:37:56c'est devenu maintenant
00:37:57la francilienne,
00:37:58mais à l'origine,
00:37:59c'était aussi encore une Nationale,
00:38:00donc,
00:38:00il y avait deux Nationales,
00:38:02là,
00:38:02qui se rencontrées,
00:38:04après,
00:38:04là,
00:38:04il y a une forêt,
00:38:06voilà,
00:38:06ici,
00:38:07il y a une autre forêt,
00:38:09voilà,
00:38:09après,
00:38:09il y a des,
00:38:10il y a la,
00:38:12je crois,
00:38:12ça s'appelle la Voie royale,
00:38:14je pense qu'elle est,
00:38:16elle doit être,
00:38:18je ne sais plus trop exactement,
00:38:19mais on la voit sur le plan tout à l'heure,
00:38:20enfin,
00:38:21il y a la Voie royale,
00:38:21c'est un axe qui reliait
00:38:22la forêt en haut,
00:38:25un pavillon de chasse,
00:38:28et puis ensuite,
00:38:29il y avait des,
00:38:29des,
00:38:31des lacs,
00:38:33et puis des haies,
00:38:34et donc,
00:38:35voilà,
00:38:35il a donné,
00:38:36il a donné simplement
00:38:37un système,
00:38:38un système de règles,
00:38:40et d'interdiction,
00:38:41il a travaillé,
00:38:43il a travaillé en fixant,
00:38:45non pas les,
00:38:46les pleins,
00:38:47mais les vides,
00:38:49et donc,
00:38:49il a,
00:38:50il a,
00:38:50par exemple,
00:38:54il a créé des bandes,
00:38:56des bandes inconstructibles,
00:38:58bon,
00:38:58bien sûr,
00:38:58il a créé des bandes
00:38:59autour des nationales,
00:39:00parce qu'en général,
00:39:01voilà,
00:39:01c'est autour des nationales
00:39:03que les constructions
00:39:04viennent habituellement
00:39:06se disposer,
00:39:07vous voyez,
00:39:07d'une manière naturelle,
00:39:09vous voyez,
00:39:09chercher comme ça,
00:39:10vous voyez,
00:39:11à contrôler,
00:39:12ce qui se fait,
00:39:13ce qui se fait naturellement,
00:39:15essayer de,
00:39:16de venir s'y interposer,
00:39:17donc,
00:39:18éviter de construire
00:39:19en vendure des routes,
00:39:21éviter de construire
00:39:23à l'orée des forêts,
00:39:24c'est là aussi
00:39:25où les gens
00:39:25aiment bien
00:39:26venir s'habiter,
00:39:28pour ne pas,
00:39:29pour ne pas
00:39:30miter le paysage,
00:39:32vous voyez,
00:39:32bien isoler,
00:39:33vous voyez,
00:39:34donc,
00:39:35les grandes bandes vertes,
00:39:37existantes,
00:39:38et refuser
00:39:39qu'on vienne
00:39:41y construire
00:39:41quoi que ce soit,
00:39:42et puis,
00:39:43ensuite,
00:39:44créer,
00:39:45créer,
00:39:46donc,
00:39:46une grande bande,
00:39:47c'est la bande transversale,
00:39:49la bande oblique,
00:39:50là,
00:39:50voilà,
00:39:51cette bande oblique,
00:39:53eh bien,
00:39:53c'est uniquement pour
00:39:54des équipements publics,
00:39:57du,
00:39:58du,
00:39:59du,
00:39:59ce futur,
00:40:01ce futur centre-ville
00:40:03de Monocénard,
00:40:04et puis,
00:40:05après,
00:40:06c'est ça que je trouve
00:40:07totalement génial,
00:40:08voilà,
00:40:08entre les bandes,
00:40:10putain,
00:40:10les gens,
00:40:10ils peuvent construire
00:40:11ce qu'ils veulent,
00:40:12quoi,
00:40:13il n'y a pratiquement
00:40:13aucune règle,
00:40:15vous voyez,
00:40:15donc,
00:40:16qu'on contraint
00:40:18à ne pas construire
00:40:20à certains endroits,
00:40:21mais après,
00:40:22il n'y a plus aucune contrainte,
00:40:25voilà,
00:40:25ça,
00:40:25c'est l'idée
00:40:28des bandes,
00:40:28vous voyez,
00:40:29donc,
00:40:30ici,
00:40:30c'est la bande
00:40:31d'équipement,
00:40:33là,
00:40:33c'est la bande
00:40:33de l'orée de la forêt,
00:40:35là,
00:40:35c'est la bande
00:40:36en bordure
00:40:37des nationales,
00:40:39et puis,
00:40:39ça,
00:40:39c'est la maquette,
00:40:40vous voyez,
00:40:41qui exprime parfaitement
00:40:42le projet,
00:40:43c'est-à-dire que,
00:40:44voilà,
00:40:46les vides,
00:40:47donc,
00:40:48il y a des vides
00:40:49autour des axes,
00:40:51il y a des,
00:40:53toutes les bandes,
00:40:55toutes les bandes végétales
00:40:57ne sont pas bâties,
00:41:01et par contre,
00:41:02dans les interbandes,
00:41:04c'est un total chaos,
00:41:07ça,
00:41:07c'est,
00:41:11bon,
00:41:12il n'y a pas,
00:41:12il n'y a pas,
00:41:13bon,
00:41:13il n'y a pas gagné,
00:41:15il y a la suite,
00:41:15mais enfin,
00:41:16voilà,
00:41:16il n'y a pas gagné,
00:41:17mais,
00:41:18ça,
00:41:18c'est un truc,
00:41:18je pense que,
00:41:20c'est vrai qu'il y a,
00:41:20je ne pense pas qu'il y ait
00:41:22encore des projets
00:41:22de ce type-là,
00:41:23mais c'est vrai que c'était
00:41:26vraiment assez étonnant.
00:41:27L'autre projet
00:41:28qui a été fait
00:41:29à la même époque,
00:41:30c'était la temple de Nantes,
00:41:32question de Ports-en-Pars,
00:41:33contre 28,
00:41:34et c'est vrai que,
00:41:35c'est pas tout à fait
00:41:36le même principe,
00:41:36mais,
00:41:37oui,
00:41:38c'est un peu le même principe,
00:41:39parce qu'il devait construire,
00:41:42enfin,
00:41:42à lui,
00:41:43par contre,
00:41:43il a gagné,
00:41:44mais,
00:41:46ça n'a jamais,
00:41:47ça n'a pas marché,
00:41:48bon,
00:41:48je vais expliquer pourquoi.
00:41:50En fait,
00:41:51c'était donc à Nantes,
00:41:54là,
00:41:54on voit,
00:41:54c'est la vallée de l'Erdre,
00:41:55bon,
00:41:56la vallée de l'Erdre,
00:41:57c'est là où il y a
00:41:57toutes les maisons
00:41:58des grands propriétaires terriens,
00:42:01des grands armateurs
00:42:02de la ville,
00:42:03et c'est aussi,
00:42:04c'est très complexe
00:42:05parce que,
00:42:06c'est aussi,
00:42:07il y a encore des champs,
00:42:08enfin,
00:42:08il y a encore des champs,
00:42:09oui,
00:42:09je crois qu'il y a toujours
00:42:09des champs,
00:42:10puis c'est aussi,
00:42:11il y a aussi
00:42:12une erde très populaire
00:42:14avec des petits,
00:42:16enfin,
00:42:17des cabanons,
00:42:17enfin,
00:42:18des trucs comme ça,
00:42:18des petits cabanons
00:42:19au bord de l'erde
00:42:19où les gens viennent
00:42:22le dimanche,
00:42:23et donc,
00:42:24ce qu'il avait cherché à faire,
00:42:25c'est de dire que,
00:42:26voilà,
00:42:26ce qu'il fallait surtout éviter
00:42:28dans cette vallée,
00:42:30c'était de miter le paysage,
00:42:32exactement comme Colas,
00:42:34voilà.
00:42:35La réponse,
00:42:35elle n'est pas tout à fait identique,
00:42:37mais si,
00:42:38je trouve qu'elles ont
00:42:39beaucoup de similitudes.
00:42:40Bon,
00:42:40d'abord,
00:42:41il a créé aussi,
00:42:42voilà,
00:42:42un grand vide,
00:42:43voilà,
00:42:43c'était le grand axe central,
00:42:46comme ça,
00:42:47où j'étais un vide
00:42:48qui était découpé,
00:42:49enfin,
00:42:50c'était un vide sur du vide,
00:42:51parce que là,
00:42:51il y a une dépression,
00:42:53et d'ailleurs,
00:42:54ça rappelle,
00:42:54voilà,
00:42:54ça rappelle,
00:42:55ça rappelait beaucoup
00:42:56double négatif de Michael Hedzer,
00:43:00dans Nevada,
00:43:01vous voyez,
00:43:03cette œuvre de Landart,
00:43:04qui est un vide,
00:43:06qui vient s'inscrire dans le vide,
00:43:08et là,
00:43:09donc,
00:43:09il avait décidé de créer
00:43:12un grand vide central,
00:43:14sans,
00:43:15enfin,
00:43:15il n'y avait pas vraiment
00:43:16des circulations,
00:43:17mais c'est des circulations
00:43:18très ponctuelles,
00:43:20ce n'était pas un grand boulevard,
00:43:21c'est surtout un grand vide,
00:43:23et ce grand vide,
00:43:24il était orienté
00:43:25vers la tour Bretagne,
00:43:26qui domine,
00:43:27donc,
00:43:28à Nantes,
00:43:29tout le paysage,
00:43:30je crois,
00:43:30qu'on voit de partout,
00:43:31ce qui permettait,
00:43:32donc,
00:43:32un raccordement symbolique
00:43:34à la ville,
00:43:35et puis après,
00:43:36voilà,
00:43:36ce qui était fou,
00:43:37donc,
00:43:37il avait créé cet axe-là,
00:43:39ensuite,
00:43:39il avait créé,
00:43:40c'est un peu comme une sorte
00:43:41de carte de géographie,
00:43:42c'est un peu comme une projection
00:43:44de Mercator,
00:43:45c'est-à-dire qu'il y a,
00:43:47disons,
00:43:47l'Équateur,
00:43:48comme ça,
00:43:49et puis après,
00:43:50il devait dessiner
00:43:50des méridiens,
00:43:52donc,
00:43:53des axes
00:43:53qui descendaient
00:43:54jusqu'à l'Erdre,
00:43:56bon,
00:43:57en bordure de l'Erdre,
00:43:57c'était de simples chantiers,
00:43:59des simples marquages au sol,
00:44:00et puis après,
00:44:01donc,
00:44:02ça devenait
00:44:03parfois des rues,
00:44:05et surtout,
00:44:06il avait fixé
00:44:07à la ville
00:44:08des limites précises,
00:44:09voilà,
00:44:10qu'elle ne pouvait pas,
00:44:11qu'elle ne pouvait pas dépasser,
00:44:13et il avait,
00:44:14c'était très compliqué,
00:44:15c'est pour ça,
00:44:15d'ailleurs,
00:44:15je pense que ça ne s'est
00:44:16surtout pas lâché,
00:44:17mais c'est à peu près
00:44:19le même principe
00:44:21que Colas,
00:44:22dans le sens où,
00:44:23voilà,
00:44:23c'était que des règles,
00:44:26et puis imaginez,
00:44:27effectivement,
00:44:28qu'à partir de ces règles,
00:44:30le quartier,
00:44:31donc,
00:44:31il puisse se faire
00:44:33lui-même,
00:44:34voilà,
00:44:35sans déborder,
00:44:36donc,
00:44:37sans venir
00:44:39souiller la nature,
00:44:40puisque finalement,
00:44:41ce qui fait l'intérêt
00:44:41de ce site,
00:44:42c'est qu'il est encore
00:44:43naturel,
00:44:44il y a encore des chambres,
00:44:45il y a encore des bosquets,
00:44:47et puis,
00:44:48bien sûr,
00:44:48il y a la vallée de l'Inde,
00:44:49et si on le construit
00:44:50de partout,
00:44:51il n'a plus aucun intérêt,
00:44:52et donc l'idée,
00:44:52c'était vraiment
00:44:53essayer de,
00:44:54à la fois,
00:44:56d'avoir des lignes
00:44:59de partage
00:45:00très,
00:45:00très nettes
00:45:02entre le construit
00:45:03et puis la nature,
00:45:05et puis,
00:45:05en même temps,
00:45:06ne pas pouvoir,
00:45:07ne pas avoir de,
00:45:08que le construit
00:45:10ne vienne pas,
00:45:11ne vienne pas pour lui-même,
00:45:12visuellement,
00:45:13la nature,
00:45:13parce que c'était
00:45:13que des murs
00:45:14qui étaient destinés
00:45:16à se recouvrir
00:45:17de végétation,
00:45:19vous voyez les murs,
00:45:19les murs limites,
00:45:20c'était que des murs
00:45:21qui étaient destinés
00:45:21à se recouvrir de végétation,
00:45:23et qui étaient percés
00:45:24que par des petites ouvertures,
00:45:25comme des jours de souffrance,
00:45:26ou alors,
00:45:28percés de cours,
00:45:30et dans lesquels
00:45:31on pouvait avoir
00:45:31des immeubles,
00:45:33des immeubles
00:45:34où il pouvait y avoir
00:45:34des secondes jours,
00:45:35vous voyez.
00:45:37Voilà,
00:45:38là,
00:45:38c'est cette carte
00:45:39de géographie,
00:45:40ce plan des Mercator,
00:45:43et là,
00:45:44vous voyez,
00:45:44c'est le principe,
00:45:45donc,
00:45:46des îlots,
00:45:47là,
00:45:47qui sont totalement fermés,
00:45:49tous les,
00:45:49tous les,
00:45:50tous les,
00:45:51les îlots,
00:45:52tous les,
00:45:53les continents,
00:45:54pardon,
00:45:55tous ces continents,
00:45:56donc,
00:45:56ils reposent,
00:45:57ils devaient reposer
00:45:58sur un parking,
00:45:59et ensuite,
00:46:00ils étaient donc posés
00:46:02sur ce parking
00:46:03avec des cours surélevés
00:46:05qui pouvaient donner
00:46:06sur l'extérieur,
00:46:08et donc,
00:46:09et donc,
00:46:10les façades,
00:46:11en second jour,
00:46:11vous voyez,
00:46:12pouvaient quand même
00:46:12avoir des vues
00:46:14sur la nature,
00:46:15et par contre,
00:46:15les façades,
00:46:16limite,
00:46:18elles n'avaient pas de vues
00:46:19ou alors des très petits
00:46:20jours de souffrance.
00:46:22Voilà,
00:46:23c'est tout son principe.
00:46:25Voilà,
00:46:25puis ça,
00:46:26c'est le plan,
00:46:27c'est le plan qu'il a,
00:46:28c'est là où il a commencé
00:46:30à réfléchir,
00:46:31à penser,
00:46:31sur les îlots ouverts,
00:46:33donc,
00:46:34avec des bâtiments,
00:46:37des îlots qui ne soient pas,
00:46:40dont le périmètre ne soit pas
00:46:41construit à 100%,
00:46:43mais à 60% ou à 40%,
00:46:45je ne m'en rappelle pas,
00:46:46de manière,
00:46:47donc,
00:46:47de toujours avoir
00:46:48des parosités.
00:46:52Et maintenant,
00:46:54pour terminer,
00:46:54on va voir,
00:46:55on a pris la...
00:46:57Comment,
00:46:58comment aujourd'hui...
00:46:59C'est vrai qu'aujourd'hui,
00:47:00il n'y a pas...
00:47:01Il y a assez peu de projets.
00:47:02Et c'est vrai,
00:47:03de toute façon,
00:47:03il y a une masse construite
00:47:04qui est énorme.
00:47:05D'abord,
00:47:06il y a beaucoup d'architectes
00:47:07maintenant qui sont arrivés
00:47:08pour ne plus construire,
00:47:10pour se préoccuper
00:47:12de ce qui a été...
00:47:13de ce qui a été construit,
00:47:14de ce qui est déjà construit,
00:47:16qu'il ne faut pas détruire,
00:47:18comme justement
00:47:19les barres de la cité
00:47:24des 4000.
00:47:25Et donc,
00:47:26c'est vrai qu'il y a
00:47:27une tendance très forte
00:47:28où l'arrivée
00:47:30à réparer,
00:47:31à réménager
00:47:33et à réhabiliter.
00:47:35Et c'est vrai que
00:47:36les grands maîtres,
00:47:38voilà,
00:47:38de cette réparation,
00:47:43c'est l'hacaton-vasaïa.
00:47:46Ça, c'est un de leurs projets forts,
00:47:48c'est la réhabilitation
00:47:49du quartier du Grand Parc
00:47:52à Bordeaux.
00:47:53Et c'est vrai que
00:47:55ce qui est fascinant chez eux,
00:47:56c'est qu'ils ont mis en place
00:47:59un protocole,
00:48:00pratiquement,
00:48:01pour intervenir
00:48:03sur le bâti moderne,
00:48:05sur les quartiers modernes.
00:48:07Ils avaient déjà fait,
00:48:08à cette époque,
00:48:09la tour Boileprête,
00:48:10vous voyez,
00:48:10où ils avaient gardé
00:48:12le moyaume de la tour.
00:48:13Ils avaient enlevé
00:48:14toutes les façades
00:48:16et puis
00:48:16tout le sarcophage
00:48:20thermique
00:48:21qui avait été
00:48:25posé
00:48:25dans les années 80,
00:48:28pour, au contraire,
00:48:30créer des espaces,
00:48:31des grands espaces,
00:48:33des grands espaces tampons,
00:48:34vous voyez,
00:48:35pour faire des logements
00:48:36plus grands
00:48:36et puis avoir
00:48:37plus d'inertie
00:48:39dans le bâtiment
00:48:42pour faire en sorte
00:48:45que le bâtiment
00:48:46soit moins tributaire
00:48:48des changements climatiques.
00:48:51Voilà.
00:48:53Avant, après,
00:48:54vous voyez,
00:48:55d'un côté,
00:48:56les immeubles
00:48:57du Grand Parc
00:48:58ont été construits
00:48:58dans les années 50-60
00:49:00à Bordeaux
00:49:01et qui ont été
00:49:02effectivement, vous voyez,
00:49:03entourés
00:49:04par une gang
00:49:08d'isolation.
00:49:09C'est un truc
00:49:10terrible.
00:49:11Quand on pense
00:49:12que les gens
00:49:12pouvaient habiter là,
00:49:13c'est vrai,
00:49:13c'est un peu terrible.
00:49:14Et eux,
00:49:15ce qu'ils ont fait,
00:49:15c'est qu'ils ont enlevé
00:49:16complètement
00:49:17cette gang isolante
00:49:18et ils ont agrandi
00:49:20les logements
00:49:20et créé
00:49:24des vérandas
00:49:25vitrées
00:49:26pour pouvoir
00:49:28avoir des appartements
00:49:29plus grands
00:49:29et surtout
00:49:32arriver
00:49:33à trouver
00:49:38des espaces
00:49:38tampons
00:49:39qui permettent
00:49:40de réguler
00:49:41la température
00:49:42dans les logements.
00:49:44Soit
00:49:44on est rafraîchissant
00:49:45l'été,
00:49:46soit
00:49:46on les ferme
00:49:47complètement
00:49:48avec des rideaux
00:49:50thermiques
00:49:50et en se protégeant
00:49:52du froid d'hiver.
00:49:54Voilà.
00:49:54Donc en haut,
00:49:55c'est l'existant.
00:49:55C'était juste
00:49:56un tout petit balcon,
00:49:57un séjour
00:49:58et une chambre
00:49:59et donc
00:50:00sur la partie
00:50:02sud,
00:50:03ils ont
00:50:04mis
00:50:05des grandes,
00:50:06ils ont
00:50:07construit
00:50:08devant
00:50:09pour avoir
00:50:11plus de
00:50:12surface
00:50:13et surtout
00:50:13pour avoir
00:50:14ces sasses
00:50:15thermiques
00:50:16qui protègent
00:50:18du froid
00:50:18l'été
00:50:19et qui peuvent
00:50:22générer
00:50:23une certaine
00:50:24inertie
00:50:25qui protègent
00:50:26du froid
00:50:26l'hiver
00:50:27et qui permettent
00:50:28de générer
00:50:29une certaine
00:50:29inertie
00:50:30l'été
00:50:30et qui permettent
00:50:32de créer
00:50:32des courants
00:50:35d'air
00:50:35et de rafraîchir
00:50:36les appartements.
00:50:40Voilà l'idée
00:50:41de cette
00:50:41double
00:50:42peau
00:50:43et là,
00:50:45vous voyez
00:50:45la double peau
00:50:47avec
00:50:47les rideaux
00:50:49thermiques.
00:50:51Ce qui est fascinant
00:50:52surtout chez eux,
00:50:53c'est ça.
00:50:53on a vu
00:50:55la photo
00:50:57de la famille
00:50:58dans la cité
00:51:00des 4000
00:51:01qui était
00:51:02confrontée
00:51:03sans aucun
00:51:05filtre,
00:51:06sans aucune
00:51:07sans
00:51:10dont l'intimité
00:51:12était confrontée
00:51:13immédiatement
00:51:15avec
00:51:15une ville
00:51:17totalement
00:51:17abstraite.
00:51:19Et là,
00:51:19l'idée
00:51:20de l'économie
00:51:21qu'on va faire
00:51:21quelque part,
00:51:22c'est de mettre
00:51:25toutes ces caractéristiques
00:51:27de ramener
00:51:30un espace
00:51:31intermédiaire
00:51:32de la rue,
00:51:34l'espace
00:51:34des relations
00:51:35à l'intérieur
00:51:36même
00:51:37du logement
00:51:38en créant
00:51:39ces gigantesques
00:51:41espaces
00:51:42supplémentaires
00:51:43dans les séjours
00:51:46immenses
00:51:47qui sont aussi
00:51:49des saces thermiques
00:51:50et qui permettent
00:51:51effectivement
00:51:51d'avoir
00:51:52toute une activité sociale
00:51:54à l'intérieur
00:51:54de son appartement
00:51:55mais aussi
00:51:56que cette activité sociale
00:51:59transparaissent
00:52:00à l'extérieur
00:52:01et puis donc
00:52:02elles viennent
00:52:04quelque part
00:52:05modifier
00:52:05l'environnement
00:52:07extérieur.
00:52:09Toutes les photos
00:52:10de Philippe Rueau
00:52:11et tout ce qu'on peut
00:52:12imaginer
00:52:14à l'intérieur
00:52:15de ces logements.
00:52:20voilà
00:52:21moi je vais terminer
00:52:22en évoquant
00:52:23la consultation
00:52:27au quartier
00:52:28de demain
00:52:29qui a eu lieu
00:52:30l'année dernière
00:52:31en 2025
00:52:33et qui a fait l'objet
00:52:36d'une exposition
00:52:38très intéressante
00:52:39j'ai trouvée
00:52:40donc à la cité
00:52:41de l'architecture
00:52:41et de toute façon
00:52:43bien sûr
00:52:43je sais bien
00:52:44que la profession
00:52:45générale critique
00:52:45donc beaucoup
00:52:47tous ces grands projets
00:52:51mon quartier de demain
00:52:52c'est vrai que ça
00:52:53il y a des problèmes
00:52:54c'est sûr
00:52:54ça n'aboutira peut-être pas
00:52:55mais en même temps
00:52:56c'est vrai que
00:52:58ça pose peut-être
00:53:00des bonnes questions
00:53:01comme par exemple
00:53:02le Grand Paris
00:53:03à un moment donné
00:53:03c'est vrai que
00:53:04ça n'a pas du tout abouti
00:53:06mais ça a posé
00:53:07des questions
00:53:08je me rappelle
00:53:09à l'époque
00:53:10j'étais parti en Iran
00:53:12parce que j'avais
00:53:13un contact là-bas
00:53:14et puis on m'a demandé
00:53:15au ministère de l'équipement
00:53:16de faire une conférence
00:53:18sur le Grand Paris
00:53:20ça les intéressait
00:53:20enfin ça a intéressé
00:53:22il y a eu le Grand Moscou
00:53:24ça a intéressé
00:53:24tout le monde
00:53:25après il y a eu
00:53:27le truc de la ville de Paris
00:53:29je ne savais pas
00:53:30comment ça s'appelle
00:53:31comment ?
00:53:33il y avait inventé Paris
00:53:33on a beaucoup critiqué
00:53:34mais en même temps
00:53:37il y a des choses
00:53:38il y a des solutions
00:53:39qui ont immergé
00:53:40qui n'étaient pas
00:53:41possibles
00:53:42dans les autres
00:53:44concours
00:53:44et là
00:53:45c'est vrai que
00:53:46je vois ça
00:53:48ce qui m'a assez fasciné
00:53:50c'est le fait que
00:53:50on demande
00:53:51à des agences
00:53:53un peu internationales
00:53:55de réfléchir
00:53:56à des problèmes
00:53:56qui pour la plupart
00:53:57des municipalités
00:53:59ne sont pas des problèmes
00:54:00par exemple
00:54:00quand on voit
00:54:02un immeuble
00:54:02qui a des problèmes
00:54:03d'isolation thermique
00:54:06on dit
00:54:06c'est une passoire thermique
00:54:07ce qui ne veut absolument
00:54:08rien dire
00:54:08et
00:54:11on appelle une entreprise
00:54:13ou un architecte
00:54:14mais qui est juste là
00:54:15pour encaisser l'échec
00:54:16et puis
00:54:17on colle
00:54:18sur le bâtiment
00:54:20un des
00:54:2330 centimètres
00:54:25d'isolation
00:54:25et là
00:54:26je trouvais que c'était
00:54:27vraiment intéressant
00:54:28de demander
00:54:28à des gens
00:54:29comme Pierrot
00:54:31comme
00:54:33Ellen Hart
00:54:34et Bertolo
00:54:35de réfléchir
00:54:37à ces questions-là
00:54:40bon
00:54:41j'ai choisi
00:54:41quelques projets
00:54:42qui ne sont pas
00:54:43louréens
00:54:44je trouve que
00:54:46ce qui est très bien
00:54:47d'ailleurs
00:54:47dans cette exposition
00:54:48c'est que
00:54:48tous les projets
00:54:51présentés
00:54:52étaient à la même enseigne
00:54:53tous étaient
00:54:54prêts
00:54:54qu'ils soient
00:54:55louréens ou non
00:54:55et c'est vrai que
00:54:57les louréens
00:54:57ce n'est pas du tout
00:55:00une critique
00:55:00mais
00:55:01ce n'étaient pas
00:55:02forcément
00:55:03les meilleurs projets
00:55:04bien sûr
00:55:04il y a des questions
00:55:05d'ordre économique
00:55:07que moi je ne tiens
00:55:08absolument pas compte
00:55:09pour commencer
00:55:10je vais parler
00:55:10d'un projet
00:55:12à Colmar
00:55:13c'est l'aménagement
00:55:14de la Pleine Pasteur
00:55:16donc
00:55:16la Pleine Pasteur
00:55:18c'est ce grand vide
00:55:18là qu'on voit ici
00:55:19au centre
00:55:20à côté
00:55:21il y a l'hôpital Pasteur
00:55:22qui a été fait
00:55:23par un élève de Perret
00:55:24qui est assez magnifique
00:55:25donc la ville de Colmar
00:55:27elle est à droite
00:55:28et puis à gauche
00:55:29il y a les contreforts
00:55:31des Vosges
00:55:34et donc son projet
00:55:36je trouvais
00:55:37ce que je trouvais
00:55:39assez fascinant
00:55:40dans son projet
00:55:40c'est que
00:55:41les autres équipes
00:55:42c'est vrai qu'elles avaient
00:55:44quelque part
00:55:45elles étaient parties
00:55:46du programme
00:55:46parce que c'était un projet
00:55:47une consultation
00:55:48avec les habitants
00:55:49donc
00:55:49ils nous avaient demandé
00:55:50moi je veux
00:55:51je ne sais pas quoi
00:55:52un endroit pour lire
00:55:54ou un bonjour au foot
00:55:56et donc
00:55:57enfin c'est peut-être
00:55:58un peu méchant de dire ça
00:55:59mais c'est vrai que
00:55:59les autres équipes
00:56:00c'était plutôt
00:56:00des illustrations
00:56:01du programme
00:56:02donc il y avait un endroit
00:56:03pour lire
00:56:03un endroit pour s'embrasser
00:56:05un endroit pour je ne sais pas quoi
00:56:06enfin peu importe
00:56:07tandis qu'elle
00:56:08elle n'est pas
00:56:09elle n'est pas
00:56:09qu'elle fait ça
00:56:09elle a fait
00:56:11un grand espace
00:56:12ovale
00:56:12voilà
00:56:13donc dessiné
00:56:15et ce grand espace
00:56:15ovale
00:56:16finalement
00:56:17il marque un lieu
00:56:18il marque
00:56:22un ici
00:56:23on est ici
00:56:24on n'est pas
00:56:25on n'est pas
00:56:26dans des activités
00:56:27non
00:56:27on est dans ce gigantesque
00:56:30espace ovale
00:56:30qui met en relation
00:56:31vous voyez
00:56:32donc à la fois
00:56:33tous les tissus
00:56:35très différents
00:56:36les grands ensembles
00:56:36l'hôpital
00:56:37le pavillonnaire
00:56:38les cités jardins
00:56:39et puis aux lois
00:56:41vous voyez
00:56:41le contrefort
00:56:42le contrefort
00:56:43des roches
00:56:44qui permet
00:56:45de rassembler
00:56:46les choses
00:56:46vous voyez
00:56:47et véritablement
00:56:49de faire
00:56:50une articulation
00:56:51entre
00:56:52cet endroit là
00:56:54cette zone
00:56:56qui s'est construite
00:56:57très rapidement
00:56:59autour de l'hôpital
00:57:00dans les années 50-60
00:57:01et qui permet
00:57:02de lui donner
00:57:03de lui conférer
00:57:03quelque chose
00:57:04qui est de l'ordre
00:57:05de l'identité
00:57:06d'être ici
00:57:09et pas
00:57:09nulle part
00:57:10et pas
00:57:11et pas ailleurs
00:57:12et après c'est vrai
00:57:13que
00:57:14bon voilà
00:57:15on donne ça
00:57:15on donne une grande prairie
00:57:17et puis après
00:57:18bon il y a des activités
00:57:19qui peuvent se faire
00:57:20ou ne pas se faire
00:57:21et là c'est vrai
00:57:22que
00:57:24cette grande prairie
00:57:26donc elle a été
00:57:26entourée
00:57:27par des bosquets
00:57:28et puis donc
00:57:30dans les bosquets
00:57:32et bien
00:57:33il y avait
00:57:33des
00:57:35des activités
00:57:37pour
00:57:39pour
00:57:40pardon
00:57:40il y avait
00:57:40des
00:57:41des éléments
00:57:42logistiques
00:57:43qui permettaient
00:57:44donc d'avoir
00:57:44des activités
00:57:46sur le grand
00:57:47espace
00:57:47central
00:57:48voilà
00:57:49c'est la
00:57:50halle très simple
00:57:51mais
00:57:51très pertinente
00:57:53de
00:57:54Inessa Hanche
00:57:56autre exemple
00:57:57autre cas
00:57:59c'est pareil
00:58:00j'ai choisi
00:58:00un tout petit peu
00:58:01les projets
00:58:01qui se sont
00:58:02une culture
00:58:03qui se sont posé
00:58:06la question
00:58:07voilà
00:58:08pas seulement
00:58:09de répondre
00:58:10aux programmes
00:58:11de répondre
00:58:12avant des espaces
00:58:13confortables
00:58:14de se plier
00:58:16comme ça
00:58:17donc au désir
00:58:18des gens
00:58:18mais qui ont cherché
00:58:19donc
00:58:19à rassembler
00:58:21à rassembler
00:58:22et surtout
00:58:26à faire en sorte
00:58:28que
00:58:29ces lieux
00:58:30soient
00:58:30attirants
00:58:31et ces lieux
00:58:32existent
00:58:32l'autre projet
00:58:33que j'ai trouvé
00:58:34vraiment intéressant
00:58:35c'est pour
00:58:36c'est plus
00:58:37à Colmar
00:58:37maintenant
00:58:38c'est à
00:58:39Sedan
00:58:39c'est
00:58:40la résidence
00:58:42Ardenne
00:58:42on voit
00:58:43donc
00:58:44à droite
00:58:45c'est la citadelle
00:58:47de Sedan
00:58:47et puis après
00:58:48donc
00:58:48il y a des
00:58:49constructions aussi
00:58:50qui ont été faites
00:58:52par des ingénieurs
00:58:52militaires
00:58:53du 17ème siècle
00:58:54pour protéger
00:58:55la ville
00:58:56contre les invasions
00:58:57du nord
00:58:58mais qui domine
00:58:58aussi
00:58:59donc
00:58:59complètement
00:59:00la ville
00:59:00et donc
00:59:01on voit
00:59:02à droite
00:59:03donc
00:59:03sur
00:59:03cette gigantesque
00:59:05place forte
00:59:07oui
00:59:07place forte
00:59:08et bien
00:59:09il y a des
00:59:10tours
00:59:11qui ont été
00:59:12construites
00:59:13et ces tours
00:59:14c'est vrai que
00:59:14putain
00:59:15on les voit
00:59:16de partout
00:59:16dans la ville
00:59:17et franchement
00:59:19le gros problème
00:59:20c'est que
00:59:21bon peut-être
00:59:22on était bien
00:59:23quand on habitait
00:59:23à l'intérieur
00:59:24mais en même temps
00:59:24je ne suis même pas sûr
00:59:26parce qu'elles n'étaient pas
00:59:26très ouvertes
00:59:27sur l'extérieur
00:59:28mais surtout
00:59:29elles avaient
00:59:30elles n'étaient pas
00:59:31elles avaient un côté
00:59:32un peu presque
00:59:35presque
00:59:36tancéral
00:59:37voilà
00:59:37même si la façade
00:59:38elle est très belle
00:59:40parce qu'elle est très
00:59:41avec ces balcons
00:59:42comme ça
00:59:43qui venaient
00:59:43à 45 degrés
00:59:44mais les balcons
00:59:45à 45 degrés
00:59:46ça va quand on est
00:59:47dans un vis-à-vis
00:59:47mais quand on a
00:59:48une gigantesque
00:59:50ouverture d'espace
00:59:51de partout
00:59:52c'est pas du tout
00:59:53adapté
00:59:53et surtout
00:59:54voilà
00:59:55ça faisait en sorte
00:59:57que ces tours
00:59:58elles n'étaient pas
00:59:58à l'échelle
00:59:59du paysage
01:00:01et ce que je trouvais
01:00:03très très fort
01:00:03dans la proposition
01:00:04de Xavier de Gatteur
01:00:06c'est que justement
01:00:07il s'est surtout
01:00:08préoccupé de ça
01:00:09c'est comment
01:00:11ils se sont bien sûr
01:00:13préoccupés
01:00:14de l'occupation
01:00:15des tours
01:00:18bien sûr
01:00:18on va le voir tout à l'heure
01:00:19mais surtout
01:00:20ils se sont préoccupés
01:00:21d'arriver
01:00:22donc à mettre
01:00:23en relation
01:00:23l'échelle du grand paysage
01:00:25et puis l'échelle
01:00:27de ce quartier
01:00:28l'échelle de la ville
01:00:29et de l'échelle
01:00:29de ce quartier
01:00:31voilà
01:00:32ça c'est le travail
01:00:33ils ont donc
01:00:34créé
01:00:35eux aussi
01:00:36ils ont créé
01:00:36un cercle
01:00:37pour encore plus
01:00:39renforcer
01:00:39la solidarité
01:00:41entre
01:00:41les tours existantes
01:00:44et puis ensuite
01:00:46donc ils ont
01:00:46co-dessiné
01:00:47complètement
01:00:48les façades
01:00:49en évidant
01:00:50les angles
01:00:51pour créer
01:00:52des loggias
01:00:52et puis faire
01:00:53des grands appartements
01:00:55avec des séjours
01:00:56donnant sur ces loggias
01:00:57aux angles
01:00:57et surtout
01:00:58vous voyez
01:00:58donc mettre
01:00:59ces tours
01:01:00à l'échelle
01:01:01du paysage
01:01:02des grandes fenêtres
01:01:04des grandes loggias
01:01:06vous voyez
01:01:06voilà
01:01:09et pour terminer
01:01:10donc je pense
01:01:11c'est un des projets
01:01:12qui n'est pas non plus gagné
01:01:13mais qui est fait
01:01:14parmi
01:01:15l'unanimité
01:01:16parmi les gens
01:01:16avec qui j'ai parlé
01:01:17c'est le raménagement
01:01:19de
01:01:20enfin c'est pas
01:01:21c'est le quartier
01:01:21des Templiers
01:01:22à Coulombier
01:01:24donc
01:01:24on le voit
01:01:26je sais pas ce qu'on voit ici
01:01:27d'ailleurs
01:01:27on voit
01:01:29oui là
01:01:30c'est pas génial
01:01:31oui je pense pas
01:01:32le quartier des Templiers
01:01:33à Coulombier
01:01:35et donc
01:01:35c'était
01:01:36là c'est la
01:01:37l'ancienne commanderie
01:01:38des Templiers
01:01:39mais elle est pas du tout
01:01:40on le voit pas
01:01:41si vous voulez
01:01:42le truc
01:01:42le véritable
01:01:43le véritable monument
01:01:45du site
01:01:46c'est le château d'eau
01:01:47qui se trouve ici
01:01:48voyez
01:01:48voilà
01:01:49et dans ce site
01:01:51donc il y avait
01:01:51deux écoles
01:01:52donc une école alimentaire
01:01:54et puis une école maternelle
01:01:55voilà
01:01:56et en fait
01:01:58tout a poussé
01:02:00les équipes
01:02:02en compétition
01:02:03à faire
01:02:04un grand pôle
01:02:05éducatif
01:02:06rassemblant
01:02:07les deux écoles
01:02:08parce que cette partie
01:02:10du quartier
01:02:10était promise
01:02:12la partie à droite
01:02:13était promise
01:02:14à la destruction
01:02:16voilà
01:02:16et ce qui est
01:02:18très très intéressant
01:02:19c'est que
01:02:19l'équipe
01:02:20ça c'est le
01:02:21voilà
01:02:21c'est une
01:02:22c'est l'école
01:02:23école de Jean-Debris
01:02:24d'Emile Ayot
01:02:25donc voilà
01:02:26un architecte
01:02:27quand même
01:02:29très pertinent
01:02:30des années 60
01:02:31elle était promise
01:02:32à la destruction
01:02:34alors qu'il y a
01:02:34tout un jeu
01:02:35si vous voulez
01:02:35on le voit
01:02:35avec ces petites fenêtres
01:02:38qui s'adaptaient
01:02:39parfaitement
01:02:40vous voyez
01:02:40à la fois au corps
01:02:41des enfants
01:02:41et au corps
01:02:42des adultes
01:02:43c'est un bâtiment
01:02:45qui pouvait
01:02:45tout à fait
01:02:46être y habité
01:02:47et donc
01:02:49les équipes
01:02:50avaient été
01:02:51plutôt aiguillées
01:02:52vers la destruction
01:02:53de ce bâtiment
01:02:55et puis de créer
01:02:56donc
01:02:56une grande
01:02:58école
01:02:58je ne sais pas
01:02:59combien de classes
01:03:00de 70 classes
01:03:02je ne sais pas quoi
01:03:03avec la crèche
01:03:04la maternelle
01:03:04l'école primaire
01:03:05un grand centre
01:03:06bon
01:03:06un grand pôle
01:03:07bon
01:03:07c'est vrai que le grand pôle
01:03:08pour la mairie
01:03:09c'était intéressant
01:03:10parce que ça permettait
01:03:11de mutualiser
01:03:12vous voyez
01:03:12tous les services
01:03:13mais
01:03:14justement
01:03:15l'équipe
01:03:16donc
01:03:17de Vurpasse
01:03:18ils ont pensé
01:03:19tout à fait le contraire
01:03:20ils ont pensé
01:03:21qu'il fallait absolument
01:03:22vous voyez
01:03:23donc au contraire
01:03:24disperser
01:03:25vous voyez
01:03:25tous les équipements
01:03:27scolaires
01:03:27dans la
01:03:29dans la cité
01:03:30vous voyez
01:03:30voilà
01:03:31voilà
01:03:32on a essayé
01:03:32de tout
01:03:34disperser les choses
01:03:35donc bien sûr
01:03:35réhabiliter
01:03:36l'école
01:03:37de
01:03:37des Milaïaux
01:03:38voilà
01:03:38donc
01:03:39rassembler
01:03:40parce qu'il y avait
01:03:40deux
01:03:40il y avait deux
01:03:42deux parties
01:03:43une pour les garçons
01:03:44une pour les filles
01:03:45donc les rassembler
01:03:46en créant
01:03:47un couloir
01:03:49en bois
01:03:50qui permet
01:03:50l'accès aux classes
01:03:51et la réunification
01:03:52des deux bars
01:03:54voilà
01:03:55on le voit ici
01:03:57réhabiliter
01:03:57bien sûr
01:03:58les bâtiments
01:03:58autour
01:03:59et puis
01:04:00voilà
01:04:00créer
01:04:00un gigantesque
01:04:02parc
01:04:03et considérer
01:04:04ce parc
01:04:05comme le parvis
01:04:06des écoles
01:04:07vous voyez
01:04:07laisser
01:04:08réhabiliter
01:04:09à la fois
01:04:09l'école
01:04:10des Milaïaux
01:04:11des années 60
01:04:12et puis
01:04:13réhabiliter
01:04:14aussi
01:04:14l'autre école
01:04:15c'est l'école maternelle
01:04:17des années 60
01:04:1870
01:04:18de style
01:04:20radicalement différent
01:04:21mais tout réhabiliter
01:04:22pour créer
01:04:23un gigantesque
01:04:24parvis
01:04:25un gigantesque
01:04:26parc
01:04:26pour les enfants
01:04:27et puis bien sûr
01:04:28faire en sorte
01:04:29que
01:04:29les écoles
01:04:31elles restent
01:04:32vous voyez
01:04:33donc
01:04:33à l'échelle
01:04:34des enfants
01:04:35puisque
01:04:35il y a l'un d'autre
01:04:36et surtout
01:04:37le truc
01:04:38qui se trouve
01:04:38le plus
01:04:38le plus sidérant
01:04:40je trouve
01:04:41c'est que
01:04:41c'était de dire
01:04:42que
01:04:43voilà
01:04:44dans ces quartiers
01:04:45les gens
01:04:47ils viennent
01:04:48ils rentrent chez eux
01:04:49ils s'enferment
01:04:50ils ferment les fenêtres
01:04:51ils ferment les rideaux
01:04:52ils ferment les stores
01:04:53ils ferment les volets
01:04:54et donc
01:04:55entre les bâtiments
01:04:57il se passe
01:04:58absolument rien
01:04:59et finalement
01:05:01de considérer
01:05:02peut-être
01:05:02d'exploiter
01:05:03vous voyez
01:05:04le corps
01:05:05le corps
01:05:06des enfants
01:05:06le corps des enfants
01:05:07qui jouent
01:05:08justement pour
01:05:09pour réactiver
01:05:11pour réanimer
01:05:12l'ensemble
01:05:14du quartier
01:05:16comme on le voit
01:05:17sur la photo
01:05:18et donc
01:05:19quelque part
01:05:20revenir
01:05:21à l'introduction
01:05:23revenir
01:05:24aux effets
01:05:26du bon gouvernement
01:05:27avec
01:05:28effectivement
01:05:29toute cette population
01:05:30qui est
01:05:31dans la rue
01:05:33dans les entre-deux
01:05:34et qui
01:05:35occupe l'espace
01:05:36parce que finalement
01:05:37c'est ça
01:05:38le quartier
01:05:39c'est toutes les relations
01:05:41qu'on peut avoir
01:05:42avec les gens
01:05:44dès que l'on sort
01:05:45de son logement
01:05:46et dans ce cas là
01:05:47c'est vrai que
01:05:48ces relations
01:05:49elles ne pouvaient
01:05:51être portées
01:05:52que par les enfants
01:05:53merci
01:06:07des questions
01:06:27on t'a
01:06:30on t'a
01:06:44Bonjour, merci pour cet exposé que je trouve exceptionnel.
01:06:47Je ne suis pas du tout dans votre domaine et je trouve que c'est très clair.
01:06:52Et ce qui m'interpelle, c'est que dans l'année 60, on essaie de faire que les populations habitent
01:06:58les quartiers autour de Paris.
01:06:59Moi, je parle de Paris parce que je ne connais pas le reste autour de Paris parce qu'il manquait
01:07:03de logements après la guerre, etc.
01:07:05Et donc, l'urgence était de créer des bâtiments pour avoir le maximum de populations qui puissent y habiter.
01:07:13Sauf qu'effectivement, ils ont créé des espèces de ghettos qui, petit à petit, s'est dégradé du fait qu
01:07:19'il n'y avait plus de travail.
01:07:22Donc, les gens, ceux qui pouvaient partir sont partis.
01:07:26Ceux qui sont restés ont créé une espèce de ghetto entre gens pauvres, qu'ils soient de France ou d
01:07:31'ailleurs.
01:07:32Et je vois que les nouveaux quartiers de 2025 essaient d'inclure les populations dans le paysage.
01:07:39C'est-à-dire qu'on ne construit pas seulement pour que les gens habitent un logement, mais aussi pour
01:07:48qu'ils aient des interactions dans leur quartier.
01:07:50Et je trouve que vous l'avez très, très bien montré dans les derniers exemples de nouveaux quartiers dans le
01:07:57projet 2025.
01:07:58Je vous remercie beaucoup.
01:08:00Ce n'était pas une question.
01:08:01C'était juste une...
01:08:02J'ai été assez éblouie par votre proposition, par votre exposition.
01:08:09Merci.
01:08:09Merci beaucoup.
01:08:10Une autre question ?
01:08:19Bonjour et grand merci pour cet exposé.
01:08:24J'ai une question relativement au projet de Koulas ou de manière un peu plus générale, en tout cas,
01:08:30sur cette capacité à laisser faire, laisser le chaos exister, laisser les gens faire ce qu'ils veulent.
01:08:39Les gens aujourd'hui, hélas, je dirais, en tout cas, je pense qu'on sera plutôt d'accord dans cette
01:08:45salle.
01:08:46C'est quand même la recherche de la propriété privée, de l'individualité, du renfermement derrière des murs, des clôtures,
01:08:56garer sa voiture au plus près du salon.
01:08:58Si on peut rentrer dedans directement en voiture, c'est presque encore mieux.
01:09:01Et tout ça, ça crée des interfaces entre la rue et les maisons individuelles, les pavillons,
01:09:07qui sont quand même très peu urbaines, très peu aimables, amiables,
01:09:12et donc qui laissent très peu d'urbanité dans ces quartiers-là qui sont du pavillonnaire.
01:09:17On a donc tendance à vouloir aussi agir et trouver des règles pour contredire un peu tout ça
01:09:24et donc ne pas être totalement dans le laisser faire, même si pour autant, comme vous,
01:09:29je trouve l'idée de Koulas très séduisante de se dire qu'on trouve un minimum de règles,
01:09:35ensuite qu'on joue le jeu et qu'on laisse un peu les gens faire ce qu'ils veulent.
01:09:39Est-ce qu'il n'y a pas un juste milieu à trouver ou est-ce qu'il faut accepter
01:09:42?
01:09:43Voilà, qu'en pensez-vous ?
01:09:47Je ne savais pas vous répondre.
01:09:48Moi, en fait, ce que j'ai cherché à faire, si vous voulez, c'est à montrer un tout petit
01:09:51peu
01:09:51les grandes tendances par rapport aux quartiers,
01:09:59les grandes tendances par rapport à l'architecture.
01:10:02Effectivement, à un moment donné, on a cherché à...
01:10:08On a promu une architecture extrêmement abstraite, mais qui avait sa beauté.
01:10:14Et après, effectivement, une architecture à la fois abstraite, mais aussi très contraignante,
01:10:23vous voyez, donc très...
01:10:26Et après, effectivement, les recherches comme celle de retour au quartier,
01:10:30voilà, chez le cuir, mais aussi, j'aurais pu parler d'autres gens comme Aldor aussi,
01:10:34vous voyez, tous ces gens qui ont cherché, donc à dire que, effectivement,
01:10:40l'important, ce n'était pas forcément d'avoir...
01:10:43Bien sûr, c'est d'avoir un toit, mais c'est surtout que ce toit, il s'inscrive quelque part,
01:10:49qu'il s'inscrive dans un lieu, un lieu singulier.
01:10:53C'est évident que chacun a envie d'habiter dans un lieu singulier.
01:10:59Donc, il y a eu cette recherche-là dans les années 80.
01:11:03Après 90, c'est vrai que, voilà, cette volonté comme ça de trouver des solutions alternatives,
01:11:10vous voyez, à partir, effectivement, de règles génératives,
01:11:15chez Collage, chez Ports-en-Parc.
01:11:17Et puis maintenant, c'est vrai que la tendance, c'est plutôt à partir de l'existant,
01:11:22et puis à réhabiliter et à réaménager, voilà.
01:11:28Je ne pense pas que... Je ne voudrais pas mettre...
01:11:31Finalement, tout ça, c'est bien, voilà.
01:11:32Finalement, quelque part, même la Courneuve, c'est bien.
01:11:39C'est quand même mieux d'habiter là et d'habiter dans un millonville.
01:11:41Donc, voilà, tout ça, c'est bien.
01:11:44Je ne cherche pas à opposer, vous voyez, une tendance par rapport à une autre.
01:11:50Excusez-moi.
01:11:56Bonjour, merci pour ce moment.
01:12:00Moi, je voudrais parler, enfin, poser une question spécifique
01:12:04avec une question sur le quartier, finalement.
01:12:09C'est donc, effectivement, les humains.
01:12:11Donc, ceux qui habitent, c'est les habitants.
01:12:14Et il y a quel que soit le type, que ce soit moderne, moyenâgeux, gothique,
01:12:22enfin, peu importe le sens, ce qui est important, c'est l'identité que produit le quartier.
01:12:28Et dans les quartiers modernes, où les grands ensembles, enfin, plus ou moins grands ensembles,
01:12:33ceux qui sont, par exemple, dans Paris, ou ceux qui étaient à l'extérieur de Paris,
01:12:36ou proches de Paris, on disait toujours, il y avait une expression avant qui était assez importante
01:12:40et qui exprimait bien l'idée du quartier.
01:12:42C'était « Tu parles d'où ? »
01:12:45Tu parles d'où comme de quel quartier tu es, de quel bâtiment tu es,
01:12:48et finalement, de quelle entité tu reprenais, et donc ce que ça impliquait comme rapport.
01:12:54Et donc, en tout cas, ce que j'ai ressenti dans ce moment,
01:13:01c'est qu'en fait, finalement, c'est les humains qui produisent le quartier,
01:13:05et t'as beau être pas loin d'Avron, avoir des charcuteries halales,
01:13:11habiter le boulevard de Charonne, et se sentir de ce quartier-là,
01:13:14et non pas de celui du 11e, de l'autre côté, etc.
01:13:16Et donc, finalement, le quartier, c'est qu'est-ce qui se fait que tu es de cette identité-là,
01:13:22n'est-ce pas ?
01:13:22Oui, tout à fait, c'est vrai.
01:13:25Non, je ne saurais pas répondre, mais c'est vrai que tout à fait, tout à fait,
01:13:29le quartier, c'est ce qui fonde ton identité, bien sûr.
01:13:33Pourquoi j'aime le boulevard de Charonne ? Parce qu'en fait, il ne ressemble à rien.
01:13:37Et simplement, ce qu'il y a de fascinant dans ce boulevard,
01:13:39c'est que tu sens, quelque part, la densité.
01:13:42Moi, je n'aime pas être dans ce petit village où je me fais chier, c'est tout.
01:13:45Et je suis content, par exemple, si jamais tu es à la campagne,
01:13:48moi, je suis content de rentrer chez moi et puis de sentir comme ça,
01:13:53cette densité, tous ces gens, tous les soins, voilà.
01:13:56Et c'est vrai, tu as raison, on est son quartier.
01:13:58Enfin, le quartier, il n'a pas vraiment d'intérêt, par ailleurs,
01:14:02il n'a rien de spécial, mais en tout cas, tu as tout à fait raison.
01:14:06On entretient donc une relation très intime avec son quartier.
01:14:13Et quelque part, c'est vrai qu'on est son quartier.
01:14:15Je suis en tout à fait.
01:14:16Merci beaucoup.
01:14:25Je ne vais pas poser une question, parce que je trouve ça toujours très con
01:14:29de poser une question, pour que tu puisses répondre.
01:14:31Mais en fait, non, ça revient juste à la dernière image que tu as montrée.
01:14:36J'avoue que le projet que tu as montré avant,
01:14:39alors, c'est où déjà ?
01:14:43À Coulomiers, voilà.
01:14:44Alors, c'est assez intéressant parce que,
01:14:47alors, c'est très convaincant.
01:14:48Tout d'un coup, c'est très convaincant, là, le joint.
01:14:52Mais surtout, ce qui est encore plus convaincant,
01:14:54c'est qu'effectivement, la fraise du bon gouvernement,
01:14:57ça montre un morceau de ville et ça montre un paysage et un territoire.
01:15:01La moitié de la fraise, c'est un territoire, voilà.
01:15:04Et donc, tu comprends que ça marche parce qu'il y a le grand territoire.
01:15:08Et à Coulomiers, ce qui est très intéressant,
01:15:10c'est qu'en fait, le site, là, en fait,
01:15:14il est dans une espèce, pas d'une cuvette, mais une espèce de plateau
01:15:17où tu as une perception très loin des coteaux.
01:15:20C'est-à-dire que tu vois très loin, dans ce site-là,
01:15:22une relation très éloignée avec le grand paysage, d'une certaine manière.
01:15:27Et moi, je pense que c'est aussi ça qui fait que peut-être,
01:15:30un quartier, ça existe aussi parce qu'il a une relation avec un territoire.
01:15:34Non, mais tout à fait, tout à fait, c'est vrai, tout à fait, tout à fait.
01:15:37J'avais pensé au départ et après, je ne suis pas revenu là-dessus.
01:15:41Mais tu as tout à fait raison, parce qu'en plus, si tu veux,
01:15:44à la fin de l'exposé, les projets dont je parle,
01:15:47ce sont justement ceux qui arrivent à établir une relation
01:15:51entre les activités du quartier et le grand paysage.
01:15:54Donc, effectivement, Jacqueline Hostie avec le paysage du Boge
01:15:58et puis Xavier de Guéter, entre, effectivement,
01:16:02cette petite communauté qui est très enclavée,
01:16:04parce que c'est dans des fortifications,
01:16:05c'est très compliqué d'y aller, avec le reste de la ville.
01:16:09Oui, mais peut-être tout à fait à la maison, justement.
01:16:13Merci. D'autres questions ? D'autres interventions ?
01:16:22Merci beaucoup.
01:16:22Merci.
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