00:00Bruno Retailleau veut renverser la table en 2027, c'est ce qu'il indique dans une interview aux Parisiens où
00:04il détaille certaines idées.
00:07Vous vous arrêtez sur l'une d'entre elles, Thomas Bonnet, celle qui vise à rétablir l'ordre dans certains
00:11quartiers en créant un état d'urgence anti-trafique.
00:15Alors là, on va vous écouter.
00:15Bruno Retailleau part d'un constat qui est largement partagé.
00:18Il y a des quartiers aujourd'hui qui échappent à l'autorité de l'État et qui sont devenus des
00:21zones de non-droit.
00:22Alors face à cela, soit on verse dans le fatalisme, soit on imagine des solutions.
00:26Eh bien, l'ancien ministre de l'Intérieur, qui était à ce titre d'ailleurs l'homme le mieux informé
00:30de France, penche pour la deuxième option et développe une idée qu'elle mérite d'être novatrice.
00:35L'objectif est clair, et je le cite, aller replanter le drapeau de la République dans une soixantaine de quartiers
00:42qui sont aujourd'hui aux mains des narcotrafiquants.
00:45Dans le lexique employé, on le voit, on est dans le registre militaire, eh bien la méthode, elle l'est
00:48tout autant.
00:49Il faudra, dit Bruno Retailleau, être capable dans ces quartiers d'y contrôler 24 heures sur 24 les sorties, les
00:57entrées, de multiplier les perquisitions administratives, de saisir les avoirs des criminels, voire de couper les réseaux électroniques.
01:05Sur cette dernière mesure, ça voudrait dire par exemple mettre en place un système de brouillage téléphonique, le temps de
01:11mener une vaste opération de police dans le quartier en question.
01:13C'est une tactique militaire connue qui consiste à aveugler l'ennemi et à couper ses communications.
01:20Oui. Thomas Bonnet, Bruno Retailleau assume de vouloir livrer une guerre aux narcotrafiquants.
01:25Oui, alors le mot a un peu été galvaudé, il figure aujourd'hui dans le lexique de la Macronie, dans
01:29les actes on le constate un peu moins.
01:31Le chef de l'État vient de décréter un peu tard la lutte contre le narcotrafic comme grande cause nationale,
01:36mais encore faut-il s'en donner les moyens, moyens financiers certes, mais aussi être capable d'assumer une posture
01:42maximaliste
01:43et s'affranchir de l'État de droit si nécessaire.
01:46Bruno Retailleau avait dit que l'État de droit n'était ni intangible ni sacré.
01:50Une phrase qui avait suscité la polémique chez les ayatollahs de la morale,
01:54qui avait voulu en faire un signe d'une dérive illibérale de l'ancien ministre de l'Intérieur.
01:58En réalité, ce que dit Bruno Retailleau est plein de bon sens.
02:01On ne peut pas combattre les organisations criminelles d'aujourd'hui avec un arsenal daté
02:05et qui ne correspond plus à la réalité du terrain.
02:08Le droit, par définition, ça se change et ça s'adapte en fonction des circonstances.
02:12Parce que sur le terrain, justement, la situation est de plus en plus inquiétante.
02:15La mexicanisation de la France avance à bas bruit.
02:17La pièvre du narcotrafic étant ses tentacules, il n'y a quasiment plus aucun territoire qui est épargné.
02:23L'hyperviolence, c'est désormais le quotidien dans de nombreux quartiers
02:25où la loi qui s'applique, c'est celle des dealers.
02:28Dès lors, la seule question qui se pose, c'est de savoir jusqu'à quel point nous sommes prêts à
02:33aller
02:33dans la confrontation pour ramener la paix dans ces territoires où les habitants vivent l'enfer.
02:38Je suis persuadé que les propositions de Bruno Rotaillot feront crier certaines vierges et farouchées
02:42qui veulent s'attaquer au sujet du narcotrafic avec des amendes forfaitaires
02:46et des travaux d'intérêt général.
02:47La réalité, c'est que l'État n'inspire plus la crainte, préalable pourtant indispensable à la puissance,
02:53comme l'admet Emmanuel Macron dans ce qui est désormais son mantra.
02:55Mantra qui ne s'applique visiblement qu'en dehors de nos frontières,
02:58mais qui s'évapore quand il s'agit d'aller s'en prendre au banc d'armée chez nous.
03:01Quel que soit le nouveau président qui sera élu en 2027,
03:04il aura à faire face à la gestion de ces zones de non-droit.
03:08Il faudra beaucoup de courage pour aller les reconquérir,
03:10parce que si on ne fait rien, il sera sûrement trop tard.
03:13Et alors, la partition dont parlait François Hollande finira malheureusement par devenir une réalité.
03:17Sous-titrage Société Radio-Canada
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