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Avec Christophe Barbier, journaliste, auteur notamment de "Les derniers jours de la gauche" éd. Flammarion (2017)

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##LE_FAIT_DU_JOUR-2026-05-11##

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News
Transcription
00:00La campagne présidentielle s'annonce laborieuse au Parti Socialiste.
00:04Boris Vallaud a quitté la direction du parti avec fracas.
00:07Vendredi dernier, 24 membres du bureau l'ont suivi.
00:10Un départ groupé lié à des tensions avec le premier secrétaire du parti, Olivier Faure,
00:14notamment autour de la question de la primaire de la gauche.
00:16Et pendant ce temps, François Hollande prépare sa candidature à la présidentielle.
00:21Bref, la gauche éparpillée façon puzzle, on en parle avec Christophe Barbier,
00:25auteur notamment des Derniers Jours de la Gauche, paru aux éditions Flammarion.
00:28Un livre de 2017, plus que jamais d'actualité.
00:31Bonjour Christophe Barbier.
00:33Bonjour à tous.
00:34Bonjour Christophe Barbier, merci d'être en direct avec nous sur Sud Radio.
00:38Oui, votre livre prémonitoire, on se demande,
00:40est-ce que vous avez payé les acteurs du Parti Socialiste pour consolider chaque jour
00:44les théories que vous avez émises en 2017 ?
00:46Il est vrai que là, on assiste à une situation assez inattendue.
00:49Le Parti Socialiste, le grand parti que nous avons tous connu, vous particulièrement,
00:53je parlais des grands courants du temps de François Mitterrand,
00:56le courant A, le courant B, le courant C, est réduit aujourd'hui au courant d'air
00:59de la période Olivier Faure.
01:02Le score de 1,75% au premier tour de la présidentielle de 2022
01:07effondrant le score de ce parti qui a gouverné la France pendant tant d'années.
01:11Et pour autant, le Parti Socialiste se donne les moyens, s'offre les moyens de divisions
01:17violentes, intestines, qui vont affaiblir davantage.
01:22En un premier temps, Christophe Barbier, comment les dirigeants du Parti Socialiste peuvent
01:27s'offrir ce genre, j'allais dire, de démonstrations publiques qui affaiblissent,
01:32qui amoindrissent leur image et qui affaiblissent leur autorité ?
01:36C'est le syndrome des asticots sur le cadavre, vous savez, plus le cadavre se décompose,
01:40plus il y a d'asticots qui grouillent à sa surface.
01:44C'est comme ça la politique, ça met longtemps à mourir un parti politique,
01:46il y a beaucoup d'épisodes, mais là on est dans cette phase de décomposition avancée.
01:51L'écrasement de la gauche, il a commencé il y a plus de dix ans maintenant,
01:53puisque la gauche, en fait, cette gauche-là, la gauche sociale-démocrate,
01:57elle a été écartelée d'un côté par le social-libéralisme qu'a incarné Emmanuel Macron,
02:01et Macron a volé cet aspect-là de la gauche, pour en faire après ce qu'il en a fait,
02:05mais en tout cas, il a volé cet aspect-là de la gauche.
02:07Les autres sociolibéraux ont été purgés du PS, je pense à Valls,
02:11et puis l'autre partie de la gauche qui a été volée, c'est la radicalité.
02:16Mélenchon est parti avec en 2008, et il n'est jamais revenu,
02:19et cette radicalité elle-même, elle s'est enrichie, elle s'est aggravée par les dérives de Mélenchon,
02:24mais le PS n'a jamais réussi à m'en remettre la main dessus.
02:27Aujourd'hui, le PS est un parti qui ne fait plaisir ni aux chefs d'entreprise qui ont envie de
02:32social-libéralisme,
02:33ni aux couches populaires qui ont envie de révolution ou de justice sociale.
02:38Donc le PS est au bout de la route.
02:41Le dernier épisode, c'est-à-dire la soumission à Mélenchon depuis les législatives de 2024,
02:47depuis la dissolution, ça a été le coup de grâce quand même,
02:49et là le responsable, c'est Olivier Faure.
02:51En ayant été sauvé au congrès de Nancy par Boris Vallaud,
02:54qui aujourd'hui le laisse tomber et le trahit,
02:57Olivier Faure n'a que ce qu'il mérite finalement.
02:59Mais c'était un ralliement à la France insoumise pour des raisons électorales et mathématiques.
03:03Il fallait les voix des électroniques.
03:04Ah bien sûr, il fallait sauver les sièges.
03:05Il fallait sauver les sièges.
03:07Et on peut considérer qu'en 2022, cette opération Sauvons les sièges se justifiait.
03:13Mais entre 2022 et 2024, il s'en est passé des épisodes.
03:16Il y a eu le 7 octobre 2023 et la dérive anti-sioniste et anti-sémite de la France insoumise.
03:21Il y a eu les européennes de 2024 qui ont été des européennes extrêmement violentes entre les gauches.
03:26On pouvait très bien, du côté du PS, ne pas rééditer en 2024 l'erreur de 2022.
03:32Franchement, au soir de la dissolution, si le PS et Glucksmann avaient eu le courage de dire
03:37« La gauche, c'est nous, nous y allons sans les insoumis,
03:40parce que Mélenchon a franchi la ligne rouge, on ne veut plus travailler avec eux »,
03:44« Ah, ils auraient peut-être eu moins de députés qu'ils n'en ont aujourd'hui. »
03:47Mais ils n'auraient pas disparu et ils auraient commencé à écrire une nouvelle page de la social-démocratie
03:51dont ils tireraient les bénéfices dans cette campagne présidentielle 2027.
03:54Ils ont loupé l'occasion de sauver leur honneur et de sauver leur avenir.
03:57Ce sont des choix qui se sont souvent présentés.
04:00Et vous savez comment un parti qui politique peut rater le coche de l'histoire.
04:03Pour autant, Christophe Barbier, les courants du PS, autrefois les tendances,
04:06vous avez la tendance Morois, Fabius, Rocard,
04:08c'était les sociodémocrates contre les socios-républicains,
04:11contre la gauche libérale, contre la gauche plutôt ouvrière.
04:14Là, c'était des vrais clivages, j'allais dire idéologiques.
04:16Aujourd'hui, ces clivages, ce sont des combats des chefs
04:19pour avoir la tête de ceux qui restent du PS,
04:21ou il y a de vraies divergences politiques ?
04:25Il y a des divergences politiques réelles.
04:28Par exemple, l'attitude vis-à-vis des institutions.
04:30On a un PS classiquement fidèle à la Ve République,
04:34telle que Mitterrand l'avait combattue pour finalement la servir.
04:37Et je mets dedans Hollande, Cazeneuve,
04:39mais aussi Jérôme Guedj ou Stéphane Le Foll.
04:42Ceux-là, ils veulent continuer avec nos institutions républicaines.
04:44Et puis, il y a une jeune garde au Parti Socialiste
04:47qui voudrait passer à la VIème République.
04:49C'est ceux qui sont les héritiers un peu de Montebourg d'un côté,
04:52ou qui ont hésité à aller avec la France insoumise.
04:54Et puis, il y a un deuxième clivage quand même très important.
04:57Ceux qui restent fidèles à la social-démocratie,
04:59pour qui ce n'est pas un terme vide de sens,
05:02et qui voudraient reprendre le fil de cette social-démocratie,
05:05là où il a été interrompu avec la fin du quinquennat Hollande.
05:08Et puis, ceux qui considèrent que la social-démocratie, c'est mort.
05:11Et là, vous avez Chloé Riedel,
05:12qui a rédigé le pré-programme du Parti Socialiste,
05:14qui l'a écrit noir sur blanc.
05:16Elle a écrit noir sur blanc que la social-démocratie, c'était fini.
05:18Ça, c'est une rupture.
05:19Ils ne sont pas à LFI, ces gens-là.
05:21Ou ils ne sont pas encore à LFI.
05:23Mais ils ne sont plus du tout dans l'histoire de la social-démocratie.
05:26Et ça, c'est une rupture idéologique profonde.
05:28Mais Jaurès et Blum étaient-ils sociaux-démocrates ?
05:31On pourrait en débattre des heures avec vous.
05:33Pour autant, Christophe Barbier,
05:35ce sont des esprits éclairés.
05:38Boris Vallaud n'est pas le dernier des crétins.
05:40Est-ce qu'ils tireront un jour les conclusions
05:42de leur erreur, de leur échec, de ce fourvoiement ?
05:46Alors, on dit toujours, le Parti Socialiste a trahi la classe ouvrière,
05:49a trahi la gauche, a trahi son peuple.
05:50Cet électorat-là vote et ceux des communistes,
05:52en partie pour les partis de droite dans l'ORN.
05:55Est-ce qu'ils peuvent comprendre que d'avoir essayé,
05:57j'allais dire, entre guillemets,
05:58de coucher avec la droite,
06:00de s'aligner sur des thèses libérales
06:01qui n'étaient pas le fondement de leur socle idéologique,
06:04qui leur a coûté très cher ?
06:05Est-ce qu'ils tireront un jour les conclusions
06:06pour avoir un vrai socialisme à la française,
06:08si tant est que ce soit possible à identifier ?
06:11Il y a de multiples erreurs de leur côté.
06:13Il y a des erreurs anciennes sur le droit à la différence,
06:16le fait d'aller cultiver les minorités contre le peuple.
06:20Il y a la dérive sociale libérale que vous évoquiez,
06:23il y a par rapport à la mondialisation des erreurs de jugement
06:26qui ont été faites,
06:27et puis il y a l'erreur finale de se soumettre à Mélenchon.
06:30Je crois que pour purger toutes ces erreurs,
06:32il faut en passer par une défaite fondatrice.
06:34Il faut attendre 2027,
06:36parce que 2027, quoi qu'il arrive,
06:37c'est le dernier combat de Mélenchon,
06:39à titre personnel.
06:40Derrière, la bataille des dauphins requins à la France insoumise,
06:43elle va être terrible.
06:44Vous aurez une bataille, Shikiru contre Rima Hassan,
06:46qui ne va pas être piquée des verres.
06:48Et donc, ça va libérer, sans doute,
06:51un espace idéologique et sociologique
06:53pour le retour d'une gauche qui saura parler au peuple,
06:56qui saura parler de conquête sociale,
06:58qui réussira à rompre avec le libéralisme,
07:01sans rompre avec la réalité,
07:03parce qu'il ne s'agit pas de revenir au gosse-plan,
07:05ni même aux nationalisations,
07:06comme on l'entend en ce moment.
07:07Là, il y aura une opportunité.
07:09Alors, ça passe par un épisode
07:10qui sera sans doute minuit dans le siècle pour la gauche,
07:13parce qu'on voit mal les échéances de l'année prochaine
07:15être favorables à la gauche.
07:16Mais je pense qu'il faut attendre ce coup de pied au fond de la piscine.
07:19Je ne vois pas d'espoir d'ici là.
07:20Je ne vois ni l'homme providentiel,
07:22ni l'idée providentielle pour remettre la gauche en selle.
07:25La démarchandisation de Boris Vallaud,
07:27puisqu'il est le héros de la semaine dernière,
07:29je n'en vois pas la prise concrète
07:32sur un électorat populaire pour le ramener aux urnes.
07:35Vous savez, il y avait la démondialisation d'Arnaud Montebourg,
07:38et là, on a la démerchandisation.
07:40Maud Coffler, on va vous poser une question.
07:41Oui, on ne va pas contre la réalité, on ne peut pas aller contre la réalité.
07:44On peut la corriger, on ne peut pas la nier,
07:46on ne peut pas surtout vendre le retour à un âge d'or qui n'a jamais existé.
07:50On reste dans l'économie de marché, Christophe Barbier, on nous sommes bien d'accord.
07:53Maud Coffler veut vous poser une question.
07:54Christophe Barbier, en 2017, vous teniez François Hollande
07:56comme responsable du déclin du Parti Socialiste.
07:59Aujourd'hui, François Hollande est contre la primaire,
08:01et a pris la parole d'ailleurs dimanche soir
08:03pour dire que la primaire était définitivement impossible,
08:06et qu'il fallait donc désormais construire un programme
08:08avec le Parti Socialiste, avec toutes les forces vives.
08:12Est-ce que l'homme providentiel que vous ne voyez pas aujourd'hui,
08:14finalement, ce ne serait pas François Hollande aujourd'hui ?
08:17Non, je ne crois pas, d'abord parce que le peuple français n'a jamais accordé de deuxième chance,
08:21pas plus à Sarkozy qu'à Giscard.
08:23Quand on a eu le poste, on a eu le poste, on a réussi, on a échoué, mais on ne
08:26revient pas.
08:27Et deuxièmement, le fait que François Hollande,
08:29ou même Bernard Cazeneuve, qui ont incarné la décennie passée,
08:32et même avant la décennie passée,
08:34puissent revenir et être candidats,
08:36ça montre surtout qu'il y a du vide.
08:38Ils ne devraient pas pouvoir revenir, la place devrait être prise par la jeune génération.
08:42Ils n'incarnent pas l'avenir, ils occupent le vide du présent.
08:45Donc je ne crois pas à leur capacité de revenir.
08:48Je pense qu'eux aussi, ils sont dans une sorte de baroude d'honneur,
08:51de fantasme à la Edmond Dantès.
08:53On a été volé en 2017 par Macron,
08:55on va réparer cela, fermer la parenthèse.
08:57Je pense que ça ne marche pas dans notre histoire.
08:59Il va falloir attendre la phase suivante,
09:01et une nouvelle génération.
09:02Est-ce qu'il existe encore un peuple socialiste, Christophe ?
09:05Oui.
09:05Alors vous allez me dire, il y a la gauche en général.
09:07Est-ce qu'il y a un vrai socle de ce lieu de 81, ensuite de 97 ?
09:12Est-ce qu'il y a des gens qui aspirent à une vraie gauche,
09:15raisonnable, pour l'économie de marché,
09:16mais avec des vraies valeurs républicaines et citoyennes,
09:19et pas le méli-mélo qu'on a aujourd'hui,
09:20où on n'arrive pas à départager les uns des autres ?
09:24Oui, je pense qu'il y a un vrai peuple socialiste,
09:26avec sa composante populaire,
09:29qui n'y a aucune raison de laisser à la mainmise
09:32de la France insoumise ou d'une partie du RN.
09:34C'est une France populaire, voire prolétaire,
09:37qui peut revenir vers une gauche
09:38si elle construit un programme économique et social
09:40raisonnable, prometteur et juste.
09:42Et puis il y a une gauche
09:43qui a toujours des aspirations intellectuelles,
09:47européennes,
09:47des aspirations de progressisme,
09:49qui ne demandent qu'à être entraînées.
09:51Cette gauche des enseignants,
09:53cette gauche des fonctionnaires,
09:54cette gauche des classes moyennes
09:55qui ont peur d'être précarisées.
09:58Encore faut-il leur adresser un message
10:00avec un programme clair,
10:01et qu'ils puissent s'appuyer sur ce programme.
10:03Ce n'est pas le peuple qui manque à gauche,
10:05c'est les leaders et les idées.
10:07L'un n'allant pas sans l'autre.
10:08Est-ce que ceux qui sont allés
10:09chez Emmanuel Macron,
10:10qui ont voté Macron,
10:11qui ont soutenu la Macronie,
10:13je parle de vraiment ce socle socialiste,
10:15une partie y est allée,
10:17est-ce qu'ils peuvent revenir
10:18à un socialisme plus,
10:19j'allais dire,
10:20plus conventionnel,
10:21plus conforme
10:22aux valeurs du socialisme en France ?
10:24Oui, ils peuvent revenir
10:25à condition que ce socialisme
10:27soit compatible
10:27avec les équations modernes,
10:29je pense notamment au redressement
10:30des finances publiques
10:31et au fait que notre modèle social
10:33ne peut plus être financé comme avant.
10:34On ne veut pas du socialisme
10:35de grand-papa,
10:36on veut un socialisme
10:37qui prenne en compte la réalité.
10:39Ils peuvent revenir
10:40assez vite vers ce socialisme-là,
10:43sans nul doute.
10:44Encore leur faudra-t-il
10:46faire le deuil
10:47des espérances déçues
10:48du macronisme ?
10:49C'est pour ça que 2027,
10:50c'est un peu court
10:51pour que ces gens-là reviennent.
10:53Ils vont sans doute être
10:54dans un moment de dépit
10:55plus que dans un moment
10:56de reconquête.
10:57Écoutez, merci Christophe Barbier
10:59d'avoir été sur Sud Radio
11:00et j'invite les dirigeants
11:01du Parti Socialiste
11:01à relire les derniers jours
11:03de la gauche en 2017.
11:05Peut-être sauront-ils en tirer
11:06quelques enseignements
11:07qui leur permettent
11:08de redresser la barre.
11:09Merci d'avoir été avec nous en direct.
11:10A très bientôt.
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