Pular para o playerIr para o conteúdo principal
  • há 2 dias
Avec la fin de la Guerre froide, Mobutu perd peu à peu le soutien de ses alliés occidentaux. Le Congo sombre dans l'anarchie, le chaos et la guerre deviennent le quotidien. Tombé de son piédestal, Mobutu est désormais ouvertement rejeté par la population. Malade, atteint d'un cancer de la prostate, il vit reclus dans ses palais de la province équatoriale, entouré uniquement de ses femmes, les jumelles Bobi et Kosia Ladawa. En 1994, lors du génocide rwandais, son ancien allié François Mitterrand lui demande d'accueillir les réfugiés à la frontière. Mobutu y voit une chance de revenir sur la scène internationale et accepte. Mais cette décision lui est fatale : le Rwanda, avec Laurent-Désiré Kabila comme homme de paille, envahit le Congo et le renverse. Mobutu, autrefois tout-puissant, meurt quelques mois plus tard en exil au Maroc, laissant le pays dans une crise profonde qui perdure, alimentée par la convoitise internationale pour les richesses congolaises.
Transcrição
00:08Au Congo, au vu de sa position stratégique et de ses richesses,
00:14on ne gagne pas le pouvoir, on reçoit le pouvoir.
00:21C'est l'Occident qui place Mobutu au pouvoir comme gendarme
00:26pour surveiller le communisme en Afrique.
00:31La guerre froide a créé Mobutu.
00:35Pendant des années, c'était une espèce de chien des Américains.
00:42Mais entre temps, les Occidentaux, ils se partagent la richesse du Congo.
00:51Mais voilà que le mur de Berlin tombe en 89.
00:56Donc le Némi principal n'est plus le communisme.
01:00Mobutu a compris que son pouvoir n'est reposé plus sur grand chose.
01:08Et voilà, c'est pendant cette période que la maladie de Mobutu va exploser.
01:14Les concerts qu'il avait très très fortement affaiblis.
01:20Mais rien ne peut l'arrêter.
01:24Mobutu avait promis qu'il ne sera jamais ex-chef d'Elita.
01:32Mais Mobutu a été chassé du pouvoir.
01:37C'est la chute.
01:40Honteuse.
02:04Après la chute du mur de Berlin,
02:06l'occident le poussait un peu à comprendre qu'il était au bout du rouleau et autres là mais l
02:13'occident
02:14est resté très courtois avec lui parce que mobutu ne voulait pas entendre qu'il allait quitter le
02:19pouvoir mais voilà que c'est qui lui fait changer d'avis c'est la mort de ce qu'il
02:27le président
02:28roumain la manière dont l'image les images ont circulé dans les télévisions du monde avec sa
02:36femme Elena la manière dont ils ont été tués mobutu a eu peur je crois c'est la peur qui
02:44amène
02:44mobutu à se dire qu'il fasse un geste important qu'il lâche beaucoup de son pouvoir parce qu'il
02:52a
02:52compris que ça l'est pété
03:03très chers compatriotes face aux grandes mutations qui tourmentent le monde en ce 20e siècle finissant
03:16j'ai estimé de tenter d'expérience du pluralisme politique dans notre pays et j'annonce solennellement
03:28au peuple zahirois l'introduction du multipartisme avec la liberté pour chaque citoyen d'adhérer à la
03:39formation politique de son choix que devient le chef dans tout cela je vous annonce que je prends ce jour
03:54congé du mouvement populaire de la révolution pour lui permettre de se choisir un nouveau chef devant
04:15conduire
04:16comprenez mon émotion
04:21le discours du 24 avril 1990 de mobutu a surpris tout le monde il n'y a pas eu de
04:28fuite le patron
04:30de l'administration du empire mais c'est quoi cette histoire là donc il y rêvait
04:38il n'y a plus d'un pays comme parti état le multipartisme pour mobutu politiquement c'est sa mort
04:53c'est comme si se rendait déjà compte de tout ce qui allait se passer par la suite et résultat
05:00des
05:00courses cette phrase que les gens retiennent comprenez mon émotion
05:11ça ça prend tout son sens au fait les gens ont tourné ça en se disant que c'était personnel
05:20que
05:21c'était comme une défaite personnelle mais pas du tout c'était par rapport au pays c'était par
05:26rapport à ce qui allait en venir tout ce qui allait arriver tout ce qu'on a vu
05:51le soir certains conseillers comme les directeurs de cabinet de mobutu vous
05:59et qu'est ce que tu as dit c'est une bêtise l'osaïr n'est pas la roumanie tu
06:05peux encore
06:05rester tu n'es pas encore mort il était très maladroit ce moment-là quand il a décidé
06:13d'essayer de prendre faire congé du empire c'est ça qui a déclenché n'est pas toute l'opposition
06:21systématique contre lui un parti unique à l'époque tout était la discipline et cetera mais dès lors
06:30qu'il a ouvert la démocratisation n'a plus d'autorité c'est évidemment les gens en a abusé
06:42l'homme au bout tout au bord de l'opard l'accoutrement n'avait pas changé mais ce n'était
06:47plus le même
06:48pouvoir un mois après survient un événement important qui va très très fortement peser
06:57sur l'avenir de mobutu politiquement du point de vue international mobutu va être fini
07:07les anciennes structures du empire deviennent des symboles et attaqués d'où au campus de
07:14lumbashi les étudiants attaquent la jmpr la jeunesse du mouvement populaire les frais de
07:21mobutu les gens de l'équateur linguand qui ont terrorisé pendant des années les autres étudiants
07:27qu'elle est maintenant leur statut voilà l'occasion maintenant ce sont les autres qui les font peur
07:36la soeur de général baramoto cette étudiante elle est arrêtée déshabillée coupé les cheveux
07:43torturé on va arrêter trois étudiants originaires de la même ethnique et mobutu jugement populaire on les
07:50a mis dans le trou ils sont condamnés à mort on doit le brûler tout étudiant de la région d
07:56'origine
07:56de mobutu été recherchés cela vont fuir les campus alors cela disent ils nous ont chassé nous
08:05devons aussi faire peur nous devons retourner au campus pour nous venger et les légendes folles
08:12vont courir que c'est mobutu qui ont envoyé un commando pour attaquer le campus de lumbashi
08:20pourtant selon moi dans cet événement mobutu ne joue aucun rôle commençons par dire il n'y a pas eu
08:29de
08:29massacre au campus de lumbashi ce soir là le courant a été coupé sur tout le campus de lumbashi et
08:39soudain de
08:40longues silhouettes en tenue de sport fondent sur les étudiants le commando se déchaîne les étudiants
08:47sont poignardés ouvre les gorges et les ventres jetés par les fenêtres le commando opère avec
08:54sang froid méthodiquement c'est un témoignage qu'à l'époque j'ai écrit reconstitué à partir de longs
09:05entretien avec des étudiants de lumbashi tous les journaux belges ont repris cette information et
09:13puis il a une source des affaires étrangères c'est l'effet papillon mais quand même à un degré
09:18inédit mais on a trouvé uniquement un corps mais moi je n'étais pas sur place mais je pense que
09:28les
09:29autorités les autorités ont tout mis en oeuvre très vite très vite très professionnel pour enlever
09:36les corps les dissimuler les faire disparaître on ne sait rien c'est un mystère l'un des plus
09:45incroyables mystères de notre histoire de ne pas savoir qui et si quelqu'un a été tué on ne sait
09:52pas
09:53on ne sait pas ce qu'il ya de bien par contre c'est que cela a contribué à la
09:59perte du soutien de la
10:00communauté internationale envers mobilité la question est de savoir quel rôle ont joué les forces de
10:10sécurité cela n'est pas encore clair c'est notamment pour cette raison que nous avons décidé d'envoyer sur
10:19place une commission internationale mon cher ami entre nous je n'ai rien à cacher absolument rien à
10:28cacher on pouvait même en vrai sur place 100 150 200 missions d'enquête sur pas ça ne me dirait
10:40absolument rien mais mais puisque cette demande vient des belges vous me voyez moi servir la
10:49volonté des belges je suis pas leur service il n'y aura pas de mission d'enquête internationale
10:54à l'ouboumbachi aux aïr puisque tout le monde sait que cette demande vient des belges je suis pas là
11:02pour servir leur volonté voilà tout pendant trente années de règne de mobutu il y avait bien des
11:10tragédie avant on n'en avait pas fait toute une montagne mais la belgique cherchait une bonne
11:17raison pour couper avec mobutu parce qu'il y avait depuis longtemps pendant des années un désaccord
11:24entre la belgique et le zahir c'était la célèbre dispute sur la dette coloniale qui datait de l'indépendance
11:32le zahir veut tout le temps rembourser sa dette coloniale et mobutu trouvait que cette dette n'était
11:38pas légitime il disait qui doit à qui et là il avait raison lors l'uranium le diamant d'envers
11:47quand
11:48on fait le compte de tout ce que la belgique a tiré du congo depuis le 19e siècle jusqu'à
11:55nos jours
11:55qui doit à qui la réponse est évidemment trouvée et alors il a dit si on continue comme ça dans
12:03la
12:03querelle avec la belgique je vais révéler ce qui se passe dans les coulisses du palais de l'ac
12:13vers la fin des années 80 l'agence de presse du zahir a lancé une campagne visant à nuire au
12:20roi
12:20boudouin arguant qu'il régnait au sein du palais royal un climat de dépravation morale cela ressemblait
12:31plus à l'image de ce qui se passait à l'intérieur du palais de mobutu je me suis un
12:36jour rendu à un
12:37dîner chez lui nous étions assis à la table d'honneur avec deux jolies congolaises de part et
12:42d'autres et elle se ressemblait comme deux gouttes d'eau car je me suis adressé à mon voisin en
12:49lui
12:49faisant marquer la ressemblance de deux jeunes femmes évidemment m'a-t-il répondu ce sont des
12:53jumelles et il est marié à l'une d'entre elles mais nous ne savons pas laquelle cela lui permettait
12:58de changer régulièrement une fois l'une une fois l'autre enfin bon à un moment le roi boudouin a
13:04dit
13:04stop ça suffit et moi aussi j'ai commencé à en avoir assez de mobutu je dois bien l'admettre
13:12parce que rien ne changeait vraiment au rango le système de magouille perdurait toujours
13:19à un moment donné nous avons décidé que ça suffisait
13:26rupture de relations diplomatiques avec la belgique
13:30en cascade le pays du monde ont coupé la relation avec mobutu l'occident lâche et mobutu on ne lui
13:38n'a plus de visa mobutu n'a plus de visa dans le monde surtout dans les pays occidentaux
13:42mobutu disparaît donc mobutu perd son appui essentiel l'occident donc les événements
13:50de l'ubumbashi ont changé l'équation du point de vue international mobutu va rester isolé jusqu'à
13:58la fin c'est le paria les occidentaux c'est à dire les belges les américains etc n'avaient plus
14:12besoin d'un dictateur old fashion comme mobutu on voulait avoir des soi-disant démocrates en costume
14:21cravate qui sont en bons termes avec le fmi avec les grands économistes internationaux mais
14:28un type avec sa toque de léopard et sa canne c'était très bien dans les années 70 et 80
14:33mais
14:33en 1990 quand la guerre froide était finie on n'avait plus besoin d'un personnage un peu exentrique
14:42et donc les occidentaux en général et les américains les premiers j'insiste là-dessus
14:47la cia avait décidé que mobutu c'était fini et qu'il devait partir
14:56les états unis ont soutenu mobutu pendant toutes ces années c'était un peu notre fils de pute
15:01j'ai toujours été considéré comme quelqu'un de fiable on a toujours pu compter sur lui
15:05mais il a succombé à la corruption favoritisme et il s'est régé en super héros ce n'était donc
15:13pas un bon président mais il fut le meilleur disponible à cette époque
15:20donc nous avons eu besoin de la base militaire de camina pour combattre les cubains en angola on
15:26l'a laissé tranquille camina qui est le seul aéroport en afrique conforme aux standards de
15:32l'otan mais à partir du moment où la guerre froide était terminée nous n'avons plus eu besoin de
15:38camina
15:38et après le départ des cubains d'angola nous l'avons abandonné si nous lui avons dit tu ne
15:45nous intéresse pas c'était très cynique nous avons prévenu le fmi et la banque mondiale stop
15:54pourquoi encore lui donner de l'argent et comme nous avions la majorité des voix
15:58suffit en effet terminé cette fois ci nous l'avons cette fois ci ne va plus nous échapper c'est
16:11ma tête
16:11qu'on voulait mais cette tête donc la mienne je la vends et je la vendrai toujours cher très cher
16:27la kinshasa celui encore c'est mobutu qui est au pouvoir qui est la tête de l'état
16:34mais dans la rue l'opinion générale est anti mobutu
16:42avec la démocratisation on est moi on a eu dans les 400 500 partis politiques
16:50avec ses multipartismes cela condisait à mobutu maintenant que l'impair n'est plus un parti
16:57état mobutu devient un citoyen comme tout le monde mobutu devient les boxeurs qui ne donne plus de
17:07coûts mais non c'est mobutu qui ont caissé
17:11monsieur et mobutu n'a jamais élaboré une nouvelle c'est une autre chose que cohérent en mesure de
17:17soutenir un système politique au massage s'ajouteront la pratique de la corruption matérielle et morale
17:24le nepotisme et le clientélisme politique et les multiples visages du chef de l'état lui-même
17:32président fondateur guide timonier père de la nation maréchal etc
17:42je demande à la commission de présenter ses excuses pour cette tirambe qui est à la limite de la réconciliation
17:51c'est trop fort
17:56et l'homme qui va devenir l'image de l'opposition congolaise c'est étienne tshisekedi
18:03le nom tshisekedi devient un très grand nom
18:07alors tshisekedi père il a été l'allié de mobutu le numéro 2 du empire il a été dans la
18:14mort de l'umumba
18:15les pendus de la pentecôte il était l'adjoint de mobutu mais tshisekedi père finira par contester le régime mobutu
18:23il doit partir s'il est sage il doit donner sa démission tout de suite
18:27s'il n'est pas sage le peuple le fera fuir comme son ami tshisekou c'est terminé
18:49tout ce qui était raconté contre lui et tout ça c'est un homme humain aussi finalement il a senti
18:56que c'était l'ingratitude
18:58parce que les gens comme si tout ce qu'il a fait dans ce pays on ne reconnaît pas ça
19:04alors bon il a préféré s'installer à abadouji en disant ok
19:12faites ce que vous voulez
19:15il a pris sa distance à 1200 km d'ici et c'est ça qui fait que alors là toute
19:23la situation était en désordre à cause de ça
19:31vous aimez vous reposer ici
19:34je me suis éloigné de la capitale
19:38et je m'éloigne de plus en plus pour laisser faire un verre
19:42mais malgré cela à mon bout de tout on voit ma tête partout
20:05il n'avait plus de coeur à travailler pour le pays c'est ça la vérité bon bien sûr les
20:14gens voulaient qu'ils rentrent au pays
20:16même la population là bas
20:31il faut retrouver le bonheur qu'on a perdu on est au plus bas maintenant écoutez nous nous vous supplions
20:39les larmes aux yeux récupérer votre poste et votre pouvoir
20:44regardez votre photo je la montre aux gens pour qu'ils puissent vous découvrir
20:52nous avons les larmes aux yeux vous devez retourner à kinshasa et reprendre vos fonctions pour que nous ayons de
20:57quoi manger nous vivons dans d'atroces souffrances
21:02emmenez cet homme et offrez lui deux présents un pour lui et un pour les autres personnes
21:27mais des fois vous vous dites j'en ai ras le bol
21:31mais on ne peut pas le crier trop
21:36ça arrive à cet humain
21:39est-ce que vous pensez que le nos arrières peut se passer pour votre tour
21:43mais
21:45votre tour n'est pas éternel
21:48il passera
21:50mais de son vivant c'est difficile
22:04vous
22:05ça tire de mon poteau aussi
22:13alors ici
22:14vu mon bouteau affaibli qui se trouve à guadolité
22:17voilà c'est l'armée qui se multine
22:22Ça j'ai vu la nuit, j'étais collé à ma fenêtre derrière les rideaux
22:26et je regardais à partir du deuxième étage, je voyais.
22:32C'est la garde présidentielle qui habille dans toute la ville de Kinshasa.
22:36On venait avec des jipes militaires, on va y ventrer la porte du magasin.
22:41Ils prennent ce qui était fondamentalement recherché, ce sont le matelas.
22:45Vous voyez un peu les conditions de vie pour amener aux enfants.
22:49Ce sont les appareils électroménagers, congélateurs, frigos.
22:54Car le problème du Congo, c'est la pauvreté.
22:58La misère était partout, donc même dans l'armée.
23:04Et le petit peuple arrive après, ramasse quelques tissus, les seaux en plastique et autres là, qui sont restés.
23:12Donc on est dans la jungle, on ne sait pas qui fait quoi.
23:21On vivait comme des animaux.
23:26On vivait comme des animaux.
23:28On était allé voler du riz et de la nourriture pour manger et des vêtements aussi.
23:35Il y avait trop de souffrance à Kinshasa.
23:38La population en a eu marre de la politique de Mobutu.
23:42Les gens en ont eu marre de ne pas être payés.
23:45Et c'est là qu'ils sont sortis dans la rue pour tout casser.
23:57Ce qui n'allait pas, c'est qu'il y a eu une première vague de soldats qui entraient et
24:03piaient tout.
24:05Ensuite, les civils sont entrés à leur tour.
24:08Et pendant ce temps-là, une deuxième vague de militaires attendait dehors, que les civils sortent avec leur butin.
24:16Et une fois dehors, ils tiraient.
24:20Et quand les coups retentissaient, on jetait tout ce qu'on avait par terre et on fuyait.
24:25Et ils en profitaient pour s'emparer de notre butin.
24:28Ceux qui étaient plus forts arrivaient à garder leurs marchandises et à repartir avec.
24:32On enjambait les cadavres.
24:33Comment on aurait pu les compter ?
24:41Moi, j'étais à Kinshasa pendant le pillage.
24:45Au début, on ne savait pas exactement ce qui se passait.
24:51Est-ce que c'était un pillage ? Est-ce que c'était un coup d'état ?
24:56Les militaires, ils n'étaient pas dans un état tout à fait normal.
25:02L'appartement où je me trouvais, ça tirait, ça tirait.
25:05Il y a mes gardes du corps.
25:07Ils ont dit non, il faut quitter.
25:08Parce qu'il n'y a pas de sécurité comme ça dans l'immeuble.
25:11Et que l'endroit le plus sûr, ce serait d'aller au camp militaire.
25:17Je me dis au camp, il faut traverser toute la ville, ça tirait de partout.
25:21Et puis moi, j'en disais, allez dans le camp militaire.
25:30Mais eux, ils m'ont dit non, non, non, ça serait l'endroit le plus sûr.
25:34J'étais là.
25:36Je me suis dit, de toute façon, on y va ?
25:42Donc on est parti, on a traversé toute la ville.
25:45C'était...
25:47Je ne rigolais pas du tout.
25:51Mais effectivement, quand on est arrivé au camp,
25:53j'ai vu que c'était dans l'endroit le plus sûr.
26:00Mais mon papa, lui, il n'était pas au camp,
26:02il était en dehors de la ville.
26:04Donc après, j'allais retraverser toute la ville
26:08pour aller le rejoindre.
26:10Mais lui, il était serein, calme.
26:14Je ne l'ai pas trouvé.
26:15Ce n'est pas que je me suis dit...
26:18Au contraire, de le voir, ça m'a rassuré.
26:23Nous avons la déclaration.
26:24Nous avons la déclaration.
26:25Que nous avons préparée.
26:26Il n'est pas la déclaration.
26:27Maréchal, bonjour.
26:28Bien sûr, le Président Boutou,
26:31comme un animal politique,
26:33il a exploité cette situation.
26:36Il en a profité.
26:38Dans la mesure où, bon, il l'a laissé faire.
26:42Parce qu'il aurait pu vite, avec les militaires,
26:45tout ça, récupérer la situation.
26:46Mais il a laissé faire la situation,
26:50mais c'était une façon indéterminante
26:52de sanctionner tout ce qui n'était pas avec lui, tout ça.
26:56C'est ça.
26:57Mes chers compatriotes,
27:00la ville de Kinshasa vit une situation d'agitation
27:04jamais observée dans la capitale
27:07depuis l'accession à l'indépendance.
27:10De nombreuses personnes pensent que les soldats étaient impliqués
27:14parce qu'ils avaient le feu vert de Mobutu.
27:16Je n'ai aucune preuve de cela.
27:18Mais c'est ce que la majorité des gens croient.
27:21qu'ils pensent que Mobutu a voulu
27:25perturber le processus de changement.
27:30Et c'était vraiment horrible.
27:45Entre-temps, chez lui, c'est comme si
27:47chaque jour, il y a une fête
27:49chez Mobutu a godolité.
27:51On fait la grande fête avec tous les dignitaires du monde.
27:55Il lui faut pour la fête
27:57200, 500 bouteilles de 2 000 dollars
28:00et autres là.
28:07La journée, Mobutu est à l'intérieur.
28:10Vous ne le voyez pas dehors,
28:11mais il y a des payotes,
28:12européens, congolais, africains.
28:14Chacun veut voir Mobutu
28:15pour avoir une mine de diamants,
28:18une mine de...
28:19chacun attend le moment de se voir avec Mobutu.
28:24À la résidence de Mobutu, il y avait une banque
28:27qu'on appelait la banque de Kavili.
28:29Avec un gérant, donc, il y avait une chambre
28:31avec des coffres et autres.
28:33Ce qui fait qu'à Badolité,
28:3580 % de ces gens venaient chercher l'argent
28:37auprès du chef.
28:39Il y a des gens qui attendent pendant un mois
28:41qui viennent chaque matin.
28:43Or, c'est la période où le bateau,
28:45il est en train de couler.
28:48Les FMI, la Banque mondiale,
28:50en ont marre de Mobutu.
28:52Donc, ça n'entre pas.
28:53On ne paye pas.
28:56Formellement, officiellement,
28:57le pays n'avait plus d'argent.
28:59C'est-à-dire quoi ?
29:00La banque du Zahir, la banque nationale,
29:03n'avait plus la capacité,
29:05n'avait plus d'argent
29:07pour faire des commandes,
29:09de nouveaux billets.
29:10Ainsi, ils trouvent des Libanais
29:12qui vont commander,
29:14qui vont reproduire
29:15de faux dollars.
29:18Mobutu a eu à entrer dans le réseau
29:20où on produit des faux Zahir.
29:23Et Mobutu a reçu sa partie,
29:24il s'étonne.
29:27Mobutu était devenu un délinquant
29:29à la fin de son régime.
29:30Mais voyou est bondi.
29:33Il commençait à se dire
29:34qu'il y aurait une fin.
29:37Mais qu'il ne voulait pas imaginer.
29:41Ça sera chaud.
29:43Après moi, c'est le déluge.
29:45Il aimait cette phrase.
29:47Après moi, c'est le déluge.
29:51Vous avez vu le Libération
29:52qui est paru samedi ?
29:54Parce que c'est une dureté incroyable.
29:56Mobutu font le meilleur,
29:57l'orientateur.
29:58On continue à puiser dans notre caisse.
30:00Tout ça, allons-y.
30:01Oui.
30:01Allons-y.
30:05Allons-y.
30:05Allons-y.
30:06Comme on est hier.
30:07En bail.
30:08Ensuite, continue à puiser dans la caisse.
30:11Allons-y.
30:14La décomposition du régime Mobutu
30:16avait atteint un niveau.
30:20Mais voilà qu'en en ont quatre,
30:21finalement,
30:23animal politique qu'il est,
30:25il va profiter d'un incident,
30:28espérant récupérer encore la situation.
30:35Le président rwandais Abiyarimana
30:38va être assassiné.
30:41On a tiré sur son avion,
30:42l'avion est tombé
30:43et Abiyarimana est mort sur le coup.
30:48C'est dès là que commence
30:50le génocide du Rwanda.
30:56A l'espace d'une semaine,
30:58plus d'un million de gens,
31:00principalement Outu d'Abiyarimana,
31:04fouillent le Rwanda.
31:06Et la France va demander à Mobutu
31:08d'accepter les réfugiés
31:11sur les territoires xahirois.
31:16L'homme qui était coupé du monde,
31:19il saisit l'occasion.
31:21Là, il trouve une ouverture.
31:24Mais l'ouverture ne sera pas très grande.
31:27Parce que cette ouverture-là
31:29deviendra même un piège.
31:35Pour la France,
31:36elle avait absolument besoin
31:38que Mobutu accepte
31:39de récupérer
31:40le million de réfugiés
31:42principalement Hutu,
31:43qui avaient praquetté
31:44quand même des génocidaires
31:46pour une partie d'entre eux.
31:48Ce n'était pas bien évidemment
31:48tous génocidaires.
31:50Mais de récupérer
31:52ces réfugiés
31:52dans les collines du Zahir.
31:58Toute cette zone du Kivu
32:00à la frontière du Rwanda,
32:02c'est vraiment la région
32:03la plus stratégique
32:04et la plus importante
32:05du continent africain
32:07avec des métaux rares.
32:09Et dans l'esprit
32:10de quelqu'un
32:11comme Mitterrand,
32:13si on défend
32:14le régime
32:15d'Abiyarimana
32:16et qu'en même temps,
32:18on est bien
32:19avec Mobutu,
32:21finalement,
32:22les richesses
32:22de la région,
32:23ça reviendra peut-être
32:24un peu à la France.
32:30Mobutu,
32:31qui avait été lâché
32:32par les Américains,
32:33une occasion rêvée
32:36de dire,
32:38voilà,
32:38je suis là,
32:39je vais vous aider.
32:53à partir de ce moment-là,
32:56Mobutu a été invité
32:57dans tous les sommets
32:58franco-africains.
33:01Mobutu était là,
33:03à côté du chef d'État français.
33:05C'était vraiment,
33:07c'était incroyable,
33:09c'était un renversement
33:10de balles.
33:16Et à ce moment-là,
33:18je pense qu'autour
33:19de Mitterrand,
33:20tout le monde savait
33:21que Mobutu,
33:21qui avait un cancer
33:22de la prostate,
33:23qui était extrêmement avancé.
33:27Du côté de la France,
33:28ils pensaient,
33:29soit le vieux,
33:30il meurt
33:31et on trouvera
33:32quelqu'un d'autre
33:33comme président.
33:34Mais voilà,
33:34la France voulait récupérer
33:36le Zaire,
33:36il n'y a pas de problème,
33:37c'était certain.
33:44Mobutu n'a plus
33:45le sens de la réalité.
33:48Je pense qu'à la fin,
33:50il est très malade,
33:51il n'est pas bien.
33:53Est-ce que Mobutu
33:54mesure encore
33:55le poids
33:57que représentent
33:57ces réfugiés
33:58qui sont là,
33:59qui s'imposent
34:00ou qui vouent ?
34:03Parce que cette question
34:05des réfugiés,
34:05ça va accélérer
34:07la chute de Mobutu
34:09et la déstabilisation
34:11durable
34:12de la région
34:13qui se prolonge
34:14jusqu'à aujourd'hui.
34:19Il aurait pu
34:20se faire soigner,
34:21mais il n'a pas
34:24suivi le conseil
34:25des médecins.
34:27Il faisait confiance
34:28à...
34:30bon, disons,
34:32il faisait appel
34:35à d'autres personnes,
34:36pas forcément
34:37des médecins spécialistes
34:39et tout ça.
34:40Vous parlez
34:41d'autres moyens
34:42ce fois exactement ?
34:44Conseillers privés
34:45qui ne sont pas
34:47forcément des médecins.
34:48On peut guérir
34:49d'un cancer de la prostate
34:51si c'est pris à temps.
34:52Il suffit pour ça
34:53d'enlever la prostate,
34:55de faire une opération.
34:56Ils lui ont dit
34:58« Monsieur le Président,
34:59vous devez faire
35:00cette opération,
35:01sinon vous risquez
35:03de gros problèmes
35:03de santé. »
35:05Mais il a refusé.
35:06La question,
35:06c'est pourquoi
35:07il a refusé ?
35:09Parce que chaque jour,
35:12chaque jour,
35:13il devait déflorer
35:14une vierge.
35:17Chaque jour,
35:18il devait coucher
35:19avec une vierge.
35:20Mais si on délève
35:21la prostate,
35:22vous ne pouvez plus
35:23faire cela.
35:24il préférait donc
35:26vivre avec
35:26un cancer de la prostate.
35:29Il vous a dit cela,
35:30qu'il voulait
35:30une vierge chaque jour ?
35:32Oh non,
35:33mais c'était
35:33de notoriété publique.
35:35Ce n'était pas un secret.
35:36Pas du tout un secret.
35:41Question sur la santé
35:43du maréchal Mobutu,
35:44dont la convalescence
35:45se prolonge en Suisse
35:46après une opération
35:47pour le cancer de la prostate.
35:50Le président Mobutu
35:51n'est pas le premier
35:52à être opéré de la prostate.
35:54Et son état évolue
35:55très bien.
35:59Il souffrait beaucoup,
36:00alors on a appelé le docteur.
36:04Il n'arrivait pas à dormir.
36:09Mais il ne nous montrait pas
36:11qu'il souffrait.
36:11Il m'a caché beaucoup de choses.
36:13Lui seul connaissait la vérité.
36:14Il avait lu que
36:15Mitterrand était mort récemment
36:17d'un cancer de la prostate.
36:20Il savait
36:21qu'il allait mourir.
36:23Il ne savait juste pas quand.
36:34Quand il a subi
36:35son opération en 1996,
36:38il a dû subir
36:38une chimiothérapie.
36:41On lui avait dit
36:42qu'on devait le pousser
36:42sur une chaise roulante.
36:44Alors il avait refusé.
36:46Et je me souviens
36:47qu'on avait parlé
36:48avec le médecin
36:49et le médecin
36:49qui nous disait
36:50mais je ne sais pas
36:50comment est-ce qu'il supporte
36:52cette douleur
36:52parce que c'est des doses
36:54en plus assez importantes.
36:56Mais en même temps,
36:57moi j'étais conscient
36:58d'une chose,
36:59c'est que toute information
37:01sensible
37:02pouvait servir aussi
37:04nos adversaires.
37:07il y a ça aussi.
37:09Vous savez,
37:10pour votre information
37:12concernant sa santé,
37:13il y a une fuite
37:14d'informations
37:15parmi les groupes médicaux,
37:18un médecin
37:18qui avait pris
37:20le sang de Mobutu.
37:23Il a trafiqué
37:25à la CIA.
37:28Et donc,
37:29là,
37:30ils avaient eu le sang
37:31de Mobutu.
37:31On a analysé
37:32et on savait
37:36la maladie
37:37dont Mobutu souffrait.
37:39et on voulait calculer
37:41tout l'heure
37:42dans la suite.
37:49Moi, j'allais beaucoup
37:50au Rwanda à l'époque.
37:52J'avais accès
37:53à celui qui était
37:54le chef
37:54des opérations militaires,
37:56le général Kagame,
37:57qui est Tutsi
37:58et qui allait devenir
37:59l'homme fort
38:00de la région.
38:03Et je me rappelle
38:04très bien
38:04avoir fait
38:04une interview
38:05de Kagame
38:06et qu'il a expliqué
38:08que cette concentration
38:10de réfugiés
38:11sur la frontière,
38:12qui étaient des gens
38:13qui avaient commis
38:13le génocide
38:14et qui se préparaient
38:16à attaquer
38:16le Rwanda,
38:18il disait
38:18si les Nations Unies
38:20et notre voisin,
38:21le Zahir,
38:22ne fait pas quelque chose
38:23pour régler cette question,
38:25je vous l'assure,
38:26nous allons la régler
38:27nous-mêmes.
38:29Je suis inquiet
38:30de leur présence
38:31au Zahir.
38:32Si vous me frappez
38:34au visage,
38:36avant que je riposte,
38:38je ne frapperai peut-être
38:40pas au visage,
38:41je frapperai peut-être
38:41ailleurs,
38:42alors je dois réfléchir
38:43et voir où je vais
38:44vous frapper.
38:45Mais vous allez frapper.
38:47Ça ne fait aucun doute.
38:48J'avoue que personnellement,
38:50j'étais sceptique,
38:50je me dis comment imaginer
38:52qu'un pays qui sort
38:53d'un génocide
38:54menace le grand
38:55Zahir de Mobutu.
38:57Mais ce que je ne savais pas,
38:59c'est qu'à quel point
39:01le Zahir de Mobutu
39:02était affaibli
39:03et je ne savais pas
39:05non plus
39:05à quel point
39:06Kagame,
39:07son armée
39:08et ses hommes
39:09du FPR
39:10étaient soutenus
39:11par les Américains.
39:15Kagame a donné l'ordre
39:17d'envoyer des troupes
39:18dans les camps
39:18de réfugiés.
39:21Ils ont rattrapé
39:22les personnes génocitaires
39:23et les ont toutes tuées.
39:27Mais à partir de là,
39:30Kagame a commencé
39:31à envisager
39:32de se battre
39:32et de se débarrasser
39:33de Mobutu
39:34parce qu'il voulait
39:36contrôler les richesses,
39:37contrôler les richesses
39:39du Congo.
39:43Nous ne les avons jamais
39:44encouragés
39:45à envahir le Congo,
39:46mais nous n'avions
39:47aucun moyen
39:47de les arrêter.
39:49Et bien sûr,
39:50nous étions heureux
39:51de voir Mobutu partir
39:52pour être honnêtes.
39:58Pour prendre le pouvoir
40:00et renverser Mobutu,
40:01le Rwanda avait décidé
40:03de chercher
40:04un leader congolais
40:05afin de gagner
40:06le soutien
40:07du peuple congolais.
40:10Kabila l'a emporté.
40:12Pourquoi ?
40:12Parce qu'il était
40:13un béni-oui-oui.
40:14L'objectif
40:15de cette alliance
40:18est de renverser
40:21le gouvernement
40:22de Mobutu.
40:23Les Rwandais
40:24sont tombés amoureux
40:25de lui.
40:26Ils ont dit
40:27voici l'homme
40:27que nous voulons
40:28parce qu'il est
40:29toujours d'accord
40:30avec nous.
40:33Il n'avait aucun principe.
40:37Tous ces gens
40:38n'étaient que
40:39des opportunistes
40:40qui avaient soif
40:40de pouvoir,
40:41peu importe
40:41d'où ils venaient.
40:45Ils n'avaient pas
40:45d'armée
40:46pour se battre
40:46pour le Congo.
40:48Kabila
40:48avait les cadeaux
40:49gosses,
40:50de petits soldats.
40:52Ils ne possédaient
40:53rien,
40:53tout au plus
40:54un petit pouvoir
40:54d'intimidation.
40:55Vous savez,
40:56ce n'était que des gamins
40:56portant des fusils
40:57bien trop grands pour eux
40:58et qui n'étaient
40:59probablement même pas
41:00capables de tirer avec.
41:03Ils n'avaient rien,
41:04ni personne.
41:06Ils dépendaient
41:07complètement du Rwanda
41:08et des armées
41:09ougandaises.
41:12Ils voulaient mettre
41:13leurs marionnettes
41:14au pouvoir
41:14au Congo.
41:15Une marionnette
41:16qu'ils contrôleraient.
41:18Kabila
41:19n'était personne.
41:20Il n'avait rien à dire.
41:21La position
41:22des États-Unis
41:22est claire.
41:23Mais aux États-Unis,
41:24à cette époque,
41:25nous pensions
41:26que Kabila
41:26serait un bon
41:27remplaçant
41:28pour Mobutu.
41:29Nous avons donc
41:30fourni des renseignements
41:31à Kabila
41:32pour l'aider
41:33à se débarrasser
41:35de Mobutu
41:35à Kinshasa.
41:40Il sait
41:41que c'est une histoire
41:43qui a été montée,
41:43qu'on a voulu présenter
41:44une rébellion
41:45mais qui était montée
41:46de l'extérieur.
41:49Tout ça
41:49était une fable,
41:50une grande fable
41:51en fait en réalité.
41:53Bon ben il fallait
41:53lutter contre ça.
41:58Il y restait longtemps
41:59à Convalescence,
42:00non loin de Nice
42:01et il a un grand château,
42:02il avait une grande maison
42:03mais il a été amené
42:05à retourner
42:06à Kinshasa
42:07parce que la fédelle
42:08commençait à avancer
42:09et que la situation
42:10s'empirait.
42:13On a amené
42:14la population
42:15dans le rue,
42:16on met en jeu
42:17beaucoup d'argent,
42:18des pancartes
42:19pour accueillir Mobutu.
42:24L'avion est sur le tarmac
42:26mais Mobutu
42:27ne sort pas de l'avion
42:28parce que Mobutu
42:29pique une crise
42:30dans l'avion.
42:32Fatigué,
42:33la chimio
42:34qu'on lui faisait
42:35et autre.
42:36On a dû attendre
42:38pendant plus d'une heure
42:40et comme Mobutu arrive
42:43là,
42:44la population
42:45découvre un homme
42:46qui n'a plus de joues.
43:05les ennemis de notre peuple
43:10choisissent le moment
43:11où je suis terrassé
43:12par la maladie
43:15pour me poignarder
43:17dans le dos
43:19car ils savent
43:20ce que l'intégrité
43:23du territoire,
43:25l'unité nationale
43:26et la dignité
43:28du Grand Zaï
43:30représentent
43:30à mes yeux.
43:32J'ai consacré
43:34ma vie.
43:45J'ai consacré
43:47En 1997,
43:49j'ai été nommé
43:50ambassadeur
43:51des Nations Unies
43:51par le président Clinton
43:54et ma première mission
43:56était d'aller aux Aïrs
43:57afin de convaincre
44:00Mobutu
44:03de quitter la présidence.
44:10La situation au Congo
44:12devenait hors de contrôle.
44:14Il y avait énormément
44:15d'assassinats.
44:19Il arrive parfois
44:20à certains dirigeants
44:21d'être entourés
44:22de conseillers
44:23qui leur cachent
44:23la vérité.
44:25Je pense qu'il était
44:26convaincu
44:27que son armée
44:28pouvait gagner.
44:28Je lui ai dit
44:29non, monsieur le président.
44:32J'ai été très direct.
44:34Monsieur le président,
44:34nous aimerions
44:35vous voir partir
44:37avec dignité.
44:37Partez maintenant.
44:38Vous avez eu votre temps.
44:40Vous savez,
44:41cela arrive
44:42à beaucoup de dirigeants.
44:43Là,
44:45Kabila s'apprête
44:46à entrer
44:47à Kinshasa
44:48et cela va plonger
44:49le pays
44:49dans un bain de sang.
44:51Votre armée
44:52n'est plus opérationnelle.
44:54Nous voulons
44:55vous mettre en sécurité.
44:56Vous êtes malade.
44:57Vous n'allez pas bien.
44:58On emmènera
44:59aussi votre famille.
45:01Il est temps maintenant.
45:02Le président Mandela
45:03sera votre médiateur.
45:06C'est ça,
45:07mon message.
45:19Kabila avait peur
45:21de négocier
45:22sur la terre
45:23pour sa sécurité.
45:27les négociations
45:28sur un bateau.
45:34Je ne sais pas
45:34quand on lui a mis en tête
45:35parce qu'il a peur.
45:41et puis là aussi,
45:42on la met en tête
45:44de Kabila
45:45que Mobutu
45:46c'est un sorcier
45:50et si vous allez
45:51négocier avec lui,
45:52quand vous regardez
45:53tout de suite
45:53les yeux
45:54de Mobutu,
45:56il risque
45:56de vous captiviser.
45:59Et donc,
46:00Kabila ici,
46:01ne regardez pas
46:01les yeux de Mobutu.
46:03Jamais.
46:03Le président Mobutu
46:06comprend que
46:07la responsabilité
46:08lui incombe
46:09principalement
46:10pour faciliter
46:11une solution.
46:13Les négociations
46:15devaient porter
46:16sur l'avenir
46:17de Mobutu.
46:18Comment le faire ?
46:19Il va partir
46:20comment ?
46:21Mais Kabila
46:23était tellement
46:24arrogant
46:25et il ne voulait
46:26même pas négocier
46:27quoi de ce soit.
46:29Pour eux,
46:30c'est Mobutu
46:30devait tout signer
46:33et accepter
46:34sa démission.
46:35Mais l'avenir
46:36de Mobutu,
46:37comment le faire ?
46:38Non, rien.
46:41Ben,
46:41Mobutu a dit
46:42bien dans sa condition,
46:44eh bien,
46:44je n'ai rien
46:45à négocier
46:46et je n'ai rien
46:46à signer.
46:51Bien sûr,
46:52il était conscient.
46:53Il savait
46:54que c'était fini.
46:56Parce qu'il n'avait
46:57plus même
46:57son armée
46:58derrière
46:58pour le soutenir.
47:01Alors,
47:01il savait
47:02que tout était perdu.
47:10On savait
47:11que les rebelles
47:12étaient déjà
47:13pratiquement
47:14ici
47:14et Kishasa.
47:24à ce moment-là,
47:25j'avais compris
47:27qu'il faut partir
47:27quitter Kishasa
47:29directement.
47:31Elle est
47:31abadurisée.
47:36Mobutu
47:37va quitter
47:37Kishasa
47:38comme un voleur.
47:41Ils attendaient
47:42à ce que ça
47:43explose
47:43la Kishasa.
47:44Alors,
47:45là,
47:46c'est chaque soldat
47:47en débandade
47:48et chacun
47:48pour soi.
47:51On se bat
47:51pour qui ?
47:52Pour un Mobutu
47:53qui ne nous fait rien
47:54et qui a bouffé
47:55l'argent.
48:00La FDL arrive.
48:04Non seulement,
48:05il n'y a pas eu
48:05de combat,
48:06mais nous étions
48:07tous dans les rues
48:07et on les applaudissait,
48:08même moi.
48:10T'as dit,
48:10au moins,
48:10on passe une colonne
48:11et là,
48:12dans les rues,
48:12on applaudissait.
48:15On faisait la fête
48:17et l'entrée
48:17de la FDL,
48:18c'était comme une fête.
48:19Ce n'était pas
48:19une situation de guerre.
48:22Les jeunes gens
48:23avec des pieds gonflés
48:24qui entraient
48:25dans la ville
48:25avec leurs obus,
48:27avec leurs canons.
48:28Il y a la population
48:29avec des rameaux,
48:30la fête
48:30et la chute
48:31de Mobutu.
48:39On entre dans les bureaux,
48:41dans les ministères,
48:42on arrache
48:43des murs,
48:43les photos.
48:46Mobutu, Mobutu,
48:47Temena, Mobutu,
48:48Mobutu est parti.
48:49C'était comme un réveil.
48:58Kinshasa est tombé,
49:00Mobutu est à Gwadolite.
49:02Ce n'est pas
49:03la FDL,
49:04les nouveaux venus
49:05qui sont partis
49:06chasser Mobutu.
49:07Gwadolite, non.
49:09Ce sont ses propres soldats,
49:11les soldats
49:11de sa propre
49:12garde présidentielle.
49:13Ce sont
49:14ses propres
49:15frères ethniques.
49:22Il voulait rester.
49:24Il voulait mourir
49:25là-bas.
49:29On n'a pas arrêté
49:30d'essayer
49:31de le convaincre.
49:32Il faut y aller,
49:33papa.
49:33Il faut y aller.
49:34Allons-y.
49:38Finalement,
49:39il est parti
49:39mais à contre-cœur.
49:43Pour le confort
49:44du président,
49:45on a embarqué
49:46avec la voiture
49:47et toutes les affaires
49:49dans l'avion militaire.
49:52Heureusement
49:53que c'était
49:54un avion militaire
49:54car sans ça,
49:56on se serait écrasé
49:58à Gwadolite.
50:00Ils nous ont tirés
50:02dessus.
50:03L'avion était
50:04criblé de trous.
50:06Partout,
50:06partout.
50:09Les grands hommes
50:10qui étaient Mobutu
50:11étaient petits.
50:18à la fin,
50:19c'était un petit
50:19méjou isolé
50:21avec sa femme
50:22et ses enfants
50:22qui fouillent
50:23comme au début
50:24de sa vie,
50:25c'était un homme seul.
50:28Quelques mois
50:29après,
50:30loin de son pays,
50:32il meurt.
50:50pardonnez-moi.
50:53Ce furent
50:54ces derniers mots.
50:59Pourquoi demandait-il
51:00pardon ?
51:01Lui seul le sait.
51:04Moi, j'ai demandé
51:05pardon au Seigneur
51:06au nom de tous
51:07les Aïrois
51:08et de moi-même
51:09parce qu'il était
51:10le père de la nation.
51:12C'est ce que je lui ai dit.
51:18On croyait
51:19qu'avec Mobutu,
51:20on a été le fond.
51:23Donc,
51:23toute personne
51:24qui remplacera Mobutu
51:25ne pourra que nous remonter.
51:31Or,
51:31avec l'arrivée
51:32de Laurent Désiré Kabila
51:34et donc du Rwanda,
51:36c'était le moment
51:37où les Congolais
51:39perdent profondément
51:41ce pays.
51:42Monsieur Laurent Désiré
51:43Kabila
51:44assume
51:45les fonctions
51:46du chef de l'État.
51:48Dès qu'il est arrivé
51:49au pouvoir,
51:50les Rwandais
51:51ont déferlé
51:51sur Kinshasa.
51:53Ils ont pris
51:54les plus beaux appartements,
51:56ils ont pris
51:57les véhicules
51:58et toutes sortes
51:59de biens.
51:59C'était un
52:00qui contrôlait
52:01le gouvernement
52:02congolais.
52:05À présent,
52:06nous avons une armée
52:08infiltrée
52:09par les Rwandais.
52:13aujourd'hui,
52:14le Rwanda
52:15a la mainmise
52:15sur le plus grand marché
52:16de coltan au monde.
52:19Mais il ne produit pas
52:21le moindre kilo
52:21de coltan.
52:24Tout ce qu'ils vendent
52:25au monde extérieur
52:26provient du Congo.
52:28L'Amérique
52:29et le Canada,
52:29l'Europe occidentale,
52:31la Russie,
52:31tous profitent
52:32de ces ressources
52:33du Congo.
52:36nous possédons
52:38un pays
52:39très riche
52:41mais qui n'a
52:42rien à offrir.
52:44Les gens
52:44continuent de souffrir
52:45et la population
52:46demeure extrêmement
52:47pauvre.
52:59Montre Père,
53:01Dieu aussi,
53:02que ton nom
53:03soit sanctifié,
53:05que ton règne
53:06vienne,
53:07que ta volonté
53:08soit faite
53:09sur la terre
53:10comme le ciel.
53:11Donne-nous
53:11aujourd'hui
53:12notre pain
53:13de ce jour.
53:14Pardonne-nous
53:15notre offense
53:16comme nous pardonnons
53:18aussi à ceux
53:19qui nous ont offensés
53:21et ne nous laisse
53:22pas entrer en tentation.
53:24Trois présidents
53:25se sont succédés
53:28depuis son départ.
53:31Tous copient
53:31d'abord Mobutu.
53:34Tout le monde
53:35devait concentrer
53:35le pouvoir
53:36entre ses mains,
53:37ce moins le chef,
53:38ce moins le pays.
53:40Or, tous vont
53:40lier de la même manière.
53:43Et avec Mobutu,
53:44la corruption
53:45s'est installée
53:46à tous les étages
53:47de la société.
53:48Tous les étages.
53:55Mobutu
53:55semblait nous dire
53:56« Je suis encore là ».
53:58Qu'on est encore
53:59dans les Mobutismes.
54:01Sans Mobutu.
54:02« Je suis encore là »
54:11la corruption
54:11qui l'a dit
54:24C'est parti.
54:51C'est parti.
55:11C'est parti.
Comentários

Recomendado