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Dans l'ombre de Patrice Lumumba, Mobutu gravit les échelons du pouvoir. Il devient son confident tout en nouant secrètement des alliances avec les États-Unis et la Belgique. Lorsque Lumumba devient, après l'indépendance, l'ennemi numéro un de l'Occident, Mobutu choisit son camp : il organise un coup d'État et participe froidement à l'assassinat de son mentor. En agissant ainsi, il ne trahit pas seulement Lumumba, mais met aussi un terme brutal à l'élan de décolonisation du Congo. Tel un Judas, Mobutu scelle le destin d'un pays tout juste libéré, au profit de ses propres ambitions et des intérêts occidentaux.
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00:07L'Afrique est un continent qui a subi les plus grandes humiliations de l'histoire.
00:17Nos ancêtres n'étaient pas considérés comme des hommes ni même comme des êtres qui ont l'intelligence et les
00:24sentiments,
00:25mais comme des amas de muscles à qui on demandait des efforts mécaniques comme on en demande au cheval, au
00:33bœuf, à l'âne ou au bœuf.
00:36Mobutu ! Mobutu !
00:51Mobutu, c'est un personnage énorme.
00:59A la fois, en lui, il y a la décolonisation et la néocolonisation du Congo.
01:13C'est pour cela que souvent j'aime dire que Mobutu est un métier.
01:21Il est né de deux parents qui ne s'aiment pas, politiquement.
01:30Le roi de Belge, Léopold II est son père, et le premier ministre du Congo, Lumumba est son père.
01:43Et Mobutu va chercher à copier ses deux parents, ses deux idéaux.
01:54Le Congo fait 80 fois la Belgique.
02:00Léopold II a voulu le Congo pour lui, sa grandeur, ses richesses.
02:09Lumumba va dire à l'héritier de Léopold II,
02:15vous n'avez été qu'un voleur, un menteur, un pilleur.
02:22Vous devez quitter le pays.
02:24Combattant de l'indépendance, aujourd'hui victorier.
02:30Nous avons connu les ironies, les insultes,
02:33les coups que nous devions subir au matin, midi et soir,
02:37parce que nous étions denègres.
02:40À ce moment-là, Mobutu est l'homme de Lumumba,
02:45les conseillers de garçons de course.
02:48Ce sont des amis, deux copains.
02:55Mais Mobutu a cherché le pouvoir réel
03:00qui se trouvait du côté des Blancs.
03:05Et il participe à l'assassinat de Lumumba.
03:16La carrière de Mobutu est en train de se dessiner.
03:20...
03:40Mobutu a pris la vie politique pour un jeu.
03:44...
03:49Le Congo, pour lui, sa grandeur, ses richesses, comme Leopold II.
03:55...
03:55La folie des grandeurs.
03:59...
04:00...
04:01...
04:14qui est cet homme dans sa complexité qui va faire 32 ans au pouvoir qui est allé au plus
04:25au sommet et qui a fini de l'honte
04:42il y avait un désaccord avec l'humumba j'ai remis de l'ordre c'était ma façon de réagir
04:51pas contre
04:52la personne de l'humumba mais parce que je n'aime pas le désordre et l'humumba à ce moment
05:00a disparu
05:01j'ai étudié mobuto assez longtemps quand j'ai fait ma tête c'était c'était sur son règne donc
05:16non non moi j'aime comprendre les choses quelqu'un qui a trahi à ce niveau là quelqu'un d
05:25'aussi proche
05:29il a fait tellement de mal il faut savoir pour pouvoir avancer c'était vous avez étudié le
05:40tu meurs oui je veux savoir c'est une volonté savoir et je ne peux pas dire que je sais
05:50tout mais
05:55si on n'aime pas quelqu'un pour ne pas dire qu'on le déteste c'est vaut mieux le
05:59connaître
06:18ça c'est moi ici quand j'étais gouverneur du katanga
06:28mais on se connaissait très bien c'était un compagnon d'école c'était l'enfant d'une école
06:37comme tous bon là on ne voyait pas qu'il pouvait devenir président de la république ou quoi parce
06:45qu'à cette époque là nous autres les noirs après les études c'est fini vous allez travailler comme
06:52commis quelque part on ne voyait pas que celui-là va nous commander il va non ça n'existait pas
06:59et il était très intelligent au bout tout mais pour les frères des écoles chrétiennes lui était
07:06un indiscipliné c'était un blagueur c'est un taquin et alors maintenant comme il y avait un frère flamand
07:16qui ne parlait pas français comme les autres frères et alors mon but reprenait les phrases de ce type là
07:22pour se moquer de lui et pour faire rire les autres et le drame pour lui c'est d'avoir
07:32projeté de l'encre sur sa soutane
07:36et puis on voit venir une jeep avec un militaire officier avec sa jeep il s'arrête devant nous devant
07:48l'école là
07:51il va à côté du directeur de l'école il y a des moboutou
08:01au bout tout vient et le directeur les livres à ce officier militaire pour partir avec à cette
08:11époque de la colonie quand on fait de vous soldats qu'est ce que vous pouvez faire c'est comme
08:16si on
08:16vous met en prison nos soldats s'entraînent sous la direction d'un instructeur européen à de
08:27nombreuses prouesses d'équilibre de course et de saut moboutou il a toujours eu un contact dans les
08:41cadres coloniales la pauvreté de son enfance au bouton a grandi dans un dénouement matériel
08:53énorme le papa adoptif parce qu'il n'a pas de père biologique c'est un boy d'un blanc
09:02au bouton va côtoyer les écoles des missionnaires et autres là c'est de là qu'il sera pris qu
09:09'il sera
09:10sélectionné pour aller maintenant dans la force publique et dans l'armée c'est une chance
09:16exceptionnelle à l'époque coloniale l'avenir de moboutou est en train de se jouer parce
09:24qu'à l'époque coloniale on ne pouvait pas quitter son village pour aller ailleurs sans visa au congo
09:34belge il fallait avoir une autorisation
09:41il ne fait aucun doute que le peuple ne veut plus de la colonisation les gens en ont assez
09:46et les gens veulent du changement les gens ne veulent plus vivre la même situation que celle à laquelle mon
09:52père avait dû faire face à savoir qu'un colomb étranger viennent s'emparer de ses terres parce
09:56qu'il est blanc et que l'autre est noir on ne veut plus de ça ni de cette situation
10:00où l'on classe les
10:01emplois comme bon nous semble pouvoir justifier le fait que les blancs soient payés quinze fois
10:05plus parce que tous les européens avaient des voitures des belles maisons des serviteurs ils
10:11avaient tous des domestiques ça veut dire que tous les européens sur le sol congolais étaient en
10:14capacité d'avoir un train de vie identique à celui des bourgeois et donc lorsque la lutte pour
10:21l'indépendance a commencé nous les jeunes nous l'avons immédiatement rejoint nous étions des partisans de
10:27le moumba nous pensions clairement que cet homme nous apporterait un pays respectable et une vie
10:37décente quand avez-vous pris conscience de la nécessité de l'indépendance du congo j'ai été
10:44profondément éduqué dans la doctrine chrétienne il faut pas être méchant il faut être bon mais
10:49quand on vous a frappé il faut pas répondre et alors je n'ai jamais compris comment on peut
10:58concilier l'instruction que l'europé nous donnait à l'école le principe des ségrés et des morales avec
11:06les actes que ces européens commettaient vis-à-vis des populations noires
11:15mouboutou n'est pas anti blanc il admire le plan avec le pouvoir colonial mouboutou c'est quelqu'un
11:24qui s'est encaissé c'est-à-dire il voit le mal mais s'il peut tirer profil tire profit
11:30de
11:30relation avec le blanc la vie de l'armée c'était une vie de misère comment il est sorti de
11:38l'armée
11:39c'est parce que c'est que je peux appeler un bon blanc la réussie à lui trouver un espace
11:44dans
11:45la presse avec un petit salaire il va devenir journaliste pour le journal colonial il écrivait
11:52un peu à côté le style les erreurs des fautes même au bout tout va rapidement apprendre et on
12:00croit que c'est à ce moment là que mouboutou va intégrer et deviendra même informateur de la
12:04sûreté la petite élite congolaise avec un salaire dérisoire on vous affame et on fait de vous un
12:12champ pour aller chercher les gibiers amener l'information c'est pendant cette période
12:19qu'il aurait connu le moumba cela fait de mouboutou un interlocuteur intéressant pour les belges utile même
12:33il ya des gens que vous ont présenté ou tout à nos pères ils ont fait tout pour que il
12:42se
12:42rapproche de le moumba le moumba il voyait un jeune dynamique pour le moumba c'était un bien
12:52journaliste il se bien parler tout et c'était là que on aura besoin de lui mouboutou à l'époque
13:05moi
13:06j'avais huit ans avant je vais leur maison c'est comme mon frère il vient ici quand il veut
13:11et il
13:14savait bien comment flatter il savait bien comment flatté il savait même si bonjour tout de petits gestes
13:23là alors
13:27mouboutou ça je m'en souviens il venait ici dans cette maison et parce que de temps en temps il
13:36voulait chercher mes frères à l'école il était là ils se sont connus parce que mouboutou il écrivait à
13:46l'époque des articles comme on dit pro congo il était nationaliste et qu'ils se sont connus c'était
13:52devenu un peu son protégé quand on lui avait donné des preuves qu'il travaillait pour la sûreté belge
14:02mon père l'a confronté mouboutou il a acquiescé en disant oui qu'il va laisser tomber tout ça bon
14:09il a cru
14:12il croyait en l'homme et il avait beaucoup d'affection pour ce jeune homme qui est un jeune
14:19frère pour lui pour vous parler de la presse au congo belge il y a monsieur mouboutou qui est
14:25journaliste au journal l'avenir de lyopold ville en tant que journaliste je peux pas dire que mouboutou
14:31m'est fait une forte impression j'avais plutôt l'impression que vous savez il essayait
14:36mais essentiellement il se faire aimer des belges quelle est la réaction des autochtones vis-à-vis de
14:43vos articles vis-à-vis du journal il y a trois mois j'ai pris position sur un problème de
14:51salaire
14:51sur le problème de salaire tous mes lecteurs étaient avec moi parce que j'ai trouvé que les salaires des
14:57ouvriers congolais étaient bas les langues mais quand j'ai dit à mes lecteurs qu'il fallait aller
15:02doucement dans comment dirais-je dans les revendications histoire il faut être prudent et
15:10ils ont trouvé n'est ce pas que j'étais traître n'est ce pas je trahissais la cause n
15:14'est ce pas
15:16le 28 décembre 58 le mamba va tenir le premier meeting politique officiel tenu au congo belge là où
15:24le mamba déclarera l'indépendance n'est pas à négocier on voit mouboutou qui couvrent les événements
15:35une semaine après il y aura des émeutes les petits peuples s'est mis à chasser tout ce qui apparaissait
15:42comme est lié au colonial les écoles les pompées de sens le mythe du nègre heureux était très ancré
15:54dans l'esprit des belges ce mythe du nègre qui sourit tout le temps et ne se rendait pas
16:00compte que derrière ce sourire se cachait beaucoup de colère
16:09Le gouvernement colonial était embranlé.
16:14Jusque-là, tout semblait calme.
16:17Avec la chicote, la force publique, tout semblait aller.
16:20La chicote, officiellement, on va vous dire qu'elle a été supprimée,
16:23mais jusqu'au 30 juin, on était au Congo.
16:27Mon papa était chicoté en 59.
16:31On lui a donné devant... Mon papa était un grand polygame avec ses cinq ou huit femmes.
16:36On lui a donné douze chicotes en 59 devant sa femme et ses enfants.
16:41Moi, je ne savais pas grand chose à ces moments-là.
16:43Mon papa était chicoté en 59.
16:49Le jour des humeurs, il semble, on a vu Lumumba et Mobutu.
16:53Ils étaient côte à côte, Mobutu était sur sa mobilette.
16:56On a vu, il y a des gens qui racontent que même Mobutu avait...
17:00raccompagné Lumumba chez lui en le portant sur sa moto.
17:05Mais Mobutu, comme journaliste, dans ses articles,
17:09on voit qu'il lui reste nuancé.
17:11Attention, oui, il faut donner un peu au noir,
17:13mais attention, les blancs ont créé ce pays, nous devons le respecter.
17:17Pour Mobutu, il fallait un peu relever le noir
17:21et que le noir se rapproche du blanc.
17:23Donc là, Mobutu plaide, mais pas dans le sens d'une révolution,
17:27comme voudra Lumumba.
17:35Lumumba l'a vu à Bruxelles en avril 1959.
17:41Il l'a beaucoup apprécié puisqu'il lui a fait visiter la ville.
17:44Il lui a montré toutes les boîtes de nuit.
17:48Et plein de bons endroits aussi.
17:50Ils sont devenus bons amis.
17:54Oui, en effet, les deux hommes se voyaient de temps en temps
17:57et ils s'entendaient bien.
18:00Ils avaient vécu les mêmes expériences négatives
18:02liées à l'éducation missionnaire.
18:04Ils étaient aussi tous les deux très intelligents.
18:10Ici, en Belgique, on raconte que Lumumba et Mobutu
18:13étaient assis dans un canapé.
18:15Et qu'à un moment donné, l'un des deux a accidentellement
18:19mis le feu au canapé avec sa cigarette.
18:22Et que Lumumba et Mobutu ont jeté ensemble le canapé par la fenêtre.
18:27en Belgique.
18:31En Belgique ?
18:32C'est là que Mobutu va faire une bonne rencontre.
18:35Il va intégrer le groupe d'universités.
18:38Une dizaine, une vingtaine de Congolais.
18:41C'est avec ce groupe-là auquel la Belgique
18:45et les Américains vont donner le pouvoir.
18:48Et Mobutu va devenir membre, aidé par des amis,
18:52comme Jonas Mukamba.
18:55Cela va beaucoup payer.
18:57D'autant plus que Mobutu n'oublie pas les amis.
19:06Papa, je viens te demander de l'aide
19:09parce que j'ai un problème dedans.
19:12Quel genre de problème ?
19:14On m'a demandé 115 dollars,
19:16mais je n'ai pas assez d'argent.
19:18Une femme que tu as aidée m'a dit
19:20que tu pourrais peut-être m'aider moi aussi.
19:37C'est une belle fille.
19:39Merci beaucoup, papa.
19:40Bonne chance.
19:44Moi, j'ai mon conseil comme patriarche.
19:47J'ai le moyen d'aller les autres.
19:51Il y a des gens avec qui j'ai rendez-vous.
19:54Il y a les autres qui viennent sans rendez-vous.
19:57Je les reçois toujours.
20:01Allons-y, Mobutu.
20:04Mobutu était mon ami.
20:06Jusqu'à la mort, je suis son ami.
20:10Nous avons vécu ensemble à Bruxelles.
20:13Nous sommes sortis ensemble.
20:14Nous faisions des bêtises ensemble.
20:16Il ne m'a caché rien.
20:20Et puis, j'ai connu Mobutu.
20:22C'est un homme spécial.
20:25Mobutu, c'est l'homme qui s'est formé lui-même.
20:28Et un monsieur, Mobutu comme journaliste,
20:32des nouvelles.
20:33Nous avions des Mobutu.
20:37Il avait ce rôle-là d'être sujet à la fin.
20:45Bruxelles, séance inaugurale de la table ronde belgo-congolaise.
20:49Objectif de la conférence, définir entre Congolais et Belges
20:52l'indépendance congolaise et des futurs rapports Belgique-Congo.
20:57Au début de l'année 1960,
21:00l'élite belge décide soudainement d'accorder l'indépendance au Congo.
21:05Unilatéralement.
21:06Et dans un délai de six mois.
21:10On peut considérer cela comme un virage stratégique à 180 degrés.
21:16Congolais et Belges,
21:17ils auront à trouver ensemble
21:21les moyens d'organiser
21:23pratiquement
21:24l'exercice du pouvoir.
21:27Mais l'idée était la suivante.
21:28Nous allons permettre cette indépendance très très rapidement
21:31et organiser des élections sans attendre
21:33dans l'espoir de pouvoir ainsi couper l'herbe sous le pied
21:36à la radicalisation de personnes comme Lumumba
21:40et dans l'espoir de peupler le parlement congolais
21:43de gens dociles et pro-Belges.
21:48Mon père était premier ministre.
21:51Il était convaincu du bien fondé de l'indépendance,
21:54mais dans un contexte de coopération.
21:59Parce qu'il était évident que nous avions des intérêts économiques majeurs au Congo.
22:04De grandes entreprises avaient leurs activités au Congo, au Katanga, dans le secteur minier,
22:10les diamants, le cuivre.
22:12Sans parler de l'uranium,
22:14qui pendant la seconde guerre mondiale fut
22:16prêté par la Belgique aux Américains
22:19et grâce auquel ils ont pu fabriquer leurs bombes atomiques.
22:25nul doute que l'importance économique du Congo suscitait de vives convoitises.
22:36À la table ronde politique, l'aura de Mobutu va très très fortement gonfler.
22:43Et pourquoi toutes les délégations congolaises,
22:47on leur avait collé un conseiller belge.
22:52Sauf le menseur de Patrice Lumumba.
22:56À la table ronde politique, Mobutu a été le secrétaire de Lumumba.
23:02Mobutu entre en politique.
23:08Pour les habitants du Congo, ce n'était pas quelqu'un d'important à l'époque.
23:12Je pense que la plupart des gens ne savaient même pas que Mobutu existait.
23:16Parce que qui s'intéresse à un représentant du parti en Belgique ?
23:21Les gens n'y ont jamais prêté attention, vous voyez.
23:25Je sais par contre que les services secrets belges et la CIA
23:29lui ont accordé beaucoup d'attention.
23:34La CIA n'interagissait que peu ou pas du tout jusqu'à la décolonisation.
23:40On considérait alors que l'Afrique se faisait partie de l'Europe.
23:45Ce n'est que lorsque le vent a tourné en faveur de la décolonisation en Afrique
23:48et que la pression s'est accentuée,
23:50que la CIA s'est employée à établir des contacts avec les dirigeants africains.
23:57L'ambassadeur américain à Bruxelles a donné une réception pour les Congolais
24:03qui ont participé à la table ronde.
24:07Il voulait se faire une idée.
24:09Qui sont ces nouveaux dirigeants ?
24:13Et le nom qui revenait sans cesse était celui de Joseph Désiré Mobutu.
24:20On disait qu'il semblait avoir de l'avenir, qu'il était compétent.
24:25Il semblait savoir ce qu'il faisait alors que d'autres parmi les gens présents n'en avaient pas la
24:29moindre idée.
24:39Dans la Belgique qui nous a octroyé l'indépendance le 30 juin,
24:44ce fut un grand moment de triomphe.
24:47Les Congolais ont fait la fête cette nuit-là.
24:50Calais jouait Indépendance Cha-Cha.
24:53Ce fut un grand moment de joie pour le Congo.
24:55mais nous ne nous rendions pas compte des problèmes que nous allions rencontrer.
25:05Pourquoi les Européens étaient-ils prêts à céder cette indépendance sans se battre ?
25:10Parce qu'ils savaient qu'ils allaient continuer à contrôler l'économie.
25:15Ce fut donc un désastre total pour le Congo
25:18parce que nous avons eu notre indépendance
25:20mais que nous avons tous cédé à la Belgique.
25:25C'est là que cette petite élite va être achetée par la Belgique et les Américains, dont Mobutu.
25:33Il fait partie de ce groupe-là.
25:35Le mot corruption va s'installer.
25:43C'est là que je fais la connaissance de Mobutu.
25:48Nous, on est un peu étonné de le voir représentant Patrice Lumumba.
25:55Mais la suite des événements démontra bien que le choix de Mobutu à cet endroit,
26:03ben, celui qui l'a voulu.
26:06Se rapprochant de Patrice Lumumba, il va faire une carrière éclair.
26:25C'est le premier ministre. Il est au pouvoir.
26:30Et Mobutu devient l'homme de Lumumba.
26:33Et Lumumba est un homme secrétaire d'État.
26:42Le jour de l'indépendance, on a cru que ce serait un moment heureux.
26:47Le roi nous partagerait ses espoirs pour notre pays et ceux de la Belgique.
26:51Il parlerait de notre future collaboration en tant qu'amis et pays ayant des intérêts communs.
26:58Non, non, pas du tout.
27:00Messieurs.
27:06L'indépendance du Congo
27:10constitue l'aboutissement de l'œuvre conçue par le génie du roi Léopold II.
27:17Notre pensée à tous doit se tourner vers les pionniers de l'émancipation africaine.
27:26Car ce sont eux qui vous ont apporté la paix et ont enrichi votre patrimoine moral et matériel.
27:36Ce qu'il nous a dit était insultant.
27:39Terriblement insultant.
27:40De dire que notre indépendance était l'aboutissement de l'œuvre de civilisation
27:46commencée par Léopold II.
27:47De quel genre de civilisation parlait-il ?
27:50Celle qui tue des gens ? Celle qui les utilise comme des esclaves ?
27:54Le plus important pour nous, c'est que Lumumba ait défendu notre honneur ce jour-là dès.
27:58Mes amis qui avaient lutté sans relâche à nos côtés,
28:04nous allons mettre fin à l'oppression de la pensée libre
28:10et faire en sorte que tous les citoyens jouissent pleinement
28:14des libertés fondamentales prévues dans la déclaration des droits de l'homme.
28:19C'était un jour, c'est comme quand vous êtes dans le stade de football,
28:24quand ton équipe marque un vie.
28:26Même si c'est orger.
28:28Et tu vois tous les gens, ils commencent à applaudir.
28:31Toi aussi tu vas applaudir.
28:35Ce qu'il a dit est exact.
28:39Mais le contexte, c'est un contexte solennel
28:45des circonstances, des choix,
28:49pas de se cogner entre nous.
28:54J'ai demandé à Mbout,
28:56qui était avec le membre.
28:58Mbout m'a dit qu'il n'était pas d'accord.
29:00Qu'il a dit qu'il s'en soit dit.
29:02Pas de critiquer les discours,
29:04les moments et l'occasion n'étaient pas bonnes.
29:07Ça il m'a déjà dit.
29:09Et tous les gens sensés,
29:12qui ont été à l'époque,
29:15disent qu'on parle comme nous.
29:19C'est un tribun qui maniait les fous.
29:23Très très fort.
29:25C'est-à-dire pour ça que les Belges le craignaient tellement.
29:29Et c'est pour ça qu'il faisait peur aux autres leaders congolais aussi.
29:35Les jours passent, deux, trois jours.
29:38Et puis, la première révolte commence,
29:42c'est évidemment au sein de la force publique.
29:45Quel rôle, selon vous, la force publique pourrait être amenée à tenir
29:48sur la scène d'un nouvel état congolais ?
29:50Le rôle de la force publique restera le rôle que la force publique a toujours rempli.
29:55Mais tout de même, voyez-vous la possibilité d'une scission avec le passé ?
29:58Au contraire, il n'y a aucune scission avec le passé.
30:02L'indépendance était destinée aux civils.
30:08Mais pour vous, les gars, rien ne change.
30:12Vous allez obéir aux officiers belges.
30:16Si vous n'obéissez pas, vous savez ce qui vous arrivera.
30:19Et juste après ça, les forces armées se sont mutinées.
30:26À Léopoldville, centre de la crise, l'amertume qui s'est emparée de la République naissante
30:30est perceptible à tous les niveaux.
30:32Colère et chaos, noir contre blanc.
30:35Le Congo s'embrase partout par la force publique,
30:40avec les viols de femmes, d'officiers et tout ce qui s'est passé.
30:44Même les enfants sont armés dans le contexte de la tragédie qui a frappé le cœur de l'Afrique,
30:48ces personnes ne prenaient aucun risque.
30:51Le Mumba a compris qu'il y avait donc effectivement une africanisation de l'armée qui devait s'opérer.
30:59L'idée, entièrement conforme à un système d'apartheid,
31:04selon laquelle tous les officiers étaient blancs et belges,
31:07et tous les soldats noirs,
31:09ce système devait être brisé.
31:14Et mon bouton va se retrouver nommé par le Mumba,
31:20le grand patron, chef d'état-major de la force publique.
31:28Comme tous les belges, on a pensé que c'était une bonne solution.
31:34Parce que c'est quelqu'un que nous connaissions,
31:39c'était quelqu'un avec qui on pouvait parler,
31:42et que dans notre esprit,
31:44c'est un pro-occidental,
31:47il est pro-belge et pro-américain.
31:52Mobutu dirigeait l'armée.
31:54Il a tout de suite pris ses fonctions.
31:56Mais c'était une grosse erreur.
32:00Il avait passé 7 ans dans les forces armées.
32:03Son grade le plus élevé était celui de sergent-comptable,
32:06le maître de la solde.
32:07Il n'était pas compétent pour diriger les forces armées.
32:16Arrivée des troupes belges constitue un grand réconfort pour les blancs de Léopoldville.
32:23Il est aujourd'hui évident que l'africanisation de l'armée
32:27a permis de rétablir la paix.
32:30Et heureusement,
32:32le gouvernement belge a décidé d'intervenir
32:34avant même qu'il n'y ait eu de victimes à déplorer.
32:43La question a été immédiatement soulevée.
32:46Que se passe-t-il ici en Afrique ?
32:48Ce pays vient d'être indépendant.
32:49Et les Belges sont déjà de retour.
32:51Les interventions militaires de la Belgique au Congo
32:55sont effectivement et honnêtement
32:57des opérations qui sont faites uniquement pour protéger et sauver les vies humaines.
33:08Et puis, bien sûr,
33:11Chombe a déclaré l'indépendance de la province du Katanga.
33:14La province la plus riche de toute l'Afrique a déclaré son indépendance.
33:19Les grandes sociétés belges qui avaient de gros intérêts dans cette région ont donné leur accord.
33:24De nombreux milieux belges ont dit, c'est la solution, laissons les Congolais se disputer.
33:29Mais faisons le Katanga
33:31une sorte de
33:34territoire suisse-Afrique.
33:36Un pays où règne la paix, où l'on peut faire des affaires, et où tout le monde est sage
33:41et coopératif.
33:42Les Katangais, Chombe, Monongo et tous les autres n'ont jamais dirigé le Katanga.
33:48Ce sont les Belges qui dirigeaient le Katanga.
33:51Moïse Chombe n'était qu'une marionnette, rien d'autre.
33:55Oui.
33:55Les complots étaient déjà faits.
33:58Les plans étaient déjà établis.
34:01La Belgique désire blaconiser ce pays.
34:04L'éclatement du Congo s'est démêche.
34:06Les États-Unis ont estimé que ses propos étaient trop forts.
34:09Il a tisé la colère contre les Blancs.
34:12Pourquoi est-ce que vous avez demandé que la Russie envoie des troupes au Congo ?
34:16Il a parlé d'inviter les Russes, l'Union Soviétique,
34:20si l'Occident ne l'aidait pas à soumettre le Katanga.
34:24C'est à ce moment-là que les États-Unis ont commencé à se rendre compte qu'ils représentaient une
34:28menace.
34:30Le gouvernement central congolais, dirigé par le premier ministre Patrice Lumumba, formé par les communistes,
34:35cet agitateur rouge suit le schéma classique de la création du chaos ultime
34:39en préparant habilement le terrain pour une éventuelle prise de pouvoir par les communistes.
34:44C'est ici et maintenant que tout se joue.
34:46Pour les États-Unis, c'est une région où l'on pourrait potentiellement entrer en collision avec l'Union Soviétique.
34:59Nous sommes ici en présence d'un homme qui est de plus en plus contrarié par rapport à l'Occident.
35:04Il est fâché contre la Belgique.
35:06Il est également agacé par les Nations Unies qui, selon lui, sont sous le joug de l'Occident.
35:11Pour les États-Unis, ce type pourrait se laisser manipuler par les communistes.
35:17Il le ferait assurément pour faire sortir l'Occident de la région.
35:22Mais il s'agissait d'une propagande fondée, du moins aux yeux des États-Unis, sur une vaste erreur de
35:28perception.
35:29Les Soviétiques ne croient même pas que Lumumba soit communiste.
35:35Il est donc clair que pour les États-Unis, la Belgique et les Nations Unies,
35:40l'objectif principal était de se débarrasser de Lumumba, de garder le contrôle et de ne pas se laisser dépasser.
35:48Ces trois-là percevaient tous Mobutu comme le chef.
35:53C'était lui qui était derrière le pouvoir.
35:59Mobutu contrôlait un certain nombre de troupes armées. C'était la clé.
36:03Et ces troupes pouvaient être utilisées dans le cadre d'un coup d'État.
36:09Dans la tête de Mobutu, il n'y a pas d'équivoque.
36:12Lumumba a raison.
36:14La malfaçon occidentale, elle est évidente.
36:18Mais à un moment, lorsqu'il comprend qu'il aime ou pas, cet homme est pourri.
36:24Cet homme ne passera pas.
36:26Quand il a vu le nombre d'opposants à Lumumba, Mobutu joue sa carte.
36:32Chers compatriotes, ici, c'est le colonel Mobutu Joseph, chef d'État-major de l'armée nationale congolaise, qui vous
36:40parle de Léopold Ville.
36:42L'armée nationale congolaise a décidé de neutraliser le chef de l'État.
36:49Il ne s'agit pas d'un coup d'État militaire, mais plutôt d'une simple révolution pacifique.
36:55L'armée va aider le pays à résoudre tous ces différents problèmes.
37:00Vive le Congo, vive l'armée nationale congolaise.
37:22Je pense qu'on pensait que c'était la moins mauvaise solution.
37:30Lumumba a pris position contre les Belges et contre les intérêts belges.
37:34On va être pour Lumumba ?
37:36Nous qui avons à défendre les intérêts belges ?
37:39Évidemment, non.
37:50Quand tout va mal et qu'il y a pour une fois une perspective qui arrive, et qu'il n
37:56'y a pas d'autre alternative, on prend ce qu'on a.
38:01Donc Mobutu est à ce moment-là l'alternative ?
38:04Oui, clairement. Pour tout le monde.
38:08Mon colonel, qu'est-ce qui vous a amené à prendre les décisions que vous avez prises ?
38:13C'était pour éviter l'effusion du sang, parce que pour moi, le sang qui enrôlait, n'est-ce pas,
38:19est précis.
38:20Je dis, n'est-ce pas, le chaos.
38:24Parce qu'il fut un moment où, moralement, n'est-ce pas, je ne pouvais plus tenir le coup.
38:29J'avais d'ailleurs donné ma démission à monsieur le ministre qui m'a pas accepté ma démission.
38:37Les Nations Unies et les Américains lui ont donné de l'argent pour payer les militaires.
38:42Il a rendu les officiers de son armée très heureux. Il pouvait donc les contrôler.
38:48Ce type avait été suffisamment caressé dans le sens du poil et avait reçu suffisamment d'encouragement
38:53pour s'imaginer qu'il était l'homme de la situation.
38:56C'était lui l'élu, celui qui pouvait vraiment changer le pays.
39:06Autour de la résidence de Lumumba, il y avait deux cordons de sécurité, celui de l'ONU qui le protégeait,
39:12puis un autre cordon, un cordon composé de troupes de Mobutu qui voulaient l'emprisonner.
39:19Lumumba était prisonnier dans sa propre maison.
39:21Sa carrière en tant qu'homme politique était définitivement morte.
39:25Quel jeu joue, monsieur le colonel Mobutu ?
39:28Ça a été votre homme de confiance quand même, Mobutu ?
39:32Personne de moi, je ne comprends pas son acte.
39:35Il a sa conscience.
39:39Là où moi, j'ai vu, malgré que j'avais dix ans, tu vois la prémature.
39:45Il y a un balcon qui donne sur la rue directement.
39:48En cette période-là, Mobutu était passé, il est venu, pour voir ses troupes.
39:55Et Lumumba, dans le balcon, il dit, bien, Joseph, viens, on va parler, discuter.
40:03Pourquoi tu t'es vendu, tu es trahi de la nation, tout.
40:07Mobutu, quand il a écouté, il connaît la voix de Lumumba, il a monté directement la voiture, ou bien le
40:14Jeep.
40:14J'ai...
40:17Et il est reparti.
40:22Durant cette période, Mobutu était extrêmement faible.
40:28Le chef de l'ONU Dayal a déclaré, Mobutu boit jusqu'à une bouteille de whisky par jour.
40:35C'est à la fois l'homme le plus faible et le plus fort que j'ai jamais vu.
40:39Il a peut-être été un peu troublé au début,
40:42par la question de Lumumba et de ce qu'il fallait faire à son sujet,
40:45parce qu'il avait travaillé pour lui en tant que secrétaire.
40:48Alors oui, il était parfois déprimé, parfois.
40:51Et les États-Unis étaient très mécontents de cela parce qu'il ne faisait rien.
40:54Il serait resté inactif.
40:55Les États-Unis ne toléraient pas cette attitude.
41:00Lumumba restait dans son bureau et sa résidence le jour.
41:03Mais dans la nuit, il sortait.
41:07Il donnait des conférences dans les brasseries, par exemple.
41:11Il donnait l'impression de...
41:14de savoir ce qui allait se passer.
41:18Et je crois que j'ai exprimé mes inquiétudes à propos de cette situation.
41:25J'ai alors reçu un message très étrange
41:29qui disait qu'un homme qui se faisait appeler Joe de Paris
41:34allait arriver à Léopoldville
41:37et que c'était de lui que j'allais recevoir mes instructions.
41:41C'était très inhabituel parce que, normalement,
41:43les instructions arrivent par câbles codés.
41:47Quand il est arrivé, j'ai dit, que se passe-t-il ?
41:49Et il m'a répondu, eh bien, vous devez assassiner Lumumba.
41:56Mais de qui tenait-il cet ordre ?
41:58Eh bien, ce fut ma question suivante.
42:01Et il a répondu du président à Genoa.
42:16Il savait qu'il allait mourir, qu'on allait les tuer.
42:23La seule chose qu'il a consenti à faire, c'est d'épargner ses enfants.
42:39Mes deux frères et ma soeur, qui sont partis en Égypte.
42:45Et moi, je l'ai accompagné avec la maman
42:53dans ce qu'on dit dernier voyage.
43:01Il a décidé de faire la résidence surveiller
43:05et rejoindre sa base, qui était à Kisangani,
43:10pour contre-attaquer ceux qui étaient à l'assaut de l'Occident.
43:23Moi, j'étais avec lui dans ce cortège.
43:28Mais j'étais petit, je ne sais pas quoi vous dire,
43:31mais j'étais là, caché dans le coffre d'une voiture.
43:37Eux, à la rivière, l'autre, je crois.
43:41Il y avait déjà des militaires de Mobutu partout.
43:45Ils nous ont arrêtés.
43:49Quand j'entrais à Kinshasa,
43:52un des militaires, parce que je pleurais,
43:56m'a donné un coup de crosse dans la tête.
44:05J'ai mis beaucoup d'années, je ne savais pas pourquoi
44:08je n'aimais pas les militaires.
44:11C'est plus tard, on m'a raconté cette histoire.
44:20Quand Lumumba a été renvoyé à Kinshasa,
44:24Mobutu a regardé ses soldats
44:27traiter Lumumba comme un vulgaire criminel.
44:31Et il se tenait la tête haute comme ça.
44:39Cette image parle d'elle-même.
44:41C'est celle de Judas Iscariot et Jésus-Christ.
44:49Le geste le plus symbolique où Mobutu s'affiche,
44:53c'est lorsque Lumumba est ramené, on lui fait manger le papier.
44:56Là, il prend de l'autorité.
44:57C'est l'homme qui peut faire ingénuier Lumumba.
45:00Tout à coup, il n'a plus peur.
45:04C'est ça.
45:06Ils avaient tous peur de Lumumba.
45:09Véritablement.
45:12Dans tous les dirigeants congolais que j'ai connus,
45:16personne n'a exercé un ascendant sur les autres
45:20de la même nature que Lumumba.
45:23Personne.
45:26Et Lumumba, c'est une caractéristique unique de l'histoire congolaise.
45:30Il n'y a pas deux Lumumba.
45:31Et Mobutu n'est pas Lumumba.
45:34Donc, tout à coup,
45:36de Lumumba dont il a peur et auquel, en partie,
45:40Mobutu doit sa carrière,
45:42tout à coup, il devient le vainqueur d'un homme dont il a eu peur.
45:46Face à l'Occident, il s'élève.
45:49Mais face à l'histoire, il se tue.
45:53Car avec cette image,
45:55pour l'avenir,
45:56dans le futur, Mobutu devient l'assassin de Lumumba.
46:02Et c'est ici que commence toute une série d'événements
46:04qui conduisent au transfert de Lumumba au Katanga.
46:08Il est livré à Chombe, qui est le chef du Katanga,
46:10et ce transfert se fait avec la complicité des États-Unis et de la Belgique.
46:15Ils savaient donc qu'ils le livraient à des gens
46:19qui avaient juré de l'exécuter
46:21et qui joindraient le geste à la parole.
46:27La décision de transférer Lumumba a été prise par le groupe Binza,
46:33dont les principaux membres étaient Mobutu, Bomboko, Nendaka et Adula.
46:37Ces mêmes personnes étaient à la solde de la CIA.
46:41Mais leur véritable chef reste clairement Mobutu.
46:44Ce sont eux les décideurs,
46:45mais leurs décisions sont toujours prises en consultation
46:48avec la Belgique et les États-Unis.
46:54Le ministre belge des Affaires africaines
46:56a dit dans une lettre adressée à Chombe
46:59que Lumumba devait être transféré au Katanga.
47:03Il n'y avait pas de temps à perdre.
47:05Une décision validée par le roi.
47:08Il savait ce qui se passait.
47:10Et il n'a rien fait pour l'empêcher.
47:14Il n'a rien fait pour l'empêcher.
47:17Dans l'avion qu'on a mené Lumumba,
47:20Lumumba a reconnu la voix de deux personnes
47:24qui étaient dans l'avion.
47:26Un s'appelait Mukamba.
47:29C'est Lumumba qu'on a mené dans l'avion.
47:34Lumumba a dit,
47:34« C'est toi Mukamba, mon petit frère, mon frère.
47:38C'est toi qui me fais comme ça ? C'est toi qui me tape ? »
47:41Et c'est les deux là.
47:45Quand ils sont partis à Lumumba,
47:50beaucoup de gens ne connaissaient pas ça.
47:52Et aussi, ils voudraient montrer leur virilité.
47:57Ils voudraient montrer.
47:58Ils commençaient à rencontrer des jeunes de l'école.
48:01On était dans l'avion avec Lumumba.
48:06On a tabassé.
48:07Ouais, ouais, ouais, ouais.
48:09Ils racontent avec...
48:11Et moi, après 10 ans,
48:14c'est quelqu'un qui était dans cette école-là
48:16qui me raconte cette histoire.
48:22C'est-à-dire que j'avais pas le courage de garder des secrets.
48:36Il y a des gens qui disent que Lumumba vous a reconnu ?
48:42C'est archi-faux.
48:45Si j'ai dit que Lumumba était dans l'avion,
48:47c'est quand je suis arrivé à Lumumba,
48:50c'est-à-dire que ces prisonniers-là,
48:54c'est Lumumba, c'est par hasard.
48:57Je me suis fait dans l'avion.
49:00Comme j'étais fatigué,
49:02moi j'étais dans l'avion,
49:04dans le cockpit.
49:05C'est quoi ça fait que les pilotes ?
49:09Les mecs,
49:11c'est comme un maux.
49:14C'est attendu.
49:16Vous permettez ?
49:19C'est mon avocat.
49:21Oui, maître.
49:24Maître, c'est quoi ?
49:28Merci.
49:29Merci.
49:34Donc, j'entendais des bruits quand on tapait les gens.
49:38Oui, ça j'ai entendu.
49:41Je n'ai pas vu, mais j'ai entendu.
49:43Est-ce que vous avez l'impression que cette histoire vous poursuit ?
49:48Je ne suis pas inquiété en quoi que ce soit.
49:52Parce que ma conscience est tranquille.
49:56Personne ne peut exuber un document.
50:00ou j'avais une mission de faire ça. Personne.
50:04C'est faux.
50:06Je n'ai que un menteur.
50:08Mookamba, c'est parce que Mookamba est l'ami de Mobutu.
50:11Donc, à Léopoldville, il a un pouvoir réel.
50:13Il est protégé par un pouvoir réel.
50:16Celui de Mobutu, avec l'armée de Mobutu.
50:18Mobutu qui a de bonnes entrées avec Chombe.
50:21Et Mookamba se retrouve dans l'avion.
50:24Mookamba se retrouve dans l'avion.
50:25Ce n'est pas par hasard. Il dit par hasard.
50:26Il ne savait pas. C'est un menteur.
50:30Il ment. C'est un assassin.
50:37Les personnes fidèles à Mobutu ont été bien traitées.
50:42Ce que je veux dire, c'est qu'on a laissé s'enrichir grâce au diamant.
50:46Il a été à la tête de l'ami Ba pendant de nombreuses années
50:48et a vécu en toute impunité.
50:52Une vie d'impunité totale.
50:55Vous pouviez faire tout ce que vous vouliez.
50:57Vous pouviez commettre toutes sortes de crimes sans jamais être inquiétés.
51:08La justice belge va remettre aux trois enfants Lumumba la dépouille de leur père.
51:13Un événement historique pour tous les Congolais.
51:17Pourquoi est-ce que cette dépouille a aujourd'hui tant d'importance ?
51:20Il faut l'expliquer.
51:20Cette dépouille, c'est une dent qui a été saisie par la justice en 2016
51:25chez la fille du commissaire belge qui a été chargée de découper
51:29et plonger dans l'acide sulfurique le corps au lendemain de l'assassinat de Patrice Lumumba.
51:35C'est en arrivant en Flandre dans les différents médias
51:39qu'il a commencé à parler de cette relique comme un trophée de chasse.
51:43Aujourd'hui, cette dent est très symbolique
51:46parce que vous savez, dans la tradition congolaise, on ne peut pas faire le deuil
51:49tant qu'on n'a pas retrouvé le corps, tant qu'on n'a pas...
51:53De voir ce commissaire belge
51:56à la télévision
51:59se vanter qui garde une partie du corps de mon père comme trophée
52:02d'avoir découpé un monsieur en morceaux.
52:10Quelle est cette haine qui peut pousser des gens à une telle barbarie ?
52:22...
52:22...
52:30J'aimerais connaître toute la vérité, si vous pouvez me le dire.
52:34On n'a pas toute la vérité.
52:38Il y a encore plein de questions qui sont dans l'ombre.
52:41Plein de rôles qui ne sont pas clairs.
52:43On a eu la commission belge-belge, mais...
52:46Jusqu'aujourd'hui, les Nations unies, aussi, le rôle n'est pas clair.
52:49Le rôle de pas mal d'auteurs congolais.
52:52Des Américains.
52:56Et jusqu'aujourd'hui, on n'a pas toute la vérité,
52:58mais cela n'empêche que, par rapport...
53:01En ce qui me concerne, moi...
53:04Évidemment, c'est plus fort pour quelqu'un comme Mogoutou.
53:11Ben oui.
53:13Quelqu'un qui a trahi à ce niveau-là quelqu'un d'aussi proche.
53:18C'est un des rôles dans l'assassinat, mais de quelqu'un de proche.
53:24Il y a eu cette ambition qu'il avait, je ne sais pas, et on le voit par après,
53:29de devenir quelqu'un de très important.
53:32Donc, on l'a aussi convaincu qu'il pouvait avoir un autre destin.
53:38Et un plus grand destin, mais ce destin ne pouvait exister que si le moment n'était plus là.
53:51Il n'a jamais assumé ce qu'il a fait, de reconnaître qu'il s'est impliqué dans son assassinat.
54:09Tout le monde le pointait des doigts, comment tu as pu, tu es impliqué dans l'assassinat de notre frère,
54:18et ainsi de suite.
54:19Non, ainsi de suite.
54:24Donc, c'est cette pression qu'il a fait des autres chefs d'État africains,
54:31qui a fait que, pour montrer que lui, il n'est pas impliqué dans ça,
54:37qu'il le déclara aéronational.
54:40Journée de souvenirs de ce 30 juin 1966.
54:49Gloire et honneur à cet illustre Congolais,
54:54à ce grand Africain, premier martyr de notre indépendance économique,
55:00Patrice Lumumba.
55:06Quelqu'un, il n'a rien fait du mal, il t'a appris, il t'a encadré, il...
55:15Ouais.
55:17Ça le hantait.
55:18Et le vende, il t'a appris, il t'a appris, il t'a appris.
55:27Quelqu'un, il t'a appris.
55:30Il t'a appris.
55:34C'est assez facile.
55:35Il le débat.
55:36Il t'a appris.
55:38Il t'a appris.
55:44Il t'a appris.
55:46Il t'a appris.
56:15Sous-titrage MFP.
56:17...
56:47...
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