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  • há 5 horas
Ce documentaire questionne le rôle complexe de l'UNRWA : bouée de sauvetage pour des millions de réfugié·es palestinien·nes ou instrument involontaire d'un conflit sans fin ? À travers des témoignages passionnants et des archives inédites, le film raconte son histoire, indissociable de celle des réfugié·es palestinien·nes. L'UNRWA incarne un paradoxe fascinant, dessinant ainsi les incertitudes et l'avenir d’un peuple en quête de justice.
Transcrição
00:00:01...
00:00:10A 11 km au nord de Jérusalem, sur la route de Ramallah,
00:00:15se dresse un monde en suspens.
00:00:19Le camp de Kalandia, fondé en 1949,
00:00:22est l'un des 60 camps de réfugiés gérés par l'Aunrua,
00:00:25une agence onusienne créée pour un provisoire devenu permanent.
00:00:33Éducation, santé, emploi,
00:00:39un fragile rempart contre l'abandon.
00:00:44Mais après 75 ans d'existence, l'unrua vacille.
00:00:51Sous pression, sous attaque, menacée de disparition.
00:01:26Suite aux attaques du Hamas du 7 octobre,
00:01:29Israël lance une offensive sans précédent sur la bande de Gaza.
00:01:36La guerre ravage la bande côtière.
00:01:39Près de 85% des écoles de l'unrua ont été touchées,
00:01:43certaines rasées, alors qu'elles servaient d'abri aux déplacés.
00:01:51En un an, 66% des bâtiments de Gaza ont été détruits ou endommagés,
00:01:57réduisant en ruines des camps de réfugiés déjà surpeuplés.
00:02:05L'unrua, témoin et acteur d'une tragédie qui se perpétue depuis des générations.
00:02:13Quelle est son histoire ?
00:02:15Son rôle dans le destin des réfugiés palestiniens ?
00:02:19Et l'heure de sa disparition, serait-elle proche ?
00:02:36Pour comprendre l'histoire de l'unrua,
00:02:38il faut remonter bien avant sa création.
00:02:42Après la Seconde Guerre mondiale,
00:02:44la Grande-Bretagne et sa force militaire épuisée
00:02:47peinent à contrôler la Palestine,
00:02:49un territoire sous tension qu'elle administre sous mandat depuis 1922.
00:02:56Les Arabes palestiniens,
00:02:58largement majoritaires au début du XXe siècle,
00:03:01composent alors plus de 90% de la population.
00:03:05Suite aux vagues successives d'immigrations juives,
00:03:08cette proportion change.
00:03:12Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale,
00:03:15on estime la population juive à environ 30%.
00:03:22La Shoah et ses millions de morts ont accéléré le besoin
00:03:26de mettre à l'abri les Juifs de nouvelles persécutions antisémites.
00:03:32Le projet d'un foyer juif en Palestine
00:03:34se dessine de manière de plus en plus précise
00:03:37pour une communauté internationale
00:03:38partagée par les sentiments de compassion et de culpabilité.
00:03:42Le dossier palestinien est alors confié aux Nations Unies.
00:03:48Le 29 novembre 1947,
00:03:51l'Assemblée générale de l'ONU
00:03:53adopte la résolution 181
00:03:55qui prévoit de diviser la Palestine mandataire en deux États.
00:04:00Un État juif sur 56% du territoire,
00:04:04un État arabe sur 42%
00:04:06et Jérusalem sous contrôle international.
00:04:18Ce vote historique concrétise les aspirations du projet sioniste,
00:04:22en même temps qu'il enterre les rêves du nationalisme palestinien.
00:04:26De son côté,
00:04:28la communauté juive accueille la nouvelle avec ferveur.
00:04:30Un plan de partage
00:04:32que la communauté juive présente alors en Palestine,
00:04:35le Yishuv accueille très favorablement
00:04:38parce que pour eux,
00:04:40ils représentaient une minorité,
00:04:42ils représentaient à peu près 30% de la population à l'époque,
00:04:45donc par des vagues successives de migration,
00:04:47mais ils n'avaient qu'entre 3 et 6% des terres.
00:04:51Donc pour eux, ce plan de partage
00:04:52qui donnait 56% du territoire
00:04:54à l'État futur État israélien
00:04:56et le reste à l'État palestinien
00:05:00était une avancée
00:05:01par rapport à ce qui se passait sur le terrain.
00:05:03Alors qu'évidemment,
00:05:04pour les Palestiniens,
00:05:06c'était au contraire un recul.
00:05:16Au lendemain du vote,
00:05:17alors que la population juive descend dans la rue
00:05:20pour célébrer le plan de partage,
00:05:21les Palestiniens s'insurgent
00:05:23contre la résolution onusienne.
00:05:24Ils estiment qu'ils n'ont pas à payer
00:05:27pour un crime commis à l'encontre des Juifs
00:05:29par les nations européennes
00:05:30et décrètent 3 jours de grève générale
00:05:32en guise de protestation.
00:05:35La tension monte en flèche.
00:05:37Les milices juives et les combattants palestiniens
00:05:39s'engagent dans des combats violents.
00:05:45Pendant ce temps,
00:05:46les Britanniques amorcent le retrait de leurs troupes.
00:05:53Progressivement,
00:05:53les zones mixtes
00:05:54où les deux populations vivent ensemble
00:05:56tombent une à une sous contrôle
00:05:58des milices juives.
00:06:01Des centaines de milliers de Palestiniens
00:06:03fuient les assauts militaires
00:06:04ou sont expulsés.
00:06:06Le récit de ces événements
00:06:08est au cœur d'enjeux historiques
00:06:10et politiques cruciaux encore aujourd'hui.
00:06:13Il y a une première guerre
00:06:14qui va de la discussion
00:06:17du plan de partage
00:06:18le 29 novembre
00:06:20jusqu'au 15 mai
00:06:21la proclamation de l'État d'Israël.
00:06:24Durant cette guerre,
00:06:26les armées arabes
00:06:27ne sont pas en Palestine.
00:06:29Elles mettent en tête deux camps,
00:06:31pas trois.
00:06:32Le peuple de Palestine
00:06:33et le mouvement sioniste.
00:06:38À ce stade,
00:06:40ce n'est qu'une guerre
00:06:41entre Juifs et Arabes.
00:06:42à l'intérieur du territoire
00:06:44du mandat britannique.
00:06:45Les Juifs voulant un État,
00:06:47les Arabes ne voulant pas
00:06:48qu'ils aient d'État.
00:06:53Ce qui s'est passé
00:06:54entre novembre 1947
00:06:56et mai 1948,
00:06:58pour moi,
00:06:59est le premier chapitre
00:07:01de deux chapitres
00:07:01de ce que j'appelle
00:07:02le nettoyage ethnique
00:07:03de la Palestine.
00:07:06C'était un plan
00:07:08préparé par un petit groupe
00:07:10de dirigeants politiques,
00:07:11de dirigeants militaires
00:07:13de la communauté juive
00:07:14de Palestine,
00:07:16qui, après l'adoption
00:07:17de la résolution 181
00:07:19le 29 novembre 1947,
00:07:23a commencé à envisager
00:07:24l'expulsion massive
00:07:26des Palestiniens
00:07:27hors des territoires
00:07:28que l'ONU avait attribués
00:07:30aux futurs États juifs.
00:07:36mais en avril 1948,
00:07:39les Juifs passent
00:07:39à l'offensive.
00:07:40Et en l'espace
00:07:41d'un mois ou deux,
00:07:42ils arrivent à sécuriser
00:07:44les terres qui finiront
00:07:45par devenir
00:07:46l'État d'Israël.
00:07:49C'est aussi le moment
00:07:50où il commence
00:07:51à y avoir des expulsions.
00:07:53Il est important
00:07:54de préciser
00:07:55qu'elles sont toutes fondées
00:07:56sur des raisons militaires.
00:07:59contrairement à l'idée
00:07:59que le plan d'offensive juif,
00:08:01le plan d'Alet,
00:08:02était un plan
00:08:02de nettoyage ethnique,
00:08:03c'était la guerre.
00:08:05Il y avait une force
00:08:06de combat juive,
00:08:07il y avait les milices arabes.
00:08:08À ce stade,
00:08:09les Juifs passent
00:08:10tout simplement
00:08:10à l'offensive.
00:08:11Ils partent en guerre.
00:08:13Il y a aussi
00:08:14des expulsions.
00:08:15Et c'est tout à fait
00:08:16normal comme situation
00:08:18qu'il y ait,
00:08:19en conséquence de la guerre,
00:08:20des réfugiés.
00:08:23Nous sommes partis
00:08:24avant la proclamation
00:08:25de l'État d'Israël,
00:08:26contrairement à ce que
00:08:26tout le monde pense
00:08:27qu'il y aurait eu
00:08:28une proclamation
00:08:28de l'État d'Israël.
00:08:29Les Arabes sont intervenus
00:08:31et Israël a été obligé
00:08:32d'expulser.
00:08:33Ce n'est pas vrai.
00:08:34Je vais parler
00:08:34de mon histoire personnelle.
00:08:36Nous sommes tous partis
00:08:37quasiment au mois d'avril.
00:08:40Quand les armées arabes,
00:08:41le 15 mai,
00:08:42arrivent,
00:08:42quand Ben Gurion
00:08:43proclame l'État d'Israël,
00:08:45la Palestine
00:08:46est déjà vide
00:08:47de Palestiniens.
00:08:49Le 14 mai 1948,
00:08:51David Ben Gurion,
00:08:53président du Conseil national juif
00:08:54et futur premier ministre,
00:08:56proclame l'État d'Israël.
00:09:11Et puis,
00:09:14après le 15 mai 1949,
00:09:16ils sont passés
00:09:17au second chapitre
00:09:18qui était d'occuper
00:09:19également les territoires
00:09:20attribués à l'État arabe
00:09:22dans la résolution
00:09:23de partition de l'ONU
00:09:25et de continuer
00:09:26le nettoyage ethnique
00:09:27de ces territoires.
00:09:29Donc, pour moi,
00:09:30cela a été la période
00:09:31où des Palestiniens
00:09:32ont été expulsés
00:09:33par la force
00:09:34des villes et des villages,
00:09:35en premier lieu
00:09:36par ce qu'on peut appeler
00:09:37les forces paramilitaires juives.
00:09:41Et puis,
00:09:42à partir du 15 mai,
00:09:44bien sûr,
00:09:45ces forces sont devenues
00:09:46les forces de défense
00:09:47d'Israël,
00:09:48les FDI,
00:09:49qui ont continué
00:09:50de mener les mêmes expulsions
00:09:52massives de Palestiniens
00:09:53hors de leur foyer.
00:09:57Si les chiffres
00:09:58et les dates exactes,
00:10:00tout comme le terme
00:10:00de nettoyage ethnique,
00:10:02font débat,
00:10:02la majorité des historiens
00:10:04s'accordent sur un fait.
00:10:05Les expulsions
00:10:06de Palestiniens
00:10:07qui ont eu lieu
00:10:08entre 1947 et 1949
00:10:10se sont accompagnées
00:10:11de nombreuses violences.
00:10:13Le plan de partage
00:10:14de 1947,
00:10:15suivi des victoires
00:10:16des milices juives,
00:10:18avait déjà provoqué
00:10:18l'expulsion
00:10:19de centaines
00:10:20de milliers
00:10:20de Palestiniens.
00:10:21Mais la proclamation
00:10:22d'Israël en mai 1948
00:10:24et la guerre
00:10:25avec les nations arabes
00:10:26provoquent un exode
00:10:27massif supplémentaire.
00:10:33Les milices juives,
00:10:34intégrées à la nouvelle
00:10:35armée israélienne,
00:10:37prennent le contrôle
00:10:38de territoires attribués
00:10:39à l'État palestinien
00:10:40par le plan de partage.
00:10:42Environ 750 000 Palestiniens
00:10:44sont expulsés
00:10:45ou fuient les combats.
00:10:47L'exode devient,
00:10:49dans la mémoire
00:10:49collective palestinienne,
00:10:51la Nakba,
00:10:52la catastrophe en arabe.
00:10:56Les réfugiés palestinens,
00:10:58quand ils arrivent
00:10:59sur les routes,
00:11:00il n'y a pas d'un droit encore,
00:11:02il n'y a pas d'agence
00:11:02de l'ONU.
00:11:03Et surtout,
00:11:04il y a la conviction
00:11:05un peu générale
00:11:06que c'est une histoire
00:11:07pour une ou deux semaines.
00:11:10Donc,
00:11:10ce n'est pas la peine
00:11:11de faire des agences,
00:11:12etc.
00:11:13Ils sont reçus
00:11:15par des associations,
00:11:16par exemple,
00:11:17les couvents chrétiens
00:11:18ont été ouverts,
00:11:19les mosquées
00:11:20ont été ouvertes,
00:11:22les hôpitaux ont été ouverts.
00:11:23Et les couekers,
00:11:24par exemple,
00:11:25au Liban,
00:11:25qui étaient présents,
00:11:26dans les associations
00:11:27charitables,
00:11:28s'en sont occupées.
00:11:34L'exode des palestiniens
00:11:36se poursuit inlassablement.
00:11:38Un exode
00:11:39qui les conduit
00:11:39vers différents refuges.
00:11:41Sur les 750 000 palestiniens
00:11:43en exil,
00:11:4339% s'installent
00:11:45en Cisjordanie,
00:11:4626% dans la bande de Gaza,
00:11:49tandis que 14%
00:11:50trouvent refuge au Liban,
00:11:5210% en Syrie,
00:11:5310% en Transjordanie
00:11:54et 1% en Irak.
00:11:58Face aux pressions
00:11:59des pays arabes,
00:12:00les Nations Unies
00:12:01tentent de réagir
00:12:02en faisant adopter
00:12:03par l'Assemblée générale
00:12:04du 11 septembre 1948
00:12:05la résolution 194
00:12:07qui stipule que les palestiniens
00:12:10pourront retourner
00:12:11sur leur terre
00:12:11ou pour ceux
00:12:12qui ne souhaitent pas
00:12:13rentrer dans leur foyer,
00:12:14être dédommagés.
00:12:19Les Etats-Unis
00:12:20sont pris
00:12:20entre leur alliance
00:12:21avec Israël
00:12:22et la nécessité
00:12:23de soutenir
00:12:24les régimes arabes
00:12:25en proie
00:12:25à une influence
00:12:26soviétique grandissante.
00:12:27Ils finissent
00:12:28par voter la résolution
00:12:29sans pour autant
00:12:30faire de son application
00:12:31une priorité.
00:12:35Seuls les pays arabes
00:12:36tentent avec conviction
00:12:37de rendre
00:12:37la résolution effective.
00:12:49Le gouvernement israélien
00:12:53est inflexible.
00:13:10Alors que l'armistice
00:13:11de 1949
00:13:12enterrine la victoire
00:13:13d'Israël
00:13:14sur les armées arabes,
00:13:15la communauté internationale
00:13:16et les pays d'accueil
00:13:17tâtonnent.
00:13:18Il s'agit de trouver
00:13:19une solution
00:13:20à une situation humanitaire
00:13:22qui ne fait qu'empirer.
00:13:25On voit bien
00:13:26que les réfugiés
00:13:26ne vont pas rentrer de sitôt.
00:13:27Donc, que faire
00:13:28de ces réfugiés
00:13:28qui sont dépendants
00:13:29de l'assistance humanitaire ?
00:13:31On réfléchira
00:13:32à la réintégration
00:13:33des réfugiés
00:13:34dans leur pays d'accueil
00:13:35en attendant
00:13:36que la résolution 194
00:13:38qui propose
00:13:39le retour
00:13:40comme solution principale
00:13:42et la compensation
00:13:43comme alternative
00:13:44puisse être mise en oeuvre.
00:13:46Et là, le CICR,
00:13:47la Ligue des Sociés
00:13:48de la Croix-Rouge
00:13:48et les Quakers
00:13:50insistent pour le fait
00:13:51qu'il faut absolument
00:13:51mettre fin
00:13:52à cette distribution
00:13:53de secours
00:13:53parce que ça rend
00:13:54les réfugiés victimes
00:13:55d'une illusion
00:13:55qui est celle
00:13:56d'un retour rapide
00:13:57à leur foyer.
00:13:58Et c'est sous cette base-là
00:13:59qu'est créée Lounrois.
00:14:06En décembre 1949,
00:14:07pour faire face
00:14:08à la crise humanitaire massive,
00:14:10l'ONU crée Lounrois,
00:14:12l'Agence de secours
00:14:13et de travaux
00:14:14pour les réfugiés
00:14:14de Palestine.
00:14:16Il est décidé
00:14:17que seront considérés
00:14:18comme réfugiés
00:14:19toutes les personnes
00:14:20ayant résidé
00:14:20en Palestine
00:14:21durant les deux années
00:14:22précédant leur expulsion
00:14:23ainsi que leurs descendants.
00:14:26La communauté internationale
00:14:27étant persuadée
00:14:28que l'exode
00:14:29des réfugiés palestiniens
00:14:30n'est que temporaire,
00:14:31Lounrois ne bénéficie
00:14:33que d'un mandat
00:14:33de trois ans
00:14:35renouvelable
00:14:35si nécessaire.
00:14:42Bien que le HCR,
00:14:44le Haut Commissariat
00:14:45aux Réfugiés
00:14:45soit créé
00:14:46la même semaine
00:14:47par les Nations Unies,
00:14:48il est décidé
00:14:49que les Palestiniens
00:14:49seraient rattachés
00:14:50à Lounrois,
00:14:51seule agence
00:14:52exclusivement dédiée
00:14:53aux réfugiés
00:14:54d'une région
00:14:55et d'un conflit spécifique.
00:14:58Lounrois a pris le relais
00:15:00et est devenue
00:15:01l'organisation centrale
00:15:03en matière de prestations
00:15:04de services
00:15:04à des populations
00:15:05dans le besoin.
00:15:08Ça ne s'est jamais répété
00:15:10depuis.
00:15:11Et c'est vraiment
00:15:12une différence fondamentale
00:15:14et majeure
00:15:14avec le HCR
00:15:15ou toute autre organisation
00:15:17agissant en tant
00:15:18qu'agence humanitaire.
00:15:22Elles agissent toutes
00:15:23à travers des intermédiaires.
00:15:25L'UNESCO ne dirige
00:15:26aucune salle de classe
00:15:27dans le monde.
00:15:29L'UNICEF
00:15:29ne dirige
00:15:30aucune école maternelle.
00:15:32L'OMS
00:15:32ne dirige
00:15:33aucune clinique.
00:15:35Lounrois
00:15:35fait tout ça.
00:15:38Et lorsque des gens
00:15:39reçoivent des prestations,
00:15:40c'est une aiguille
00:15:41de Lounrois
00:15:42qui sert pour l'injection
00:15:44ou pour quoi que ce soit
00:15:45d'autre
00:15:45dont ils ont besoin.
00:15:46Et c'est une infirmière
00:15:48de Lounrois
00:15:48qui prend soin
00:15:49des patients
00:15:49dans le centre de santé.
00:15:54On avait peur
00:15:55aux Nations Unies
00:15:56que l'action palestinienne
00:15:57qui était vue
00:15:58comme une question
00:15:59éminemment politique
00:15:59et controversée
00:16:00n'empiète
00:16:01sur la mission universelle
00:16:03du HCR.
00:16:04Et de l'autre côté,
00:16:05tant les états d'accueil
00:16:07que les réfugiés
00:16:07ne se voient pas
00:16:08comme réfugiés humanitaires.
00:16:10Ils disaient
00:16:11que nous ne sommes pas
00:16:11des réfugiés humanitaires
00:16:12comme le sont
00:16:13des réfugiés issus
00:16:14de la Seconde Guerre mondiale,
00:16:15les Allemands,
00:16:15les Polonais et autres.
00:16:16Nous sommes des réfugiés politiques
00:16:17victimes d'un complot
00:16:18international
00:16:19qui visait à créer Israël
00:16:20à nos dépens.
00:16:20Et donc,
00:16:22nous refusons
00:16:22d'entrer dans le moule
00:16:24du HCR
00:16:25et de la Convention de 51.
00:16:26Donc, nous devons
00:16:27être considérés séparément.
00:16:29Bien avant
00:16:30la Convention de Genève de 51,
00:16:33la Ligue des États Arabes
00:16:34s'opposait
00:16:35à ce que
00:16:36les réfugiés
00:16:37soient sous le mandat
00:16:39de le HCR.
00:16:41Parce que
00:16:41la Ligue des États Arabes
00:16:43défendait le principe
00:16:44de l'application
00:16:46de la résolution
00:16:47194
00:16:48et donc,
00:16:50en appuyant
00:16:50sur cette résolution,
00:16:52ils disaient
00:16:53qu'il n'y a pas besoin
00:16:54d'avoir
00:16:54le HCR
00:16:56qui s'en occupe.
00:16:57Il y a
00:16:57une agence
00:16:59ad hoc
00:16:59et lorsque
00:17:00le retour
00:17:02des réfugiés
00:17:04sera effectif,
00:17:05il n'y aura
00:17:05plus de problème.
00:17:07Depuis,
00:17:08le temporaire
00:17:09est devenu définitif
00:17:10et ça fait
00:17:1075 ans
00:17:11que l'Honrois
00:17:12existe.
00:17:15Cette unicité
00:17:16de l'Honrois
00:17:17s'explique
00:17:18de plusieurs manières,
00:17:19de sa naissance
00:17:20à son existence
00:17:20sur plusieurs décennies.
00:17:22Mais il est surtout
00:17:23impossible de la dissocier
00:17:24du contexte historique
00:17:25de la Deuxième Guerre mondiale
00:17:27et de ses traumatismes.
00:17:29Vous savez,
00:17:30quand les Palestiniens
00:17:31sont sur les routes,
00:17:33une des données
00:17:34qui va faciliter
00:17:35les choses
00:17:36pour le mouvement
00:17:37sioniste,
00:17:38c'est que
00:17:39l'expulsion
00:17:40à l'époque
00:17:40est banale.
00:17:42La moitié
00:17:43de la planète
00:17:44est encore
00:17:44faite
00:17:45d'espaces
00:17:46colonisés.
00:17:48Dans la perception
00:17:50des colonisations,
00:17:52les peuples colonisés
00:17:53ne comptent pas.
00:17:55Par contre,
00:17:56il y a aussi
00:17:56autre chose.
00:17:57Quand nous sommes
00:17:58mis sur les routes,
00:18:01il y a quand même
00:18:01au niveau de l'Europe
00:18:03soit 2 à 3 millions
00:18:06de personnes
00:18:07déplacées
00:18:08du fait
00:18:08de la guerre mondiale
00:18:09et qui circulent
00:18:11d'un pays
00:18:11à l'autre.
00:18:13donc notre
00:18:15expulsion
00:18:15a des aspects
00:18:16de banalité.
00:18:19Elle est dans
00:18:19le paysage
00:18:20du monde
00:18:20à l'époque.
00:18:21Si en plus
00:18:22on est des peuples
00:18:22colonisés,
00:18:23alors ce n'est pas
00:18:24la peine
00:18:24de se préoccuper
00:18:25et de se faire
00:18:25des soucis.
00:18:26Ils ne comptent pas.
00:18:27Ils ne comptent pas.
00:18:29C'est des Arabes,
00:18:30on ne sait même pas
00:18:31ce que c'est,
00:18:31des Bédouins.
00:18:33Ils ne comptent pas.
00:18:34Donc ça,
00:18:35c'est une chose
00:18:36qui aurait dû faire
00:18:39que personne
00:18:39ne s'occupe
00:18:40de nous.
00:18:41Mais ça n'a pas
00:18:42été le cas
00:18:43pour deux raisons.
00:18:45La première,
00:18:46ce n'est pas
00:18:46n'importe quel lieu.
00:18:48Cette histoire
00:18:49aurait eu lieu
00:18:49les pauvres,
00:18:50je le dis
00:18:50au contraire,
00:18:52sans le moindre mépris.
00:18:54Il aurait eu lieu
00:18:54dans un pays africain
00:18:55où personne ne s'y
00:18:56serait arrêté
00:18:56et il n'aurait pas
00:18:57eu d'agence
00:18:58pour s'occuper d'eux.
00:19:00Ce n'est pas
00:19:01n'importe quel lieu.
00:19:02Mais ce n'est pas
00:19:03n'importe quel adversaire.
00:19:06Nous sommes confrontés
00:19:07à partir de ce moment
00:19:08à la question juive.
00:19:10Et ça aussi,
00:19:12ce n'est pas
00:19:12n'importe quelle question.
00:19:14On ne peut pas
00:19:15banaliser,
00:19:16même dans l'intérêt
00:19:18des colons,
00:19:19même dans l'intérêt
00:19:19des sionistes,
00:19:20même dans l'intérêt
00:19:21des nouveaux citoyens
00:19:22israéliens.
00:19:22On ne peut pas banaliser.
00:19:24Ce n'est pas n'importe où
00:19:25et ce n'est pas
00:19:26n'importe quoi.
00:19:27Et voilà pourquoi
00:19:29il y a eu cette agence.
00:19:31Il y a eu
00:19:31beaucoup de drames
00:19:32à l'époque
00:19:33du même type
00:19:34de populations déplacées.
00:19:35On ne devait pas
00:19:36créer d'agence.
00:19:42Si aujourd'hui encore
00:19:43les raisons
00:19:44qui ont mené
00:19:44à la création
00:19:45de l'Unroi
00:19:45prête à discussion,
00:19:47une chose est sûre,
00:19:48l'existence
00:19:49de l'agence
00:19:50arrangeait
00:19:51toutes les parties.
00:19:56l'Unroi
00:19:58l'Unroi
00:20:21est déjà sujette
00:20:22à controverse
00:20:23et la justification
00:20:24de son existence,
00:20:25différente pour chacune
00:20:26des parties,
00:20:27l'est tout autant.
00:20:28comme un enfant
00:20:29sur lequel chacun
00:20:30projetterait ses propres espérances
00:20:32aussi contradictoires
00:20:33soient-elles.
00:20:37Au départ,
00:20:38l'Unroi
00:20:38qui est créée en 50,
00:20:40il est créé
00:20:40pour mettre en œuvre
00:20:41des grands travaux
00:20:42qui devaient
00:20:43permettre
00:20:43la réinstallation
00:20:44des réfugiés
00:20:46dans les pays d'accueil.
00:20:47Donc des grands travaux
00:20:48comme
00:20:48irrigation
00:20:49de la vallée du Jourdain,
00:20:51du Sinaï,
00:20:52construction de routes,
00:20:53etc.,
00:20:53qui devaient permettre
00:20:54de réinstaller
00:20:55les réfugiés
00:20:56par le travail
00:20:57et de participer
00:20:59à la construction
00:21:00et au développement
00:21:00des pays d'accueil.
00:21:01Et donc,
00:21:02à ce moment-là,
00:21:03l'Unroi
00:21:03est perçu
00:21:04extrêmement négativement
00:21:05par les personnes
00:21:07réfugiées,
00:21:07déplacées,
00:21:08puisque eux,
00:21:09ce qu'ils veulent,
00:21:09c'est évidemment rentrer.
00:21:11Les réfugiés palestiniens
00:21:13étaient dépendants
00:21:13de l'Unroi,
00:21:14mais ils avaient conscience
00:21:15que tous ces travaux
00:21:16de réinstallation,
00:21:17travaux agricoles,
00:21:18construction,
00:21:19irrigation,
00:21:20étaient là
00:21:21pour leur faire oublier
00:21:21la Palestine.
00:21:22Le fait que
00:21:23la principale force
00:21:24derrière l'Unroi
00:21:26soit les États-Unis,
00:21:27qui était un des premiers
00:21:27soutiens d'Israël,
00:21:28les confortait
00:21:29dans cette idée-là.
00:21:31Ces grands travaux
00:21:32échouent
00:21:32et donc l'Unroi
00:21:33sera obligé
00:21:34de changer de politique.
00:21:35Donc il y a toute
00:21:35cette période
00:21:36où en gros,
00:21:37on pourrait parler
00:21:37peut-être d'un espèce
00:21:38de péché originel
00:21:39de l'Unroi
00:21:40qui est cette volonté
00:21:42de réinstaller
00:21:43les réfugiés
00:21:44collectivement,
00:21:45ce qui va complètement
00:21:46à l'encontre
00:21:47de leurs intentions.
00:21:51Un péché originel
00:21:52ou une contradiction
00:21:53qui poursuivra
00:21:55l'Agence des Nations Unies
00:21:56tout au long
00:21:56de son existence,
00:21:58gérer au mieux
00:21:58le présent
00:21:59des réfugiés palestiniens
00:22:00dans leur pays d'accueil
00:22:01tout en accompagnant
00:22:02la possibilité
00:22:03d'un retour
00:22:04dans le futur.
00:22:05Un exercice
00:22:06d'équilibriste
00:22:07sur un fil ténu,
00:22:09voire un exercice
00:22:10impossible.
00:22:11En tous les cas,
00:22:12une responsabilité immense
00:22:14que la communauté
00:22:14internationale
00:22:15laisse reposer
00:22:16sur les seules épaules
00:22:17de l'agence onusienne.
00:22:29À partir du milieu
00:22:30des années 50,
00:22:31les années 60,
00:22:32l'Unroi est obligée
00:22:33de changer un peu
00:22:34de politique,
00:22:34de perception
00:22:35et il s'investit
00:22:37dans l'éducation.
00:22:40comme la réinstallation
00:22:41par le travail
00:22:42agricole et autres
00:22:43a été refusée,
00:22:44il s'agit de former
00:22:45une main d'oeuvre
00:22:46avec plutôt l'idée
00:22:47d'immigration
00:22:48dans les pays du Golfe
00:22:49pour travailler.
00:22:51Donc au départ,
00:22:52ils sont sur des formations
00:22:53plutôt tisanales,
00:22:55électricien,
00:22:56ferblantier,
00:22:56etc.
00:22:57Ils ne correspondent pas
00:22:58non plus aux attentes
00:22:58des personnes
00:22:59qui veulent des métiers
00:23:00comme instituteurs,
00:23:02institutrices,
00:23:03médecins,
00:23:04ingénieurs,
00:23:05et donc petit à petit
00:23:07son programme éducatif
00:23:08va glisser vers
00:23:09des formations
00:23:09de meilleure qualité
00:23:10donc avec des centres
00:23:11de formation,
00:23:12de vocational training
00:23:15notamment pour
00:23:16des instituteurs,
00:23:17des institutrices.
00:23:18Le niveau de l'éducation
00:23:19aussi qui est donné
00:23:20dans les écoles
00:23:21de l'Unroi
00:23:22va augmenter.
00:23:28À ce moment,
00:23:29la majorité
00:23:30de la proportion
00:23:31des réfugiés palestiniens
00:23:32c'est le milieu rural.
00:23:34Parce que les citadins
00:23:36avaient déjà
00:23:37des relations familiales
00:23:38de travail,
00:23:39etc.
00:23:39Mais c'est la paysannerie
00:23:41en gros
00:23:41qui se retrouve
00:23:42dans les camps.
00:23:46Et l'Unroi
00:23:47a un moyen fantastique
00:23:49et un moyen international
00:23:51d'organiser
00:23:52l'instruction générale
00:23:54et gratuite.
00:23:56Et c'est ainsi
00:23:57que dans le malheur
00:23:58de 48,
00:24:00tous les enfants
00:24:01palestiniens
00:24:02sont scolarisés
00:24:03et gratuitement.
00:24:05Il n'y a pas
00:24:05à l'époque
00:24:06un seul pays arabe
00:24:08qui a une scolarisation
00:24:10à 100%
00:24:10de tous les enfants
00:24:12et gratuite.
00:24:15Et c'est à partir
00:24:16de là
00:24:17que vont naître
00:24:18des générations
00:24:20de palestiniens
00:24:21sortis des camps
00:24:22et qui vont aller
00:24:23dans les universités
00:24:24et qui vont constituer
00:24:25une élite exceptionnelle.
00:24:49L'Unroi s'appuie
00:24:51sur l'idée
00:24:52que cette nouvelle génération
00:24:54qui est nombreuse,
00:24:55il faut l'occuper,
00:24:56lui donner du travail,
00:24:57lui donner des formations
00:24:58pour ne pas que politiquement
00:24:59elle se radicalise.
00:25:01Et puis,
00:25:02il faut se rappeler
00:25:02qu'à cette époque,
00:25:03on est en pleine guerre froide.
00:25:04Donc,
00:25:05il y a vraiment
00:25:05une grande peur aussi
00:25:06que cette génération
00:25:07soit sensible
00:25:08aux idées socialistes,
00:25:09communistes,
00:25:10etc.
00:25:10Et il y a aussi
00:25:11cette volonté
00:25:12d'empêcher
00:25:12une politisation
00:25:13trop forte.
00:25:17Dans une région
00:25:18en perpétuelle ébullition,
00:25:20l'Unroi se contorsionne
00:25:21pour ménager
00:25:22les revendications
00:25:23des uns et des autres.
00:25:25En premier lieu,
00:25:27celle des réfugiés palestiniens
00:25:28dont l'agence a la charge.
00:25:30Et ces derniers
00:25:31ont des aspirations,
00:25:32comme celle
00:25:33de préserver une culture
00:25:34et une identité
00:25:35déjà bien malmenées
00:25:36par les récents événements
00:25:38de l'histoire.
00:25:41Quand je suis arrivé
00:25:43à l'Unroi,
00:25:44assez naïf
00:25:45à propos de beaucoup
00:25:46de ces choses,
00:25:47je me demandais
00:25:48« Mais pourquoi investir
00:25:50des ressources
00:25:51dans des choses
00:25:52comme le double point
00:25:53de broderie ? »
00:25:55Je veux dire,
00:25:55est-ce que c'est vraiment
00:25:56nécessaire pour leur survie ?
00:25:58Et c'était un des programmes
00:26:00importants
00:26:00des centres pour femmes
00:26:01de l'ONU.
00:26:03Au bout d'un moment,
00:26:04j'ai réalisé
00:26:05qu'en fait,
00:26:06si,
00:26:07le double point de broderie
00:26:08dans l'artisanat
00:26:09et l'art traditionnel
00:26:10palestinien
00:26:11était un très bon moyen
00:26:12pour ces gens,
00:26:13de transmettre
00:26:14et de se reconnecter
00:26:15à leurs propres traditions,
00:26:16leurs propres cultures
00:26:17et de ne pas laisser
00:26:19cette culture
00:26:20être délibérément
00:26:21éparpillée
00:26:22à travers le monde.
00:26:29Les camps ont commencé
00:26:30à représenter
00:26:31une identité palestinienne,
00:26:32une identité nationale
00:26:33aussi qui s'était créée,
00:26:35en tout cas par le fait
00:26:36que des gens
00:26:37de villages,
00:26:37de régions différentes
00:26:38se retrouvaient
00:26:39dans le même espace,
00:26:40donc il y a une sorte
00:26:41de mélange aussi
00:26:41de traditions
00:26:42qui pouvaient être
00:26:43assez localisés
00:26:44dans certains espaces.
00:26:47Il y a forcément
00:26:47des identités différentes
00:26:49qui ont été façonnées.
00:26:50Après,
00:26:50c'est vrai,
00:26:50ce qu'on voit,
00:26:51c'est qu'à partir du moment
00:26:51où on sort
00:26:52de ce qui a été nommé
00:26:53les années de réfugiés,
00:26:55les années 50, 60,
00:26:56pour arriver
00:26:57aux années
00:26:57de la révolution palestinienne,
00:26:59en gros,
00:26:59qui investit
00:27:00les espaces des camps.
00:27:05Les combattants
00:27:05de la révolution palestinienne,
00:27:07c'est beaucoup
00:27:07des gens des camps.
00:27:13Les organisations palestiniennes
00:27:15s'appuient sur les camps,
00:27:16sont présentes dans les camps,
00:27:17construisent leurs propres
00:27:18institutions dans les camps.
00:27:20Du coup,
00:27:20le camp d'espace humanitaire
00:27:21devient aussi
00:27:22un espace politique.
00:27:46Le territoire des camps,
00:27:48c'est dans ce même territoire,
00:27:50ce n'est pas ailleurs
00:27:51qu'on va s'implanter
00:27:52la lutte armée
00:27:54et tous les mouvements
00:27:55des fédayines.
00:27:57Elle va s'implanter
00:27:58beaucoup plus tôt
00:27:59qu'on ne croira.
00:28:01C'est dans les années 50.
00:28:03On sait aujourd'hui
00:28:04que les mouvements
00:28:04de résistance
00:28:05sont là
00:28:06dès 1954,
00:28:0754, 55.
00:28:08Ils sont présents
00:28:10sur le terrain
00:28:10et certainement
00:28:12que parmi les jeunes
00:28:13qui vont rejoindre
00:28:14les rangs de la résistance,
00:28:16il doit y avoir
00:28:17quand même
00:28:17beaucoup, beaucoup,
00:28:18beaucoup qui sortent
00:28:19de ces écoles de l'un droit
00:28:21dont je parlais.
00:28:23Moi, j'en ai connu beaucoup.
00:28:25Je me souviens
00:28:25d'une très belle figure
00:28:26de la résistance palestinienne
00:28:28qui était des profs,
00:28:30d'anciens profs
00:28:31d'école primaire
00:28:33des écoles de l'un droit.
00:28:48L'un droit a toujours évolué
00:28:50dans un environnement
00:28:51fragile et explosif.
00:28:53Les années 60
00:28:54ne font pas exception.
00:29:00en juin 1967
00:29:01éclate la guerre
00:29:03des six jours
00:29:03qui oppose Israël
00:29:04aux pays arabes voisins.
00:29:06Une guerre qui voit
00:29:07la victoire d'Israël
00:29:08sur la Syrie,
00:29:09l'Egypte,
00:29:09le Liban,
00:29:10l'Irak et la Jordanie.
00:29:15Israël occupe Gaza
00:29:17et le Sinaï
00:29:17en territoire égyptien,
00:29:19le plateau du Golan
00:29:20en territoire syrien,
00:29:21la Cisjordanie
00:29:23et Jérusalem-Est
00:29:24administrées jusqu'ici
00:29:25par la Jordanie
00:29:26et s'arrogent le contrôle
00:29:27de la vieille ville
00:29:28de Jérusalem.
00:29:35Ces occupations
00:29:36et les exactions
00:29:37qui s'en suivent
00:29:37provoquent un nouvel exode
00:29:39des Palestiniens.
00:29:40Les bulldozers israéliens
00:29:42effacent des villages entiers
00:29:44qui sont vidés
00:29:45de leurs habitants,
00:29:45laissant les familles
00:29:47s'éparpiller encore plus loin,
00:29:48en Jordanie
00:29:49ou ailleurs.
00:29:54De nouveaux camps
00:29:55de réfugiés
00:29:55sont créés en 1967.
00:29:57C'est dans ces camps
00:29:58que la résistance
00:29:59s'organise.
00:30:00Les groupes armés
00:30:01palestiniens
00:30:02se renforcent.
00:30:03La Jordanie
00:30:04devient la base arrière
00:30:04de ce qu'on appelle
00:30:05désormais
00:30:06la Révolution palestinienne.
00:30:10Il faut dire
00:30:12que le FATA,
00:30:13le principal mouvement
00:30:14de libération palestinien,
00:30:16a pris le contrôle
00:30:17de l'OLP
00:30:18en 1968
00:30:19au détriment
00:30:20de la Ligue arabe
00:30:21et a commencé
00:30:22à construire
00:30:23une infrastructure
00:30:24pour mener
00:30:25une guérilla
00:30:25contre Israël
00:30:26très inspirée
00:30:27du modèle
00:30:28Vietcong
00:30:28dans le nord
00:30:29du Vietnam.
00:30:30Et la base,
00:30:31c'était les camps
00:30:32de réfugiés
00:30:33de Jordanie.
00:30:34Et c'est à ce moment-là,
00:30:36je pense,
00:30:36qu'Israël a commencé
00:30:37à considérer
00:30:38les camps de réfugiés,
00:30:39surtout à l'extérieur
00:30:40de la Palestine,
00:30:41en Jordanie,
00:30:42comme une menace
00:30:43pour Israël.
00:30:46Donc, au début,
00:30:47ils font de la formation
00:30:48professionnelle.
00:30:49L'idée étant,
00:30:51OK, on va former
00:30:52les réfugiés arabes,
00:30:53ils vont avoir
00:30:53une profession,
00:30:54un travail,
00:30:55et ensuite,
00:30:56ils vont simplement
00:30:56s'intégrer
00:30:57dans le Moyen-Orient arabe.
00:30:59Et comme ça,
00:30:59ils cesseront
00:31:00d'être des réfugiés.
00:31:04Et cette formation
00:31:05professionnelle
00:31:06devient le système
00:31:07éducatif
00:31:08de l'Ouen-Roi.
00:31:11Le problème,
00:31:12c'est que la nation
00:31:13palestinienne,
00:31:14telle qu'elle se crée
00:31:15dans les écoles
00:31:16de l'Ouen-Roi,
00:31:16qui rassemble
00:31:17les Arabes de Gaza,
00:31:19de Jordanie,
00:31:20de Cisjordanie,
00:31:21de Syrie,
00:31:22du Liban,
00:31:23ça les unit,
00:31:24dans un programme
00:31:26particulièrement axé
00:31:27sur la revanche
00:31:28et le retour.
00:31:31C'est très intéressant
00:31:34de décortiquer
00:31:35ce qu'Israël signifie
00:31:36quand il dit
00:31:37que les écoles
00:31:37de l'Ouen-Roi
00:31:38ou n'importe qui
00:31:39d'autre dans le monde
00:31:40promeuvent
00:31:41une histoire
00:31:41anti-israélienne.
00:31:44Si on explique
00:31:45aux élèves
00:31:46dans le programme
00:31:47que le mouvement
00:31:49sioniste
00:31:49était un mouvement
00:31:51européen
00:31:51pour résoudre
00:31:52un problème européen
00:31:53au détriment
00:31:54des Palestiniens,
00:31:56on promeut
00:31:57le terrorisme
00:31:58aux yeux
00:31:58des Israéliens.
00:32:01Il est certain
00:32:02que les Israéliens
00:32:04souhaitent
00:32:04que nous ayons
00:32:05des livres d'histoire
00:32:06qui racontent
00:32:07leur version
00:32:09de notre histoire.
00:32:11Et ça,
00:32:12ça leur pose
00:32:13de très gros problèmes.
00:32:14Parce que c'est vrai
00:32:15que notre récit
00:32:16est exactement
00:32:17le contraire
00:32:18de leur.
00:32:19Leur problème,
00:32:20c'est qu'ils pensent
00:32:20qu'en nous imposant
00:32:21leur récit,
00:32:23ils vont gagner
00:32:23les légitimités
00:32:24qu'ils n'ont pas.
00:32:26Ils n'auront pas.
00:32:27Même s'il y a la paix,
00:32:29nous ne raconterons pas
00:32:30une autre histoire
00:32:31que la nôtre.
00:32:45La guerre des récits
00:32:47prime sur toutes
00:32:48les autres considérations.
00:32:50D'un côté,
00:32:51la mémoire palestinienne
00:32:52façonnée par la Nakba
00:32:53et imprégnée
00:32:54d'un profond sentiment
00:32:55d'injustice
00:32:56érige le retour
00:32:57et la réparation
00:32:58en droits inaliénables.
00:33:01Ce même droit
00:33:02reconnu par les Nations Unies.
00:33:04De l'autre,
00:33:05la perspective israélienne
00:33:06perçoit ce même retour
00:33:07comme une menace
00:33:08existentielle
00:33:09pesant sur le caractère
00:33:11juif de l'État
00:33:11jusqu'à redouter
00:33:12sa disparition.
00:33:14L'identité palestinienne
00:33:17telle qu'elle a été
00:33:18forgée dans les écoles
00:33:19de l'Unroi
00:33:19a tout simplement
00:33:21rassemblé aujourd'hui
00:33:22le pire du monde
00:33:24arabe et islamique
00:33:25et le pire
00:33:26du monde occidental.
00:33:27C'est donc devenu
00:33:30une identité unique
00:33:31qui n'est plus juste
00:33:33arabe ou musulmane.
00:33:34C'est une identité unique
00:33:36qui véhicule
00:33:37l'idée arabe et islamique
00:33:39que les juifs
00:33:41ne peuvent pas être
00:33:42souverains ou égaux,
00:33:44mêlés à de nombreuses
00:33:45idées antisémites occidentales.
00:33:50Et une des raisons
00:33:52qui permet de le constater
00:33:53est que,
00:33:54puisque la lutte
00:33:55des Palestiniens
00:33:56a toujours été contre
00:33:57la souveraineté juive,
00:33:59ils ont bénéficié
00:34:00du soutien
00:34:01de tous les pouvoirs
00:34:01antisémites
00:34:02ou antisionistes
00:34:03au cours du siècle dernier.
00:34:05Donc,
00:34:06l'association
00:34:07Unroi et violence,
00:34:09Unroi et terrorisme,
00:34:10c'est vraiment
00:34:11ce qui s'est produit
00:34:12dans les années 70
00:34:14et 80.
00:34:16C'est là
00:34:17que le système éducatif
00:34:18de l'Unroi
00:34:18commence vraiment
00:34:19à produire
00:34:20les organisations terroristes
00:34:22agissant au nom du retour.
00:34:25Pour eux,
00:34:26l'Unroi est un symbole
00:34:27qui rappelle aux gens
00:34:28le contexte historique.
00:34:30Qui sont les Palestiniens ?
00:34:31Pourquoi sont-ils réfugiés ?
00:34:33Pourquoi est-ce qu'ils résistent
00:34:34aux Israéliens ?
00:34:35Donc,
00:34:35je pense que cela fait partie
00:34:36d'un plan
00:34:37d'essayer en premier lieu
00:34:38de génocider physiquement
00:34:40les Palestiniens,
00:34:42mais aussi de les détruire
00:34:43symboliquement.
00:34:44Et l'Unroi
00:34:45est un symbole
00:34:46très important.
00:34:46Elle est là
00:34:47pour qu'on se rappelle.
00:34:49Si vous vous souvenez bien,
00:34:50l'action israélienne
00:34:51la plus agressive
00:34:52après le 7 octobre
00:34:53en termes de diplomatie
00:34:54a été dirigée
00:34:56contre le secrétaire général
00:34:57de l'ONU,
00:34:58Guterres,
00:34:58qui a dit que le 7 octobre
00:35:00s'inscrivait
00:35:01dans un contexte historique.
00:35:03L'Unroi
00:35:03rappelle ce contexte historique.
00:35:07Un contexte historique
00:35:08dont les lectures opposées
00:35:10placent L'Unroi
00:35:11au cœur du conflit,
00:35:12la transformant
00:35:13en otage
00:35:14de cette bataille.
00:35:15Une bataille
00:35:16que les pays donateurs
00:35:17de L'Unroi
00:35:18ont observée
00:35:19en comptant les coûts,
00:35:20en prenant
00:35:21parfois position
00:35:22ou parfois pas
00:35:23en fonction
00:35:24de leurs intérêts politiques.
00:35:26Certains pays donateurs
00:35:27veulent que les Palestiniens,
00:35:29si on les aide,
00:35:30oublient qui ils sont.
00:35:31Ils sont prêts
00:35:32à ce moment
00:35:32à donner beaucoup d'aide.
00:35:35Mais ça ne peut pas
00:35:36marcher comme cela,
00:35:37quand même.
00:35:37Ce n'est pas que les Palestiniens
00:35:38ont détourné les aides.
00:35:40Mais les Palestiniens
00:35:41pensent que l'aide
00:35:42est un dû,
00:35:44que l'ONU
00:35:45doit aux réfugiés
00:35:46ce qu'elle est en train
00:35:47de leur faire.
00:35:47Ce n'est pas une aumône,
00:35:49ce n'est pas de la charité.
00:35:50Vu tout ce que nous avons subi,
00:35:52vu tout ce qu'on nous a volé,
00:35:55la communauté internationale
00:35:56est responsable.
00:35:57Elle a été bien en deçà
00:35:59de ce qu'on nous a pris.
00:36:03De nouveau, c'est un schéma,
00:36:05un sujet que nous retrouvons
00:36:06dans le présent.
00:36:07Ils ne sont jamais responsables.
00:36:10Il n'y a pas de conséquences
00:36:11à leurs actes.
00:36:12Si on ne leur avait pas mis
00:36:13dans la tête qu'un État juif
00:36:15est une chose honteuse,
00:36:16ils auraient pu vivre
00:36:17dignement dans un État arabe
00:36:19et personne n'aurait été déplacé.
00:36:22Personne n'aurait été tué.
00:36:23Mais ils ont mené une guerre
00:36:24qui n'était pas nécessaire.
00:36:26Ils ont échoué à atteindre
00:36:27leur but d'empêcher
00:36:28l'existence de l'État juif.
00:36:31Les gens sont devenus
00:36:32des réfugiés pendant la guerre.
00:36:34Une conséquence normale de la guerre.
00:36:35En ont-ils assumé la responsabilité ?
00:36:38L'ont-ils considéré
00:36:39comme la conséquence
00:36:40de leurs décisions ?
00:36:41Non.
00:36:42Leur message est
00:36:43« Ça n'a rien à voir avec nous. »
00:36:45C'est le monde qui est responsable.
00:36:47Combien de résolutions de l'ONU
00:36:48ne sont pas appliquées ?
00:36:50Vous savez, vous.
00:36:51Ça, ce n'est pas une responsabilité
00:36:53onusienne.
00:36:54Combien de fois Israël a violé
00:36:56les règles de l'ONU
00:36:57sans être poursuivie ?
00:36:58Ça, ce n'est pas une responsabilité
00:37:00onusienne.
00:37:03Combien de fois
00:37:04des dizaines de pays
00:37:05ont accepté
00:37:05des vétos américains
00:37:07qui bloquaient la justice
00:37:08à l'ONU ?
00:37:10Que chacun joue son rôle.
00:37:13Il y a une responsabilité énorme
00:37:15et une lâcheté
00:37:17encore plus grande.
00:37:18L'impunité israélienne
00:37:20passe aussi par l'ONU.
00:37:22C'est le seul pays
00:37:23qui n'est jamais, jamais
00:37:25comptable
00:37:25de ses actes.
00:37:30L'ONU,
00:37:31l'organisation mère de l'ONU-Roi,
00:37:32a vu cette dernière
00:37:34se développer
00:37:34de manière protéiforme.
00:37:36Une agence qui oscille
00:37:38entre l'universalité
00:37:39de son mandat onusien
00:37:40et l'intimité profonde
00:37:42de son ancrage palestinien.
00:37:45dessinant une identité hybride
00:37:47où se croisent humanitaires
00:37:49et engagement local.
00:37:51Ils n'ont pas simplement réagi
00:37:53avec une agence
00:37:54qui allait leur faire distribuer
00:37:56des aides alimentaires
00:37:58ou qui allait assurer un peu de soins
00:38:00et ainsi de suite.
00:38:01Ils l'ont investi.
00:38:03Mais je vais vous dire autre chose
00:38:05qui ne va pas près l'air
00:38:07à certains.
00:38:09Le peuple palestinien a mis la main
00:38:11sur l'ONU-Roi.
00:38:13Ça quand même,
00:38:14c'est une relation très particulière.
00:38:17C'est une agence de l'ONU,
00:38:19mais elle est très palestinienne.
00:38:21Elle est très palestinienne.
00:38:23Et ça, c'est une chose
00:38:25assez formidable.
00:38:26Ils s'en sont emparés.
00:38:30Petit à petit,
00:38:31le personnel de l'ONU-Roi
00:38:32va devenir essentiellement
00:38:33un personnel palestinien et réfugié.
00:38:36C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
00:38:37il y a moins de 300 personnes
00:38:38qui relèvent d'un personnel international
00:38:40sur 30 000 employés.
00:38:42Donc en fait,
00:38:43on est vraiment
00:38:44une palestinisation
00:38:45de l'agence des Nations Unies.
00:38:47Et donc avec cette palestinisation,
00:38:50il y a aussi une manière
00:38:51de prendre en charge
00:38:52les volontés des réfugiés
00:38:53et des Palestiniens
00:38:53de l'intérieur de l'agence.
00:38:55C'est-à-dire que l'agence aussi
00:38:56va devoir adapter ses programmes,
00:38:57sa communication, son image,
00:38:58au fait que maintenant,
00:39:00ce sont des Palestiniens
00:39:01et des réfugiés
00:39:02qui font l'agence
00:39:03en grande partie.
00:39:05Et donc évidemment,
00:39:05le rapport va changer.
00:39:07Ça va devenir
00:39:07une administration palestinienne,
00:39:10si on peut dire,
00:39:11avec quand même
00:39:12un réseau d'écoles,
00:39:13de centres de santé,
00:39:14de services sociaux.
00:39:15Mais donc il y a
00:39:15une sorte d'appropriation
00:39:16par les réfugiés
00:39:17et par les Palestiniens
00:39:18de l'agence
00:39:18qui change la perception.
00:39:21L'ONU-Roi est presque
00:39:22une organisation
00:39:23100% palestinienne.
00:39:26Ça a commencé
00:39:26dans les années 60
00:39:27quand il est devenu clair
00:39:29que l'ONU-Roi
00:39:30n'allait plus fermer
00:39:30et que les Palestiniens
00:39:32étaient sûrs désormais
00:39:33que l'ONU-Roi
00:39:34était pour eux
00:39:35plutôt que contre eux.
00:39:36Ils ont commencé
00:39:37à en prendre le contrôle.
00:39:38Donc les profs,
00:39:39l'administration,
00:39:40c'est à ce moment
00:39:41que l'ONU-Roi
00:39:42devient un employeur
00:39:43de Palestiniens,
00:39:44essentiellement dirigé
00:39:45par des Palestiniens.
00:39:48Les 30 000 personnes
00:39:49qui font partie
00:39:50de l'ONU-Roi,
00:39:50à part les quelques responsables
00:39:52suisses et italiens,
00:39:53sont des Palestiniens.
00:39:55Du fleuve à la mer,
00:39:56pas d'État juif,
00:39:57le retour par la force.
00:39:59Voilà qui sont ces personnes.
00:40:00C'est bien
00:40:01une organisation palestinienne.
00:40:04Le camouflage,
00:40:06ce sont les lettres ONU
00:40:08et l'argent international.
00:40:11Même si la prétendue
00:40:12palestinisation de l'ONU-Roi
00:40:14fait débat en Israël,
00:40:15cela n'a pas empêché
00:40:16son gouvernement
00:40:17de signer un accord
00:40:18de collaboration
00:40:19avec l'agence onusienne
00:40:20au lendemain
00:40:21de la guerre des Six Jours.
00:40:25Israël se retrouve en charge
00:40:26de centaines de milliers
00:40:28de Palestiniens
00:40:29sur les territoires
00:40:30qu'elle occupe désormais.
00:40:33L'État hébreu délègue alors
00:40:34la gestion des réfugiés
00:40:36dans les territoires occupés
00:40:37à l'ONU-Roi.
00:40:39Une décision stratégique
00:40:41qui permet à Israël
00:40:42de se débarrasser
00:40:43du poids des responsabilités
00:40:44humanitaires dues
00:40:45à la force occupante
00:40:46selon les conventions
00:40:47de Genève
00:40:48tout en poursuivant
00:40:49sa colonisation.
00:40:54En 1982,
00:40:56l'armée israélienne
00:40:57envahit le Liban
00:40:58en pleine guerre civile
00:40:59pour enchasser
00:41:00les factions palestiniennes.
00:41:02Au mois de septembre,
00:41:04les milices des phalanges
00:41:05chrétiennes pénètrent
00:41:06dans les camps
00:41:06de réfugiés palestiniens
00:41:07de Sabra et Shatila.
00:41:31des palestiniens
00:41:32que les phalangistes considèrent
00:41:34comme leurs plus grands ennemis
00:41:35au Liban.
00:41:40Leur milice y massacrent
00:41:41entre 1000 et 3000 civils palestiniens
00:41:43selon les sources,
00:41:44avec la complicité passive
00:41:46des forces israéliennes
00:41:47et de leur chef
00:41:48Ariel Sharon
00:41:49qui encerclait
00:41:50ces deux camps.
00:41:52« Jusqu'à aujourd'hui,
00:41:55les palestiniens
00:41:55assistés par l'Hongrois
00:41:57sont la seule population
00:41:59de réfugiés au monde
00:42:00qui n'a pas droit
00:42:02officiellement
00:42:03à une protection juridique.
00:42:05Ce qui n'a pas empêché
00:42:06l'Hongrois
00:42:07d'avoir des pratiques
00:42:09de protection.
00:42:11notamment pendant
00:42:12la première antifada,
00:42:17le commissaire général
00:42:18de l'époque,
00:42:19Giorgio Giacomelli,
00:42:20avait mis sur pied
00:42:21l'équipe qui s'occupait
00:42:23de documenter
00:42:24les infractions
00:42:26aux droits de l'homme
00:42:27commises
00:42:28par l'administration
00:42:30militaire israélienne
00:42:32à l'égard
00:42:33des réfugiés palestiniens.
00:42:40Dans le cadre
00:42:41de la première antifada,
00:42:42c'était des agents
00:42:42qui s'appelaient
00:42:43Refugee Affairs Officer
00:42:44qui allaient
00:42:44quand il y avait
00:42:45des escarouches,
00:42:45des conflits
00:42:46entre l'armée d'occupation
00:42:47et les manifestants palestiniens.
00:42:49Ils étaient sur place
00:42:50et ils notaient
00:42:50toutes les exactions
00:42:51aux droits de l'homme,
00:42:52etc.
00:42:52et c'était transmis
00:42:53aux autorités israéliennes
00:42:55et à l'Assemblée générale
00:42:55des Nations Unies.
00:43:04L'agence rapporte
00:43:05à l'ONU
00:43:06les réalités
00:43:06de la répression israélienne
00:43:08contre la révolte
00:43:09des pierres.
00:43:10Les réfugiés palestiniens,
00:43:11des enfants
00:43:12ou des adolescents
00:43:13en premier lieu,
00:43:14censés être protégés
00:43:15par la 4e convention
00:43:16de Genève,
00:43:17subissent des violences
00:43:18constantes.
00:43:22L'UNRWA devient
00:43:23définitivement
00:43:23une voix gênante
00:43:24et une caisse
00:43:25de résonance
00:43:26des injustices
00:43:27faites à la population
00:43:28des camps de réfugiés.
00:43:45L'histoire de l'UNRWA
00:43:47est tissée
00:43:48de décennies
00:43:48de guerres,
00:43:49de conflits
00:43:50et de promesses
00:43:51de paix
00:43:51trop souvent illusoires.
00:43:53Les accords de Slo
00:43:54des années 90
00:43:55devaient incarner
00:43:56l'espoir
00:43:57d'un nouvel horizon politique
00:43:58et poser les jalons
00:43:59d'une résolution
00:44:00du conflit
00:44:01israélo-palestinien.
00:44:08Lors des négociations
00:44:11des accords d'Oslo,
00:44:12Arafat avait accepté
00:44:16de ne pas inclure
00:44:18parmi les bases
00:44:20juridiques des accords
00:44:22la résolution 194.
00:44:25Les réfugiés palestiniens
00:44:27partout où ils étaient,
00:44:29ils se sont sentis trahis
00:44:31poignervés dans le dos,
00:44:33eux,
00:44:33qui avaient été
00:44:35le fer de lance historique
00:44:37du mouvement national palestinien.
00:44:41Les raisons de l'échec
00:44:42des accords d'Oslo
00:44:43sont multiples
00:44:44et varient
00:44:45selon les narratifs
00:44:46des deux camps.
00:44:47Pour Israël,
00:44:48c'est au contraire
00:44:49l'intransigeance
00:44:50d'Arafat
00:44:50et de son équipe
00:44:51sur la question
00:44:52du droit au retour
00:44:53qui a fait capoter
00:44:54les négociations.
00:44:57Alors que pour les palestiniens,
00:44:59la non-entrée
00:45:00en matière
00:45:00des israéliens
00:45:01sur ce sujet
00:45:02en est une des causes.
00:45:06En 1994,
00:45:08une série d'attentats
00:45:09du Hamas
00:45:10suivi en 1995
00:45:11de l'assassinat tragique
00:45:13du premier ministre israélien
00:45:14Itzhak Rabin
00:45:15par un extrémiste
00:45:16de droite israélien,
00:45:17puis l'arrivée au pouvoir
00:45:19de Benyamin Netanyahou
00:45:20en 1996,
00:45:21premier adversaire ouvert
00:45:22du processus de paix,
00:45:24ont précipité
00:45:25la chute des ambitions
00:45:26de Slo.
00:45:28Peu à peu,
00:45:29les accords de paix
00:45:30ne sont plus
00:45:30ni réalité
00:45:31ni perspective.
00:45:33Après l'échec
00:45:34du processus de paix,
00:45:35on voit que l'Ouenroi
00:45:36reste un des piliers
00:45:38sous lesquels
00:45:38s'accrochent
00:45:39les réfugiés palestiniens.
00:45:40C'est le seul
00:45:42instrument international
00:45:43qu'ils ont
00:45:43pour justifier
00:45:44le droit au retour.
00:45:45Pendant les négociations
00:45:48multilatérales
00:45:48au sein desquelles
00:45:49est inscrite
00:45:50la question
00:45:50des réfugiés palestiniens,
00:45:53les partis israéliennes
00:45:55et les amis d'Israël.
00:45:57voulaient à tout prix
00:45:58qu'on assimile
00:45:59la question
00:45:59à un accident
00:46:00naturel
00:46:02propre à toutes les guerres.
00:46:05Dans n'importe quelle guerre,
00:46:07les gens bougent,
00:46:08ils partent,
00:46:09ceux-là sont partis
00:46:10au Liban,
00:46:11en Syrie,
00:46:12en Jordanie.
00:46:14Non pas qu'ils étaient
00:46:15expulsés.
00:46:16Parce que ce qu'on voulait
00:46:18nous faire
00:46:18pendant les négociations,
00:46:19pendant qu'on négocie
00:46:20les résolutions de l'ONU
00:46:22sur la question
00:46:23du retour,
00:46:24c'est qu'on réduise
00:46:24la question des réfugiés
00:46:25uniquement.
00:46:26une question
00:46:27des indemnités.
00:46:29Comment on peut
00:46:30vous acheter
00:46:31vos droits
00:46:32et on les quitte.
00:46:34Et là, l'ONU a très bien agi.
00:46:36L'ONU a été extrêmement clair
00:46:39et il n'est pas du tout
00:46:40entré dans ce jeu.
00:46:41C'est pour ça
00:46:42qu'il y a eu
00:46:42des envies féroces
00:46:43de voir l'ONU disparaître.
00:46:45Et ça va continuer.
00:46:50Quand Israël négocie
00:46:51quand Israël négocie
00:46:51pour la paix,
00:46:53en particulier
00:46:54dans les années 90,
00:46:55Israël agit
00:46:56selon l'hypothèse
00:46:57que toute cette idée
00:46:58du retour
00:46:59n'est rien d'autre
00:47:00qu'une monnaie d'échange.
00:47:03Que les Palestiniens
00:47:04ne sont pas vraiment sérieux
00:47:05à ce propos,
00:47:06car c'est le plus grand
00:47:07consensus
00:47:08de la société israélienne.
00:47:09C'est la ligne rouge.
00:47:13Donc,
00:47:13dans les années 90,
00:47:15ce qu'il se passe,
00:47:16et ce jusque
00:47:17dans les années 2000,
00:47:18c'est une prise
00:47:19de conscience progressive
00:47:20chez les Israéliens,
00:47:22comme moi-même,
00:47:23ceux du camp de la paix,
00:47:24ceux qui prennent part
00:47:25aux négociations,
00:47:26que les Palestiniens
00:47:27sont sacrément sérieux
00:47:29à propos de cette idée
00:47:30de retour.
00:47:31C'est pour ça,
00:47:32par exemple,
00:47:33que je me focalise
00:47:34autant sur l'ONU,
00:47:35car l'ONU est
00:47:36le péché originel.
00:47:39Elle empêche
00:47:40les Arabes de Palestine
00:47:41d'accepter
00:47:42qu'ils ont été vaincus,
00:47:44que leur idéologie
00:47:45était terrible,
00:47:47et qu'il faut donc
00:47:48tourner la page.
00:47:51La résolution
00:47:52en 1994
00:47:53y contribue,
00:47:54comme beaucoup d'éléments
00:47:55qui disent
00:47:56« Non, non, continuez ! »
00:47:59Continuez à être
00:48:00des réfugiés arabes.
00:48:02Vous n'avez pas perdu.
00:48:03Ce n'est qu'une victoire
00:48:04retardée.
00:48:07Pour les Israéliens,
00:48:08tant qu'il y a l'ONU,
00:48:09les réfugiés palestiniens
00:48:10continueraient à penser
00:48:11à leur droit au retour,
00:48:13à leur foyer perdu
00:48:15en 1948.
00:48:16On arrête l'ONU,
00:48:17ce sera beaucoup plus facile
00:48:19aux réfugiés
00:48:19de s'intégrer
00:48:20et oublier 1948.
00:48:23Mais beaucoup de gens
00:48:24qui étaient engagés
00:48:25dans l'administration
00:48:27de l'occupation
00:48:27disaient
00:48:28« On ne peut pas
00:48:29d'être l'ONU parce que
00:48:30l'ONU joue un rôle
00:48:31fondamental
00:48:32à Gaza
00:48:33et en Cisjordanie.
00:48:35D'être l'ONU,
00:48:36ça nous affecterait
00:48:37nous parce qu'on serait
00:48:37obligés d'intervenir
00:48:38à sa place. »
00:48:39Donc l'ONU joue un rôle
00:48:40stabilisateur
00:48:41et Israël en profite.
00:48:44Pour Israël,
00:48:45la question des réfugiés
00:48:46n'était qu'un accident
00:48:47de guerre.
00:48:48Pour les Palestiniens,
00:48:49la conséquence
00:48:51d'une immense injustice.
00:48:52En attendant
00:48:53que se dessine
00:48:54une résolution du conflit,
00:48:55hypothèse encore crédible
00:48:57à l'époque,
00:48:57l'ONU assume le rôle
00:48:59de témoin vivant
00:49:00de l'Anakba
00:49:01et de gardien
00:49:02de sa mémoire.
00:49:07L'ONU est le gardien
00:49:10des archives
00:49:12des familles palestiniennes
00:49:14qui ont fui
00:49:15au moment de l'Anakba.
00:49:17Nous avons gardé
00:49:18toute l'histoire
00:49:19des familles
00:49:20dans nos archives
00:49:21sur lesquelles
00:49:23nous veillons
00:49:23avec la plus grande
00:49:25attention.
00:49:27Nous perpétons
00:49:28l'existence
00:49:29des Palestiniens.
00:49:30Et ça,
00:49:31pour certains Israéliens,
00:49:33c'est inacceptable.
00:49:35L'ONU est en perçu
00:49:36par certains Israéliens.
00:49:37Je fais attention
00:49:38à ne pas dire
00:49:40tous les Israéliens.
00:49:41Je dis par certains Israéliens
00:49:43comme l'incarnation
00:49:45des Palestiniens.
00:49:47Donc pour beaucoup
00:49:48d'Israéliens,
00:49:49l'ONU est égal
00:49:50des Palestiniens.
00:49:51Quoi ?
00:49:53À ce moment-là,
00:49:54il y a toute une sorte
00:49:55de réhistoricisation
00:49:57des archives de l'ONU-ROI.
00:49:58Il y a un récit historique
00:49:59qui va être construit
00:50:00à partir de ces images.
00:50:02L'ONU-ROI prend
00:50:02beaucoup plus
00:50:03un rôle de témoin
00:50:04et on voit
00:50:05les photographies
00:50:06qui montent
00:50:06les destructions des camps
00:50:07et on voit apparaître
00:50:09petit à petit aussi
00:50:10des légendes
00:50:11qui explicitent
00:50:12et donc qui permettent
00:50:13de rendre compte
00:50:14de ce qui est à l'œuvre.
00:50:15Il y a une volonté,
00:50:16on voit bien,
00:50:17au moins de témoigner
00:50:18d'une histoire.
00:50:21Après l'échec
00:50:23de Slot,
00:50:23le camp de la paix
00:50:24perd sa place
00:50:25et les positions extrêmes
00:50:27se renforcent,
00:50:28polarisant la scène politique.
00:50:31La seconde intifada
00:50:33éclate dans les territoires occupés.
00:50:35Les chars remplacent
00:50:36les balles côté israéliens
00:50:37tandis que les pierres
00:50:38deviennent
00:50:39kalachnikov côté palestinien.
00:50:44l'Unroi tente
00:50:45de gérer
00:50:46la situation
00:50:46au quotidien
00:50:48tout en continuant
00:50:49à alerter
00:50:50sur les atteintes
00:50:51de plus en plus
00:50:51nombreuses
00:50:52aux droits de l'homme.
00:50:54Cela dans un climat
00:50:55de suspicion
00:50:56toujours plus marqué
00:50:57de la part d'Israël.
00:51:00Nos ambulances
00:51:00ont été
00:51:02détruites.
00:51:03Nous avons eu
00:51:04ensemble
00:51:05avec le CICR
00:51:06et le croissant rouge
00:51:07palestinien
00:51:07180 cas
00:51:09de coups de feu
00:51:11tirés
00:51:11contre les ambulances.
00:51:13Ce ne sont pas
00:51:13des balles perdues.
00:51:15En novembre 2002,
00:51:17la situation
00:51:17prend une tournure tragique
00:51:19lorsque Jan Hook,
00:51:20un employé britannique
00:51:21de l'Unroi,
00:51:22est abattu
00:51:23par un soldat israélien
00:51:24dans le camp de Jenin.
00:51:35Monsieur Hook
00:51:36était à l'intérieur
00:51:37d'un compound,
00:51:39d'une zone
00:51:39de l'Unroi.
00:51:41Il est mort
00:51:42d'une balle
00:51:42dans le dos
00:51:43et ma foi,
00:51:45la tristesse
00:51:46dans la mort
00:51:47de ce troisième
00:51:47collaborateur
00:51:48de l'Unroi
00:51:49depuis le début
00:51:50de l'Untifada
00:51:50est sans doute
00:51:51le sentiment
00:51:52qui est le plus important
00:51:53actuellement.
00:51:56La polarisation
00:51:57entre Israël
00:51:57et l'Unroi
00:51:58reflète des tensions
00:51:59profondes,
00:52:00nourries par des
00:52:01accusations mutuelles.
00:52:03L'Unroi dénonce
00:52:04l'entrave israélienne
00:52:05à l'aide humanitaire
00:52:06et le ciblage
00:52:07d'infrastructures,
00:52:08tandis qu'Israël
00:52:09accuse régulièrement
00:52:10l'agence de complicité
00:52:12avec les factions
00:52:12palestiniennes.
00:52:14Il y a eu un cas
00:52:17où les Israéliens
00:52:18sont allés voir
00:52:19les donateurs
00:52:20et ont dit
00:52:21« Regardez,
00:52:22nous avons des preuves,
00:52:23des photos
00:52:24de ce que fait l'Unroi. »
00:52:26Ça s'est révélé
00:52:27être une arnaque totale.
00:52:28Il n'y avait
00:52:29aucune preuve.
00:52:31Il y avait
00:52:31la preuve
00:52:31d'une ambulance
00:52:32où l'ambulancier
00:52:34courait avec un brancard
00:52:35et le jetait
00:52:35dans l'ambulance.
00:52:37Et ils ont prétendu
00:52:39que le brancard,
00:52:40sur la photo
00:52:41prise par voie aérienne,
00:52:42était une roquette.
00:52:45C'était très facile
00:52:46de s'en rendre compte.
00:52:48Cherchez sur Google
00:52:49la taille
00:52:50et le poids
00:52:50d'une roquette.
00:52:52Et là,
00:52:53vous vous demanderez
00:52:53quel ambulancier
00:52:54palestinien
00:52:55est capable
00:52:56de soulever d'un bras
00:52:57une roquette en métal
00:52:58de 200 kilos
00:52:59et de la lancer.
00:53:05Éminemment grave.
00:53:07Naturellement,
00:53:08nous n'avions pas besoin
00:53:09de ces allégations
00:53:10pour adoucir
00:53:12le rapport
00:53:13entre l'ONURA
00:53:14et les autorités
00:53:16israéliennes.
00:53:17La dégradation
00:53:18des relations
00:53:19entre l'ONURA
00:53:21et les autorités
00:53:22israéliennes
00:53:23correspond au durcissement
00:53:25politique israélien.
00:53:26À la Knesset,
00:53:28les débats ont pris
00:53:28aussi une tournure
00:53:29de plus en plus
00:53:30dure à l'égard
00:53:31de l'ONU en général
00:53:32et à l'égard
00:53:34des Palestiniens,
00:53:35bien sûr.
00:53:37Cette montée en tension
00:53:39oblige l'ONURA
00:53:40à encore plus de rigueur.
00:53:42Scruté en permanence
00:53:43par les uns
00:53:43et les autres,
00:53:44Israël en particulier,
00:53:46l'agence se doit
00:53:46d'être exemplaire.
00:53:49L'ONURA a été très transparente
00:53:55en termes de partage
00:53:56d'informations
00:53:56avec toutes les personnes
00:53:58concernées.
00:53:59L'ONURA se doit
00:54:00d'être transparente
00:54:02car sinon,
00:54:03elle sera accusée
00:54:04d'avoir quelque chose
00:54:05à cacher.
00:54:09Ainsi,
00:54:09en termes de politique,
00:54:11nous faisons toujours
00:54:12en sorte
00:54:12que l'ONURA soit
00:54:14autant que possible
00:54:15à livre ouvert
00:54:16pour l'autorité
00:54:17palestinienne
00:54:18et pour le gouvernement
00:54:19israélien.
00:54:23Le but étant surtout
00:54:24de nous protéger
00:54:26de futures critiques
00:54:27et attaques.
00:54:33Malgré les efforts
00:54:34de transparence
00:54:35de l'agence,
00:54:36les critiques
00:54:37et les attaques
00:54:37israéliennes
00:54:38ne cesseront plus.
00:54:39Dans un contexte mondial
00:54:41de plus en plus polarisé
00:54:42après les attentats
00:54:43du 11 septembre,
00:54:44l'idée même de paix
00:54:45entre israéliens
00:54:46et palestiniens
00:54:47semble reléguée
00:54:48au second plan.
00:54:50Israël construit
00:54:51le mur de séparation
00:54:52et renforce
00:54:53son occupation.
00:54:57La mort de Yasser Arafat
00:54:59en novembre 2004
00:55:00prive les palestiniens
00:55:02de leur père de la nation.
00:55:06Son successeur
00:55:07Mahmoud Abbas
00:55:08suscite rapidement
00:55:09la méfiance.
00:55:10Pour de nombreux palestiniens,
00:55:12le rapprochement
00:55:12de l'autorité palestinienne
00:55:14avec Israël
00:55:14est plutôt vécu
00:55:16comme une compromission
00:55:17voire une trahison.
00:55:21Dans ce climat,
00:55:22le Hamas apparaît alors
00:55:24comme le principal acteur
00:55:25déterminé à poursuivre
00:55:26la résistance
00:55:27face à l'occupation.
00:55:30En 2006,
00:55:32le Hamas
00:55:32remporte les élections
00:55:33à Gaza
00:55:33et prend le contrôle
00:55:35du territoire
00:55:35qu'il administre désormais
00:55:37d'une main de fer.
00:55:43Dès lors,
00:55:44l'UNRWA doit composer
00:55:45avec une autorité islamique.
00:55:47Comme en pleine guerre
00:55:48civile libanaise
00:55:49ou sous le régime
00:55:50d'Assad en Syrie,
00:55:51l'agence onusienne
00:55:52fait face au même défi,
00:55:54concilier sa mission
00:55:55non-humanitaire
00:55:55avec les réalités
00:55:57politiques locales.
00:56:01Sans neutralité,
00:56:02si on n'applique pas
00:56:03ce principe à la lettre,
00:56:05on ne peut pas fonctionner
00:56:06tout simplement.
00:56:07Et vis-à-vis
00:56:07de notre propre staff,
00:56:09nos employés,
00:56:10les employés de l'UNRWA,
00:56:11on ne pouvait pas
00:56:12faire autrement non plus.
00:56:13Donc la neutralité
00:56:15s'imposait
00:56:15avec les autorités,
00:56:17avec le personnel,
00:56:18la même chose.
00:56:20L'UNRWA est vraiment
00:56:20très soucieuse
00:56:21de préserver
00:56:22auprès des donateurs
00:56:23ce qu'on appelle
00:56:23sa neutralité politique.
00:56:25C'est une des agences
00:56:26les mieux pourvues
00:56:26dans ce sens-là
00:56:27parce qu'elle a ce problème
00:56:28depuis 1969
00:56:30quand les fédahines
00:56:31prennent en charge
00:56:32des camps
00:56:32et se sont demandé
00:56:32mais est-ce que les fédahines
00:56:34ne vont pas infester
00:56:35en guillemets
00:56:35aux étangs de radiologie
00:56:37de combat
00:56:37à nos agents
00:56:38et ne vont pas utiliser
00:56:38nos installations
00:56:40pour des raisons militaires.
00:56:41Donc dès le début,
00:56:42dès ce moment-là,
00:56:43l'UNRWA fait très attention
00:56:44à cela.
00:56:45À Gaza,
00:56:46les réfugiés palestiniens
00:56:48représentent 80%
00:56:49de la population.
00:56:50Depuis 2007,
00:56:51le blocus imposé
00:56:53par Israël
00:56:53a transformé
00:56:54ce territoire
00:56:55en ce que certains
00:56:56appellent
00:56:56la plus grande prison
00:56:57à ciel ouvert du monde.
00:56:59Les restrictions
00:57:00sur la circulation
00:57:01des biens et des personnes
00:57:02ont étouffé l'économie,
00:57:04provoquant
00:57:04un désastre humanitaire.
00:57:10Le Hamas renforce
00:57:12ses capacités militaires,
00:57:13tunnels,
00:57:14centres d'entraînement
00:57:15et usines clandestines
00:57:16de fabrication d'armes.
00:57:18L'UNRWA doit évoluer
00:57:20dans un environnement
00:57:20de plus en plus tendu
00:57:22et la porosité
00:57:23entre le mouvement islamique
00:57:24et la société Gazaoui
00:57:25ne facilite pas
00:57:27la tâche de l'agence
00:57:28qui plus que jamais
00:57:29évolue sur un fil.
00:57:36Entre 2009 et 2021,
00:57:39Israël lance
00:57:39plusieurs campagnes
00:57:40de bombardements massifs
00:57:41à Gaza,
00:57:42les considérant
00:57:43comme des opérations militaires
00:57:44contre le Hamas
00:57:45et les factions
00:57:46palestiniennes affiliées.
00:57:48Les morts se comptent
00:57:49par milliers,
00:57:50les réfugiés
00:57:51paient un lourd tribut,
00:57:53les destructions
00:57:54sont massives
00:57:55et visent désormais
00:57:56aussi des infrastructures
00:57:57gérées par l'UNRWA.
00:58:08Sur le plan diplomatique,
00:58:10Israël s'emploie
00:58:11à affaiblir
00:58:12les soutiens financiers
00:58:13dont l'agence dépend.
00:58:17Pour ce qui est
00:58:18des donateurs,
00:58:19il y a de tout.
00:58:21Nombre d'entre eux
00:58:21aimeraient bien échapper
00:58:23au fait de devoir
00:58:23financer l'UNRWA.
00:58:24Et si on leur fournissait
00:58:26des preuves
00:58:27que l'UNRWA
00:58:28avait fait des choses
00:58:28répréhensibles,
00:58:29ils pourraient cesser
00:58:31leurs contributions
00:58:31à l'UNRWA.
00:58:34Et en effet,
00:58:35il y a eu un cas
00:58:36à mon époque,
00:58:38ou deux cas,
00:58:40où des donateurs
00:58:41sur la base
00:58:41de fausses informations
00:58:42et accusations
00:58:44ont suspendu
00:58:45leurs contributions.
00:58:48Et quand nous pouvions
00:58:49montrer que c'était
00:58:51basé sur de fausses informations,
00:58:53ils la reprenaient.
00:58:56en 2018,
00:58:58coup de théâtre.
00:58:59Malgré les efforts
00:59:00de transparence
00:59:01de l'agence,
00:59:02l'administration Trump
00:59:03réduit de près
00:59:04de 50%
00:59:05le financement américain
00:59:06pour l'UNRWA,
00:59:07citant des problèmes
00:59:08de gestion
00:59:09et des activités
00:59:10éducatives jugées
00:59:11partisanes
00:59:12de la part de l'agence.
00:59:13Pour pallier cette crise,
00:59:15l'UNRWA intensifie
00:59:16ses campagnes de collecte
00:59:17auprès des pays européens,
00:59:19des ONG
00:59:20et du secteur privé.
00:59:22Il faut savoir
00:59:23que l'UNRWA,
00:59:23comme on l'a dit,
00:59:24avait un mandat
00:59:24d'un an puis de trois ans
00:59:26renouvelable
00:59:26qui s'est renouvelé
00:59:27et qu'il a un système
00:59:29de financement
00:59:29par donation.
00:59:31En fait,
00:59:31il n'est jamais garanti
00:59:32de son budget,
00:59:33ce qui explique
00:59:33toute la pression
00:59:34qui est exercée.
00:59:35Donc oui,
00:59:36elle met la communauté
00:59:36internationale
00:59:37devant ses responsabilités,
00:59:38mais la communauté
00:59:39internationale
00:59:39a aussi permis,
00:59:40en continuant les donations,
00:59:42à ce qu'elle se maintienne.
00:59:43Donc la communauté
00:59:44internationale,
00:59:44quelque part,
00:59:46paye ou fait agir
00:59:47à travers l'UNRWA
00:59:48sa propre incapacité
00:59:49ou sa propre non-volonté
00:59:50à résoudre la question.
01:00:07Le 7 octobre 2023,
01:00:09c'est la stupeur
01:00:10et la sidération.
01:00:12Plusieurs milliers
01:00:13de membres du Hamas
01:00:14et d'autres factions
01:00:15palestiniennes
01:00:16attaquent la barrière
01:00:17de sécurité
01:00:18et pénètrent
01:00:19en Israël,
01:00:20ciblant aussi bien
01:00:21des bases militaires
01:00:22que des kibbutz
01:00:22proches de Gaza
01:00:23et un festival de musique.
01:00:26Environ 1200 personnes
01:00:27sont tuées,
01:00:28majoritairement des civils,
01:00:30et 251 sont prises
01:00:32en otage
01:00:32et emmenées à Gaza.
01:00:35La terreur s'installe.
01:00:37La société israélienne
01:00:39est profondément traumatisée.
01:00:45Israël promet l'enfer
01:00:46à Gaza et tient parole.
01:00:48La borne côtière
01:00:49n'est bientôt plus qu'un champ
01:00:50de ruines
01:00:51et les morts se comptent
01:00:52par dizaines de milliers,
01:00:54principalement des femmes
01:00:54et des enfants.
01:00:59La Cour internationale
01:01:01de justice,
01:01:01s'appuyant notamment
01:01:02sur des documents
01:01:03fournis par l'UNRWA,
01:01:04ordonne à Israël
01:01:05de prendre des mesures
01:01:06pour garantir que son armée
01:01:08ne viole pas la Convention
01:01:09sur le génocide.
01:01:31Dans la foulée,
01:01:33Israël attaque l'UNRWA.
01:01:4212 de ses employés
01:01:44sont accusés
01:01:44d'avoir participé
01:01:45aux attaques du 7 octobre.
01:01:47En réponse,
01:01:48les Etats-Unis
01:01:49suspendent leur aide
01:01:50à l'agence,
01:01:50suivie par une quinzaine
01:01:51de pays,
01:01:52dont la Suisse.
01:01:53L'UNRWA licencie
01:01:54les personnes incriminées
01:01:55et annonce une enquête,
01:01:57bien qu'aucune preuve tangible
01:01:58n'ait été rendue publique.
01:02:00L'affrontement
01:02:00entre Israël et l'UNRWA
01:02:01atteint son paroxysme.
01:02:04L'UNRWA est en réalité
01:02:05pire que le Hamas,
01:02:06car le Hamas
01:02:08pourrait disparaître
01:02:08un jour.
01:02:09Mais si l'UNRWA reste,
01:02:11elle donnera naissance
01:02:12à une autre organisation
01:02:14terroriste
01:02:14vouée à la lutte
01:02:16contre l'existence
01:02:17d'un Etat juif.
01:02:18Combien parmi ceux
01:02:19qui ont participé
01:02:20au massacre du 7 octobre
01:02:21étaient enregistrés
01:02:22par l'UNRWA
01:02:23en tant que réfugiés
01:02:24palestiniens,
01:02:25même s'ils n'étaient pas
01:02:26des réfugiés palestiniens ?
01:02:27Combien ont été formés
01:02:28dans des écoles de l'UNRWA
01:02:30dans cette idée du retour ?
01:02:32Si on avait posé ces questions,
01:02:33combien parmi ceux
01:02:35qui ont participé
01:02:35au massacre du 7 octobre
01:02:37ont été formés,
01:02:38enregistrés
01:02:39ou hébergés
01:02:40par l'UNRWA,
01:02:40la réponse aurait été
01:02:42tout le monde.
01:02:43Les divergences
01:02:44sur la question
01:02:45peuvent être parfois
01:02:46si profondes
01:02:47qu'aucun dialogue
01:02:48ne semble possible.
01:02:49L'ONU,
01:02:50en réaction
01:02:50aux attaques israéliennes,
01:02:52lance rapidement
01:02:53une enquête
01:02:53sous la direction
01:02:54de Catherine Colonna,
01:02:55l'ancienne ministre
01:02:56des Affaires étrangères
01:02:57en France.
01:02:58Après plusieurs mois
01:02:59d'investigation,
01:03:00le rapport final
01:03:01ne révèle aucune preuve
01:03:03de complicité
01:03:04entre l'UNRWA
01:03:05et le Hamas.
01:03:06Il met en avant
01:03:07les mécanismes rigoureux
01:03:08mis en place
01:03:09par l'UNRWA
01:03:10et propose une cinquantaine
01:03:11de recommandations
01:03:12pour améliorer
01:03:13la gouvernance
01:03:14et la neutralité.
01:03:15Finalement,
01:03:16la grande majorité
01:03:16des pays donateurs
01:03:17rétablissent
01:03:18son financement
01:03:19à l'agence.
01:03:20L'UNRWA
01:03:20a beaucoup fait
01:03:21là-dessus
01:03:23avec ce qu'on appelle
01:03:25les Neutrality Officers,
01:03:26ce sont des agents
01:03:26internationaux
01:03:27qui font le tour
01:03:28des écoles
01:03:28et dès qu'il y a
01:03:28un signe ostensible,
01:03:30même une carte de Palestine
01:03:31de nos jours
01:03:31demande à ce qu'elle soit rayée.
01:03:32Donc ça touche aussi
01:03:33au patrimoine culturel.
01:03:38L'UNRWA
01:03:38et les rapports Colonna
01:03:39ont validé
01:03:40la position de l'UNRWA
01:03:41en disant qu'il faut faire plus.
01:03:42Mais pour faire plus,
01:03:42il faut plus d'employés
01:03:43et donc plus de moyens.
01:03:44Donc les deux pays donateurs
01:03:45se trouvent face
01:03:46à leur contradiction.
01:03:47Il faut améliorer l'UNRWA,
01:03:48oui,
01:03:48mais pour cela
01:03:49il faut un soutien
01:03:50plus accentué à l'UNRWA.
01:03:52Or, les bailleurs de fonds
01:03:53depuis plusieurs années
01:03:54sont en voie de régression.
01:03:56Une régression marquée, certes,
01:03:58mais surtout un avenir opaque.
01:04:00Car pour Israël,
01:04:01l'agence est désormais
01:04:02une ennemie déclarée,
01:04:04considérée comme non grata
01:04:05dans les territoires occupés.
01:04:08Nous sommes sous attaque
01:04:10à Gaza.
01:04:11Plus de 200 employés
01:04:12ont été tués.
01:04:1360 à 70 %
01:04:15de nos installations
01:04:16ont été endommagées
01:04:18ou détruites.
01:04:19Nos convois
01:04:19sont régulièrement attaqués.
01:04:22On a des appels politiques
01:04:24de la part de membres
01:04:25du gouvernement
01:04:25comme quoi
01:04:26l'UNRWA devrait être démantelée.
01:04:28Nous avons des attaques
01:04:29incessantes
01:04:30au niveau des réseaux sociaux
01:04:32et également
01:04:33des actions légales,
01:04:35la plupart du temps
01:04:36civiles,
01:04:37qui sont prises
01:04:38contre les dirigeants
01:04:39de l'organisation.
01:04:47Lundi 28 octobre 2024,
01:04:50l'UNRWA fait face
01:04:50à une escalade
01:04:51sans précédent
01:04:52dans son histoire.
01:04:53Le Parlement israélien
01:04:54a adopté
01:04:55à une écrasante majorité
01:04:57un projet de loi
01:04:58interdisant
01:04:59toute activité
01:04:59de l'agence onusienne
01:05:00en Israël.
01:05:03La loi contre l'UNRWA
01:05:04nous dit quelque chose
01:05:05d'important
01:05:05à propos du système
01:05:06politique israélien
01:05:08et de ses soutiens.
01:05:09Elle nous dit
01:05:10qu'ils se préoccupent
01:05:10très peu du droit international.
01:05:12Ils se soucient très peu
01:05:13de leur image internationale.
01:05:15Ils ont une forte croyance
01:05:17désormais,
01:05:17une croyance messianique
01:05:19dans leurs droits
01:05:20religieux et historiques.
01:05:22Et ils vont ignorer
01:05:22la Cour pénale internationale,
01:05:24ils vont ignorer
01:05:25la Cour internationale
01:05:26de justice
01:05:27et ils vont ignorer
01:05:28les Nations Unies.
01:05:32C'est une véritable attaque
01:05:36envers l'ONU
01:05:37dans son ensemble
01:05:38et envers le droit international
01:05:39si l'UNRWA est attaqué.
01:05:44Et d'ailleurs,
01:05:45aucune autre agence
01:05:46de l'ONU
01:05:46n'est prête à prendre
01:05:47le relais de l'UNRWA.
01:05:52Tout le monde
01:05:53dans les agences
01:05:54de l'ONU
01:05:55considère que l'UNRWA
01:05:56est indispensable.
01:05:57C'est la colonne vertébrale,
01:05:59comme ils disent,
01:06:00pour gérer la situation.
01:06:01Et on ne peut pas
01:06:03juste retirer
01:06:04la colonne vertébrale
01:06:04d'un corps
01:06:05et espérer
01:06:06qu'il tienne debout
01:06:07sans colonne vertébrale.
01:06:08minus le backbone.
01:06:19Jamais l'ONU
01:06:21n'a affronté
01:06:21de périls plus grands.
01:06:24Sa réputation vacille.
01:06:26Les donateurs se détournent.
01:06:28Comment en est-on arrivé là?
01:06:31Est-ce le péché originel?
01:06:33La somme des erreurs passées?
01:06:36Ou la passivité
01:06:37d'une communauté
01:06:38internationale
01:06:39qui a trop longtemps
01:06:40fermé les yeux
01:06:40sur la nécessité
01:06:42de trouver une solution
01:06:43politique à la question
01:06:44palestinienne?
01:06:46Dans un monde contemporain
01:06:47où guerre et expansionnisme
01:06:49politique et belliciste
01:06:50s'enchaînent,
01:06:52la fin de l'histoire
01:06:53est-elle déjà écrite?
01:06:55L'UNRWA a été créée
01:06:56pour des mauvaises raisons.
01:06:57Quand je dis mauvaises raisons,
01:06:58je me place du côté
01:07:00palestinien,
01:07:00c'est-à-dire
01:07:00qu'il n'a pas été créé
01:07:01pour l'autodétermination
01:07:03des palestiniens.
01:07:03Au contraire,
01:07:04il a été créé
01:07:04pour qu'il soit
01:07:06réinstallé
01:07:06le plus vite possible
01:07:08dans les pays d'accueil
01:07:08et qu'en gros,
01:07:10la question du retour
01:07:10et la question des réfugiés
01:07:11ne soient pas posées.
01:07:13Mais ce n'est pas du tout
01:07:14ça qui finalement
01:07:14s'est passé.
01:07:17Après 70 ans
01:07:18et bien avant,
01:07:19l'UNRWA a commencé
01:07:20à servir
01:07:20cette question politique
01:07:22du droit de retour
01:07:23et en tout cas
01:07:23de la question des réfugiés,
01:07:24ce qui n'était pas du tout
01:07:25son intention au départ.
01:07:26aujourd'hui,
01:07:27il peut plutôt participer
01:07:30à cette question
01:07:30de la reconnaissance
01:07:32et du non-effacement
01:07:33total de cette question.
01:07:34Et aujourd'hui,
01:07:35à Gaza,
01:07:35je pense qu'il participe
01:07:36aussi du non-effacement
01:07:37de Gaza
01:07:38par sa présence aussi.
01:07:43L'UNRWA est une agence
01:07:44apolitique,
01:07:44mais tout ce qu'elle fait
01:07:45est politique.
01:07:46Pourquoi ?
01:07:47Parce que l'UNRWA
01:07:48est devenue
01:07:48l'incarnation
01:07:50de la question
01:07:51de Palestine
01:07:51tant dans ses aspects
01:07:52humanitaires
01:07:53ou économiques
01:07:54que politiques.
01:07:56Et c'est aussi
01:07:57dû à la pression
01:07:58qu'ont fait
01:07:58les Palestiniens
01:07:59de la façon
01:07:59dont les Palestiniens
01:08:00ont représenté
01:08:01l'UNRWA.
01:08:01C'est devenu le symbole
01:08:02de la responsabilité
01:08:04de la communauté
01:08:04internationale
01:08:05et d'ONU en particulier
01:08:06de régler le problème
01:08:08des réfugiés
01:08:09selon le terme
01:08:09par le biais
01:08:10du retour
01:08:10ou de la compensation.
01:08:11Tant que l'UNRWA est là,
01:08:12c'est une signe
01:08:12que la communauté internationale
01:08:13continue à s'occuper
01:08:14sur son agenda
01:08:16la question des réfugiés
01:08:17de Palestine.
01:08:21Israël et l'ONU
01:08:22une relation empreinte
01:08:23de tensions constantes
01:08:25mais l'agence-mère
01:08:26continuera-t-elle
01:08:27de défendre l'UNRWA ?
01:08:29Et si l'UNRWA
01:08:29venait à disparaître
01:08:30quel serait le sort
01:08:32des réfugiés palestiniens ?
01:08:34Même si l'UNRWA
01:08:35devait disparaître
01:08:36on ne va pas
01:08:37voir le statut
01:08:39de réfugié palestinien
01:08:40disparaître.
01:08:41Le statut
01:08:42des réfugiés palestiniens
01:08:43persistera.
01:08:45La résolution 194
01:08:47qui définit
01:08:48le statut
01:08:49des réfugiés palestiniens
01:08:50alors que l'UNRWA
01:08:51c'est la résolution 302
01:08:53à qui on demande
01:08:54en fait
01:08:55d'apporter
01:08:55du développement humain
01:08:56et de l'aide humanitaire
01:08:57aux réfugiés palestiniens
01:08:59jusqu'au jour
01:09:00où il n'y aura
01:09:01une réponse politique
01:09:03au conflit israélo-palestinien.
01:09:08Il y a plus que jamais
01:09:10besoin d'UNRWA
01:09:11en tout cas
01:09:12personne pour le moment
01:09:13s'évertue
01:09:15à faire
01:09:17des hypothèses
01:09:19sur qu'est-ce que ça veut dire
01:09:20à reconstruire Gaza.
01:09:23Combien d'années ?
01:09:25L'UNRWA
01:09:26n'est qu'un acteur
01:09:27d'un scénario
01:09:29plus large.
01:09:40A ce carrefour décisif,
01:09:42l'avenir de l'UNRWA
01:09:43est suspendu
01:09:44à des enjeux
01:09:45qui dépassent de loin
01:09:46son propre sort.
01:09:47Non seulement celui
01:09:48des réfugiés palestiniens
01:09:50qui depuis 75 ans
01:09:51subissent l'inaction
01:09:53d'une communauté internationale
01:09:54mais aussi celui
01:09:56de la crédibilité même
01:09:57des Nations Unies,
01:09:59du droit international
01:10:00et des droits humains.
01:10:03Une crédibilité
01:10:04qui vacille
01:10:05de plus en plus
01:10:06dans ce nouveau monde.
01:10:36Sous-titrage Société Radio-Canada
01:11:05Sous-titrage Société Radio-Canada
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