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  • il y a 56 minutes
Dans son édito du 28/04/2026, Thomas Bonnet revient sur la polémique d'Emmanuel Macron et sa déclaration liée à l'Algérie.

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Transcription
00:00Allez, la politique à présent avec Thomas Bonnet.
00:03C'est une nouvelle petite phrase d'Emmanuel Macron qui a déclenché une vive polémique.
00:06En déplacement en Ariège, le président de la République a dénoncé les maboules,
00:11les fous qui veulent se fâcher avec l'Algérie.
00:14Alors maboule, ça veut dire fou en algérien.
00:17Thomas Bonnet, cette formule a suscité beaucoup de réactions.
00:21C'est vrai qu'on avait un peu perdu l'habitude de ces petites phrases lâchées par le chef de
00:24l'État
00:24qui, en une formule, parvient à se fâcher avec un nombre considérable de Français.
00:27Hier, c'est donc lors d'un échange avec un médecin formé en Algérie qu'Emmanuel Macron s'est fendu
00:32d'un petit commentaire
00:33qui n'est pas passé inaperçu.
00:34Répondant aux difficultés diplomatiques pesant sur le statut de ce médecin,
00:38le président a lâché cette phrase.
00:40Allez le dire à tous les maboules qui disent qu'il faut se fâcher avec l'Algérie.
00:45Il y a du monde qui a pu se sentir visé par cette phrase.
00:47Tous ceux qui plaident en effet pour un bras de fer avec Alger.
00:50Mais pour Emmanuel Macron, ils sont donc tous arrangés au rayon des maboules.
00:53Le mot d'ailleurs est cocasse quand on parle à un docteur.
00:55Mais en plus, maboules, c'est un terme qui vient de l'arabe.
00:58Et notre président, qui connaît ses lettres, ne peut l'ignorer.
01:01Oui, certains se sont sentis particulièrement visés par cette phrase.
01:05A commencer par Bruno Rotaillot, lui qui, en tant que ministre de l'Intérieur,
01:08a essayé d'instaurer le rapport de force avec le pouvoir algérien contre l'avis du chef de l'État.
01:12Celui qui est désormais candidat à la présidentielle a pris la peine de répondre
01:15via un communiqué dans lequel il rappelle tous les griefs qui opposent Paris à Alger.
01:20Les refus d'accueillir les OQTF algériens en voie d'expulsion,
01:23barbouserie sur le sol français,
01:25emprisonnement de Christophe Glez ou encore peine prononcée contre l'écrivain Kamel Daoud.
01:29Les exemples avancés par Bruno Rotaillot appuient là où ça fait mal.
01:32On peut parler aussi de la dénonciation de l'accord franco-algérien de 1968
01:36qui octroie des avantages aux Algériens qui viennent en France.
01:40Accord que même Édouard Philippe et Gabriel Attal veulent quitter.
01:43Et eux aussi seront ravis d'apprendre que le président les considère comme des maboules.
01:47Emmanuel Macron a beau jeu de louer la nécessité d'avoir des médecins étrangers dans nos hôpitaux.
01:51Ça ne peut pas et ça ne doit pas faire oublier les véritables problèmes
01:54que posent certains ressortissants étrangers.
01:57Sa sortie d'hier témoigne de son incapacité totale à sortir de l'aveuglement sur ces questions-là.
02:02Jamais il n'aura pris la mesure du sujet et des problématiques qu'il pose pour notre sécurité.
02:07Alors finalement, le président de la République a réagi face à la polémique qui montait.
02:12Oui, la question lui a été posée et il a fait comme d'habitude.
02:15Il a minimisé la portée des propos tenus quelques heures auparavant,
02:18affirmant au passage qu'il ne visait personne, mais qu'il était dans une démarche positive.
02:23Et c'est bien ça le problème, c'est ne pas être capable de hausser le ton contre Alger
02:26et donc finir par ramper devant le discours belliqueux du régime algérien.
02:31Il y a une autre réaction qui a retenu mon intention, c'est celle d'un conseiller de l'Elysée
02:35dans une boucle de discussion WhatsApp avec les journalistes.
02:39Il a envoyé un long message qui commençait avec cette phrase que je vous ai fait sortir.
02:43Je comprends l'intérêt, dit ce conseiller de l'Elysée,
02:45qu'il peut y avoir à générer du clic dans un titre d'article,
02:48mais pour remettre du contexte sur l'échange oral et informel qui a mené à cette citation.
02:52Et il rappelle le contexte.
02:54Mais tout est là, dans cette tournure de phrases,
02:56du mépris qui habite parfois l'entourage du président de la République
02:59jusqu'à la vision que certains conseillers se font de la presse.
03:02Une presse qui aurait donc, si on le croit, grossi artificiellement une polémique.
03:06Mais ce ne sont pas les journalistes qui poussent le président à se fendre de ces petites phrases.
03:10En une journée, on a eu une piqûre de rappel
03:12des raisons pour lesquelles le président de la République agace à ce point les Français.
03:16Une profonde déconnexion avec l'aspiration du plus grand nombre,
03:20couplée à un profond mépris pour les conséquences de ses propres actes.
03:24Au cours des neuf dernières années,
03:26suivre le président de la République aura de quoi nous laisser perplexes,
03:30j'allais dire presque, nous rendre ma boule.
03:32Merci beaucoup, merci à vous Thomas Bonnet.
03:36Sous-titrage Société Radio-Canada
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