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  • il y a 13 heures
Le dossier a envenimé les relations entre les élus macronistes et l'exécutif, et déclenché la deuxième pétition la plus signée de l'histoire de l'Assemblée nationale. Le projet de loi contre l'antisémitisme est désormais entre les mains du gouvernement qui souhaite le réécrire et le faire adopter avant la fin du quinquennat. Aurore Bergé, ministre de l'Egalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, en charge de mener les consultations, est l'invitée de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 28 avril 2026.

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Transcription
00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Elle est la ministre déléguée en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes
00:06et de la lutte contre les discriminations.
00:07Aurore Berger est l'invité d'RTL Matin.
00:09Bonjour et bienvenue sur RTL, Aurore Berger.
00:11Mettre tout le monde d'accord pour lutter contre l'antisémitisme
00:13semble être bien compliqué dans ce pays.
00:15Après l'abandon de la proposition de loi Yadant
00:18qui voulait lutter contre les formes renouvelées d'antisémitisme,
00:20vous allez vous proposer un projet de loi.
00:23Que faudra-t-il mettre dans ce texte ?
00:25Déjà, vous avez fait la bonne introduction,
00:27c'est-à-dire que c'est un problème qu'on n'arrive pas à aligner tout le monde
00:30quand on parle de la lutte contre l'antisémitisme.
00:32Le point de départ, ce sont les victimes.
00:35Le point de départ, c'est qu'aujourd'hui, on a un jour sur trois
00:39un Français juif qui se fait agresser
00:42avec des agressions qui deviennent des agressions physiques.
00:44Donc il y a un principe simple, ici c'est ici, là-bas c'est là-bas.
00:48Là-bas c'est Israël.
00:48Ici, ici, exactement.
00:49Ici c'est ici, ça veut dire que personne n'a être tenu pour responsable
00:53ou pour comptable de ce qui se passe ailleurs.
00:55Et aujourd'hui, c'est ça qui se passe.
00:57C'est ça qui se passe dans nos universités pour nos étudiants,
00:59c'est ça qui se passe sur les réseaux sociaux,
01:01c'est ça qui se passe même parfois dans la rue avec des agressions physiques.
01:04Et c'est la raison pour laquelle on a besoin d'affirmer le combat,
01:08qu'est le combat contre l'antisémitisme.
01:10Et on a besoin d'une loi,
01:11parce qu'on voit bien qu'il y a aujourd'hui un certain nombre de sujets
01:15qui sont mal définis, qui sont mal caractérisés,
01:17et qui font que ça échappe en fait à la sanction.
01:19Sauf que quand vous dites ici c'est ici,
01:21et en Israël c'est en Israël, là-bas c'est là-bas,
01:24ce qu'on reprochait justement à la précédente proposition de loi de Carolina Dian,
01:26c'est d'avoir un peu tout mélangé.
01:27Il y a une grande mobilisation,
01:29une pétition signée par plus de 700 000 personnes sur le site de l'Assemblée,
01:32parce que certains y voyaient une atteinte à la liberté d'expression,
01:34qui sous couvert de lutte contre l'antisémitisme,
01:37allait rendre impossible toute critique du gouvernement israélien.
01:39Est-ce que votre texte sera moins ambigu,
01:42moins politique que le précédent ?
01:43Déjà j'espère qu'il sera moins l'objet d'une campagne massive de désinformation,
01:47parce que c'est aussi ça qui a été fait sur le précédent texte.
01:51Pas seulement, parce que le modem qui fait partie du gouvernement ne voulait pas la voter.
01:55Je pense qu'il y avait dans nous des doutes sincères,
01:57sur est-ce que cette loi était nécessaire,
01:59est-ce qu'elle était bien écrite,
02:01et puis il y avait ceux qui n'avaient pas de doutes sincères,
02:03mais une stratégie pour essayer de disqualifier,
02:06et pour justement faire de la politique sur le dos d'un combat qui doit rassembler,
02:10et c'est pas un combat qui doit fracturer la société,
02:12la lutte contre l'antisémitisme quand même.
02:14C'est un combat qui doit réussir à nous rassembler.
02:17Et, et c'est ça qui m'a le plus interpellée pendant le débat sur la proposition de loi,
02:21c'est le regain d'antisémitisme à nouveau.
02:23C'est-à-dire que tous les jours, je recevais des témoignages d'étudiants,
02:27dans nos universités, dans nos grandes écoles,
02:29qui expliquaient qu'ils étaient pris à partie,
02:31et pourquoi ils étaient ciblés.
02:33Pourquoi ils étaient pris à partie ?
02:34Parce qu'ils étaient juifs, ou parce qu'on pensait qu'ils étaient juifs.
02:37Et si ça, ça interpelle pas tous les Français qui se disent
02:39« C'est un combat de la République, c'est pas le combat des Juifs,
02:43c'est le combat des Français, de combattre l'antisémitisme,
02:46comme de combattre le racisme. »
02:48C'est ça ce que vous appelez les formes contemporaines d'antisémitisme ?
02:50Oui.
02:51C'est l'antisémitisme du quotidien, presque l'antisémitisme d'atmosphère ?
02:54Exactement.
02:56Mais c'est une espèce de sentiment diffus,
02:58qui fait penser à certains Français,
03:00qu'en fait, ils sont plus les bienvenus chez eux, chez nous.
03:03C'est ça.
03:04C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a des Français qui s'interrogent
03:06sur leur avenir dans leur pays, dans notre pays,
03:09qui se disent finalement « On nous considère moins Français que d'autres ».
03:12Et ça, c'est insupportable.
03:13Est-ce que vous souhaitez, Aurore Berger,
03:14que les élus reconnus coupables d'antisémitisme
03:17deviennent inéligibles ?
03:18Antisémitisme et racisme, évidemment, bien sûr.
03:20Est-ce que vous le souhaitez, ça ?
03:21Ça sera dans le texte ou pas ?
03:22C'est une proposition qu'a formulée le Président de la République.
03:25Moi, je crois que ça permettrait de mettre un peu les pendules à l'heure.
03:28C'est-à-dire, est-ce que quelqu'un qui a été reconnu coupable définitivement,
03:31jugé définitivement et reconnu coupable définitivement,
03:35soit d'antisémitisme, soit de racisme,
03:37est digne d'être un élu de la République ?
03:39Je crois que non.
03:40Une éligibilité de combien de temps ça pourrait être ?
03:41Alors, l'inéligibilité, de toute façon, c'est jamais automatique.
03:43C'est toujours au magistrat de l'apprécier.
03:45Donc, c'est une peine supplémentaire,
03:46ce qu'on dit, une peine complémentaire qui pourrait être prononcée.
03:49Donc, moi, je le mets dans le débat.
03:50Mais en combien de temps ? 5 ans ? 10 ans ? 20 ans ?
03:52Ça, c'est les magistrats.
03:53Il n'y a jamais d'automaticité.
03:54Encore une fois, c'est les magistrats qui doivent le définir.
03:57Et moi, je réunis justement tous les groupes parlementaires,
04:00aujourd'hui, au sein de mon ministère,
04:02pour justement travailler sur le projet de loi.
04:03Ils ont tous finalement décidé de venir.
04:05Parce que LFI, la France Assemblée avait dit non, finalement, ils viennent.
04:07Pourquoi ils ont changé d'avis ?
04:08Ça, il faut leur poser la question.
04:09Peut-être parce qu'ils étaient les seuls à refuser d'être autour de la table.
04:12Et encore une fois, à refuser d'être autour de la table
04:14pour travailler ensemble à l'élaboration d'un projet de loi.
04:17Parce que c'est aussi la nouvelle méthode que j'ai souhaité qu'on ait.
04:19Mais je pense qu'ils ont considéré que, même pour eux,
04:22ça n'était pas le signal qu'ils voulaient envoyer.
04:24Et en fait, vous savez quoi ?
04:25Tant mieux.
04:25Moi, je préfère qu'ils soient tous autour de la table.
04:28Parce que si on peut réussir, enfin, à donner le sentiment
04:30qu'on n'est pas là pour enflammer le débat public.
04:32Mon objectif, il n'est pas d'enflammer le débat public.
04:34Il est au contraire de rassembler et de démontrer qu'on peut le faire.
04:38Et qu'on sait le faire en France.
04:39Sauf que si on relit certaines de vos déclarations,
04:41on se dit que consulter LFI pour lutter contre l'antisémitisme,
04:43ça revient un peu à demander des conseils de santé aux responsables du funérarium.
04:46Comme, je vous lis, Assemblée Nationale l'an dernier,
04:48le nouvel antisémitisme en France tient en trois lettres LFI.
04:51Jean-Luc Mélenchon et le Jean-Marie Le Pen d'aujourd'hui.
04:53Ou encore, toujours dans votre bouche,
04:55LFI donne un permis aux Français de pouvoir être antisémite.
04:59Du coup, la France insoumise que vous décrivez telle quelle,
05:01est-elle à sa place autour de la table ?
05:03Ou est-ce que vous regrettez vos propos aujourd'hui ?
05:04Je ne regrette certainement pas mes propos.
05:06Vous les tiendrez encore aujourd'hui ?
05:07Bien sûr.
05:08Ce que je regrette, c'est que malheureusement,
05:09on est un parti politique qui a cherché à attiser l'antisémitisme dans notre pays.
05:14Et on l'a vu encore au moment des élections municipales
05:16où carrément des noms de familles ont été mal prononcés.
05:20Il se trouve que ce sont des noms de familles qui sont à consonance juive.
05:23C'est un problème quand même.
05:24C'est quand même un problème.
05:26Est-ce qu'on l'accepterait d'un seul autre parti politique ?
05:28Non.
05:29Encore une fois, moi je suis ministre.
05:30A partir du moment où j'élabore un projet de loi,
05:32je le fais avec les forces politiques qui sont représentées à l'Assemblée Nationale et au Sénat.
05:36Je ne trie pas.
05:37Tout le monde est autour de la table.
05:39J'écouterai les propositions de tous les groupes politiques
05:42pourvu que ce soit des propositions qui nous permettent d'être plus efficaces
05:45dans le combat contre l'antisémitisme.
05:47Aurore Berger, vous êtes aussi la ministre de l'égalité entre les hommes et les femmes.
05:49Le chanteur et comédien Patrick Bruel est accusé par plusieurs femmes d'agressions sexuelles et de viols.
05:54Plusieurs plaintes ont été déposées en France et en Belgique.
05:56Il nie en bloc les faits qui lui sont reprochés.
05:59Et il continue à jouer sa pièce de théâtre tous les soirs à Paris.
06:01Est-ce que c'est normal ?
06:03Moi je dis deux choses et je ne le dis pas parce que c'est Patrick Bruel.
06:06Je le dis sur tous les cas qui sont comme ça déférés dans la justice.
06:10La première des choses c'est de respecter la parole des victimes.
06:13La deuxième des choses c'est de respecter la présomption d'innocence.
06:15Ce n'est pas trop difficile de faire coïncider les deux ?
06:17Oui, mais en fait ça s'appelle l'état de droit et c'est l'exigence qui est la nôtre.
06:21Respecter la parole des victimes parce que l'objectif n'est pas encore une fois
06:24de penser par principe que les victimes mentiraient.
06:26Donc respecter la parole des victimes et respecter la présomption d'innocence
06:30pour permettre qu'une vérité judiciaire ensuite puisse s'établir.
06:33C'est cette exigence-là qu'on doit tenir.
06:35Mais l'association féministe demande l'annulation de sa tournée d'été, de ses concerts.
06:37Je crois qu'il y a 57 dades dans 48 villes, en France, en Belgique, au Canada.
06:41Vous signeriez-vous cette pétition-là ou pas ?
06:43Non.
06:43Il peut, il doit continuer à chanter ?
06:45Ce n'est pas il doit.
06:46C'est son libre choix, celui de ses producteurs, celui des Français qui viendront ou qui ne viendront pas.
06:51Encore une fois, il y a des plaintes qui ont été déposées.
06:53Je redis qu'il faut respecter la parole des victimes.
06:55Il faut aussi respecter la présomption d'innocence.
06:57Il n'a pas été condamné, puisque pour l'instant, c'est une procédure judiciaire qui commence à peine.
07:03Donc c'est pour ça que je pense qu'il faut arriver à entendre les deux.
07:06Pas entendre juste une partie de la phrase.
07:07Est-ce que vous, Aurore Berger, vous iriez le voir en concert aujourd'hui, Patrick Boel ?
07:12Je ne sais pas répondre à cette question.
07:13Je pense qu'évidemment, la place qui est la mienne en tant que ministre en charge de l'égalité
07:16fait que ça devient plus compliqué, évidemment, parce que ça deviendrait un signal politique
07:20qui serait interprété par certains si je m'y rendais.
07:23Et donc moi, je ne veux pas envoyer de signal politique,
07:24ce, d'autant plus quand il y a une procédure judiciaire qui est engagée.
07:27Autre sujet. Hier soir, les députés ont adopté le rapport du député Charles Lalonde
07:31sur la commission d'enquête sur l'audiovisuel public.
07:33Rapport qui va donc pouvoir être rendu public la semaine prochaine.
07:36C'est une bonne nouvelle pour vous ou pas ? Il faut en faire quoi de ce rapport maintenant ?
07:38Je pense qu'il avait écrit son rapport avant que les auditions aient lieu.
07:41Je pense qu'il avait un choix déjà très clair sur ce qu'est l'audiovisuel public.
07:45Moi, je crois qu'on a une force dans notre pays,
07:47c'est qu'on a un audiovisuel public fort et un audiovisuel privé fort.
07:50Et qu'on a besoin des deux, parce qu'ils ne remplissent pas les mêmes missions.
07:53Et je pense que c'est nécessaire pour la démocratie,
07:55pour la place de la culture, pour l'accès à l'information.
07:57Quand on regarde le volume de désinformation,
07:59quand on regarde les ingérences...
08:01Oui, je pense que c'est très important.
08:02Et je pense que c'est important que les responsables politiques
08:05assument aussi d'avoir des mots clairs sur l'audiovisuel public.
08:09Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas faire de réformes,
08:10mais ça veut dire qu'on ne peut pas accepter l'idée
08:13que la France, comme ça, se départirait de son audiovisuel public.
08:17Parce que tous les Français, à un moment,
08:18ils écoutent ou ils regardent l'audiovisuel public
08:20et qu'on en a besoin, comme on a besoin d'un audiovisuel privé fort.
08:23Parmi ceux qui ont été entendus par cette commission,
08:25il y a Patrick Sébastien, qui vient de sortir une chanson outrancière
08:28d'une vulgarité absolue,
08:29ciblant la patronne de France Télévisions, Delphine Ernotte.
08:32Je cite,
08:32« Delphine, si t'avais connu ma pine, on aurait été si heureux.
08:35Delphine, si t'avais connu ma pine, on aurait été amoureux, etc.
08:37La ministre que vous êtes, peut-elle laisser passer ça ? »
08:41Bien sûr que non, Delphine Ernotte a porté plainte
08:43et je crois qu'elle a raison, évidemment, de le faire
08:46parce que ce sont des propos qui sont écœurants, en fait.
08:48Ce ne sont pas des propos amusants.
08:51Lui dit « c'est grivois », ce n'est pas grivois ?
08:53Non, je pense que ce n'est pas grivois
08:54quand on cible délibérément une personne.
08:56C'est-à-dire que quand vous êtes sur des chansons,
08:58j'allais dire, paillardes ou grivoises,
08:59vous ne ciblez pas intentionnellement une personne
09:02reconnaissable entre toutes.
09:03Là, il n'y a pas vraiment de doute de savoir à qui il s'adresse,
09:06que c'est extrêmement vulgaire, extrêmement inapproprié,
09:10particulièrement outrancier.
09:11Vous souhaitez qu'il y ait une condamnation derrière ?
09:12Vous aimeriez qu'il y ait une condamnation ?
09:13Ça, c'est la justice de le décider.
09:15En tout cas, je pense qu'elle a eu raison,
09:17elle, de rappeler un certain nombre d'éléments
09:19et donc de porter plainte pour ne pas laisser passer
09:21aussi au nom de toutes les femmes qui subissent
09:23ce type d'attaque parce que malheureusement,
09:25quand on est une femme, on subit des attaques
09:27d'un autre ordre que celle des hommes.
09:29Vous avez raison de préciser, il y a aussi beaucoup d'hommes
09:31qui vous soutiennent et qui sont d'accord avec ça.
09:33Heureusement.
09:33Est-ce que vous êtes toujours candidate à la candidature
09:35pour la prochaine présidentielle ?
09:36Moi, ce que je dis depuis le début,
09:37c'est qu'il faut une candidature unique
09:39de la droite et du centre.
09:40Et donc, je continuerai à tenir le même...
09:41Vous êtes 72 à dire ça.
09:43On n'est pas 72 à dire ça, en fait.
09:45Il y a ceux qui considèrent qu'il faut tout de suite,
09:48maintenant, être investi, tout de suite, maintenant,
09:50multiplier les candidatures.
09:52Moi, je n'ai jamais dit ça.
09:53Moi, j'ai toujours dit que je souhaitais
09:55qu'il puisse y avoir une primaire,
09:56que je souhaitais qu'on puisse permettre aux Français
09:58de départager pour qu'il y ait une candidature unique.
10:00Moi, je ne veux pas qu'on soit spectateurs
10:02de la prochaine campagne présidentielle.
10:03Oui, parce que je ne veux pas
10:04qu'on soit spectateurs
10:05de la prochaine campagne présidentielle.
10:06Et parce que je pense que
10:07s'il n'y a pas une candidature unique,
10:08à la fin, on sera spectateurs
10:10et on laissera aux Français
10:10le seul choix entre le RN et l'FI.
10:12Et je pense que c'est notre responsabilité
10:14qu'il y ait une alternative.
10:15Par oui, pardon, s'il y a une primaire,
10:17vous serez candidate à cette primaire ?
10:18Il faut d'abord qu'il y ait une primaire.
10:19Moi, je réponds aux questions dans l'ordre.
10:20Oh non, là, vous évitez le pas.
10:21Je pense que c'est mieux de répondre
10:22dans l'ordre aux questions qui sont posées.
10:23On vous réinvitera.
10:23Merci beaucoup.
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