- il y a 3 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00La guerre, 75e jour de guerre au Moyen-Orient, le conflit qui s'enlise, le président Trump qui est à
00:05Pékin pour s'entretenir avec le président Xi Jinping.
00:07Nous sommes avec Axel Meunier, notre correspondant à Washington, dans la capitale américaine, parce que ce voyage en Chine, justement,
00:16quel est véritablement, avec cette guerre qui rythme l'agenda du président américain, quel est son enjeu diplomatique ?
00:26Alors, c'est vrai qu'au départ, cette guerre n'existait pas. Quand le voyage a été programmé, il s
00:30'agissait d'amoindrir les tensions commerciales liées aux droits de douane imposés par Donald Trump
00:35depuis son retour ici à la Maison-Blanche. Mais depuis, la guerre en Iran est là. Et désormais, Donald Trump
00:42est surtout dans un entre-deux.
00:43Ce n'est plus tout à fait la guerre, mais ce n'est plus non plus la trêve qu'il
00:46a lui-même déclarée quasi-morte.
00:48Alors, effectivement, la question, c'est de savoir dans quelle mesure Donald Trump va vouloir accepter une possible médiation de
00:55la Chine,
00:55la Chine alliée de Téhéran, qui fournit du renseignement à l'Iran et surtout qui est très embêtée, pour ne
01:01pas dire plus,
01:02par cette situation dans le détroit d'Hormuz qui bloque ses affaires et ses livraisons de pétrole venant du golfe
01:09Persique.
01:10Alors, est-ce que Donald Trump est prêt à recevoir cette aide ?
01:13Ou alors, est-ce qu'il est un peu réticent à ne pas être le seul vainqueur, à celui qui
01:18aura à régler la situation tout seul
01:20et qui ne veut pas être non plus redevable à la Chine ?
01:24La question sera centrale.
01:26Mais, effectivement, la question diplomatique ne sera pas la seule abordée cette fois-ci,
01:32mais elle prendra une place qui n'était absolument pas prévue au départ dans ce voyage.
01:36– Merci Axel Monnier, en direct de Washington pour BFM TV.
01:40– Bonsoir Didier François, vous êtes d'accord avec ça ?
01:42L'un des enjeux, ce n'est pas le seul, parce qu'on a bien compris qu'il y avait
01:45aussi des enjeux commerciaux,
01:46on va parler des barrières douanières, etc., mais l'un des enjeux, Donald Trump va essayer de convaincre,
01:51enfin encourager la Chine de convaincre Téhéran, de conclure cet accord ?
01:55– Alors, je pense qu'il y a un enjeu évidemment sur l'Iran, mais dont personne ne va officiellement
02:00dire qu'il existe.
02:01On voit bien que Trump dit « mais non, non, non, pas du tout, même pas mal, j'ai pas
02:03besoin,
02:04je vais m'en débrouiller tout seul ». Les Chinois vont arriver très madrés, vont laisser passer l'affaire,
02:09nous non plus, on n'a pas de problème sur la question du pétrole, nos problèmes ce sont les grands
02:13principes,
02:14et d'ailleurs ils ont mis un plan sur la table en quatre points, mais qui sont d'une généralité
02:19absolue,
02:19on respecte le droit international, on respecte la liberté, il n'y a rien de concret.
02:23En revanche, je pense que les deux vont en parler, parce que ça bloque tout le monde.
02:26Enfin, économiquement, l'air de rien, les alliés, en tout cas les partenaires des Chinois,
02:33que sont les Iraniens, parce que c'est quand même leur premier partenaire commercial,
02:36leur première fournière sort de pétrole, bloquent leur accès au pétrole.
02:40Alors certes, ils ont fait passer dix navires, là, sur les derniers jours, pour montrer que ça passait.
02:46Les Américains, comme par hasard, ce coup-là, ceux-là, ils sont passés aussi.
02:49Donc le blocus à 100% n'est à 100% que quand ça les arrange.
02:52Là, ils ne voulaient pas embêter les Chinois avant l'affaire,
02:54donc vous voyez bien que c'est un enjeu, les Chinois risquent de perdre un point de croissance
02:58de 5 à 4 à la louche pour les spécialistes, ce qui n'est pas mon cas.
03:01Donc d'autres vous le diront mieux que moi, les Américains aussi,
03:04ça embête tout le monde, ils vont essayer de le régler.
03:06En tout cas, d'ouvrir hors bouse.
03:08Donc peut-être, enfin, en tout cas, je pense qu'ils vont en discuter,
03:11je ne vois pas comment ils pourraient faire autrement.
03:13Guillaume Lagan, quels sont les liens entre la Chine et l'Iran ?
03:16Eh bien, la Chine, c'est un des partenaires essentiels de l'Iran.
03:20D'abord, sur un plan économique, je rappelle qu'à peu près 90% des exportations
03:25d'hydrocarbures iraniennes vont vers la Chine.
03:28Ça représente à peu près 16% des importations chinoises d'énergie.
03:32Et puis, c'est un partenaire aussi sur le plan militaire.
03:36Alors, les choses sont plus difficiles à savoir,
03:39parce que Pékin est très discrète sur l'aide qu'elle prodigue à Téhéran.
03:43Mais apparemment, il y aurait eu du renseignement chinois
03:46au bénéfice de l'Iran et contre les États-Unis et les puissances du Golfe.
03:49Il y aurait aussi soit des armes, soit des sous-équipements
03:53qui rentrent dans la fabrication d'armes iraniennes
03:56qui auraient été fournies par Pékin.
03:57Et puis, je dirais que, d'une manière plus générale,
04:00l'Iran est un soutien diplomatique de...
04:02Pardon, la Chine est un soutien diplomatique de l'Iran.
04:04Au Conseil de sécurité, par exemple,
04:06elle n'a pas hésité à brandir l'arme du veto
04:09pour éviter que les États-Unis et les puissances du Golfe
04:12fassent voter des résolutions condamnant le blocage d'Hormuz par Téhéran.
04:15– Mais juste, Alain Duhamel,
04:17quand on voit la rencontre entre les deux géants,
04:19on se dit que nous, on ne pèse pas grand-chose dans cette histoire,
04:21dans ce qui se passe en ce moment, non ?
04:23Enfin, quand je dis nous, les Européens,
04:25et puis je mets la France ensuite, quoi.
04:26– Disons qu'on fait de la figuration intelligente.
04:30C'est-à-dire qu'on sait très bien
04:32qu'on ne sera pas des acteurs décisifs dans cette affaire.
04:35On sait très bien aussi qu'en revanche,
04:37on est concerné par les conséquences que ça a, très directement.
04:41Donc, la question est d'essayer de faire comprendre
04:44ce qu'on souhaite en sachant qu'on n'a absolument pas les moyens de l'imposer.
04:50Donc, c'est pour ça que je dis, on fait de la figuration intelligente.
04:53Nous sommes un enjeu, nous sommes un acteur.
04:56On est un enjeu relativement important
04:58et on est un acteur relativement pas important.
05:01– Et puis, toute la question est de savoir
05:03si au retour de ce voyage aux États-Unis,
05:05les frappes reprendront.
05:06Ce voyage en Chine du président américain,
05:08les frappes reprendront.
05:10Justement, François Gapillan,
05:11il n'exclut pas un retour des frappes, les Américains.
05:15Bonsoir, ce serait un nouveau nom d'opération.
05:18– Absolument, bonsoir à tous.
05:19Alors, la Maison-Blanche, disons-le,
05:20n'a pas encore fait de commentaire officiel sur le sujet,
05:24mais plusieurs responsables américains indiquent, en effet,
05:27à la chaîne américaine NBC
05:28que les hostilités pourraient reprendre en Iran
05:30sous le nom d'opération Sledgehammer en français,
05:34opération Massu, coup de Massu ou marteau de fer.
05:37Si le cessez-le-feu actuel s'effondre
05:39et que le président Donald Trump décide de relancer
05:42des opérations de combat majeures,
05:45fin de citation, alors pas totalement absurde,
05:47d'autant qu'il y a 24 heures environ,
05:50le ministre de la guerre, de Trump, l'assurait.
05:52Le Pentagone est prêt à toutes les éventualités
05:55en fonction de l'évolution des négociations avec Téhéran.
05:57Vous le voyez, Pete Exet, auditionné il y a 24 heures,
06:01hier après-midi, par le Congrès américain.
06:03Nous avons un plan pour intensifier nos actions si nécessaire,
06:07nous avons un plan pour nous retirer si nécessaire
06:10et nous avons un plan pour redéployer nos moyens.
06:13Le Congrès, au passage dont Trump, qui vient d'arriver en Chine,
06:16vous le disiez, affirmait il y a encore quelques jours
06:17qu'il n'avait pas besoin de l'accord pour reprendre les hostilités.
06:21Les questions, les hypothèses restent donc nombreuses,
06:23la principale inconnue étant l'issue de ce conflit.
06:27Ce qui m'amène, et j'en terminerai par là,
06:28à l'un des enseignements du nouveau sondage Elab pour BFM TV.
06:31L'opinion française, évidemment,
06:33anticipe désormais une guerre de plusieurs mois, voire années.
06:37Merci François Gapillon.
06:38À quoi pourrait ressembler, Général Pellisrandi, cette opération massue ?
06:43C'est très compliqué parce que, certes,
06:46les militaires américains ont planifié un certain nombre de cibles,
06:50mais quel type de cibles ?
06:51C'est-à-dire, par exemple, les infrastructures,
06:54donc les centrales électriques pour paralyser le pays,
06:58peut-être des cibles politiques,
07:01les troisième ou quatrième couche de dirigeants.
07:05La difficulté, ce n'est pas tant d'essayer de trouver des cibles
07:08que de savoir quel est l'effet final recherché,
07:11quel est l'effet politique que l'on veut.
07:13Parce qu'on voit bien qu'il y a une forme de résil...
07:15Réussir à faire plier l'Iran.
07:16Bah oui, mais bon, le régime considère qu'il a tenu,
07:23donc il pourrait tenir, et ça peut durer très longtemps.
07:26Or, la difficulté, c'est que, dans cet état de ni paix ni guerre,
07:31d'abord, c'est usant pour tout le monde,
07:34et que les Iraniens, ils ont déjà tenu 47 ans,
07:36enfin, le régime a tenu 47 ans, il pourrait tenir...
07:39Le régime est tout à fait le même, quand même.
07:41C'est pas le même, mais il y a une forme de résilience,
07:47et c'est la difficulté.
07:48Et puis, après, il y a des questions de rapport de force.
07:51Certes, le rapport de force militaire, stricto sensu,
07:54il est largement en faveur des États-Unis.
07:56Bon, que l'opposition iranienne soit massacrée,
08:05que le régime soit ultra-répressif,
08:07le problème, c'est qu'il y a quand même 90 millions d'habitants,
08:10c'est 1 million de kilomètres carrés.
08:12Il y a une question de...
08:13Et là, on peut bombarder pendant des années.
08:17Les Américains, ils en ont fait la mère expérience au Vietnam.
08:20Les années de bombardement n'ont pas suffi,
08:23et à terre, ils ont pris une défaite.
08:25Donc, on est dans cette situation extrêmement compliquée.
08:28Alain Duhamel ?
08:29Oui, ce qui est frappant, c'est que, sur un plan militaire,
08:32je ne me substitue pas au général, bien entendu,
08:34mais sur un plan militaire, les Américains ont une suprématie écrasante,
08:39mais leur idée que, par exemple, Netanyahou avait exprimée de façon très claire,
08:44qui est de dire, on va flanquer en l'air ce régime,
08:47je suis désolé, mais ce n'est pas ce qui se produit.
08:50Il a été affaibli quand même, non ?
08:51Vous n'êtes plus mesuré ?
08:52D'accord.
08:53Moi, je ne serais plus nuancé tout de même,
08:55parce que c'est vrai que ça fait 47 ans qu'ils sont là,
08:58mais ça fait 47 ans qu'ils sont là,
08:59on a des conditions quand même très différentes de celles qu'on observe aujourd'hui,
09:02c'est-à-dire un blocus de l'économie iranienne qu'elle n'a jamais subi jusqu'ici.
09:06Donc, il y a quand même une question, un grand point d'interrogation,
09:08c'est est-ce que l'Iran, 90 millions d'habitants, résilient, tout ce qu'on veut,
09:12parviendra à survivre alors qu'il ne peut plus exporter le pétrole comme auparavant ?
09:15Et puis, d'autre part, je rappelle que, non seulement sur le plan militaire,
09:19mais même sur un plan politique, l'Iran a vu sa direction décapitée.
09:22Les personnes aujourd'hui qui sont à la tête de l'Iran,
09:25on ne sait pas très bien d'ailleurs qui est à la tête,
09:26il y a beaucoup de mystères sur les cercles de pouvoir,
09:29ces personnes-là savent aussi que leur vie, pas seulement celle du régime,
09:32leur vie même est suspendue à la décision des Israélo-Américains.
09:36Ça veut dire quoi ?
09:37Ça veut dire que derrière les grandes déclarations,
09:39les rhodomontades qu'on voit dans toutes les rues de l'Iran aujourd'hui,
09:41c'est-à-dire nous avons gagné la guerre,
09:43il y a peut-être en coulisses une faction peut-être plus réaliste du régime
09:45qui se dit qu'un compromis est nécessaire.
09:47Ou plus militaire.
09:48Benjamin Petrobert.
09:49C'est pas les mêmes.
09:50Justement.
09:51C'est pas nécessairement les émotions rationnelles.
09:52Justement, c'est pour ça que je disais ou militaire.
09:54Je pense que la vraie opération massue est celle sur laquelle les Américains
09:58ne communiquent pas, à savoir laisser tranquillement le régime iranien s'essouffler.
10:03L'étranglement du régime se fait depuis le premier jour de la guerre.
10:06Personne n'en parle parce qu'on n'a aucune image sur ce qui se passe là-bas.
10:09On ne sait pas dans quel état est aujourd'hui l'économie iranienne,
10:12mais la véritable guerre, elle se joue au cours de ça.
10:13Je rappelle qu'Internet est toujours coupé en Iran.
10:15Internet totalement coupé, donc on ne sait rien sur la répression de la population.
10:18Il faut rappeler tout de même que l'un des objectifs premiers
10:21était de faire tomber le régime et de libérer cette population.
10:24On n'en parle plus du tout.
10:25On parle désormais d'Hormuz, on parle de nucléaire, on ne parle plus de ça.
10:27Mais la véritable guerre, et on voit bien que Trump résiste.
10:30Beaucoup d'observateurs disaient qu'il va partir, il va s'arrêter.
10:33Cette guerre-là, il la tient, étrangler le régime jusqu'au bout.
10:36Mais en effet, peut-être que pour en venir à bout,
10:38il faut une opération massue, à savoir frapper très vite, frapper très fort,
10:43toucher encore des centres névralgiques, peut-être encore une autre forme de cyberguerre.
10:47Et cet après-midi encore, d'ailleurs côté israélien,
10:50le chef d'état-major Yelzami a déclaré que Tzal était prêt
10:52s'il fallait encore mener une ultime opération.
10:55On va aller en Israël, mais c'est vrai que pour aller dans votre sens,
10:58c'est quand il est interrogé par une journaliste qui lui dit
11:01« Vous avez vu quand même la situation financière des Américains ? »
11:04Il dit « Empêcher l'Iran d'avoir l'arme nucléaire est plus important que tout.
11:08Je ne pense pas à la situation financière des Américains,
11:10je pense à une seule chose, nous ne pouvons pas laisser l'Iran avoir l'arme nucléaire. »
11:14C'était la thèse d'Israël dès le départ.
11:15Dans tous les cas, les pays du Golfe restent acteurs et spectateurs
11:21aussi de ce qui se passe entre l'Iran et les Etats-Unis.
11:24On va retrouver Célia Vallée à Doha, au Qatar,
11:27avec cette crainte toujours pour les pays du Golfe,
11:30pour Célia, c'est que les lances-missiles iranières
11:33restent rivées sur leurs installations stratégiques,
11:37restent rivées sur Hormuz.
11:41Oui, parce que les renseignements militaires américains ont fait de nouvelles évaluations
11:46et le New York Times a pu en prendre connaissance.
11:49On y apprend qu'il y a notamment, tout le long du détroit d'Hormuz,
11:5330 sites de missiles iraniens opérationnels sur 33,
11:58des sites de missiles qui peuvent donc menacer les navires de guerre américains,
12:01mais aussi les pétroliers qui transitent dans le détroit d'Hormuz.
12:05On apprend également que le pays dispose de 70% de ses lanceurs de missiles,
12:10mais également 70% de ses stocks d'avant-guerre.
12:13Donc là, on parle de missiles balistiques à longue portée,
12:16qui peuvent viser d'autres pays dans la région,
12:18mais également des missiles de croisière qui, eux, sont à plus courte portée.
12:22Et enfin, on apprend également que 90% des sites de stockage iraniens
12:27sont à la disposition de Téhéran.
12:29Donc là, on parle notamment des installations souterraines.
12:32Voilà un dispositif iranien qui est donc opérationnel, vous l'avez compris.
12:36Et on est très loin des déclarations de Donald Trump.
12:39Souvenez-vous, 10 jours seulement après le début du conflit,
12:42le président américain affirmait que l'Iran, je cite,
12:45n'avait plus rien sur le plan militaire.
12:48Mais alors justement, après ce que nous a dit Célia Vallée avec Chloé Berthaud,
12:51Didier François, comment est-ce que ça se fait qu'ils possèdent encore
12:53toute cette capacité, les Iraniens ?
12:55D'abord, je vous en doutais, pour mes collègues du New York Times,
12:59mais honnêtement, quand on parle avec les gens des services de renseignement,
13:02ce n'est pas du tout ce qu'ils nous disent.
13:03Eux-mêmes disent que c'est difficile à savoir.
13:05Il y a un débat au sein des renseignements américains,
13:07entre les renseignements militaires et la CIA,
13:09où honnêtement, savoir ce qu'il y a sous terre, on ne sait pas.
13:11Donc potentiellement, il peut y avoir.
13:13Il peut y avoir.
13:14On sait qu'il peut y avoir.
13:15Par exemple, on sait des choses sûres.
13:17On sait que les silos qui étaient de missiles enterrés
13:23ont été tapés à plusieurs reprises pendant la première phase de la campagne
13:26et qui tiraient encore à la fin.
13:28Donc là, on sait que, par exemple, il y a un problème.
13:30Ce qui fait que, d'ailleurs, les Américains,
13:32plutôt que d'essayer de détruire les souterrains,
13:34c'est pour ça qu'il reste des choses,
13:37ont décidé plutôt de détruire les entrées des souterrains
13:40parce qu'ils n'avaient pas assez de bombes pénétrantes,
13:42parce que ça, pour le coup, qu'ils pouvaient descendre en dessous de 60 mètres,
13:44et que, donc, ils ont choisi de mûrer les entrées
13:47et de faire s'effondrer les entrées.
13:48Avec un risque, c'est quand il y a un cessez-le-feu
13:50et vous avez mûré les entrées,
13:51l'ennemi profite du cessez-le-feu pour redémûrer
13:54et pour enlever les déblés.
13:56Donc, en fait, les évaluations qui étaient faites à la louche,
14:01les choses sur lesquelles on peut le mieux s'appuyer,
14:05c'était les stocks qu'ils avaient
14:06et ce que les Iraniens ont tiré.
14:08Et à la louche, au rythme qu'il y avait à la fin,
14:11au début du cessez-le-feu,
14:12les estimations des services de renseignement
14:14sur l'ensemble des missiles courtes, moyennes et longues portées,
14:18c'était, à 30 par jour,
14:19une capacité de tir d'encore 2 mois à 3 mois.
14:22Voilà.
14:22Donc, c'était ça, l'estimation générale.
14:25Parce que la seule...
14:26En partant de ce qui avait été tiré et du stock,
14:29sachant qu'on ne pouvait pas élaborer
14:31et analyser finement ce qui avait été vraiment détruit.
14:35Et sur les drones, on n'en sait rien du tout.
14:37Avec le cessez-le-feu, ils ont pu redéplacer des armes,
14:40reconstituer des stocks.
14:41Oui, mais réparer, je dirais,
14:45plutôt réparer, reconstituer.
14:46Mais Didier a raison.
14:48Dégager les silos.
14:49Bon, ils ne pensent pas qu'ils ont pu refabriquer
14:53des centaines de missiles lors des drones,
14:55oui, parce que ça prend moins de place.
14:58Mais oui, c'est bien ça,
15:01ce qu'il faut comprendre,
15:02c'est qu'on n'a pas effectivement d'évaluation précise.
15:06Même les services...
15:08S'ils avaient 70%,
15:09ils auraient retiré, dès qu'il y avait eu...
15:12Enfin, ils n'auraient pas tiré juste 15 missiles
15:13sur les dernières...
15:14Ce qui paraît dingue,
15:15c'est qu'on arrive à taper un camion
15:16avec les repères satellites, etc.
15:18On arrive à voir où sont les garages,
15:20où sont les bâtiments.
15:20On n'arrive pas à savoir...
15:22Les Américains n'arrivent pas à savoir
15:23où ils en sont dans le bilan.
15:25Techniquement, avec un satellite,
15:27en dessous de 5 à 15 mètres,
15:28vous ne pouvez pas voir,
15:29avec les moyens qu'on a.
15:30Ils ont creusé à 60 mètres, voilà.
15:32Donc, on peut avoir du renseignement humain,
15:35on peut avoir des interceptions,
15:36on peut avoir...
15:37Mais les satellites avec radar et autres, etc.,
15:41ne peuvent pas voir.
15:42On a eu le même problème à Gaza.
15:43Les Israéliens ne savaient pas
15:46exactement ce qu'il y avait sous les tunnels.
15:48Et Dieu sait si pourtant,
15:49ils avaient des capacités d'écoute
15:50avec des trucs profonds
15:51pour voir ce qui bougeait, etc.
15:53Ça nous donne des indications générales
15:56de où il y a des choses,
15:59mais ce qu'il y a dedans,
16:00honnêtement, en renseignement,
16:01c'est quasiment...
16:02Justement, puisque vous parlez d'Israël,
16:03on va aller au Liban
16:04parce qu'il y a l'autre front de la guerre
16:05aussi qui continue.
16:06On va retrouver Jérémy Per à Beyrouth
16:08pour BFM TV
16:09parce qu'il y a l'intensification aussi,
16:11la poursuite des frappes israéliennes
16:13au sud de Beyrouth,
16:14au sud du pays.
16:18Oui, absolument, il y en a eu
16:19et il y en a encore des dizaines
16:21aujourd'hui des frappes israéliennes.
16:24Ça a commencé en milieu de matinée
16:25quand l'armée israélienne,
16:26avec des drones,
16:27a ciblé plusieurs véhicules
16:28sur cette grande autoroute
16:29qui relie Beyrouth jusqu'au sud à Tire.
16:32Ils ont d'abord visé une camionnette rouge
16:34qui s'est ensuite embrasée.
16:36Il y avait, selon les témoins,
16:37sur place de la nourriture
16:38dans cette camionnette rouge.
16:40Et à quelques mètres
16:41et quelques minutes après,
16:42ils ont visé un autre véhicule,
16:44un 4x4.
16:44Et selon les médias libanais,
16:46autour de ces deux frappes,
16:47il y aurait quatre morts.
16:47Ils ont visé un autre véhicule
16:49sur cette même autoroute,
16:50un peu plus tard dans la matinée,
16:51un peu plus au sud.
16:52Et là, les médias libanais
16:54évoquent au moins trois morts,
16:55dont un père, une mère
16:56et leur enfant en bas âge.
16:58L'armée israélienne
16:59qui, selon le média,
17:01le ministère de la Santé du Liban,
17:03a tué plus de 380 personnes
17:05dans des frappes
17:06depuis le cessez-le-feu
17:07qui date du 17 avril dernier.
17:09Aujourd'hui, ils frappent massivement
17:11des dizaines de villages
17:12dans le sud de Liban
17:13avec leur aviation.
17:15Ils ont aussi au sol progressé,
17:17les Israéliens,
17:17puisqu'ils ont publié hier
17:19des images de la brigade Golani
17:21qui a franchi une partie
17:22du fleuve Litani
17:23dans l'est du pays
17:24à une dizaine de kilomètres
17:25de la frontière israélienne.
17:27Et tous les jours,
17:28l'armée israélienne
17:29demande aux habitants
17:31de certains villages
17:32dans le sud Liban
17:33de les évacuer
17:34avant d'éventuelles frappes.
17:36Et ça, c'est tous les jours
17:37depuis maintenant
17:38un peu plus d'une semaine.
17:39De son côté,
17:40le Hezbollah, lui aussi,
17:41harcèle les forces israéliennes
17:43qui occupent le sud Liban.
17:44Cette fameuse zone tampon
17:45à l'extrême sud du pays.
17:47Il publie tous les jours
17:48des vidéos différentes
17:49de drones kamikazes,
17:50de drones FPV
17:51qui visent des chars,
17:52des bulldozers,
17:53des rassemblements de soldats,
17:54des maisons
17:54qu'occupent
17:55les soldats israéliens
17:56dans le sud de Liban.
17:58Ils ont même visé
17:58le 8 et 9 mai
17:59un des systèmes
18:00du dôme de fer israélien
18:02à la frontière
18:02entre le Liban
18:03et Israël.
18:04Vous l'aurez compris,
18:05le cessez-le-feu
18:05n'est pas du tout
18:07respecté de part et d'autre
18:08alors que demain,
18:08à Washington,
18:09s'ouvrent des négociations
18:11entre Liban et Israéliens.
18:13Jérémy Perra,
18:14à Beyrouth,
18:14avec Fanny Morel
18:14pour BFM TV.
18:15Benjamin Petrevers,
18:16on ne peut plus parler
18:17de cessez-le-feu au Liban.
18:18Non, absolument.
18:19Il y a même un paradoxe,
18:20c'est qu'on a l'impression
18:20d'être en véritable guerre
18:21alors qu'en fait,
18:22ce sont des opérations
18:23très précises.
18:24L'armée israélienne
18:25contre les objectifs
18:25du Hezbollah.
18:26La Tsaïl qui revendique
18:27quelques 40 opérations
18:28aujourd'hui
18:29contre des cibles du Hezbollah.
18:30Le Hezbollah qui ce matin
18:32d'ailleurs a fait partir
18:33une pluie de drones
18:34explosifs
18:34sur l'armée israélienne
18:35et tout ça nous cache
18:36une chose
18:37qui est une réalité,
18:38c'est que la paix
18:39entre le Liban et Israël
18:40est en train d'avancer
18:41à grands pas.
18:42C'est le grand paradoxe.
18:43Demain,
18:44troisième round
18:44de négociations directes.
18:46Ça n'est jamais arrivé
18:46dans l'histoire.
18:47Négociations directes
18:48où l'ambassadrice du Liban
18:49rencontre l'ambassadeur israélien
18:51à Washington.
18:52C'est la troisième fois.
18:53Alors vous allez me dire
18:53une image d'Aoun et Netanyahou
18:55qui se serrent la main
18:56ça ne va pas arriver demain.
18:57Mais on sent bien
18:57que cette montée
18:59de l'agressivité sur le terrain
19:00c'est peut-être
19:01pour prévoir demain
19:02la paix entre Israël
19:02et le Liban.
19:03Et puis du côté français
19:05il faut regarder
19:06ce qui se passe.
19:06Les exercices aussi
19:08général Pélistrandiste
19:09avec vous
19:09qu'on va voir ça.
19:11Notamment des exercices
19:12d'appontage
19:12des hélicoptères Tigre.
19:14Oui tout à fait.
19:15Alors il faut savoir
19:16que nous avons
19:18le groupe aéronaval
19:19qui est dans
19:20en mer d'Aden.
19:21Et l'armée de terre
19:23elle a les hélicoptères
19:24de combat Tigre
19:25ces hélicoptères
19:26qui ont été déployés
19:27notamment aux Imeras Arabes Unis.
19:29Ils ont un très gros avantage
19:30c'est qu'ils peuvent
19:31détruire les drones.
19:33Alors ce que l'on a
19:34préparé depuis longtemps
19:35les hélicoptères Tigre
19:37ils savent très bien
19:38apponter sur les gros bateaux
19:40de la marine.
19:40Par exemple les porte-hélicoptères
19:42d'assaut
19:42et bien les hélicoptères Tigre
19:44ils y vont fréquemment.
19:45Ce qui a été fait récemment
19:48c'est l'appontage
19:49des hélicoptères Tigre
19:51sur les frégates.
19:54La partie pour apponter
19:56est à l'arrière
19:57c'est un peu plus petit
19:58et donc ça c'est des exercices
20:00qui sont extrêmement importants
20:01et que l'on fait
20:02depuis très longtemps.
20:03Mais là on a accéléré
20:04justement pour pouvoir
20:06mettre ces hélicoptères Tigre
20:08sur les frégates
20:09multimissions
20:10qui vont accompagner
20:11le groupe aéronaval
20:12dans la perspective
20:13d'une mission
20:14de sécurisation
20:16donc du détroit d'Hormuz.
20:18Coopération donc
20:19armée de terre
20:20marine
20:21et ça c'est quelque chose
20:22qui est extrêmement efficace
20:23et qui apporte
20:24une vraie plus-value opérationnelle.
20:26Merci général Pellistrandi.
20:28On reviendra sur le conflit
20:29qui en est à 175ème jour
20:31et la visite
20:32du président américain
20:33en Chine
20:34dans la deuxième partie
20:35de l'émission.
20:35et la visite
20:35Merci.
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