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Hakima Boukerouis, dont le cadavre avait été découvert dans un bidon en 2005, a été identifiée en juin 2025. Code source raconte cette affaire invraisemblable avec Clara Hesse, correspondante du Parisien à Metz.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Judith Perret - Production : Thibault Lambert et Clémentine Spiler - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Photo : Interpol - Musiques : François Clos, Audio Network - Archives : INA.
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11C'était un mystère depuis 20 ans, l'affaire dite de la femme retrouvée morte dans un tonneau.
00:17En janvier 2005, le corps d'une femme a été découvert, dissimulé dans un tonneau de plastique,
00:23le long d'une route dans une forêt de Moselle.
00:25Et jusqu'à récemment, l'identité de la victime est restée une énigme.
00:30Mais cette affaire a été résolue en juin 2025 grâce à un appel à témoins lancé par Interpol.
00:37Cet épisode de Codesources est raconté par Clara S., correspondante du Parisien à Metz.
00:47On a choisi de commencer cet épisode de Codesources au début du mois de janvier 2005 en Moselle,
00:53dans la forêt du massif du Donon. D'abord, Clara S., on est où ? Décrivez-nous les lieux.
00:58Le Donon se trouve dans un massif forestier. Il s'agit d'un sommet montagneux
01:02qui, avec ses plus de 1000 mètres d'altitude, constitue le point culminant des basses Vosges
01:06à la jonction des provinces alsaciennes et Lorraine.
01:10Sur place, il faut s'imaginer une forêt, beaucoup de sapins.
01:14En janvier 2005, il y a énormément de neige dans ce massif.
01:19Précisément le jeudi 6 janvier 2005, le maire de la commune d'Abrèche-Villers
01:23fait une découverte macabre au bord de la route, une départementale.
01:27Le maire va découvrir dans un fossé en bordure de la départementale 44
01:32qui va relier son village à Saint-Quirain, un tonneau en plastique de récupération d'eau de pluie
01:37qui contient ce qui semble être au départ des restes d'animaux.
01:40Comme le braconnage n'est pas rare ici, il ne se pose pas trop de questions, il avise les gendarmes.
01:45L'idée me traverse assez rapidement l'esprit qu'il s'agit d'un cadavre d'animal
01:49qui pourrait s'agir d'un cadavre de chien, d'un assez gros chien.
01:52Une patrouille de la brigade de Lorquin se rend à l'endroit signalé
01:55et les militaires vont remarquer qu'il y a une forte odeur de putréfaction qui se dégage du tonneau.
02:00Et ils vont comprendre à l'ouverture du tonneau qu'ils sont face à un cadavre humain.
02:05Immédiatement, un gel des lieux est effectué.
02:07Le procureur de la République de Metz se déplace.
02:10Une enquête pour homicidins volontaires est ouverte qu'il va confier à la section de recherche de Metz.
02:14Impossible aujourd'hui d'avoir la moindre information sur cette macabre découverte.
02:18Le parquet de Metz et les enquêteurs chargés de l'affaire se refusant à donner le moindre détail.
02:25Clara S, on apprendra plus tard qu'en fait ce tonneau en plastique a été déplacé
02:30par des personnes qui croyaient justement avoir affaire à des restes d'animals morts.
02:35Plusieurs routiers affirment avoir vu le même tonneau deux mois auparavant
02:38qui flottaient dans un cours d'eau qui s'appelle la sarre rouge.
02:42Il y a aussi un bûcheron de l'ONF qui a remarqué le tonneau sur l'accotement inverse de la
02:47montagne.
02:48Donc on peut se poser la question, est-ce que ce sont des animaux sauvages qui l'ont déplacé
02:51ou est-ce que c'est des hommes qui pensent avoir affaire à du braconnage ?
02:54On ne sait pas, toutes les pistes sont possibles.
02:57Clara S, le corps qui a été retrouvé est le corps d'une femme.
03:01Il est dans quel état ?
03:02C'est un corps en très très mauvais état qui est démembré, dont le visage a été écrasé
03:08et malgré le fait que ce corps est plié en deux dans le tonneau,
03:11on remarque qu'il s'agit d'une femme et ce que l'autopsie va pouvoir confirmer.
03:15L'autopsie permet de déterminer que cette femme mesurait environ 1m60,
03:20qu'elle est brune, aux cheveux courts, qu'elle a entre 35 et 45 ans,
03:25ses fémurs ont été coupés ou cassés,
03:27il y a des hématomes importants au niveau de sa poitrine, sur son cuir chevelu
03:31et elle porte un débardeur rose, un soutien-gorge, rien d'autre.
03:36Elle n'a pas de tatouage, ni de tâche de naissance ou quelconque cicatrice.
03:40Et d'après le médecin légiste, son décès remonterait à deux mois
03:43à partir du moment de la découverte du corps.
03:46Du sperme est également retrouvé dans son vagin,
03:48mais il est impossible d'en extraire de l'ADN.
03:54Au tout début de l'enquête, un homme, un marginal qui vit dans la forêt
03:57fait figure de suspect idéal, un homme qui est arrêté le 28 janvier 2005.
04:03Oui, alors rapidement, les soupçons vont s'orienter vers un homme
04:06qui s'appelle Stefan Haupt,
04:08qui est décrit comme étant un ressortissant allemand,
04:11apparemment un ancien de l'Astasie.
04:13C'est un marginal qui vit en ermite dans les bois,
04:16dans une maison qui est nichée sur le secteur de Saint-Quirain,
04:19une maison abandonnée,
04:21et ce marginal est réputé et connu dans le coin
04:23pour se déplacer avec un vélo et une charrette.
04:26Et il intrigue notamment les enquêteurs
04:28parce qu'on le sait, dans le massif du Donon,
04:31il cache ses affaires et des objets volés
04:33dans des tonneaux en plastique
04:35qu'il enterre dans la forêt.
04:36Alors cet homme va être placé en garde à vue,
04:38on va lui poser des questions sur le corps dans le tonneau,
04:42il va nier toute implication
04:43et rapidement, il va être relâché,
04:46faute de preuves qui permettent de l'incriminer.
04:48Et cet homme ne sera plus jamais inquiété dans cette enquête,
04:50il est totalement mis hors de cause.
04:52Clara S, vous l'avez dit,
04:54il n'y a rien qui permettrait d'identifier la victime,
04:57cette femme,
04:58pas de tatouage, pas de bijoux,
05:00mais l'analyse des dents de la victime
05:02fournit un élément aux enquêteurs.
05:04Alors l'étude de la dentition de la victime
05:07va révéler qu'elle a eu des soins dentaires
05:10qui semblent assez récents et coûteux,
05:13à savoir une couronne dentaire
05:14qu'on appelle une couronne Richemont.
05:16Elle aurait pu se faire opérer en Allemagne,
05:19Les gendarmes vont alors décider
05:21d'envoyer plus de 3500 courriers
05:24à tous les dentistes de la région,
05:26mais aussi à des dentistes allemands,
05:28sans parvenir au final à mettre un nom
05:30sur cette jeune femme.
05:32Autre piste,
05:32les quelques vêtements que portait la victime,
05:35notamment son soutien-gorge
05:37et son débardeur rose.
05:39Oui, alors,
05:40il y a ce fameux débardeur rose
05:41qui est retrouvé sur le cadavre
05:43et les enquêteurs vont se rendre compte
05:45que c'est un débardeur qui appartient
05:46à la collection été 2003 de chez Orodif.
05:49Ce débardeur a été distribué
05:51dans plus de 90 magasins
05:53dans toute la France.
05:54Alors,
05:54ils vont effectuer un véritable travail de fourmi
05:56pour essayer de retrouver les acheteurs,
05:58mais évidemment,
05:59ceux qui ont payé en liquide
06:00ne peuvent pas être retrouvés.
06:04L'identité de la victime
06:06reste donc un mystère.
06:08Les gendarmes sont face à une énigme.
06:10Clara S,
06:11un élément,
06:11complique l'enquête.
06:13Il y a eu plusieurs corps
06:14retrouvés dans la région
06:15à cette période.
06:16Oui, alors,
06:17entre 2000 et 2005,
06:18ce sont quatre corps
06:19qui ont été retrouvés
06:20dans le massif du Donon.
06:21La presse locale,
06:22à l'époque,
06:23évoque même peut-être
06:24la piste d'un tueur en série,
06:26même si on apprendra plus tard
06:27que toutes ces affaires
06:28n'ont pas de lien entre elles.
06:30Et visiblement,
06:31cette femme qui a été tuée,
06:32retrouvée dans le tonneau en plastique,
06:34n'a pas été signalée
06:35comme disparue par des proches,
06:37c'est ça ?
06:38À cette période,
06:39il n'y a aucune disparition
06:40qui a été signalée dans la région.
06:42Aucun proche de la famille
06:44de cette femme
06:44n'est venu signaler
06:46la disparition à la gendarmerie.
06:48C'est ce qui va rendre, du coup,
06:49son identification
06:50encore plus complexe.
06:51Les enquêteurs travaillent aussi
06:52sur la piste d'une prostituée
06:54qui aurait été tuée
06:55soit par un client,
06:57soit par un proxénète.
06:58Les enquêteurs vont se tourner
06:59vers les pays de l'Est
07:01et notamment la Russie
07:02parce qu'ils vont tomber
07:03sur une procédure
07:04qui fait état
07:05de la disparition
07:05d'une ressortissante russe,
07:07une certaine Olga,
07:09qui n'aurait plus donné
07:10signe de vie.
07:11Et il y a des similitudes physiques
07:12entre la victime du tonneau
07:14et cette fameuse Olga,
07:16ainsi que la temporalité
07:18des faits
07:19qui va pousser les enquêteurs
07:20de l'époque
07:20à solliciter
07:21les autorités russes.
07:22Mais Moscou
07:23ne va jamais leur répondre.
07:24Vous l'avez dit,
07:25le visage de la victime
07:26a été fortement abîmé
07:28mais malgré tout,
07:29les enquêteurs font
07:30un portrait robot.
07:32À quoi il ressemble ?
07:33Alors oui,
07:33un portrait robot est réalisé
07:35de cet inconnu
07:36aux cheveux bruns,
07:37court et frisé.
07:38On peut voir
07:39sur ce portrait robot
07:40qu'elle a aussi
07:41les yeux et les sourcils
07:43un peu tombants,
07:44une petite bouche,
07:45un nez
07:46plutôt proéminent.
07:48Mais comme son visage
07:49a été mutilé,
07:50on peut se poser la question
07:51de savoir si le portrait robot
07:52est vraiment fidèle
07:53à la réalité
07:54et en tout état de cause,
07:57il ne va rien donner.
07:58Clara S,
07:59les mois
07:59puis les années passent
08:01et ce meurtre
08:02reste un mystère.
08:04On ne sait pas
08:04qui est cette femme.
08:05Les gendarmes
08:06vont continuer à chercher
08:07pendant plusieurs années.
08:09Ils ne vont pas laisser tomber
08:11un temps même
08:12l'ombre du tueur
08:13Pierre Baudin
08:14alias Pierrot le fou
08:15qui a sévi dans la région
08:17va même planer
08:18un peu sur cette affaire
08:19de la femme dans le tonneau.
08:20D'autres fausses pistes
08:22dans le genre
08:23vont se multiplier
08:24jusqu'à ce que
08:25finalement
08:26le dossier
08:26soit définitivement
08:28refermé
08:28en 2009.
08:33Clara S,
08:34on fait un saut
08:35dans le temps
08:35de près de 15 ans.
08:37En 2023,
08:38Interpol,
08:39l'agence de coopération
08:40policière internationale
08:41basée à Lyon,
08:42lance une grande campagne
08:44d'appel à témoins,
08:45une opération
08:46baptisée
08:47Identify Me,
08:48Identifiez-moi.
08:49Racontez-nous ça.
08:50Il s'agit d'une campagne
08:51internationale
08:52d'identification
08:53qui est lancée
08:53en 2023
08:54en collaboration
08:55avec 6 pays européens
08:57l'Allemagne,
08:57la Belgique,
08:58l'Espagne,
08:59la France,
08:59l'Italie
08:59et les Pays-Bas.
09:00L'idée,
09:01c'est de faire appel
09:02au grand public
09:03pour identifier
09:04des femmes assassinées
09:05ou mortes
09:05dans des conditions
09:06suspectes
09:07dont les corps
09:07ont été retrouvés
09:08en Europe
09:09ces dernières décennies.
09:10L'opération
09:11consiste donc
09:12en la publication
09:12sur les sites
09:13internet d'Interpol
09:14d'informations détaillées
09:16sur ces femmes
09:17non identifiées
09:18en publiant ce qu'on appelle
09:19une fameuse notice noire
09:21pour chaque victime
09:22sur laquelle on peut lire
09:23la date du décès,
09:24le lieu de la découverte
09:25du corps
09:25et si elle avait
09:27des bijoux,
09:28des tatouages,
09:29des signes distinctifs,
09:31des informations
09:31qui d'ordinaire
09:32sont réservées
09:33à la police.
09:33En faisant ça,
09:35Interpol,
09:35en gros,
09:36fait le pari
09:37de la mémoire collective.
09:38Et l'année suivante,
09:39en 2024,
09:40Interpol ajoute
09:4125 nouveaux dossiers
09:42à cette campagne.
09:43Parmi eux,
09:44celui de la femme
09:45au tonneau
09:46et la même année,
09:47Clara S,
09:48un habitant
09:48du massif du Donon,
09:50un homme qui a plus
09:51de 90 ans,
09:52vient se confier
09:53au gendarme.
09:54En octobre 2024,
09:55il y a un vieux monsieur
09:56de 95 ans précisément
09:58qui va contacter
09:59le parc et de Metz
09:59après avoir vu passer
10:00le portrait robot
10:01de la victime au tonneau
10:02dans le journal local
10:03Le Républicain Lorrain.
10:04Il va expliquer
10:05au parquet
10:06qu'à l'été 2004,
10:08alors qu'il se promenait
10:09dans le col du Donon,
10:11il avait remarqué
10:12un tonneau en plastique
10:13à quelques mètres
10:14de la route.
10:15Comme ce monsieur
10:16était arboriculteur
10:17et que le tonneau
10:18était plutôt en bon état,
10:19il s'est approché,
10:20il a été intéressé,
10:22peut-être qu'il s'est dit
10:22qu'il pouvait le ramener
10:24chez lui.
10:24Et donc,
10:25il l'a ouvert.
10:26Et là,
10:26stupeur,
10:27il tombe nez à nez
10:28avec le visage
10:29de la femme au tonneau
10:31et il a refermé
10:32immédiatement
10:33ce tonneau,
10:34de peur d'être inquiété,
10:36d'avoir des problèmes
10:36avec la justice,
10:37etc.
10:38Et ce qui est fou,
10:38c'est qu'il a gardé
10:39ce secret pendant 20 ans.
10:40Et donc,
10:40il contacte le parquet
10:41de Metz en 2024
10:43pour leur dire que,
10:44par rapport à ce qu'il a vu
10:45à l'époque
10:46dans le tonneau
10:47en 2004,
10:48il trouve que le portrait
10:49robot diffusé
10:50dans la presse locale
10:50en 2024
10:51n'est pas très ressemblant.
10:56Toujours,
10:56suite à l'appel à témoins
10:57lancé par Interpol,
10:58l'opération Identify Me,
11:00le parquet de Metz
11:01rouvre une information judiciaire
11:04et le parquet
11:05ordonne notamment
11:06une expertise d'ADN
11:07en parentèle,
11:09c'est-à-dire
11:09en résumé
11:10que l'on cherche
11:11des ADN de proches,
11:12de parents
11:13ou d'enfants.
11:14Et là,
11:15Clara S,
11:16il y a
11:16une correspondance.
11:18Il y a un match
11:19avec un individu
11:20qui est né
11:20dans les années 2000
11:21et pas avec
11:22n'importe quel individu.
11:24D'après l'expert
11:24en génétique,
11:25il s'agirait
11:26du fils
11:27de la femme autonome.
11:30Cet homme
11:31qui a été identifié
11:32à une vingtaine d'années,
11:33il figure dans
11:34un des fichiers
11:35de la police,
11:36le FNAEG,
11:37le Fichier National
11:39Automatisé
11:39des Empreintes Génétiques
11:41et,
11:41à partir de là,
11:42les enquêteurs
11:43peuvent donc mettre
11:44un nom
11:44sur la femme autonome.
11:46Elle s'appelle
11:47Akima Boukerouis.
11:49Akima est née
11:50en 1970
11:51en Algérie
11:52et dans les années 90,
11:54alors qu'elle est en France,
11:55elle rencontre
11:55un certain Saïd,
11:57un chauffeur de bus
11:58qui a 22 ans
11:59de plus qu'elle.
12:00Ils se marient
12:00et ils ont
12:01quatre enfants.
12:02Akima Boukerouis
12:03s'est mariée
12:04en Algérie
12:04avec Saïd,
12:06elle,
12:06et il y avait
12:06des tensions
12:07dans leur couple.
12:08D'après les éléments
12:09rassemblés par les enquêteurs,
12:10son mari
12:11a été violent
12:12avec elle.
12:13Alors,
12:13ce qui ressort
12:14des éléments
12:14rapportés par les proches
12:15du couple,
12:16c'est qu'ils pouvaient
12:16se disputer
12:17souvent
12:18pour des histoires
12:18d'argent
12:19ou parce que le comportement
12:20d'Akima ne plaisait pas
12:21à Saïd
12:21et dans ces moments-là,
12:23son mari pouvait la frapper.
12:24Les tensions
12:24entre Saïd et Akima
12:26se sont aggravées
12:27lorsque Saïd découvre
12:28qu'Akima
12:30entretient une liaison
12:31avec le fils aîné
12:32de Saïd
12:33qui s'appelle
12:34Yaël,
12:34né d'un premier lit.
12:36En réalité,
12:37leur liaison
12:37a démarré bien plus tôt,
12:39déjà en 1995
12:40en Algérie,
12:41à l'époque où Saïd
12:42avait demandé à son fils
12:43de garder la maison
12:44où vivait Akima.
12:45Du même âge,
12:47tous les deux sont tombés
12:48amoureux
12:48et en fait,
12:49au fil du temps,
12:50ils ont commencé
12:51à être de moins en moins
12:53discrets.
12:54Des gens de la maison
12:55ou des proches
12:56de la famille,
12:57etc.,
12:58ont pu les remarquer.
12:59Des rumeurs ont commencé
13:00à circuler,
13:01rumeurs qui sont parvenues
13:02aux oreilles de Saïd.
13:04Clara,
13:04l'ancien mari d'Akima,
13:06le père de Yaël,
13:07donc Saïd El,
13:09il est toujours en vie,
13:10il a 78 ans
13:11et le 24 juin 2025,
13:14il est interpellé
13:15par les gendarmes.
13:16Pendant sa garde à vue,
13:17dans un premier temps,
13:18il nie être lié
13:20de près ou de loin
13:21à la disparition d'Akima.
13:22Quand il est interpellé,
13:24Saïd El,
13:25il dit qu'il n'est au courant
13:26de rien,
13:27voire même que ce sont
13:28les gendarmes
13:29qui lui apprennent
13:30la mort d'Akima.
13:31Lui, il dit qu'elle est partie
13:34avec Yaël
13:35et qu'il les a laissées tranquilles
13:37et que tous les deux
13:38sont sûrement en Algérie.
13:42Mais, après de longues heures
13:44de garde à vue
13:44devant les gendarmes,
13:46Saïd El change de version.
13:48Il finit par dire
13:49qu'il a un lien
13:50avec la disparition
13:52de sa femme,
13:52en tout cas de le reconnaître,
13:53puisqu'il va expliquer
13:55aux enquêteurs
13:55qu'il aurait demandé
13:56à un gitan
13:58de massacrer,
13:59c'est le terme qu'il emploie
14:00en tout cas,
14:01sa femme et son fils.
14:03Ce gitan,
14:03alors,
14:04il dit que c'est un homme
14:05qu'il aurait rencontré
14:07lorsqu'il était à Trappes,
14:09la ville où il était
14:11chauffeur de bus.
14:12Il donne même un nom,
14:13il parle d'un homme
14:14qui s'appelle
14:14Manuel Adrien,
14:16il explique que c'est
14:17quelqu'un
14:18qui vivrait à Morpa.
14:20Ce qui est assez étonnant,
14:21c'est que Morpa,
14:21c'est aussi le terminus
14:23du bus de Saïd,
14:24et il précise,
14:25voilà,
14:26c'était un voisin.
14:27Il n'est pas capable
14:28de donner d'éléments
14:29plus précis.
14:30Il dit, voilà,
14:31que c'est un homme
14:32qui est un peu moins grand
14:33que lui,
14:34qui était un peu balèze,
14:35avec une moustache,
14:36brun,
14:37mais c'est tout.
14:38Voilà ce qu'il dit
14:39devant les gendarmes,
14:39mais devant la juge
14:41d'instruction,
14:41il revient,
14:42en tout cas en partie,
14:44sur ses déclarations.
14:45Alors,
14:45devant la juge,
14:46Saïd va finir par expliquer
14:48que les enquêteurs
14:49ont mal compris
14:49cette histoire de gitan.
14:51Il n'a pas du tout demandé
14:52à ce gitan
14:53de massacrer sa femme
14:55et son fils.
14:56On peut imaginer
14:57que devant la juge d'instruction,
14:58il sent qu'il est
15:00en fâcheuse posture.
15:01Et donc,
15:01il explique qu'il n'a pas demandé
15:03aux gitan
15:03de faire le sale boulot,
15:04mais plutôt qu'il a recherché
15:06une forme de protection
15:07auprès de cet homme
15:08parce qu'il se sentait menacé
15:10par Yael et Akima.
15:11Le 26 juin,
15:12Saïd El est mis en examen
15:14pour meurtre sur conjoint.
15:15Il est placé
15:16en détention provisoire
15:17pour des raisons de santé.
15:19Quelques mois plus tard,
15:20il pourra sortir de prison,
15:21mais placé sous contrôle judiciaire.
15:24Clara S,
15:25le fils de Saïd El,
15:27Yael,
15:28est-ce qu'on sait
15:29où il est aujourd'hui ?
15:30Alors non,
15:31depuis plus de 20 ans,
15:33personne ne sait
15:34où est passé Yael.
15:35Sa famille n'a pas eu
15:37de ses nouvelles
15:38et à ce stade,
15:39les enquêteurs
15:40le cherchent toujours
15:41et n'ont pas retrouvé sa trace.
15:52Merci Clara S,
15:53et merci à nos confrères
15:54et consoeurs de la radio
15:55Ici Lorraine
15:56pour l'enregistrement
15:57de ce podcast.
15:59Cet épisode de Code Source
16:00a été produit par
16:01Clémentine Spiller
16:02et Thibaut Lambert,
16:03réalisé par Pierre Chafonjon.
16:05Code Source,
16:06c'est le podcast quotidien
16:07d'actualité du Parisien.
16:09Nous publions un nouvel épisode
16:11chaque soir de la semaine
16:12du lundi au vendredi.
16:13Et puis n'oubliez pas
16:14le samedi matin,
16:15Crime Story,
16:16notre podcast consacré
16:17aux affaires criminelles.
16:18Crime Story présenté
16:20par Claudia Prolongeau
16:21et Damien Delsenis,
16:22le chef du service
16:23Police-Justice du Parisien.
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