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  • il y a 5 semaines
Clara Luciani est l’invitée de Mehdi Maïzi dans l’émission “À la régulière”. Un an après la sortie de « Mon sang », elle poursuit une vaste tournée à travers toute la France, avec en point d’orgue deux dates événements à l’Accor Arena les 18 et 19 février.

En attendant, l’artiste est à retrouver sur France Inter pendant les fêtes avec « Clara Luciani & Co », une carte blanche où elle réinvente des chansons en duo avec Valérie Lemercier, SCH, Louis Garrel, Pomme, Yoa et bien d’autres invités surprises.

Dans cette rencontre avec Mehdi Maïzi, on parle scène, famille, collaborations marquantes et de cette capacité unique qu’a Clara Luciani à faire danser la mélancolie avec la lumière. Un échange intime et vibrant.

Retrouvez "À la régulière" sur le site de France Inter : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/a-la-reguliere

Catégorie

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Musique
Transcription
00:00Bienvenue dans A La Régulière, l'émission de Toutes les Cultures.
00:13Aujourd'hui, on reçoit une artiste qu'on a vu grandir, s'affirmer et livrer un dernier
00:18album viscéral presque vital, Mon Sang, son dernier disque sorti il y a un peu plus d'un
00:22an, qui continue de vivre sur scène.
00:24Clara Luciani est avec nous ce soir, parce que Clara est en pleine tournée, une tournée
00:28qui sonne comme une déclaration d'amour au public, Bruxelles, puis Bordeaux, Toulouse,
00:32Lyon, Lille, avant de finir en apothéose à l'Accor Arena les 18 et 19 février, deux dates
00:38qui s'annoncent déjà comme un moment charnière dans son parcours.
00:40Et comme ça ne suffit pas, on la retrouve aussi à la radio, chez nous, sur France Inter.
00:45Pendant les fêtes, Clara se glisse dans les matinées de France Inter avec Clara Luciani-Enco,
00:49une carte blanche.
00:50Chaque jour, des reprises en duo avec Valérie Lemercier, SCH, Louis Garel, Pomme ou encore
00:54Yoa.
00:55Un rendez-vous qui promet des rencontres improbables et réjouissantes.
00:58Alors aujourd'hui, on la reçoit pour parler de tout ça, de la scène, de la famille,
01:01de ses collaborations qui disent beaucoup d'elle, et de cette manière unique qu'elle
01:04a de faire cohabiter mélancolie et éclat.
01:06Clara est avec nous à la régulière.
01:08France Inter, à la régulière, Midi Maïsie.
01:18Bonsoir Clara.
01:19Bonsoir Midi.
01:20Comment ça va ?
01:21Très très bien.
01:22Et toi ?
01:23Moi très bien.
01:24Très bien, je suis content de te recevoir.
01:26Je me dis comment tu gères tout ça ? Tout ce que je viens de dire.
01:29Bon, l'album commence un peu à dater, mais bon, c'est pas si vieux que ça mine de rien.
01:33La tournée, la radio, il y a sûrement d'autres projets.
01:36Comment t'arrives à jongler avec tout ça ?
01:39En fait, moi j'ai l'impression que plus j'ai de choses à gérer, plus je gère bien.
01:44Ce qui me fait peur, moi, c'est le vide.
01:47Donc en fait, si je suis occupée, tout va bien.
01:49Plus je suis occupée, plus ça va.
01:51Je suis dans ma zone de confort.
01:53C'est au contraire la fin de la tournée.
01:54Tout à l'heure, tu disais qu'il va s'achever avec les berceres en février.
01:57Ça par contre, il y a moyen que je devienne un peu zinza.
02:01T'as besoin d'être en constante agitation ?
02:05Oui, c'est mon secret pour être heureuse.
02:08C'est d'être tout le temps occupée, entourée.
02:10Je ne sais pas si c'est très sain, mais on a tous notre façon, j'imagine, de gérer notre vie, nos angoisses, etc.
02:17Mais c'est vrai que moi, je n'aime pas tellement me retrouver.
02:21Ma soeur me dit par exemple que je ne sais pas prendre de vacances,
02:24que je ne sais pas m'asseoir sur un canapé.
02:26C'est vrai.
02:27C'est-à-dire physiquement, tu ne sais pas t'asseoir sur un canapé ?
02:29Oui, mais il faut que je fasse quelque chose.
02:32Je comprends.
02:33Comment ça se passe, une période entre deux albums ?
02:36Cette période, tu sais, parfois de vide, où j'imagine aussi qu'il faut trouver l'inspiration.
02:40Est-ce que c'est quelque chose qui est douloureux pour toi ?
02:42Ce n'est pas douloureux parce que je me mets aussi dans un espèce de truc presque d'entraînement sportif,
02:48où je me dis, ok, même si je ne fais rien de productif,
02:52ou même si je sais que je vais faire des trucs pas hyper qualitatifs,
02:56je me force à jouer un peu tous les matins de la guitare.
03:00Je lis beaucoup, je vais beaucoup voir des expositions, des films,
03:03parce que je me suis rendu compte très rapidement qu'en fait c'était ma matière première
03:07qu'il fallait que je nourrisse vraiment mon esprit pour espérer écrire.
03:14Alors, je le disais, ton dernier album, Mon Sang, est sorti il y a un peu plus d'un an.
03:17Un album qui a rencontré le succès, on peut le dire, ça s'est très bien passé.
03:21Parfois le troisième album, il y a toujours quelque chose de compliqué quand on a un premier album qui marche très fort,
03:25qu'on arrive à remettre ça sur le deuxième album.
03:28Parfois c'est compliqué vraiment de réussir à enchaîner trois albums comme ça.
03:32Qu'est-ce qui représente ce disque avec un an d'expérience comme ça ?
03:35Quel recul tu as un petit peu dessus ?
03:37Et même sur le fait de réussir à maintenir ce...
03:41Déjà de sortir des albums, d'être encore là, mais aussi de continuer à trouver ton public.
03:44Comment tu lis un petit peu ça ?
03:47Je ne sais pas trop, mais en tout cas ce que représente cet album, je crois que je le trouve avec un petit peu de recul assez courageux.
03:54Déjà parce qu'il est complètement plus que les autres encore exhibitionnistes.
03:59Et puis surtout...
04:00Tu veux dire dans les propos notamment ?
04:02Dans les propos, oui.
04:03Parler de ma mère, parler de ma famille,
04:05m'adresser à cet enfant que je ne connaissais pas et qui grandissait en moi,
04:08partager à ce point là mon expérience de la grossesse que je vivais pour la première fois.
04:13Il y a quelque chose d'extrêmement impudique, exhibitionniste.
04:18Donc je trouve ça assez courageux et de l'avoir fait de cette façon-là en plus,
04:23à un moment où je ne sais pas...
04:25Enfin moi je quittais le public sur un truc hyper disco, hyper pailleté,
04:28et je pense que les gens s'attendaient peut-être à une espèce de version 2.1 de ce personnage que j'avais créé.
04:35Et qui marchait en plus.
04:37Et qui marchait en plus.
04:38Et en fait je trouve ça chouette que je ne me sois pas forcée à ça.
04:41Et que j'ai accueilli en fait cet album comme il me venait,
04:46c'est-à-dire dans une forme beaucoup plus épurée.
04:49Et j'ai accueilli les sujets aussi qui s'imposaient à moi,
04:53qui ne me seraient pas parvenus, je pense, si je n'étais pas dans ce moment-là de ma vie de femme.
04:59Et je suis contente.
05:01Je suis contente qu'il existe sous cette forme-là.
05:03Et je crois que ce sera pour toujours un album assez spécial pour moi.
05:08parce que vraiment je me revois.
05:10Donc je le disais, je l'ai fait quand j'étais enceinte et je me revois vraiment marcher tous les jours pour aller au studio.
05:15Et chaque jour je marchais et mon ventre s'arrondissait et mon disque grandissait aussi en moi.
05:20Et ce sera pour toujours neuf mois super particulier d'avoir couvé deux créatures en parallèle.
05:30C'est comme si cet album-là sera toujours un petit peu aussi associé à ton enfant.
05:33Tu ne peux pas le décorer l'un de l'autre quelque part.
05:36Oui, c'est ça. Et puis une introspection très profonde.
05:39Vraiment très profonde.
05:41Moi pour écrire la chanson de mon sang, c'est moi qui pars chez mes parents et qui dis ok maman,
05:45montrons-moi ce qu'il y a dans le grenier.
05:48En gros, montrons-moi toutes les photos de famille.
05:50Je ne sais pas, je me suis cherchée.
05:53C'était une vraie quête identitaire et c'est ça qu'on entend dans ce disque je crois.
05:57Comment les gens autour de toi ont réagi quand tu as une formule qui marche bien,
06:01effectivement le côté disco pailleté dont tu as parlé,
06:03et puis que toi tu décides d'aller sur autre chose.
06:05Est-ce que pour ton entourage ou même au sein du label ou de même personne musicien qui travaille avec toi,
06:10il y a pu avoir des réticences ou de la peur de se dire
06:12est-ce que tu es sûre finalement ?
06:14Est-ce qu'il faut vraiment changer ce qui t'a amené aussi là où tu es aujourd'hui ?
06:18Moi ce que j'ai aimé, c'est que je me suis sentie absolument autorisée et encouragée à faire ce que j'avais envie de faire.
06:27Et c'est vrai qu'il y aurait pu avoir des réticences notamment du label etc. mais ça n'a pas du tout été le cas.
06:35Je crois que tout le monde a compris à quel point c'était important pour moi de le faire et de le faire comme ça.
06:40Non, j'ai eu beaucoup de chance de ce côté-là.
06:42Oui, tu n'as pas senti du tout de « on a peur, attention ça va s'arrêter » parce que ça va tellement vite.
06:49C'est sûr mais je crois que c'est important aussi.
06:51Moi j'ai toujours dit que les carrières que j'admirais le plus c'était aussi…
06:57Comment expliquer ça ?
06:58Je ne sais pas, par exemple moi je suis très attirée par des personnages comme David Bowie ou Madonna parce que
07:03à chaque fois qu'ils sortent en 10, on se dit qu'est-ce qu'ils vont…
07:06Il y a des parties prises dans leur carrière.
07:08Oui mais tu sais à chaque fois il y avait un peu une nouvelle ère quoi.
07:10Oui tout à fait.
07:11Et je ne me compare pas du tout à David Bowie ou Madonna, c'est pas du tout ce que je suis en train de dire.
07:16Non mais c'est des inspirations en fait.
07:18Mes inspirations en tout cas dans leur façon de créer, dans le sens où je pense que j'ai certaines ADN,
07:24peut-être qui reposent sur je ne sais pas, ma voix ou mon écriture.
07:27Mais tout le reste je le pense et je l'espère interchangeable.
07:32Un peu comme des vêtements finalement, je me dis j'aime bien aujourd'hui je suis en jean,
07:37demain je peux mettre un tailleur, après demain je peux mettre une mini-jupe.
07:40Tu n'as pas toujours le même costume en fait.
07:42Oui c'est ça et c'était important pour moi de proposer un disque qui était différent
07:46et le quatrième sera différent encore et j'ai aucune idée de ce que ça sera.
07:50Et peut-être qu'un jour je referai un album disco et peut-être.
07:52Mais finalement pour moi c'est presque de l'habillage.
07:57Le reste, le tronc commun il est toujours là.
08:00C'est toi, c'est ce que tu racontes.
08:02C'est ma façon d'écrire et de chanter.
08:04Alors dans cette actualité foisonnante, il y a eu une collaboration aussi récemment sur l'album du GP Explorer.
08:11Donc c'était cet album pour l'événement créé par Squeezie et piloté par le S.
08:16SCH qui était là d'ailleurs il n'y a pas si longtemps que ça dans cette émission.
08:19Comment ça s'est passé ?
08:20La collaboration que c'est un morceau aussi où il y a mais bien sûr Sofiane Pamar qu'on va écouter juste après.
08:25D'ailleurs qu'on joue régulièrement ici.
08:26Comment s'est passée cette collaboration là ?
08:28Pour le coup on parlait d'une collaboration improbable si ça va être le cas dans ton émission.
08:32Là c'est en étude en tout cas sur le papier.
08:34C'est pas forcément quelque chose.
08:35Même si t'es un peu familière de ça quelque part finalement.
08:38Mais comment ça s'est fait tout ça ?
08:40C'est marrant que tu dis ça parce que je me suis retrouvée sur un plateau télé en direct à dire
08:44cette collaboration sur le papier c'était un peu une pizza hawaïenne.
08:47J'ai vraiment dit ça.
08:48C'est le truc de genre le mélange.
08:49J'étais là genre qu'est-ce qu'est-ce que c'est que ça ?
08:51Qu'est-ce que c'est que ces ananas ?
08:52On est d'accord qu'on n'aime pas ça ?
08:53Bah c'est pas l'idée du siècle quoi.
08:55Merci.
08:56Je comprends pas ce projet moi.
08:57Donc nous on pouvait dans l'idée être une pizza hawaïenne mais on a été une recette qui a trop bien marché parce que
09:04déjà je crois que ça a été une vraie rencontre humaine.
09:07C'était génial ce moment où je suis arrivée dans le studio.
09:09Je savais pas du tout à quoi m'attendre.
09:12Tu vois les gens tu les suis un peu sur les réseaux mais tu les connais pas.
09:15Tu sais pas comment ils vont être dans la vraie vie.
09:16Et après je me suis retrouvée vraiment avec deux mecs incroyables et trop sympas.
09:22Et STH est arrivé, il a fait des cocktails pour tout le monde.
09:25J'étais là mais je veux être votre meilleure amie pour la vie en fait.
09:29J'ai envie de traîner avec vous en fait.
09:30Je veux être votre soeur genre vraiment.
09:32Et c'était trop bien parce que moi je peux être facilement très intimidée.
09:37Et puis j'avais jamais fait ça.
09:39C'est plus quelque chose peut-être qui se fait dans le rap de mettre autour d'une table et dire
09:43OK on fait un son en direct tous ensemble.
09:45Dans la chanson beaucoup moins.
09:47Et du coup cet exercice me terrorise un peu.
09:49Je sais mais moi je vais pas savoir faire et tout.
09:51Et en fait ça s'est fait super simplement mais je pense que ça a existé.
09:56Ça a pu exister parce que les trois étaient trop cool et m'ont trop encouragée.
10:02Et donc en fait ce qui est génial c'est qu'on est vraiment resté en contact.
10:05Moi j'ose espérer qu'avec les autres on continuera à travailler ensemble parce que je trouve ça trop enrichissant.
10:12Et puis j'ai toujours trouvé ça beaucoup plus intéressant de travailler avec des gens avec qui tu partages pas forcément exactement les mêmes références et les mêmes goûts.
10:20Parce que c'est là que je sais pas c'est enrichissant de créer des passerelles.
10:24C'est ce qui m'intéresse le plus dans la musique et j'ai commencé à faire ça assez rapidement parce que j'avais ce feat avec Nekfeu quand j'avais inventé un rond.
10:34Et j'avais adoré faire ça.
10:36Récemment on t'avait entendu avec Youssef Swatz pour la haine.
10:39Enfin je veux dire dans ta carrière mine de rien c'est assez fréquente.
10:43On fait pas tous les jours mais en tout cas il y en a plusieurs.
10:45On sent que t'as aussi envie de ça de collaborer avec des gens et que ça fait partie de ta manière je pense de penser la musique aussi.
10:50Ah mais totalement. Moi j'ai toujours dit la musique c'est comme une bonne bouteille de vin quoi c'est encore meilleur quand c'est partagé quoi.
10:59Et j'ai vraiment toujours pensé mon métier comme ça.
11:02Et j'ai pas du tout c'est marrant d'ego de je sais pas genre par exemple moi j'adore co-composer avec des gens.
11:09Tu vois j'ai pas ce truc de me dire non je veux tout faire de A à Z.
11:12J'adore au contraire laisser entrer des gens dans le processus.
11:15Enfin je sais pas moi j'adore être entourée de toute façon.
11:18Ecoute le morceau en tout cas que vous avez fait il s'appelle Le Mur.
11:21Je propose qu'on l'écoute tout de suite.
11:22Il est donc extrait de la compilation pour le GP Explorer.
11:26C'est sûr on va droit dans le mur.
11:36Mais si c'est toi qui conduis la voiture ça me va bien ça me va bien.
11:44Est-ce que t'es sûr ?
11:48Regarde dans mes yeux dis moi ce que tu vois.
11:51J'sais pas si j'te viendrais ce que tu crois.
11:55J'veux s'approcher le mur j'pense que toi.
11:59Mais toi, mais toi !
12:02Dès que j't'ai vu j'ai su que c'était que mon frère.
12:11Dès que j't'ai vu j'ai su que ça serait douloureux.
12:17La soleil bruité m'appelle elle est jalouse.
12:20Elle est piquée c'est mort et va me rendre fou.
12:25Quand t'os tu délazère je suis dans l'palace.
12:28Moins de toi et de nous.
12:30Moins d'une histoire d'amour.
12:33J'aime bien les tests qu'on pourrait être ensemble.
12:38C'est dangereux, c'est dangereux mais tu me plais.
12:42C'est tout au tour de finir ensemble.
12:46C'est pas sérieux, c'est pas sérieux mais j't'aimerais.
12:50C'est sûr on va droit dans le mur.
12:58Mais si c'est toi qui conduis la voiture, ça m'va bien, ça m'va bien.
13:08Est-ce que t'es sûr ?
13:10Regarde dans mes yeux, dis-moi c'que tu vois.
13:14J'sais pas si j'te viendrai c'que tu crois.
13:18Quand j'vas s'approcher de meilleure chose pour toi.
13:21Mais toi, mais toi !
13:26Mon coeur est sous décalage horaire.
13:28Paris doit la rire et l'oeil.
13:30Des millions d'écoutes j'ai même pas une minute pour toi.
13:34Dans ma fast life j'peux pas ralentir.
13:36Es-tu sûr que tu veux me suivre ?
13:38Pour le meilleur et pour le pire.
13:42J'aime le sabotage, tu es trop sage.
13:46Si tu ne veux rien risquer, tu me perds au passage.
13:50Le danger d'un même meilleur baiser que l'ennui.
13:54Mais toi, tu fuis.
13:56Tu es sûr ?
13:58On a droit dans l'oeil.
14:02Mais si c'est toi qui conduis la voiture, ça m'va bien, ça m'va bien.
14:10Est-ce que t'es sûr ?
14:14Tu attends mes yeux, dis-moi ce que tu vois.
14:16Dis-moi ce que tu vois.
14:17Je sais pas si je deviendrai ce que tu crois.
14:20Quand j'vas s'approcher de meilleure chose pour toi.
14:24Mais toi, mais toi !
14:28C'était Clara Luciani, Yame, Sofiane Pamar.
14:31Le morceau s'appelle « Le mur ».
14:33Alors Clara, tu es avec nous pour plusieurs choses.
14:42L'album, bien sûr.
14:43La tournée.
14:44L'émission aussi.
14:45Donc, Clara Enko.
14:47Déjà ça, ce rôle d'animatrice.
14:51Alors, on n'a pas encore écouté les émissions.
14:54Comment tu l'as appris ?
14:56Comment tu l'as appréhendé ?
14:57Est-ce que t'avais très envie de faire ça depuis longtemps ?
14:59Comment c'est arrivé ?
15:01C'est pas vraiment un rôle d'animatrice.
15:04Comme on apprend à écouter, je crois qu'il y a beaucoup de musique.
15:06C'est beaucoup de la musique.
15:08C'est beaucoup des duos.
15:09Et du coup, comme on vient de s'en parler,
15:10c'est vrai que moi, c'est quelque chose que j'adore faire.
15:12Donc, je crois que l'idée à la base, c'était de faire des reprises.
15:18Et très vite, je me suis dit, mais autant partager cette expérience
15:21avec des gens que j'aime et que j'admire.
15:23À la base, c'était une expérience qu'on t'a proposé à toi toute seule.
15:25Oui, à la base, c'était plutôt moi seule.
15:27Et puis, je me suis dit, mais en fait, ça serait beaucoup plus chouette
15:30avec des gens que j'aime.
15:31C'est comme ça que ça s'est transformé en cette série de duos
15:35plus improbables les uns que les autres.
15:38Comment tu choisis ?
15:40Bien sûr, j'imagine que tu demandes aux gens que tu connais, etc.
15:42Mais comment se fait la sélection ?
15:44Parce que tu n'as pas non plus énormément de slots possibles.
15:46Donc, tu choisis quand même des gens bien précis.
15:48C'était dur de choisir.
15:50C'était dur de choisir.
15:52J'avais envie de choses évidentes et de choses moins évidentes.
15:55Quand je dis évidentes, c'est que j'avais envie d'aller vers des chanteuses que j'aime,
16:00avec qui je n'avais jamais eu le plaisir de chanter.
16:02Pomme, on se croise depuis...
16:05Moi, je connais Pomme depuis qu'elle a 18 ans.
16:08On se croise depuis bien dix ans.
16:10Et en fait, on se parle, etc.
16:13Et en fait, on n'a jamais eu l'occasion de se poser et de chanter ensemble.
16:17Donc, merci France Inter parce que c'est chose faite.
16:19Yoa, c'est un peu ma découverte de l'année.
16:22Je l'ai vraiment beaucoup, beaucoup écoutée.
16:23Je la trouve hyper unique en son genre.
16:26J'adore comme elle écrit et je suis trop heureuse de chanter avec elle.
16:30Dans presque tous les cas, c'est les invités qui ont choisi les chansons.
16:34J'avais bien cette idée-là de me mettre un peu dans un truc d'inconfort.
16:38C'est toujours des chansons que moi aussi j'aime.
16:40Ils m'ont toujours envoyé une liste et j'ai quand même dirigé le choix.
16:43Mais j'aime bien l'idée que...
16:45Enfin, je me suis dit, c'est plus chic de les laisser un petit peu choisir.
16:48Et puis, j'aimais bien aussi l'idée de la surprise.
16:53Un peu comme ce qu'on vient de se raconter.
16:56Elle est dans des collaborations moins attendues.
16:59Il y a quand même ça chez toi.
17:00J'ai l'impression que...
17:01Tu parais du Dernier Blum, mon sang, comme un risque, en tout cas un acte de courage dans ta carrière.
17:05T'aimes bien l'inconfort, j'ai le sentiment.
17:07Mais on a le sentiment quand même que la routine, ça te fait un peu peur quoi.
17:11C'est même pas ça.
17:12Mais je trouve que c'est comme ça qu'on reste vif aussi.
17:14Je me souviens, en histoire de l'art, on avait étudié une maison qui avait été pensée pour les personnes atteintes d'Alzheimer et d'autres dégénérescences cognitives, etc.
17:28En fait, c'était une maison où tout était légèrement inconfortable.
17:30Tu vois, le sol était légèrement dans un angle où il fallait en permanence un peu faire attention pour pas tomber.
17:36Tout était un petit peu trop bas, il fallait se baisser.
17:39Et je sais pas pourquoi je garde toujours en tête cette maison-là.
17:42Et je veux que ma vie soit un peu comme ça.
17:44J'ai l'impression que c'est comme ça que je reste alerte et vive.
17:50Parce que je trouve que quand on est trop installé dans un espèce de confort, on se renouvelle plus.
17:56Bref, c'est une métaphore très bizarre.
18:01Non mais je la comprends parce que je pense que c'est un vrai sujet.
18:04Surtout quand tu commences à rencontrer à des niveaux différents une forme de succès en fait.
18:09En fait, le succès, c'est génial, mais ça peut aussi être un peu intimidant et angoissant.
18:14Parce que tu dis, bon, maintenant, en fait, est-ce que je continue ce que je suis censé faire ?
18:18Est-ce que je sais faire ? Est-ce que je fais un peu valdinguer ça ?
18:21Et du coup, je me mets en situation d'inconfort de challenge.
18:23Mais attends, c'est pas non plus un truc de sabotage.
18:25C'est pas dire, ah, ce succès, il m'a encombré.
18:27Je vais tout faire pour ne plus jamais avoir de succès dans ma vie.
18:30C'est juste me dire, c'est pas parce que ça, ça a marché qu'il faut que je m'enlise dedans
18:34et me dire que je vais le reproduire à l'infini.
18:36C'est l'idée de faire d'autres choses qui marchent en fait, tout simplement.
18:39Et puis de rester en mouvement.
18:41Et pour moi, ça passe par la curiosité, ça passe par être ouvert à d'autres formes d'art,
18:45à de la musique qui n'est pas forcément celle que moi je fais.
18:49Et donc voilà, j'ai trouvé ça génial de chanter cette chanson avec SCH.
18:55L'année 2000, moi c'est vraiment, j'ai entendu cette chanson, j'ai pleuré.
18:59C'est une chanson de SCH sur son dernier album qui est vraiment une chanson.
19:03Ça s'appelle 2000.
19:04Exactement.
19:05En fait, c'est marrant parce que je ne sais pas, je nous ai appelé les Miss Paca.
19:11Je trouve ça trop drôle parce qu'on a presque exactement le même âge, on a presque exactement du même endroit.
19:15Et du coup, tu viens de Martigues et puis il vient d'Aubagne.
19:19Enfin, tu sais, tu aimes les Vallons ?
19:20Ouais, c'est ça.
19:21Donc en fait, c'est très proche des quartiers nord de Marseille.
19:24Et donc, on avait un peu les mêmes références dans cette chanson-là quand il parle de certaines images où vraiment j'ai revu ma propre adolescence en fait.
19:33Et elle me touche beaucoup.
19:36Et donc, du coup, c'est le seul invité avec lequel je chante une chanson de son propre répertoire.
19:41Tu parais que ça passe parfois avec d'autres arts, mais je retiens les Miss Paca pour toi.
19:46Je trouve ça extraordinaire.
19:48J'ai un peu envie de voir un film, un truc, tu vois, vraiment, que quelqu'un s'empare de cette idée.
19:53Mais en parlant de film, est-ce que ça passe aussi par ça parce que tu as fait aussi du cinéma ?
19:59Est-ce que c'est quelque chose que tu as envie, c'était un one shot ? C'est une carrière que tu as vraiment envie de développer à côté ?
20:04C'est quoi ton rapport aujourd'hui ou finalement en tant qu'interprète ?
20:07Franchement, j'aimerais te dire que ça dépend de mes décisions.
20:11Mais la vérité, c'est que je n'ai pas été appelée par...
20:14Tu n'as pas croulé ?
20:15Non, les scripts ne débordent pas de ma boîte aux lettres alors qu'il est.
20:19Bizarrement.
20:21Non, mais j'adorerais.
20:22Je pense que je suis une grande actrice.
20:24Mais en tout cas, j'ai adoré l'exercice justement parce qu'il me mettait dans une situation d'inconfort.
20:29Et j'ai trouvé ça trop bien.
20:31Et je crois que ça m'a aidé aussi à m'accepter un petit peu plus.
20:37Moi, j'ai beaucoup de mal avec...
20:39J'ai un rapport à l'image un peu compliqué.
20:41J'ai beaucoup de mal avec les photos, les vidéos, tout ça.
20:44C'est aussi dû à l'adolescence, c'est ce que tu as souvent raconté.
20:47Comme souvent, tout est dû à l'adolescence.
20:49Ça nous a traumatisé cette période de vie.
20:51On est tous marqués par ça.
20:53On devrait pouvoir juste, tu sais, passer quoi.
20:55Ouais, ouais.
20:56Mais du coup, c'était génial parce qu'en fait, autant quand tu tournes une vidéo pour un clip et tout.
21:02Enfin moi, en tout cas, je suis hyper contrôle fric.
21:04Je suis là genre enlevez moi ça.
21:05Je ne serai pas du tout.
21:07Je n'aime pas.
21:08Ce n'est pas mon bon profil et tout.
21:09Quand tu fais un film, tu n'as pas le choix.
21:10C'est le réel qui choisit tout.
21:11Et ça m'a fait du bien de ne pas être au commande.
21:14De t'abandonner comme ça.
21:15Donc déjà, rien que pour ça, c'était une expérience assez unique et très enrichissante.
21:20Et puis non, j'adorerais refaire des films.
21:23J'ai un rapport au cinéma qui est peut-être moins passionnel que mon rapport à la musique.
21:27Ouais, je pense que c'est un rapport moins passionnel.
21:32Même la peinture.
21:33Il y a des endroits où la littérature, où je me sens vraiment passionnée.
21:37Le cinéma, je l'aime énormément.
21:39Mais j'ai un rapport un peu étrange parce que je crois que j'ai des espèces de...
21:44de boulimie de certains réels.
21:48Et je peux regarder les mêmes films.
21:50Qui par exemple ?
21:51Ben moi, mon vrai problème dans la vie, c'est Jacques Demi.
21:54C'est vraiment une pathologie à ce niveau-là.
21:57Donc je suis folle de Jacques Demi.
22:00Mais la nouvelle vague en général.
22:03Et puis, je crois qu'il y a des réalisateurs aussi qui ont vraiment formé mon œil et mon goût.
22:10Je pense à Sofia Coppola, Wes Anderson ou les codes couleurs.
22:15Je me rends compte qu'ils ont vraiment imprégné ma rétine.
22:17Et qu'il y a des trucs que je fais chez moi dans la décoration ou dans ma façon de m'habiller.
22:21En fait, je me rends compte que c'est du plagiat, des trucs que j'ai vus dans des scènes de leurs films.
22:26C'est marrant quand même.
22:28Le cinéma a un impact, bien sûr.
22:30Mais peut-être visuel, notamment esthétique sur ça.
22:32Alors évidemment, quand on pense à Clara Luciani, il y a des morceaux qui venaient en tête.
22:36Et notamment un morceau qui s'appelle La Grenade.
23:10Alors, immense tube, évidemment.
23:15Est-ce que, malgré tout ce qu'il représente pour les gens, est-ce qu'on peut se lasser d'un morceau comme ça quand on est l'interprète, l'autrice ?
23:23Est-ce qu'il y a un moment où ça devient un poids ou c'est jamais le cas ?
23:27Bah, moi je ne peux pas me laisser cette chanson parce que, malheureusement, elle est encore nécessaire.
23:36En fait, la chance que j'ai, c'est que mon tube, entre guillemets, c'est une chanson qui me dépasse, qui dépasse mon petit nombril.
23:45Parce que moi, je suis quand même assez douée pour, par exemple, me faire larguer et écrire des chansons sur ça.
23:51Si ça avait été, si La Grenade parlait de mon cœur brisé et mes petits problèmes, etc., je crois que oui, j'en serais lassée.
24:00Après, même un morceau comme ça, même un morceau qui parlerait de ça, ça parle aussi à beaucoup de monde, ça dépasse aussi quelque part.
24:07Oui, mais pas autant. Je trouve que là, il y a quelque chose de tellement sociétal et important, qu'à chaque fois que je chante, c'est peut-être bête, mais j'ai l'impression de...
24:18Je ne sais pas. J'ai l'impression qu'elle est nécessaire.
24:21J'ai l'impression qu'elle est nécessaire. Et quand je vois les gens la chanter à l'unisson pendant les concerts, je trouve qu'il y a quelque chose de très fort, de presque politique.
24:30Et rien que pour ça, je ne peux pas...
24:32Elle est chantée pendant les manifestations, c'est une chanson qui...
24:35Du coup, pour ça, je crois que je ne pourrais pas. Peut-être que dans 40 ans, quand on refera la partie 2 de cette interview...
24:41La partie 12, au moins. On se sera vu au moins une dizaine de fois.
24:44Je dirais, j'en ai marre. On ne parle plus de cette grenade. Mais là, au contraire, elle me fait encore du bien.
24:52Et puis, je me rends compte aussi qu'il y a mille façons de la chanter. Je ne la chante pas toujours. Je ne la chante pas toujours de la même façon.
24:59Il y a des soirs où elle est plus protestataire. Il y a des soirs où elle est plus espiègle.
25:06Je m'en rends compte, même quand je vois les images, il y en a où je me marre. Tu ne sais pas pourquoi.
25:09Puis il y en a où j'ai l'air vraiment grave. Et c'est ça aussi qui est chouette avec les concerts.
25:12C'est-à-dire que tu mets ce que tu veux dans l'interprétation.
25:16Est-ce que ce n'est pas aussi ça la force d'un vrai tube ?
25:19Un vrai tube, il peut raconter quelque chose. C'est-à-dire que c'est le cas de cette chanson.
25:23Mais on peut aussi l'écouter sans toujours écouter les paroles parce qu'il est entraînant.
25:28Et c'est aussi peut-être ça la force des grandes chansons populaires.
25:31C'est quand on gratte un peu le vernis, bien sûr que ça raconte quelque chose.
25:34Mais on peut aussi décider de l'écouter uniquement pour le rythme et pour ce que ça procure.
25:39Je trouve ça trop bon d'ailleurs de pouvoir dissocier le propos de l'habillage sonore.
25:46Et j'ai toujours essayé de faire ça.
25:48J'ai toujours essayé de me dire que ce n'est pas parce que c'est une chanson assez grave dans ce qu'elle raconte
25:53qu'il faut qu'il y ait un violon derrière qui pleure et un piano moribond.
25:58Et ça a toujours été un peu ça, moi, ma recette.
26:03Et je me rappelle, moi, quand on était en train de travailler à La Grenade,
26:08je pensais tout le temps au Petit Train d'Erytha Mitsuko ou à Abba.
26:13Il y a des chansons qui sont vraiment assez dures et entraînantes à la fois.
26:18Et j'aime bien cette idée-là de dissocier le fond de la forme dans la musique.
26:23Alors, on va écouter dans quelques minutes le morceau « Tout pour moi », qui est un morceau extrait de ton dernier album « Mon sang ».
26:30Est-ce que c'est un morceau qui a été compliqué à écrire ?
26:32Non.
26:33Mais moi, j'ai pas trop de morceaux qui…
26:35Les haters vont dire « ça s'entend ».
26:38Mais j'ai jamais eu de morceaux compliqués à écrire.
26:42Non, franchement…
26:44Il est venu parce que c'est un morceau où tu parles notamment de ton enfant.
26:47Ouais, mais tout vient assez vite.
26:49Et si ça vient pas vite, c'est que c'est pas bien souvent.
26:51J'ai pu rester très longtemps sur une chanson à travailler, mais au final, elle finissait à la poubelle.
26:54Je crois que c'est toujours comme ça des espèces de fulgurances.
26:59Ou alors c'est nul.
27:00Ok.
27:01Oui, ce qui arrive.
27:02Je pense que ça arrive aussi de se foirer.
27:04Moi, je pourrais sortir 4 best-of double disques de tous les trucs que vous n'entendrez jamais.
27:13D'ailleurs, rien à voir avec ce que tu dis, mais je me suis fait une réflexion ce week-end.
27:16On ne sort plus de best-of.
27:18Le streaming a tué les best-ofs.
27:19J'ai vu que Louane avait sorti un best-of qui avait hyper bien marché par exemple.
27:22Ah ouais ?
27:23Parce que j'ai l'impression que maintenant, aujourd'hui, avec les playlists des indispensables sur les plateformes de streaming,
27:26ça a tué.
27:27Parce que chez moi, ma mère achetait des best-ofs de Stevie Wonder.
27:31Et d'ailleurs, souvent, j'avais pas les albums, mais j'avais les best-ofs.
27:34Mais aujourd'hui, en fait, j'ai l'impression que les playlists ont tué le best-of.
27:39En même temps, l'objet, quand t'es vraiment fan de quelqu'un, il peut sortir n'importe quoi.
27:43Moi, je suis hyper collectionneuse, je sais que j'achète.
27:47Il y a un ou une artiste comme ça avec qui tu achètes tout ?
27:50Paul McCartney.
27:51Toi, clairement, c'est Paul McCartney.
27:53Il pourrait sortir un huitième best-of de morceaux que tu as déjà.
27:56Parfois, il poste des trucs sur son Instagram, il sort des sombres rééditions de trucs.
28:00Et parfois, je commente, je dis mais prends mon argent.
28:02Parce que je commente absolument tout ce qu'il poste.
28:05Ok, très bien.
28:06Pas encore ce rapport-là passionnel avec lui.
28:09Complètement à sens unique.
28:10Mais c'est ça qui est beau dans notre histoire.
28:12Est-ce que t'aimerais le rencontrer ou pas ?
28:14En vrai.
28:15Parce que moi, je sais pas s'il faut rencontrer ses idoles.
28:18Je suis d'accord avec toi, je sais pas s'il faut.
28:20En fait, je les ai un peu toutes rencontrées.
28:22Ouais.
28:23À part Michel Legrand.
28:24Et alors, Paul McCartney, c'est un peu la dernière figure comme ça que j'ai pas rencontrée.
28:28Mais je me dis, est-ce que ça tuerait pas quelque chose ?
28:31Bah ouais.
28:32Peut-être pas, je sais pas.
28:33Peut-être que c'est génial.
28:34Mais c'est un risque.
28:35Ouais.
28:36Moi, je crois que j'ai pas envie de rencontrer Zizou.
28:37Ah.
28:38Et bien, c'est dommage parce qu'il est là.
28:40Zizou.
28:41Tu l'as rencontré toi ?
28:43Zizou ?
28:44Ouais.
28:45Non.
28:46Pourtant, on vient de la même ville.
28:47Bah ouais, exactement.
28:48Vous auriez pu vous croiser à un moment.
28:51Bon, je propose qu'on écoute en tout cas le morceau « Tout pour moi », donc Clara Luciani,
28:55extrait de son dernier album en date « Mon sang ».
28:58T'es qu'un grain de poussière sur cette terre, si on dézoomait le planisphère, je te tiendrai entre mes doigts, je te tiendrai entre mes doigts.
29:13Je ne sais pas si l'histoire retiendra ton nom ou ton profil, si tu écrieras un livre ou un opéra, un livre ou un opéra.
29:27Mais t'es tout pour moi, t'es tout pour moi, t'es tout pour moi.
29:42T'es mon Amérique, t'es mon cinéma, mon lard costard, mon alléluia.
29:49Toute la dynamite dans nos calmes plats, avant toi je n'existais presque pas.
29:56T'es mon Amérique, t'es mon cinéma, mon lard costard, mon alléluia.
30:03Toute la dynamite dans nos calmes plats, avant toi je n'existais presque pas.
30:11T'es une fourmi dans l'enfant milieu, une perle au collier de l'univers.
30:20T'es infiniment petit, infiniment petit.
30:27Mais un amour pareil, mon chéri, ça s'observe depuis l'astratosphère.
30:34C'est une fois parmi les mères, c'est qu'une fois parmi les mères.
30:41T'es tout pour moi, t'es tout pour moi, t'es tout pour moi, t'es tout pour moi.
30:56T'es mon Amérique, t'es mon cinéma, mon lard costard, mon alléluia.
31:04Toute la dynamite dans nos calmes plats, avant toi je n'existais presque pas.
31:11Toute la dynamite dans nos calmes plats, avant toi je n'existais presque pas.
31:28T'es tout pour moi, t'es tout pour moi, t'es tout pour moi.
31:42Toute la dynamite dans nos calmes plats, avant toi je n'existais presque pas.
31:57Toute la dynamite dans nos calmes plats, avant toi je n'existais presque pas.
32:03Toute la dynamite dans nos calmes plats, avant toi je n'existais presque pas.
32:18Clara Luciani, le morceau s'appelle tout pour moi, il est extrait de son dernier album, mon sang.
32:22Et Clara est avec nous car il y a une tournée évidemment qui continue.
32:35Bruxelles, Bordeaux, Toulouse, Lyon-Lille et Accor Arena les 18 et 19 février prochains.
32:41Comment tu te sens avant ces dernières dates ? Mal du coup, puisque tu nous as dit que tu n'aimais pas ne rien faire.
32:46J'imagine que tu…
32:47Mais oui, je n'aime pas les fins, je n'aime pas les au revoir.
32:50Tu ne peux pas être en tournée tout le temps ?
32:51Ce serait mon rêve, je serais fatiguée et puis peut-être aussi…
32:54Oui, ça aura moins de saveurs.
32:56Ce serait pas la même saveur, mais ça va me faire quelque chose.
33:00Bon, je te propose en tout cas de faire une petite tour d'horizon d'actualité de quelques nouveautés musicales.
33:06Je voulais en parler aujourd'hui.
33:08Il n'y a pas que des albums cette semaine car il y a aussi des événements et notamment Alonso
33:12qui vient d'annoncer une nouvelle date au stade Vélodrome, le 6 juin 2026.
33:16Le Vélodrome, ce n'est pas une salle, c'est un mythe.
33:18Alors évidemment, toi tu viens du Sud, j'imagine que…
33:20Tu es déjà allé au Vélodrome ?
33:21Oui, je n'ai jamais joué malheureusement.
33:23Pas encore ?
33:24Pas encore.
33:25Il ne faut pas croire en ça, j'ai réduit à ses rêves.
33:27Et donc, Alonso avait déjà joué en juin dernier.
33:29Et là, il y revient et y revenir, c'est clairement une déclaration.
33:32Mes amis d'enfance me croisent, ils m'offensent, ils me disent qu'assim finis-les.
33:37Je reçois des appels, des bourgmettes, des quartiers chauds, Marseille me dit finis-les.
33:42Même avant de dormir le soir, ma femme me dit ma vie finis-les.
33:47Même mes enfants innocents me disent papa finis-les.
33:51Alors, Alonso, c'est l'un des visages les plus constants du rap français depuis plus de 20 ans.
34:05Originaire donc de Marseille, membre des Psy-4 de la rime,
34:08pilier qui a traversé les époques sans jamais perdre le lien avec la rue, avec la ville.
34:12Et donc, ce Vélodrome 2026, c'est plus qu'un concert.
34:14C'est un hommage à sa longévité et un rappel de sa place dans l'histoire du rap.
34:18On parle souvent de Jul, de Soprano, d'SCH quand on parle de Marseille.
34:21Mais Alonso reste la racine, un des socles importants du rap marseillais.
34:25Un artiste qui prouve en 2025 que le rap peut encore se permettre les gestes symboliques les plus grands.
34:29Et ça ouvre une question simple.
34:30Qui sera le prochain à oser un Vélodrome ?
34:33La question se pose.
34:34Et pourquoi Alonso, lui, continue d'y revenir ?
34:36La réponse est dans son rapport aux gens.
34:38Un rapport fait de fidélité, de vérité et d'un refus absolu de se déconnecter.
34:42On a bu 12 Pâques.
34:44Roi avant sur le nez.
34:46Cagoule noir sur le nez.
34:49Mzinga land, tu connais ?
34:51Tient jaoui de Soudanais.
34:53Et on s'en bat les couilles, on va à Maranello.
34:56Neuzen se marie, cheval cabré sur le capot.
34:58On a les pneus neuves, on bombarde jusqu'à la conneuve.
35:01À deux sains, on sourit au flash.
35:02Permis bien des commandes.
35:04Comme d'hab, j'm'en tape.
35:06Bang et meuf, tank et voilà comme d'hab.
35:08On n'achète pas les uns avec de sous de table.
35:11On n'encule pas les airs, on cule ou on stade.
35:14Quel morceau.
35:15Ça a dix ans cette année ce morceau.
35:17La belle vie.
35:18Est-ce que t'as envie de jouer dans un stade ou pas ?
35:20Est-ce que t'aimerais bien ?
35:21C'est comme tu me dis, est-ce que j'aimerais jouer dans un film ? Oui.
35:24Non mais il y a un peu un débat.
35:25Il y a des gens notamment…
35:26Aya va faire trois Stades de France, donc maintenant je crois qu'elle a un peu revenu de ça.
35:29Mais je me souviens qu'à l'époque, quand elle avait annoncé des Bercy qu'elle avait évidemment remplis,
35:33il y avait aussi ce truc-là de « ah mais t'aurais pu faire un Stade de France ».
35:36Elle avait dit « mais je sais pas si c'est le bon lieu pour performer ».
35:39Finalement, elle le fait.
35:40Est-ce que c'est idéal un stade pour performer ?
35:44Déjà, bravo à Aya parce que ça fait trop plaisir de voir des femmes remplir des…
35:49Trois.
35:50Voilà.
35:51Bravo.
35:52Est-ce que moi, si j'avais la possibilité, je le ferais ?
35:55Oui.
35:56Oui, oui, parce que déjà je suis curieuse et que je trouve ça trop bien.
35:59Mais je pourrais aussi totalement rejouer dans des clubs de 200 personnes.
36:04Ça, ce serait bien.
36:05Je trouve ça trop bien.
36:06En fait, j'aime tout.
36:08J'aime tout et j'aime le côté « ok, t'arrives sur scène et tu t'adaptes en fonction de… »
36:13Bah, de ce que t'as en face de toi, c'est-à-dire soit un truc hyper intime, soit…
36:19Et je trouve ça trop intéressant dans notre métier de s'adapter.
36:22Et même d'ailleurs, moi, même si j'ai fait que des Zenith sur cette tournée,
36:25dans un Zenith à l'autre, c'est pas pareil.
36:27Ça dépend comment les gens se sentent, quel jour de la semaine on est.
36:29Et en fait, très vite, au premier morceau, tu jauges à peu près,
36:32t'arrives à comprendre à peu près qui tu es en face de toi et le spectacle est pas le même.
36:36Parfois, il faut que j'aille un petit peu plus les chercher.
36:38Parfois, je fais deux, trois blagues.
36:39Parfois, au contraire, je sens qu'ils n'ont pas du tout envie de rire ce soir-là et je deviens beaucoup plus grave.
36:43Et je trouve ça trop chouette.
36:44Et là, l'idée de me dire « ah, un stade, ça doit être fou ! »
36:47Comment est-ce qu'on adapte la gestuelle à ça, le parler ?
36:51Comment est-ce qu'on peut faire en sorte que les gens sentent quand même une espèce d'intimité, de proximité ?
36:56Enfin, ouais, je trouve ça trop intéressant.
36:58Très bien.
36:59Bah écoute, je te le souhaite.
37:00Bah ouais, oui.
37:01Je te le souhaite.
37:02Alors, on change d'échelle, mais pas d'intensité.
37:04Isha et Limsa Dolnay reviennent avec Bitume Caviar, volume 2.
37:08Un projet qui confirme ce que beaucoup pensaient déjà.
37:27Ils sont aujourd'hui parmi les meilleurs storytellers qu'on a dans le rap francophone.
37:49Alors, dans l'album, il n'y a pas de tube, il n'y a pas de traîne TikTok, il n'y a pas de storytelling forcé.
37:54Ils écrivent juste, ils écrivent vrai, dans un paysage où tout va vite, où le streaming impose des formats.
37:58Eux rappellent que le rap peut encore être un endroit où on prend le temps de parler.
38:02Grosse mention aux productions très soignées, assurées notamment par les belges Jean Jaffe,
38:06qui est également un rappeur à succès, et D.I.
38:08Un disque qui parle doucement, mais qui touche fort, du rap comme on aime.
38:24Ça, c'est un extrait de leur morceau avec Yame, la vie qu'on mène. Il est partout Yame.
38:34Ben, je voudrais le voir encore plus partout parce que franchement, je le trouve extraordinaire. C'est un alien en fait.
38:42Ah ouais ?
38:44C'est-à-dire que tu sens qu'il est capable de faire des choses très différentes. Il y a un côté un peu OVNI ressemble à rien d'autre de ce que tu as entendu avant.
38:49Rien d'autre. J'aime trop quand il y a des gens comme ça qui arrivent dans le paysage en France. En vrai, je crois que j'ai ressenti ça aussi quand Zao a sorti des sons.
39:12Je trouve ça fait tellement du bien, c'est tellement stimulant d'avoir des profils hyper atypiques. Je suis fan de l'homme aussi. Ceci est une déclaration d'amour.
39:24J'ai l'impression que tu n'as pas de soucis aussi à donner les noms de gens que tu aimes bien. Parfois, il peut y avoir soit de pudeur, soit on se retient un petit peu, on n'ose pas dire en public.
39:33C'est plus dur de dire des gens qu'on n'aime pas, non ?
39:35Tu vas devoir me faire un peu proie. Je vais faire un peu proie des gens que tu détestes dans l'industrie. Par pitié, c'est la séquence.
39:43Coupé au montage.
39:45Parfois, il peut y avoir un peu de fierté ou de se dire, est-ce que c'est assez cool de dire que j'aime bien ? Je te sens très libre avec ça.
39:53Et puis surtout, je ne sais pas si c'est mon signe astrologique ou si c'est une prédisposition à l'amour, mais c'est vrai que je fais très facilement des coupéments et je le dis tout le temps aux gens que je les aime, avec beaucoup de facilité, peut-être trop.
40:08En tout cas, Clara, tu es avec nous. Et maintenant, j'aimerais faire un petit jeu, mais tu vas voir.
40:13J'adore les jeux.
40:14C'est un jeu très simple.
40:15Mais que quand je gagne. Par contre, je suis horrible.
40:16Alors, tu vas gagner. Il n'y a rien à gagner. Il n'y a pas d'enjeu. C'est un peu la BO de ta vie. Je te pose des questions. Tu me dis quels morceaux correspondent à cette situation.
40:24Et la première question est la suivante. La première chanson dont tu te souviens vraiment, quand tu étais petite, qu'est-ce qui tournait à la maison ? Est-ce que c'était déjà les Beatles ?
40:35Non, mon premier souvenir, c'est les Cactus de Jacques Dutronc. Et apparemment, c'est la première chanson que j'ai chantée. Parce que tu sais, il y a ce refrain hyper catchy pour un enfant.
40:45Oui, tout à fait, bien sûr.
40:47Donc, je courais dans la maison.
40:48Je me souviens que ça tournait beaucoup à la radio. C'est une chanson qu'on entendait.
40:51Ah ouais, même dans les années 90, tu crois ? Je ne sais pas.
40:53Moi, je me souviens en tout cas que je l'entendais comme ça à la radio.
40:55Alors, ça devait passer à la radio, je ne sais pas. Mais mes parents m'ont toujours dit que j'étais obsessionnelle de cette chanson et que je la chantais tout le temps.
41:00Une chanson qui te rappelle le Sud ?
41:02Le Sud.
41:04Tout simplement.
41:05Je dirais le Sud, oui, bien sûr.
41:07C'est une chanson que tu as beaucoup écoutée aussi ?
41:09Je l'ai pas mal écoutée, mais surtout, je la trouve très bien écrite et je trouve la mélodie très belle.
41:13Est-ce que tu écoutes de la musique et si oui, quoi avant de monter sur scène ?
41:17Alors oui, mais j'écoute des trucs que je n'écouterais pas forcément.
41:21Enfin, c'est marrant, mais j'écoute énormément de Beyoncé avant de monter sur scène.
41:26Et ce n'est pas forcément l'artiste que j'ai le plus envie d'écouter.
41:28Par contre, quand je rentre de tournée, que je me pose sur mon canapé.
41:31Enfin, tu vois, tout est adapté.
41:33Elle n'est pas forcément dans ton quotidien, mais elle est dans ta vie de performeuse.
41:36Elle est dans ma vie de tournée très très fort.
41:37Est-ce que c'est parce que c'est la performance ultime et qu'il y a un truc ?
41:40Moi, je ne sais pas, elle me fait rêver.
41:42Vraiment ?
41:43Cette vidéo de Beyoncé qui a ses cheveux accrochés dans un ventilateur et qui continue de chanter.
41:49Pour moi, c'est une métaphore de ce que je veux être dans la vie.
41:52Moi, je veux continuer à chanter avec mes cheveux coincés dans un ventilateur.
41:55C'est comme ça que j'ai envie de vivre.
41:56Je la trouve sur scène et ce n'est pas possible, elle n'est pas humaine.
42:01T'as des chansons en particulier de Beyoncé ?
42:03Alors, ma preuve de preuve avant de monter sur scène, c'est Love on Top.
42:07Merci !
42:08Le moment où ça module à la fin ?
42:10Je sais qu'il y a un peu un débat parce que...
42:12Comment ça ?
42:13En fait, la manière dont elle chante...
42:14C'est vrai que quelqu'un m'avait vendu qu'elle abusait, qu'elle chantait...
42:17Moi, j'adore cette chanson.
42:18On veut des noms.
42:19On va aller les voir.
42:20C'est quelqu'un qui ne travaille pas ici.
42:22Mais j'adore ce morceau Love on Top aussi.
42:25C'est vraiment incroyable.
42:26Et Why don't you love me aussi ?
42:28Je ne l'ai pas celle-là en tête.
42:29Ah ouais ?
42:30Why don't you love me ?
42:31C'est superbe.
42:32C'est mieux que Beyoncé en fait ce que tu fais.
42:34On me le dit souvent.
42:35Il y a une qui remplit des stades et l'autre pas encore.
42:39Pas encore.
42:40Parce qu'elle, tu vois, elle fait...
42:42Bon bref.
42:43Ce qui est intéressant en tout cas, c'est que tu compartimentes presque les gens que tu écoutes.
42:47Il y a des gens que tu écoutes pour la scène, des gens que tu écoutes pour...
42:49Peut-être le cocou né à la maison.
42:51Il y a vraiment des trucs très différents.
42:52Mais oui, mais c'est forcément en même temps quoi.
42:55Il y a des trucs pour être dans la voiture.
42:56Il y a des trucs pour aller se coucher.
42:57Il y a des trucs pour se doucher.
42:58Il y a des trucs pour...
42:59Hein ?
43:00Ça te fait pas ça toi ?
43:01T'écoutes toujours les mêmes trucs dans n'importe quelle circonstance ?
43:03J'écoute toujours Jay-Z mais moi...
43:05J'écoute toujours la même...
43:06Tu vois, le mari moi.
43:07Voilà, c'est ça.
43:08Une chanson qui représente pour toi peut-être la maternité.
43:11Qu'est-ce que tu écoutais quand tu étais...
43:13Eh ben, il y avait cet album des Lemon Twigs qui était sorti.
43:17Comment il s'appelle ? Je peux regarder ou pas ?
43:18Ouais, tu peux regarder bien sûr.
43:19Pourtant j'ai fait que ça, j'ai écouté tout ça.
43:21Mais en fait, comme je te disais, je suis assez obsessionnelle.
43:25Et du coup, vraiment, je pense que mon enfant est né, il connaissait par cœur...
43:29Ok.
43:30Est-ce que tu as l'impression qu'il se souvient de ça ou pas du tout ?
43:33Non.
43:34Ça c'est un mensonge ça de dire qu'on fait...
43:35C'est possible ça ?
43:36Moi je crois pas.
43:37Mais je crois qu'à un moment, il y avait un peu ce truc là.
43:38On fait écouter de la musique.
43:39Everything Harmony.
43:40Album de 2023 et donc mon enfant est né en septembre 2023.
43:44Donc c'est ça que tu écoutais beaucoup à ce moment-là.
43:46Au fond, tous les jours.
43:47Ouais.
43:48Très bien.
43:49Et je te propose qu'on écoute un morceau que moi j'écoute tous les jours.
43:50En ce moment quand je n'écoute pas Jay-Z.
43:51C'est un rappeur suisse qui s'appelle Makala.
43:54Il s'appelle Hôtel Yutsuya.
43:55Ça annonce, je crois, un album.
43:57Et je me tue à ce morceau.
44:00Et donc je le joue une nouvelle fois aujourd'hui.
44:03Tu me diras ce que tu en penses.
44:04Makala, Hôtel Yutsuya.
44:21C'est un album avant d'aller, en d'aller.
44:22Elle m'a dit que je devrais plus compter sur elle.
44:24Je pose mes billets de soucouc si ça, ça ne look.
44:26Oh, salut.
44:28Viens nous voir, on est posé dans le noir.
44:30Slim car, tire une latte.
44:32Suis l'odeur ou la light, tu blagues.
44:34Parle en bref gros, fais-nous pas un grunt.
44:36On l'a, on l'étale.
44:38L'étale, même avec l'étale.
44:40Parce que c'est pas un plaisir qu'on l'étale.
44:42Oh, je me lève.
44:44Quoi ?
44:45Je rêve.
44:46Comment ça des factures dans ma boîte aux lettres.
44:48Ski qui augmente le tourisme à Genève.
44:49À chaque statue, je mérite une statue.
44:51J'espère que c'est clair, bitch.
44:53Bientôt, je fais un feat avec toi.
44:55Ta carrière explose, je me réveille, fiche S.
44:57Je sais pas si on a des vies antérieures,
44:59mais je sais que je suis une merde d'aucune entraide.
45:01Ok, sans aucune gangster.
45:03Quelques grammes, tu nous en fais des tonnes.
45:05Tu t'es pris pour un Tony, des Tony.
45:07Nous, on prend pour un Tommy, des Tommy.
45:09Un bouffon qui sait manger des peufres à Tommy.
45:11Personne t'écoute, ça t'étonne.
45:13Il y a des rêves qui veulent quitter le rein-té,
45:15mais le rein-té est long comme dans Olivier Tom.
45:17Le monde est drivé par la folie des hommes.
45:19J'ai été élevé par la plus forte des femmes.
45:21Un seul de ses regards peut désarmer désormais.
45:23Tu comprends d'où je viens désormais ?
45:25J'suis là pour régner des années, des années.
45:27Regarde en face, c'est des amis.
45:29J'viens remplir des bagues, faut garder vos bagues.
45:31À mes dragues.
45:33En plus, c'est défait mes mariés qui me dragues.
45:35C'est quoi ça ? J'suis qui moi ? Le seigneur des anneaux ?
45:37Non, mon karma, j'dois penser à mon karma.
45:39J'ai déjà mon quota de rageux qui regardent mal.
45:41Je trouve pas une raison de vivre.
45:43Je cherche pas une raison de me casser les couilles, putain.
45:45Tu m'as vu sur scène.
45:47Je les fume, tu sais.
45:49Ceux qui s'aiment récoltent.
45:51J'suis mon propre pote.
45:53Pop comme boue, mais comme boulottier.
45:56Tu dis que tu kiffes la vérité.
45:58M'oblige pas à vérité.
46:00Pour voir si t'es apte à parler quand t'es apte.
46:02Si t'es pas là jusqu'à l'année.
46:04Si tu veux mensonge, j'te laisse le sucer.
46:06Écoute la flow, tu risques de glisser.
46:08Aujourd'hui, le vide est très bien habillé.
46:10Mais sans les caméras, il galère à briller.
46:12Alors que si le message est clair, le message éclaire les coeurs.
46:15Mais y'a du chemin.
46:16Bande de slaves, personne va vous save.
46:18Cause de vous, les types restent, type, faut l'dire.
46:21Fausse hype, fausse tri.
46:23C'est cause du kick, le rap français est proche de la police comme Steam.
46:27Slim tire une latte.
46:29Y'a beaucoup de médias qui sont bons.
46:33Vont gagner fort, mais c'est le rap.
46:35Ils leur jettent des fleurs quand ils sont up.
46:37Écoute les verres ou perdent leur rip.
46:39Tout d'un coup, ils nous parlent d'originalité.
46:43Le mainstream porte toujours le même string.
46:47Incroyable. Makala, Hôtel Yutsuya.
46:49J'adore ce morceau.
46:51Ma dernière phrase est puissante.
46:53Le mainstream porte toujours le même string.
46:55Moi, j'adore.
46:56Moi aussi.
46:57C'est hyper important de soigner sa sortie.
46:59Et là, franchement, je sais que je m'en souviens.
47:01Bon, très bien. Makala, c'était le morceau Hôtel Yutsuya.
47:04Mehdi Maizy sur France Inter.
47:08Donc, c'était ma modeste recommandation à toi, Clarouchini.
47:10Makala, vu que tu ne connaissais pas.
47:12Et c'est une transition parfaite, car tu as fait des recommandations.
47:16Je ne me rappelle plus ce que je t'ai dit.
47:18Moi, je m'en souviens. J'ai tout noté.
47:20On a même préparé des choses.
47:22C'est terrible, parce que je l'ai reçu il n'y a vraiment pas longtemps.
47:24Je sais.
47:26T'as conseillé une artiste.
47:28J'avais oublié.
47:30J'avais presque un public sur l'existence.
47:32Exactement, qui était une artiste que j'écoutais à la fin de l'année 2000, début 2010,
47:37qui était super importante et qui a sorti un album il n'y a pas longtemps,
47:40avec notamment ce morceau West End Girl.
48:38Lili Allen, ça m'a vraiment fait plaisir, premier degré, de la réécouter,
48:44parce qu'elle a toujours eu un truc très cool, je trouve, dans ce qu'elle faisait.
48:47Mais c'est vrai que je suis passé un peu à côté.
48:49Pourquoi donc, Lili Allen, ce dernier album ?
48:51Je suis obsesse. Je suis trop contente d'en parler.
48:53Parce que vraiment, je suis obsédée par ce disque.
48:56Mais qu'on lui donne une émission de radio, enfin…
48:58T'as envie de faire ça, ça crève les yeux.
49:02Mais non, mais je le trouve brillant.
49:04J'ai osé dire tout à l'heure que mon dernier disque était impudique et exhibitionniste,
49:08mais là, elle a atteint un niveau qui est lunaire.
49:12Et en même temps, c'est quand même très agréable d'avoir l'impression de regarder à travers un petit trou de serrure l'intimité de quelqu'un.
49:19Et puis, elle l'écrit tellement bien que je sais pas.
49:22Moi, ça m'a fait frissonner vraiment de plaisir.
49:24Et puis, je trouve ça aussi tellement agréable de voir une femme connaître comme ça une deuxième heure de gloire.
49:31Parce que tu l'as dit, c'est vrai, on l'avait oublié pendant assez longtemps, cette femme.
49:34Et là, elle arrive dans sa quarantaine.
49:36À un moment où, il faut le dire, les femmes sont quand même un petit peu invisibilisées dans leur carrière.
49:40Et cette meuf arrive plus belle que jamais, hyper forte après un divorce qui aurait dû, a priori, la massacrer complètement.
49:47Et plus forte que jamais.
49:48Et elle a jamais aussi bien écrit.
49:50Moi, je trouve qu'il y a plein de punchlines qui sont super fortes dans ce disque-là.
49:53Et je sais pas.
49:54Vraiment, je l'adore.
49:56Je l'écoute du début à la fin.
49:57Ce que j'aime aussi, c'est le courage qu'elle a eu de faire un truc assez narratif.
50:03Par exemple, il y a cette chanson qui s'appelle Madeline, qui est un personnage qui arrive, je crois, au milieu du disque.
50:08Et en fait, si tu écoutes bien la chanson d'avant, elle commence à l'évoquer en disant « Who the fuck is Madeline ? »
50:13Et j'aime bien l'idée d'un fil conducteur.
50:16Je trouve ça très audacieux de faire un album narratif dans un moment où l'album en lui-même est en train de disparaître.
50:25Il y a très peu de gens qui écoutent un album du début à la fin, comme moi qui suis complètement ensemble.
50:29Ouais, on est ensemble, mais je crois qu'on est de plus en plus rares.
50:31Tu vois ?
50:32Du coup, c'est trop chouette qu'elle ait osé faire ça, qu'elle nie complètement le fait que les gens n'auront probablement pas la patience du début à la fin.
50:39Enfin, je ne sais pas, il y a plein de choses qui me plaisent.
50:41L'imagerie est trop belle, un peu à la Lana Del Rey, une espèce de vintagerie, mais réinterprétée, dépoussiérée.
50:48Enfin, j'aime tout.
50:49Mais je le trouve brillant, ce disque. Pardon, je suis en dirais une illuminée, là.
50:53Ah non, mais c'est parfait !
50:54Mais justement, tu as mentionné le fait que c'était une femme de 40 ans qui justement peut être trouvée une sorte de nouvelle jeunesse.
51:00Et on sort quand même d'une année aussi, j'en parle avec une journaliste, il y a quelques heures, sur le fait que je pense qu'il y a aussi beaucoup de femmes qui ont été très importantes dans la musique cette année.
51:09Évidemment, en France, le nom de Théodora est un petit peu inévitable.
51:13Rosalia.
51:14J'allais dire Rosalia, évidemment, à l'étranger.
51:15Et même dans un autre registre, une femme comme Okelou, qui aussi fait une année extrêmement intéressante.
51:20L'idée, ce n'est pas de dire que c'est l'année des femmes, parce que c'est un peu des raccourcis.
51:24Et l'idée, c'est qu'il y ait des femmes tout le temps, en fait, qu'il y ait des femmes qui ont des succès tout le temps.
51:27Mais est-ce que tu sens quand même qu'il y a une période peut-être un peu plus prolifique, je ne sais pas, mais en tout cas où il y a peut-être plus de place pour que des femmes prennent la parole,
51:35notamment dans le milieu de la musique, qu'on leur soit plus simple.
51:38Oui, c'est ça. Je ne crois pas que ce soit forcément, ah, les femmes ont été particulièrement brillantes cette année.
51:41Je pense que c'est juste, on les a plus écoutées, on leur a plus tendu le micro.
51:44Et ça, je ne peux que me réjouir de ça.
51:47Mais tu as l'impression qu'il y a un moment aussi...
51:49Oui, on va vers le mieux, on va vers le mieux.
51:51Mais il y a quelque chose, en tout cas, qui me réjouit aussi, c'est de voir cette nouvelle génération.
51:54Je parle en France parce que je n'ai pas trop de regard, en tout cas de l'intérieur, dans les autres pays.
51:59Mais moi, je trouve ça hyper rafraîchissant de voir comme la nouvelle génération de chanteuses féminines s'entraide
52:06et qu'il y a un vrai truc de connexion entre elles.
52:09Et le duo Solane-Yoha, par exemple, je trouve hyper inspirant, hyper fort.
52:14Et j'ai l'impression que même si on n'a pas non plus 30 ans d'écart, il y a eu un vrai switch, un vrai changement.
52:22Là où moi, je trouve qu'avec les chanteuses de ma génération, on nous a beaucoup mis en rivalité, en disant c'est l'une ou l'autre.
52:30Là où, je ne sais pas, je les trouve beaucoup plus, je ne sais pas, sereines aussi.
52:34Et je me réjouis de ça et je m'en inspire.
52:37Et elles me font beaucoup de bien.
52:40Clara ?
52:41C'est fini ?
52:42Ah mince !
52:43Presque !
52:44C'est l'heure de la question.
52:45Je serai bavarde.
52:46C'est la question.
52:47Tu sais, déjà, je tiens à rassurer, pour des gens qui font des interviews, des invités bavardes comme toi, c'est du pain béni.
52:57Ça nous fait moins de travail.
52:58Donc je te mets à l'aise, vraiment.
52:59Depuis tout à l'heure, je te sens un peu.
53:00Vraiment, c'est continu.
53:02Sache que pour nous, c'est parfait.
53:04C'est pour ça qu'on t'adore en promo.
53:05L'épisode Lili Allen, j'ai fait ma chronique.
53:08Un jour, on fait une émission sur Lili Allen.
53:09On t'invite, si tu veux, avec grand plaisir.
53:11Premier degré.
53:12Non, la question, c'est la suivante.
53:14Tu es jeune.
53:15Mais si.
53:16Mais si.
53:17Mais si.
53:18Je vais vraiment revenir.
53:19Tu as plusieurs victoires de la musique, déjà.
53:20Une statue au musée Grévin.
53:21Oh là là.
53:22Oui, elle existe.
53:23Des tournées à succès.
53:25C'est quoi ?
53:26Ton rêve un peu impossible aujourd'hui.
53:28Une fois qu'on a coché ces cases-là.
53:30Je crois que le plus dur et le plus...
53:33Moi, ce qui me rendrait tellement heureuse, je demande absolument rien de plus.
53:38En revanche, mon rêve, ce serait que ça dure.
53:41Et ça, c'est compliqué, je trouve.
53:43Je ne me rappelle même pas en quel année on est.
53:462025.
53:472025, je crois.
53:48Plus que pour longtemps, mais on est en 2025.
53:51Mais je trouve ça de plus en plus compliqué de durer.
53:55Et c'est vraiment quelque chose que je souhaite par-dessus tout.
53:58Par contre, je n'ai pas du tout de gloire de carrière internationale.
54:01Oui, tu n'as pas ça en toi.
54:02De vendre beaucoup plus d'albums.
54:05Mais juste continuer mon petit bonhomme de chemin à mon niveau.
54:11Parce que j'adore ce que j'ai.
54:13Je ne veux juste pas le perdre.
54:14Parce que ça fait peur aussi quand on est artiste.
54:15Parce que même si on a du succès, qu'on gagne bien sa vie, etc.
54:17Il y a quand même une forme d'incertitude permanente, en fait.
54:20Donc ça peut faire un peu peur, ça.
54:22Oui, surtout quand tu deviens parent.
54:24Parce qu'avant, je me disais, ce sera la débrouille, c'est pas grave.
54:27Mais pour mon enfant, je ne sais pas, j'aimerais bien qu'il soit fier de moi.
54:33J'allais dire, mais bon, même si demain, je ne fais plus de musique, je trouverais d'autres trucs.
54:37Bon.
54:38Clara, c'était un plaisir de t'avoir vraiment.
54:40Merci beaucoup.
54:41Merci d'avoir été là.
54:42Merci à toi, donc.
54:43La tournée continue avec Bercy, 18 et 19 février.
54:47J'espère que tu viendras d'ailleurs.
54:48Si je suis invitée.
54:49Si il ne restait pas, j'en achète une.
54:51Totalement invitée.
54:52Super.
54:53Merci à Marange, c'est un peu la galère.
54:54Merci à toutes les personnes qui ont participé à la fabrication de cette émission
54:57qui a été préparée par Alexia Lacour et Redouane Tella.
54:59Une émission réalisée par Guillaume Giraud.
55:01La programmation musicale est signée Jean-Baptiste Odibert.
55:04La technique, ce soir, c'était Gaspard Guy Bourget et Jules Benveniste.
55:07Merci aux équipes web et vidéo.
55:09On se retrouve demain, même heure, pour une nouvelle émission.
55:12Merci.
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