00:00Et il rentre désormais à Rotterdam. C'est une question que beaucoup de gens se posent, vous avez dû le
00:06voir.
00:07Pourquoi est-ce qu'on n'a pas laissé ces cas contacts isolés sur ce bateau plutôt que de les
00:15renvoyer chez eux un peu partout en Europe ?
00:17Alors pour plusieurs raisons. Tout d'abord parce qu'on sait accueillir ces patients dans des pays.
00:22On n'est pas des gens qu'on a débarqué dans des pays où les infrastructures sanitaires sont assez pauvres,
00:31comme certains pays d'Afrique.
00:32En France, on sait très bien prendre en charge ce type de patients.
00:35Ce qu'il faut savoir aussi, c'est que quand votre état de santé va se détériorer, il faut que
00:40très vite vous soyez dans une réanimation.
00:43La jeune femme dont on parlait tout à l'heure, elle est dans la meilleure réanimation de maladies infectieuses de
00:48France, qui est celle de Bichat.
00:49Donc on lui donne toutes ses chances. En plus, il faut isoler les patients, mais il faut aussi isoler les
00:55prélèvements qu'on fait,
00:56parce qu'en transportant des prélèvements qui sont potentiellement contaminés, vous pouvez vous-même vous contaminer.
01:02Donc on sait faire ça, on sait faire ce type de structure.
01:07C'est un peu la différence en fonction des pays, les urgences, on traite les urgences soit localement, soit on
01:14les envoie directement dans le service d'urgence pour qu'ils soient appris.
01:16Là, c'est mieux de les déplacer dans les pays qui ont l'habitude de faire ça, qui ont les
01:21infrastructures.
01:22Il faut être prêt dans le service de réanimation.
01:23Il faut être prêt dans le service de réanimation.
01:25Et malheureusement, une fois qu'on contracte et qu'on est testé positif, l'État peut se dégrader très vite.
01:31Et ce qui est marquant, malheureusement, c'est le taux de mortalité.
01:34Il est de l'ordre de 30 à 40 %.
01:36Une fois qu'on contracte la maladie, on a entre 30 et 40 % de risque de mourir.
01:40Tout à fait. Alors, il ne faut pas oublier que ça aussi, ça dépend des pays.
01:44Beaucoup de pays où ont lieu ces infections ne sont pas des pays, sont des endroits où les gens sont
01:52accueillis,
01:53des petits villages avec des hôpitaux généraux.
01:56Encore une fois, ce n'est pas la qualité d'un CHU parisien où tous les moyens sont mis en
02:03place.
02:04Pour donner un exemple, la mortalité avec un virus comme Ebola est trois, quatre fois moins importante
02:11quand les patients sont pris en charge en France que quand ils sont pris en charge en Afrique.
02:16Il est aussi grave, ce virus, que le virus Ebola, puisque vous l'évoquez,
02:20c'est ce que dit l'épidémiologiste Antoine Flau aujourd'hui.
02:24Pardon, inquiète un petit peu, on se souvient du bilan, c'est des milliers de morts en Afrique.
02:29Oui, alors, effectivement, mais la mortalité d'Ebola était très importante sur la dernière épidémie
02:38parce qu'elle est survenue dans un pays qui n'avait pas l'habitude de prendre en charge ce type
02:41de patients.
02:42Donc, il y a une diffusion importante du virus, c'est la Sierra Leone, le Liberia.
02:46Quand vous avez eu des cas dans des pays qui avaient l'habitude de prendre en charge ce type de
02:51patients,
02:52type Côte d'Ivoire, dès qu'il y avait un patient, on savait l'isoler, on savait prendre les mesures
02:56et il y a eu très peu de cas. Donc, effectivement, la maladie en soi est sévère,
03:02mais la diffusion dépend vraiment de notre capacité à isoler les gens et à prendre les mesures
03:08et puis là, à essayer de comprendre exactement ce qui se passe.
03:12Parce que ce qui va être important, c'est de pouvoir tracer tout le monde
03:15et de voir qui a été en contact, qui a eu ou pas l'infection.
03:18Exactement, et on va en parler.
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