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  • il y a 23 heures
Un retour à la normale des prix de l'essence est très peu probable à court terme d'autant que dans le détroit d'Ormuz, c'est l'escalade navale. Avec Béatrice Mathieu, de l'Express. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-edito-eco/l-edito-eco-du-lundi-20-avril-2026-8161190

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Transcription
00:00Et avec Béatrice Mathieu, cette semaine de l'Express, on reparle des prix de l'essence avec vous Béatrice.
00:05En pleine escalade navale dans le détroit d'Hormuz, un retour rapide à la normale est très peu probable ?
00:12Ouverture puis fermeture, réouverture puis refermeture.
00:16Bref, la planète économique mondiale et les automobilistes sont suspendus à ce chaud-froid qui électrise le détroit d'Hormuz,
00:23ce corridor maritime par lequel transitent 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié vendus dans le monde.
00:29A 24 heures de l'expiration du cessez-le-feu et alors qu'une délégation américaine devrait se rendre aujourd
00:35'hui à Islamabad au Pakistan
00:36pour reprendre des pourparlers sans que Téhéran ait confirmé sa participation,
00:41un retour à la normale sur les marchés énergétiques mondiaux à court terme est peu probable.
00:45Car il y a un facteur dont on parle peu mais qui va continuer à tirer les prix vers le
00:50haut, ce sont les coûts de transport.
00:51Pour quelles raisons ?
00:52Car pour acheminer le pétrole ou le gaz du Golfe jusqu'en Europe ou en Asie, il faut trouver des
00:58bateaux,
00:58des pétroliers, des métaniers, même si le cessez-le-feu est prolongé, ce qui paraît peu probable aujourd'hui
01:04et que les narives et que les navires actuellement bloqués peuvent sortir au compte-gouttes du détroit
01:09pour approvisionner les marchés mondiaux, il faudra aussi persuader les armateurs de revenir dans le Golfe
01:15avec des bateaux à vide pour recharger leur cale.
01:17Et ça c'est loin d'être gagné.
01:19Un pétrolier battant pavillon indien a encore été attaqué par des gardiens de la révolution ce week-end
01:25et un navire du français CMA-CGM a fait l'objet de tirs de semence.
01:30Quant à l'armée américaine, elle a arraisonné un cargo iranien.
01:34Et puis il y a les mines flottantes, le cauchemar de tout capitaine de bateau,
01:38une arme redoutable et très rudimentaire que Téhéran a largement utilisée au début des années 1980
01:44pour perturber la navigation dans le Golfe lors de ce que l'on a appelé la guerre des tankers.
01:50Alors comment convaincre les armateurs de naviguer malgré ces menaces ?
01:53Il va falloir leur offrir des taux de frais très très généreux.
01:57Un tarif auquel il faudra aussi ajouter le prix des assurances.
02:00Depuis le début du conflit, les primes exigées par les grandes compagnies d'assurance ont littéralement explosé.
02:06Elle se calcule en fonction de la valeur du bateau et de sa marchandise.
02:10Les seules primes de guerre pour un navire traversant le Golfe ont été multipliées par 20 depuis la fin février.
02:17A chaque passage, et ils sont très peu nombreux, ce sont des millions de dollars en plus à payer.
02:23Il y a trois semaines, Donald Trump avait annoncé vouloir mettre en place son propre système d'assurance maritime publique
02:29mettant sur la table 40 milliards de dollars et promettant une escorte militaire en bonus.
02:34Une initiative qui n'a jamais vu le jour.
02:37En attendant, il faudra bien que quelqu'un paye la facture du transport.
02:41Il se pourrait bien que ce soit les automobilistes.
02:43Béatrice Mathieu à demain, 7h48.
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