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  • il y a 9 minutes
Sophie Chéenne était une petite brune menue aux yeux marron-vert.. Au mois de mai 1996, à quelques jours de ses 21 ans, elle a subitement disparu, chez elle, à Laval. A cette annonce, les investigations vont démarrer tardivement et ne vont jamais se hâter. Les enquêteurs vont considérer que la jeune femme, après une rupture sentimentale, aurait décidé de reprendre sa liberté. Ou encore qu'elle aurait pu se suicider, étant parfois gagnée par des accès de mélancolie et de découragement.
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:00Merci Brio Bochet, évidemment on vous retrouve à 15h, mais tout de suite, votre rendez-vous 100% fait d
00:05'hiver, l'heure du crime.
00:0814h15, c'est l'heure du crime sur RTL.
00:12Enquête rouverte à Laval sur la mystérieuse disparition de Sophie Cheyenne, 21 ans, volatilisée en 1996, plus aucun signe de
00:20vie depuis.
00:21La piste fournirait est évoquée, des témoins de l'époque doivent être réentendus.
00:27Bonjour, Sophie Cheyenne, employée dans un restaurant de Laval.
00:31Signalement, brune, menu, yeux marron-vert.
00:34En mai 1996, elle s'évapore, 6 jours avant ses 21 ans.
00:38La justice traîne des pieds, on privilégie la fugue, voire le suicide.
00:42La famille ne va jamais croire à un tel scénario.
00:4530 ans après, l'ombre des fourniraits plane toujours sur l'affaire et le pôle des Colquays reprend le dossier.
00:51Sophie Cheyenne, la disparue du quai Albert Goupil, l'heure du crime.
00:56La seule émission Radio 100% fait divers, c'est tout de suite sur RTL.
01:06Lundi 6 mai 1996, en fin d'après-midi, le téléphone sonne chez Jacques et Jacqueline Cheyenne à Angers.
01:14Au bout du fil, Yannick, le petit ami de leur fille.
01:16Il veut savoir si Sophie est chez eux.
01:19Il explique qu'il n'a plus de nouvelles d'elle depuis 4 jours.
01:23Elle n'est pas rentrée à l'appartement que le jeune couple loue depuis quelques mois au 16 quai Albert
01:29Goupil à Laval.
01:31La maman est la première stupéfaite.
01:34Elle s'étonne tout d'abord que Yannick ait entendu si longtemps avant de les prévenir.
01:39Elle est surtout abasourdie par cette nouvelle.
01:42Sophie doit fêter ses 21 ans la semaine prochaine.
01:46Un événement qu'elle n'a aucune intention de rater il y a quelques jours.
01:51La maman s'est même rendue chez sa fille pour discuter de la petite fête qui serait organisée.
01:56La maman lui a caché qu'elle organisait une cagnotte pour lui offrir son cadeau, un four micro-ondes.
02:02Rien ne laissait, alors présager, un départ sur un coup de tête.
02:07Sophie va bien, même si elle a des problèmes d'argent.
02:09Elle travaillait sans être déclarée dans un restaurant indien de Laval.
02:14Le patron tardait à la payer.
02:16Sa mère lui a alors donné 100 francs.
02:19La dernière fois qu'elle a vu Sophie, c'était le 1er mai.
02:22Elle était seule dans l'appartement.
02:25Jacqueline Cheyenne file tout de suite à Laval.
02:28Elle convainc le petit ami de l'accompagner pour signaler la disparition au commissariat.
02:33La maman, à la surprise d'entendre Yannick déclarer qu'il s'est violemment disputé avec Sophie.
02:40La disparition est enregistrée, mais les policiers avertissent qu'ils ne peuvent pas faire grand-chose.
02:45La jeune femme est majeure, elle est libre de disparaître.
02:48Les autorités penchent pour une fugue sur fond de disputes amoureuses.
02:52Les semaines et les mois défilent sans que Sophie réapparaisse.
02:57Les parents et le frère de la disparue placardent sa photo sur les vitrines des commerces,
03:03dans les halls de gare, les arrêts d'autobus.
03:06Il y avait des affiches partout dans la ville.
03:08Moi, je pensais qu'elle reviendrait, témoigne une amie dans Ouest France.
03:13La famille sait que le lundi 6 mai, le jour où elle a appris la disparition,
03:17Sophie avait rendez-vous à l'inspection du travail pour dénoncer le restaurateur qui l'employait.
03:23Elle n'y s'y est pas présentée.
03:24La jeune femme avait aussi prévu de se faire couper les cheveux avant son anniversaire.
03:28Mais la patronne du salon de coiffure ne retrouve aucun rendez-vous à ce nom.
03:33Courant 97, la maman de Sophie reçoit des appels téléphoniques anonymes.
03:38Personne au bout de fil.
03:40Elle finit par identifier les numéros.
03:42Des communautés religieuses dans le Finistère.
03:46Mais celles-ci vont faire savoir qu'aucun appel n'a été passé.
03:49La famille se retrouve seule face aux interrogations.
03:53Au silence.
03:54Les chaînes ne peuvent pas se résoudre au départ volontaire de Sophie.
03:59Cette dernière a revendiqué très tôt son indépendance.
04:02Mais pas au point de tout plaquer et de ne plus donner aucune nouvelle.
04:06La famille ne croit pas non plus au suicide.
04:09Même si la jeune femme traversait une mauvaise passe,
04:12le couple qu'elle formait avec Yannick n'allait pas très bien dans le journal intime de la disparue.
04:18Il est retrouvé des passages tristes, moroses, signes d'une dépression selon les enquêteurs.
04:24Sophie s'interroge sur son avenir.
04:26Si elle avait décidé de mettre fin à ses jours, elle aurait laissé un mot, certifient les parents.
04:31Des témoins croient avoir reconnu Sophie Cheyenne dans les semaines qui suivent la disparition,
04:36dans une épicerie à Laval, à la gare, au Mans.
04:39Déclarations fragiles qui ne font pas du tout avancer les recherches.
04:45Des parents livrent à eux-mêmes une enquête immobile.
04:48Il va falloir attendre désormais deux ans pour que la justice se réveille et que des pistes apparaissent.
04:53On a d'ores et déjà perdu beaucoup de temps dans cette affaire.
04:56Beaucoup trop de temps, j'ai envie de dire.
04:58On va parler dans le chapitre suivant de l'heure du crime de quels vont être les avancées
05:04et peut-être les signes positifs, les lumières qui vont enfin s'allumer dans cette histoire qui est très très
05:10sombre.
05:11Alors évidemment, elle a disparu, elle aurait disparu le 2 mai, mais on n'en est pas sûr.
05:17Bonjour Maître Corinne Hermann.
05:18Bonjour Jean-Alphonse Richard.
05:20Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui dans le studio de l'heure du crime.
05:24Alors je dis on n'en est pas sûr de cette date parce qu'il y a un seul témoignage,
05:28et encore il est flou, il n'est pas très précis, c'est le petit ami qui dit
05:33moi je me souviens qu'effectivement le 2 au soir elle n'était pas là,
05:36mais c'est à peu près tout ce qu'on sait.
05:38Oui, et surtout il parle assez tardivement, il énonce la disparition assez tardivement,
05:42il y a plusieurs jours, le jour qu'il annonce lui et le jour où il va parler,
05:48que s'est-il passé dans ces jours-là, est-ce qu'il a été à son contact,
05:52toutes des questions qui se sont posées dans le cadre de l'enquête,
05:56savoir combler ces jours-là pour savoir à quel moment exactement elle a disparu.
06:00Cela dit, on ne retrouvera aucune trace d'elle.
06:03Non, alors elle est partie avec ses clés, c'est ça ?
06:05Alors...
06:06Elle importe son trousseau, a priori.
06:08Alors, selon lui...
06:09Voilà, c'est ça, mais on ne sait pas si c'est elle qui l'a emporté finalement.
06:13En fait, comme on n'a pas retrouvé le corps, qu'on n'a pas retrouvé de traces,
06:15on ne sait pas si les objets qui peuvent manquer,
06:18ou les objets que lui peut affirmer manquer,
06:22c'est lui qui les a pris, ou si c'est une autre personne,
06:24ou si elle les a emmenés avec elle, on n'en sait rien.
06:27Pourquoi, Maître Corinne Hermann, vous êtes familière de ce genre de situation,
06:30vous êtes avocate au barreau de Paris, je le précise,
06:33vous êtes l'avocate de la famille de Sophie Chêne,
06:36pourquoi, Maître Corinne Hermann, l'enquête ne démarre pas ?
06:41Parce que là, il va falloir...
06:42Honnêtement, le commissariat a tout ce qu'il faut,
06:45c'est une disparition qui est tout de même inquiétante,
06:48elle est majeure, certes, mais alors il n'y a rien qui est fait.
06:50En fait, quand on a des majeurs,
06:52quand on a des jeunes femmes qui disparaissent de cette façon-là,
06:55c'est assez traditionnel de penser qu'elles ont voulu échapper à leurs compagnons,
06:59elles sont parties autre part ou avec quelqu'un,
07:01on ne les recherche pas en priorité, effectivement.
07:03On ne s'y attache pas beaucoup, on se dit qu'elles vont revenir.
07:07On se dit qu'elles vont revenir ?
07:08C'est général, presque toujours ces affaires démarrent de la même façon.
07:12À cette époque ?
07:13À cette époque, un petit peu, mais en tout cas,
07:17ces 30 dernières années, pour les dossiers que j'ai vus,
07:19vraiment, on a des jeunes femmes qui disparaissent,
07:21on pense qu'elles sont parties avec un compagnon,
07:23qu'elles ont une escapade amoureuse,
07:24ou qu'elles ont voulu refaire leur vie,
07:26et on ne cherche pas immédiatement les traces nécessaires,
07:29on ne fait pas les analyses nécessaires, les prélèvements nécessaires.
07:32Bien sûr.
07:34Bonjour Nicolas Gouenard.
07:35Bonjour.
07:36Merci beaucoup d'être avec nous aujourd'hui dans l'heure du crime.
07:39Vous êtes journaliste à Ouest France,
07:41à l'agence de Laval,
07:43et vous avez suivi toute cette affaire.
07:44Vous avez d'ailleurs révélé beaucoup, beaucoup de choses
07:45dans votre journal Ouest France.
07:47Vous êtes vraiment quasiment les seuls
07:49à vous intéresser à cette histoire
07:51qu'on a oubliée, il faut bien le dire.
07:53Ça fait partie des disparitions totalement oubliées.
07:56Nicolas Gouenard, question simple.
07:58Qui est Sophie Cheyenne, la disparue ?
08:00Sophie Cheyenne, c'est une jeune fille
08:03qui a grandi à Laval, dans le quartier du Pavement.
08:06C'est un quartier assez populaire de cette ville de Mayenne.
08:10Elle a fait des études pour devenir floriste,
08:14qu'elle a abandonnées très rapidement
08:16pour s'installer avec son compagnon.
08:18C'est une jeune fille qu'on décrit comme assez joviale,
08:23qui a pas mal d'amis.
08:25En fait, elle sociabilise beaucoup.
08:28Et au moment où elle disparaît,
08:32elle a envoyé au noir dans un restaurant indien.
08:35On dit qu'elle est suicidaire,
08:36qu'elle est dépressive, on va dire,
08:38le bras du noir, très très souvent.
08:41Le fait qu'elle soit suicidaire ou dépressive
08:43ne transparaissait pas au contact des autres.
08:46En revanche, au moment de sa disparition,
08:50les enquêteurs vont saisir un journal intime
08:54dans lequel ils vont trouver des passages
08:56qu'ils décrivent comme assez moroses, assez tristes.
09:01Elle parle de faire, entre guillemets, une connerie.
09:06Et on perçoit qu'elle est assez tourmentée, oui.
09:10Bonjour Agnès Grossman.
09:11Bonjour.
09:12Merci beaucoup d'être avec nous,
09:13journaliste, auteur de documentaires,
09:16et puis d'être surtout l'auteur de ce livre,
09:18Le mal au féminin.
09:20Monique Olivier, épouse Fourniré,
09:22qui a été publié aux éditions des presses de la Cité.
09:25Alors évidemment, on va parler beaucoup de Fourniré
09:27dans cette émission, mais pas tout de suite.
09:29Mais je voudrais juste un mot sur ce que disait
09:30Maître Corinne Hermann, qui est très intéressant.
09:32On est dans les années 90.
09:34Finalement, ces jeunes femmes qui disparaissent,
09:36on ne les retrouve pas,
09:39surtout on ne les recherche pas.
09:40Ça, je suppose que les Fournirés,
09:42ils étaient au courant de ça,
09:43de cette espèce d'inertie de police.
09:47Oui, peut-être.
09:49Mais c'est vrai qu'on ne cherche pas les filles,
09:50on ne cherche pas les garçons non plus.
09:51En règle générale,
09:52on ne cherche pas les gens qui sont majeurs.
09:55On considère qu'ils ont le droit de disparaître
09:56s'ils le veulent.
09:58Donc, est-ce qu'ils étaient au courant de ça ?
10:00Peut-être, mais ce n'est pas de toute façon
10:02ce qui a été prégnant chez eux,
10:04parce qu'eux, ils ont enlevé
10:06des jeunes filles très jeunes,
10:08ils ont enlevé des jeunes filles un petit peu plus âgées,
10:11de 20, 21,
10:13pas beaucoup plus.
10:14Mais je ne sais pas s'ils se tenaient vraiment
10:17véritablement au courant des avancées de la police.
10:20Ils en bénéficiaient, en tout cas.
10:21Oui, ils bénéficiaient, bien sûr.
10:23Ils ont bénéficié de beaucoup de choses.
10:24Ils ont bénéficié du fait
10:25qu'on ne croisait pas les dossiers à l'époque.
10:27Ils bougeaient beaucoup.
10:29Ils enlevaient une fois une jeune fille
10:30dans telle région, une fois dans l'autre.
10:32Enfin, ils ont bénéficié évidemment d'un système.
10:36Maître Corinne Hermann, encore un petit mot.
10:38C'est la famille qui va se mobiliser, là, dès le début.
10:41Mais ils sont très démunis, cette famille chéenne.
10:43Ils ne savent pas à qui s'adresser.
10:44Et effectivement, ils voient l'enquête se dérouler,
10:46ou la non-enquête se dérouler sous leurs yeux.
10:48Surtout, ils ne sont pas entendus.
10:50Ils ne savent pas comment se faire entendre.
10:52C'est très compliqué devant des policiers,
10:54devant des juges qui ferment les dossiers,
10:55qui considèrent qu'ils n'ont pas de piste,
10:57qu'ils ne trouvent pas de piste.
10:58Ce dossier a été rouvert plusieurs fois.
10:59Ce n'est pas par hasard.
11:00C'est parce qu'aussi, ils se sont mobilisés.
11:03Et que là, c'est vraiment le frère de Sophie
11:05qui a déposé plainte pour que la justice reparte.
11:09Mais petit à petit, on apprend.
11:10Vous savez, en vieillissant, finalement,
11:11on en prouve les chemins.
11:12Et on apprend les chemins grâce aux médias,
11:14grâce à toute une série d'autres informations.
11:17Et en vieillissant, finalement,
11:18Martial a décidé de relancer la procédure.
11:22Deux ans après les faits,
11:23une enquête judiciaire est enfin ouverte.
11:26Sophie Chêne l'a disparu du quai Albert Goupil.
11:28« Je suis malheureux et inquiet.
11:31Si je la trouve avec ce mec,
11:32ça va chauffer l'enquête de l'heure du crime. »
11:34On se retrouve dans un instant sur RTL.
11:39Tous les jours.
11:41Toute la journée.
11:45C'est RTL.
11:50Carrefour.
11:51L'heure du crime,
11:52c'est avec Jean-Alphonse Richard sur RTL.
11:56L'heure du crime consacrée à la disparition
11:57de Sophie Chêne au mois de mai 1996,
12:01cette jeune femme, 21 ans,
12:02qui habite Laval avec son compagnon,
12:04ne donne soudain plus aucun signe de vie,
12:07aucune enquête diligentée,
12:08malgré l'inquiétude des parents.
12:10Deux ans après les faits,
12:11la justice bouge.
12:12Enfin.
12:14Lundi 28 septembre 1998,
12:16deux ans après la disparition de Sophie Chêne,
12:18le parquet de Laval
12:20ordonne l'ouverture d'une information judiciaire
12:22pour homicide volontaire.
12:24La famille n'a jamais cessé
12:26de réclamer des investigations.
12:28Un juge d'instruction est désigné.
12:30Les gendarmes saisis.
12:31Les enquêteurs retrouvent des témoins
12:33qui, pour la plupart,
12:34n'ont jamais s'étaient interrogés.
12:36Yannick C.,
12:38l'ex-petit ami,
12:39est entendu.
12:40Il confirme ses toutes premières déclarations.
12:42Il explique s'être disputé avec Sophie
12:44le 1er mai 1996 au matin.
12:47Dès lors,
12:48elle lui a fait la tête ce jour-là.
12:51Il est parti à Flair, en Normandie,
12:53pour encadrer un tournoi de basket.
12:55Yannick C. est rentré dans la soirée.
12:58Sophie était là,
12:59mais elle ne lui a pas adressé la parole.
13:01Même chose le lendemain.
13:03De mai au soir,
13:04il est allé retrouver des amis
13:06en discothèque.
13:07Quand il est rentré,
13:08vers 3h du matin,
13:10sa compagne n'était plus là.
13:12Il ne s'est pas inquiété
13:13car elle avait emporté son trousseau de clé.
13:15Il pensait qu'elle était chez ses parents.
13:17Il a fini par les appeler 4 jours après.
13:21Un autre témoin,
13:22Yvan,
13:22ami de la disparue,
13:24dit avoir reçu la visite de Sophie
13:26le 1er ou le 2 mai.
13:27Il ne se souvient plus très bien.
13:29C'était dans l'après-midi.
13:30Elle était accompagnée d'un garçon brun,
13:32cheveux courts,
13:33qu'il n'avait jamais vu.
13:34Il a tenté par la suite
13:36de contacter Sophie chez elle.
13:38C'est Yannick qui répondait.
13:39Il disait que Sophie n'était pas rentrée.
13:43Les gendarmes s'interrogent sur le compagnon.
13:45L'une des dernières personnes
13:46à avoir vu Sophie chez elle vivante.
13:48Pourrait-il être derrière la disparition
13:50des proches de la jeune femme ?
13:52Le présente comme un garçon
13:53qui supportait mal que Sophie
13:55voit ses copines.
13:57C'est un macho,
13:58témoigne l'une d'elles.
13:59Dans le journal intime de la victime,
14:01on lit cette confidence
14:02en date du 19 mars,
14:04un mois et demi avant la disparition.
14:06« J'ai fait la connaissance d'un homme
14:08de 27 ans, marié, deux enfants.
14:11Il m'a beaucoup attiré. »
14:13écrit Sophie qui ajoute
14:14« Il était gentil, attentionné
14:16tout ce que Yannick était au début.
14:18Je souhaite si fort
14:20qu'il redevienne comme avant.
14:21Il ne m'attire plus,
14:23aussi bien physiquement que moralement.
14:25Les gendarmes trouvent une note
14:28écrite par Yannick
14:29qui précise à une date inconnue.
14:31Je suis malheureux et inquiet.
14:33Si je la trouve avec ce mec,
14:36ça va chauffer. »
14:37Les vérifications ne donnent rien.
14:38Les gendarmes estiment que Sophie
14:40pouvait parfois inventer des histoires.
14:43La piste du compagnon est abandonnée.
14:47Mercredi 8 décembre 1999,
14:49après 15 mois d'enquête,
14:50le juge de Laval délivre un non-lieu.
14:52Les investigations cessent.
14:54Les enquêteurs n'ont pas pu établir
14:56avec précision les circonstances
14:58de la disparition.
14:59Ils ne connaissent ni l'heure,
15:00ni la date exacte du départ de Sophie Chen
15:03de son appartement.
15:05Aucun corps retrouvé.
15:06Les gendarmes n'ont par ailleurs
15:08pas pu identifier
15:10deux mystérieux hommes cités
15:12dans le dossier.
15:12Tout d'abord,
15:13le garçon brun aux cheveux courts
15:14qui accompagnait Sophie
15:15lors de sa visite chez Yvan,
15:18juste avant la disparition.
15:19Et encore l'homme marié
15:21avec deux enfants
15:22dont elle disait être tombée
15:23sous le charme.
15:2427 octobre 1997,
15:26un homme avait écrit à la mère de Sophie
15:29Il certifiait avoir été témoin
15:31de l'enlèvement d'une jeune femme
15:32dans une rue de Laval
15:34contrainte par deux personnes
15:36de monter dans une camionnette.
15:38Témoin qui n'a jamais été entendu.
15:42Et une camionnette, pourquoi pas ?
15:44C'était notamment le mode opérateur
15:46d'un certain Michel Fourniret
15:47et de son épouse Monique Olivier.
15:49Eh bien, figurez-vous
15:50que ce couple va faire son entrée
15:53dans le dossier
15:54et que sa présence à Laval
15:55ou dans la région
15:56va faire l'objet
15:57de bien des spéculations.
15:58On va s'intéresser au Fourniret
16:00dans la suite de l'heure du crime.
16:03Là, il faut vraiment se cantonner
16:04à cette enquête qui reprend
16:06et qui d'ailleurs va être très vite refermée.
16:08Ça ne va pas durer longtemps.
16:09C'est une espèce de parenthèse
16:10comme ça dans le dossier.
16:1228 septembre 1998,
16:14deux ans après la disparition
16:15de Sophie Chêne.
16:16Effectivement,
16:17les investigations reprennent.
16:18Maître Corinne Hermann,
16:19vous êtes avec nous
16:19dans l'heure du crime.
16:21Avocate de la famille
16:22de Sophie Chêne
16:23et vous faites tout
16:24pour faire bouger ce dossier
16:25et pour qu'effectivement
16:26l'enquête s'active.
16:28Elle est en cours d'ailleurs
16:29cette enquête en ce moment même.
16:31Enquête enfin rouverte,
16:33ça c'est une très bonne nouvelle.
16:34Une excellente nouvelle
16:35puisqu'avec les moyens
16:36d'investigation
16:37dont les juges disposent aujourd'hui,
16:39on va pouvoir vérifier
16:41toute une série de points
16:43et puis surtout,
16:43les gendarmes sont très engagés
16:45dans ce dossier,
16:46ont mis toutes leurs compétences
16:47et sont actifs actuellement.
16:48Alors à l'époque,
16:50il y a cette,
16:50je le disais,
16:51cette ouverture très temporaire
16:52de l'enquête.
16:54On ne va pas très loin,
16:55non, dans les vérifications ?
16:56On ne va pas très loin
16:57parce que...
16:57Soyons francs.
16:58Non, on ne fait pas grand chose
17:00quand on rouvre l'enquête
17:02mais c'est en fait
17:03dans un cadre plus général
17:04qui est intéressant
17:05puisque à l'époque,
17:06en 2005,
17:07on rouvre toute une série d'affaires,
17:09on reprend toute une série d'affaires
17:10de femmes qui ont été tuées
17:12ou de femmes qui ont disparu.
17:14Après l'arrestation
17:15de Michel Fourniret,
17:16en fait,
17:16les enquêteurs
17:17et les juges d'instruction
17:18vont tenir une réunion
17:20à Nanterre en 2005
17:21et vont essayer
17:22de déterminer une liste
17:24d'affaires non résolues.
17:25Elles seront à peu près
17:2660 affaires
17:26et dedans,
17:27Sophie Cheyenne figure déjà.
17:29Voilà,
17:29et ça,
17:29on va le voir effectivement
17:30l'apparition de Michel Fourniret
17:32et de son épouse
17:33évidemment dans ce dossier,
17:34on va en parler.
17:36Alors pour l'instant,
17:37il y a ces vérifications,
17:38on cherche des pistes,
17:39on regarde qui aurait pu faire quoi
17:41dans ce dossier.
17:42Nicolas Gouanard,
17:43vous êtes avec nous
17:44dans cette Heure du Crime,
17:45journaliste à Ouest France,
17:46agence de Laval
17:47et vous avez suivi
17:48toute cette affaire.
17:49Nicolas,
17:50on est là deux ans après
17:52la disparition,
17:53pas facile finalement
17:55de retrouver ces témoins
17:56même si Laval,
17:56c'est une petite ville.
17:58Il y a beaucoup
17:59d'incertitudes en fait
18:01autour de
18:02comment elle a disparu.
18:05Ce qu'il faut savoir,
18:05c'est que son compagnon
18:07a mis quatre jours
18:08avant de signifier
18:09sa disparition.
18:10Ce qui, à mon sens,
18:12aurait dû être un élément
18:13qui pousse les enquêteurs
18:14à se saisir rapidement
18:15de deux dossiers.
18:16Après,
18:17ils vont retrouver
18:18beaucoup de gens
18:19qui pensaient avoir vu des choses
18:20mais deux ans après,
18:21ce n'est pas très simple
18:22de rassembler ses esprits,
18:24de témoigner,
18:25d'être certain
18:26d'une heure,
18:27d'un jour.
18:27C'est des pistes
18:28qui mènent nulle part
18:29et surtout qui sont
18:30deux ans après
18:31très compliquées
18:32à vérifier.
18:33Évidemment,
18:34c'est compliqué
18:34à vérifier deux ans après.
18:36Encore une question,
18:37Nicolas Gouanard,
18:37pourquoi est-ce qu'il met
18:38autant de temps
18:38à signaler la disparition
18:40le compagnon Yannick ?
18:43Il pensait
18:44qu'il était,
18:45c'est ce qu'il dit,
18:46il pensait
18:47qu'il était
18:47parti prendre l'air,
18:50parti un peu rassembler
18:52ses esprits,
18:53que c'était une bouderie
18:55en fait.
18:57Mais finalement,
18:58on n'en sait rien.
19:00et surtout,
19:01qu'il met quatre jours
19:02à s'en inquiéter,
19:04c'est assez surprenant.
19:07Oui,
19:07c'est plutôt surprenant.
19:08Effectivement,
19:08on aurait peut-être
19:08dû un peu plus enquêter
19:10là-dessus,
19:10mais finalement,
19:10c'est passé un peu
19:11comme une lettre à la poste.
19:12On ne s'arrête pas
19:13sur ce compagnon,
19:14après tout.
19:15Ce qu'il dit,
19:15ça ne peut être
19:16que la vérité,
19:17dont acte.
19:18Agnès Grossman,
19:19vous êtes journaliste
19:20et auteure du livre
19:21Le mal au féminin,
19:22Monique Olivier,
19:23épouse Fournirée,
19:24qui est publiée
19:24aux éditions
19:25des presses de la cité.
19:27Alors,
19:28il y a ces pistes.
19:28Elles ne sont pas très creusées.
19:30C'est ce que dit
19:30Maître Corinne Hermann.
19:31On ne peut pas dire
19:32qu'ils se soient vraiment
19:33démenés,
19:34les enquêteurs,
19:34pour trouver quoi que ce soit
19:36à l'époque.
19:38On ne parle pas
19:38de tueurs en série
19:39à l'époque ?
19:40On parlait assez peu
19:41de tueurs en série.
19:42On va commencer
19:43à en parler,
19:44je crois,
19:44un an après,
19:45avec Le silence des agneaux
19:47qui sort,
19:48je crois,
19:48en 97.
19:49Il va y avoir
19:51une mode
19:52des tueurs en série.
19:53Oui,
19:53et puis on voit
19:53que ça existe.
19:54Et puis Stéphane Bourgoin,
19:55etc.
19:55Et on pense d'abord
19:56que c'est aux Etats-Unis
19:57au départ.
19:58Mais c'est vrai
19:59que je pense
20:00que les policiers
20:00de l'époque
20:00ne pensent pas
20:01à tueurs en série.
20:02Ils partent
20:03de la scène
20:04de crime
20:04ou de disparition.
20:06Donc,
20:06ils ne partent de rien
20:07puisqu'une disparition,
20:08par nature,
20:09il n'y a rien.
20:10Mais effectivement,
20:11ce n'est pas dans l'air du temps.
20:12Ce n'est pas dans l'air du temps.
20:14Maître Corinne Hermann,
20:15j'ai regardé dans le dossier,
20:16enfin,
20:17c'est une des peu de choses
20:18qui existent dans ce dossier.
20:19Je ne trouve pas
20:20de traces de perquisition,
20:22pas vraiment
20:23de garde à vue non plus.
20:25Vous confirmez ?
20:26Effectivement,
20:27il n'y a pas grand-chose.
20:27Oui,
20:28c'est un dossier
20:28qui est fait
20:28du bout du pied,
20:31vaguement.
20:31On écoute l'ami,
20:33on n'a pas envie
20:34de chercher
20:35cette jeune femme.
20:36Il y a peut-être
20:36d'autres affaires
20:37plus importantes.
20:38Enfin,
20:38on retrouve cette caractéristique
20:40dans beaucoup
20:40de call cases aujourd'hui
20:41qui sont repris,
20:43où on a des jeunes femmes
20:44comme ça
20:44qui disparaissent
20:45et on pense
20:45qu'elles ont refait leur vie.
20:46Même des mamans aussi,
20:48des femmes plus âgées.
20:49On n'a pas envie
20:50de prendre du temps
20:51pour cela.
20:51Aujourd'hui,
20:52par exemple,
20:53le compagnon,
20:53je donne cet exemple,
20:55on ne donne pas son nom,
20:56etc.
20:57Mais il aurait été placé
21:00en garde à vue aujourd'hui ?
21:01Alors aujourd'hui,
21:02déjà,
21:02il y aurait eu
21:03de la téléphonie.
21:03A l'époque,
21:04on n'avait pas
21:04les téléphones portables.
21:05On était au tout début
21:06des téléphones portables
21:07de cette téléphonie.
21:08Donc,
21:08il y aurait déjà eu
21:08une téléphonie
21:09très importante.
21:10Ensuite,
21:11il y aurait eu
21:12des prélèvements,
21:12des prélèvements génétiques.
21:14Et puis,
21:14il y aurait eu
21:15des recherches
21:15de traces de sang.
21:17On a des outils,
21:18on a des révélateurs,
21:19on a des lumières
21:21qui nous permettent
21:21de révéler des traces
21:22biologiques
21:23qui sont nettoyées.
21:24On aurait exploré
21:25son véhicule,
21:26on aurait exploré
21:27son emploi du temps.
21:28Donc,
21:28on a plus de moyens
21:29techniques aujourd'hui
21:30pour travailler
21:30sur ces disparitions.
21:32Dans le décor,
21:33l'apparition de
21:34Michel Fourniret
21:35et Monique Olivier.
21:37Sophie Cheyenne
21:37l'a disparu
21:38du quai Albert Goupil.
21:40On ne motera pas
21:40de la tête
21:41qu'elle a été enlevée.
21:42L'enquête de l'heure
21:43du crime,
21:43le couple Fourniret-Olivier,
21:45tueur itinérant,
21:46était-il dans la région
21:47de Laval
21:48quand la jeune femme
21:49s'est volatilisée ?
21:50Possible à suivre.
21:51Dans un court instant
21:52sur RTL.
21:53L'heure du crime.
21:56Bonne journée
21:57sur RTL.
22:05RTL.
22:06Votre radio.
22:07L'heure du crime,
22:09c'est avec
22:09Jean-Alphonse Richard
22:10sur RTL.
22:12Il y a des avancées
22:14avec des éventuelles questions
22:16qui s'enlèvent
22:16ou qui reviennent
22:17mais il n'y aura
22:18jamais de positif.
22:19Après,
22:19là on avance.
22:20Maintenant,
22:21c'est quand ?
22:21Est-ce que c'est dans un an,
22:22dans deux ans ?
22:23C'est aussi la problématique
22:24de ce qui se passe
22:25dans cette justice,
22:26c'est que ça met du temps.
22:28Au programme de l'heure du crime,
22:30la disparition de Sophie Cheyenne,
22:31cette jeune femme
22:32qui allait avoir 21 ans
22:34s'est volatilisée à Laval
22:35en mai 96.
22:37Aucun individu a inquiété.
22:39Dossier rapidement refermé.
22:41Presque dix ans plus tard,
22:42l'ombre du couple
22:43Fournir et Olivier
22:44commence à planer
22:45sur l'affaire.
22:47Mardi 18 octobre 2005,
22:49le procureur de Laval
22:50décide de rouvrir
22:51l'enquête
22:51sur la disparition
22:52de Sophie Cheyenne.
22:53Sept mois plus tôt,
22:55à la demande des parents,
22:56une note de synthèse
22:57d'un enquêteur
22:58de l'association
22:58APEV.
22:59Aide aux parents
23:00d'enfants victimes
23:01a été remise à la justice.
23:03Elle recense
23:04toute une série
23:04d'actes à accomplir.
23:06Le procureur
23:07préconise
23:07des vérifications.
23:09Il apparaît
23:09que depuis la disparition,
23:11Sophie Cheyenne
23:12n'a laissé derrière elle
23:13aucune trace.
23:14Administrative,
23:15bancaire,
23:16judiciaire.
23:17Dans les mois
23:17qui suivent,
23:18un témoignage
23:19est exploré.
23:20Celui d'un homme
23:20qui certifie
23:21avoir vu la jeune femme
23:22à l'Orient Express,
23:24un bar de Laval
23:25après la disparition.
23:27Mais le témoin se trompe,
23:28c'est avant
23:29qu'il avait croisé Sophie.
23:31A la même époque,
23:32les enquêteurs
23:33se penchent
23:33sur Michel Fourniret,
23:35arrêté en 2003
23:36en Belgique,
23:37et sur son épouse,
23:38Monique Olivier.
23:39Le tueur en série
23:40apparaît alors
23:41comme un criminel itinérant,
23:43spécialiste des raptes
23:44de jeunes femmes.
23:45Le couple connaît bien
23:46la région.
23:47Monique Olivier a grandi
23:48à Nantes.
23:49Elle compte des attaches.
23:50Ici,
23:51en 1990,
23:53le couple a enlevé
23:54et tué la petite
23:55Natacha Dané
23:56à Reusé,
23:57près de Nantes.
23:58Sophie Cheyenne,
23:5921 ans,
23:59correspond au proie
24:01favorite du tandem.
24:03Mercredi 27 septembre 2017,
24:0521 ans après
24:06la disparition
24:07de Sophie Cheyenne,
24:08le procureur de Laval
24:09demande un prélèvement
24:11d'ADN
24:11d'un membre
24:12de la lignée maternelle
24:14de la disparue.
24:15Les scellés
24:15ont en effet
24:16été détruits.
24:17Martial Cheyenne,
24:18le frère,
24:19de la victime
24:19est sollicité.
24:20Il s'agit de comparer
24:21cette trace génétique
24:22familiale
24:23avec celle
24:24des centaines
24:25prélevées
24:26dans les affaires
24:26du couple
24:27Fournir et Olivier,
24:28dans la camionnette
24:29utilisée par l'ogre
24:30des Ardennes
24:31pour partir en chasse,
24:32comme il disait,
24:33ou sur un matelas
24:34entreposé
24:35dans une maison
24:36où ont transité
24:37des victimes.
24:40Et on va parler
24:41des résultats
24:42que vont
24:45montrer
24:45cet ADN.
24:46Quels résultats ?
24:47Est-ce que ces comparaisons
24:48vont matcher ?
24:49On va le voir
24:50évidemment dans la suite
24:51de l'heure du crime.
24:53Agnès Grossman,
24:54vous êtes avec nous
24:55dans cette heure du crime.
24:56Vous connaissez parfaitement
24:57la trajectoire
24:58de ce couple,
24:59les Fournirés,
24:59et notamment
25:00de Monique Olivier.
25:02Vous êtes l'auteur du livre
25:03Le Mal au Féminin.
25:04Monique Olivier,
25:05épouse Fourniré,
25:06qui est publié
25:06aux éditions
25:07des presses
25:08de la cité.
25:09On les retrouve
25:10dans cette région,
25:12les Fournirés,
25:13dans l'ouest de la France.
25:14Ils ont frappé
25:14à Rosé,
25:15je le disais,
25:16c'est la petite
25:17Natacha Danay.
25:18Et Monique Olivier
25:19a des attaches
25:20dans ce secteur-là.
25:21Oui,
25:22elle a un de ses frères
25:23qui habite la région.
25:24Elle-même,
25:25elle a grandi à Nantes.
25:26Et donc,
25:26effectivement,
25:27elle a pu venir
25:28les visiter.
25:29D'ailleurs,
25:29la fois où ils avaient
25:30enlevé la petite
25:31Natacha Danay
25:32sur un parking
25:33de centre commercial,
25:35ils revenaient
25:36d'une visite
25:37chez le frère.
25:38Donc,
25:38effectivement,
25:39ils sont tout à fait
25:40susceptibles
25:40d'avoir été dans la région.
25:43Leur mode opératoire,
25:44on sait.
25:45Alors,
25:45quand ils sont ensemble,
25:46ce n'est pas toujours
25:46la camionnette,
25:47ça peut être la voiture.
25:48Mais bon,
25:49le fait qu'un témoin
25:50ait vu une camionnette
25:51est effectivement inquiétant.
25:52Ça,
25:52c'est troublant quand même.
25:53Oui,
25:53c'est troublant.
25:54C'est troublant
25:55parce qu'effectivement,
25:56chez les Fournirés,
25:58la camionnette,
25:58on peut presque dire
25:59que c'est l'arme du crime.
26:01C'est une des armes du crime,
26:04dit Corinne Hermann.
26:05Mais,
26:06effectivement,
26:07voilà,
26:08les Fournirés sont tout à fait capables,
26:09en tout cas,
26:09de l'avoir fait.
26:10Est-ce qu'ils l'ont fait ?
26:11Je ne sais pas,
26:12mais ils sont capables,
26:14ils peuvent...
26:15C'est arrivé plusieurs fois
26:16qu'une jeune fille
26:17soit enlevée,
26:18qu'elle disparaisse,
26:18qu'on ne sache pas
26:19ce qu'elle est devenue.
26:20L'affaire Estelle Mouzin,
26:21c'est flagrant.
26:22On a mis 20 ans
26:22pour savoir
26:23ce qu'elle était devenue.
26:25Donc,
26:25ça pourrait correspondre.
26:28Ce qui est sûr,
26:28c'est qu'ils en sont capables.
26:31Corinne Hermann,
26:31vous êtes avec nous
26:32et vous défendez
26:33la famille de Sophie Cheyenne.
26:34Évidemment,
26:34cette piste Fourniré,
26:36vous y accrochez
26:37parce qu'elle est importante.
26:38Il ne faut pas du tout
26:39la négliger.
26:39On l'a négligée
26:40pendant trop longtemps.
26:41Elle apparaît en 2005.
26:42C'est West France,
26:42d'ailleurs,
26:43qui va révéler cette date
26:44dans un papier
26:46consacré à l'affaire.
26:482005,
26:48c'est-à-dire que c'est assez tôt
26:49qu'on s'intéresse
26:50au Fourniré.
26:51C'est juste deux ans
26:52après l'arrestation
26:53de Michel Fourniré.
26:54Tout à fait,
26:54c'est deux ans
26:55après son arrestation
26:56parce qu'effectivement,
26:57on pense tueur en série,
26:58on pense qu'ils ont commis
26:59beaucoup de faits
27:00et on va essayer
27:00de référencer
27:01les faits
27:02qui peuvent correspondre
27:04à leur mode opératoire
27:05et au fait
27:05qu'ils étaient itinérants
27:07ou qu'ils n'étaient pas en prison.
27:08On essayait
27:09de reconstituer
27:10la liste des victimes
27:11et donc,
27:11il va y avoir
27:13un document
27:13avec trois cercles.
27:15Le troisième cercle,
27:16ce sont les possibles
27:16qu'il faut explorer
27:17et ce sont une soixantaine,
27:19un peu plus d'une soixantaine
27:20d'affaires
27:20qui vont être référencées
27:22dans laquelle
27:22l'affaire Sophie Echéenne
27:25apparaît
27:26et référencée.
27:27Donc, ça veut dire
27:28qu'on a sorti le livre.
27:29C'est aussi très...
27:29le dossier,
27:30c'est très important
27:31en termes de prescription
27:32aussi dans ces dossiers
27:33d'avoir des actes interruptifs
27:35de prescription
27:35et cette période de 2005
27:39a interrompu la prescription
27:40pour toute une série d'affaires
27:41puisqu'on a sorti
27:42les dossiers
27:43qu'on les a étudiés.
27:44Malheureusement,
27:45on n'a pas investigué
27:46sur ces dossiers.
27:47C'est-à-dire qu'on a juste
27:48regardé un certain nombre
27:49d'éléments
27:49et on n'a pas investigué
27:51et on n'a pas fait
27:51par exemple
27:52de comparaison génétique.
27:53On n'a rien fait à l'époque.
27:54C'est ça.
27:54Et puis,
27:55Fourniret est décédé aujourd'hui
27:57mais Fourniret n'a jamais été interrogé
27:59qui est annexe
28:00comme vous dites
28:00la troisième couronne.
28:02Alors,
28:02c'est la troisième couronne
28:03exactement.
28:04Il n'a pas été interrogé
28:06néanmoins,
28:06il laisse des écrits
28:07après sa mort.
28:09Il y a eu des interrogatoires
28:10où il a joué
28:11avec les personnes
28:12qu'il a interrogées.
28:13Donc,
28:14on va explorer tout ça.
28:16Agnès Grossman
28:16en mots là-dessus
28:17parce que c'est très intéressant.
28:19Monique Fourniret,
28:20Monique Olivier,
28:20pardon,
28:21elle est vivante aujourd'hui.
28:23Elle est vivante.
28:24Elle joue beaucoup
28:24avec les enquêteurs
28:25mais elle est vivante.
28:26Elle peut,
28:26elle peut éventuellement
28:27être interrogée là-dessus
28:28et peut-être parler.
28:29Pourquoi pas ?
28:30Elle peut être interrogée.
28:31D'ailleurs,
28:31elle a été beaucoup,
28:32beaucoup interrogée.
28:33C'est quelqu'un
28:34qui a beaucoup de mal
28:35à parler,
28:35Monique Olivier.
28:36C'est étonnant
28:37parce qu'entre chaque intervention,
28:40entre chaque interrogatoire,
28:41elle parle comme vous et moi.
28:43Mais dès que l'interrogatoire commence,
28:44c'est extrêmement difficile.
28:46Mais vous savez,
28:47on lui demande de raconter
28:47ce que pendant presque 20 ans,
28:4917 ans,
28:50en fait,
28:50elle a été 17 ans
28:51avec Fourniret,
28:52elle a absolument voulu taire
28:54et ne pas dire
28:55et oublier.
28:55Donc aujourd'hui,
28:56finalement,
28:57on lui demande
28:58de raconter
28:59et Monique Olivier
29:00est quelqu'un
29:00qui ne se regarde pas,
29:01qui ne veut pas se voir,
29:03qui ne veut pas se juger,
29:03qui ne veut pas descendre
29:04en elle-même.
29:05Donc,
29:06pour pouvoir raconter,
29:07il faut penser les faits
29:08et elle,
29:09elle ne veut pas les penser.
29:10Donc,
29:10c'est quand même très compliqué
29:11d'interroger Monique Olivier.
29:13Une trace ADN pourrait correspondre
29:16vrai ou faux espoir ?
29:18Sophie Cheyenne l'a disparu
29:19du quai Albert Goupil.
29:21On pense qu'elle est toujours vivante.
29:23On attend de ses nouvelles.
29:24L'enquête de l'heure du crime.
29:25On se retrouve dans un instant
29:26sur RTL.
29:29Tous les jours,
29:31toute la journée,
29:35c'est RTL.
29:40Carrefour.
29:41L'heure du crime,
29:43présentée par Jean-Alphonse Richard
29:44sur RTL.
29:46Retour aujourd'hui
29:47dans l'heure du crime
29:48sur la disparition
29:48en mai 96 à Laval
29:50en Mayenne de Sophie Cheyenne,
29:5221 ans,
29:53tuée par un homme
29:53qu'elle connaissait
29:55ou par un couple de tueurs,
29:56Michel Fourniret,
29:57Monique Olivier.
29:5925 ans après,
30:00cette dernière hypothèse
30:01est retenue par les enquêteurs.
30:03Mercredi 7 septembre 2022,
30:06l'ADN de Jacqueline Cheyenne,
30:08la maman de Sophie,
30:09est à son tour près.
30:10élevé.
30:10Il faut absolument
30:12le comparer
30:12à une trace ADN
30:13retrouvée dans les affaires
30:14de Fourniret
30:15et qui pourrait être
30:16celle de Sophie.
30:18Six mois auparavant,
30:19cette trace
30:20semble avoir un effet
30:21matché avec la disparue.
30:24Preuve serait alors faite
30:25que le couple Fourniret-Olivier
30:26a enlevé
30:27et tué
30:28la jeune femme.
30:29Il faut en avoir
30:30le cœur net.
30:32Sept mois plus tard,
30:335 avril 2023,
30:34les résultats du laboratoire
30:36brisent les espoirs
30:38de la famille Cheyenne.
30:39La trace ADN
30:40féminine
30:41n'est pas celle
30:42de la disparue
30:42de Laval.
30:43La mère de Sophie
30:44ne se décourage pas
30:46pour autant.
30:47On pense
30:48qu'elle est toujours vivante.
30:49On attend de ses nouvelles,
30:50confie-t-elle
30:51à West France.
30:51Martial,
30:52le frère,
30:53redépose une plainte
30:54avec constitution
30:55de parti civil
30:56pour que Sophie
30:57ne tombe pas
30:58dans l'oubli,
30:59précise-t-il.
30:5915 janvier 2025,
31:02un nouveau directeur
31:03d'enquête
31:03appartenant au groupement
31:04de la gendarmerie
31:05de Mayenne
31:06à Laval
31:07est désigné.
31:10Lundi 5 mai 2025,
31:119h15 du matin,
31:13exactement 19 ans
31:15après la disparition
31:16de Sophie Cheyenne,
31:17les gendarmes,
31:18les experts
31:18de l'IRCGN
31:20sont à pied d'œuvre
31:21dans les caves
31:22de l'immeuble
31:23du quai Albert Goupil
31:24à Laval.
31:25C'est ici
31:26que vivait Sophie Cheyenne
31:27et son compagnon
31:28en 1996.
31:29Les spécialistes
31:31sondent le sous-sol
31:32et plus particulièrement
31:34la cave
31:34de l'appartement
31:35avec un géoradar,
31:37appareil qui permet
31:38de déceler une anomalie
31:40dans un mur
31:40utilisé
31:41pour la recherche
31:42de corps
31:42ou de squelettes.
31:44Après 3 heures
31:44de vérification,
31:45les enquêteurs
31:46quittent les lieux,
31:47rien de suspect
31:48n'a été repéré.
31:49Il y a des avancées,
31:51des questions
31:51qui disparaissent,
31:52d'autres qui réapparaissent.
31:54Quand est-ce que nous saurons,
31:55s'interroge
31:56Martial Cheyenne.
32:00Et effectivement,
32:01pour la famille,
32:01c'est l'ascenseur émotionnel
32:03et notamment avec l'ADN
32:05parce que là,
32:05il s'est passé quelque chose
32:06de curieux.
32:06On a cru qu'il y avait
32:07une trace
32:08de la jeune disparue
32:10dans les affaires
32:11de Fourniré.
32:12Ça n'est pas le cas.
32:14Maître Corinne Erman,
32:14il faut nous éclairer là-dessus.
32:15Vous êtes avocate
32:16de la famille de Sophie Cheyenne
32:18et évidemment,
32:19l'ADN,
32:19il est primordial
32:20dans cette affaire.
32:21J'aurais deux questions
32:22mais la première,
32:23elle est simple.
32:23Pourquoi, finalement,
32:24on a hésité
32:26sur cet ADN ?
32:27C'est purement scientifique ?
32:30Déjà,
32:31pendant 10 ans,
32:31on n'a pas fait
32:32de vérification.
32:32On n'arrêtait pas
32:33de le demander.
32:34Je n'ai pas arrêté
32:34de le demander
32:34puisqu'on avait
32:35ces 31 ADN inconnus
32:37qui avaient été prélevés
32:38à la fois sur des matelas
32:39ou dans le faugan
32:40de Michel Fourniré.
32:41Et pendant 10 ans,
32:42on laisse tout cela
32:43pourrir tranquillement,
32:45je dirais,
32:45dans les archives
32:46de la justice,
32:46de la police.
32:47Donc,
32:47on les reprend
32:48en 2016,
32:502017
32:50et on commence
32:51à aller voir les parents
32:52partout sans les avertir.
32:53Pour les prélever,
32:54c'est juste un choc.
32:56Voilà,
32:57le résultat
32:58ne va pas être positif,
32:59n'est pas positif
33:00pour l'instant.
33:01Moi,
33:02je vous dis
33:02qu'on va demander
33:03des vérifications
33:04parce que souvent...
33:05Une triple vérification,
33:07alors ?
33:07On va demander d'abord
33:08parce qu'il y a
33:09d'autres ADN,
33:10d'autres empreintes génétiques
33:11inconnues
33:11qui ont été...
33:12Oui.
33:13Beaucoup.
33:14Qui n'ont pas été comparées
33:15pour l'instant
33:16à Sophie Cheyenne
33:17puisque Mme Kéris,
33:18quand elle a repris
33:19les dossiers
33:20du meurtre de Joana Paris,
33:22du meurtre de Marie-Angèle Domès
33:23et d'Estelle Mouzin,
33:24on a révélé
33:25toute une série,
33:26elle a repris les analyses
33:27et on a révélé
33:28toute une série
33:28d'empreintes génétiques
33:29qui, pour l'instant,
33:30ne sont pas identifiées.
33:31Donc déjà,
33:32on va demander
33:32une comparaison
33:33avec ces empreintes génétiques
33:34et surtout,
33:35un travail différent
33:36sur ces empreintes génétiques
33:38parce que...
33:39Je veux juste rappeler
33:40quelque chose
33:40sur Estelle Mouzin
33:41lorsque l'on demande
33:43des vérifications,
33:44c'est-à-dire que
33:45ces 31 ADN
33:46soient comparés
33:46à Estelle Mouzin,
33:47on nous dit
33:47qu'elle n'est pas là.
33:48Ça correspond à elle.
33:49Pas à elle.
33:50Et en fait,
33:51il y avait une des empreintes
33:52qui correspondait
33:53à Estelle Mouzin.
33:54Et on a failli la rater.
33:54Et on est parti à côté.
33:55On l'a raté.
33:56Il a fallu refaire
33:57des analyses
33:58qu'on a redemandées plus tard
33:59pour qu'il y ait
34:00une correspondance.
34:01Donc là,
34:01moi, je me méfie
34:02de ces résultats-là.
34:03Je le dis clairement,
34:04je vais faire des demandes
34:06de revérification
34:07et de comparaison
34:08avec les autres
34:09empreintes génétiques
34:10qui sont très nombreuses.
34:11Il y en a beaucoup
34:12pour voir si on retrouve
34:13la trace de Sophie chez elle.
34:16Agnès Grossman,
34:17auteure du livre
34:17Le Mal au Féminin,
34:18Monique Olivier,
34:19épouse Fourniré,
34:20qui est publiée
34:20aux éditions des Presses
34:21de la Cité.
34:22Évidemment,
34:22vous connaissez bien
34:23ce couple infernal
34:24qui a laissé
34:25beaucoup de traces
34:26derrière lui.
34:26Et comme d'ailleurs
34:27souvent les tueurs en série
34:28sont conservateurs.
34:29Donc il y a ce matelas
34:30qui a donné beaucoup d'ADN.
34:31Il y a cette camionnette,
34:33cette voiture aussi.
34:34Et garder beaucoup
34:35de vêtements aussi.
34:36On a retrouvé chez eux
34:37beaucoup de vêtements
34:38d'enfants
34:40et de jeunes filles.
34:40Comme des trophées ?
34:42Je ne sais pas exactement.
34:44Peut-être que Corinne Hermann,
34:46il n'était pas...
34:49Michel Fourniré est quelqu'un
34:50qui tuait rapidement
34:51ses victimes.
34:51C'était vraiment...
34:53Il était toujours à la recherche
34:54de ce qu'il appelait
34:55cette blancheur initiatique.
34:57Après,
34:57il se dé faisait
34:59facilement des corps.
35:00Ce que je voulais juste dire
35:01par rapport
35:02à la disparition
35:03de Sophie Chêne,
35:05c'est que ça arriverait
35:06pendant ce qu'on a appelé
35:08cette soi-disant
35:09décennie blanche
35:10entre 90 et 2000.
35:11La période blanche
35:12si controversée.
35:13Oui, parce qu'en fait,
35:14on se rend compte quand même
35:15qu'il y a Natacha Danais,
35:17on se rend compte
35:17qu'il a essayé
35:18d'enlever une jeune femme
35:20sur un parking d'hôpital.
35:22Il a attaqué
35:22une jeune femme
35:24toiletteuse pour chiens.
35:25Il a essayé
35:26d'enlever
35:26une jeune femme asiatique
35:27avec le concours
35:28de Monique Olivier
35:29pour qu'elle vienne donner
35:30des cours de leçons
35:30de piano à Céline.
35:32Mais cette jeune femme
35:33n'a pas été.
35:34Elle ne les a pas senties.
35:35avec justesse.
35:37Et donc,
35:38voilà,
35:39tout peut être arrivé
35:41pendant cette décennie blanche.
35:42En fait,
35:43on ne sait pas trop
35:44qu'est-ce qui s'est passé.
35:45On a retrouvé
35:46chez eux
35:46énormément de sel
35:49qu'on met
35:50pour faire fondre la neige,
35:51mais qui peut aussi
35:52faire dissoudre des corps.
35:54Dissoudre des corps,
35:54c'est ça.
35:55Donc, comment ils ont procédé
35:57sur cette décennie-là
35:58à ce qu'ils ont fait autrement ?
36:00C'est aussi
36:00dans cette période
36:01où est censée avoir disparu
36:03une babysitter dont Monique Olivier
36:05a parlé,
36:06que Michel Fourniri
36:07a toujours nié.
36:09Donc,
36:09on ne sait pas trop
36:10ce qui s'est passé,
36:11comment ils ont officié
36:12pendant cette décennie.
36:1330 ans après,
36:15le pôle des cold case
36:16reprend l'affaire.
36:18Sophie Cheyenne
36:18l'a disparu du quai
36:19Albert Goupil
36:20quand elle s'est volatilisée.
36:22Je me souviens avoir ressenti
36:24de la colère.
36:25L'enquête de l'heure du crime,
36:26je vous retrouve tout de suite
36:27sur RTL.
36:28Bonne journée
36:28sur RTL.
36:37RTL,
36:38votre radio.
36:39Aujourd'hui sur RTL.
36:40L'heure du crime
36:41présentée par
36:42Jean-Alphonse Richard
36:43sur RTL.
36:45Dans l'heure du crime aujourd'hui,
36:46la disparition
36:47de Sophie Cheyenne
36:48en mai 96.
36:50Cette jeune femme
36:51qui allait fêter
36:51ses 21 ans
36:52s'est volatilisée
36:53à Laval.
36:54La piste du couple
36:55fourniré
36:56n'a jamais été fermée.
36:5730 ans après,
36:58le pôle des Colquay
36:59s'empare du dossier.
37:02Jeudi 16 avril 2026,
37:05le journal Ouest France
37:06révèle que la juge
37:07d'instruction du Mans
37:08en charge de l'affaire
37:09Sophie Cheyenne
37:10est dessaisie
37:12au profit
37:12du pôle des Colquay
37:13à Nanterre.
37:14C'est la juge
37:15Sabine Kéris
37:16qui connaît par cœur
37:17le dossier
37:18Michel Fourniré
37:18et Monique Olivier
37:19qui va poursuivre
37:20les investigations.
37:22L'ombre du couple
37:23de tueurs en série
37:24n'a jamais cessé
37:25de planer
37:25sur la disparition.
37:27Le frère de Sophie Cheyenne,
37:29Martial Cheyenne,
37:30se réjouit
37:30de cette nouvelle étape.
37:35En 2025,
37:37Martial Cheyenne
37:38racontait à Ouest France
37:39sa longue attente
37:41de la vérité.
37:42On essaie
37:43d'être patient.
37:44Quand elle a disparu
37:45sur le moment,
37:46je me souviens avoir
37:46ressenti de la colère.
37:48Puis j'ai occulté
37:49cette affaire
37:50pendant des années.
37:51Je n'ai jamais cru
37:52qu'elle aurait pu
37:53disparaître comme ça
37:54du jour
37:55au lendemain.
37:57On essaie de rester
37:59positif,
38:00entre guillemets,
38:00mais ouais,
38:02ça bouleverse en fait.
38:04Il y a des personnes
38:05derrière,
38:05je ne suis pas tout seul,
38:06il y a plusieurs.
38:06On va avoir des réponses
38:07et dans ce cas-là,
38:09j'aurai peut-être
38:10des réponses.
38:11Quand ?
38:11La question,
38:12c'est quand ?
38:12Combien de temps
38:13je vais vivre avec ça ?
38:16La voix de Martial Cheyenne,
38:18c'est le frère de Sophie,
38:19interviewé par
38:21Issy Mayenne
38:22en janvier 2025.
38:25Maître Corinne Hermann,
38:27vous nous accompagnez
38:27depuis le début
38:28de cette heure du crime,
38:29avocate au barreau de Paris,
38:30avocate de la famille
38:31de Sophie Cheyenne.
38:33Alors,
38:34il y a la piste fournirée,
38:35on en a parlé,
38:36mais ce n'est pas la seule.
38:37Ce que vous demandez,
38:38c'est que tout soit rouvert,
38:40tout soit vérifié
38:41et le meilleur exemple,
38:42ce sont ces fouilles
38:42dans cet immeuble
38:43où habitaient Sophie.
38:45Effectivement,
38:45on n'a rien trouvé
38:46dans ces fouilles,
38:47pour l'instant.
38:48À l'heure actuelle,
38:48on n'a pas encore
38:49tous les résultats.
38:50Ce n'est pas parce
38:51qu'il n'y a pas de fouilles
38:52tout de suite
38:52qu'il n'y a pas des choses
38:53à vérifier.
38:54Ça se fait en plusieurs temps.
38:55Les vérifications
38:56se font toujours
38:57en plusieurs temps.
38:58Mais oui,
38:58on demande à ce que
38:59toutes les pistes
39:00qui sont apparues
39:01dans le dossier
39:01d'une façon ou d'une autre,
39:02ou tout témoignage
39:03qui apparaîtrait aujourd'hui
39:04qui nous permettrait
39:05d'ouvrir une nouvelle piste
39:06soient explorés totalement.
39:08Comme on dit,
39:08il faut fermer
39:08toutes les portes
39:10avant de pouvoir
39:11retenir une hypothèse
39:12plutôt qu'une autre.
39:13Est-ce qu'il faut
39:14réentendre des témoins ?
39:15Parce que les témoins,
39:16ils ont été,
39:16il faut bien le dire,
39:17on le dit depuis
39:17le début de l'émission,
39:18c'est un scandale,
39:19je suis désolé,
39:19mais ils ont été
39:21effleurés ces témoins.
39:22C'est-à-dire qu'on leur a posé
39:23une vague question
39:24dans un coin
39:25et puis on a plié l'affaire,
39:27c'était trop rapide.
39:28Il faut les réentendre ?
39:28Il faut réentendre tout le monde,
39:30il faut vérifier
39:31tout ce qu'on peut vérifier
39:32encore aujourd'hui,
39:33il faut entendre des proches,
39:34il faut vraiment
39:35faire une enquête
39:35comme si Sophie Cheyenne
39:37avait disparu
39:38il y a quelques jours.
39:40Je le plaide souvent
39:41mais il faut
39:42traiter ces dossiers
39:43comme si ça venait d'arriver,
39:46réentendre tout le monde,
39:47remettre tout le monde
39:47sur le grill,
39:48le temps qui passe
39:49peut être un avantage
39:50parce que,
39:50évidemment,
39:51ça travaille,
39:52on y repense,
39:53on n'a pas osé témoigner
39:54donc on se dit
39:55finalement maintenant
39:55je le ferai bien,
39:57le temps a passé,
39:58j'ai le courage de le faire,
39:59donc voilà.
40:00On redémarre à zéro
40:01et il faut tout revérifier.
40:02Il faut revérifier
40:03puis on a des enquêteurs,
40:04on a des visages nouveaux,
40:06des yeux nouveaux
40:07sur ce dossier,
40:07ça c'est important,
40:09ça c'est bien,
40:10le chef d'enquête
40:11il est nouveau,
40:12il ne connaissait pas
40:12cette affaire,
40:13la juge aussi.
40:14Et puis aujourd'hui
40:15on croit en colquaises,
40:17on commence à avoir
40:18des techniques pour le faire
40:19et puis on a aussi
40:20des techniques de police
40:20scientifique
40:21qui sont très utiles
40:22dans les colquaises
40:23qui nous permettent
40:23de sortir,
40:24vous voyez bien là,
40:25le pôle en sort presque
40:26un tous les deux mois,
40:26presque tous les mois,
40:28donc c'est avec les techniques
40:29d'aujourd'hui
40:29et l'envie des enquêteurs
40:32on sait qu'ils ont envie
40:33de savoir ce qui s'est passé
40:34pour Sophie
40:35et ils vont utiliser
40:36toutes les techniques
40:37dont on bénéficie aujourd'hui
40:39notamment aussi
40:40des analyses criminelles
40:41qui vont pouvoir
40:43je dirais analyser
40:44des comportements
40:45et puis des trajectoires
40:46donc voilà,
40:47il y a un grand travail
40:48à faire sur ce dossier
40:50et on aurait dû le faire
40:51à l'époque
40:52mais aujourd'hui
40:52il faut tout reprendre
40:53et le faire.
40:53Bon, ce sont des signes d'espoir
40:54que vous nous donnez
40:55maître Corinne Herrmann,
40:57je sais que vous êtes
40:57optimiste de nature
40:58et que dans les dossiers
40:59il ne faut jamais s'arrêter.
41:01c'est Agnès Grossman
41:02auteure du livre
41:03Le Mal au Féminin
41:04c'est un très bon titre
41:05Monique Olivier
41:06épouse Fourniré
41:07qui a été publiée
41:08aux éditions
41:09des Presses de la Cité
41:11Sophie Chéenne
41:12alors c'est un dossier
41:13discret
41:14très peu connu
41:15effectivement
41:15dont on parle aujourd'hui
41:17Sophie Chéenne
41:17elle est entrée
41:19tardivement
41:19dans la galaxie
41:20Fourniré
41:21mais c'est vrai
41:22que ça correspond
41:22vous l'avez dit
41:23à son mode opératoire
41:24elle peut très bien
41:25être une victime
41:27potentiel
41:27de Fourniré
41:28elle peut
41:29oui
41:29elle est jeune
41:31j'imagine qu'elle est jolie
41:34lui il aimait bien
41:35les jeunes filles
41:35qui avaient l'air
41:36de jeunes filles
41:36qui avaient l'air
41:37c'est tout à fait ça
41:37avec elle
41:38sur les photos
41:38c'est ce qui se révèle
41:40elle peut
41:41et puis il y avait un truc
41:42elle venait de s'engueuler
41:42avec son copain
41:43et en fait
41:44dans plusieurs affaires criminelles
41:46que moi j'avais raconté
41:47notamment
41:48sur Ted Bundy aussi
41:50souvent quand vous venez
41:51de vous engueuler
41:51vous n'êtes pas bien
41:53dans votre peau
41:53si je puis dire
41:54votre instinct
41:56est moins fort
41:58vous pouvez plus facilement
42:00être enlevé
42:01il peut plus facilement
42:02vous arriver
42:03quelque chose de mal
42:04parce que votre instinct
42:05au mal
42:06c'est étonnant
42:07ce que vous racontez
42:07toutes les victimes
42:09de Ted Bundy
42:10avant d'être enlevées
42:11par lui
42:11tueurs en série
42:12je précise
42:13tueurs en série
42:13avaient subi une contrariété
42:15leur instinct était émoussé
42:17et elle
42:18elle venait de s'engueuler
42:18avec son copain
42:20donc c'est possible
42:21qu'elle ait pu
42:21pas manquer de prudence
42:23mais peut-être manquer
42:24de jugement
42:26ou de clairvoyance
42:27ou de clairvoyance
42:27on sait pas
42:28on sait pas
42:29peut-être que
42:30c'est tout à fait autre chose
42:31je veux pas non plus
42:32mais oui
42:33de toute façon
42:34oui
42:34toutes les jeunes filles
42:35qui ont disparu
42:36à une époque
42:36qui étaient jolies
42:37qui étaient jeunes
42:38qui avaient l'air
42:39candides
42:40qui avaient une espèce
42:41de candeur
42:41sont susceptibles
42:42d'avoir été enlevées
42:43par Michel Fourniret
42:45enfin
42:45en tout cas
42:46dans cette région
42:48avec évidemment
42:49avec sa femme
42:49puisque sa femme
42:50connaît très bien
42:52dans la région
42:52et vous l'avez dit
42:54et ils étaient en plus
42:55tout à fait capables
42:56d'aller passer la soirée
42:58chez quelqu'un
42:58de revenir
42:59tiens
42:59avoir une occasion
43:00et la saisir
43:01alors le fait est
43:02c'est que la famille
43:03se bat aujourd'hui
43:04avec vous
43:04maître Corinne Hermann
43:05pour la vérité
43:07vous nous avez dit
43:07que cette vérité
43:08elle est peut-être
43:09pas si loin que ça
43:11Nicolas Gouanard
43:12je termine cette émission
43:12avec vous
43:14Martial Cheyenne
43:15c'est le frère
43:16de Sophie
43:17il se bat
43:18sans arrêt
43:19et là
43:19il a repris le combat
43:20il se bat
43:20pour la vérité
43:22oui oui
43:23il se bat
43:23et il veut beaucoup
43:24de réponses
43:24parce qu'en marge
43:26de la disparition
43:26de Sophie
43:27il y a le père
43:28de Sophie
43:28qui est décédé
43:29il y a quelques années
43:30qui est mort
43:30sans avoir eu
43:31ces réponses là
43:32et dans la famille
43:33il y a une volonté
43:34de savoir
43:35ce qu'elle est devenue
43:38merci beaucoup
43:40Nicolas Gouanard
43:41maître Corinne Hermann
43:42et Agnès Grossman
43:43d'avoir été aujourd'hui
43:44les invités
43:45de l'heure du crime
43:45merci à l'équipe
43:46de l'émission
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