00:00Il y a eu une étude qui fait clairement consensus, qui a été notamment co-signée par Gustavo Palacios,
00:05qui est un chercheur sur une épidémie en Patagonie, puisque c'est l'antavirus des Andes,
00:12une épidémie en novembre 2018 qui s'est étendue jusqu'en février 2019.
00:17Il y a eu 34 palades pour 11 décès, donc on voit là le taux de létalité.
00:20Et il y a quelques enseignements sur ce cas qui a été extrêmement étudié, notamment sur l'incubation.
00:26On voit que moins de deux semaines, c'est assez limité, 15%.
00:30Entre deux et trois semaines d'incubation, ça grimpe, vous voyez, près de 30%.
00:34Et entre trois semaines et un mois, on est à 38%, donc ça grimpe assez largement.
00:38Et puis plus d'un mois, ça redescend.
00:39Ça peut aller jusqu'à six semaines, d'où les fameux 42 jours dont on parle d'isolement.
00:44Il y a aussi les modes de contamination, on en a beaucoup parlé, qui sont un petit peu décrits.
00:50Je vous les ai mis en pourcentage sur les 34 personnes infectées.
00:53Il y a la zoonose, donc en fait, c'est tout simplement le patient zéro qui est en contact, lui,
00:58avec l'animal, avec un rongeur.
01:01Donc c'est une personne.
01:02Il y a une personne pour laquelle le mode de contamination est inconnu.
01:06On voit que pour l'essentiel, sur 26 personnes, ça fait 67%, c'est ce qu'on appelle le contact
01:12rapproché,
01:14notamment des proches avec qui on vit.
01:16Et pour six personnes, c'est soit des gouttelettes, soit des aérosols.
01:23Et ce mot aérosol est présent dans l'étude.
01:25Et c'est vrai que c'est un peu ce qui peut faire peur, parce qu'aérosol, là, on pense
01:28Covid.
01:29Là, on pense contamination potentiellement plus éloignée, d'où les précautions, notamment sur les passagers des avions.
01:38Et dans cette étude, il y a d'ailleurs un visuel qui est très intéressant, que j'ai retrouvé dans
01:41les annexes de cette étude,
01:43sur un soir, comment ce patient zéro a contaminé les premières personnes.
01:49En fait, il était déjà infecté, il était déjà symptomatique, très important.
01:53Il était malade, il avait de la fièvre.
01:54Il avait une soirée d'anniversaire.
01:56Il se rend à une soirée d'anniversaire.
01:58Il reste une heure et demie, parce qu'au bout d'un moment, il s'en va, il se sent
02:00trop mal.
02:01Mais on le voit à l'écran, c'est intéressant, parce qu'il contamine deux personnes qui sont à sa
02:06table,
02:07mais il contamine aussi d'autres personnes qui se trouvent parfois jusqu'à 2,5 mètres.
02:11Vous voyez, c'est la flèche qui part tout à droite.
02:14Et c'est effectivement ce qui peut laisser penser à des contaminations un peu plus éloignées,
02:19sachant que ces personnes ont pu être croisées.
02:22Je veux dire, cette étude ne sait pas tout.
02:23On peut être croisé à un moment donné.
02:26Donc, c'est, on va dire, le mot aérosol qui peut faire peur.
02:30Je termine quand même avec une citation du co-auteur de cette étude,
02:35qui elle aussi est quand même plutôt rassurante.
02:36Il a été interviewé par Le Monde il y a trois jours, Gustavo Palacios.
02:40J'ai tendance à être d'accord avec la plupart des gens qui pensent qu'il n'y a aucun
02:44risque de pandémie,
02:45de pandémie, pas d'épidémie, de pandémie mondiale due à ce virus.
02:50Et cette étude qui montre aussi un autre élément qui est quand même assez rassurant,
02:53c'est que cette épidémie, elle a été contenue justement grâce au traçage et grâce à l'isolement.
Commentaires