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En 2024, des dizaines de milliers de Géorgiens descendent dans la rue pour protester contre leur gouvernement. Une enquête de la BBC révèle que les forces de l’ordre géorgiennes auraient eu recours à un gaz de combat datant de la Première Guerre mondiale pour réprimer les manifestants.
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00:00:09A CIDADE NO BRASIL
00:00:30A CIDADE NO BRASIL
00:01:03A CIDADE NO BRASIL
00:01:29A CIDADE NO BRASIL
00:01:31A CIDADE NO BRASIL
00:01:46A CIDADE NO BRASIL
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00:06:38A CIDADE NO BRASIL
00:06:40A CIDADE NO BRASIL
00:06:45As irregularidades constatadas, o Parlamento Europeu reclamou um novo escritório.
00:07:16As irregularidades constatadas, o governo, que previsto as regras, chama a polícia anti-émeute para chamar de ordem,
00:07:24com a aidado de 5 toneladas de 5 toneladas.
00:07:34Mas os manifestantes refusen de recular.
00:07:52En esta froide noite de novembro, sur l'avenue Rustaveli,
00:07:56la polícia s'apprête a utilizar des moyens que peu de gens avais anticipés.
00:08:17Quando j'ai vu arriver les camions avec les canons à eau, je n'ai pas vraiment réagi.
00:08:21Je me suis dit, c'est comme d'habitude, rien de nouveau.
00:08:25Mais on a tout de suite senti une très mauvaise odeur, et on avait du mal à respirer.
00:08:32Gela Hasaya est un activiste.
00:08:35Il est aux avant-postes de nombreux mouvements anti-gouvernementaux depuis des années.
00:08:39Mais cette fois, il se rend vite compte que ces canons à eau sont un peu différents de ceux qu
00:08:44'il connaît déjà.
00:08:51Ils avaient mis quelque chose dans l'eau.
00:08:53On n'était pas seulement trempés, on avait la peau qui brûlait.
00:09:00J'avais été blessé par la police.
00:09:03Et quand cette eau est entrée en contact avec mes blessures,
00:09:07ça m'a fait horriblement mal.
00:09:18De nombreux manifestants comme Gela commencent à avoir des symptômes inquiétants.
00:09:23Vomissement, essoufflement, irritation de la peau.
00:09:30J'avais toute cette zone qui brûlait.
00:09:32Sans doute parce que j'avais reçu plus d'eau à cet endroit-là.
00:09:36J'avais la peau qui pelait et ça me démangeait.
00:09:42Le médecin m'a confirmé que ma peau avait été en contact avec un produit toxique.
00:09:47Les symptômes ont duré au moins un mois.
00:09:51Ils sont alors nombreux à se demander quels produits chimiques la police a utilisé.
00:09:56En coulisses, d'autres manifestants commencent à recueillir des témoignages pour en savoir plus.
00:10:02Ce jour-là, la police a clairement eu carte blanche pour réprimer la contestation dans la violence.
00:10:19Tout autour de nous, partout où je regardais,
00:10:21je voyais des policiers anti-émeutes qui tabassaient tous ceux qui leur tombaient sous la main.
00:10:32J'ai entendu des cris désespérés.
00:10:34Des femmes qui hurlaient, c'est mon fils, arrêtez de le frapper.
00:10:41C'était vraiment terrible.
00:10:53Les manifestants tentent de résister à l'aide de mortiers d'artifices et de lasers.
00:10:58La presse pro-gouvernementale les décrit comme des jeunes violents et radicalisés,
00:11:04financés par l'étranger.
00:11:30Les forces de police déploient leurs canons à eau jusqu'à huit fois en une seule nuit.
00:11:34Souvent sans sommation.
00:11:36Un nombre croissant de manifestants témoignent de symptômes étranges liés à cette eau.
00:11:52Il suffisait de quelques gouttes sur la peau pour que ça fasse très mal.
00:12:01Constantine Chakounashvili est pédiatre.
00:12:02Il manifeste avec son frère sur l'avenue Roustavelli depuis le premier jour.
00:12:07Ce sont des militants anti-gouvernementaux de longue date.
00:12:11Lui aussi peut témoigner des effets de ces canons à eau.
00:12:20Les jets peuvent être très larges ou très directionnels.
00:12:24Si vous recevez des gouttes d'eau sur la peau, ça brûle aussitôt.
00:12:29Et si vous n'avez pas de masque, c'est la même sensation qu'un gaz lacrymogène.
00:12:34Et ça dure longtemps ?
00:12:36Ça ne disparaît pas quand on sera un salaud.
00:12:39Ça dure plusieurs jours.
00:12:41Les autorités sont sommées de donner des détails sur les produits chimiques utilisés dans l'eau des canons.
00:13:00Constantine décide alors de réaliser une étude scientifique
00:13:03pour déterminer si certains symptômes ont duré plus d'un mois.
00:13:07Il réunit un échantillon de 350 manifestants exposés aux gaz lacrymogènes
00:13:12ainsi qu'aux produits mystères présents dans l'eau des canons.
00:13:16Mais il est difficile d'identifier des symptômes spécifiques.
00:13:2140% des personnes interrogées disent avoir subi une irritation cutanée comme Gela.
00:13:27Mais ce n'est pas le pire des effets.
00:13:31Deux personnes sur trois ont été prises de tout.
00:13:34Une sur deux avaient du mal à respirer.
00:13:37283 personnes ont souffert d'hypertension.
00:13:41150 ont eu des palpitations cardiaques.
00:13:46Quand une seule personne vous dit qu'elle a eu deux de ces symptômes,
00:13:49ça peut rester anecdotique.
00:13:52C'est pourquoi on a essayé de collecter assez de données
00:13:55pour nous permettre de préciser ces effets.
00:14:16On ferait mieux de s'éloigner.
00:14:21L'information selon laquelle des produits chimiques irritants
00:14:25auraient pu être mélangées à l'eau des canons
00:14:27est sortie dès les premiers jours des manifestations.
00:14:33Tamar Ognani dirige l'unité violation des droits humains
00:14:36de l'association géorgienne des jeunes avocats.
00:14:39Depuis le début avec son équipe,
00:14:41elle documente les allégations de présence de produits chimiques
00:14:44dans l'eau des canons et collecte les témoignages
00:14:47de violences policières.
00:14:52Il faut vraiment garder un œil sur ces voitures de police,
00:14:56bleues ou blanches.
00:15:01L'association recueille des témoignages
00:15:03auprès d'une centaine de manifestants.
00:15:05Tamar Ognani et son équipe savent à présent
00:15:07que ce produit mystérieux a été déployé
00:15:10pendant la première semaine de manifestations.
00:15:14Ce sont des milliers de personnes
00:15:16qui ont été touchées par ces produits chimiques irritants,
00:15:19des produits inconnus du public.
00:15:38Le fait que l'eau a été contaminée
00:15:40avec un produit chimique
00:15:42dit bien que le ministère de l'Intérieur
00:15:44est fermement décidé à empêcher les rassemblements
00:15:48et qui laisse compte à un effet dissuasif
00:15:51sur les manifestants.
00:15:54Depuis le début,
00:15:56Tamar et son association
00:15:57pressent le gouvernement
00:15:58de révéler le nom des produits chimiques concernés.
00:16:01La communauté médicale est inquiète
00:16:03et fait circuler une pétition dans le même but.
00:16:06Mais personne n'obtient de réponse.
00:16:13Mon rôle est d'enquêter
00:16:15sur les allégations de torture
00:16:16et autres mauvais traitements
00:16:18partout où ils peuvent survenir.
00:16:21Alice Edwards a examiné de près
00:16:23la situation en Géorgie.
00:16:27On n'est pas dans l'armée.
00:16:29On est dans un environnement civil
00:16:31où des gens ordinaires
00:16:32descendent dans la rue.
00:16:34Et en tant que citoyens,
00:16:35ils ont le droit d'être informés
00:16:37sur les moyens mis en œuvre
00:16:38pour le maintien de l'ordre
00:16:39dans leur pays.
00:16:41L'État doit être entièrement transparent
00:16:44et dire si oui ou non,
00:16:46il ajoute des produits chimiques à l'eau.
00:16:48Et si oui,
00:16:49quels sont ces produits ?
00:16:53Et ce n'est pas une question
00:16:54de démocratie,
00:16:55de transparence
00:16:56ou d'état de droit.
00:16:59C'est tout simplement
00:17:00que les gens ont le droit
00:17:02d'être informés sur leur santé
00:17:03et de savoir
00:17:04s'ils sauront ou non
00:17:05hors de danger
00:17:06en allant manifester.
00:17:10Il n'existe pas
00:17:11de loi internationale
00:17:12interdisant l'usage
00:17:13de produits chimiques
00:17:14dans les canons à eau.
00:17:15Mais cet usage
00:17:16n'est pas recommandé
00:17:17et dans tous les cas,
00:17:18ces effets doivent être temporaires.
00:17:22Si on ignore à ce jour
00:17:23les effets des canons à eau
00:17:24sur le long terme,
00:17:25il est clair que des centaines
00:17:26de personnes ont été blessées
00:17:28par la police.
00:17:37Nous avons voulu identifier
00:17:39les responsables.
00:17:44Sur le terrain,
00:17:45quand les journalistes
00:17:46essaient de le savoir,
00:17:47ils sont attaqués
00:17:48par des hommes masqués,
00:17:49dont certains ressemblent
00:17:50à des policiers.
00:17:52On les appelle
00:17:53des titoushkis.
00:17:54Ils sont soupçonnés
00:17:56d'être des membres
00:17:57de groupes mafieux
00:17:57à la solde du pouvoir.
00:18:23Les policiers eux-mêmes
00:18:24sont habillés comme eux,
00:18:25uniformes noirs,
00:18:26visages cachés
00:18:27et aucun d'eux
00:18:28ne porte de plaque
00:18:29d'identification.
00:18:38Cette femme les connaît bien.
00:18:39Elle a été l'un des leurs.
00:18:42Tamta Rekhviashvili
00:18:43était dans la police.
00:18:45Elle se prépare à présent
00:18:46à rejoindre l'un des rassemblements.
00:18:50J'ai vu beaucoup
00:18:51de mes anciens collègues
00:18:52avec ou sans masque.
00:18:53J'ai passé tellement de temps
00:18:54à travailler avec eux
00:18:55que je les reconnais,
00:18:56rien qu'à leurs yeux.
00:19:05En tant que femme policière,
00:19:06je n'arrivais pas à croire
00:19:07que les forces de l'ordre
00:19:08soient capables
00:19:09de choses pareilles.
00:19:14Quand vous frappez
00:19:15une personne sans connaissance
00:19:16à plusieurs reprises,
00:19:17vous n'êtes plus un policier.
00:19:18Pire que cela,
00:19:20vous n'êtes plus un être humain.
00:19:22Vous devenez un ennemi public.
00:19:26Tamta est une des rares
00:19:27officières de police
00:19:28à avoir ouvertement
00:19:29critiqué le système.
00:19:30Elle a exercé
00:19:31pendant sept ans.
00:19:32À son dernier poste,
00:19:34elle enquêtait
00:19:34sur des crimes
00:19:35contre des mineurs.
00:19:37Elle a démissionné
00:19:39au printemps 2024,
00:19:40après une autre
00:19:41manifestation violente.
00:19:47Là, c'était ma remise
00:19:48de diplôme
00:19:49à l'académie de police.
00:19:54À l'époque,
00:19:55je croyais que j'allais
00:19:55pouvoir faire bouger
00:19:56les choses.
00:20:00Je n'ai jamais oublié
00:20:01le serment que j'ai prêté
00:20:02quand je suis devenu
00:20:03officier de police.
00:20:04Il n'était pas question
00:20:05de loyauté au système.
00:20:06Il était question
00:20:07d'être au service
00:20:07du public.
00:20:15Mais c'est la police
00:20:16anti-émeute,
00:20:17l'unité des forces spéciales
00:20:18qui mènent la danse
00:20:19nuit après nuit.
00:20:20Ces membres ont la réputation
00:20:22d'être de vrais Robocop.
00:20:23Ce sont eux
00:20:24les principaux responsables
00:20:25de la violence.
00:20:30Ces vidéos,
00:20:31partagées en exclusivité
00:20:32avec la BBC,
00:20:33ont été filmées
00:20:34par des policiers
00:20:35de cette unité.
00:20:36Ces hommes sont
00:20:37postés près du Parlement
00:20:38et attendent les ordres
00:20:40face aux manifestants
00:20:41dont certains
00:20:42sont agressifs.
00:20:51On entend les policiers
00:20:53leur répondre
00:20:56et proférer aussi
00:20:58des menaces de viol
00:20:59et de mort
00:21:00à l'encontre
00:21:00des manifestants.
00:21:20Sviad Harazishvili,
00:21:22surnommé Harreba,
00:21:23est le commandant
00:21:23de la police anti-émeute.
00:21:25C'est lui
00:21:26qui mène la répression
00:21:27soir après soir.
00:21:28Rapidement,
00:21:29les manifestants
00:21:30retiennent son nom.
00:21:43Il y a une vidéo
00:21:44qui le montre
00:21:44en train d'insulter
00:21:45les manifestants
00:21:46au mégaphone.
00:21:48On le voit aussi
00:21:49frapper des détenus
00:21:50qu'on lui a amenés.
00:21:58Harreba dirige
00:21:58les forces spéciales
00:21:59depuis près de six ans.
00:22:01Il s'agit
00:22:01d'une unité d'élite
00:22:02qui a bénéficié
00:22:04de la coopération militaire
00:22:05de différents pays
00:22:06d'Europe
00:22:06et des Etats-Unis.
00:22:08Tout comme le gouvernement,
00:22:09il semble convaincu
00:22:10que les manifestants
00:22:11sont des activistes LGBT
00:22:13soutenus par l'Occident.
00:22:37Tamta nous raconte
00:22:38que la plupart
00:22:38de ses anciens collègues
00:22:40ont coupé les ponts
00:22:41avec elle
00:22:41depuis qu'elle a quitté
00:22:42son poste.
00:22:44J'aimais beaucoup
00:22:45porter mon uniforme
00:22:46mais aujourd'hui
00:22:47je ne pourrais plus.
00:22:50Quand j'ai démissionné,
00:22:52mes collègues
00:22:52ont eu des réactions
00:22:53très négatives.
00:22:54Pour eux,
00:22:55c'était une trahison.
00:22:57Maintenant que je suis
00:22:58de l'autre côté,
00:22:59il me semble injustifiable
00:23:00qu'ils restent
00:23:01dans la police
00:23:01sans rien dire.
00:23:05Plus de 500 personnes
00:23:06ont été arrêtées
00:23:07au cours des premières
00:23:08semaines de soulèvement.
00:23:09La plupart d'entre elles
00:23:10accusent la police
00:23:11de mauvais traitement
00:23:12et de torture
00:23:13en détention.
00:23:14Mais aucun policier
00:23:16n'a dû rendre des comptes.
00:23:23La lettre que j'ai adressée
00:23:26aux autorités géorgiennes
00:23:27portait principalement
00:23:28sur l'usage immodéré
00:23:29de la force
00:23:29et sur le très grand nombre
00:23:31d'individus arrêtés
00:23:32et détenus
00:23:33qui ont été frappés
00:23:34et soumis
00:23:34à des violences
00:23:35de la part
00:23:35de l'autorité publique.
00:23:40Ce qui était
00:23:40le plus inquiétant
00:23:41de mon point de vue,
00:23:42c'était que la police
00:23:43s'est sentie autorisée
00:23:44à faire absolument
00:23:46ce qu'elle voulait
00:23:46pendant ces journées.
00:23:51Hélas,
00:23:51je n'ai encore
00:23:52obtenu aucune réponse.
00:24:01Au début du mouvement
00:24:02de contestation,
00:24:04le gouvernement a annoncé
00:24:05qu'il renonçait
00:24:05à recourir
00:24:06à la répression policière.
00:24:08Mais les manifestations
00:24:09et les violences
00:24:10n'ont pas cessé.
00:24:11Pour un homme
00:24:12en particulier,
00:24:14la situation
00:24:14est devenue intenable.
00:24:23Je n'avais pas le choix.
00:24:25Soit je restais
00:24:26et je devenais un tueur,
00:24:29soit je partais.
00:24:32Nous avons retrouvé
00:24:33la trace d'un ancien
00:24:34haut gradé de la police
00:24:35qui connaît
00:24:36le système de l'intérieur.
00:24:37Il a accepté
00:24:38de nous révéler
00:24:39qui donnait les ordres.
00:24:44Si j'ai accepté
00:24:45de donner cette interview,
00:24:47c'est pour que les gens
00:24:48en Géorgie
00:24:49et dans le monde entier
00:24:51apprennent toute la vérité
00:24:52sur ce qui se passe
00:24:53dans notre pays.
00:25:00Irakli Chayich Melashvili
00:25:01est un militaire de carrière.
00:25:03Il a combattu la Russie
00:25:04pendant la guerre
00:25:05russo-géorgienne.
00:25:06Il a aussi été déployé
00:25:08en Afghanistan
00:25:08au sein des troupes
00:25:09de l'OTAN.
00:25:11Il y a six ans,
00:25:12il a été nommé
00:25:13responsable
00:25:14de la planification
00:25:15dans la police anti-émeute.
00:25:17Autant dire
00:25:18un poste-clé.
00:25:26Irakli avait pour mission
00:25:28de déployer
00:25:28les effectifs
00:25:29pendant les manifestations,
00:25:30dont pas moins
00:25:31de 3 000 membres
00:25:32des forces spéciales.
00:25:42Le premier jour
00:25:43des manifestations,
00:25:45Irakli était chargé
00:25:46de concevoir
00:25:46un plan de gestion
00:25:47des foules.
00:25:52Le 28 novembre,
00:25:53quand le ministre délégué
00:25:54m'a fait venir
00:25:55dans son bureau
00:25:55et m'a confié
00:25:56la conception
00:25:57de ce plan,
00:25:57il avait leur tendu.
00:26:01Le gouvernement
00:26:02avait ordonné
00:26:03la mobilisation totale.
00:26:07J'ai formulé
00:26:07la recommandation
00:26:08de ne déployer
00:26:09que les unités
00:26:10nécessaires
00:26:10pour assurer
00:26:11une manifestation
00:26:12dans le calme.
00:26:16Mais l'unité
00:26:17des forces spéciales
00:26:18à elle seule
00:26:19a mobilisé
00:26:202 300 hommes
00:26:22ce jour-là
00:26:22et 6 canons à eau.
00:26:28Cela n'aurait été
00:26:29justifié
00:26:29que s'ils avaient
00:26:30été informés
00:26:31que les manifestants
00:26:32projetaient
00:26:33de prendre d'assaut
00:26:33des bâtiments
00:26:34gouvernementaux
00:26:35ou d'avoir recours
00:26:36à la violence.
00:26:38Or,
00:26:39ce n'était pas le cas.
00:26:41Leur projet,
00:26:42c'était de faire peur
00:26:43aux manifestants.
00:26:47Irakli recommande
00:26:48la modération,
00:26:49mais la décision
00:26:50est déjà prise
00:26:51et personne
00:26:51ne tient compte
00:26:52de son avis.
00:26:53Il assiste
00:26:54aux événements
00:26:55depuis le centre
00:26:55de commandement
00:26:56de la police.
00:26:57Il est révolté
00:26:58de ce qu'il voit.
00:27:03J'ai vraiment du mal
00:27:04à ne pas être choqué
00:27:05en regardant ces vidéos.
00:27:07Je trouve ça
00:27:08scandaleux.
00:27:16Je voyais les hommes
00:27:17revenir des opérations.
00:27:19Ils étaient contents.
00:27:20Ils se vantaient
00:27:21du nombre de personnes
00:27:22qu'ils avaient tabassées
00:27:23ou arrêtées.
00:27:25Ils disaient
00:27:26qu'ils attendaient
00:27:26leurs primes
00:27:27avec impatience.
00:27:29C'était vraiment honteux.
00:27:34On observe
00:27:35les mêmes comportements
00:27:36à Moscou,
00:27:36au Bélarus,
00:27:37à Grozny,
00:27:39dans tous les pays
00:27:40qui sont soumis
00:27:41à un régime autoritaire
00:27:42dictatorial.
00:27:47Hiraqli
00:27:48nous décrit
00:27:48la chaîne
00:27:49de commandement.
00:27:49Elle part
00:27:50du sommet
00:27:51du gouvernement
00:27:51en la personne
00:27:52du ministre
00:27:53de l'Intérieur,
00:27:54Vaktan Gomeh Lahori,
00:27:56et va directement
00:27:57à Rareba,
00:27:58le responsable
00:27:58de la police
00:27:59anti-émeute.
00:28:01Ici,
00:28:01les deux hommes
00:28:02font visiter
00:28:02l'unité des forces
00:28:03spéciales
00:28:04au Premier ministre.
00:28:10Les officiers
00:28:11chargés
00:28:12du maintien
00:28:12de l'ordre
00:28:13qui portent
00:28:13des masques noirs
00:28:14et des uniformes noirs
00:28:15sont extrêmement
00:28:17violents
00:28:17pendant les manifestations.
00:28:21Ce sont des hommes
00:28:22qui ont fait
00:28:23allégeance
00:28:23à Rareba.
00:28:25Tout ce qu'ils font
00:28:26c'est pour avoir
00:28:26son approbation.
00:28:30Rareba,
00:28:31qui à son tour,
00:28:32fait tout
00:28:32pour satisfaire
00:28:33Gomeh Lahori.
00:28:36C'est pour ça
00:28:36qu'il fait
00:28:37tout le sale travail.
00:28:43Normalement,
00:28:44pour déployer
00:28:45des canons à eau
00:28:45remplis de produits chimiques,
00:28:47il faut avoir
00:28:48l'autorisation
00:28:49du ministre
00:28:49ou de son délégué.
00:28:54Cette chaîne
00:28:55de commandement
00:28:56réduite
00:28:56est très dangereuse.
00:28:59Nous ne savons pas
00:29:00avec certitude
00:29:01qui a donné l'ordre
00:29:02de déployer
00:29:03des canons à eau
00:29:03remplis de produits chimiques.
00:29:05Irakli a démissionné
00:29:07au cinquième jour
00:29:07des manifestations
00:29:08et fuit la Géorgie
00:29:10avec toute sa famille.
00:29:12Il a pris sa décision
00:29:13après avoir visionné
00:29:14la vidéo
00:29:14de ses collègues
00:29:15en train de tabasser
00:29:17Sviad.
00:29:19C'est ce jeune homme.
00:29:24Ils lui ont fracturé
00:29:25les os
00:29:25de la face.
00:29:40Ça a été la goutte d'eau.
00:29:43Et tout ce que je regrette,
00:29:45c'est de ne pas être parti plus tôt.
00:30:01Sachant que la vidéo
00:30:02du passage à tabac
00:30:03de Sviad
00:30:04était devenue virale,
00:30:05les manifestants
00:30:06ont espéré
00:30:07qu'elle entraînerait
00:30:07des sanctions
00:30:08contre les policiers.
00:30:09Mais ça n'a pas été le cas.
00:30:12Après son agression,
00:30:14Sviad retourne
00:30:15sur l'avenue Roustavelli.
00:30:27Je continue à venir manifester,
00:30:30mais plus aussi souvent.
00:30:34Après ce qui s'est passé,
00:30:36j'ai eu des troubles
00:30:36à cause du stress post-traumatique.
00:30:40J'avais peur,
00:30:41beaucoup plus qu'avant.
00:30:45Six mois après
00:30:46cette violente agression,
00:30:48Sviad attend toujours
00:30:49que les responsables
00:30:50rendent des comptes.
00:30:53Je ne connais pas
00:30:54le nom de ces policiers.
00:30:57Ils sont toujours en service.
00:31:01Je ne pense pas
00:31:02que j'obtiendrai justice
00:31:03un jour.
00:31:37Sviad n'est pas le seul
00:31:38à avoir été tabassé.
00:31:44Aucune enquête
00:31:45n'a été lancée
00:31:46concernant plusieurs centaines
00:31:48de victimes présumées
00:31:49de violences policières.
00:31:59Pour les manifestants,
00:32:01le plus révoltant
00:32:02est que certains policiers
00:32:03qui ont participé
00:32:04aux répressions
00:32:04ont reçu
00:32:05une médaille d'honneur.
00:32:06Parmi eux,
00:32:07Rareba,
00:32:08le chef de la police
00:32:09anti-émeute
00:32:10et ancien supérieur
00:32:11d'Hirakli.
00:32:22Ils ont décoré
00:32:23d'autres policiers
00:32:24pour montrer
00:32:25l'exemple à suivre.
00:32:27Si vous faites
00:32:28votre devoir,
00:32:29vous serez récompensés
00:32:31vous aussi.
00:32:36Après avoir donné
00:32:37sa démission
00:32:37en décembre 2024,
00:32:39Hirakli a critiqué
00:32:40publiquement
00:32:41l'action de la police.
00:32:42Depuis,
00:32:43celle-ci aurait essayé
00:32:44de le faire taire
00:32:45en menaçant sa famille.
00:32:52Ils ont envoyé des gens
00:32:53pour me porter des messages
00:32:55du genre
00:32:57« Il se pourrait
00:32:58qu'une voiture
00:32:59renverse accidentellement
00:33:00ton fils
00:33:00quand il rentre
00:33:01de l'école.
00:33:02Tu comprends ? »
00:33:04Un accident.
00:33:06Et ils sont capables
00:33:07de le faire,
00:33:07j'en suis convaincu.
00:33:09Parce que ce sont
00:33:10des gens malfaisants
00:33:11qui n'ont aucune morale
00:33:12ni aucune conscience.
00:33:19Hirakli est parti
00:33:19s'installer
00:33:20avec sa famille
00:33:20aux Etats-Unis
00:33:21où il a fait
00:33:22une demande
00:33:22d'asile politique.
00:33:24C'est le plus haut gradé
00:33:26de la police
00:33:26à avoir fait défection.
00:33:31Quand je pense
00:33:32à tout ce qui s'est passé,
00:33:34je n'en reviens pas.
00:33:37C'était vraiment
00:33:38l'enfer sur Terre.
00:33:42Vous étiez en poste
00:33:43à ce moment-là.
00:33:45Pourquoi n'êtes-vous
00:33:45pas intervenu ?
00:33:53Je comprends
00:33:53que des gens
00:33:54puissent m'en vouloir.
00:33:57Je sais que certains
00:33:58disent que j'aurais
00:33:59dû partir plus tôt.
00:34:04Je ne suis pas parfait
00:34:09mais je n'ai jamais
00:34:10rien fait immoral.
00:34:13Je peux regarder
00:34:14mes enfants
00:34:14dans les yeux
00:34:15et leur dire
00:34:16que leur père
00:34:17n'a rien à voir
00:34:18avec le système
00:34:18dont il faisait partie.
00:34:36Alors que les marches
00:34:37en faveur de l'Europe
00:34:38se poursuivent
00:34:39dans les rues,
00:34:40Constantine,
00:34:40médecin et manifestant,
00:34:42rejoint sa clinique
00:34:43au centre
00:34:44de Tbilisi.
00:34:47Il a fait
00:34:47une incroyable découverte.
00:34:49Il vient de terminer
00:34:50son étude
00:34:51sur les effets
00:34:52des produits chimiques
00:34:53utilisés contre
00:34:54les manifestants.
00:35:00Même ceux
00:35:01qui portaient
00:35:01des masques
00:35:02n'ont pas été protégés.
00:35:07Ses craintes
00:35:08se confirment.
00:35:09Il constate
00:35:10que près de la moitié
00:35:11des personnes
00:35:12ayant participé
00:35:12à son étude
00:35:13souffrent d'effets
00:35:14à long terme
00:35:15au-delà de 30 jours.
00:35:17Dans certains cas,
00:35:19Constantine note
00:35:19des séquelles
00:35:20au niveau du cœur
00:35:21et des poumons.
00:35:25Nous avons constaté
00:35:26un élargissement
00:35:27des ondes T
00:35:27qui pourrait être
00:35:29dû à une hypoxie.
00:35:31C'est-à-dire
00:35:32que le cœur
00:35:32manque d'oxygène
00:35:33et cela peut entraîner
00:35:34de graves complications
00:35:35cardiaques.
00:35:40Parmi les effets
00:35:41à long terme,
00:35:42nous avons aussi
00:35:42constaté
00:35:43que certaines personnes
00:35:44souffraient de vomissements,
00:35:45de nausées
00:35:46et d'essoufflements.
00:35:48Nous pouvons affirmer
00:35:49avec certitude
00:35:50que ces symptômes
00:35:51sont apparus
00:35:52après l'exposition
00:35:53et que certains
00:35:54d'entre eux
00:35:55ont persisté
00:35:55pendant plus de 30 jours,
00:35:57ce qui est bien sûr
00:35:58très préoccupant.
00:36:03L'étude de Constantine
00:36:04a été publiée
00:36:05par une revue
00:36:06scientifique internationale.
00:36:08Mais elle n'a pas pu
00:36:09identifier les composés
00:36:10chimiques utilisés
00:36:11dans les canons à eau.
00:36:12Quant aux autorités
00:36:13géorgiennes,
00:36:14elle qualifie
00:36:15simplement
00:36:16ces substances
00:36:16de gaz
00:36:17ou autres moyens spéciaux.
00:36:21...
00:36:27...
00:36:50Nós somos capazes de revelar aqui o nome e a composição das substâncias chimicas que,
00:36:56segundo nós, foram utilizadas contra os manifestantes.
00:37:00Esse 2º lanceur de alerta fez parte das Forças Spéciales.
00:37:07Eu ainda não falo aberto de tudo isso.
00:37:15L'achat Chergelashvili faz parte da armada ucraniana onde ele combat as Forças Russas.
00:37:22Ele afirma saber precisamente qual é o produto utilizado em Géorgia.
00:37:30Nós vemos aqui os canons à eau em action.
00:37:32L'achat Chergelashvili faz parte da polícia anti-émeute.
00:37:50Cet officier multidécoré a trabalhado durante mais de 20 anos durante esta unidade,
00:37:55onde ele ocupou o poste de chef do departamento das armas até 2022, sa última função.
00:38:03Quando eu trabalhava lá-bas, eu conhecia todo o material que a gente tinha em stock.
00:38:10Eu sabia tudo sobre os moyens especiais e sobre o armamento.
00:38:15Quando os manifestos começam a Tbilisi, ele seguiu de près os eventos.
00:38:21Eu me lembro de este homem que se sentiu a correr,
00:38:24en criant qu'il y avait quelque chose dans l'eau.
00:38:29J'ai tout de suite compris qu'ils avaient utilisé ce composé chimique.
00:38:35Il affirme que les canons à eau utilisés sur l'avenue Rostavelli ont été achetés en 2009.
00:38:41À cette époque, il dit avoir été chargé de tester un mélange chimique pour ses appareils.
00:38:46Il se rend compte alors qu'il est dix fois plus puissant que le gaz lacrymogène classique.
00:38:55Ce produit est un mélange de deux composés distincts,
00:38:58la poudre 3439 et le liquide 1710.
00:39:08Ils étaient mélangés dans des bidons d'une vingtaine de litres.
00:39:15La poudre était stockée dans des récipients en plastique d'un litre.
00:39:24Ce qui a retenu mon attention à l'époque,
00:39:27c'est que l'étiquette portait un motif de tête de mort.
00:39:35On a testé ce mélange peu de temps après sa livraison.
00:39:42Et deux des recrues ont réagi par des vomissements.
00:39:48J'étais resté à proximité pour tester moi-même les effets.
00:39:51Je vais essayer de vous les décrire.
00:39:58Vous avez les yeux qui vous brûlent et vous avez du mal à respirer.
00:40:09Avec les gaz lacrymogènes classiques, on peut encore respirer par la bouche.
00:40:13Et ça passe au bout d'un moment.
00:40:14Mais pas avec ce produit-là.
00:40:18Je ne peux comparer ces effets à rien de connu.
00:40:25Est-ce que la nature de ces produits était tenue secrète ?
00:40:31Seul un très petit nombre de personnes en avait connaissance.
00:40:37Pendant qu'il était en poste, l'achat affirme avoir recommandé de ne pas utiliser ces produits chimiques.
00:40:43Mais sa mise en garde n'a pas été respectée.
00:40:46Il dit qu'ils ont continué à contaminer les réservoirs des canons à eau
00:40:50pendant tout le temps qu'ils travaillaient là, jusqu'en 2022.
00:40:55La BBC a obtenu une copie d'un inventaire provenant des forces spéciales.
00:41:00Un document strictement confidentiel datant de cette époque.
00:41:05Nous avons pu l'authentifier.
00:41:07Les deux composés mentionnés par l'achat figurent bien sur cette liste,
00:41:11avec des indications de proportion pour les mélanges.
00:41:19L'achat dit être resté en contact avec d'anciens collègues,
00:41:22qui lui ont confirmé l'utilisation de ces substances sur l'avenue Rustaveli,
00:41:26lors des manifestations de 2024.
00:41:30La BBC a contacté plusieurs autres anciens officiers supérieurs,
00:41:34qui ont confirmé l'existence de ces produits et des protocoles d'utilisation.
00:41:49Je suis curieux de savoir quels produits ont été utilisés.
00:41:53Je me demande quels numéros ONU leur sont associés.
00:41:58Ces numéros ne sont pas parlants pour tout le monde.
00:42:01Nous avons donc demandé au professeur Holstege de nous aider à comprendre ce qu'il signifie.
00:42:06Cet expert en toxicologie et risques chimiques de renom international
00:42:10est sollicité par des gouvernements du monde entier
00:42:13pour travailler sur d'importants cas d'empoisonnement.
00:42:16C'est un mystère.
00:42:18Qu'est-ce qu'ils ont mis dans l'eau avant d'arroser la foule ?
00:42:22Et quels indices pourraient nous aider à déterminer la nature des produits
00:42:25qui ont été versés dans l'eau ?
00:42:27Ce cas m'a beaucoup intrigué.
00:42:30La première substance, un liquide, est facile à identifier.
00:42:34Le code ONU 1710 correspond au trichloréthylène, ou TCE.
00:42:39Il s'agit d'un solvant qui aide d'autres produits chimiques à se dissoudre dans l'eau.
00:42:45Le trichloréthylène pénètre facilement dans le corps par la peau, les poumons et l'appareil digestif.
00:42:51Il a un impact sur le système nerveux, le système cardiovasculaire, et il peut affecter aussi le foie.
00:42:59C'est un produit que je n'aimerais pas voir envoyé sur des manifestants.
00:43:03Plus la dose est forte, plus les risques de complications augmentent.
00:43:09C'est un produit chimique qui est propulsé par un appareil à haute pression.
00:43:14Les gens qui se trouvent à proximité du canon à eau peuvent non seulement en recevoir sur la peau
00:43:19ou inhaler de la vapeur, mais ils risquent aussi d'ingérer ce liquide.
00:43:27Les personnes touchées par le jet peuvent même en avaler une bonne gorgée.
00:43:31En tant que toxicologue, je trouve ça très préoccupant.
00:43:36L'identification du deuxième composé, la poudre, est nettement plus difficile.
00:43:41Le code ONU 3439 se réfère à une classe de produits.
00:43:46Le professeur Holstege et sa collègue Sandra Nixon vont procéder par élimination.
00:43:52Pour cela, ils prennent en compte les documents que nous avons rassemblés.
00:43:56L'étude de Constantine, les déclarations des témoins et les rapports sur les droits de l'homme.
00:44:01En s'appuyant sur ces indices, ils parviennent à dégager une hypothèse.
00:44:06Ce produit est tellement toxique que ça n'a pas de sens.
00:44:10Il reste tellement longtemps dans l'air qu'il touche tout le monde.
00:44:14C'est ce qu'écrivait déjà un chimiste italien en 1939.
00:44:19C'est inquiétant de voir réapparaître des armes de la Première Guerre mondiale qu'on n'utilisait plus du tout
00:44:24et sur lesquelles on ne trouve aucune donnée moderne.
00:44:27D'après ces chercheurs, il s'agirait d'un agent chimique baptisé le KAMIT.
00:44:32Il a été utilisé pour la première fois par l'armée française contre les Allemands à la fin de la
00:44:37Première Guerre mondiale.
00:44:39Il a ensuite été brièvement employé par la police américaine comme agent anti-émeute,
00:44:44mais rapidement abandonné et remplacé par des moyens moins toxiques.
00:44:49Je n'ai jamais vu le KAMIT utilisé de nos jours.
00:44:53Cette arme a été mise au point à l'époque de la Première Guerre.
00:44:57Elle a été utilisée très efficacement pour ses pouvoirs irritants en cas d'émeute.
00:45:03Le KAMIT provoque de vives irritations qui durent
00:45:06et qui sont également susceptibles de causer des problèmes respiratoires,
00:45:09comme la toux par exemple, ou d'entraîner des pneumonies.
00:45:13Et si vous en buvez un peu, vous risquez de souffrir de troubles gastro-intestinaux,
00:45:17en particulier des vomissements.
00:45:22La question qui se pose alors, c'est pourquoi utiliser un tel produit ?
00:45:27Sans doute pour sa persistance dans l'air,
00:45:29parce qu'il disperse les manifestants plus longtemps.
00:45:32Ils ont besoin d'assistance et doivent aller à l'hôpital.
00:45:35Ils sont donc obligés de quitter les lieux.
00:45:37Si c'est ce qui explique le retour de ce produit chimique, c'est extrêmement grave.
00:45:44Nous ne connaissons pas le dosage exact, ni combien de fois ces produits ont été utilisés.
00:45:49Ce qui est sûr en revanche, c'est que les canons à eau ont été déployés contre des milliers de
00:45:53personnes
00:45:54qui étaient descendues dans la rue durant les sept premiers jours de ce mouvement.
00:46:01Nous avons présenté le résultat de nos recherches à la rapporteuse spéciale sur la torture des Nations Unies.
00:46:09Pour respecter le droit international, il faut que les effets soient de courte durée.
00:46:15Les problèmes persistants, comme les troubles respiratoires ou cardiaques à long terme,
00:46:20ne rentrent pas dans le cadre des effets temporaires qu'on pourrait considérer comme acceptables.
00:46:27Tous ces cas devraient donc faire l'objet d'enquêtes, y compris au titre de la torture ou d'autres
00:46:32mauvais traitements.
00:46:34La rapporteuse spéciale des Nations Unies souhaite remédier à l'absence de réglementations strictes
00:46:39concernant l'emploi de produits chimiques dans les canons à eau.
00:46:46Il est inutile que j'essaie d'attirer l'attention sur les canons à eau contaminés avec des substances toxiques,
00:46:51étant donné l'absence de réglementations au niveau international.
00:46:58Ce que je dois faire, c'est les envisager comme une arme expérimentale,
00:47:04sachant que les populations humaines ne doivent en aucun cas être soumises à des expérimentations.
00:47:08C'est une violation absolue des droits humains.
00:47:15Le rêve géorgien, le parti au pouvoir, a qualifié de parfaitement infondé et absurde
00:47:20l'allégation selon laquelle des produits chimiques inconnus auraient contaminé l'eau des canons.
00:47:26Il a déclaré que les forces de l'ordre avaient agi dans le respect du droit et de la Constitution
00:47:30pour contrer les actions illégales de violents criminels.
00:47:51Pendant ce temps, la répression s'intensifie.
00:48:13Ceux qui s'opposent au gouvernement sont confrontés à la menace croissante de méthodes autoritaires à la Russe.
00:48:20Le leader du parti auquel appartient Gela a été condamné à la prison.
00:48:24Ce jour-là, Gela est venu le soutenir.
00:48:33Les dirigeants du parti ne sont pas les seuls visés.
00:48:36Gela a beaucoup d'amis militants en prison.
00:48:38L'un d'eux lui a écrit une lettre.
00:48:42Il dit, n'abandonnez pas le combat, ça nous donne la force de tenir bon.
00:48:47Après avoir lu ça, c'est difficile de tout lâcher et de rentrer chez soi.
00:48:52Je suis bien conscient que je risque de me retrouver parmi ces prisonniers politiques.
00:48:56Peut-être aujourd'hui, ce soir ou demain, personne ne sait.
00:49:09Gela est de plus en plus repéré en tant qu'activiste.
00:49:12Il ne tarde pas à être à nouveau interpellé par la police.
00:49:21L'incident est filmé par une équipe locale.
00:49:36Le lendemain, le tribunal lui annonce qu'il est condamné à 12 jours d'isolement.
00:49:48Tamar Onyani se rend souvent au tribunal pour soutenir des manifestants comme Gela.
00:49:53En conséquence de quoi, de nombreuses organisations de défense des droits humains, comme la sienne,
00:49:58ont été visées par une nouvelle législation.
00:50:02Depuis le 28 novembre, on constate que les manifestations et toutes les formes de protestation sont systématiquement réprimées.
00:50:12Ces lois ne visent pas seulement la société civile et les organisations de type ONG, mais l'ensemble de la
00:50:18population géorgienne.
00:50:20Et si on ne peut plus continuer à travailler, cela veut dire que les citoyens auront de moins en moins
00:50:27de chances d'obtenir justice.
00:50:34Le gouvernement impose désormais aux ONG de se déclarer officiellement comme des agents étrangers si leur financement provient d'autres
00:50:42pays.
00:50:42Si elles refusent, leurs membres risquent la prison.
00:50:53À Transparency International, on va fermer dans quelques mois.
00:50:58L'objectif du gouvernement, c'est de museler la société civile, les ONG et les médias indépendants.
00:51:06La situation sera la même qu'en Russie.
00:51:14Suivant la méthode russe, les autorités géorgiennes infligent de lourdes amendes à tous les manifestants.
00:51:23Ils sont des milliers à en faire les frais.
00:51:28C'est le cas de Tamta.
00:51:36Ils n'arriveront pas à briser le mouvement en usant de violences physiques ni en faisant payer des amendes abusives.
00:51:41Comme vous voyez, on est toujours là.
00:51:45Sans emploi, depuis qu'elle a démissionné de la police, elle a accumulé pour près de 4000 dollars d'amende.
00:51:53J'ai toujours respecté la loi.
00:51:55J'ai été une bonne policière.
00:51:57Et ça me déplait d'être assimilée à une délinquante.
00:52:01Mais un jour, nous serons fiers de ces amendes.
00:52:04Parce que c'est nous qui sommes du bon côté de l'histoire.
00:52:18Ceux qui ne paient pas leurs amendes risquent aussi de finir en prison.
00:52:22Certains cas ont déjà été signalés.
00:52:28Ils veulent que la géorgie devienne le principal allié de la Russie.
00:52:33Et qu'il n'y ait plus personne pour leur résister et leur dire non.
00:52:39A qui la faute ?
00:52:40Au gouvernement géorgien et à un homme, Bidzina Ivanishvili.
00:52:48Trouvera-t-on ici l'explication de la répression gouvernementale de l'année dernière ?
00:53:03Bidzina Ivanishvili est un oligarque multimillionnaire.
00:53:06Est-ce lui qui pousse la géorgie à se placer sous la tutelle du Kremlin ?
00:53:10Comme ses adversaires le lui reprochent ?
00:53:19On le voit ici avec le premier ministre en train de fêter l'an dernier la victoire électorale du parti
00:53:24qu'il a fondé.
00:53:32Il ne dirige pas officiellement le gouvernement et n'exerce qu'une fonction de conseiller.
00:53:37Et il conteste tout lien avec le Kremlin.
00:53:43Mais cet homme, son ancien conseiller financier, n'est pas de cet avis.
00:53:51Il intervenait dans toutes les décisions politiques.
00:53:56Les deux hommes se sont rencontrés il y a plus de dix ans à Moscou, là où Bidzina Ivanishvili a
00:54:01fait fortune.
00:54:04Nous avons retrouvé Georges Batcheshvili aux Émirats Arabes Unis, où il s'est réfugié après s'être brouillé avec son
00:54:11ancien patron.
00:54:11Je me rendais très souvent à sa résidence, au moins deux fois par semaine.
00:54:21Et j'y croisais des juges et des procureurs, mais aussi le ministre de l'Intérieur ou les chefs des
00:54:27agences de sécurité nationale.
00:54:31C'est lui qui nommait les plus hauts membres du gouvernement géorgien.
00:54:36Ivanishvili ne détenait pas officiellement le pouvoir, mais toutes ces personnes étaient à ses ordres.
00:54:44Georges affirme que son ancien patron avait la haute main sur les événements qui se sont passés l'an dernier.
00:54:51Quand je vois la façon dont ces manifestations ont été gérées,
00:54:56Je peux vous garantir que toutes ces décisions n'ont pu être prises qu'avec l'accord personnel d'Ivanishvili.
00:55:11Quelle a été la réaction de la communauté internationale face à ce qui s'est passé en Géorgie ?
00:55:18La foule réclame que des mesures soient prises.
00:55:22La Géorgie est un petit pays, mais l'action qu'on y mène est capitale pour les gens du monde
00:55:27entier.
00:55:30Parce qu'on résiste à la Russie et à son pouvoir.
00:55:36L'Occident répond en publiant une longue liste de sanctions à l'encontre de juges, de policiers et de ministres,
00:55:42accusés de porter atteinte à la démocratie et de violer les droits humains.
00:55:50Et contre l'homme qui est au sommet de l'Etat.
00:55:53Parmi les pays de l'Ouest, seuls les Etats-Unis ont pris des sanctions contre Bidzina Ivanishvili
00:55:58pour avoir violé les droits humains pendant les manifestations
00:56:02et saper la démocratie au profit de la Russie.
00:56:10La rue s'est réjouie, mais elle en réclame plus.
00:56:26Il reste épargné par l'Union Européenne et la Grande-Bretagne.
00:56:39Après avoir passé douze jours à l'isolement, Gela retrouve la liberté.
00:56:47Son cas va être présenté devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme pour détention arbitraire.
00:57:00Le jour de sa libération, Gela descend à nouveau dans la rue.
00:57:06Cela fait maintenant un an, jour pour jour, que l'avenue Roustavelli est bloquée par les manifestants.
00:57:13Il y a des moments où je suis envahi par des idées noires et je me dis que tout ça
00:57:18ne sert à rien.
00:57:22Mais ça ne dure que quelques minutes et ça passe.
00:57:30Je pense que les idéaux pour lesquels on se bat en valent la peine, même si on risque de sacrifier
00:57:36sa liberté.
00:57:39Au fond de moi, je sais que les choses vont encore empirer avant que la situation s'améliore.
00:57:53Il semble que le pays s'enfonce dans un régime autoritaire, chaque jour un peu plus, inéluctablement.
00:58:08Il s'enfonce dans un régime autoritaire, chaque jour, il s'enfonce dans un régime autoritaire.
00:59:00Il s'enfonce dans un régime autoritaire, chaque jour, il s'enfonce dans un régime autoritaire.
00:59:03Il s'enfonce dans un régime autoritaire, chaque jour et à l'avenue Roustavella, chaque jour, il s'enfonce dans
00:59:22un régime autoritaire.
00:59:24Immanageran, l'impactante Jean
00:59:55A CIDADE NO BRASIL
01:00:12A CIDADE NO BRASIL
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