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  • il y a 8 heures
SMART IMPACT du 25 avril 2026, Le magazine de l'économie durable et responsable

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02:19On voit déjà que le CO2 sur 800 000 ans, il a toujours changé.
02:25Il y avait des moments où naturellement il y avait beaucoup de CO2 dans l'atmosphère et donc il faisait
02:30très chaud.
02:31Il y avait des moments où l'inverse aussi se produisait naturellement.
02:34On n'avait pas beaucoup de CO2 dans l'atmosphère donc il faisait un peu plus froid.
02:38Et c'est là où on avait les fameux âges de glace.
02:42Donc Claude et ses équipes ont démontré que en fait notre climat naturellement il a toujours changé mais dans une
02:47certaine enveloppe climatique.
02:50Sur les 800 000 ans on est resté dans ce couloir de la vie auquel on s'est adapté.
02:56Aujourd'hui en fait on a découvert qu'en brûlant du charbon, du gaz et du pétrole qu'on pouvait
03:01faire fonctionner des grosses machines, qu'on pouvait faire la fameuse révolution industrielle.
03:06Mais très vite on est devenu complètement addict à ces énergies fossiles.
03:11Aujourd'hui voilà où on en est en termes de l'augmentation du CO2 sur Terre.
03:15On n'a pas vu ça depuis des millions d'années. On n'a jamais vu ça à cette vitesse.
03:22Saviez-vous que selon le World Economic Forum, 50% du PIB mondial dépend directement de la bonne santé des
03:31écosystèmes.
03:32Mais seulement 0,25% de ce PIB est consacré à leur protection.
03:40On peut donc dire avec une absolue certitude, je pense que la théorie du ruissellement ne fonctionne pas du tout
03:46avec la nature.
03:48C'est un déséquilibre qui est absurde en réalité.
03:51Chaque geste, chaque souffle, chaque activité et 100% de ce que nous entreprenons est directement conditionné par l'habitabilité
04:01de cette planète
04:01est le produit de plus de 3 milliards d'années d'évolution qui nous relient à chaque créature embarquée sur
04:09ce vaisseau spatial Terre à nos côtés.
04:12Vous l'avez en fait certainement déjà ressenti ce déséquilibre inquiétant et pourtant aveuglé par les urgences du quotidien,
04:20les pressions du monde économique dans les entreprises.
04:23Là où se prennent toutes les décisions qui façonnent notre avenir, nous n'entendons pas résonner la voix de la
04:32nature.
04:33Pas un siège, pas un vote et rarement un mot pour ses intérêts vitaux dans les conseils d'administration par
04:42exemple.
04:43Alors pourquoi ?
04:45Et bien parce que depuis trop longtemps, nous considérons la nature comme un stock de marchandises, un stock de matières
04:54premières, un flux de biens, de services écosystémiques gratuits à notre disposition.
05:01Et cette vision profondément utilitariste, elle a certes permis l'essor d'une économie extractive,
05:08mais fondée sur la maximisation du profit à court terme et au détruiment des intérêts et des équilibres écologiques de
05:16long terme.
05:18Et donc à quel prix ?
05:20La perte massive de la biodiversité, on en a parlé, le dérèglement climatique, on en a parlé, la destruction des
05:26écosystèmes qui soutiennent nos sociétés.
05:30Sauf que demain, aucune entreprise ne peut créer de la valeur sur une planète morte.
05:47Sous-titrage Société Radio-Canada
06:35Qu'est-ce que c'est que l'économie ?
06:37C'est une convention qui ignore superbement les bactéries, qui ignore superbement la flore intestinale dont vous a parlé Gilles
06:44Boeuf tout à l'heure,
06:45qui ignore superbement le Svalbard dont vous a parlé Heidi Seves.
06:48Tout ça, ça n'existe pas dans l'économie, puisque comme vous le savez très bien, l'économie considère comme
06:53gratuite tout ce qui nous entoure sur Terre.
06:55Donc finalement, ce qui est indispensable à notre vie est gratuit dans cette convention qui est utilisée par les décideurs
07:00au quotidien.
07:01Et la seule chose, le seul indicateur agrégé, même que vous et moi, nous utilisons tous les jours, c'est
07:07l'argent.
07:07C'est le seul indicateur agrégé vraiment qu'on utilise. L'argent qu'on utilise pour aller acheter notre baguette,
07:12pour payer notre carte de transport, ou pour aller acheter des vêtements.
07:17C'est de l'argent qu'on utilise, c'est vraiment ça l'indicateur qu'on utilise tous les jours.
07:21Ce monde physique dans lequel nous sommes plongés, et auquel le système climatique appartient, on va dire, il est inexistant,
07:28en fait, dans nos têtes, et donc il est inexistant dans nos cœurs.
07:31La technique, c'est vachement bien, sauf que pour le moment, ça fait deux siècles qu'on fait du progrès
07:36technique, et ça fait deux siècles que les problèmes environnementaux augmentent.
07:39Donc si le simple fait de faire de la technique, si le simple fait d'augmenter les budgets de R
07:43&D, ça sauvait l'environnement, je pense que ça serait déjà vu.
07:46Pour le moment, manifestement, c'est pas ça qui se passe.
07:48Peut-être qu'on peut apprendre du vivant. Alors en fait, ce qui est surtout embarrassant, c'est notre obsession
07:53pour la performance.
07:56Alors, je vais bien la définir, la performance, c'est la somme de l'efficacité et de l'efficience.
08:02Efficacité atteint de son objectif, efficience avec le moins de moyens possibles.
08:07Bon ben ça, c'est une valeur cardinale, qui nous habite du matin au soir, le trajet domicile-travail, la
08:13séparation des fourchettes et des couteaux.
08:15Voilà, on fait de la performance, mais du matin au soir, la planification des vacances, c'est encore de la
08:20performance.
08:21Et donc on peut se dire, pourquoi est-ce qu'on fait de la performance ? Est-ce que c
08:25'est quelque chose qui est nécessairement positif ?
08:27Ben vraiment, je vous invite à regarder dans les textes des sites web, etc.
08:31Vous verrez, la performance en général, c'est toujours quelque chose de positif.
08:34La performance énergétique, la performance pédagogique, la performance économique, c'est toujours positif.
08:39Alors je voudrais quand même vous donner quelques arguments pour dérailler.
08:45Et je dis bien dérailler, parce que nous sommes sur des rails.
08:49Je pense que tous les intervenants précédents vous l'ont dit, nous sommes sur des rails.
08:53Donc il va falloir dérailler.
08:55Alors c'est quoi les arguments qu'on peut avoir contre la performance ?
08:58Alors il y a un premier mot qui vient, c'est l'optimisation.
09:03Quand on optimise, on fragilise.
09:07Et ça, ça ne dépend pas du système.
09:10C'est toujours vrai.
09:11Il y a une deuxième critique, c'est le cerveau humain qui regarde un indicateur de performance.
09:16C'est-à-dire que quand on regarde un indicateur de performance,
09:18en fait ça nous pousse à la pensée réductionniste.
09:21On ne voit plus que l'indicateur de performance et on oublie tout le reste.
09:25Il y a un adage zen pour ça, qui est très clair.
09:28Celui qui a atteint son objectif a manqué tous les autres.
09:32L'autre critique qu'on peut faire de la performance, c'est le résultat de notre performance.
09:36Qu'est-ce que ça a donné, notre performance ?
09:38Une dévastation planétaire.
09:40Le burn-out des humains, c'est la partie émergée d'un burn-out planétaire.
09:47Nous sommes tous épuisés.
09:50Et comme le disait Marine, c'est tous humains comme non-humains.
09:54On est tous épuisés.
09:56Donc comment on fait avec ce monde-là qui est obsédé par la performance
10:00et qui, c'est un peu contre-intuitif,
10:02mais on augmente les performances pour ajouter du contrôle,
10:06pour se sentir en sécurité.
10:08Et plus on augmente la performance, plus on rend le monde en insécurité.
10:13On est en train de générer une polycrise.
10:16La polycrise, la permacrise, le monde vu-cas, le monde banni,
10:20tout ça, c'est le produit de notre performance.
10:22On n'a pas envie de choisir rien, ni mauvais film, ni mauvais rôle.
10:29On veut milliards de milliards, milliards d'euros,
10:33milliards d'euros.
10:36On n'a pas envie de choisir rien, ni mauvais film, ni mauvais rôle.
10:42On veut milliards de milliards, milliards d'euros, milliards d'euros.
10:58Je regarde le monde qui tombe et tourne autour.
11:03Un milliard de roses, faire de l'argent comme on fait l'amour.
11:10Un milliard de roses, le bonheur se monnaie,
11:13des grands et merveilleux.
11:15On se paye un milliard de choses,
11:18je voudrais débier vers vous, écrire des poèmes.
11:22Écrire un milliard de roses,
11:25puisque les banquiers deviennent rois.
11:27Chez moi, il faut voir comme on nous parle.
11:30Chez moi, il y a du pétrole sur les pétales.
11:32Chez moi, il y a du pétrole sur les pétales.
12:04Un milliard de roses,
12:10un milliard de roses.
12:17Un milliard de roses.
12:24Un milliard de roses.
12:41La nature est une communauté vivante, avec des droits intrinsèques et une valeur propre.
12:49Une valeur qui n'est pas dépendante de son utilité pour nous ou du profit que nous pouvons en tirer.
12:55Et si nous avons besoin de reconnaître les droits de la nature, c'est parce que le droit de l
13:00'environnement tel qu'il existe aujourd'hui,
13:02alors certes, il protège déjà certains usages, il encadre déjà certains projets,
13:08mais en réalité, il a beaucoup de mal à reconnaître et à garantir l'intégrité du vivant.
13:12Son droit d'existence et les interdépendances vitales entre nous, les êtres humains, et nos milieux de vie.
13:21Et c'est pour ça que partout dans le monde, des initiatives se développent pour sortir de cette impasse juridique.
13:28L'Équateur a reconnu les droits de la nature dans sa constitution déjà depuis 2008.
13:33L'Espagne a reconnu les droits de la lagune Marménor.
13:37Et désormais, la Nouvelle-Zélande a accordé une personnalité juridique pour le fleuve Vanganui.
13:44Désormais, il a des tuteurs légaux ce fleuve, qui sont aux yeux de la loi les visages humains du fleuve.
13:51Qu'est-ce qui peut éventuellement se passer pour que les choses aillent mieux ?
13:54Il faut qu'on réinvente d'une certaine manière notre rapport à la limite.
13:58C'est ça notre problème.
13:59En fait, c'est qu'on ne sait pas gérer notre rapport à la limite.
14:02Et la solution au changement climatique est beaucoup plus là-dedans que dans le fait de faire encore des petits
14:09réacteurs modulaires nucléaires.
14:10J'adore le nucléaire, mais ça ne va pas changer grand-chose finalement, tant qu'on n'aura pas changé
14:14notre rapport à la limite.
14:16Quand vous regardez l'histoire humaine, et elle est particulièrement emblématique aux États-Unis,
14:21qui est le pays au monde qui ignore le plus la limite culturellement,
14:25vous vous rendez compte que tout ce que nous avons cherché à faire tout le temps, partout, c'était de
14:30transgresser les limites.
14:32Regardez, pour qui est-ce que vous avez de l'admiration ?
14:34Pour qui est-ce que vous avez de l'émerveillement ?
14:36Pour le sportif qui va sauter plus haut que ce qu'il avait sauté la dernière fois,
14:39pour le navigateur qui va aller plus loin que là où il était allé la dernière fois,
14:43que pour l'astronaute qui va sortir dans l'espace plus longtemps que la dernière fois,
14:47et pour le plongeur océanique qui sera descendu plus bas que là où il est descendu la dernière fois.
14:52Quand on regarde les êtres vivants, ils nous donnent une recette, une loi, un principe essentiel,
14:58et ce principe c'est la robustesse.
15:00Les êtres vivants, tous les êtres vivants, sont robustes.
15:05Donc la définition de la robustesse, un système qui est robuste,
15:07c'est un système qui est stable et viable malgré les fluctuations.
15:13Pensez à un arbre dans le vent.
15:16Un arbre dans le vent, il est stable malgré les fluctuations.
15:19Et c'est même mieux que ça. L'arbre va utiliser le vent pour faire son architecture.
15:24C'est le vent qui sculpte l'arbre.
15:26Mais l'arbre, il est aussi viable malgré les fluctuations.
15:29Il est capable de résister à des sécheresses estivales, à des gelées hivernales, à la foudre même.
15:33Donc il est quand même capable de résister à des fluctuations très très fortes.
15:37Il a un espace de viabilité énorme.
15:39C'est ça, les êtres vivants.
15:41Ils sont robustes.
15:43Alors comment font-ils pour être robustes ?
15:44C'est finalement ça le cœur du problème.
15:47Les êtres vivants sont robustes parce qu'ils ne sont pas performants.
15:52Voilà que d'un coup, notre regard sur le monde change.
15:57Voilà que d'un coup, nous ne vivons plus uniquement de la nature ou dans la nature.
16:04Voilà que nous vivons avec la nature.
16:08Voilà que s'installent des nouvelles logiques de partage, de cohabitation, de respect.
16:15Voilà que nos institutions se transforment pour penser le temps long.
16:20Et en France, ce mouvement progresse.
16:22De Garonne jusqu'ici, sur la Seine, des réserves naturelles à des zones en libre évolution.
16:28Des collectifs citoyens, des villes, des associations portent l'idée que les fleuves, que les forêts, que les montagnes devraient
16:35avoir voix au chapitre.
16:37Et si tu n'existais pas, dis-moi pourquoi j'existerais ?
16:46Pour traîner dans un monde sans toi, sans espoir et sans regret.
16:59Et si tu n'existais pas, j'essayerais d'inventer l'amour.
17:08Comme un peintre qui voit sous ses dents naître les couleurs du jour.
17:18Et qui n'en revient pas, si tu n'existais pas.
17:31Et si tu n'existais pas, dis-moi pourquoi j'existerais ?
17:41Des poissons endormis dans tes portes, que je m'aimerais jamais.
17:54Et si tu n'existais pas, je ne serais qu'un point de plus.
18:04Dans ce monde qui va et qui va, je me sentirais perdue.
18:14J'aurais besoin de toi, si tu n'existais pas.
18:35Sous-titrage Société Radio-Canada
18:53Et si tu n'existais pas, dis-moi comment j'existerais ?
19:02Je pourrais faire semblant d'être mal, mais je ne saurais pas vrai.
19:15Et si tu n'existais pas, je crois que je l'aurais trouvé.
19:25Les secrets de la vie de ton fort, simplement pour te prier.
19:35Et pour te regarder, si tu n'existais pas.
19:47On sait que les activités humaines sont responsables du changement climatique.
19:52C'est implacable aujourd'hui, c'est indiscutable.
19:55Mais le problème, c'est que nous, les écosystèmes que nous étudions, ils sont en train de réagir extrêmement rapidement
20:02à cette augmentation de température.
20:05Prenons par exemple ce qui se passe au niveau de nos glaciers de montagne.
20:10Ce que l'on observe aujourd'hui, c'est que nos montagnes sont en train de s'effondrer, sous le
20:16coup du changement climatique.
20:18Parfois, en s'effondrant comme en Suisse dernièrement, quand les montagnes s'effondrent, parfois elles s'effondrent sur des glaciers.
20:25Et parfois même, ces glaciers s'effondrent sur des villages.
20:30Aujourd'hui, n'oublions jamais le lien entre ces émissions de gaz à effet de serre et les glaciers, comme
20:35ce qui s'est passé en Suisse.
20:37Pour chaque tonne de CO2 que nous émettons, c'est 16 tonnes de glace qui fondent.
20:46Donc aujourd'hui, à nous de décider ce qui va se passer dans nos montagnes.
20:51A nous de décider à quel point on veut faire face à ces risques aujourd'hui.
20:58On a tous le souvenir de ce qui s'est passé à Blatton, en Suisse, avec l'effondrement du glacier.
21:05Mais tout ça, on est en train de le voir absolument partout sur terre aujourd'hui.
21:12Nos glaciers de montagne, on est en train de les perdre.
21:15Et si on ne réagit pas très vite, chez nous dans les Alpes, on risque de perdre 90% de
21:22ces glaciers d'ici la fin du siècle.
21:25Donc à nous de décider jusqu'où on veut faire face à ces risques.
21:30Les tout petits points jaunes, ce sont des milliards de virus dans une goutte d'eau.
21:35Les moyens points jaunes, ce sont des bactéries.
21:37Et les gros points jaunes, ce sont des protistes.
21:40Les protistes, ce sont de grosses cellules, plus grosses qu'une bactérie avec un noyau.
21:43Par exemple, les micro-algues, le phytoplankton.
21:47Les levures.
21:49Alors on me dit, bah le levure on s'en fout.
21:50Attendez, sans levure, pas de pain, pas de vin, pas de bière, pas de fromage, pas de français.
21:59Alors là je vois les hommes politiques ou les entrepreneurs.
22:01Ah bah oui, peut-être que votre biodiversité c'est autre chose que des éléphants et des girafes effectivement.
22:05Donc les micro-organismes sont essentiels.
22:07Un corps humain, tous ici dans la salle, vous êtes beau, intelligent.
22:11Vous êtes remplis de trucs partout, les trous de nez, les oreilles, un tube digestif, un vagin féminin.
22:17C'est rempli de bactéries, mille espèces.
22:20Ce qui veut dire que, et on sait maintenant que le moindre désordre de relations entre ces micro-organismes dans
22:25nous et sur nous,
22:27ben ce sont des pathologies comme l'obésité, le diabète de type 2, l'hypertension artérielle, des relations avec l
22:34'autisme, avec Alzheimer.
22:36Peut-être que finalement c'est important.
22:38Il n'y a pas que les glaciers de montagne qui sont en train de changer aujourd'hui, il y
22:41a aussi la banquise au niveau du pôle Nord.
22:45Je voulais vous parler de la banquise du pôle Nord aujourd'hui parce que finalement ce qui se passe au
22:51niveau du pôle Nord nous impacte directement.
22:55Cette banquise, c'est vraiment de la glace qui flotte sur l'océan glacial arctique.
23:03Et pourquoi est-ce qu'elle est importante cette banquise ?
23:06Parce que dans l'Arctique, ce grand couvercle blanc qui recouvre cet océan nous permet de stabiliser le climat global.
23:17Cette banquise, en fait, on n'y pense peut-être pas tous les jours, mais on en a énormément besoin.
23:22Parce que dans l'Arctique, figurez-vous que pendant l'été, il fait jour 24 heures sur 24.
23:30Donc le fait d'avoir un couvercle blanc qui recouvre un océan qui est très foncé,
23:36ça nous permet d'avoir comme un climatiseur naturel au niveau du pôle Nord.
23:43Cette banquise, malheureusement, en 40 ans, elle a énormément changé.
23:50Les dernières images satellites nous montrent qu'en 40 ans, on a perdu la moitié de la superficie de banquise
23:56sur Terre
23:57et qu'on a perdu les trois quarts de son volume.
24:00Donc plus cette banquise elle fond, plus ce couvercle blanc qui renvoie les rayons du Soleil dans l'espace fond,
24:07plus à la place on a un océan qui lui est très foncé, qui lui absorbe les rayons du Soleil
24:13et catalyse le réchauffement au niveau du pôle Nord, au niveau de l'Arctique.
24:19Et aujourd'hui, on est en train de réaliser que plus cette banquise, on la perd, plus cela chez nous
24:24va causer des phénomènes météorologiques extrêmes.
24:27Et on en a tous vécu ces derniers temps.
24:30Autant on peut avoir des grandes masses d'air froide qui vont descendre très loin vers le Sud
24:35et causer chez nous des précipitations très très intenses, des événements très coûteux, très destructeurs.
24:41Mais à l'inverse, plus cette banquise se destabilise, plus chez nous on risque d'avoir aussi des grandes masses
24:48d'air chaudes qui remontent vers le Nord,
24:50créant plus de canicules, des sécheresses, voire carrément des feux de forêt.
24:56Un océan. Il n'y a pas des océans. Mes amis du Vendée Globe, quand ils font le tour de
25:01la planète,
25:01ne rencontrent pas de barrières sur les géographes qui ont mis des pointillés sur des cartes.
25:05Un seul océan. Tout se communique. Connectivité de l'océan. Stabilité. Il est beaucoup plus stable que les milieux continentaux
25:13aériens, l'océan.
25:14Depuis 100 millions d'années, il a à peu près la même composition. Il est salé. Ça, c'est super
25:19intéressant.
25:21Regardez avec tendresse notre prochaine prise de sang. Promettez-le-moi. Vous allez voir le ionogramme.
25:28142 millimoles de sodium. Dans votre sang, en ce moment-là. Tous, hein.
25:33105 millimoles de chlorure. 3-4 millimoles de potassium. C'est quoi ?
25:38C'est l'histoire de la vie qui est née dans l'océan ancestral, sur la Terre, il y a
25:42un peu moins de 4 000 millions d'années, en fait.
25:45Vous racontez l'histoire de l'évolution du vivant. La pression osmotique qu'on mesure comme ça, elle est celle
25:50de l'océan.
25:51L'océan, c'est 1050 partout. À 400 mètres de fond, c'est le même. Un humain, c'est 302.
25:57Vous avez tous un petit océan au sein de chacun d'entre vous. Trois fois moins salé que le grand
26:02frère.
26:02Donc, on est fait d'eau. On est un petit océan. On est rempli de bactéries. C'est pas mal.
26:08C'est quoi l'humain par rapport à tout ça ? Un animal. Pas n'importe lequel, hein.
26:14Mais par exemple, je vais vous surprendre. Vous avez la même glande thyroïde qu'une truite. Voilà.
26:19Que ça te plaise ou pas, c'est comme ça. Ah ! Et la truite, sa glande thyroïde, vous donne
26:25les hormones thyroïdiennes fabuleuses que le vivant invente il y a 800 millions d'années, sur un petit acide aminé.
26:32Et un atome diode, deux atomes diode, trois atomes diode, quatre atomes diode, la thyroxine.
26:39Et c'est pour ça que vous êtes développé depuis tout petit. Durant la grossesse de votre maman, l'embryon
26:45s'est développé, vous avez grandi, et puis vous êtes reproduit pour certains d'entre vous.
26:49Ça ne marche pas sans ces molécules. L'iode, c'est un atome qui fait de l'océan.
26:53Vous voyez que les relations entre l'océan et l'humain sont absolument essentielles.
26:56L'océan aujourd'hui, ces micro-organismes que j'évoquais tout à l'heure là, virus, bactéries, protistes, c'est
27:0398% de la biomasse.
27:05On ne parle que des poissons et des baleines, mais qui ne sont que 2% dans toutes ces histoires
27:09-là.
27:09Donc premier écosystème, l'océan. Et vous avez tous un petit océan au sein de chacun d'entre vous.
27:15Projetons-nous. Pensons par exemple à ces territoires en Europe qui sont à relativement basse altitude.
27:23Pensez par exemple aux Pays-Bas. Pensez par exemple à l'Allemagne, la Belgique.
27:30Pensez aussi à nos littoraux chez nous en France.
27:34Le nord de la France est très touché déjà par l'élévation du niveau des mers.
27:38Si on ne réagit pas très vite, on risque d'avoir plus d'un mètre d'élévation du niveau des
27:45mers
27:45d'ici la fin du siècle et début du siècle prochain.
27:49A nous de déplacer le curseur. A nous de faire en sorte que tout cela arrive le plus tard possible.
27:56Un sol, c'est génial. On connaît deux fois plus d'espèces vivantes décrites dans les sols que dans tout
28:01l'océan.
28:042,5 tonnes de bactéries à l'hectare. Vous imaginez la masse d'une bactérie ?
28:083,5 tonnes de micro-champignons dans un sol vivant.
28:13On a tué les moitié des sols de France. Il n'y a pas que la France, tous les pays,
28:17parce qu'on les a mal utilisés.
28:19On a des engins trop lourds, des laborages trop profonds et une chimie de synthèse terriblement destructrice.
28:26Alors c'est là qu'il faut qu'on se batte effectivement parce que tout le système est basé là
28:31-dessus.
28:32Un sol vivant, ce sont des bactéries qui font des micro-trous partout en doute de mucus, comme dans vos
28:37poumons en ce moment.
28:40Et ces micro-trous, lorsque la pluie rare arrive, elles s'infiltrent là. Elle ne va pas faire une inondation
28:46à côté.
28:47C'est la meilleure résistante au changement climatique, un sol rempli de bactéries.
28:52C'est aussi bien évidemment d'empêcher les envahisseurs d'ailleurs d'arriver.
28:58Et c'est la meilleure productivité.
29:00Et dans un sol, des bactéries, des micro-champignons, des vers de terre, des tardigrades, des colamboles, des acariens.
29:09C'est absolument essentiel.
29:11Et si on détruit ce vivant, on ne pourra jamais alimenter 8 milliards d'humains avec des sols qui sont
29:17morts.
29:18Relation encore avec le vivant. Regardez, on a séquencé nos micro-algues de l'océan.
29:22Vous avez vu en bleu, ça c'est des gènes de micro-algues.
29:26En rouge, l'intestin de mon bébé.
29:29Vous avez vu quand il est né mon bébé, il est là et on voit l'intestin quasi vide de
29:32bactéries.
29:32En gris, nous avons tous ici un bon tiers d'ADN qui est le même entre le plancton de l
29:39'océan et nous-mêmes.
29:40Les deux tiers avec une mouche, avec une banane.
29:44Pourquoi la banane, vous me foutez bien quand vous la mangez ? On vient du même monde.
29:48Donc, si vous vous rappelez, je suis vivant, je suis vivant, j'appartiens au même monde, ça changera beaucoup, beaucoup
29:53de choses.
29:53Les deux tiers avec une banane.
30:04Les deux tiers avec une banane.
30:09Les deux tiers avec une banane.
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