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Dans son édito du 23/04/2026, Agnès Verdier-Molinié revient sur l'annonce du gouvernement qui souhaite faire 6 milliards d'économies.

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Transcription
00:00Agnès Verdier-Molinier avec nous. Bonjour Agnès.
00:02Bonjour Romain.
00:02Bon, le gouvernement annonce 6 milliards d'euros d'économie, alléluia.
00:06Oui, oui, non mais on n'avait jamais vu ça, l'impact en direct du coût de la dette.
00:11Et c'est que le début, avec moins de croissance, plus d'inflation,
00:14l'équation budgétaire, elle se complique énormément.
00:17Les taux qui augmentent sur la dette, c'est 3,7% sur la dette à 10 ans maintenant.
00:22Ça veut dire que la charge de la dette, elle est déjà prévue d'augmenter de 3,6 milliards de
00:26plus
00:26que ce qui était prévu pour cette année 2026.
00:29Ça compte beaucoup et c'est dans le coût total engendré par la crise estimée à ce stade à 6
00:36milliards.
00:36On comprend bien, 3,6 milliards sur 6 milliards, c'est énorme.
00:40D'où le fait que le gouvernement annonce 6 milliards d'euros de soi-disant économie.
00:45C'est surtout l'État qui prend sa part dans les économies ?
00:474 milliards d'euros sur les dépenses sont stoppées sur l'État et ses opérateurs,
00:522 milliards sur le social.
00:54Mais le Haut Conseil des Finances Publiques n'a pas très bien compris où sont les économies.
00:59Et nous non plus.
01:00En fait, il s'agit avant tout de mesures de gel ou d'annulation.
01:04Mais par exemple, quand on gèle des crédits sans annuler, on ne fait pas des vraies économies.
01:08Clairement, on n'est pas au niveau, Romain, de ce qu'il faudrait faire.
01:11Il est d'ailleurs frappant que le gouvernement ne donne quasiment aucun détail sur d'où viennent véritablement ces économies.
01:17Et l'histoire se répète.
01:18Il y a un an, je ne sais pas si vous vous en souvenez, on passait un décret d'annulation
01:22de crédit autour de 5 milliards d'euros.
01:24Eh bien, au final, en 2025, il s'est passé quoi ? On n'a pas du tout dépensé moins
01:28que prévu.
01:29On a dépensé la même somme.
01:31Et en plus, ce qui est assez incroyable, c'est que malgré toutes ces annulations de crédit de 2025,
01:36on n'a pas une dépense publique par rapport à la richesse nationale qui a baissé.
01:40On a une dépense publique par rapport à la richesse nationale qui a monté.
01:43Donc, on peut déjà dire qu'en 2026, ce sera la même chose.
01:47D'ailleurs, il vient de sortir un rapport dont on n'a pas tellement parlé.
01:50Le rapport sur les perspectives des finances publiques, publié hier, eh bien, il montre quoi ?
01:56Eh bien, que la dette, elle galope plus vite en 2026 que ce qui était prévu d'ores et déjà.
02:00On est à plus de 118% de dette par rapport à la richesse nationale, alors qu'on était prévu
02:06en dessous de ça.
02:07Ça montre bien qu'on n'est pas du tout en train de juguler le niveau de dépense et de
02:13dette.
02:13Et pourtant, on dépense tellement qu'on va bien devoir faire 6 milliards d'euros d'économie.
02:19Oui, en fait, on dépense tellement qu'on pourrait faire de vraies économies.
02:241 730 milliards de dépenses prévues au total pour 2026.
02:27Quand on pense à 6 milliards, ça fait quoi ?
02:29Ça fait 0,3% de la dépense totale.
02:32Donc, évidemment, c'est possible.
02:34Et là, je vous ai préparé une petite liste de ce qui serait possible.
02:37Bloquer les avancements de carrière des agents publics, ça fait 2 milliards d'euros d'économie.
02:41Bloquer les dépenses des agences de l'État, c'est 1 milliard.
02:45Sur les collectivités, on peut récupérer aussi 1 milliard.
02:48Application d'une vraie franchise sur les transports sanitaires autour de 10 euros, là, c'est 1 milliard aussi.
02:54Sur la question du ticket modérateur sur les personnes en ALD pour les médicaments...
02:59Affection longue durée, oui.
03:00Mais là aussi, on peut récupérer 1 à 2 milliards d'euros.
03:04Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'évidemment, c'est possible.
03:07La question, c'est est-ce qu'on a vraiment envie de le faire alors qu'on sait que c
03:10'est inéluctable ?
03:12Et là, on nous raconte des histoires en nous disant on fait des gels, on fait des annulations.
03:16Mais en réalité, ce n'est pas du tout à la hauteur de ce qui est en train de se
03:19passer.
03:20Mais aucun politique n'a envie de le faire. Pourquoi ?
03:22Parce que le premier qui va dire on va faire des économies et on va travailler plus, il se fait
03:26écrabouiller et il termine à 5% dans les sondages, grand maximum, si ce n'est pas 1%.
03:32Donc voilà pourquoi il n'y en a pas un qui bouge et qui dit qu'ils savent tous ce
03:35qu'il faut faire.
03:35Même à gauche, à droite, beaucoup.
03:39À gauche, certains savent aussi ce qu'il faut faire. Il va falloir faire des efforts.
03:41Mais le premier qui prononce le mot effort, paf, il a perdu.
03:44Sauf que 82% des Français sont pour baisser les dépenses plutôt qu'augmenter les impôts.
03:49Donc en réalité, si on faisait la vraie pédagogie de ce qu'on est en train de vivre, le mur
03:54de la dette vers lequel on fonce,
03:57la réalité c'est que les Français comprendraient très bien et seraient en capacité.
04:00Moi je pense que c'est quand on sera au pied du mur, voire dans le mur, que ça changera.
04:05Mais avant, rien ne changera. On verra.
04:08Qui a raison. Merci beaucoup. Merci Agnès.
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