00:00Est-ce qu'il y a une chance que cet accord intervienne rapidement ou est-ce qu'on va être
00:03sur du temps long là aussi, Thierry Breton ?
00:05Eh bien, voyez-vous, personne ne peut le dire parce qu'on est dans une guerre asymétrique, Laurence Ferrari, asymétrique
00:11à double sens.
00:12D'une part asymétrique parce qu'on le voit bien, il y a d'un côté une armada qui est
00:16la plus importante depuis 2003, l'armada évidemment américaine,
00:20avec évidemment des moyens technologiques, des armes parmi les plus sophistiquées qui coûtent du reste assez cher.
00:25Je rappelle, entre 1 et 2 millions de dollars pour un missile Patriot, un missile Patriot qui est utilisé pourquoi
00:31?
00:32Bien souvent pour détruire des drones, des drones iraniens qui eux coûtent 30 000 dollars.
00:36Donc c'est asymétrique d'un côté parce qu'on n'a pas les mêmes instruments, asymétrique aussi d'un
00:41point de vue du volume.
00:42Les Iraniens, malgré ce qui s'est passé, malgré les bombardements, les milliers de bombardements, continuent à fabriquer des drones,
00:49continuent à fabriquer des missiles balistiques, avec le soutien bien entendu de la Chine, avec le soutien des pays qui
00:56les entourent.
00:57Et on peut penser aussi à la Corée du Nord, notamment pour toute la matrice balistique qui, on le sait,
01:04est maintenant assez efficace au niveau iranien.
01:08Et puis de l'autre côté, vous avez les États-Unis qui ont des stocks qui se réduisent.
01:12Donc on voit qu'on est asymétrique et qu'on est d'une guerre de flux contre une guerre de
01:16stocks.
01:17Les stocks sont en train de se réduire.
01:19Je rappelle que depuis le début des hostilités, c'est deux années de production de missiles Patriot qui ont été
01:24consommées.
01:25Vous vous rendez compte ? Deux années.
01:26D'un côté, on fabrique à peu près 40 missiles Patriot par mois.
01:30D'autre côté, les Iraniens refabriquent une centaine de missiles balistiques et des centaines, voire des milliers de drones.
01:36Donc elle est asymétrique dans ce sens.
01:38Elle est aussi asymétrique parce qu'évidemment, ça a des répercussions, ça a des répercussions, je dirais, sur nous, sur
01:44nous, sur les populations, sur les populations du Golfe, évidemment, sur nous en Europe.
01:50Et on va en reparler très certainement, évidemment, sur l'impact sur le carburant, sur l'inflation, sur l'augmentation
01:57des taux d'intérêt, mais aussi un impact très important, peut-être encore plus important sur les États-Unis et
02:02sur la population américaine.
02:04Je rappelle quand même que le baril, bien sûr, il est passé de 70 maintenant à 100, on est un
02:09peu plus de 100 ce matin, le baril de pétrole, mais le galon d'essence, et on sait que le
02:13galon d'essence, c'est un indicateur très important pour les élections américaines.
02:16Il était à 2,80 dollars avant le début des hostilités, il est à 4,20 aujourd'hui.
02:21Donc ça, si vous voulez, ça met sous pression, sous pression vraiment très fortement la population américaine et donc Donald
02:27Trump.
02:27Alors là-dedans, on a maintenant une nouvelle dynamique, qui est le fait qu'on a le blocus dans le
02:32blocus, ce qui est peut-être un mouvement, je pense, techniquement intelligent de l'armée américaine.
02:39Je dis l'armée américaine parce qu'on peut peut-être distinguer l'armée américaine de Donald Trump.
02:43On a l'impression qu'ils ont repris un peu le pouvoir, le lead, si vous permettez cette expression.
02:48Pourquoi c'est intelligent ? Parce qu'évidemment, ça commence évidemment à bloquer les bateaux, les navires qui quittent l
02:54'Iran,
02:54et donc qui lui permettraient d'exporter le pétrole dont elle a besoin pour son budget, mais surtout, et c
03:00'est là où je voulais en venir,
03:01ceux qui vont rentrer. Il ne faut pas oublier que l'Iran est un pays qui dépend beaucoup des importations.
03:05Par exemple, près de 6 millions de tonnes de maïs par an.
03:10Par exemple, le riz, par exemple, l'huile, par exemple, le sucre, mais aussi les intrants agricoles,
03:16mais aussi les intrants technologiques pour fabriquer ses drones et ses missiles.
03:20Tout ça est bloqué. Et qui paye, évidemment, la population iranienne ?
03:24Alors, on sait que le régime actuel s'inquiète peu de l'état de sa population.
03:31Il n'en demeure pas moins qu'on commence à voir vraiment des queues, maintenant, dans le bazar.
03:38Les échoppes ne sont plus achalandées.
03:40Et le riz alimentaire.
03:41Donc, on est en train de resynchroniser, je dirais, cette asymétrie sur l'impact des populations,
03:48avec le regard, évidemment, qui n'est pas le même, je le redis,
03:52de la part des autorités du gouvernement et des molas iraniens, évidemment, pour nous en Occident.
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