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  • il y a 3 semaines
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##NOEPISODE##
Transcription
00:00Merci beaucoup Aurélie de prendre la parole, c'est avec vous qu'on va commencer.
00:04C'est votre oncle, je crois, qui vous a violée.
00:09Oui, bonjour Brigitte, bonjour Bruno.
00:11Oui, c'est mon oncle qui m'a violée, j'avais 8 ans, la première fois jusqu'à mes 12
00:17ans.
00:18Et personne n'en a jamais rien su jusqu'à mes 17 ans.
00:21D'accord. Vous avez, comme beaucoup d'enfants, vous avez gardé ça pour vous ?
00:28En fait, c'est plus que ça même, c'est que de toute façon, il ne me laissait pas le
00:33choix de parler
00:34parce qu'il me menaçait de faire du mal à ma mère.
00:39Je pense que ça, c'est une écusse courante.
00:41Mais quand un enfant lui dit, si tu parles, ta mère subira le même sort ou pire, du coup on
00:47reste dans le silence.
00:48Vous avez protégé votre mère, vous pensiez protéger votre mère et en même temps, ça aggrave évidemment votre traumatisme.
00:56C'est fréquent, Bruno Claviers, le prédateur menace toujours...
01:01Bien sûr, toutes sortes de choses, mais ils sont capables même de dire, tu me feras du mal.
01:06Des fois, quand on aime bien son oncle, il peut dire, si tu vas me faire du mal à moi
01:11et à la famille, tout est bon.
01:13De toute façon, c'est un pervers, tout est imaginable malheureusement.
01:20Oui, et puis en plus, il avait vraiment cette attitude de pervers parce qu'il me récupérait le week-end,
01:26il faisait ce qu'il avait à faire et quand je rentrais chez moi, c'était l'oncle qui m
01:30'avait couvert de cadeaux
01:31qu'on pouvait qu'adorer parce qu'il était super, sans penser ce qu'il pouvait faire derrière.
01:38C'est vrai.
01:41Et qu'est-ce qui s'est passé pour que ça s'arrête quand vous avez 12 ans ?
01:47En fait, à 12 ans, après avec ma mère, on a déménagé.
01:51Et du coup, je ne le voyais plus qu'aux réunions de famille.
01:54Une fois, du côté de mon père, il a essayé un Noël, je devais avoir 15 ans, je crois.
01:59Et en fait, là, je ne me suis pas laissée faire.
02:02En fait, je lui ai dit, je te préviens, si tu me touches ici, là par contre, j'ouvrirai ma
02:07bouche.
02:09Je crois que la peur était passée d'un autre camp, là.
02:11C'était un oncle paternel, donc ?
02:14Oui, c'est le frère de mon père.
02:16D'accord.
02:17Et à 17 ans, vous en parlez ?
02:20Non, pas du tout.
02:21En fait, c'est ma mère qui apprend qu'apparemment, il y a eu des choses dans l'enfance.
02:27Alors, si je vous dis, si elle l'a appris, ma mère, d'une façon totalement incongrue,
02:32qu'on y croit ou pas, ma mère l'a appris par une médium.
02:34Et ma mère n'y croyait absolument pas quand la médium lui a dit.
02:37Cependant, quand elle est rentrée, ma mère m'a mis, je rentrais du lycée,
02:40elle m'a posé la question et je ne sais pas pourquoi je n'ai pas réussi à nier, en
02:45fait.
02:46Parce que pour la première fois, j'avais l'occasion de parler.
02:49Et ma mère, de suite, elle a réuni mon père, mes grands-parents, mon oncle, ma mère et moi.
02:53On a été chez mon oncle.
02:55Et il a tout avoué.
02:57Lui, il a passé la nuit avec ma mère, a tout avoué, vraiment tout avoué.
03:00Mon père n'a pas voulu l'entendre, mes grands-parents non plus.
03:03Et ma mère a passé vraiment la nuit, elle a écouté cet homme lui dire tout ce qu'il avait
03:07fait durant toutes ces années.
03:08Et le lendemain, par contre, de suite, il s'est repris.
03:11Il a voulu dire, si tu fais quelque chose, ce sera une diffamation.
03:15Et toute la famille m'a écartée et j'ai tout perdu à ce moment-là.
03:18Ah oui.
03:19Même votre mère ?
03:21Non, ma mère, heureusement, on était toutes les deux.
03:24J'ai eu la chance de la garder, mais par contre, du côté de mon père, j'ai eu aucun
03:28soutien.
03:28Et vraiment, j'ai été considérée comme la personne à abattre.
03:31Oui, bien sûr. C'est-à-dire que c'est là qu'on voit une fois de plus.
03:35Mais c'est quand même extraordinaire, Bruno Clavier.
03:38Parce qu'on voit une fois de plus que le frère et les parents du violeur sont solidaires.
03:45Et donc, ils n'ont qu'une solution, c'est que vous rejetez-vous.
03:49C'était le grand frère de votre père ?
03:53Alors, non, je suis petit frère.
03:54Et en plus, mon grand-père, ma mère a pu échanger avec mes grands-parents parce qu'on dormait chez
04:01eux le soir même après la révélation.
04:03Et mon grand-père a dit quelque chose comme, moi, j'ai huit sœurs, parce qu'il avait douze frères
04:08et sœurs.
04:08Il a dit, mais à l'époque, déjà, mon père, il tripotait mes sœurs, c'était banal, comme quelque chose
04:13de tout assez normal.
04:15Mon grand-père, qui a 98 ans aujourd'hui, je veux dire, comme si à l'époque, c'était déjà
04:19un fait totalement normal.
04:20Donc, je me dis qu'il y avait déjà du terreau au côté de mon père.
04:22Oui, mais certainement, et c'est d'ailleurs, puisque c'est comme ça que ça se passe dans notre famille,
04:28je ne vois pas pourquoi Aurélie fait tout un scandale.
04:31L'inceste est toujours, je le dis à chaque fois, mais l'inceste est toujours systémique, c'est un système
04:35familial.
04:36Il n'y a pas d'inceste tout seul qui se promène dans une famille.
04:38C'est un système avec ses mensonges, ses dénis, ses non-dits et une organisation.
04:44Et en plus, c'est très intéressant, c'est la pauvre Aurélie, hop, elle est mise au banc parce que
04:50le système se réorganise.
04:53On appelle ça, c'est un mot un peu barbare, ça s'appelle l'homéostasie, c'est en systémie, c
04:59'est une branche de la psy.
05:01On dit que tout système veut retrouver son équilibre.
05:04Donc, le système se réorganise et les individus perdent.
05:08Qui dérangent le système, ils sont virés.
05:10C'est au détriment des individus.
05:12Mais ce qui est formidable Aurélie, d'abord on entend dans votre voix que vous allez plutôt bien.
05:17Et ce qui est formidable, c'est qu'à 17 ans, votre mère vous soutient, vous pouvez en parler.
05:22Et je pense que ça, ça a beaucoup aidé quand même à ce que ça ne s'en fouille pas
05:26dans votre inconscient et que vous puissiez déjà travailler dessus.
05:33Alors oui, elle m'a soutenue, mais alors par contre, moi, une fois avoir parlé, je vous avoue que des
05:40fois, le silence a l'air plus agréable que l'appartement.
05:43Parce que moi, derrière, j'ai commencé une descente aux enfers suite à avoir parlé.
05:48Parce que déjà, d'avoir été mis de côté, ça m'a fait extrêmement mal parce qu'on a l
05:52'impression qu'on n'est pas reconnus.
05:54Et du coup, moi, j'ai fait trois tentatives de suicide, je suis montée à 237 kilos.
05:59Je veux dire, je me suis totalement murée à l'intérieur de moi et j'ai vraiment, ça a été
06:04très très dur après.
06:05Parce que justement, quelque part, ma mère m'a provoqué la parole.
06:08Et il y a eu un moment donné où j'ai pensé que ce n'était pas la mienne, que
06:11j'étais comme si je n'étais pas prête.
06:13Oui, je comprends, je comprends.
06:15C'est-à-dire que votre mère aurait dû, à ce moment-là, vous emmener voir quelqu'un pour que
06:20vous puissiez être soutenue.
06:21Tandis que là, finalement, on a ouvert, si je puis dire, l'abcès et personne n'a soigné.
06:28C'est vrai, puis ça a été trop rapide.
06:30Ça a été trop... Je veux dire, le soir même, j'étais dans le TGV pour aller parler,
06:34alors que ça faisait depuis dix ans presque que je me taisais.
06:37Donc ça a été vraiment très brutal, très radical.
06:40Et les dégâts que ça a causés, après, dans ma vie d'adulte, parce que j'ai eu des terres
06:44nocturnes.
06:45Aujourd'hui, j'ai 40 ans, je vais bien, certes, et je fais plein de choses, j'ai plein de
06:48projets,
06:48mais je ne supporte toujours pas qu'on puisse me toucher sans que j'ai donné l'accord,
06:52qu'on puisse juste me poser une main sur moi.
06:55Je garde encore des... Les traumatismes, aujourd'hui, c'est encore beaucoup plus fort que par ceux de l'enfance.
07:01Et merci de cette parole, parce que ça confirme ce qu'on a dit en introduction.
07:05C'est-à-dire que, oui, il y a une partie de votre corps qui est tabou, quoi.
07:10Oui, qui est resté à cet âge-là, comme si vous aviez encore cet âge-là.
07:15Mais c'est juste... Ce n'est pas la parole.
07:18Ce n'est pas parce que vous avez parlé que vous avez ça.
07:21Ce que je veux dire, c'est que les symptômes que vous avez aujourd'hui, c'est parce que vous
07:24avez subi.
07:27Oui, non, parce que comme vous parliez de... Vous êtes passé de la parole à ça, quoi.
07:31Ce que je veux dire, est-ce que, quand même, vous ne pensez pas que c'est mieux d'en
07:35avoir parlé, au final ?
07:36Oui, c'est mieux d'en avoir parlé, au final.
07:38Ça, c'est sûr. Il faut en parler. J'encourage, d'ailleurs, tout le monde à en parler.
07:41Oui, c'est ça.
07:41On ne peut pas rester avec ça.
07:43Parce que ne pas en parler, c'est une mort interne.
07:45Mais il faut le dire.
07:47Mais après, c'est sûr que...
07:48De cette façon-là, c'était très...
07:50Bien sûr, c'est comme quand il y a des enquêtes de gendarmerie et tout ça,
07:53et qu'on annonce au téléphone, des fois, à des personnes qu'elles ont été abusées alors qu'elles sont
07:56amnésiques.
07:57Elles peuvent vraiment décompenser, quoi.
07:59Et vous avez fait une thérapie après, j'imagine ?
08:02Alors, j'ai fait rouleur.
08:04Bah oui.
08:04J'ai pas ce que sujet.
08:05J'ai fait 10 ans d'hypnose pour, en plus, mes terreurs nocturnes.
08:10J'ai fait de l'EMDR par rapport au traumatisme.
08:12Bah oui, de l'EMDR, bien sûr.
08:13Voilà, donc j'ai fait, bien sûr, des thérapies.
08:15C'est parti même, je me suis fait enfermée aussi.
08:17Je n'ai pas honte de dire ça, parce que des fois, c'est salutaire.
08:19J'ai fait des groupes de parole, j'ai retrouvé, voilà, des gens aussi qui étaient dans la même souffrance.
08:24Parce que de se sentir moins seul face à ce qu'on vit,
08:26et de savoir que c'est répété dans d'autres familles, ça peut aider aussi.
08:29Bien sûr, oui.
08:30Par rapport au soutien.
08:31Et puis, bah aujourd'hui, ça va mieux, mais il y a quand même, il reste encore des choses à
08:37travailler.
08:38Voilà, mais c'est pour ça que je parlais de ça, parce qu'avec Wigit, on a l'habitude d
08:41'écouter,
08:41puis on entend souvent dans les voix, les gens qu'on sait qu'ils ont tout de suite votre voix.
08:45Moi, je me suis dit, ah, elle a travaillé.
08:48Je dis ça pour inciter tous les auditeurs à qui c'est arrivé de ne pas hésiter à aller travailler
08:53ça,
08:53parce qu'on ne peut pas rester avec ça, comme ça, quoi, toute sa vie, c'est trop.
08:57Ah oui, oui, c'est vraiment trop.
08:59Et puis, enfin, ce que j'ai compris, j'ai eu la chance de le comprendre assez jeune dans mon
09:04manette,
09:04c'est qu'au final, la vie, ce n'est pas que ça, ce n'est pas que ce qu
09:07'on a vécu,
09:08et il y a tellement de belles choses à vivre à côté, que ce serait dommage.
09:11Et puis, ce serait quelque part aussi, lui laisser la pleine victoire à cet homme, de gâcher ça quelque part.
09:18Mais est-ce que vous n'avez pas envisagé quand même de porter plainte après ?
09:22Alors, on a deux suites après ce qui s'est passé avec ma mère.
09:25Ma mère, elle avait un ami qui était commissaire à Antibes.
09:28On a monté un dossier, je n'étais pas encore majeure.
09:30Et en fait, mon oncle, de suite, a dit qu'il allait faire une diffamation.
09:35Ma grand-mère, à genoux, m'a demandé de ne pas porter plainte contre son fils,
09:39et que j'aimais tellement ma famille, qu'en fait, par amour pour eux, je n'ai rien fait.
09:43Ah, d'accord.
09:44Sauf que je m'en suis voulu plus tard, des années après.
09:47Et j'ai repris le chemin du tribunal il y a 4 ans.
09:50De ça, en 2022, je suis sortie, mais c'était trop tard.
09:54Et oui, c'est ça, il y avait la prescription.
09:57C'est ça, exactement.
09:58Donc, j'ai été trop tard, mais par contre, j'ai été reçue, on m'a entendue comme victime.
10:02Et ça, par contre, c'est un chemin que j'ai eu raison de faire,
10:06même malgré la prescription, d'avoir entendu que j'étais reconnue comme victime.
10:11C'est...
10:12Oui, voilà.
10:12D'autant qu'il est possible qu'il ait fait d'autres victimes, mais on ne sait jamais.
10:16Je veux dire, ça pourrait servir.
10:18Moi, je sais qu'il a fait d'autres victimes.
10:20Forcément.
10:20Parce qu'il partait souvent en Thaïlande, donc il faisait du tourisme sexuel.
10:25Donc ça, vu ce qu'il me faisait à moi, je veux dire, je ne doutais pas qu'il y
10:29avait d'autres victimes à côté.
10:32Donc, sans aucun doute.
10:33Oui, et puis la manière dont il vous faisait taire, on voit bien que là, on a affaire à quelqu
10:38'un de pervers.
10:39Et généralement, le pervers n'a pas une seule victime, loin de là.
10:43Voilà. En tout cas, Aurélie, moi, ce que j'ai toujours envie de dire, c'est que lorsqu'on a
10:46vécu des choses difficiles,
10:48très difficiles dans son enfance, mais qu'on a travaillé dessus, on devient une belle personne
10:54parce qu'on est justement... on peut faire de quelque chose de beau, ce qui nous est arrivé de dur,
11:00parce que ça nous rend certainement plus ouverts au monde qui nous entoure.
11:06Oui, totalement. Et puis, on a vraiment...
11:08Enfin, moi, je sais qu'aujourd'hui, ma vie...
11:10Alors, je sais qu'on se crée aussi des maladies avec ce qu'on a vécu,
11:13parce que moi, j'ai la maladie de Parkinson.
11:14Mais malgré ça, ça ne m'empêche pas d'avancer et de profiter.
11:17Je veux dire, la vie, on n'en a qu'une et je ne veux pas laisser à cet homme
11:21toute ma vie dans ses mains.
11:23Au contraire.
11:24Je voulais juste vous demander un petit truc. Vous avez peut-être trouvé ça bizarre.
11:27Mais est-ce que vous acceptez souvent dans la vie de recevoir des cadeaux ?
11:31Ou est-ce que c'est compliqué ?
11:33Ah non, moi, j'ai du mal avec les compliments, j'ai du mal recevoir les cadeaux.
11:38Et puis, j'ai une tendance à être très solitaire.
11:40Voilà, c'est pour ça que...
11:41Quelqu'un très indépendant...
11:42Là, vous avez déjà travaillé, je ne sais pas si vous avez travaillé là-dessus,
11:44mais quand il y a un message pervers comme ça, ça doit beaucoup se travailler,
11:47parce que du coup, ça veut dire que vous ne pouvez pas recevoir le cadeau de la vie.
11:50Puisque à chaque fois qu'il vous abusait, il vous donnait un cadeau.
11:53Vous comprenez ?
11:54Donc, ce n'est pas mal à travailler, ça.
11:56Vous méritez les cadeaux de la vie, sans qu'on vous abuse.
11:58Je garde ça.
11:59Je vous le donne comme ça, c'est un petit truc.
12:02Tiens, et justement, d'ici la fin de la semaine, faites-vous un cadeau.
12:05Achetez-vous un beau cadeau.
12:07D'accord, très bien.
12:10Faites les cadeaux et ça ne fera pas de vous une mauvaise personne, voilà.
12:14D'accord, très bien, je note, parce que là, je pense que vous avez touché quelque chose qui est juste.
12:19Merci, en tout cas, beaucoup de témoignages, Aurélie.
12:21Merci à vous.
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